Neurophysiologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.60, pg 90-98

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L'année psychologique - Année 1960 - Volume 60 - Numéro 1 - Pages 90-98
9 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1960
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II. Neurophysiologie générale
In: L'année psychologique. 1960 vol. 60, n°1. pp. 90-98.
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II. Neurophysiologie générale. In: L'année psychologique. 1960 vol. 60, n°1. pp. 90-98.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1960_num_60_1_6763— Neurophysiologie générale II.
Lœwenstein (W. R). — The generation of electric activity in a
nerve ending (L'engendrement de l'activité électrique dans une termi
naison nerveuse). — Ann. New York Acad. Sei., 1959, 81, 367-387.
A la IIe Conférence sur les mécanismes physicochimiques de l'activité
nerveuse, Lœwenstein a exposé tout l'ensemble de ses belles recherches
sur une modalité d'excitation tactile, par pression sur un corpuscule
de Pacini isolé.
Il a établi d'abord que cette excitation restait la même pour une
pression exercée sur le corpuscule entier ou sur le cœur après une décorti-
cation qui ne laisse qu'un dix-millième de la masse totale, une fibre
amyélinique dans une mince enveloppe où se trouve compris le premier
nœud de Ranvier de la fibre. Quand on exerce une pression avec une
fine pointe sur l'extrémité de la fibre, il se développe un potentiel stable,
sans répétitivité, propagé avec décrément jusqu'au nœud de Ranvier
d'où partent alors les influx répétitifs obéissant au tout ou rien, et qui
sont conduits par la fibre myélinisée vers les centres.
Le potentiel qu'il appelle « générateur » est engendré au niveau de la
membrane de la fibre amyélinique, et sa transmission est arrêtée par
une compression au-dessous du point stimulé (mais non pas au-dessus).
Si on comprime le nœud de Ranvier, les « spikes » ne sont pas déclenchés.
Il faut, pour qu'ils le soient, une certaine amplitude critique du potentiel
générateur à ce niveau. Ce potentiel augmente avec l'intensité de la
stimulation, et aussi avec la longueur de la fibre qui la subit (cette
longueur étant de 250 ;jl jusqu'au nœud de Ranvier). Il n'est pas déclen
ché par l'arrivée d'un influx antidromique qui paraît arrêté par le nœud
de Ranvier, formant en quelque sorte une valve. Aussi l'excitation
d'un récepteur, dont plusieurs se trouvent innervés par un même axone,
ne se transmet pas à ces derniers par voie antidromique, ce qui maintient
exclusivement le signe local de l'excitation.
H. P.
Wever (E. G.), Ramm (W. E. Jr), Strothkr (W. F.). — The lower
range of the cochlear potentiah (La zone inférieure des potentiels
cochléaires). — Proc. Nat. Acad. Sei., 1959, 45, 1447-1449.
On n'avait pas encore réussi à enregistrer les potentiels cochléaires
correspondant aux plus faibles stimulations sonores efficaces. Wever et
Bray (1935) avaient réussi à enregistrer chez le Cobaye des potentiels un
peu inférieurs au microvolt. McGill, chez le Chat, en déterminant les
seuils d'après les réactions de comportement, entre 100 et 100 000 eps, NEUROPHYSIOLOGIE GÉNÉRALE 91
avait, par extrapolation de la variation des potentiels avec l'intensité,
attribué les valeurs probables de ceux-ci pour l'intensité liminaire)
à 0,034-0,0023 jrv suivant les fréquences (Auditory sensitivity and the
magnitude of the cochlear potential, Ann. Otol. Rhin. Laryng., 1959,
68, 193-207).
Les auteurs ont, cette fois, grâce à un préamplificateur puissant,
mais à bruit de fond exceptionnellement faible, réussi à mettre en
évidence les potentiels, chez le Chat, avec un son de 0,001 dyne/cm2 de
pression, l'amplitude dépassant à peine 0,01 (rv.
Ils ont retrouvé, à partir de là et jusqu'à 2 dynes/cm2, une relation
linéaire de des potentiels avec la pression stimulatrice,
dans une marge de 75 décibels. Pour les intensités supérieures, il y a un
amortissement avec un plafond à 30 dynes (180 (xv).
Cette linéarité les conduit à admettre qu'il n'y a pas véritablement
de seuil pour le potentiel cochléaire, qui serait encore engendré pour des
stimulations nettement infraliminaires. Cela signifie, évidemment, que
le potentiel cochléaire ne représente pas un processus lié à l'excitation
sensorielle.
H. P.
Rose (J. E.), Galambos (R.), Hugues (J. R.). — Microelectrode
studies of the cochlear nuclei of the Cat (Etudes par microélectrodes
des noyaux cochléaires du Chat). — Bull. John Hopkins Hosp., 1959,
104, 211-251.
Importante étude sur les réponses de cellules individualisées du
complexe cochléaire dont la structure architectonique implique une
division en trois noyaux, dorsal, postéro-ventral et antéro-ventral,
avec une structure tonotopique en fonction du lieu d'origine de la
réception et de la fréquence d'efficacité maxima (les fréquences les plus
élevées ayant siège dorsal). Sur la membrane, la réception d'une octave
correspond sensiblement à une étendue de 2,2 mm. Mais les fibres
nerveuses sont de deux types, les unes se rendant à une région assez
étroite, les autres à une zone plus ou moins étendue. En correspondance,
on trouve des unités cochléaires sensibles à une marge très large de
fréquences, mais avec une chute brusque d'excitabilité du côté des
fréquences élevées : pour une de ces unités, par exemple, la sensibilité
maxima correspondant à 1 000 cps, il n'y a pas d'action des sons un
peu plus élevés, en revanche, les sons efficaces s'étendent jusque
vers 50 cps, mais avec des seuils qui s'élèvent progressivement dans
une marge de plus de 60 db. Mais on trouve surtout des unités dont
l'excitabilité se limite à une marge étroite de fréquences (0,2 à 0,3 unité
logarithmique), avec élévation rapide des seuils des deux côtés de la
fréquence optima (dans une marge de 40 à 45 db). 11 existe toujours
une fréquence de pointe très nette.
Des tableaux donnent les valeurs pour 35 unités ayant une fréquence
optima allant de 3 500 à 32 000 cps. Les unités les plus sensibles à des 92 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
clics ont généralement une fréquence optima assez basse, et répondent
à de fortes intensités par une décharge répétitive. Les latences de
réponses sont au minimum de 2 à 3 ms pour les intensités élevées. On
peut trouver des unités à réponse tardive (6 à 8 ms), et certaines unités
très sensibles cessent de répondre aux fortes intensités.
H. P.
Deatherage (B. H.), Bldredge, Davis (H.). — Latency of action
potentials in the cochlea of the Guinea pig (Latence des potentiels
d'action dans la cochlée du Cobaye). — J. acoust. Soc. Amer.,
1959, 31, 479-486.
Ce travail reprend un certain nombre de recherches concernant le
temps de latence des potentiels d'action du nerf acoustique, recueillis
par des électrodes intracochléaires.
Dans cette latence, on peut distinguer plusieurs fractions.
La première est due au délai nécessaire pour que l'onde vibratoire
puisse parcourir la membrane basilaire de la base au sommet du limaçon.
Ce temps de parcours de l'onde mécanique est bref pour les très basses
fréquences pour lesquelles l'ensemble de la membrane basilaire vibre
en phase (aux environs de 100 Hz) ; il est bref aussi pour les fréquences
élevées qui ne se propagent pas vers le sommet, mais se localisent à la
base, mais il est long pour les fréquences moyennes et peut atteindre
1 ms à 500 Hz (Békésy, Tasaki, Davis et Legouix).
L'autre fraction du délai est d'ordre électrophysiologique, c'est la
latence que l'on observe lorsqu'on stimule le nerf par un choc électrique
par exemple. Dans le cas du nerf acoustique, elle varie avec l'intensité du
stimulus, avec les conditions physiologiques : la température, l'oxygé
nation et la fatigue.
Il faut noter aussi que la réponse du nerf acoustique qui survient
après un stimulus bref, clic ou pip, comporte deux ou trois deflections
négatives, (NI, N2 et N3) qui représentent des salves d'influx bien
groupés des fibres de la partie basale de la cochlée. Selon Tasaki, la
partie apicale ne peut donner de salve bien groupée par le fait que les
fibres du nerf acoustique issues des régions apicales sont stimulées avec
retard et les unes après les autres, en raison du ralentissement de la
propagation de l'onde vibratoire vers le sommet de la cochlée. Cependant,
dans un travail personnel, nous avons précisé que le potentiel d'action
recueilli à la suite d'un clic ou d'un pip dans la cochlée de cobaye, quelle
que soit la position de l'électrode, représentait une salve d'influx
provenant des fibres issues du premier et du deuxième tour de spire du
limaçon (Legouix et Géraud, 1958). Il en résulte que les pips de fréquence
assez basse (il en est de même pour les sons continus) provoquent des
potentiels dispersés dans le temps dont le voltage est souvent trop faible
pour les détecter. En bref, seule la partie basale de la cochlée peut fournir
aux centres acoustiques des informations précises sur les coordonnées
temporelles du stimulus. Toutefois, comme l'a souligné Békésy, l'activité NF.UROPHYSIOLOGIE GÉNÉRAL!: 93
de ces régions, en apparence asynchrone, présente vraisemblablement,
aussi une organisation informative.
Dans la discussion, les auteurs envisagent la transmission des
coordonnées temporelles d'un stimulus bref par le potentiel d'action
qu'il détermine (onde Ni). Ils suggèrent que l'on devrait retrouver dans
les mesures psychophysiologiques les variations de latence observées
sur les potentiels nerveux.
J.-P. L.
Galambos (R.), Rupert (A.). — Action of the middle ear muscles
in normal cats (Rôle des muscles ossiculaires chez le Ghat normal). — •
J. acoust. Soc. Amer., 1959, 31, 349-355.
Les réponses cochléaires ont été étudiées (potentiel microphonique),
sur des chats ayant des électrodes chroniquement implantées, en
contact avec les fenêtres rondes des deux côtés. Les muscles ossiculaires
étaient sectionnés d'un seul côté de sorte que, par comparaison avec le
côté intact, il était possible de déduire le rôle des muscles ossiculaires.
Les conclusions des auteurs sont que les des osselets :
1) N'influencent pas la sensibilité absolue de l'oreille ;
2) Se contractent pour des stimuli très intenses avec une latence de
15 ms ;
3) Diminuent la transmission des sons de fréquences comprises entre 500
et 3 000 Hz ;
4). Protègent l'oreille efficacement contre les effets traumatisants des
sons très intenses.
J.-P. L.
Penfield (W.). — The interpretative Cortex (Le Cortex interprétatif).
— Science, 1959, 129, 1719-1725.
Le sous-titre de cette étude est ainsi rédigé : « Le courant de
conscience dans le cerveau humain peut être électriquement réactivé. »
Penfield rappelle qu'il a trouvé deux catégories dans les effets
psychologiques engendrés par des stimulations électriques des lobes
temporaux sur des sujets pleinement éveillés : ces réponses ont un
caractère qu'il désigne comme « expérientiel », ou comme « inter-
prétateur ».
Appartiennent au premier type des évocations mnémoniques, des
rappels d'événements vécus : c'est un morceau de piano qu'on entend
pendant la durée de la stimulation, cessant avec le stimulus et reprenant
avec lui, une réclame lumineuse qui apparaît dans les mêmes conditions,
ou un chant qui avait été entendu à la radio.
Le second type concerne des impressions, des sentiments, d'appari
tion et de cessation brusques, en fonction de la stimulation : le sujet
éprouve une curieuse familiarité dans sa situation, un sentiment de
déjà vu, ou au contraire d'absurdité, d'étrangeté ; ou bien il est saisi
d'effroi, de panique ; ou bien tout lui paraît lointain, rapetissé.
Des schémas montrent l'extension, sur le lobe temporal de cette ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 94
zone interprétative qui existe dans les deux hémisphères, avec une
certaine électivité de l'hémisphère non dominant, pour les interprétations
visuelles, les sentiments de familiarité et d'étrangeté.
L'analyse de plus de 1 000 cas d'accidents épileptiques par atteinte
cérébrale localisée permet de distinguer les deux groupes, l'un sim
plement hallucinatoire, et l'autre interprétatif, avec illusions visuelles
ou auditives, familiarité ou étrangeté, peur ou dégoût, etc.
Et Penfield rappelle que la stimulation des zones de projection
sensorielle ne donne que des sensations élémentaires, la coordination
générale relevant de la région du tronc cérébral qu'il a qualifiée de
centrencéphalique.
On se rend compte de l'importance capitale de ces données pour la
psychophysiologie.
H. P.
Ghow-Luh Li. — Synchronisation of unit activity in the cerebral
cortex (Synchronisation de l'activité unitaire dans le cortex cérébral).
Science, 1959, 129, 783-784. — Amassian (E.), Bertin (L.),
Macy (J. Jr), Waller (H. J). — Simultaneous recording of the acti
vities of several individual cortical neurons (Enregistrement simultané
des activités de plusieurs neurones corticaux individuels). — Trans.
New York Acad. Sei., 1959, 21, 395-405. — Bishop (P. O.), Burke (W.),
Davis (R.). — Activation of single lateral geniculate cells by stimu
lation of either optie nerve (Activation de cellules individuelles du
corps genouillé latéral par stimulation de l'un ou l'autre nerf optique).
— Science, 1959, 130, 783-784.
Les enregistrements d'activité de neurones isolés se multiplient et
portent souvent simultanément sur plusieurs éléments plus ou moins
voisins. C'est sur un couple de cellules situées dans un cercle de 1 mm de
diamètre du cortex de projection somatosensoriel chez le Chat à encé
phale isolé (dit « brémerien »), au repos, ou sous l'action d'une stimu
lation : il y a rarement activité simultanée, mais, quand une stimulation
entraîne l'éveil avec désynchronisation corticale, il y a des relations
entre les décharges du couple (coïncidences de pauses ou de durées de
périodes) ; la strychninisation locale entraîne des trains synchrones de
décharges, mais avec parfois certains décalages.
C'est sur 3 neurones voisins qu'Amassian et coll. ont réussi, avec un
dispositif particulièrement bien étudié pour assurer les isolements, à
enregistrer les activités respectives ; parfois les réponses de 2 neurones
étaient transmises par la même microélectrode, en sorte que jusqu'à
5 neurones peuvent parfois être explorés à la fois. Pour les neurones de la
zone de projection somatosensorielle du Chat, avec des stimulations de
différentes intensités ou portant sur des doigts différents, il a été obtenu
des réponses différentes de neurones voisins, en particulier survenant
après une durée inégale de latence. L'activité spontanée peut manifester
dans 3 neurones voisins une indépendance plus ou moins complète. NEUROPHYSIOLOGIE GÉNÉRALE 95
Dans le corps genouillé latéral du Chat, où on a trouvé par dégéné
rescence que les unités cellulaires des régions laminaires ne sont en
relation qu'avec les fibres d'un seul œil, de larges cellules des régions
interlaminaires reçoivent effectivement des fibres des deux yeux ;
en corrélation, Bishop et coll. ont recherché par exploration d'unités
cellulaires post-synaptiques comment se présentaient les activations
par stimulation électrique de l'un et l'autre nerfs optiques. Or, ils ont
trouvé effectivement que, sur 270 unités explorées, 23 (8,5 %) répon
daient aux stimulations des deux côtés (avec une latence
au plus égale à 10 ms). Sur une de ces unités, la réponse ipsilatérale
survient après 1,3 ms, la contralatérale à 1,7 ms. Mais certaines unités
répondant après 100 à 300 ms montrent qu'il ne doit pas y avoir dans
le ganglion un simple relais.
H. P.
Katsuki (Y.), Watanabe (T.), Maiujyama (N.). — Activity of
auditory neurons in upper levels of brain of cat (Activité des neurones
auditifs aux niveaux supérieurs de l'encéphale du Chat). — J.
Neurophysiol., 1959, 22, 343-359.
Ce travail rapporte les résultats de l'analyse de l'activité de neurones
des corps genouillés médians et des aires auditives au moyen de micro
électrodes hyperflnes (0,2 y.). Il fait suite à un article précédent qui
analysait l'activité des neurones acoustiques des centres plus bas situés
{J. Neurophysiol., 1958, 21, 569-588).
L'anesthésie était légère ou remplacée par diverses techniques,
déaffçrentation ou encéphale isolé, de façon à éviter les effets dépresseurs
des anesthésiques.
Au niveau des corps genouillés. — Deux types de neurones ont été
trouvés, les uns à adaptation rapide, les autres à adaptation lente.
Ceux à adaptation lente donnaient des réponses spontanées et le nombre
de spikes était en relation avec l'intensité.
Pour ceux à adaptation rapide, le nombre de spikes ne dépendait-
pas de l'intensité.
Les neurones à rapide répondaient pour de larges gammes
de fréquences ; les neurones à adaptation lente répondaient pour une
bande de fréquence étroite.
Au cortex. — Les aires Aj et A2 ont été explorées. L'amplitude des
réponses dépendait de l'anesthésie.
En A1 à la surface, les réponses étaient de brève durée, ce qui s'oppose
aux réponses enregistrées à la périphérie où les réponses subsistent
pendant toute la durée de l'application du son.
Les neurones étaient du type on, off, et on-off et donnaient des
réponses à latence plus longue que les neurones profonds, certains
donnaient des réponses à très longue latence.
En général, la gamme de fréquences à laquelle ils répondaient était
très large. 96 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
En Ax en profondeur, les neurones avaient une adaptation lente
(comme ceux des corps genouillés) et donnaient des réponses pour des
gammes de fréquences étroites, surtout pour les fréquences élevées.
L'organisation tonotopique décrite par les auteurs ayant utilisé des
macroélectrodes n'a pas été retrouvée. Cependant, une plus grande
densité de neurones répondant à une fréquence donnée peut être localisée
dans des régions particulières.
Les auteurs font remarquer qu'en faisant pénétrer l'électrode tout à
fait perpendiculairement à la surface du cortex, celle-ci rencontre des
neurones de propriétés différentes dans les différentes couches, ce qui
semble contredire cette supposition de certains auteurs qu'il existerait
une organisation fonctionnelle radiale des neurones du cortex.
En A2, de nombreux neurones présentaient de l'activité spontanée,
qui, le plus souvent, n'était pas modifiée par les stimuli sonores. Leurs
gammes de réponse étaient larges, sans fréquence caractéristique part
iculièrement nette. Certains neurones répondaient par une augmentation
des décharges, seulement d'ailleurs pour des sons intenses et de longue
durée. Un très petit nombre d'unités à des sons brefs et
donnaient des réponses on ou off avec une longue latence (100 ms).
Les neurones répondaient en général aux fréquences élevées dans la
région postérieure de cette zone et aux moyennes la
partie moyenne. Aucune réponse aux fréquences basses n'a été obtenue
dans cette exploration.
Les auteurs soulignent que les bandes de fréquences caractéristiques
des neurones des corps genouillés sont les plus étroites, ce qui semble
indiquer que c'est à ce niveau que se fait la discrimination des fréquences
et non pas dans le cortex (ce qui est en accord avec les expériences
d'ablation corticale de Neff et coll.).
D'autre part, il semble que les neurones corticaux puissent être
activés par d'autres voies non encore connues ne passant pas par les
corps genouillés médians. Les aires corticales sembleraient présenter
plutôt les caractères de zones associatives.
J.-P. L.
Kiang (N. Y. S.), Goldstein (M. H.). — Tonotopie organization of
the cat auditory cortex for some complex stimuli (Organisation
tonotopique du auditif du Chat pour certains stimuli
complexes). — J. acoust. Soc. Amer., 1959, 31, 786-790.
Deux éléments peuvent intervenir dans le mécanisme de discrimi
nation de hauteur des sons : le spectre du stimulus, c'est-à-dire la
répartition de l'énergie en fonction de la fréquence, et la périodicité
soit de l'onde sonore, soit de l'enveloppe de l'onde sonore (cas d'un clic
ou d'un pip répété à cadence élevée).
Les expériences psychophysiologiques montrent que ces deux él
éments interviennent pour déterminer la sensation de hauteur. Pour
les fréquences élevées, on sait qu'il y a une localisation des influx dans GÉNÉRALE 97' NEUROPHYSIOLOGIE
certains neurones tout au long des voies auditives ; pour les fréquences
basses, il n'y a pas localisation dans la cochlée, mais il y a localisation
dans le cortex. Or, précisément pour ces fréquences basses, on a pu
mettre en évidence une périodicité, c'est-à-dire une synchronisation des
influx avec le stimulus. La question que se sont posée les auteurs est
de savoir si un codage temporel (la périodicité) peut jouer un rôle pour
déterminer la localisation corticale.
Pour répondre à cette question, ils ont observé la localisation de la
réponse corticale chez le Chat (avec application de strychnine) pour
des sons purs (début de sons purs) donc de fréquence définie. Immédia
tement après était appliqué un stimulus bref, un bruit, de composition
spectrale complexe, présenté à une cadence déterminée. Cette cadence
était variée et déterminait différents patterns temporels des influx. Au
moyen de filtres, la composition spectrale était également variée.
L'étude de la localisation corticale a montré que celle-ci ne dépendait
pas du pattern temporel, mais de la composition spectrale. Le mécanisme
neurologique proposé par Licklider qui transformerait le pattern
temporel des influx en pattern spatial ne trouve donc pas confirmation
dans ces expériences.
Les auteurs soulignent qu'il est possible qu'il y ait plusieurs types de
tonie, l'un basé sur la périodicité du stimulus et des influx, l'autre sur la
composition spectrale, les deux pouvant se combiner.
Nous ajouterons personnellement que la localisation des graves au
cortex peut s'expliquer par le fait qu'il existe une certaine localisation
des fréquences basses dans la cochlée car le sommet répond avec une
plus grande amplitude (il y a une certaine résonance au sommet) qu'à la
base. On peut faire intervenir aussi les phénomènes d'inhibition de
certains neurones qui seraient réservés aux fréquences élevées, comme
le suggèrent un certain nombre de travaux.
J.-P. L.
Goldstein (M. H. Jr), Kiang (N. Y. S.), Brown (R. M.). — Responses
of the auditory cortex to repetitive acoustic stimuli (Réponses du
cortex auditif aux stimuli acoustiques répétitifs). — J. acoust. Soc.
Amer., 1959, 31, 356-364.
On sait que la réponse électrique corticale à un stimulus acoustique
constitué par un clic s'observe pour des fréquences de répétition assez
basses, inférieures à 50 s. Au delà de cette fréquence, l'amplitude de la
réponse devient très réduite de sorte que celle-ci est masquée par
l'activité de base du cortex.
Dans ce travail, les auteurs ont utilisé un appareillage électronique
pour calculer la réponse moyenne sur un grand nombre de tracés. Les
résultats montrent que la réponse reste synchronisée avec le stimulus
jusqu'à des fréquences de 200 s. Au delà de cette fréquence, la réponse
n'a plus de rapport temporel précis avec le stimulus. L'anesthésie
abaisse d'ailleurs cette limite de fréquence.
A. PSYCHOL. 60 7 98 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
La discussion envisage le mécanisme de la diminution d'amplitude
qui dépendrait du fait que les réponses à deux stimuli successifs se
recouvrent dans le temps de sorte que certaines fibres se trouvent dans
un état réfractaire pour le 2e stimulus.
La possibilité un sujet de discriminer des tonalités lorsqu'on
lui présente des stimuli brefs répétitifs, serait en relation avec le pattern
temporel des réponses corticales.
J.-P. L.
Buser (P.), Borenstein (P.), Bruner (J.). — Étude des systèmes
associatifs visuels et auditifs chez le Chat anesthésié au chloralose.
— EEG. clin. Neurophysiol., 1959, 11, 325-340.
Sur le Chat profondément anesthésié au chloralose (le chloralose
augmente les réponses primaires et associatives du cortex), les réponses
associatives corticales à des stimuli visuels et auditifs ont été observées
sur le gyrus suprasylvien et latéral antérieur. Ces réponses surviennent
en des points définis (2 foyers visuels et 2 foyers acoustiques) :
— ces réponses diffèrent des réponses primaires par leur plus grande
latence, leur plus grande durée et leur fragilité ;
— - elles ne semblent pas dépendre des territoires primaires corre
spondants car elles persistent après l'ablation de ces territoires et
sont indifférentes aux modifications que l'on peut leur faire subir ;
— elles ne dépendent pas du système de projection non spécifique
car les destructions de la formation réticulée mésencéphalique laisse
subsister ces réponses ;
— elles sont relayées par les corps genouillés : la stimulation de ce relais
provoque en effet ces réponses ;
— elles se localisent dans le thalamus : pour la vision dans le noyau
postérieur, pour l'audition dans la partie inférieure du
postérieur et le noyau supragéniculé.
Les auteurs envisagent qu'il existerait au niveau du thalamus
(comme au cortex), pour chaque modalité, deux systèmes distincts :
l'un à projection diffuse, bloqué par les anesthésiques, l'autre constitué
par des trajets thalamocorticaux associatifs, supprimés par les barbi
turiques. Le chloralose permettrait d'observer l'activité de ce dernier
système.
J.-P. L.

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