Organisation psycho-physiologique du travail - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 637-648

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 637-648
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
Lecture(s) : 55
Nombre de pages : 13
Voir plus Voir moins

d) Organisation psycho-physiologique du travail
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 637-648.
Citer ce document / Cite this document :
d) Organisation psycho-physiologique du travail. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 637-648.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6294APPLIQUEE 637 PSYCHOLOGIE
R COUVE. — Die Aaslese von Personal für statistische Arbeiten
[La sélection du personnel pour les travaux de statistique). — Ind.
Ps., II, 9, 1925, p. 277-279.
Le service statistique d'Etat a sélectionné son personnel à l'aide
de tests. On a emprunté à la technique employée par les chemins
de fer d'Etat pour la sélection des distributeurs de tickets et les ex
péditeurs de bagages les épreuves suivantes :
1° Complètement verbal ; 2° Mémoire des noms et des nombres ;
3° Barrage des chiffres ; 4° Attention diffusée ; 5° Calcul rapide ;
6° Test du tableau à tickets (On a ajouté d'autres tests) ; 7° Un test
de Bourdon avec présentation mécanique et réactions motrices ;
8° Mémoire des localisations spatiales (placer des nombres dans des
cases conformément à un modèle vu préalablement) ; 9° Triage des
cartes d'après plusieurs détails.
Sur 125 employés sélectionnés de cette manière, aucun ne s'est
montré mauvais dans le travail professionnel. Voici la comparaison
de la valeur professionnelle avec le rendement dans les tests :
Rendement dans, les tests
Valeur professionnelle
Coefficient de valeur Variation moyenne (moyenne)
1448 Très bons 191
Bons 1163 164
Passables 855 146
D. W.
d) Organisation psycho-physiologique du travail.
A.-W. KORNHAUSER. — How to study [Comment étudier). — The
University of Chicago Press, Chicago Illinois, 1925, pp. VI-43.
L'auteur qui est « assistant professor » de psychologie à l'Université
de Chicago, a réuni dans cette brochure quelques conseils à l'usage
des étudiants. 11 examine très rapidement les conditions générales
qui influent sur le travail mental : alimentation, sommeil, repos,
exercices physiques, etc.. pour s'arrêter plus longuement sur la
manière de lire, d'assimiler les matières nouvelles, de prendre des
notes au cours et de récapituler les connaissances acquises avant les
examens.
Présentées sous une forme très claire, bien ordonnées, ces indica
tions ne manqueront pas de rendre service à ceux à qui ils sont des
tinés. D'ailleurs il semble bien que ce petit fascicule répond à un
besoin réel : en une année, d'août 1924 jusqu'en août 1925 il a
connu six réimpressions 1 D. W. 638 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
méthode" izoutchenia professii. Sbornik pod redaktziiei Trudovoi
spilreina {Méthode active dans V étude des professions). — Recueil
dirigé par SPILREIN, N. K. R. I. Moscou, 1925, 176 p., in-8.
G.-O. GOLDBLATT et I.-N. SPILREIN. — Psikhologuitcheskaia
kvalifkatzia raboty multipelnoi telephonistki (Qualification psycho
logique du travail de la téléphoniste d'arrivée). — Moscou, 1925, 16 p.
Le recueil dirigé par Spilrein contient un article de ce dernier sur
les principes de sa méthode ; des analyses du travail relatives aux
professions suivantes : téléphoniste du départ, par S. -M. Keiler et
L.-I. Seletzkaia ; ouvrières du tissage, par O.-P. Kaufmann et
L.-M. Choub ; travaux dans la fabrication des lampes, par S. -G. Ryss
et U.-N. Khaltourina. Toutes ses études, ainsi que celle de Goldblatt
et Spilrein sur la profession de la téléphoniste d'arrivée, sont con
duites, d'après la méthode adoptée par Spilrein que nous avons
appelée « active » un peu par analogie avec « l'école active » et parce
que la traduction exacte : « Méthode de travail » prêterait à confusion.
Il s'agit en réalité d'une méthode basée sur le travail.
L'idée est celle-ci : pour bien analyser un travail, le psychotechnic
ien doit l'avoir pratiqué lui-même. C'est en travaillant qu'il arrivera
à saisir des détails psychologiquement importants et qui échappent à
celui qui se contente d'observer ce que font les autres. D'autre part,
ce don d'observation psychologique, on ne saurait l'exiger de la part
des professionnels ; c'est pourquoi les renseignements basés sur les
interrogatoires des ouvriers resteront nécessairement vagues. Le»
auto-observations des psychotechniciens, qui n'excluent d'ailleurs
pas les observations objectives, pourront être, au contraire, très
complètes si elles sont conduites méthodiquement. Spilrein recom
mande à ces chercheurs de rédiger à la fin de chaque journée d'apprent
issage, des notes sur le travail de la journée en général, sur les diff
icultés rencontrées et les progrès accomplis, sur les phénomènes de
fatigue et, enfin, sur les lacunes remarquées dans l'organisation du
travail et la technique de l'apprentissage.
Les collaborateurs dee Spilrein suivent fidèlement ces principes.
Ils décrivent d'abord très exactement en quoi consiste le travail, puis
cherchent à établir, d'après leurs notes, la liste des aptitudes qui
interviennent dans l'exercice du métier. Ils se servent volontiers du
questionnaire de Lipmann pour l'établissement des psychogrammes
des professions. Ainsi les psychotechniciens de Moscou espèrent
aboutir à une classification judicieuse des professions.
Le laboratoire psychotechnique du commissariat du peuple pour la
santé publique s'occupe à réuriir et à classer systématiquement tous
les renseignements relatifs à l'analyse psychologique des professions.
L'analyse du travail, conclut Spilrein, doit servir de base à la sélection
professionnelle aussi bien qu'à l'hygiène du travail.
Nous ne pouvons résumer ici les autres études dont nous avons
indiqué le sujet ; cela nous mènerait trop loin, car il faudrait énumérer
tous lestlétafls : il ne peut y avoir, à l'heure actuelle, dans une analyse
du travail autre chose que des détails, que des pierres isolées soigneu
sement cataloguées. Mais cette tâche préliminaire a un intérêt théo
rique et pratique incontestable.
Seulement, s'il est vrai qu'on connaît mieux ce qu'on a][fait soi- psychology: appliquée 639
même, et que, par conséquent, la méthode active a des avantages
incontestables, ne gagnerait-elle pas à être complétée par des méthodes
d'enregistrement, précises et objectives ? D.W.
S. WYATT. — The Machine and the Worker {La machine et l'ou
vrier). — Austr. J. of Psych., N° 2, 1925.
L'auteur, attaché au Bureau de recherches pour la fatigue indust
rielle (Londres), examine la situation créée par l'introduction de la
machine dans le travail humain, et les problèmes psychologiques que
cette situation soulève. On peut déplorer la mécanisation moderne et
la division toujours croissante du travail ; mais, à part les problèmes
de toutes natures que ces questions entraînent, il est intéressant et
utile d'examiner les problèmes psychologiques, d'un ordre plus res
treint, devant lesquels nous place cette situation de fait. Le trait le
plus frappant qui saute aux yeux d'un observateur impartial des
conditions industrielles est la disproportion entre les dispositions
générales de la machine et les caractères physiques de l'ouvrier qui
contrôle cette machine. Toutes les machines accomplissant le même
genre de travail sont généralement d'un type semblable, tandis que
les caractères physiques des ouvriers qui se servent de cette machine
sont évidemment très différents.
Du point de vue mécanique la machine peut être parfaite, mais
son auteur ne tient souvent pas assez compte des commodités de
l'ouvrier qui aura à se servir de cette machine : par exemple elle peut
obliger celui-ci à travailler dans une position incommode, qui
même devenir douloureuse, de sorte qu'il est obligé de quitter souvent
son travail sous un prétexte quelconque, et qu'il en résulte une
perte de temps et de rendement considérable. « Si dans une automobile
la place du conducteur était aussi incommode que la place d'un
ouvrier sur une machine, dit spirituellement l'auteur, les constructeurs
feraient vite faillite. Puisqu'on estime qu'il faut des sièges confor
tables pouT une voiture dans laquelle la durée d'un voyage est relat
ivement courte, à plus forte raison en est-il de même pour les conditions
d'activité plus longues et plus difficiles qui existent dans l'industrie.
Les ouvriers industriels ne possèdent pas les propriétés élastiques et
compressibles d'un corps gazeux, comme pourrait le faire croire la
disposition de quelques machines ». — Un autre défaut est que, dans
les machines du même type, le niveau auquel l'ouvrier travaille est
le même pour tous les ouvriers, d'où il résulte que ceux qui sont
grands sont obligés de se courber plus qu'il n'est nécessaire, tandis
que ceux qui sont petits sont obligés de tendre leurs muscles plus
qu'il ne faut. Cela gêne la facilité des mouvements et empêche le ren
dement de se maintenir à un niveau élevé. Un autre point défectueux
est l'accès peu facile pour l'opérateur des commandes de la machine.
La vitesse est également à considérer. En général les machines se
conforment à deux types : celles chez qui la vitesse est soumise au
contrôle de l'opérateur et qui fonctionnent à une vitesse indé
pendante. Le premier type de machine ne soulève pas de problème
relativement à l'opérateur. Mais dans le cas du second type où la
machine fonctionne à une vitesse donnée et où l'on attend de l'opé
rateur qu'il réponde sans faiblir à ses exigences inexorables, c'est 640 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
comme si l'on demandait à un coureur de longues distances de se
maintenir au niveau d'une motocyclette marchant à la vitesse cons
tante de 18 à 25 kilomètres à l'heure. Or, un des traits les plus évidents
du travailleur est que sa capacité de travail varie continuellement
durant la journée ; les variations de rendement causées par des varia
tions dans l'état psychologique de l'ouvrier peuvent être aussi grandes
que celles produites par des conditions proprement physiologiques. Il
faut tenir compte de plus de différences individuelles.
Si la vitesse de la machine était réglée pour concorder avec le débit
le plus lent de l'ouvrier, l'accord pourrait être maintenu assez facil
ement, mais dans la plupart des cas c'est le contraire qui se produit :
la vitesse de la machine est supérieure au débit moyen, ou même au
débit maximum, de l'ouvrier. De sorte que l'ouvrier ne peut répondre
aux exigences de la machine que pour des périodes très courtes ; le
reste du temps (30 à 50 ° /°) il ne réussit pas à alimenter suffisamment
la machine de travail ; il en résulte une perte de production, et d'autre
part ces interruptions forcées, gênant les mouvements rythmiques
de l'ouvrier, empêchent l'apparition de l'émotion agréable qui accom
pagne l'activité rythmique. Quel est le remède à cette situation ?
Si on adapte la vitesse de la machine au débit maximum de l'ouvrier,
on vient de voir qu'il en résulte pour celui-ci de la fatigue, et final
ement une perte de temps et une diminution du rendement. Si on
adapte la vitesse de la machine au débit moyen de l'ouvrier, celui-ci
pourra, au début de son travail, dépasser cette vitesse, mais à la fin de
la journée il s'y maintiendra avec difficulté. Si enfin on*adapte la
vitesse de la machine au débit le plus lent de l'ouvrier il en résulte une
grande perte de travail, car pendant la plus grande partie de la
journée l'ouvrier est capable de dépasser la vitesse fixée'. Une mac
hine dont la vitesse est contrôlée par l'ouvrier est donc de beaucoup
préférable, d'autant plus que ce système permet l'adaptation aux
variations individuelles.
Un troisième point à considérer est l'uniformité des mouvements
imposée par. la machine à l'ouvrier. Cette uniformité semble être
assez bien supportée par la plupart des ouvriers, soit par le fait d'une
adoption graduelle, soit parce que certains ouvriers se plaisent à un
travail sans responsabilités, permettant le repos de l'esprit ou les
rêveries agréables, soit parce que d'autres tolèrent un travail mono
tone à cause des salaires plus élevés et des moindres heures de travail
qu'il représente.
D'ailleurs la nature monotone d'un travail peut être corrigée par
des temps de repos appropriés qui modifient l'attitude mentale de
l'ouvrier et produisent un renouveau d'intérêt et d'activité, et par
des changements dans la forme de l'activité qui reposent l'ouvrier en
mettant en œuvre de nouvelles coordinations neuro-musculaires et
en permettant aux mécanismes fatigués de refaire de l'énergie.
La vie que mène l'ouvrier en dehors de l'usine a également un
grand retentissement sur son activité de travailleur, et un ouvrier
qui envisage une soirée intéressante ou un joyeux week-end sera
moins disposé à être ennuyé ou déprimé par la monotonie de son
travail que celui dont la vie est toujours grise. A ce point de vue
l'employeur a intérêt à favoriser la vie sociale et les sports de ses
employés. C. N.-P. PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 641
ERIC FARMER. — Motion Study and Psychology (V Etude du mou
vement et la psychologie). — Austr. J. of Ps., N° 3, 1925.
Si dans le travail industriel on veut éviter la fatigue inutile de
l'ouvrier, il faut faire en sorte que les diverses opérations impliquées
dans le travail qu'il accomplit ne contrarient pas les rythmes vitaux
de celui-ci. En plus des rythmes respiratoire et circulatoire, Muscio
a montré (*) l'existence d'un rythme de fatigue diurne même quand
on n'accomplit aucun travail, et il est même question d'un rythme
émotionnel — quoique l'existence de ce dernier ne soit pas encore
démontrée. Tout rythme industriel doit, pour produire un minimum
de fatigue, s'harmoniser avec les rythmes déjà existants dans le
corps. Cette condition est remplie spontanément dans une certaine
mesure, car l'ouvrier choisit naturellement sa propre méthode et
adopte le rythme qui lui semble le plus commode, mais il est préfé
rable de lui donner une éducation rythmique, car les ouvriers qui ont
reçu cette éducation font leur travail beaucoup plus facilement que
ceux qui doivent découvrir leur méthode. C. N.-P.
H. -M. VERNON. — Can laboratory experiments on output throw
light on problems of industrial fatigue ? (Les expériences de laborat
oire sur la production peuvent-elles apporter quelques lumières sur
les problèmes de la fatigue industrielle). — Br. J. of Ps., XV, 4,
1925, p. 393-404.
V. insiste sur les différences profondes qui séparent le travail,
tel qu'on peut l'étudier au laboratoire, pendant une période de temps
toujours courte, sur des sujets choisis, en petit nombre, et le travail
véritable de l'ouvrier, qui doit se poursuivre pendant des années,
dans des conditions tout à fait différentes. Il en résulte que la plu
part du temps, les résultats obtenus au laboratoire ne sont guère
applicables pratiquement. Il est donc nécessaire, si l'on veut étudier
le travail industriel, de se placer dans des conditions strictement
industrielles, malgré les difficultés pratiques de réalisation de cette
entreprise. G. P.
R.-C. ARNOLD. — Der.Faktor Mensch in der Industrie (Le facteur
humain dans l'industrie). — Ind. Ps., II, 7-8, 1925, p. 206-212.
Description des mesures entreprises par une société d'exploitation
minière en vue d'améliorer aussi bien la situation matérielle et morale
de l'ouvrier que son rendement professionnel : apprentissage rationnel,
école ménagère pour les femmes d'ouvriers, sections de travail facile
pour les vieillards et les infirmes. D. W.
GARRY CLEVELAND MYERS. — Speed versus accuracy in the
Development of Industrial skill (Rapidité et exactitude dans le déve
loppement de l'habileté professionnelle). — J. of Pers. Res., IV, 1,
1925, p. 20-22.
L'auteur fait ressortir au moyen d'un résumé de diverses expé
riences, l'intérêt essentiel qu'il y a, en ce qui concerne le rendement
1. British Journal of Psychology, 1920.
l'année psychologique, xxvi. 41 642 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
définitif, à exiger du travail du débutant plus d'exactitude que de
rapidité. Cette dernière s'acquérera tout naturellement, et sera
d'autant plus grande que l'exactitude sera plus parfaite, alors que»
pour se défaire de mauvaises habitudes contractées au début de
l'apprentissage, dans le dessein de tout de suite aller vite, il faudra
désapprendre et réapprendre. Ce sont là des conseils tout particuli
èrement utiles aux dactylographes. M. L.
REX B. HERSEY. — Rests authorized and unauthorized [Repos
autorisés et non autorisés). — J. of Pers. Res., IV, 2, 1925, p. 37-45.
Dans tous les travaux monotones ou exigeant une attention sou
tenue, les travailleurs instinctivement, et malgré les règlements,
s'arrangent à se reposer une moyenne de 7 à 8 minutes par heure.
Les faits étant tels, il y aurait avantage à remplacer ces repos inter
calaires non prévus, par des arrêts du travail prévus, la perspective
d'une « récréation » encourageant les travailleurs, comme l'a prouvé
une enquête, à ne pas relâcher leur activité.
Faut-il, avec l'auteur, espérer « dresser » les travailleurs à s'en
dormir deux fois par jour, dix ou quinze minutes afin d'obtenir un
complet repos ? Ce serait déjà bien beau s'ils obtenaient un local
distinct de l'atelier, où ils puissent se détendre ce laps de temps, de la
manière qui leur conviendrait le mieux. M. L.
O.-H. MILES et A. ANGLES. — The influence of short time on
speed oî production (Influence des temps courts sur la rapidité de
production). — J. of N. I. of Ind. Ps., II, 7, 1925, p. 300-302.
Cette enquête menée dans une manufacture de boîtes et faite sur
le modèle d'une enquête précédente (Cf. /. of N. I. of Ind. Ps., II,
4, 1924) aboutit à une semblable conclusion : pour un nombre opt
imum de 40 heures de travail par semaine, on obtient le rendement
maximum. L'expérience ayant eu lieu pendant 61 semaines, on peut
prendre le rendement obtenu comme valeur de base et se demander
quels sont les facteurs psychologiques susceptibles d'intervenir pour
le modifier lorsqu'on augmente ou diminue les heures de présence.
L'auteur attribue cette réduction à plusieurs faits :
1° II y a perturbation dans le train coutumier du travail, fonction
d'un certain équilibre psycho-physiologique, lorsqu'on change la
quantité des heures réglementaires ; 2° Leur diminution, lorsqu'elle
entraîne une diminution régulière de paiement, engendre une irrita
tion préjudiciable ; 3° Le système de paiement doit tenir compte
simultanément des heures de travail et du travail à la pièce, pour
éviter de décourager toute une catégorie de travailleurs.
Il y a donc toute une nouvelle technique à établir en ce qui concerne
le raccourcissement des heures de travail en fonction de la product
ion optima. M. L.
L. WALTER. — Le remplissage des cornets de café. Etude Technop
sychologique. — Ar. de Ps., XIX, 74, 1924, p. 163-171.
Courte étude psychotechnique. Après deux jours d'examens, l'au
teur a proposé à une maison s'occupant du remplissage des comète
de café, quelques réformes ayant entraîné les résultats suivants : PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 643
a) Suppression d'une ouvrière (sur 8) ;
b) Rendement de 44 pièces par ouvrière et par heure, porté à
' 86 pièces ;
c) Réduction au quart de l'espace nécessaire au travail.
Les tests employés à l'examen des ouvrières sont les suivants :
1° Disposer des disques sur les trous du carton d'où ils ont été
estampés ;
2° Test de découpage (Claparède) ;
3° Aiming (Whitley) ;
4° Tapping (Binet) ;
5° Enfilage de perles (Desccsudres) ;
6° Tests des encastrés (Pintner).
Le classement par test et le classement patronal au point de vue
de l'habileté manuelle ont coïncidé exactement, ce qui paraît presque
trop beau. M. F.
TH. FUERST. — Körperhaltung und Arbeitsstellungen in gewerb
lichen Berufen [Position du corps et attitudes imposées par le
travail du métier). — Z. für päd. Ps:, XXVI, 4, 1925, p. 194-202.
Trop souvent le métier impose au travailleur des attitudes vicieuses
qui pourraient être évitées par un agencement convenable des in
struments de travail. Ces négligences sont particulièrement déplorables
lorsqu'il s'agit de jeunes apprentis. Le médecin et le contremaître
pourraient collaborer à combattre le mal.
Des exemples concrets illustrent ces réflexions. D. W.
GEORG VILLWOCK. — Werkstattarbeit und Muskelphysiologie
{Travail d'atelier et physiologie musculaire). — Ps. und, Med., I,
1925, p. 98-100.
La partie essentielle de l'outil au point de vue de l'adaptation
musculaire est la poignée, le manche. La force et la précision du
mouvement sont liées, en effet, au degré et aux modalités de la con
traction de la main ; et celle-ci dépend des dimensions et de la forme
du manche. II faut donc adapter celui-ci très exactement au travail
à exécuter. I. M.
O. OLIVIER. — Der Arbeitsstuhl {Le siège de travail). — Ind. Ps.,
II, 9, 1925, p. 280-281.
Modification légère du siège des téléphonistes conformément aux
appréciations des intéressées. L'auteur insiste sur l'importance que
présentent les meubles commodes au point de vue de la psycho
physiologie du travail. D. W.
H. BENKERT. — Arbeitsplatzstudien in der Werkstatt {Etudes
relatives à la table de travail dans V atelier). — Ind. Ps., II, 1, 1925,
p. 1-5.
L'auteur montre à l'aide de quelques exemples que la disposition
rationnelle des outils et l'agencement des meubles ont pour consé
quence d'augmenter le rendement et semblent avoir une influence
favorable sur la mentalité des ouvriers. D. W. •
644 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
J.-M. LAHY. — Psychotechnische Untersuchung über das Maschi
nenschreiben {Recherche psychotechnique sur la dactylographie). —
Ind. Ps., II, 5, 1925, p. 142-155.
L'auteur expose les nouvelles recherches entreprises au laboratoire
psychotechnique de la maison Map.
Les dispositifs variés adaptés à la machine à écrire ont permis
d'enregistrer la frappe, soit par transmission aérienne au moyen d'un
tambour de Marey, soit par contacts électriques. Bien que les recherches"
ne soient pas encore terminées, quelques résultats ont pu
être dégagés de l'analyse des graphiques. Il semble, notamment,
que la méthode des dix doigts préconisée dans la plupart des écoles
professionnelles n'est qu'une conception purement théorique et se
trouve en désaccord avec les nécessités psychophysiologiques du
travail. D'ailleurs, aucune méthode rigide ne saurait être recommand
ée pour l'usage universel. La frappe est personnelle au même titre
que l'écriture et les travailleurs finissent par adapter la méthode à
leurs aptitudes individuelles. Il faudrait tenir compte de ces diff
érences dans le choix des machines à écrire qui ne présentent pas
toutes la même vitesse d'échappement.
Enfin l'auteur insiste sur la nécessité de modifier la construction
des machines en tenant compte des données psychophysiologiques.
On les a trop négligées jusqu'à présent. D. W.
B.-A. KLOCKENBERG. — Beiträge zur Psychotechnik der Schreib-
machine und ihrer Bedienung (Contributions à l'étude psychotech
nique de la machine à écrire et du travail dactylographique). — Ind.
Ps., I, 7-8, 1924, p. 210-246.
C'est l'extrait d'un livre que l'auteur se propose de faire paraître
prochainement. De nombreuses questions y sont condensées dans un
exposé un peu sommaire. L'auteur a étudié les différentes étapes du
travail dactylographique en cherchant à déterminer les conditions
du rendement optimum. Il y a envisagé la position du sujet, — thorax
et membres ; la hauteur de la frappe, — distance entre le point de
départ et le point d'arrivée du doigt ; la fatigabilité relative des
différents doigts ; l'agencement et la forme des touches ; la disposi
tion des lettres sur le clavier ; la position de l'appuie-copie. L'auteur
a cherché à étudier expérimentalement l'influence de ces facteurs sur
le travail.
Il expose aussi ses recherches de sélection professionnelle. Il a fait
subir à un groupe de 23 sujets, élèves d'un cours de dactylographie,
les tests suivants : lecture, orthographe, complètement d'Ebbinghaus,
étendue de l'attention (copie), écriture à l'envers, aptitude à l'aut
omatisation (adaptation à un nouveau système de clavier), attention
(calcul de Kraepelin accompagné d'un autre travail mental), rési
stance à la distraction, mémoire des mots, aptitude à saisir l'essentiel
d'un texte en le transformant en télégramme. Les résultats des tests
affectés de coefficients de valeur ont été comparés avec l'appréciation
des professeurs et le travail dactylographique à la fin de l'apprent
issage.
L'accord entre les résultats des tests et la valeur professionnelle
a été satisfaisant. D. W. PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 645
HAROLD R. CROSLAND. — An Investigation of Proofreader*
illusions (Une étude des illusions du correcteur d'épreuves). — Uni
versity of Oregon Publication, II, 6, 1924, In-8, de 168 p.
L'auteur a été dirigé, dans sa recherche, par un but théorique, sur la
nature des erreurs commises dans la correction typographique, quasi-hallucinatoire, pensait-il. En fait son travail a abouti
à des données intéressantes surtout au point de vue pratique.
Il a utilisé 30 sujets, 5 typographes, 5 journalistes, 5 professeurs de
psychologie, 6 étudiants en journalisme et 9 étudiants en psychologie.
Les meilleurs correcteurs ont été les puis les typo
graphes, les professeurs de psychologie (non entraînés en cette
tâche), les étudiants en journalisme (qui apprennent la correction
d'epreuye). enfin les étudiants en psychologie.
Aucun des sujets n'a exécuté les tests de correction sans erreur
(non seulement quand on recommandait la rapidité, mais même
quand on recommandait l'exactitude).
L'antagonisme entre la vitesse et l'exactitude dans la correction
se manifeste nettement chez tous les sujets par une forte corrélation
négative ( — 0,47 environ).
Lorsqu'il y a plus de fautes typographiques à corriger, il y a en
général moins d'erreurs de correction, mais avec d'assez fortes diff
érences individuelles à cet égard.
Les erreurs sont d'autant plus nombreuses qu'on s'avance de
gauche à droite vers l'extrémité des lignes (de 13 centimètres) ; c'est
dans le dernier quart vertical des pages qu'elles sont les plus nomb
reuses ; elles sont aussi plus nombreuses* dans la seconde moitié
horizontale des pages que dans la première.
Il est inutile de relire une deuxième fois après correction ; la seconde-
lecture est beaucoup plus efficace après un intervalle suffisant.
Quelques-uns des points observés concordent avec des données
résultant d'études faites sur la lecture et que l'auteur passe en revue,
insistant avec raison sur la priorité de Javal qui, dès 1878, avait
vu que la lecture impliquait des mouvements d'yeux par saccades
et qu'il n'y avait pas de perception au cours du mouvement, mais
seulement pendant les pauses.
Bonne bibliographie de 117 travaux. H. P.
G.-H. MILES et S.-M. BEVINGTON. — An investigation into some
Problems of polishing (Une enquête à propos des problèmes de
polissage). — J. of N. I. of Ind. Ps., II, 6, 1925, p. 269-273.
Des augmentations appréciables de rendement ont été obtenues
dans un atelier de polissage par des modifications de divers ordres :
amélioration de l'aération et de la conformation des sièges, intro
duction de repos intercalaires, changements de la méthode et du
matériel utilisés pour le polissage. M. L.
W. RUFFER. — Leistungserhöhung durch Verstärkung der Beleuch
tung (Accroissement du rendement avec V augmentation de V éclairage).
— Ind. Ps., I, 9, 1924, p. 265-278.
Dix ouvrières de la Société Osram à Berlin furent soumises pendant
une vingtaine de jours à une série d'épreuves psychotechniques alors

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.