Organisation psychologique du travail. Questions de milieux, Eclairage, etc - compte-rendu ; n°1 ; vol.28, pg 746-756

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1927 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 746-756
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
Lecture(s) : 37
Nombre de pages : 12
Voir plus Voir moins

e) Organisation psychologique du travail. Questions de milieux,
Eclairage, etc
In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 746-756.
Citer ce document / Cite this document :
e) Organisation psychologique du travail. Questions de milieux, Eclairage, etc. In: L'année psychologique. 1927 vol. 28. pp. 746-
756.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1927_num_28_1_6495'
746 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
diverses questions qu'il soulève avec leurpour et leur contre, en insis
tant sur l'analyse des différents cas et en s'abstenant de tirer des
conclusions générales. Les règles du facile au difficile, de la partie
au tout, du rythme lent au rythme rapide ; les questions d'entraîn
ement général (éducation des aptitudes au lieu de l'apprentissage de
gestes professionnels, du contrôle objectif de l'apprentissage, du rôle
des intervalles de repos, de l'ordre des exercices (chez les télégraphistes
par exemple), de la découverte et de l'activité spontanée de l'ap
prenti, des facteurs qui stimulent l'apprentissage, de son organisa
tion économique et du rendement des méthodes,, — voilà la liste des
questions examinées. Il faut signaler notamment les réflexions judi
cieuses à propos de l'exercice fragmenté où R. montre que la mé
thode, excellente dans certains cas (exercice des passages difficiles
en musique par exemple) est souvent mauvaise parce que, en isolant
-artificiellement un élément qui fait partie d'un ensemble, elle le
déforme et n'atteint pas le but poursuivi. Comme exemples sont
cités certains essais récents de rationalisation. En Allemagne, on a
tenté, par exemple, d'apprendre à forger en exerçant séparément la
tenue du marteau, la graduation de la "force, la précision du mou
vement. D. W.
e) Organisation psychologique du travail.
Questions de milieux. Eclairage, etc.
961. — G. C. FERRARI. — Psicologia e Tecnopsicologia [Psy
chologie et Technopsychologie. — Rev. di psic, XXIII, 3, 1927, p.
117-124.
L'organisation scientifique du travail s'en est tenue le plus souvent
jusqu'à l'heure actuelle à l'étude du mouvement. Elle doi't s'élever
de plus en plus jusqu'à de la vie psychique du travailleur,
plus difficile c'est certain, infiniment plus utile aussi. Nous ne repro
cherons à F. que de placer ce principe parfaitement rationnel sous
l'égide des « géniales intuitions de Taylor » et de proposer de pousser
l'œuvre de celui-ci jusqu'en ses ultimes conséquences : < es consé
quences en effet sont l'épuisement1 rapide de l'ouvrierconsidéréd'un
œil indifférent par l'employeur. La cause principale de la résistance
éprouvée actuellement par des techniciens du travail à faire pénétrer
leurs méthodes bienfaisantes à l'usine et à l'atelier provient préc
isément de ce que l'ouvrier confond à tort taylorisme et organisation
rationnelle du travail. Il serait regrettable de voir cette confusion
reproduite sous l'autorité de la signature d'un homme de science
de la valeur de C. Ferrari. M. F.
962. — BRIEGER. — Wirkungen der technischen Möglichkeiten
der physiologischen Rationalisierung [Effets de la rationalisation
du travail. Possibilités d'une rationalisation physiologique). — Bei
hefte zum Zentralblatt für Gewerbhygien etc., 7, 1927, p. 75-79
Aux critiques qui reprochent aux méthodes américaines de ratio
nalisation du travail l'usure de la main-d'œuvre, la détérioration
<du travailleur, l'auteur oppose quelques statistiques probantes. GÉNÉRALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 747 APPLICATIONS
La durée de vie escomptée par une grande société d'assurances amér
icaine se trouve de 3 ou 4 années plus élevée en 1924 qu'en 1921. Aux
usines Ford l'instabilité de la main-d'œuvre a été en 1924 plus de
15 fois inférieure à ce qu'elle était en 1923. D'autre part, B. se refuse
à méconnaître l'importance des méthodes physiologiques, plus exactes
que les méthodes psychologiques, plus fines que les mesures de ren
dement, et qui permettent de considérer une fonction isolée. Alors
même qu'elles seraient insuffisantes pour l'étude des cas individuels
«Iles peuvent — l'auteur cite des exemples -*- contribuer efficac
ement à l'amélioration des conditions et des méthodes de travail.
A. B.-F.
963. — H. RUPP. — Zur Psychologie der Fliessarbeit [Surlapsy-
chologiedu travail à la chaîne) — Psychot. Z., II, 6, 1927, p. 116-178.
Le travail à la chaîne montre une augmentation considérable
du rendement. Pour en établir les causes et les effets il faut le com
parer au travail en série sans chaîne. Il apparaît alors que ce qui
caractérise le travail à la chaîne au point de vue psychologique, c'est
d'abord le fait que l'ouvrier est entraîné par un rythme qui lui est
imposé. Mais il y a encore un fait capital et généralement négligé :
-c'est le changement de la structure sociale du travail : l'ouvrier est
solidaire de l'équipe et s'il ralentit il arrête le du voisin ; en
outre, bien que faisant lui-même toujours une petite partie du tra
vail, il voit la pièce passer par toutes les étapes de fabrication et
parfois s'achever sous ses yeux. Ces faits expliquent l'efficacité du
travail à la chaîne.
On aurait tort de supposer que l'augmentation de la production
«st liée nécessairement à une plus grande usure des forces de l'ouvrier.
L'usure dépend, non pas du rendement, mais de l'effort fourni, de
l'énergie dépensée. Dans le travail à la chaîne l'effort diminue, parce
que le rythme est imposé ; cette contrainte est un stimulant qui
facilite le travail, en le rendant automatique, en déchargeant l'ou
vrier du souci d'organiser lui-même sa tâche. C'est ainsi que dans les
■courses par équipes, l'entraîneur fournit un effort beaucoup plus
•considérable, bien que le travail physique soit le même chez tous les
compagnons. On pourrait se demander, s'il est légitime de suppri
mer ainsi tout souci personnel d'organisation, tout effort mental.
Mais tels qu'ils se produisent dans le travail en série où l'ouvrier
choisit lui-même son rythme, ils ne sont pas un avantage réel. R.a eu
l'occasion d'observer sur lui-même que lorsque des travaux simples
(travaux de bureaux) étaient strictement réglés et se déroulaient
automatiquement, loin de se sentir contraint, il se sentait plus libre,
la suite des gestes automatisés se déroulant avec facilité et provo
quant un sentiment de satisfaction.
Dans le cas du travail à la chaîne, le facteur social du travail en
■commun contribue en outre à stimuler puissamment le travail.
C'est un cas d'espèce que de déterminer la mesure dans laquelle
il est permis d'utiliser ces stimulants et de savoir comment établir
un rythme optimum. D. W.
»64. — TH. VALENTINER. — Arbeitspsychologische Feststel- 748 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
langen bei Kindern und Jugendlichen (Constatations relatives à la
psychologie du travail cher, les enfants et les adolescents). — Z. f. ang.
Ps., XXIX, 4-5, 1927, p. 337-374.
Le psychologue et le maître d'école ou d'atelier peuvent et doivent
collaborer pour aboutir à un meilleur équilibre dans le travail des
enfants. V. qui dirige un institut d'orientation professionnelle à
Brème, cherche à pénétrer dans le milieu scolaire et dans l'atelier
d'apprentissage et rapporte sur la disposition rationnelle des bancs
dans la classe, l'adaptation du travail aux possibilités individuelles
des enfants, l'appréciation de leurs méthodes de travail et de leurs
attitudes, enfin, sur l'étude des facteurs extra-scolaires qui influent
sur le travail à l'école, de,s remarques souvent judicieuses qui, malheu
reusement, se prêtent mal à un résumé. D. W.
965. — E. SACHSENBERG. — Ergebnisse wissenschaftlicher
Forschung auf dem Gebiet der Ermüdung und ihre Anwendbarkeit
auf die Praxis (Données de la recherche scientifique sur la fatigue
et leur application). — Beiheft z. Zentralblatt für Gewerbhy-
gien und Unfallverhütung, 7, 1927, p. 46-65.
Se plaçant au point de vue industriel, l'auteur passe en revue les
tests physiologiques et psychologiques proposés jusqu'ici pour me
surer la fatigue et les écarte comme insuffisants ou d'une application
difficile. Seule la comparaison qualitative et quantitative du tra
vail normal fourni pendant des intervalles de temps égaux peut être
pratiquement et utilement employée à déceler la fatigue indust
rielle. C'est à l'aide de cette méthode — Fraktionierung — que
l'auteur a pu mettre en lumière les avantage du travail rythmé, plus
productif et moins fatigant que le travail sans rythme.
Dans une fabrique de cigarettes il a constaté, après introduction
d'un rythme approprié, chez les femmes occupées à mettre les ciga
rettes en paquets, une augmentation de rendement qui passe de
680 à 800 boîtes par heure. Pour ces mêmes ouvrières, la fatigue
mesurée par la diminution de production par heure au-dessous de la
moyenne par heure, apparaissait dès la 8e pour le travail
normal, à la 9e heure seulement pour le travail rythmé. Avec un
rythme mal adapté, le rendement d'abord un peu augmenté, tend
rapidement à tomber au-dessous de la normale ; la fatigue se manif
este dès la 6e heure de la journée.
Parmi les épreuves écartées par l'auteur comme impropres à déce
ler la fatigue, il convient de signaler le test de stabilité de la main qui
présente en lui-même un certain intérêt. Le sujet appuyant d'un
doigt sur un support approprié qui transmet ses mouvements à un
style inscripteur, doit suivre sur le cylindre enregistreur une ligne
oblique tracée sur le papier. Le dispositif est ingénieux et d'un usage
facile. A. B.-F.
966. — H. LOSSAGE. — Stückzeitschwankungen und Zeitzuschläge
bei der Vorschätzung der Leistung für Handarbeit mit kleiner
Grundzeit ( Variations des durées de travail par pièce et corrections à
introduire dans les prévisions lorsqu'il s'agit de travaux manuels GÉNÉRALES LNDUSTKIELLES ET SOCIALES 749 APPLICATIONS
morcelés en fractions de courte durée). — Ind. Psychot., IV, 9, 1927,
p. 257-270.
Dans l'organisation du travail à la chaîne il est particulièrement
important de morceler le en unités convenables. Si, d'une part,
on chronomètre ces unités isolées et si, d'autre part, on les fait
exécuter à la suite, on remarque qu'il y a dans le second cas, des
temps perdus, non prévus par le chronométrage. Quelle est la rela
tion entre ce temps perdu et la durée de l'unité choisie ? Pour r
épondre à cette question, L. a fait des expériences sur des travaux
tout à fait uniformes qu'il a morcelés en tronçons plus ou moins
longs (de 2 à 20 secondes). Pour le travail psychomoteur simple
consistant à enfoncer des chevilles dans les creux d'une tablette,
plus le nombre de chevilles d'un test est grand, c'est-à-dire, plus
l'unité choisie est longue, plus la variation moyenne d'une série de
tests augmente ; la fonction est sensiblement linéaire ; notamment :
V. M. = 0,1 + 0,045 T.
Dans le travail mental (calcul de Kraepelin et triage de nombres)
les variations moyennes sont plus fortes et la courbe irrégulière.
Dans le travail à l'usine les relations trouvées au laboratoire pour
le travail moteur simple se sont trouvées confirmées. Il est donc
nécessaire dans l'organisation du travail à la chaîne, de prévoir des
durées supplémentaires à ajouter aux temps de base (temps moyens),
la courbe de ces corrections en pourcent par rapport aux durées de
bases ayant l'allure d'une hyperbole. Dans l'usine, pour le travail
manuel simple la formule est :
ou Zm = correction à ajouter (en %) et Tp = temps prévu d'après
le chronométrage des unités du travail. Pour les opérations très
brèves (Tp de l'ordre d'une seconde) la correction en pourcent est
très forte, le travail n'est donc pas économique, ce qui doit être
expliqué par la fréquence des reprises. D. W.
967. — F. BAUMGARTEN. — Der Fayolismus {Le Fayolisme).
— Ind. Psychot, IV, 1, 1927, p. 6-10.
Cet article est essentiellement un résumé du livre de Fayol sur
l'Administration industrielle et générale. Dans les remarques per
sonnelles, jointes à la fin de l'article, B. insiste sur l'intérêt de la
doctrine de Fayol qui fut le premier à signaler l'importance du rôle
du chef dans la marche de l'entreprise.
B. voit dans ces idées la manifestation des tendances bien carac
téristiques de l'esprit français ; Fayol aurait mis en formules pré
cises le désir qu'éprouve chaque Français de donner ses instructions
plutôt que d'en recevoir et d'en exécuter. D'ailleurs le Fayolisme a
eu une grosse influence à l'étranger (notamment en Russie). Depuis
Taylor on considérait trop exclusivement l'exécution matérielle du
travail. Le Fayolisme qui met l'accent sur l'administration générale
marquera une époque dans l'histoire de l'organisation scientifique
du travail. D. W. 750 • ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
968. — A WERBOFF. — Arbeitsplatzstudie in der Holzindust
rie (Etude du travail dans l'industrie du bois). — Ind. Psychot.y
IV, 4, 1927, p. 121-124.
Une étude du travail dans une usine de caoutchouc à Leningrad a
permis de réaliser quelques améliorations qui ont eu pour conséquence
d'augmenter le rendement. L'étude portait notamment sur le travail
de montage de boîtes en bois, et a eu pour objet, après enregistr
ement cyclographique des gestes de l'ouvrier, des modifications-
apportées à la disposition des outils. D. W.
969. — K. HEULER. — Zeitsstudien beim Schuhverkauf (Etudes
des temps dans la vente des chaussures). — Ind. Psychot., IV, 1,
1927, p. 1-6.
L'auteur a chronométré les opérations de la vente au détail dans
trois succursales d'une maison de chaussure dont l'une desservait
une clientèle élégante, la deuxième les couches moyennes, la troisième
les masses ouvrières et peu fortunées. Le temps moyen global pour
une paire de chaussures vendue s'est montré plus long pour la clien
tèle féminine que pour la clientèle masculine ; le rapport est de
100 à 64. Il est plus court pour la clientèle moyenne, et plus long aussi
bien pour les riches que les pauvres.
L'opération essentielle de la vente, — l'entretien avec le client,
l'essayage, — n'occupe en moyenne que 63, 3 % du temps total
de la vente, le reste du temps étant occupé par le va et vient que
nécessite la recherche de la marchandise, le rangement des articles-
essayés et non achetés, la confection des tickets pour la caisse.
L'affectation l'un personnel spécial à ces travaux de manutention
permettrait de mieux utiliser le temps du vendeur. D. W.
' — J.-A. FRASER. — The value oî Stoppage Analysis with spe970.
cial reference to waving (La valeur de l'analyse des arrêts, envisagée
chez les tisseurs). — J. of N. I. of Ind. Ps., III, 8, 1927, p. 422-431.
Les arrêts dans la production peuvent être volontaires ou involont
aires. L'auteur a étudié le cas de 14 ouvriers tisseurs et examiné leurs-
courbes de rendement. Elles différaient extraordinairement les unes
des autres et une seule coïncidait avec la courbe résultante. On a pu
pour certains expliquer l'allure de la courbe. Une étude très serrée de
l'un des tisseurs a donné les chiffres suivants. La perte de temps-
totale s'élève à 23,79 %. Deux tiers du nombre des arrêts sont dus-
au changement de navette, représentant un tiers du temps perdu
total. Joint aux ruptures de chaîne, le changement de navette repré
sente les 8 /9 du nombre des arrêts et la moitié du temps perdu.
L'analyse du temps mis à changer la navette montre que la capacité
du tisseur entre en jeu. Cette opération effectuée rationnellement ne
devrait pas prendre plus du 1 /8 du temps qui lui est alloué. Un prin
cipe qui a donné d'excellents résultats consiste à éviter de laisser non
réparé un accident léger survenu à un métier pour réparer quelque
chose de plus grave à un autre. L'intelligence générale
paraît devoir jouer un rôle important dans l'appréciation
de la marche des métiers, la prévision des accidents et l'ingéniosité
à les réparer. M. L. APPLICATIONS GENERALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 751:
971. — J. SPIELREIN. — Sur l'exercice des aptitudes profes
sionnelles. Hygiène du Travail, (en russe). — Moscou, 1926, 4.
Il faut envisager : 1° la limite que l'individu peut atteindre dans
l'exercice d'une fonction ; 2° l'état de cette fonction chez l'individu
au début de l'épreuve, cet état dépendant de l'exercice non syst
ématique préalable ou de l'âge du sujet ; 3° l'intérêt que le sujet porte-
à sa tâche et d'autres facteurs individuels.
Voici d'après l'auteur la voie à suivre dans l'étude du problème en
partant de l'épreuve individuelle et statique jusqu'à l'établissement
de la courbe dynamique de l'exerccie :
1. Etablissement des courbes normales de l'exercice pour les él
éments principaux d'une profession donnée ;
2.de l'influence que peuvent avoir les conditions,
suivantes sur l'évolution de la courbe :
a) La durée de l'épreuve ; b) L'allure de l'exercice ; c) La fr
équence des épreuves (durée des intervalles entre les épreuves) ;
d) Le degré de fatigue causé par ces exercices ; e) La prédisposition
du sujet à la distraction pendant l'exercice ; /) L'individualité du
sujet. J. A.
972. — C. SCHUCK. — Der sprechtechnische Unterricht in den Fern
sprechvermittlungsämtern der Deutschen Reichspost (Education
technique de la parole dans les services téléphoniques inter-urbains
en Allemagne). — Ind. Psychot., IV, 1, 1927, p. 19-25.
L'administration des Téléphones à Francfort-s.-M. attache une
grande importance à l'éducation de la parole chez les employées du
téléphone. Afin que les principes enseignés aux cours deviennent
une habitude, des tableaux au-dessus de chaque meuble rappellent
en phrases brèves et en dessins schématiques les règles de la bonne
elocution et de l'utilisation économique de la voix. En absence de-
cet entraînement spécial les employées ont tendance à parler plus
fort lorsque les autres bruits augmentent et, ainsi, augmenter encore
davantage le bruit de la salle. On peut évaluer à 20 % cette augment
ation du bruit causée par une intensité excessive de la voix aux
heures de service normal et à 50 % aux heures de service chargé.
Les bruits provenant des machines semblent contribuer pour un tiers
environ à l'ensemble des bruits de la salle. D.W.
973. — H. LEHMANN. — Zur Kritik der Bewegungstudien bei
Gilbreth (Contribution à l'examen critique des études de mouve
ments chez Gilbreth). — Ind. Psychot., IV, 10, 1927, p. 306-314.
L. résume les études de G. sur la rationalisation du travail des
maçons, approuve l'utilisation judicieuse des matériaux et des outils,
mais critique les méthodes « très américaines » d'organisation du
travail humain : fixation des temps d'après le rendement maximum,
utilisation exagérée des stimulants : émulation, concours, primes de
rendement. D. W.
974. — E. BRAMESFELD et J. LOEFFLER. — Ermittlung
optimaler Handarbeitszeiten mittels der Ârbeitschauuhr (Déter- 752 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ruination du temps optimum pour uh travail manuel au moyen d'un
ergochronoscope). — Pychot. Z., II, 1, 1927, p. 8-15.
Un contact fixé sur la balance et mis en circuit avec l'ergochro-
noscope de Poppelreuter fournit la courbe des temps pour le pesage
et l'empaquetage des produits chimiques dans une fabrique.
L'étude des courbes a permis de différencier les travaux suivant
leur degré de difficulté et la fatigue qu'ils provoquent et d'intro
duire le paiement à la pièce. D. W.
975. — P. POTSCHTAREFF. — La rationalisation dans la distribu
tion des livres (en russe). — Hygiène du Travail. Moscou, 1926, 2,
p. 99.
La section de Psychologie du Travail a étudié la question des condi
tions du travail des bibliothécaires s'occupant de la distribution des
livres au Syndicat des Artisans, à Moscou.
Les modifications introduites consistent à faire des échanges entre
les employées-bibliothécaires de façon à ce que sur 6 heures de travail
journalier, elles restent assises pendant 1 h. 1 /2. En éprouvant a
fatigue objective (pouls, dynamomètre, test de Bourdon) avant et
après ces innovations, on n'a pas constaté de diminution dans l'atten
tion, ni dans l'aptitude au travail physique. Par contre, la product
ivité (mesurée par le nombre de livres distribués) a augmenté
15 jours après l'introduction de ce régime à raison de 5 %. J. A.
976. — W. ILJINSKI. — Sur le problème de l'ameublement ouvrier
dans la section d'assortiment d'une usine de tabac (en russe). —
Hygiène du Travail, 1927, 2, p. 56.
On a modifié les tables et les chaises des ouvrières de façon qu'elles
puissent rester droites sur leurs chaises. Si cette position les fatigue
elles peuvent s'appuyer contre le dos de la chaise. Elles peuvent éga
lement au besoin étendre ou fléchir leurs jambes. La table a subi,
«Ile aussi, une série de perfectionnements. On a entrepris une série
d'expériences pour comparer le rendement et la fatigue avec l'ancien
système d'ameublement et avec les meubles perfectionnés. On a
constaté ainsi une augmentation de 18 % dans la production. D'autre
part, la fatigue de l'organisme a diminué, ceci se manifestant par une
augmentation de la force dynamométrique (5,6 %), ainsi que par
diminution des battements du cœur (3 %) et de la rapidité de la res
piration (7 %). J. A
977. — E. WYATT. — Machine Speeds and Output (Vitesse des
Machines et Rendement). — J. of N. I. of Ind. Ps., III, 8, 1927,
p. 406-414.
L'étude des processus (voir fig.) jouant dans l'alimentation d'une
machine a été effectuée au laboratoire, au moyen de la technique suhuit' ivante : le sujet était mis en présence du disque A contenant
paires de pitons B sur lesquels on plaçait deux chaînes. Le sujet
déplaçait la paire de pitons et de chaînes du disque, retirait une des
■chaînes, la rejetait dans le récipient C, la remplaçait par une autre
venant de la réserve E, restituait l'ordre primitif, faisait tourner le
disque A de 1 /8 de tour et recommençait la même opération. L'étude GENERALES INDUSTRIELLES ET SOCIALES 753 APPLICATIONS
a porté sur 3 sujets, au taux d'une séance de 2 h. 1 /2 par semaine et
a débuté par 18 semaines d'entraînement. Ensuite les sujets furent
priés d'effectuer la même tâche au mouvement d'un métronome à
raison de 28 à 36 cycles de mouvements par minute. On constata
une amélioration du rendement croissant avec la vitesse de la machine
jusqu'à un certain optimum avec décroissance rapide ensuite, sauf
pour le troisième sujet qui maintint son chiffre optimum (qui, de
l'avis même des sujets, ne leur a pas paru plus fatigant que leur train
ordinaire).
De cette expérience ressort la mise en évidence des inégalités indi
viduelles à travailler au rythme de la machine. L'étude pratique de
la question a été faite dans une manufacture de bonbons « Toffee ».
Le graphique du rendement révéla que les machines inhibaient par
leur lenteur, la rapidité du sujet. L'effet de vitesses croissantes étudié
sur deux sujets provoqua une augmentation de rendement de 8 à
9,5 %, et aussi pour un rythme optimum, une diminution de la
fatigue.
L'étude du rythme propre de l'individu menée progressivement
semble donc un facteur essentiel dans le rendement optimum à
obtenir. M. L.
978. — H.-W. MOWERY. — Harmful Noises and their Eliminat
ions (L'élimination des bruits nocifs). — Ind. Psych., I, 5, 1926,
p. 338-340. On peut distinguer :
1° Les bruits d'origine externe, comprenant d'une part, l'éclat des
voix de toute nature et l'importance du trafic, d'autre part le travail
de construction ;
2° Les bruits d'origine interne, où interviennent la machinerie de
puissance et celle de transmission.
Ces bruits, auxquels malheureusement pour eux, les individus
finissent par s'habituer sont à la base de détraquements nerveux et
d'accidents de toute sorte. Les conséquences de cet état de choses
et les améliorations qu'il est possible de lui apporter méritent d'être
mises à l'étude. M- L-
979# — L'Éclairage dans l'Industrie. — Recherches et Inventions,
VIII, 151, 1927, p. 81-95.
Revue générale des données essentielles concernant l'éclairage,
ses valeurs, les effets nocifs d'un éclairage insuffisant, l'action de la
l'année psychologique, xxviii. 48 754 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
grandeur de l'éclairement sur l'acuité, la vitesse d'accommodation
et sa stabilité, sur le rendement industriel. Quelques indications, en
outre, sur le rôle de la nature et de la distribution de la lumière et sur
le problème économique qui se pose en matière industrielle. H. P.
980. — A.-M. HUDSON DAVIES. — Lighting in the Factory
(L'éclairage de la fabrique). — X. of N. I. of Ind. Ps., III, 7, 1927,
p. 368-376.
Exposé des conclusions auxquelles ont abouti les diverses enquêtes
faites par le National Institute, au sujet des divers problèmes de
l'éclairage. La question pratique a été longtemps sans attirer l'atten
tion qu'elle méritait, le pouvoir d'adaptation de l'œil humain ayant
pendant un certain temps masqué les graves inconvénients d'un
éclairage insuffisant. L'éclairage en lumière naturelle peut varier,
suivant le temps et la saison du simple au sextuple. D'autre part le
travail, au moment du crépuscule, peut se poursuivre avec des
éclairements absolument inadéquats. Les quantités de lumière arti
ficielle jusqu'à présent admises, doivent être considérées comme un
minimum : une expérience faite sur des typographes montre la valeur
absolue que doit atteindre l'éclairage artificiel pour obteair un re
ndement équivalent à celui obtenu en lumière naturelle.
En ce qui concerne la répartition de la lumière, la question de
l'éblouissement est une des plus importantes à considérer. Les am
poules translucides ne sont qu'une solution provisoire. L'éclairage le
moins coûteux consiste en sources lumineuses isolées avec des abat-
jour concentrant la lumière sur le travail de l'individu. La question
du jour artificiel, si importante pour les industries où joue la
des couleurs, est à l'étude et sa généralisation infiniment souhaitable,
le jour où il pourra être obvié à son prix de revient actuellement trop
élevé. M. h.
981. — A. WINCKLER. — Beleuchtung und Leistung in der
Werkstatt (Eclairage et rendement à V atelier). — Psychot. Z.,
II, S, 1927, p. 65-74.
Des expériences consciencieuses dans un atelier de fabrication de
petit appareillage électrique sur 18 ouvrières toutes entraînées au
travail (enfilage de fils métalliques minces dans les trous d'une pièce
de faïence blanche ou de cuivre), ont montré une augmentation du
rendement avec l'augmentation de l'éclairement jusqu'à 200 lux qui
semblent présenter un optimum. L'éclairage semi-indirect (par
diffuseurs à verre dépoli) est beaucoup plus favorable que l'éclairage
direct ; l'éclairage spécial des tables de travail par des lampes porta
tives a eu des conséquences variables suivant les groupes de sujets ;
mais il y a en général diminution du rendement due, vraisemblable
ment, du. moins en partie, à un sentiment pénible d'isolement éprouvé
parles ouvrières et aussi à des changements de l'adaptation oculaire.
La distribution plus régulière de la lumière par augmentation du
nombre des diffuseurs a une action favorable sur le travail, mais ne
compense pas l'augmentation de la consommation du courant élec
trique. D. W.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.