Olfaction - compte-rendu ; n°1 ; vol.62, pg 116-120

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L'année psychologique - Année 1962 - Volume 62 - Numéro 1 - Pages 116-120
5 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1962
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Olfaction
In: L'année psychologique. 1962 vol. 62, n°1. pp. 116-120.
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Olfaction. In: L'année psychologique. 1962 vol. 62, n°1. pp. 116-120.
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Les auteurs ont ainsi tracé des échelles d'évaluation subjective en
fonction du niveau physique, celui-ci étant mesuré par ailleurs à chaque
fois.
Gomme dans toutes les autres expériences de Stevens, la fonction
reliant l'estimation subjective de sa propre voix (la « réponse autopho
nique ») en valeurs logarithmiques et l'intensité physique en valeurs
logarithmiques également (les décibels) est linéaire ; la pente de la
courbe moyenne semble être de 1,1.
Ces résultats sont en accord avec les mesures dans lesquelles on
demande aux sujets de donner le phonème à un niveau qui leur paraisse
identique à celui d'un bruit blanc donné à divers niveaux d'intensité
(comparaisons hétérosensorielles) .
Par contre, lorsque les sujets ont à évaluer l'intensité de la voix
d'une autre personne, la pente de la courbe est alors de 0,7, comme
s'ils avaient à évaluer l'intensité de sons purs ; on ne juge donc pas de
la même façon l'intensité de sa propre voix et celle des autres personnes.
Le rôle du son émis dans l'air semble donc minime dans ces évalua
tions ; le rôle principal doit être joué par les facteurs proprioceptifs
et la conduction osseuse.
Ceci est confirmé par des expériences dans lesquelles les sujets
devaient émettre des sons vocaux en présence simultanée du même son
émis par eux à un niveau plus ou moins intense, ou d'un bruit blanc,
que l'émission ait lieu au moyen d'écouteurs ou de haut-parleurs,
les modifications de la pente sont minimes. Le son émis ainsi renvoyé
au sujet (son en retour) tend à faire baisser l'intensité du parleur ; mais,
comme on peut le voir en demandant aux sujets de faire en sorte que le
son global soit constant, quelle que soit du son en retour,
il y a un seuil au-dessus duquel le niveau émis baisse ; par contre, les
sujets peuvent, lorsqu'on leur demande, émettre un son à un niveau
constant, quelle que soit l'intensité du son en retour.
R. Cho.
Olfaction.
Shibuya (T.). — The electrical responses of the olfactory epithelium
Of some fishes (Les réponses électriques de l'épithélium olfactif de
quelques poissons). — Jap. J. Physiol., 1960, 10, 3, 317-326.
La réponse électrique de la surface sensorielle ou « électro-olfacto-
gramme » est recueillie par macro- et micro-électrodes sur six espèces
de poissons dont le poisson-chat, la carpe et l'anguille. L'auteur trouve
un potentiel de repos égal en moyenne et variant avec les espèces entre 7
et 12,6 mV. La forme du potentiel lent produit par la stimulation
olfactive est différente suivant les espèces. Chez la carpe on recueille
un potentiel à montée brusque suivie d'un déclin exponentiel. Chez
l'anguille et le poisson-chat, la montée et le sont rapides et le
potentiel de courte durée est constant quelle que soit la durée de la
stimulation. Dans ces espèces on trouve en réalité trois types de réponses,
comme chez les Amphibiens d'après Takagi et coll. : la réponse on, on-off PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 117
et off. La grandeur relative des réponses on et off lorsqu'elles sont toutes
deux présentes n'est pas constante dans des stimulations répétées.
Avec micro-électrode, des décharges spontanées de spikes sont parfois
trouvées à la fin du potentiel lent. La réponse off est souvent en inversion
de potentiel (électropositive) par rapport à la réponse on. L'auteur
pense que, comme chez les Amphibiens étudiés par Takagi, contraire
ment aux Mammifères, ces trois types de réponses correspondent chez
les poissons au fonctionnement de trois types de récepteurs morpholo
giquement différenciables. D'autre part, l'auteur suggère une corrélation
entre la forme et la rapidité de la réponse électrique périphérique, la
pigmentation de l'épithélium et l'acuité respective de l'appareil olfactif
des diverses espèces explorées. T T M
Takagi (S. F.), Shibuya (T.). — Electrical activity of lower olfactory
nervous system of toad (Activité électrique du système nerveux
périphérique olfactif du crapaud). — In Electrical Activity of Single
Cells, 1960, 1-10.
Pour la première fois dans la jeune histoire de l'électrophysiologie
de l'olfaction, les auteurs recueillent sur le même matériel les décharges
de l'appareil olfactif aux trois niveaux : de l'épithélium, du nerf et du
bulbe. Sur le matériel choisi, Bufo vulga-japonicus, ces divers enregis
trements sont faciles en particulier sur le nerf, inaccessible dans la
plupart des espèces et qui est ici de 5 à 9 mm.
Comme Ottoson l'a montré le premier en 1956 sur la grenouille,
la stimulation provoque à la surface de l'épithélium l'apparition d'un
potentiel lent monophasique durant autant que la stimulation. L'ampli
tude est fonction de l'intensité stimulatrice. Elle décroît progressivement
pour les stimulations répétées ou prolongées, puis disparaît complète
ment. La spécificité de l'adaptation par rapport aux odeurs stimulantes
est également retrouvée à la périphérie mais elle n'est pas générale.
L'abolition par stimulation prolongée à l'aide d'un stimulus particulier
vaut parfois pour un autre stimulus.
Gomme le montrait également Ottoson, la forme du potentiel lent
varie en un point suivant la nature des stimuli. Dans le nerf on recueille
des oscillations des potentiels amples et synchrones de fréquence 1 à
18 au début de la stimulation, petites, moins synchronisées, de
5 à 10 à la fin. Les ondes induites dans le bulbe sont de forme et de
fréquence identiques aux décharges du nerf. Elles se poursuivent
cependant beaucoup plus longtemps que celles-ci à la cessation d'une
stimulation. Après section unilatérale d'un nerf on retrouve les ondes
induites dans les deux bulbes. Il y a donc activation contra-latérale
croisée. A l'aide de microélectrodes on recueille sur l'épithélium, dans le
nerf et le bulbe, trois types de réponses : on, on-off et off. Les auteurs
en concluent que dans l'épithélium trois types de récepteurs morpho
logiquement différenciés par certains anatomistes fournissent les trois
types distincts de réponses. Ces trois types de récepteurs auraient une 118 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sensibilité graduée pour certains stimuli, l'éther par exemple donne une
réponse on à faible concentration, on-off à concentration moyenne et
off à forte intensité. Les relations entre les réponses superficielles et
celles recueillies dans le nerf et le bulbe sont discutées.
J. L. M.
Schneider (R. A.), Wolf (S.). — Relation of olfactory acuity to
nasal membrane fonction (Relation de l'acuité olfactive avec la fonc
tion de la nasale). — J. appl. Physiol, 1960, 15, 5, 914-920.
Sur huit sujets humains et dans des conditions olfactométriques
rigoureuses, les auteurs constatent que le seuil olfactif s'élève dans deux
situations créées par l'état de la membrane non olfactive tapissant la
chambre respiratoire des fosses nasales : 1° Lorsque cette membrane
très gonflée réalise un degré élevé d'obstruction diminuant ou interdi
sant l'accès des molécules stimulantes vers la cavité olfactive ; 2° Lorsque,
à l'inverse, cette membrane est pâle et sèche. Les seuils les plus bas
sont atteints dans la situation intermédiaire. Une bonne analyse statis
tique révèle une corrélation positive entre le niveau de l'acuité et un
certain degré de vaso-dilatation, de gonflement et de sécrétion de la
muqueuse nasale. Les auteurs concluent que la fonction réchauffante
et humidifiante de l'air respiratoire assurée par la muqueuse nasale
intervient également pour « conditionner » au niveau optimum l'accès
des molécules du mélange odorant vers la cavité olfactive et son activité
sur les cellules sensorielles. De nombreux auteurs avaient antérieur
ement étudié l'intervention sur l'activité d'une molécule odorante des
variables constituées par l'humidité et la température du milieu porteur.
J. L. M.
Studies in olfactory acuity (Études sur l'acuité olfactive).
Eayrs (J. T.), Moulton (D. G). — 1. Measurement of olfactory
thresholds In the rat (Mesure des seuils olfactifs chez le rat). —
Quart. J. exp. Psychol., 1960, 12, 12, 86-99. — Moulton (D. G.),
Eayrs (J. T.). — 2. Relative detectability of N-aliphatie alcohols by
the rat (Détectabilité relative des alcools N-aliphatiques chez le
rat). — Quart. J. exp. Psychol., 1960, 12, 2, 99-109. — Moul
ton (D. G.). — 3. Relative detectability of N-aliphatic acetates by
the rat relative des acétates chez le
rat). — Quart. J. exp. Psychol., 1960, 12, 4, 203-213. — Moul
ton (D. G.), Ashton (E. A.), Eayrs (J. T.). — 4. Relative detectab
ility of N-aliphatic acids by the dog (Détectabilité relative des
acides N-aliphatiques chez le chien). — Anim. Behav., 1960, 8,
4, 117-128. — Moulton (D. G). — 5. The comparative olfactory sen
sitivity of pigmented and albino rats (Sensibilité olfactive comparée
des rats pigmentés et albinos). — Anim. Behav., 1960, 8. 4, 129-133.
Les auteurs apportent une série de données de grande valeur, en
particulier et pour la première fois, sur les seuils olfactifs absolus et la PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 119
discrimination chez le rat blanc. Sur cet animal aucun dispositif ou
procédure classiques n'avaient permis jusqu'à présent d'établir aisément
et avec rigueur ces seuils de comportements à l'égard des odeurs.
Eayrs et Moulton, après avoir essayé diverses méthodes d'acquisition
du conditionnement discriminatif, adoptent l'instrumentation et la
procédure suivantes : l'animal est placé dans une cage cylindrique
obscure ; les embouts de deux biberons font saillie à l'intérieur de la
cage au travers d'une fente entre parois et plafond. Ces biberons sont
portés par un dispositif pivotant autour de l'axe central de la cage qui
effectue une lente rotation et exclut toute association de la position
d'un embout particulier avec un repère spatial. Les deux biberons
contiennent de l'eau. L'un d'entre eux fournit une décharge électrique
au contact. L'un des embouts, ou les deux lorsqu'il s'agit de déterminer
une discrimination, sont « marqués » par la présence d'un stimulus odorant
quantitativement contrôlé. Le critère réponse est atteint rapidement.
Les échecs enregistrés avec d'autres méthodes permettent aux auteurs
de déterminer les deux conditions nécessaires à la réussite d'un apprent
issage olfactif chez le rat. Il faut une contiguïté entre le stimulus olfactif
et les récompenses ou punitions. D'autre part, le rat apparaît incapable
d'utiliser l'odeur comme guide directionnel lorsque ce facteur est en
concurrence avec un autre facteur tel qu'un repère spatial fixe et il est
donc nécessaire d'exclure toute association ou conflit avec des repères
visuels.
Sur le rat l'étude de l'évolution des seuils dans deux séries homologues,
celle des alcools et des acétates (2 et 3) confirment la généralité de la rela
tion déjà mise en évidence par Dethier sur l'insecte et par Ottoson sur la
grenouille. Exprimés en activité thermodynamique (rapport de la pression
partielle liminaire à la pression saturante), les premiers termes appar
aissent moins actifs que les termes moyens. Pour ces premiers termes
l'activité décroît avec la longueur de la chaîne. Les termes moyens ont
une activité thermodynamique liminaire constante. Une analyse
détaillée des données quantitatives recueillies permet aux auteurs une
riche discussion des résultats et de leurs implications en ce qui concerne
les mécanismes en jeu.
Dans une autre étude, Moulton fait justice de l'opinion ancienne
selon laquelle la pigmentation générale de l'animal serait corrélative
d'une aptitude olfactive plus développée. La comparaison de l'entraîn
ement discriminatif de deux souches de rats, l'une noire, l'autre albinos,
révèle une sensibilité légèrement supérieure chez les rats dépigmentés.
A l'aide d'une méthode d'apprentissage comparable à celle employée
sur le rat, les expérimentateurs abordent l'étude de l'olfaction du chien,
récemment étudiée par Neuhaus en Allemagne. Sur deux individus ils
établissent la détectabilité relative des huit premiers membres de la
série des acides gras. Exprimées en activité thermodynamique les
valeurs liminaires confirment à nouveau chez le chien la décroissance
initiale dans la série puis l'inflexion et la constance approximative 120 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'activité pour les termes moyens. Ils concluent que ces données sur les
seuils ne sont pas incompatibles avec la suggestion d' Adrian selon
laquelle la sensibilité des récepteurs est similaire chez le chien et chez
l'homme, la plus importante du chien n'étant due qu'à la
présence d'un plus grand nombre de récepteurs. Cette différence au
profit du chien avec la sensibilité humaine est d'ailleurs pour ces acides
très inférieure à celle que trouve Neuhaus puisqu'elle ne dépasse pas
cent fois contre plus de 10 000 dans le cas de l'acide butyrique d'après
l'auteur allemand.
J. L. M.
Goût.
Konishi (J.), Zotterman (Y.). — Taste functions in the Carp.
An electrophysiological study on gustatory fibres (Les fonctions
gustatives chez la carpe. Étude électrophysiologique des fibres du
goût). — Act. physiol. Scand., 1961, 52, 150-161.
Les réponses électriques soit des troncs nerveux entiers, soit des
fibres isolées sont recueillies pendant l'application de différentes sub
stances rapides.
La stimulation palatine avec les quatre types classiques de substances :
sel, sucrose, quinine, acide, donne une réponse dans le glosso-pharyngien.
La sensibilité est plus grande à l'acide et au sucré qu'à l'amer et au salé.
L'eau pure ne donne pas de réponse, cependant, et le fait est à noter,
l'eau dans laquelle vit le poisson donne une réponse de faible amplitude
mais certaine. Les auteurs ont utilisé aussi comme stimulus le lait,
des extraits de vers de terre et de vers marins et la salive humaine. La
salive est beaucoup plus efficace que les solutions de NaCl 0,5 M et de
quinine 0,01 M. Une stimulation mécanique donne une réponse qui
reste inférieure aux réponses gustatives.
La stimulation du facial par les mêmes solutions sapides donne
par contre une réponse plus faible que celle obtenue par stimulation
mécanique.
Ces mêmes solutions sont également efficaces pour le nerf branchial
dans lequel les messages gustatifs et tactiles sont d'importance à peu
près équivalente.
Les auteurs pensaient pouvoir montrer une certaine sensibilité
chimique au niveau des nageoires ventrales ; or ils ont constaté (expé
rience faite sur Cottus quadricornis L.), qu'aucune substance sapide
ne provoquait de réponse.
L'analyse des réponses unitaires de 114 fibres chémoceptives du
glosso-pharyngien conduit à une classification en sept groupes :
1. — Répondant à toutes les substances utilisées, NaCl, sucre,
acide, glycérol, glycol et même à la salive mais ne répondant
pas à la quinine.
II. — Répondant à toutes les substances utilisées, quinine comprise,
à des degrés variant d'une fibre à l'autre.

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