Ordre de présentation et identification des énoncés clefs par des enfants de 10-12 ans - article ; n°2 ; vol.75, pg 375-388

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L'année psychologique - Année 1975 - Volume 75 - Numéro 2 - Pages 375-388
Summary
The influence of the order of presentation of sentences on their discrimination was studied in a situation where the S. was required to give a summary statement. Sentences varied in their semantic proximity to a basic sentence (paraphrase, example, appendix). Performance was better when the basic sentence and its paraphrase were not contiguous than when they were contiguous. When the same sentences were presented twice but in a different order (first not contiguously, then contiguously, or vice versa), the effect observed in the first presentation was still observed in the second one. These results suggest that the order orients semantic exploration at the outset, but does not lead S. to modify his acquired semantic interpretation.
Résumé
On a étudié l'influence de l'ordre de présentation d'énoncés (phrases) sur leur discrimination en vue d'un choix permettant une expression concise. Les phrases varient quant à leur proximité sémantique par rapport à un énoncé de base (paraphrase, exemple, annexe). Les résultats montrent que la non-contiguïté de la phrase de base et de sa paraphrase est supérieure à leur contiguïté. Lorsqu'on présente deux fois successives les énoncés dans des ordres différents (non-contiguïté puis contiguïté ou inversement), on constate en deuxième présentation le maintien de l'effet obtenu en première présentation. Ces résultats amènent à considérer que l'ordre oriente au début l'exploration sémantique du sujet, mais ne le conduit pas à modifier une interprétation sémantique acquise.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1975
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J.-F. Vezin
Ordre de présentation et identification des énoncés clefs par des
enfants de 10-12 ans
In: L'année psychologique. 1975 vol. 75, n°2. pp. 375-388.
Abstract
Summary
The influence of the order of presentation of sentences on their discrimination was studied in a situation where the S. was
required to give a summary statement. Sentences varied in their semantic proximity to a basic sentence (paraphrase, example,
appendix). Performance was better when the basic sentence and its paraphrase were not contiguous than when they were
contiguous. When the same sentences were presented twice but in a different order (first not contiguously, then contiguously, or
vice versa), the effect observed in the first presentation was still observed in the second one. These results suggest that the order
orients semantic exploration at the outset, but does not lead S. to modify his acquired semantic interpretation.
Résumé
On a étudié l'influence de l'ordre de présentation d'énoncés (phrases) sur leur discrimination en vue d'un choix permettant une
expression concise. Les phrases varient quant à leur proximité sémantique par rapport à un énoncé de base (paraphrase,
exemple, annexe). Les résultats montrent que la non-contiguïté de la phrase de base et de sa paraphrase est supérieure à leur
contiguïté. Lorsqu'on présente deux fois successives les énoncés dans des ordres différents (non-contiguïté puis contiguïté ou
inversement), on constate en deuxième présentation le maintien de l'effet obtenu en première présentation. Ces résultats
amènent à considérer que l'ordre oriente au début l'exploration sémantique du sujet, mais ne le conduit pas à modifier une
interprétation sémantique acquise.
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Vezin J.-F. Ordre de présentation et identification des énoncés clefs par des enfants de 10-12 ans. In: L'année psychologique.
1975 vol. 75, n°2. pp. 375-388.
doi : 10.3406/psy.1975.28102
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1975_num_75_2_28102Année psychol.
1975, 75, 375-388
Laboratoire de Psychologie génétique1
Université René-Descartes (Paris V)
E.R.A. au C.N.R.S.
ORDRE DE PRÉSENTATION
ET IDENTIFICATION DES ÉNONCÉS CLEFS
PAR DES ENFANTS DE 10-12 ANS2
par Jean-François Vezin
SUMMARY
The influence of the order of presentation of sentences on their discr
imination was studied in a situation where the S. was required to give a
summary statement. Sentences varied in their semantic proximity to a
basic sentence (paraphrase, example, appendix). Performance was better
when the basic sentence and its paraphrase were not contiguous than when
they were contiguous. When the same sentences were presented twice but
in a different order (first not contiguously, then contiguously, or vice versa),
the effect observed in the first presentation was still observed in the second
one. These results suggest that the order orients semantic exploration at
the outset, but does not lead S. to modify his acquired interpretation.
POSITION DU PROBLÈME
Les énoncés qui composent un texte sont présentés selon
un certain ordre qui ne répond pas seulement à la nécessité de
les exposer successivement, mais qui est le résultat de leur
organisation. Un certain nombre d'études ont eu pour but de
savoir si cet ordre a un rôle dans l'apprentissage, ou de trouver
des critères permettant de définir le meilleur ordre possible. Ces
1. 46, rue Saint-Jacques, 75005 Paris.
2. Nous remercions vivement M. Robert Saules qui a collaboré à la
réalisation de cette expérience. 376 MÉMOIRES ORIGINAUX
recherches sont mentionnées par Oléron (1965) et Gavini (1965).
Il est apparu nécessaire de poursuivre sur ce sujet des recherches
qui étudient l'effet de l'ordre en s'appuyant sur une analyse de
la composition du texte et des effets obtenus. Pour Frase (1969),
l'organisation d'un paragraphe (ensemble d'énoncés présentant
une unité thématique), se traduisant par un ordre de présenta
tion des énoncés qui le composent, apporte une aide au sujet
en orientant son apprentissage. L'auteur a proposé à des adultes
un texte dont la succession des énoncés est déterminée par un
regroupement selon trois critères. Le critère de regroupement
peut être le concept (N = name), les énoncés qui se suivent expo
sant les attributs de ce concept. Il peut être l'attribut (A), les
énoncés qui se suivent exposant les différentes modalités de cet
attribut en fonction des concepts. Il peut être la non-organisation
(R = rote) des énoncés disposés au hasard. Frase trouve un
effet dû à l'ordre en général (A et N > R dans une épreuve
de rappel). Il met en évidence un effet différenciant les deux
types d'ordres (dans les réponses des sujets, N est supérieur à A
en ce qui concerne le regroupement des énoncés rappelés selon
un concept ou un attribut).
Afin de rechercher le processus qui permet de rendre compte
du rôle de l'ordre de présentation des énoncés dans un texte,
il nous paraît nécessaire de faire appel à la notion de contexte.
Bransford et Johnson (1973) soulignent le fait que la compré
hension et la mémorisation d'informations ne peuvent se réduire
au simple décodage des éléments verbaux qui les expriment.
Ils montrent que des contextes différents peuvent conduire à des
interprétations différentes d'un texte et à des capacités diffé
rentes. Pour ces auteurs l'efficacité du contexte verbal (thème
par exemple) ou non verbal (dessin par exemple) dépend de sa
disponibilité pour le sujet au moment où il décode les informa
tions exprimées. Lorsque ce contexte est très pregnant son
introduction peut conduire le sujet à modifier son interprétation
antérieure du texte.
Le contexte n'est pas donné seulement par un thème ou un
dessin accompagnant le texte. Il est constitué pour chaque
énoncé par ceux qui l'accompagnent. Chacun d'eux n'est pas
appris isolément. Les confrontations entre les énoncés d'un texte
permettent d'établir des relations. Parmi toutes les relations
possibles, le sujet n'en détermine que certaines. Ces
établies contribuent à guider le sujet dans son interprétation. J.-F. VEZIN 377
L'interprétation adoptée par le sujet tient compte du contexte.
Un changement de l'ordre de présentation des énoncés peut
orienter les confrontations effectuées en modifiant le contexte
proche dans lequel s'insère chaque énoncé (contexte constitué
des énoncés situés à proximité). L'ordre apparaît ainsi comme
un procédé de centration de l'exploration sémantique, car il
oriente celle-ci vers certaines confrontations et donc vers la mise
en évidence de certaines relations entre les énoncés (J.-F. Vezin,
1974, 1975, chap. 5). Mais l'ordre ne donne pas directement une
indication sur l'apport informationnel des énoncés comme le fait
l'introduction d'un thème qui peut amener le sujet à modifier
son interprétation du texte. Gela conduit à penser que l'ordre
a un effet sur l'exploration sémantique, et que cet effet est indi
rect, l'interprétation sémantique du sujet étant guidée par le
contexte proche de chaque énoncé. On peut donc penser que
lorsque cette interprétation sémantique est acquise, l'ordre n'a
plus d'effet. Le but de cette recherche est de valider ces hypothèses.
La recherche de Frase utilise un critère concernant la fonction
des mots dans les énoncés pour caractériser leur ordre. Les
énoncés sont, dans ce cas, tous de même type. Il nous paraît
intéressant, dans notre étude du rôle de l'ordre, d'utiliser des
énoncés de types différents, ce qui est le cas de la plupart des
textes qui concernent un domaine conceptuel où les concepts
sont en interrelation (Oléron, 1971-1972). Dans ce cas, on est
conduit à se demander quel est l'effet de l'ordre de présentation
des types d'énoncés sur la façon dont le sujet les discrimine,
détermine leur apport dans le texte. L'expression concise du
texte qui suppose un choix parmi les énoncés met en évidence
le résultat de cette discrimination. Dans un texte où plusieurs
types d'énoncés contribuent à la communication des informat
ions, on est amené à situer l'apport de chacun d'eux par rapport
à l'énoncé clef A qui correspond à l'expression générale de
l'information, en fonction de sa proximité sémantique par rapport
à A. Les énoncés dont la proximité par rapport à A
est la plus grande sont les paraphrases (B). Nous utiliserons des
paraphrases obtenues par changement lexical (utilisation de
synonymes) car Honeck (1971, 1973) a montré que celui-ci incite
à une interprétation sémantique qui différencie plus l'énoncé de
base de l'énoncé transformé que le changement de syntaxe. Ce
rapport d'équivalence se retrouve aussi dans le cas des exemp
les (C), formulations parallèles de l'énoncé clef à un niveau plus 378 MÉMOIRES ORIGINAUX
particulier, spécifique, transmettant à la fois les unités sémant
iques de l'énoncé clef et d'autres unités sémantiques apportées
par sa spécificité (L. Vezin, 1972, Le Ny, 1974). L'exemple permet
l'articulation de l'énoncé clef avec des éléments d'information
non exprimés par lui. L'énoncé annexe (D), prolongement anec-
dotique de A, concerne seulement cette articulation de A avec
d'autres éléments d'information. L'expression concise d'un texte
comprenant ces quatre types d'énoncés demande d'identifier
les énoncés clefs et d'éviter les répétitions. Cela suppose que le
sujet considère la similitude sémantique des énoncés de type A
et B et les distingue des énoncés de type G et D. Il faut donc
que la confrontation s'effectue principalement entre [A, B] et
[G, D] plutôt qu'entre A et B d'une part et G et D d'autre part.
Ainsi un ordre de succession des énoncés qui favorise la contiguïté
de A et de B (ABGD, par exemple) constitue un regroupement
des énoncés A et B ; il oriente moins que leur non-contiguïté
(AGBD, par exemple) vers une confrontation des énoncés A et B
avec les énoncés G et D (J.-F. Vezin, 1975, chap. 5).
Conformément aux hypothèses que nous avons émises préc
édemment, nous sommes conduit à penser que la place relative des
énoncés A et B par rapport aux énoncés C et D a surtout un effet
indirect sur l'exploration sémantique, et ne peut modifier une
interprétation sémantique acquise antérieurement. Cette hypo
thèse peut être opposée à l'hypothèse selon laquelle la place
relative des énoncés A et B par rapport aux énoncés C et D a le
rôle d'un indice désignant par un code non verbal leur apport
informationnel. Si l'ordre désigne par lui-même l'apport des
différents énoncés, le sujet garde une grande dépendance par
rapport à cet ordre. Et la succession de deux présentations du
texte ayant deux ordres opposés (contiguïté de A et B en première
présentation et non-contiguïté en seconde, ou l'inverse) devrait
avoir sur l'expression concise des connaissances des effets opposés
en première et en seconde présentation, ou au moins une annu
lation en seconde présentation des effets obtenus après la première
présentation. Nous pensons au contraire que cet ordre a un rôle
indirect, n'indique pas par lui-même l'apport des énoncés, mais
par le simple effet de modification du contexte proche, oriente
les confrontations au début de l'apprentissage. Dans cette pers
pective, l'ordre intervient surtout au début, en première présen
tation. La représentation sémantique du texte acquise en
première présentation guide le sujet en seconde présentation, J.-F. VEZIN 379
aux dépens de l'ordre qui, selon cette hypothèse, n'ayant qu'un
effet indirect, ne peut conduire à une modification de l'interpré
tation acquise (comme le ferait un indice non verbal qui donnerait
directement des éléments d'information sur l'apport des énoncés).
Dans ce cas la succession de deux présentations du texte, ayant
deux ordres opposés, n'aura pas d'effets opposés en première et
deuxième présentation ; il y aura maintien de l'effet initial car
l'ordre n'aura d'effet qu'en première présentation.
Nos hypothèses sont donc les suivantes ;
1) La non-contiguïté des énoncés A et B favorisera la capacité
de concision, en première présentation du texte.
2) Le changement d'ordre de présentation des énoncés, en
deuxième présentation, n'entraînera pas d'inversion (ni d'annul
ation) de l'effet obtenu en première présentation.
MÉTHODE
Les sujets sont 64 élèves de CM2 d'une école mixte de la région
parisienne, répartis en quatre groupes de 16 sujets (les 4 distributions
d'âges correspondantes ont des moyennes de 11;1 ans ou 11;2 ans suivant
les groupes et des écarts types compris entre 6;6 mois et 7;5 mois
les groupes).
Le texte concerne le langage des abeilles. Les éléments d'information
contenus dans ce texte sont donnés par les dix mots clefs suivants :
De quoi s'agit-il : 1) Abeilles (donnent) ; 2) Indications (sur) ; 3) (la)
nourriture ; 4) (par une) danse en 8. Indications données : 5) Direction
(de la nourriture) ; 6) Distance (de la nourriture) ; 7) Quelle (nourriture) ;
Moyens d'indication : 8) Inclinaison (de la danse) ; 9) Rapidité (de la
danse) ; 10) Odeur (de l'abeille). Ce texte comprend cinq énoncés clefs
permettant d'exprimer les liens entre les mots clefs. Ainsi dans l'énoncé
clef Al les mots clefs exprimés sont, dans l'ordre d'apparition 1 et 4 ;
dans A2 : 4, 2 et 3 ; dans A3 : 8, 4, 2, 5 et 3 ; dans A4 : 9, 4, 2, 6 et 3 ; A5 : 10, 1, 2, 7 et 3. Chaque énoncé clef A est accompagné de trois
énoncés : une paraphrase (B), répétition sous une forme parallèle util
isant des synonymes, un exemple (C), et un énoncé annexe (D) qui
consiste en un prolongement anecdotique de A. Ainsi à l'énoncé clef Al
correspondent la répétition sous une forme parallèle Bl, l'exemple Cl et
l'énoncé annexe Dl ; à A2 correspondent B2, C2, D2, etc. L'ensemble
des 20 énoncés se trouve en annexe 1. Un énoncé clef A et les énoncés B,
C et D correspondants constituent un groupe d'énoncés. Les
d'un même groupe se suivent dans le texte. Les cinq groupes sont
présentés, dans le texte, selon l'ordre 1, 2, 3, 4 et 5. Le texte est constitué 380 MÉMOIRES ORIGINAUX
des 20 énoncés qui se suivent sans titre ni paragraphe, ni trait soulignant
les principaux éléments afin de ne pas guider le sujet dans son résumé.
Les quatre groupes varient en fonction : a) De la contiguïté d'un
énoncé clef A et de sa paraphrase B (a) opposée à la non-contiguïté de
ces énoncés (ß). La contiguïté, dans le groupe d'énoncés, d'un énoncé A
et d'un énoncé B s'accompagne toujours de la contiguïté des énoncés C
et D correspondants afin que le texte ait une homogénéité de structure.
Il en est de même pour la non-contiguïté, b) Du maintien de l'ordre
initial ou d'un changement d'ordre, dans la deuxième présentation du
texte. Les quatre groupes sont donc les suivants (il est donné en premier
l'ordre de la première présentation et en second celui de la deuxième) :
Gl : ßa ; G2 : aß ; G3 : ßß ; G4 : aa.
L'ordre de présentation des énoncés à l'intérieur de chaque groupe
dépend de la variable étudiée : présentation « a » ou « ß ». D'autre part,
l'ordre de des groupes d'énoncés est systématiquement
varié (dans la mesure des possibilités laissées par les variations d'ordre
dues aux variables). Cette variation systématique s'effectue de deux
façons combinées. La première est une permutation de l'ordre d'appar
ition de A et B (A, B, G, D et B, A, C, D par ex. pour a), de C et D
(A, C, B, D et A, D, B, C par ex. pour ß) ou des deux à la fois. La seconde
est une permutation de l'ordre d'apparition de AB et CD (A, B, C, D
et C,D,A,B par ex. pour a). Cette variation systématique s'effectue,
dans chaque groupe de sujets, d'un sujet à l'autre pour les groupes
d'énoncés correspondants (afin d'éviter d'obtenir un effet d'ordre autre
que celui que nous étudions). Elle s'effectue aussi, dans le cas de chaque
sujet, d'un groupe d'énoncés à l'autre (afin d'éviter que le sujet s'habitue
à la place relative des différents types d'énoncés les uns par rapport
aux autres). Ces variations systématiques sont équivalentes d'un groupe
de sujets à l'autre dans la mesure des possibilités que laisse la variation
d'ordre due aux variables (a et ß).
PROCÉDURE
Le texte est présenté deux fois, les énoncés étant de la première à
la deuxième présentation, soit dans un ordre identique, soit dans un
ordre différent. Les énoncés du texte sont écrits les uns à la suite des
autres, le texte étant présenté dès le début en entier. La passation est
collective par groupes de huit. Au début de chaque présentation, il est
précisé aux sujets qu'ils doivent souligner les cinq phrases les plus
importantes du texte (chaque phrase correspond à un énoncé) et ensuite
encadrer, dans les cinq phrases soulignées, les dix mots les plus impor
tants de ce texte. Il était dit qu'il s'agit de permettre à quelqu'un qui
n'a pas lu le texte d'en comprendre le contenu à la simple lecture de ce
qui est souligné et encadré. Il est précisé qu'un énoncé souligné doit J.-F. VEZIN 381
l'être en entier, et que les sujets doivent d'abord lire le texte pendant
cinq minutes avant de commencer à souligner et encadrer. Après les
cinq de lecture, il est laissé vingt-cinq minutes pour choisir
et souligner les cinq énoncés, choisir et encadrer les dix mots. Au début
de la seconde présentation, il est indiqué aux sujets qu'ils vont recom
mencer en essayant de faire mieux, c'est-à-dire en rectifiant ce qui leur
paraît insuffisant dans ce qu'ils ont fait, et en conservant ce qui leur bon. Il est dit que par rapport à leur première réponse, ils peuvent
soit ne rien changer, soit changer un peu, soit tout changer, suivant
les rectifications qui leur paraissent ou non nécessaires pour améliorer
leur réponse. Au cours de la deuxième présentation, les sujets n'ont pas
le texte de la première présentation (et n'ont pas non plus leurs réponses
de la première présentation, réponses inscrites sur les textes). Tous les
sujets ont eu le temps d'achever la tâche qui leur était demandée dans
le temps qui leur était laissé, aussi bien dans le cas de la première que
dans celui de la deuxième présentation.
RÉSULTATS
1) Première présentation du texte
L'expression concise du texte est déterminée par un choix
d'énoncés (5 énoncés soulignés parmi les 20 du texte) et par un
choix de mots (10 mots encadrés dans les 5 énoncés soulignés).
Chacun des énoncés choisis devant être souligné entièrement
ou non souligné, la capacité de concision a été évaluée par le
calcul du nombre d'énoncés clefs différents soulignés par le sujet.
Le fait de souligner un énoncé B, formulation parallèle de A,
est considéré comme équivalent au fait de souligner l'énoncé A
correspondant ; mais si un énoncé clef A et sa formulation sous
une forme parallèle B sont tous les deux soulignés dans la même
réponse, ils sont comptés comme un seul énoncé clef. Il a d'autre
part été calculé le nombre de mots clefs différents encadrés par
le sujet. Le fait d'encadrer un synonyme d'un mot clef est consi
déré comme équivalent au fait d'encadrer le mot clef corre
spondant ; mais si un mot clef et son synonyme sont tous les deux
encadrés dans la même réponse, ils sont comptés comme un seul
mot clef.
Le tableau I donne les moyennes obtenues par les différents
groupes en ce qui concerne le nombre d'énoncés clefs soulignés
et le nombre de mots clefs encadrés, dans le cas de la première
présentation du texte. Le plan d'analyse de variance est le sui- 382 MÉMOIRES ORIGINAUX
vant : S16 [A4]. A correspondant à la source de variation dés
quatre groupes pris globalement a été décomposé de la façon
suivante : 1 vs 3, 2 vs 4 et [1, 3] vs [2, 4]. Dans le cas de la
première présentation, le groupe 1 ayant des conditions identiques
au groupe 3, et le groupe 2 ayant des au
groupe 4, les deux premières comparaisons permettent simple
ment de constater qu'il n'y a pas de différence entre les résultats
du groupe 1 et ceux du groupe 3 ainsi qu'entre ceux du groupe 2
et ceux du groupe 4. La troisième comparaison permet de tester
l'hypothèse 1. L'examen des résultats montre que, conformément
à cette première hypothèse, dans le cas de la première présen
tation, la non-contiguïté des énoncés A et B (groupes 1 et 3)
favorise la capacité de concision, la capacité d'effectuer un choix
en faveur des énoncés et mots clefs du texte. Les groupes 1 et 3
sont supérieurs aux groupes 2 et 4 en ce qui concerne le nombre
d'énoncés clefs différents soulignés et le nombre de mots clefs
différents encadrés. Les tests statistiques montrent que ces
différences sont significatives. La comparaison [1, 3] vs [2, 4]
donne un F (1,60) significatif au seuil de .0005 dans le cas des
énoncés clefs, F = 14,76 comme dans celui des mots clefs,
F = 20,29. (Les comparaisons 1 vs 3 et 2 vs 4 donnent des
différences non significatives dans le cas des énoncés clefs comme
dans celui des mots clefs : F = (1,60 < 1 dans tous les cas.)
Tableau I
Moyennes obtenues par les différents groupes
dans le cas de la première présentation du texte
Nombre d'énoncés clefs Nombre de mots clefs
différents soulignés différents encadrés
Groupes (0 à 5) (0 à 10)
1 3,06 5,63
2 2,25 3,63
3 3,13 5,94
4 2,13 4,06
2) Deuxième présentation du texte
L'expression concise du texte a été évaluée de la même façon
que dans le cas de la première présentation. Le tableau II donne
les moyennes obtenues par les différents groupes en ce qui J.-F. VEZIN 383
concerne le nombre d'énoncés clefs soulignés et le nombre de
mots clefs encadrés, dans le cas de la deuxième présentation du
texte. La décomposition du plan d'analyse de variance est iden
tique à celle effectuée dans le cas de la première présentation.
Dans le cas de la deuxième présentation, la comparaison du
groupe 1 et du groupe 3, ainsi que celle du groupe 2 et du groupe 4
contribue à tester la seconde hypothèse. En effet, l'absence de
différence entre ces groupes, malgré leur différence de conditions
dans la deuxième présentation, montre qu'une différence d'ordre
n'agit pas en deuxième présentation du texte. La troisième
comparaison [1, 3] vs [2, 4] montre que la différence due à l'effet
de l'ordre de la première est maintenue malgré le
changement d'ordre dans la deuxième présentation, conformé
ment à la seconde hypothèse. Les comparaisons 1 vs 3 et 2 vs 4
donnent des différences non significatives dans le cas des énoncés
clefs (F (1,60) = 1,28 pour 1 vs 3 et 1,74 pour 2 vs 4) et dans le
cas des mots clefs (F (1,60) = 1,12 pour 1 vs 3 et F < 1 pour
2 vs 4). La comparaison [1, 3] vs [2, 4] donne un F (1,60) signi
ficatif au seuil de .005 dans le cas des énoncés clefs (F = 11,10),
et au seuil de .01 dans celui des mots clefs (F = 7,75).
Tableau II
Moyennes obtenues par les différents groupes
dans le cas de la deuxième présentation du texte
Nombre d'énoncés clefs Nombre de mots clefs
différents soulignés différents encadrés
Groupes (0 à 5) (0 à 10)
1 3,19 5,56
2 2,44 3,8?
3 2,81 4,88
4 2,00 4,00
3) Evaluation de la modification de la réponse
entre la première et la deuxième présentation du texte
Les résultats indiquent que les différences entre les groupes
persistent malgré le changement d'ordre. Il est important de
montrer que cela ne tient pas à une simple reproduction des
réponses de la première présentation (le fait de souligner les

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