Obsessions. Psychaslhénie. Délires. Etats paranoïaques. Syndromes hallucinatoires - compte-rendu ; n°1 ; vol.40, pg 456-464

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L'année psychologique - Année 1939 - Volume 40 - Numéro 1 - Pages 456-464
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1939
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c) Obsessions. Psychaslhénie. Délires. Etats paranoïaques.
Syndromes hallucinatoires
In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 456-464.
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c) Obsessions. Psychaslhénie. Délires. Etats paranoïaques. Syndromes hallucinatoires. In: L'année psychologique. 1939 vol.
40. pp. 456-464.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1939_num_40_1_5799ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES ^456
— Troubles caractériels chez un schizoide très amélioré par le
cardiazol. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, II, p. 253-260.
3 piqûres de cardiazol ont suffi à rendre sociable un sujet d'intell
igence brillante, mais depuis l'enfance en état d'opposition avec le
milieu et que ses troubles de caractère avait réduit à des besognes
subalternes. S'agissait-il de troubles constitutionnels ou d'une
schizophrénie à évolution déjà ancienne et lente ? H. W.
557. — R. BAK. — Verständliche Zusammenhänge in einem Falle von
parakinetischer Maniertheit (Relations compréhensibles dans un
cas de maniérisme parakinétique). — Ar. Su. de Neur., XLIII, 1,
p. 1-7.
Les grimaces et stéréotypies observées chez un schizophrène
ont pu être expliquées, dans leur contenu, par des expériences vécues,
notamment par des expériences d'enfance ; leur apparition est
rattachée à la dissociation du moi caractéristique de la schizophrénie.
D. W.
558. — S. J. BRAYNES. — Experimental reproduction of the cata
tonic symptomocomplex (Reproduction expérimentale du complexe
symptomatique de la catatonie). — B. B. M. U. R. S. S., VII, 1939,
p. 382-384.
Il y a dans la schizophrénie une augmentation du taux sanguin
des acides aminés et B. pense que le rôle pathogène appartient à
une insuffisance dans la capacité de désamination de l'organisme.
Il a donc examiné l'effet, chez divers animaux (singes, chiens,
chats, lapins et cobayes), de l'injection d'acides aminés (histidine,
arginine, histamine particulièrement active, acides aspartique et
glutaminique) . Il a obtenu, passagèrement (en raison de l'élimination) t
des troubles très caractéristiques de la schizophrénie : une tendance
précoce à l'isolement, de la catalepsie, du négativisme (résistance aux
déplacements), avec de l'hyperkinésie aux fortes doses, et des
troubles végétatifs (salivation et changements du rythme respiratoire
comme on en observe chez les catatoniques). H. P.
c) Obsessions. Psychasthénie. Délires
États paranoïaques. Syndromes hallucinatoires
559. — J. DEVALLET et P. SCHERRER. — Un cas de psychose
de dégoût conjugal avec réaction infanticide. — An. Méd.-Ps.,
XV, 97e an., 1939, II, p. 80-88.
Une femme enceinte pour la 5e fois noie ses deux derniers enfants
qui présentaient comme leur père de l'ichtyose. Elle dit que c'est
pour les soustraire aux inconvénients d'une infirmité dégoûtante.
Les confidences ultérieures montrent les ressentiments refoulés
qu'elle éprouvait depuis longtemps pour son mari, homme brutal
et libertin, qui présentait en effet une ichtyose accentuée. C'est
sa haine pour lui qu'elle a transférée sur ses enfants pour lesquels elle
avait été cependant une mère pleine de sollicitude. H. W. PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 457
560. — A. DONNADIEU. — Psychose de civilisation. — An. Méd-
Ps., XV, 97e an., 1939, I, p. 30-37.
Le contraste entre la vie dans un intérieur musulman et celle du
lycée, entre ses traditions religieuses et les idées de liberté, de progrès
puisés dans l'enseignement reçu détermine chez un jeune homme
d'intelligence très moyenne un état composite d'exaltation et de
détresse qui l'entraîne à une tentative de suicide à deux. H. W.
561. — X. ABÉLY, BOUVET et CARRÈRE. — Un délire passionnel
de thérapeute. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I, p. 803-808.
Parti d'expériences simplistes et sans contrôle pour élaborer
une théorie sur l'origine du cancer, un petit employé poursuit en
faveur de ses idées une propagande par tracts et prospectus, puis par
communications et discussions dans des congrès médicaux ; enfin
il se lance dans une offensive contre les traitements chirurgicaux et
radiologiques du cancer. C'est alors qu'il se fait interner. Néanmoins
il paraît être plus hypomaniaque que quérulent. H. W.
562. — HEUYER et NEVEU. — Deux états passionnels à thème
commun de dépossession et de formes différentes. — An. Méd.-Ps.,
XV, 97e an., 1939, I, p. 808-821.
Le passionnel peut être ou non délirant. A chacun de ces 2 cas
répond une des observations publiées. Dans le cas de délire c'est-à-
dire de conviction objectivement fausse l'internement s'impose aussi
bien après qu'avant l'acte nocif que peut commander le délire ;
dans le cas de passion simple, mais risquant de déterminer un acte
dangereux, l'internement peut être justifié, non seulement en vue
de la sécurité publique ou des personnes, mais pour soigner le malade.
H. W.
563. — J. FRET.ET. — Définition de l'érotomanie. — An. Méd.-Ps.,
XV, 97e an., 1939, II, p. 517-523.
Contrairement à Clérambault, qui considère « le postulat » comme
la condition fondamentale de l'érotomanie, l'A. pense qu'il y a des
cas d'érotomanie sans postulat et que, dans les cas où il existe, le
postulat n'est lui-même que la cristallisation de tendances antérieures
à lui. Le caractère essentiel de l'objet est d'être providentiel. Le sujet
est moins amoureux qu'il n'est avide. Avide d'assistance, de protect
ion, de réconfort. Son enfance a été habituellement malheureuse,
délaissée, ou du moins il la juge telle. L'objet paraît être un substitut
maternel. L'idée d'inceste est latente. L'initiative de l'inceste étant
attribuée à l'objet, le platonisme accompagne souvent l'érotomanie.
H. W.
564. — J. FRETET et M. DUCHÊNE. — Discussion d'un diagnostic
d'érotom'anie pure. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, II,
p. 524-531.
Dans l'érotomanie le « postulat » peut être initial et dans ce cas
le délire est patent. Il peut n'apparaître qu'à titre de justification,
et la conduite justifiée sembler normale même à des médecins
avertis. L'avidité qui est le trait essentiel de l'érotomanie et les 458 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sentiments d'humilité personnelle qui en sont la contre-partie appa
raissent de façon très évidente dans l'observation ici rapportée.
H. W.
565.— J. VIE et P. RAUCOULES. — Erotomanie de type passionnel
pur. Régression pragmatique. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an.,
1939, II, p. 531-537.
L'érotomanie est susceptible de guérir. Sans doute y faut-il
l'intervention de facteurs psychiques puissants. Il s'agit ici du désir
qu'éprouvait une paranoïaque d'être rendue à la liberté. Peut-être
d'ailleurs son renoncement au délire a-t-il commencé par être un
acte de soumission à l'objet. H. W.
566. — P. LÔO et J. SALMON. — Sur un cas d'ér otomanie pure. —
An. Méd.-Ps., XV, 97* an., 1939, I, p. 670-678.
Les A. rappellent les caractères psychocliniques que Clérambault
a donnés de l'érotomanie : l'objet ne peut avoir de bonheur sans le
soupirant ; pas de valeur complète sans lui ; il est libre. Dans le cas
présenté cependant le facteur passionnel passe au second plan et le
facteur délirant au premier. C'est un véritable délire d'interprétation
qui utilise les événements les moins personnels, des photos de jour
naux ou des faits publics. H. W.
567. — PASTEUR-VALLERY-RADOT, J. DELAY et P. MIL-
LIEZ. — Sur un cas de potomanie. — An. Méd.-Ps., XV,
97e an., 1939, I, p. 320-324.
Polydipsie et polyurie chez un débile mental présentant à la
suite d'un choc émotif des crises convulsives de type hystérique et
un tremblement partiel de type parkinsonien. L'injection ni l'inhala
tion d'extrait rétro-hypophysaire n'ont pu modifier la polyurie.
H. W.
568. — LAIGNEL-LAVASTINE et E. MARTIMOR. — Une
guérisseuse mystique. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I,
p. 84-88.
Du soulagement procuré à sa grand'mère rhumatisante par des
effleurages la malade en vient à traiter par le même procédé des
malades quelconques, puis à croire que son fluide peut agir à distance,
puis à l'utiliser comme moyen de divination et d'inspiration jusqu'à
ce que ses tendances revendicatrices l'amènent a l'asile. H. W.
569. — J. VIE et P. RAUCOULES. — Aux confins de l'obsession et
du délire. Thèmes de possession et pseudo-hallucinations visuelles
dans un syndrome encéphalitique. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an.,
1939, II, p. 236-243.
Coexistence d'un syndrome parkinsonien et d'obsessions. La
malade a l'impression de se confondre avec les choses et d'être elle-
même « annihilée dans son corps et dans sa volonté ». C'est ce qu'elle
désigne du nom « d'enféromanie ». Elle souffre jusqu'à « l'agonie »
de se sentir regardée. Mystique et occultiste, elle a très tôt éprouvé
le sentiment de présence, de possession. Il s'y ajoute le sentiment du
vide, des sentiments d'énormité et d'infini. Enfin elle est hantée par PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 459
le détail des choses. Sur une feuille de papier il lui semble avoir vu
•dessiner une tête humaine et dans chaque détail de cette tête,
d'autres têtes, «t ainsi de suite des têtes de plus en plus petites.
Cette vision est devenue vraiment hallucinatoire. H. W.
-570. — E. GELMA. — Au sujet du délire. — J. de Ps., XXXV,
1938, p. 287-298.
Le délire est un mode de pensée dans lequel la conscience indivi
duelle, devenue autiste, entre en conflit avec la normale
et par suite avec l'expérience collective, et ne peut plus s'exprimer
sans contresens dans le langage, qui n'a pas été fait pour elle. Les
événements extérieurs n'exercent sur le délirant qu'une action
limitée et pervertie ; les apports des sens ne sont susceptibles de
modifier ni ses états affectifs, ni la valeur de ses représentations.
Le délire est une régression de la conscience avec fixation sur une
époque périmée de la vie, ce que P. Janet appelle une réaction
d'épuisement. Les thèmes délirants, constitués par des souvenirs
oubliés, sont dominés et organisés par des états affectifs intenses,
terreur et plus rarement joie, qui les rattachent au moi. Aussi le
délire ne peut-il être entamé par aucune démonstration convaincante
pour un esprit normal ; les éléments du thème délirant ne peuvent
être dissociés que si l'on parvient à remplacer le courant affectif
qui les unit par une émotion substitutive. Le délire ne dépend ni
d'erreurs, ni de troubles psychosensoriels, ni de raisonnements. C'est
un symptôme parmi d'autres, qui se rattache à un ensemble.
l'aboutissement d'un processus lointain et complexe. Des progrès en
psychiatrie ne sont possibles que dans la mesure où l'on parviendra
à remonter des états terminaux à ce dont ils dérivent. G. -H. L.
571. — J. VIÉet RAUCOULES. —Sur la localisation de l'incohérence
OU délire. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I, p. 616-623.
A côté de ces démences vésaniques où l'incohérence affecte le
langage seul à l'exclusion du reste de la conduite, il y a des formes
d'incohérence verbale encore plus localisées, où le langage reste
normal dans l'énoncé des circonstances courantes, mais devient
bizarre et inintelligible dès qu'il touche au contenu du délire. Le
même trouble peut se retrouver à l'intérieur du langage écrit :
normal s'il s'agit de traduire les événements réels de la vie, plein
d'affectation et d'étrangetés sur le thème délirant. Les A. supposent
qu'il y a comme un retrait de l'incohérence globale, qu'elle s'est
retirée en se repartissant de façon inégale sur les différentes fonctions.
La dissolution (Jackson) au lieu d'être totale n'est que « locale ».
H. W.
572. — LAIGNEL-LAVASTINE et H. MIGNOT. — Délire inter
prétatif et Imaginatif à début oénesthésique et à extension religieuse
chez une malformée. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, II,
p. 428-434.
Le délire à double thème que présente la malade apparaît comme
une conviction immédiate, qui est liée à un simple défaut de critique,
et <jui ne semble pas fondée sur des troubles élémentaires de la 460 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sensibilité. La description des anomalies physiques dont elle se
croit atteinte ne diffère pas beaucoup de l'état normal et elle n'i
nvoque à son appui qu'un minimum extrêmement réduit d'impressions
somatiques. Ses idées mystiques sont celles d'une petite secte et
n'ont aucune tendance à se développer. Elle a gardé la quasi-intégrité
de son fonds mental. Néanmoins la confiscation totale de son activité
par ses deux systèmes d'idées fait d'elle une malade d'asile.
H. W.
573. — A. SOULAI RAG et R. SUTTEL. — De l'antagonisme du
bien et du mal dans quelques délires. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an.r
1939, II, p. 13-36.
L'antagonisme du bien et du mal s'observe d'abord dans les
délires de persécution : l'influence ennemie suscite de façon soit
latente, soit explicite et active une contre-influence favorable, les
deux influences se manifestant soit simultanément, par exemple
chacune par une oreille, soit alternativement. Parfois le malade
paraît ne plus trouver qu'un intérêt de spectateur au conflit.
Dans la mélancolie et dans l'obsession l'antagonisme est plus
intime, le sujet oppose son moi à lui-même, le moi-coupable qu'il
accuse au moi qu'il aurait dû continuer d'être, ou bien l'acte qu'il est
tenté d'accomplir et sa négation (c'est le doute) ; ou encore l'acte
qui le sollicite ou dont il a peur et la morale (c'est l'obsession).
Dans les états paranoides enfin la dissociation psychique fait
s'affronter les pensées ou les sentiments dans leur ambivalence
essentielle.
L'antagonisme existe chez tout sujet même normal d'abord sous
la forme de la vie et la mort, puis du bon et du mauvais, enfin du
bien et du mal et aussi du beau et du laid. Toute l'éducation tend à
le renforcer. Le délire, comme un miroir de la personnalité, ne fait
que le faire passer au premier plan de la conscience. H. W.
574. — J.FORTINEAU,R. VERGIER, CH. DURAND, L.VIDART.
— Idées de transformation sexuelle et travestissement ehez deux
délirants chroniques. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, II,
p. 51-55.
2 hommes âgés respectivement de 57 ans et de 35 ans, ayant des
enfants, se persuadent, l'un sous l'influence d'une excitation pério
dique, l'autre sous l'effet de la dissociation mentale, qu'ils sont en
voie de devenir femme et qu'ils en sont au stade transitoire de
l'hermaphrodite. Le premier demande que la transition soit accélérée
par une opération. Il semble s'agir chez ces deux sujets de tendances
féminines qui seraient demeurées latentes depuis l'enfance.
H. W.
575. — J. VIE. — Quelques terminaisons des délires chroniques.
Suspension et réintégration du délire ; degrés divers de réadaptation
sociale ; processus de normalisation. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an.,
1939, II, p. 461-494.
A mesure que les hallucinations du délirant chronique régressent
ses possibilités d'adaptation au milieu normal augmentent. Mais les PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 461
mécanismes en sont assez divers. Le malade doit réduire entre eux
le monde réel de l'ambiance, le monde virtuel du délire et celui de son
existence passée. Deux grandes classes de malades : ceux qui prennent
le monde réel pour ce qu'il est et s'efforcent de normaliser les deux
autres ; ceux qui continuent de vivre dans le monde de leur délire
dont ils projettent les circonstances et les significations sur le monde
réel, auquel ils sont pratiquement adaptés. Pour réaliser ce nouvel
équilibre il y a le procédé du refoulement, celui de Venkystement qui
permettent au sujet d'éliminer, au prix d'un effort plus ou moins
grand, leurs conceptions délirantes de leur vie présente. Il y a la
scission longitudinale qui laisse coexister l'activité délirante et
l'activité adaptée, le sujet se dédoublant plus ou moins. Dans
d'autres cas la conviction délirante s'atténue, elle est plus ou moins
mise en doute. Enfin, elle peut être normalisée, c'est-à-dire qu'elle
est expliquée à l'aide d'événements, de circonstances, de comparaisons
qui font mettre son contenu dans l'ordre des faits naturels.
H. W.
576. — P. GUIRAUD et J. GHAPOULAUD. — Lésions rénales dans
le délire aigu. — An. Méd.-Ps,, XV, 97e an., 1939, I, p. 107-110.
Le aigu est habituellement lié à de l'azotémie due elle-
même à l'altération des centres végétatifs de la base du cerveau.
S'il se prolonge, les reins présentent des lésions dont le siège est
surtout dans les tubes contournés. H. W.
577. — K. AGADJANIAN. — Introduction à l'étude expérimentale
du problème de l'hallucination. — Archives internationales de
Neurologie, LVIII, 1939, p. 176-245, et LIX, 1940, p. 11-26.
L'auteur, en s'adressant à des sujets hallucinés, ou doués de
visions anormalement vives, soit naturellement, à l'état subnormal
ou franchement psychopathique, soit artificiellement par emploi
de la mescaline, a cherché à aborder la question de l'hallucination
par les voies les plus diverses ; examen clinique, réflexe psycho
galvanique, électroencéphalographie, chronaximétrie, sans qu'au
cune de ces voies se soit montrée bien féconde.
Si, dans l'état hallucinatoire mescalinique, le réflexe galvano-
psychique se trouve très diminué, malgré la persistance d'autres
réactions affectives, il est bien difficile d'affirmer qu'il s'agit d'une
manifestation spécifique de l'état hallucinatoire.
L'observation unique dans laquelle la mesure des chronaxies
optiques et vestibulaires aurait montré au cours des visions une
diminution du côté droit des chronaxies correspondant à l'apparition
du phosphène (qui n'est connue que d'après les dires du malade),
ne peut pas être non plus considérée comme significative ni fondée,
ce que pense pourtant l'auteur, la notion d'un dyschronisme dans le
fonctionnement des récepteurs et des fibres afférentes, en relation
avec des troubles généraux de conductibilité centripète, contrastant une augmentation des conductibilités associatives.
Le travail comporte d'ailleurs tout un exposé de considérations et
de discussions intéressantes. H. P. 462 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
578.. — J. PAULUS. — Introduction au problème de l'hallucination.
— R. de Ph., XXXIX, 2, 1939, p. 122-137.
L'A. passe en revue les théories de l'hallucination en dégageant
les tendances générales suivantes : selon les uns, l'hallucination est
un trouble de perception, un fait d'esthésie — en ce cas l'explication
à donner du trouble est essentiellement neurologique et mécanique :
l'hallucination initiale est considérée comme anidéique, ne portant
aucune trace des préoccupations du malade, elle n'intervient pas
dans un délire constitué et ce phénomène pathologique isolé peut
apparaître dans un psychisme par ailleurs normal. Pour d'autres,
l'hallucination est surtout un fait de croyance, qu'il est impossible
d'étudier sans l'intégrer dans un ensemble, l'état mental global du
malade. C'est en tenant compte de ces distinctions qu'il faudra
reprendre de plus près l'étude des différentes phases du problème de
l'histoire de l'hallucination et préciser les positions des diverses
théories intellectuelles ou sensorielles. I. L.
579. — CH. DEJEAN et J. FERRIE. — Sur l'étiologie des halluci
nations visuelles. — Ar. d'O., III, 6, 1939, p. 511-516.
Trois observations d'hallucinose :
Un homme de 70 ans, après opération de cataracte, pendant le
pansement de l'œil, a des visions diverses, de paysages, de per
sonnages, etc.
Une femme borgne, de 66 ans, subit à son œil sain un décollement
de la rétine ; elle voit des ronds lumineux, des personnages lilliputiens,,
et parfois d'immenses édifices. Après opération assurant le rétabliss
ement de la vue, ces troubles rétrocèdent.
Une femme de 76 ans, ayant une cataracte double, est opérée
d'un œil ; pendant le pansement, elle a des visions passagères, d'une
terrasse de café (son fils étant garçon de café) , avec du délire verbal.
Dans tous les cas, le champ visuel total était occupé par les
hallucinations, qui sont conditionnées par la suppression de la vision.
Dans ces cas le déclenchement paraît purement sensoriel, sans
l'atteinte corticale que les neurologistes jugent nécessaire, disent les
auteurs dont les observations ne sont à cet égard pas absolument
convaincantes ; ils admettent d'ailleurs le rôle d'une certaine
prédisposition. H. P.
580. — CL. VURPAS et G. FABRE. — Récidive d 'hallucinations-
après une hémorragie. Conservation de la conscience. — J. de Ps.,
XXXV, 1938, p. 300-308.
D'après l'étude clinique d'un sujet particulièrement instructif,
l'hallucination, syndrome à large polymorphisme étiologique, se
produirait d'une façon générale toutes les fois que, sous une influence
quelconque, les centres encéphaliques semblent en état de méiopragie
ou d'insuffisance. G.-H. L.
581. — G. HEUYER et NEVEU. — Troubles mentaux haBucina-
toires chez deux tabétiques. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, II,
p. 246-253.
Chez deux tabétiques dont les réactions humorales sont d'ailleuBS. PATHOLOGIQUE 465 PSYCHOLOGIE
négatives, s'est développé un syndrome hallucinatoire où l'automa
tisme mental se limite à la simple audition de grossièretés et de
menaces, sans prise et écho de la pensée. L'une des deux malades est
une alcoolique dont les troubles mentaux dépendent en grande
partie de cette intoxication. Chez l'autre les troubles paresthésiques
dus à son atrophie optique et aux altérations de sa sensibilité tactile
donnent lieu à diverses illusions ou interprétations. H. W.
582. — H. CLAUDE et CH. DURAND. — Remarques critiques sur la
théorie mécaniste de l'écho de la pensée. — Enc, XXXIV, 1939,
1, p. 1-19.
Deux points de vue s'opposent au sujet de ce qui a été dénommé
« écho de la pensée ». L'expression est plus pittoresque qu'exacte.
Car « l'écho » est beaucoup plus souvent accompagnement ou devance
ment qu'écho. Certains comme Clérambault ou F. Morel y voient un
fait primitif d'éréthisme sensori-moteur, dont le délire serait l'inte
rprétation et la conséquence. Pour les autres c'est le délire qui est
primitif et l'écho, de la pensée en est une simple manifestation.
Partisans de cette seconde théorie les A. signalent le caractère
essentiellement pénible de l'écho de la pensée. Ils reconnaissent les
impressions sensori-motrices qu'il peut donner au sujet, le délire
intéressant la personnalité toute entière. Mais ils notent combien
ces manquent de netteté et de constance. H. W.
583. — G. DAUMÉZON et G. GUSDORF. — Écriture en miroir du
membre fantôme gauche d'un amputé délirant. Considération sur
le mécanisme hallucinatoire. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an.,
1939, I, p. 278-284.
Un amputé du bras gauche, atteint de délire d'influence, a l'illusion
que sa main gauche est obligée d'écrire des propos que souvent il n'a
pas le temps de comprendre. Cette écriture forcée automatique est
en miroir, elle va en s'éloignant de l'axe du corps. Une ceinture de
Lakhovski passée autour du moignon supprime l'écriture automat
ique, en « arrêtant les ondes ».
Il s'agit évidemment d'hallucinations kinesthésiques ; mais la
simple croyance suffit à la supprimer. Si elle se produit dans le
membre fantôme, c'est par suite de la préférence qu'ont les halluci
nations pour les organes lésés. Si l'écriture est en miroir c'est en
raison du caractère actif de l'hallucination : dans I'écartement par
rapport à l'axe du corps il y a mouvement du bras, dans le rapproche
ment il y a simple chute par inertie du membre. H. W.
584.— H. BARUK, et M. RACINE. — Bloe septo-ventrieulaire gauche
dans un cas d'hallucinations psychiques avec troubles de la
contention de la pensée intérieure. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an.,
1939, I, p. 418-424.
Chez un déprimé périodique souffrant de céphalée, de vertiges
ainsi que d'hallucinations en rapport avec le ton momentané de ses
idées, l'électrocardiogramme révèle un bloc septo-ventriculaire.
Les A. insistent sur la fréquence du synchronisme entré les hallucina
tions et les troubles circulatoires. H. W. 464 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
585. — P. COSSA. — Sur quatre cas de psychose hallucinatoire.
Essai d'interprétation. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I,
p. 357-380.
Le parallélisme entre les manifestations hallucinatoires et des
troubles organiques chez quatre malades ramène l'A. à se demander
quels sont les rapports de l'organisme et du milieu psychosocial
d'une part, des différents domaines psychiques d'autre part, dans
l'éclosion du délire hallucinatoire.
Dans une des observations qu'il rapporte, le délire a été supprimé
par des injections de stovarsol ; dans deux autres il a suivi les mêmes
fluctuations que l'intoxication thyroïdienne ; dans la quatrième il a
subi l'influence manifeste d'une coprostase.
L'hallucination a deux traits : son esthésie, la croyance à la réalité
de son objet. L'esthésie ne peut être expliquée ni par une irritation
sensorielle périphérique, qui manque dans la plupart des cas, ni par
une excitation de régions corticales déterminées (théorie de Clé-
rambault). Elle a, au contraire, pour condition un déficit global de
l'activité psychique qui libère du contrôle et de la direction exercée
par les fonctions supérieures certains de ses niveaux inférieurs,
celui des tendances affectives ou des réalisations sensorielles. La
croyance à l'existence de l'objet est aussi un effet de ce déficit global.
Entre l'action du milieu social et les bases organiques du délire
hallucinatoire, l'action physiologiquement déprimante de l'émotion
peut servir de trait d'union. H. W.
586. — E. ESGAT et M. ESCAT. — Un cas d'hallucinose auditivo-
visio-cénesthésique en relation possible avec une otopathie
ancienne. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I, p. 381-388.
La part, dans les hallucinations auditives de leur malade, d'une
otite adhesive bilatérale paraît aux A. bien secondaire, puisque
c'est une lésion banale qui est loin d'entraîner souvent les mêmes
conséquences. Les visuelles et cénesthésiques coexis
tantes ne pouvaient s'expliquer par aucune lésion périphérique
constatable. Tous ces troubles avaient en commun le terrain névro-
pathique que présentait le sujet. H. W.
d) Hystérie. Névroses. Psychoses confusionnelles
Troubles d'origine toxique. Psychopathologie de l'enfance
587. — B. DISERTORI. — Sulla biologia dell'isterismo (Sur la
biologie de l'hystérie). — Riv. sp. di Fr., LXIII, 2, 1939, p. 251-
348.
Relation très complète d'une étude approfondie d'un cas excep
tionnel, dans lequel, à un syndrome extrapyramidal postencéphali-
tique avec troubles végétatifs par lésion hypothalamique s'allient
des accès de léthargie, de catalepsie et de somnambulisme, avec
dédoublement de la personnalité, très caractéristiques de l'hystérie,
qui se marque encore par l'hyperémotivité et la suggestibilité
excessive.
Gela conduit l'auteur à donner à la lésion du diencéphale le rôle
d'un substrat biologique causal pour les manifestations hystériques,

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