Orientation et sélection scolaires. Cinq années d'une promotion : de la fin du cycle élémentaire à l'entrée dans le 2e cycle du second degré. Première partie - article ; n°1 ; vol.24, pg 9-46

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Population - Année 1969 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 9-46
38 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1969
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Alain Girard
Henri Bastide
Orientation et sélection scolaires. Cinq années d'une promotion :
de la fin du cycle élémentaire à l'entrée dans le 2e cycle du
second degré. Première partie
In: Population, 24e année, n°1, 1969 pp. 9-46.
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Girard Alain, Bastide Henri. Orientation et sélection scolaires. Cinq années d'une promotion : de la fin du cycle élémentaire à
l'entrée dans le 2e cycle du second degré. Première partie. In: Population, 24e année, n°1, 1969 pp. 9-46.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1969_num_24_1_13772ORIENTATION ET SÉLECTION SCOLAIRES
Cinq années d'une promotion :
de la fin du cycle élémentaire à l'entrée
dans le 2e du second degré
PREMIÈRE PARTIE
Jusqu'à une époque toute récente, on ne disposait en France,
sut l'orientation effective des élèves après l'école primaire, que
de données disparates et extrêmement fragmentaires.
La section de psycho-sociologie de VI.N.E.D. a entrepris dès
1953 une série d'enquêtes pour étudier les résultats de cette orien
tation et ses motivations, en particulier sur le passage en classe
de 6e. En 1962, cette même section a entrepris une nouvelle enquête
sur le même sujet. Les résultats ont fait l'objet de cinq articles
parus dans Population (1>.
Un échantillon d'environ 17.500 élèves a été suivi au cours
des années ultérieures. Une première étude a décrit le cheminement
de cette promotion d'élèves pendant les deux années qui ont
suivi leur sortie du cycle élémentaire (2).
Ce nouvel article en constitue le prolongement. Il présente
les résultats de l'observation des mêmes élèves, pendant et après
les cinq années qui ont suivi leur sortie du cycle élémentaire. A ce
moment, les élèves qui ont poursuivi des études, et qui sont passés
chaque année dans la classe supérieure, entrent en seconde. Mais
la progression n'est pas la même pour tous et de vives lumières se
dégagent sur les mécanismes psychologiques, familiaux et so
ciaux de l'orientation des enfants, au cours d'une période particu
lièrement importante de leur développement.
MM. Alain Girard, chef de la section de psycho-sociologie
de VI.N.E.D. et Henri Bastide, chargé de recherche, présentent ,
ici les résultats et les commentent.
I. 1963, 1, A. Girard, H. Bastide, et G. Pourcher. « Enquête nationale sur l'entrée
en sixième et la démocratisation de l'enseignement ».
IL 1963, 3, A. Girard et H. Bastide. « La stratification sociale et la démocratisation
de l'enseignement ».
III. 1964, 4, P. Clerc. « La famille et l'orientation scolaire au niveau de la sixième.
Enquête de juin 1963 dans l'agglomération parisienne ».
IV. 1964, 5, A. Girard et P. Clerc. « Nouvelles données sur l'orientation scolaire au
moment de l'entrée en sixième : âge, orientation scolaire et sélection; les élèves de
nationalité étrangère ».
V. 1965, 2, A. Sauvy et A. Girard. « Les diverses classes sociales devant l'enseignement.
Mise au point générale des résultats ».
VI. 1966, 4, A. Girard. « Les facteurs psychologiques et sociaux de l'orientation et de la
sélection scolaires. Le cheminement d'une promotion d'élèves pendant les deux
années suivant la sortie du cycle élémentaire. 10 ORIENTATION ET SÉLECTION SCOLAIRES
SOMMAIRE
PREMIÈRE PARTIE
Rappel des objectifs 11
L'observation
L'échantillon 13
La collecte des données : la méthode 14
La des : les résultats 15
Les enfants observés 18
Exploitation des données 20
Poursuite de l'observation 20
Les résultats
I. Le cheminement de la promotion
Position de la promotion en septembre 1966 21
Enseignement classique et moderne et nouvelle organisation de la classe
de 2e 25 public et enseignement privé 26
Les étapes de 1962 à 1966 27
Le retard scolaire 33
Le passage d'une classe à l'autre 37
L'influence de l'orientation antérieure 39
DEUXIÈME PARTIE
(A paraître dans le prochain numéro de Population, 1969, n° 2, mars-avril)
IL Les facteurs psychologiques et sociaux
Le sexe 196
La résidence 199
Le milieu socio-professionnel 199
Le redoublement du CM2 207
La réussite scolaire au CM2 208
'L'âge 210
Age et réussite 215
Vue d'ensemble
Limites et portée de l'étude 226
Formation de la promotion 227
Signification de la première orientation 228
Retard scolaire 229
Égalité des sexes 230
Influence du milieu social 231
Les aptitudes individuelles et le système scolaire 232
Annexe
Tables de scolarité selon les différents critères psychologiques et sociaux. 234 ET SÉLECTION SCOLAIRES 11 ORIENTATION
Rappel des objectifs. A la suite de travaux antérieurs conduits dès
1954, l'I.N.E.D. procède à la fin de l'année scolaire
1961-1962 à une enquête nationale représentative sur l'orientation des enfants
à la fin du cycle d'études élémentaires. Arrivée dans le secondaire des géné
rations plus nombreuses nées depuis la fin de la guerre, migrations internes
de la campagne vers les villes, qui se poursuivent à un rythme accéléré et
redistribuent la population sur le sol, développement des activités tertiaires,
qui entraîne une demande accrue d'instruction et élève le taux de scolarisa
tion, projets de réformes et réforme de 1959 pour faire face à des difficultés
en partie nouvelles, constituent quelques aspects fondamentaux de la situa
tion du moment.
Il s'agit d'observer, dans ce contexte, la manière dont s'effectue la première
séparation des enfants vers des voies divergentes. Le système mis en place
par la réforme assure-t-il à tous, comme c'est son intention déclarée, des
chances égales en face de l'option qui s'offre à eux : rester à l'école primaire,
entrer en classe de 6e, soit dans un collège d'enseignement général dispensant
quatre années d'études jusqu'à la fin de la 3e, soit dans un lycée ou collège
conduisant au baccalauréat?
En outre, la réforme de 1959 avait institué un « cycle d'observation »,
couvrant les deux années suivant la fin du cycle élémentaire, et transformé
en particulier les classes de fin d'études des écoles primaires en classes de
transition. Le principe, à défaut de « tronc commun », était de faciliter les
reclassements ou réorientations, en redistribuant, dans une certaine mesure,
les élèves en fonction des résultats de cette « observation ».
Pour connaître les effets de cette création, l'I.N.E.D. reprend, deux ans
plus tard, le même travail et suit le cheminement de la même promotion
d'élèves jusqu'à la fin de l'année scolaire 1963-1964. Au lieu d'étudier un
nouvel échantillon d'élèves, l'I.N.E.D. avait transformé la première enquête,
de caractère transversal, en enquête dite « longitudinale ». Cette méthode
comporte des limitations, puisqu'elle ne permet pas de saisir tous lesjenfants
qui sont en même temps au même niveau scolaire, mais elle a le grand avant
age, souvent recherché en démographie, de pouvoir suivre l'histoire d'une
promotion, en enregistrant les événements qui se produisent au cours du
temps, et en cumulant les renseignements obtenus successivement.
Le parti avait été pris de poursuivre l'observation pendant les années
ultérieures, et la présente étude rend compte du cheminement de la promotion
initiale jusqu'à la fin de l'année scolaire 1965-1966 et le début de l'année
1966-1967. Après l'entrée en 6e, observée en septembre 1962, et l'arrivée en 4e
en septembre 1964, c'est donc ici l'arrivée en seconde qui est saisie, pour ceux
du moins des élèves qui ont poursuivi leurs études et les ont menées sans acci
dent ni retard, en parcourant tous les niveaux du 1er cycle du second degré.
Le schéma simplifié suivant rappelle les différents niveaux de l'enseigne
ment français. On y a fait figurer l'âge « normal » des élèves aux différents
niveaux. 12 ORIENTATION ET SÉLECTION SCOLAIRES
Enseignement préscolaire : Moins de 6 ans (1> écoles maternelles et classes enfantines. Premier
degré Enseignement élémentaire : 6 ans à 10 ans 5 années du cours préparatoire au cours moyen 2e année (î).
6» 11 ans Observation : 2 années. 5» 12 ans Premier
cycle <3) Second 4" i 13 ans Orientation : 2 années. 3« 14 ans
degré
15 ans Second r~ 3 aimées 16 ans cycle Classe terminale 17 ans
Enseignement supérieur.
(1) En années révolues au 1er janvier de l'année scolaire.
(!) L'enseignement élémentaire du premier degré comprend, en outre, 2 classes de lin d'études
après le CM2. L'enseignement spécial est inclus également dans le premier degré.
<3) Le premier cycle comporte essentiellement un enseignement classique ou moderne, auquel
s'ajoute un enseignement de transition et pratique et quelques classes de 3e spéciale pour des
préparations diverses.
De la même manière que dans les articles antérieurs, plusieurs caracté
ristiques des élèves observés, considérées isolément ou combinées ensemble,
seront envisagées dans les pages suivantes pour expliciter les résultats consta
tés : sexe, résidence, origines familiales et sociales, âge, réussite scolaire
antérieure.
Nous ne rappellerons pas ici les résultats acquis lors des études antérieures,
parce qu'ils se retrouveront tout au long de la présente analyse. L'influence
des facteurs individuels et sociaux se manifeste, en effet, de manière continue,
comme on le verra.
L'OBSERVATION
La méthode utilisée pour suivre l'échantillon observé en 1962 a été décrite
dans la précédente étude, mais il est nécessaire de la rappeler avec quelques
détails pour apprécier à la fois l'importance de l'effort accompli, et la portée
des résultats.
Les recherches sont conduites exclusivement par l'I.N.E.D., et sous son
entière responsabilité ^. Elles ne constituent pas une enquête administrative
à laquelle les chefs d'établissements sont tenus de répondre, mais un concours
gracieux leur est demandé. Mais, s'agissant de suivre pendant plusieurs
M La Délégation générale à la Recherche scientifique et technique a apporté un soutien
financier à l'I.N.E.D. au début de cette étude. Mais depuis le 1er janvier 1967, les dépenses
sont imputées exclusivement au budget de l'I.N.E.D. ORIENTATION ET SÉLECTION SCOLAIRES 13
années une promotion d'élèves, fréquentant des établissements scolaires
publics et privés, l'agrément et l'appui des autorités responsables sont, de
toute évidence, nécessaires. C'est pourquoi, à chacune des phases successives
de l'enquête, le ministère de l'Éducation nationale est saisi par l'I.N.E.D.
Une circulaire du secrétaire général est adressée à tous les inspecteurs d'Aca
démie, qui informent à leur tour, s'ils le désirent, les chefs d'établissements à
qui des informations sont demandées. La même procédure intervient auprès
du Secrétariat général de l'enseignement catholique, qui tient au courant de
manière analogue les directeurs diocésains de l'enseignement.
Le succès total rencontré par l'I.N.E.D. auprès de plusieurs milliers
de directeurs d'écoles ou de chefs d'établissements s'explique de la sorte.
Mais il suppose aussi, de la part des personnes pressenties, une attention
supplémentaire, qui témoigne du dévouement du corps enseignant pour toute
question d'intérêt général. L'I.N.E.D. dispose d'un seul moyen pour les remerc
ier : chaque fois que paraissent les résultats de la recherche qui est leur œuvre,
il les leur adresse systématiquement.
L'échantillon. Rappelons brièvement la manière dont a été constitué
l'échantillon d'élèves suivis, durant les années scolaires
consécutives à leur sortie du cycle élémentaire, en juin 1962.
Un échantillon national d'écoles a été tiré dans l'ensemble des établiss
ements français d'enseignement primaire, publics et privés, préalablement
stratifié, selon l'importance des localités ou agglomérations. Le taux de sondage
était différent dans les diverses strates M.
Le nombre total d'écoles tirées au sort s'élevait à 1 230, dont 1 085 avaient
au moins un élève en cours moyen 2e année. En juin 1962, elles rassemblaient
21 534 élèves du cours moyen 2e année, ou de la classe de 7e, y compris quel
ques candidats à la classe de 6e, provenant d'autres classes, en très faible
proportion.
Le moment origine, qui définit la promotion d'élèves observés, est donc
celui de la sortie du cycle élémentaire (cours moyen 2e année ou 7e). C'est
pourquoi, pour la suite de l'observation, ont été exclus les élèves qui furent
appelés à redoubler le CM2 ou la 7e l'année suivante (1962-1963), soit 4 073.
Ainsi, le nombre d'élèves représentatifs d'une promotion unique, et qu'il
importait de suivre, était de 21 534 — 4 073 = 17 461.
Parmi eux, sont inclus ceux qui redoublaient le CM2 en 1961-1962, et la
promotion d'élèves observés est donc bien une promotion complète.
Au cours des deux années après la sortie du cycle élémentaire, 16 620 élèves
ont été suivis, dont 10 étaient morts entre 1962 et 1964. A la rentrée de sep
tembre-octobre 1964, le nombre d'élèves restant sous observation s'établit
donc à 16 610, soit 95,1 % de l'échantillon initial.
(1> Toutes précisions sur l'échantillonnage se trouvent dans l'article I cité au début. 14 ORIENTATION ET SÉLECTION SCOLAIRES
La collecte des données : la méthode.
a. Les chefs d'établissements.
Les informations recherchées ont été demandées en deux temps aux
directeurs d'écoles et chefs d'établissements concernés.
Premier temps. — En janvier 1966, leur est envoyée la liste des élèves
compris dans l'échantillon, et qui étaient inscrits dans leur établissement en
septembre 1964, d'après les informations antérieures. Il leur est demandé
d'abord de confirmer l'exactitude du fait, et, si ces élèves sont toujours pré
sents, la classe dans laquelle ils se trouvent en septembre 1965, ou bien,
s'ils sont partis, l'adresse du nouvel établissement. Enfin, on demandait, pour
tous, l'adresse de la famille.
Deuxième temps. — En février 1967, connaissant la position des élèves
pour l'année 1965-1966, nouvelle demande pour recueillir des renseignements
plus nombreux, concernant à nouveau tous les élèves observés :
— examen présenté en 1966 et résultat;
— appréciation sur la valeur scolaire, aptitudes particulières;
— avis du conseil d'orientation pour les élèves de l'enseignement secon
daire &\ ou bien conseil du directeur, pour les autres;
— réaction de la famille à cet avis (accord ou désaccord);
— position scolaire actuelle (établissement, classe, section et option)
[année scolaire 1966-1967].
Lors des deux temps, les directeurs recevaient des documents d'un mod
èle uniforme, avec des indications précises sur la manière de les remplir.
En 1966, il s'agissait d'un état collectif par établissement et en 1967, d'un
bulletin individuel. Ce changement s'explique par deux raisons : dispersion
des élèves dans un plus grand nombre d'établissements et constitution à
l'I.N.E.D. d'un fichier nominatif, permettant de rassembler à part, pour chaque
élève, tous les renseignements recueillis au cours des années successives.
Toutes les précautions sont prises, bien entendu, pour assurer, lors des
allers et retours des documents, l'identification certaine des élèves.
b. Les familles.
Là ne se borne pas la recherche. En effet, il arrive, pour des raisons diverses,
que certains élèves ne se trouvent pas, l'année suivante, dans l'établissement
indiqué (élève « inconnu »), ou bien qu'ils l'aient quitté, sans que l'on connaisse
(D Le conseil d'orientation, d'après les résultats obtenus par les élèves au cours des trois
trimestres, et sur proposition des professeurs, se prononce obligatoirement sur l'opportunité
d'autoriser un élève à franchir une classe en changeant ou non de section, ou de redoubler en
changeant ou non de section, sur la nécessité de subir un examen de passage, ou enfin propose
une nouvelle orientation. Si l'admission dans la classe supérieure n'est pas prononcée, cette
décision est portée à la connaissance des families par une note indî<|uant les motifs. ORIENTATION ET SÉLECTION SCOLAIRES 15
le nouvel établissement fréquenté (destination « inconnue »). Dans tous ces
cas, l'I.N.E.D. s'adresse aux familles, dont l'adresse avait été recueillie à
quatre reprises à chacune des phases du travail antérieur (1962, 1963, 1965,
et 1966). Il leur était demandé de préciser la position scolaire de l'enfant (nom
et adresse de l'établissement, classe, section, option) à partir du moment où
l'on avait perdu sa trace, ou bien, s'il ne poursuivait plus d'études, son genre
d'activité.
Les familles recevaient un bulletin très simple à remplir, accompagné
d'une lettre explicative et d'une enveloppe affranchie pour le retour. Ainsi,
lors de la phase suivante, pouvait-on s'adresser ensuite directement aux ét
ablissements indiqués. Il a été procédé de même pour les élèves de quelques
établissements n'ayant pas répondu aux demandes de l'I.N.E.D.
L'enquête s'est donc déroulée auprès des chefs d'établissements et, pour
certains élèves, auprès des familles, en vue de réduire le plus possible l'impor
tance des pertes.
La collecte des données : les résultats,
a. Les chefs ď établissements.
Premier temps. — Les élèves observés, qui fréquentaient 1 085 écoles
en juin 1962, se sont largement dispersés ensuite. En octobre 1962, on les
retrouve dans 2 574 établissements, et en octobre 1964, dans 3 758, dont
quelques-uns hors de France.
C'est à 3 758 établissements que l'I.N.E.D. s'adresse entre le 25 et le
28 janvier 1966. puis, deux rappels sont envoyés à quinze jours d'intervalle,
portant successivement les réponses de 85 % à 95 % pour atteindre, enfin,
près de 99 % de l'ensemble. Le nombre de directeurs ayant répondu s'élève
finalement à 3 711.
Deuxième temps. — En septembre 1965, le mouvement continu de disper
sion des élèves dans les établissements d'enseignement s'arrête, et l'on observe
même une certaine contraction. Les élèves se trouvent dans 3 517 établiss
ements, quelques-uns à l'étranger.
Cette contraction s'explique surtout parce qu'un assez grand nombre
d'enfants cessent leurs études peu après 14 ans. Ce n'est qu'en 1967, en effet,
que l'obligation scolaire est portée de 14 à 16 ans, pour les élèves nés à partir
de 1953; or, ils sont en nombre infime dans la promotion observée. De plus,
parmi ceux qui poursuivent des études, une concentration s'opère, les anciens
élèves des écoles primaires se regroupant par exemple dans les collèges d'ense
ignement technique.
Les documents d'enquête ont été envoyés aux chefs d'établissements
concernés, le 10 février 1967. Deux relances portent successivement les ré
ponses de 75 % à 91 %, puis enfin à près de 98 % de l'ensemble. Le nombre
des réponses s'établit à 3 445, pour cette seconde phase. 16 ORIENTATION ET SÉLECTION SCOLAIRES
Tableau A. — Résultats de la recherche
AUPRÈS DES CHEFS D'ÉTABLISSEMENTS
Nombre de réponses
Nombre d'étaGenre Date d'envoi Après Après Après
la 'enseignement l'envoi la première Total blissements des deuxième relance documents relance
Nombres
Première phase Public 2 498 2 213 194 77 2 484 Janv.-févr. 1966. . 961 190 76 1 227 Privé 1 260
Ensemble. 3 758 3 174 384 153 3 711
Deuxième phase Public 2 166 1 705 320 117 2 142
Févr.-mars 1967. . Privé 1 351 257 1 303 920 126
Ensemble. 3 517 2 625 577 243 3 445
Pourcentages
Première phase Public 100,0 88,6 7,8 3,1 99,5
Janv.-févr. 1966. . Privé 76,3 16,1 6,0 97,4
Ensemble. 100,0 84,5 10,2 4,1 98,8
Deuxième phase Public 100,0 78,7 14,8 5,4 98,9
Févr.-mars 1967. . Privé 68,1 19,0 9,3 96,4
100,0 Ensemble. 74,6 16,4 6,9 97,9
Le tableau A rassemble les données chiffrées sur les résultats de la collecte
des informations, au début des années 1966 et 1967. Le nombre des envois de
l'I.N.E.D., lors de chaque phase, est toujours un peu supérieur à celui des
établissements, au total 7 415 contre 7 275. En effet, en cours d'observation,
certains avaient cessé de fonctionner, ou bien avaient été rattachés à d'autres.
Les pourcentages du tableau A sont calculés sur le nombre effectif d'établiss
ements au moment des réponses. Comme dans le passé, les réponses des ét
ablissements privés sont légèrement inférieures à celles des établissements
publics.
b. Les familles.
Si satisfaisant soit-il, ce résultat ne permet pas de suivre la totalité des
enfants scolarisés. Tout d'abord, on ignorait ce qu'étaient devenus les enfants
fréquentant les 119 établissements pour lesquels aucun renseignement n'avait
été fourni. Au cours du temps, le nombre de ces élèves s'accroissait par effet
cumulatif. D'autre part, le directeur pouvait ignorer la destination de quelques-
uns de ses anciens élèves. Enfin, certains enfants n'étaient pas entrés dans
l'établissement indiqué antérieurement. Toutes ces raisons concouraient ORIENTATION ET SÉLECTION SCOLAIRES 17
à augmenter le nombre des élèves dont la trace était perdue par les maîtres,
à un moment donné, et qui s'élevait, au cours des deux années d'observation,
à 3 487.
Dès lors, une recherche systématique auprès des familles de ces élèves
a été entreprise dans les conditions qui ont été indiquées.
Le tableau В précise les motifs et les résultats de cette recherche, au cours
des années 1966 et 1967.
Les rebuts de poste, conséquence de la mobilité géographique d'une partie
des familles, ont entraîné la perte de 258 élèves, le courrier envoyé à la der
nière adresse connue et, au besoin, aux précédentes adresses, n'ayant pu
joindre son destinataire. Selon les cas, ces pertes représentent de 4 % à 11 %
des élèves recherchés et sont d'autant moins élevées que l'adresse a été recueill
ie plus récemment.
Tableau B. — Résultats de la recherche auprès des
FAMILLES
Nombre de réponses
Groupe <l) - 12 «•g p, g _ев P< 3 * Total
Nombres
I 838 95 449 214 49 712 126
II 1.055 55 634 201 74 909 146
III 79 455 182 150 "> 914 787 127
IV 116 <♦' 680 29 283 205 604 76
Total 258 1.821 802 389 3.012 3.487
Pourcentages
I 100,0 11,3 53,6 25,6 5,8 85,0 475
II 5.2 60,1 19,1 7,0 86,2 15,0
III 100,0 8,6 49,8 19,9 16,4 86,1 13,9
IV 4.3 41,6 30,1 17,1 88,8 11,2
Ensemble 100,0 7.4 52,2 23,0 11,2 86,4 13,6
(1> I. Établissements n'ayant pas répondu en janvier-février 1966 ou élèves inconnus dans
l'établissement en 1964-1965.
II. Élèves dont la destination était inconnue en septembre-octobre 1965.
III.n'ayant pas répondu en février-mars 1967 ou élèves inconnus dans
blissement en 1965-1966.
IV. Élèves dont la était inconnue en 1966.
(1) Le nombre total des envois est toujours légèrement inférieur à celui des élèves, respective
ment 3 463 contre 3 487, quelques familles ayant deux enfants dans l'échantillon (jumeaux ou autres
frères et sœurs).
<»> Rebuts de poste ou refus des parents : au total 475 élèves.
141 Y compris les réponses obtenues après une troisième relance, soit pour les groupes III et IV
72 réponses.
9 249001 5

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