Pensée et attitudes mentales. La valeur. Opérations intellectuelles. L'invention. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 703-717

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 703-717
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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IX. Pensée et attitudes mentales. La valeur. Opérations
intellectuelles. L'invention.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 703-717.
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IX. Pensée et attitudes mentales. La valeur. Opérations intellectuelles. L'invention. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp.
703-717.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6380ET ATTITUDES MENTALES. OPERATIONS INTELLECTUELLES 70& PENSÉE
Au point de vue de l'intelligence ces enfants ne différaient pas
beaucoup d'un groupe ordinaire. 11,8 % étaient d'intelligence sub
normale, 13 % d'intelligence supérieure, 74,7 % avaient des I. Q..
allant de 80 à 119.
Il n'y a pas de valeur déterminée d'âge mental auquel les rêves
surviennent plus fréquemment. Tout ce que l'on peut dire est que
les enfants de plus de six ans évoquent plus facilement leurs rêves
que lorsqu'il s'agit d'enfants plus jeunes, et que les rêves de voleur
se situent plus généralement entre 6 et 14 ans.
On peut classer les rêves sous un nombre restreint de rubriques
(parents, 15,3 %; animaux, 14,6 % ; peur, 13 % ; activités de jeu,.
8,9 % ; chute, voleurs, mort, famille, sexe opposé, êtres surnaturels,
richesses, feu, divers). Les plus fréquents sont ceux de parents et
d'animaux. Cela n'a rien d'étonnant pour les premiers étant donné
leur rôle prépondérant dans la vie de l'enfant. Les seconds sont géné
ralement des rêves où l'élément de peur joue un rôle.
Étant donné le jeune âge des rêveurs, l'auteur renonce avec bon
sens à un symbolisme freudien trop poussé et désavouant son pan-
sexualisme exagéré explique assez normalement les rêves par des
souhaits, des craintes, des conflits mentaux. Quelques-uns prove
naient d'histoires lues ou racontées.
L'auteur estime que l'examen qualitatif des rêves est un outil de
valeur pour le clinicien le mettant souvent au courant des difficultés,
que rencontre l'enfant, ou sur la piste d'une résolution pratique d'un
problème. M. L.
IX. — Pensée et attitudes mentales. La valeur.
Opérations intellectuelles. L'invention
E.-F. HEIDBREDER. — Thinking as an instinct (La pensée con
sidérée comme un instinct). — Ps. Rev., XXXIII, 4, 1926, p.
279-297.
La tendance générale de la psychologie actuelle est de diminuer
de plus en plus le rôle joué par les facteurs intellectuels dans la
détermination de la conduite. Sans, doute, on a eu raison de renon
cer à la vieille idée traditionnelle de « l'homme raisonnable ». Mais il
y a au jourd'hui une exagération manifeste en sens inverse. La pensée
est un processus aussi « naturel » que les autres activités de l'homme,
et il y aurait avantage à l'étudier par des méthodes expérimentales,
en la considérant comme un instinct. Elle peut en effet être décrite,
analysée et expliquée de la même façon et aussi légitimement que
les autres processus organiques complexes. H. pense qu'il y a chez
l'homme une pluralité de tendances, dont l'intensité varie, mais
dont aucune n'a pris une prépondérance complète sur les autres.
G. P.
F.-C. BARTLETT. — Feeling, imaging and thinking (Le sentiment,
Vimage et la pensée). — Ér. J. of Ps., XVI, 1, 1925, p. 16-28.
Le sentiment naît soit d'un conflit de tendances, soit d'une discri- "704 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mination imparfaite. L'imagination et la pensée ont comme lui, un
rôle biologique ; elles aident à résoudre le problème posé, alors qu'il
incite seulement à chercher la solution. G. P.
TH. ERISMANN. — Verstehen und Erklären in der Psychologie
[Compréhension et explication en psychologie). A. f. ges. Ps., LV,
1-2, 1926, p. 111-136.
Analyse des termes dans le sens qui leur est attribué par certains
psychologues allemands.
Expliquer signifie associer un fait nouveau aux faits anciens, fo
rmuler la loi. Comprendre veut dire : saisir dans le signe (parole, geste
ou action) l'intention du sujet, l'expression de sa volonté, de ses
tendances. Enfin, comprendre ces tendances elles-mêmes, c'est
admettre le système de valeurs auquel l'individu obéit, c'est, en
somme, partager son opinion sur ce sujet. D. W.
E.-C. TOLMAN. — A behavioristic theory of ideas [Théorie behavio-
riste des idées). — Ps. Rev., XXXIII, 5, 1926, p. 352-369.
L'étude de l'apprentissage chez les animaux nous montre que le
comportement exprime d'une part des tendances immanentes (à
aller ici ou là, par exemple), d'autre part des connaissances imman
entes, relatives à la nature du milieu, et permettant de donner
satisfaction aux tendances. Ces connaissances, ce sont pour T. des
idées. Elles se divisent en trois groupes : Idées de discrimination, de
manipulation, de positions relatives et d'un ordre défini entre les
discriminations et les manipulations. Les unités discrimination-ma
nipulation peuvent en effet s'associer de façon à former de vastes
complexes.
Dans toute cette description, on ne fait donc pas usage de termes
empruntés à l'introspection. Qu'est-ce que la connaissance cons
ciente ? C'est un type d'activité tout à fait particulier, où il y a
adaptation au futur et non au présent. Elle survient quand l'org
anisme est capable, au lieu d'agir dans le présent, de s'ajuster en vue
d'un comportement futur. C'est une « représentation » anticipée des
résultats de l'action. Au point de vue expérimental, elle se manifeste
par une brusque variation de la courbe de l'apprentissage.
L'intelligence d'un type supérieur se représente, non seulement
les résultats de l'acte accompli actuellement, mais les résultats
des actes qui suivront, et cette chaîne de prévisions s'étend
ainsi indéfiniment. La pensée abstraite est une adaptation à un
nombre de situations possibles de plus en plus étendu, et à la limite,
à toutes les possibles.
L'introspection est une forme du comportement. L'homme peut
utiliser les gestes, verbaux ou autres, pour agir sur ses semblables.
G. P.
A.-J. SNOW. — An approach to the Psychology of motives [Vers une
psychologie des motifs). — Am. J. of Ps., XXXVII, 1, 1926,
p. 129-131.
La des motifs reste trop abstraite. On distingue des
iinstincts innés et des penchants acquis, mais cette distinction théo- ET ATTITUDES MELNTALES. OPEKATIOiSS INTELLECTUELLES 705 PENSÉE
rique paraît à l'auteur imprécise : la description des motifs ne per
met pas de prévoir la conduite, ce qui serait le but de toute science.
Si, par exemple, on cherche les causes du mauvais travail des ouvriers,
il faut considérer des facteurs comme les abus de pouvoir des chefs,
les salaires, les horaires, les mauvaises conditions sanitaires, la soli
darité des groupes d'ouvriers, les difficultés entre personnes subor
données les unes aux autres, le manque de spécialisation, l'infériorité
ou la supériorité du sujet par rapport à l'emploi qu'il exerce, etc.
Encore ne s'agit-il là que d'abstractions : il faut considérer des cas
concrets. P. G.
H. TASMAN LOWELL. — The concept of value from the Psychol
ogical point of view (Le concept de valeur du point de vue psychol
ogique). — Austr. J. of Ps. IV, 3, 1926, p. 160.
1. La valeur des objets, des événements, des états n'est pas déter
minée par nous, mais, pour nous, par nos dispositions (il faut entendre
par là ce qui, psychologiquement, correspond au frayage, acquis ou
inné, des voies nerveuses) ;
2. La pierre de touche de la valeur est, par suite, le sentiment, qu'il
faut considérer comme l'expression primitive de la vie mentale, forme
de conscience antérieure à l'intelligence) ;
3. Le troisième point à considérer serait le passage du sens pure
ment affectif de la valeur au sens critique qu'une élaboration intel
lectuelle a pu lui donner (grâce surtout au concours de la mémoire et
de l'imagination). Ici interviennent des considérations étrangères à
la psychologie (influences sociales, éducatives, etc.).
L'auteur paraît ignorer les remarquables travaux de l'école socio
logique de Durkheim sur l'idée de valeur. H. L.
CHAYROU. — De l'art d'acheter à l'art d'agir.— In-8°de 175 pages.
Paris, Charles Lavauzelle, 1926.
L'intendant militaire Chayrou, dans ce volume préfacé par le
philosophe Marcel Déat, a exposé ses efforts à la recherche d'un cr
itérium pour choisir entre deux achats, et, en généralisant, pour
décider entre deux actions.
Le choix résulte de la prédominance d'une « valeur » sur d'autres ;
l'auteur voulant rationaliser le choix, le socialiser en quelque sorte,
en le rendant scientifique, s'est préoccupé d'établir un calcul des
valeurs, et de faire reposer le choix sur un jeu d'équations, en
polytechnicien qui ne craint pas la mathématisation morale.
Le point de départ était d'ailleurs la critique d'une formule fournie
par l'administration militaire pour ceux qui doivent en son nom con
clure des marchés à la suite du concours de plusieurs adjudicataires,
quand il s'agit de comparer des objets différant à la fois par la qual
ité et par le prix .
D'après le Bulletin officiel n° 251 du Ministère de la guerre, on doit
attribuer un coefficient aux spécimens présentés, représentatif de
leur qualité relative, et pour accepter une soumission, on adopte
comme règle le choix de celle pour laquelle le quotient de la valeur
d'usage, de la qualité (d'après le coefficient établi) par le prix est
maximum.
l'année psychologique, xxvii. 45 706 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
On doit se demander tout d'abord si l'on peut traduire les qualités
par un coefficient numérique ; l'auteur l'admet en théorie, tout en
reconnaissant l'extrême difficulté pratique de cette attribution d'une
valeur arithmétique. Et il procède à une analyse intéressante de
diverses alternatives entre lesquelles on peut hésiter dans les ci
rconstances ordinaires de la vie, aboutissant à ces règles :
« La plus avantageuse de deux actions, pour un sujet, est celle qui
entraîne pour lui, l'existence de plus grande valeur » (1 bis).
« Étant données deux actions A et B, de Va et Vb, néces
sitant les moyens de réalisation P« et Pb, et V^ et Ypb désignant
les valeurs des événements dont nous nous privons dans l'avenir
en consommant Pa et Pj, la condition nécessaire et suffisante pour
que l'action A soit (ou non) la plus avantageuse, est que V« — V^
soit plus grand (ou plus petit) que V& — Vp& » (2 bis).
En ce qui concerne plus spécialement le choix dans l'achat : « II
faut prendre le moins cher (ou le plus cher) des deux objets si, avec
la différence des deux prix, on peut (ou on ne peut pas) acheter des
objets de valeur subjective totale plus grande que la différence des
valeurs des deux objets considérés » (4 bis).
La formule empirique de l'administration est simple et paraît très
souvent utilisable, d'après C. ; mais elle n'est pas toujours exacte ;
la formule rationnelle, établie par l'auteur, est en revanche notable
ment plus compliquée et d'application pratique difficile.
Quand l'appréciation quantitative des qualités a un fondement
sûr (par exemple le pouvoir calorifique d'un charbon) la règle admin
istrative est excellente. Mais la plupart du temps cette appréciation
est à peu près impossible et on ne gagne rien à établir les bases numér
iques d'un jugement qui devra être intuitif.
En ce qui concerne d'ailleurs la possibilité d'évaluation numérique
de la valeur, comme base du choix rationnel, admise par C. après
intéressante discussion, l'objection principale à lui faire est que la
valeur est de nature affective, non intellectuelle, et que l'apprécia
tion numérique exigerait la stabilité, ou mieux même, l'invariabilité
affective. Or c'est là un postulat en contradiction avec la réalité
psychologique. H. P.
GÜNTHER IPSEN. — Zur Theorie des Erkennens. Untersuchungen
über Gestalt und Sinn sinnloser Wörter (Contribution à la théorie
de la connaissance. Recherches sur la forme et le sens de mots dépour
vus de sens (sic). Neue Ps. Stud., 1926, p. 283-471.
L'origine du problème posé ici se trouve dans les anciennes r
echerches sur les limites du champ de conscience dans l'attention. On
voulait savoir combien de perceptions distinctes le présent de la cons
cience pouvait contenir, par exemple : combien de lettres présentées
simultanément pouvaient être retenues exactement. Ranschburg
trouva que le nombre de fautes est plus grand dans les séries homog
ènes (contenant plusieurs fois la même lettre) que dans les séries
hétérogènes (où toutes les lettres sont différentes). Ce résultat,
d'ailleurs contesté par certains auteurs, n'a jamais été expliqué d'une
façon satisfaisante. Les faits sont envisagés ici sous un nouvel angle :
ils relèvent en effet de la psychologie de la Forme. PENSEE ET ATTITUDES MENTALES. OPERATIONS INTELLECTUELLES 707
On présente aux sujets pendant 0,1 sec. un mçt artificiel formé
de six lettres, qu'il doit reproduire aussitôt. Ces mots ne sont cons
titués que par des consonnes combinées suivant différents types.
Chaque type présente lui-même un certain nombre de variantes :
par exemple dans le type Krxcsd certaines lettres peuvent changer de
place, ce qui donnera rkxcsd, rxkcsd, etc.. Certains types sont enti
èrement formés de petites lettres, d'autres, de lettres qui dépassent
la ligne, d'autres combinent les deux variétés, les grandes lettres
pouvant occuper des places quelconques ou des places privilégiées
(initiales, finales, symétriques, associées, etc.. ). D'autres variations
de l'expérience consistent à présenter les six lettres en 1, 2 ou 3 groupes
espacés, — ou en lettres capitales, — ■ sous forme successive et non
plus simultanée, etc.
L'étude statistique des erreurs et des omissions ne peut donner que
des indications que l'analyse des conditions de l'expérience et les
déclarations du sujet permettront d'interpréter. Nous n'entrerons pas
dans le détail de ces analyses minutieuses. Disons seulement qu'elles
font ressortir le rôle prépondérant de Y appréhension de l'ensemble de
la forme : valeur de la place de la lettre, privilège des premières et
dernières lettres : les mots ont un commencement et une fin, un
contour ; ils ont aussi un « accent tonique » qui donne une valeur
à certaines lettres (conformément aux règles de l'accent allemand) ;
parfois ils ont une symétrie propre, relativement indépendante du
mode de présentation optique. Ces différents facteurs ont plus ou
moins d'importance selon que la perception tient plus d'une «image »
ou d'une « lecture ». Certaines lettres ont par leur qualité propre un
relief particulier (les grandes quand elles sont associées aux petites ;
le v et Vx, soit par leur aspect optique, soit par leur valeur phonét
ique).
L'estimation du nombre des lettres est plus correcte en présenta
tion simultanée qu'en succession : mais surtout il y a dans le premier
cas une conscience bien meilleure des lacunes, de leur étendue, de
leur localisation. On peut estimer le nombre exact des lettres sans
être capable de les reproduire toutes. Les erreurs de localisation
résultent de la formation de groupes naturels ; ce sont surtout les
éléments qui s'accommodent mal avec l'unité de l'ensemble qui sont
déplacés ou sacrifiés.
Une lettre répétée a des chances d'être surestimée ; elle efface les
autres, qui ne sont plus représentées que par des lacunes, ou elle se
substitue à elles ; il y a simplification de l'ensemble sous l'influence
d'une qualité dominante, assimilation des lettres voisines au point
de vue phonétique, si celles-ci sont déjà affaiblies par d'autres rai
sons ; la lettre dominante et celles qui l'avoisinent sont le premier
groupe isolé par l'attention dans l'ensemble total, le leit-motiv pré
pondérant d'où procèdent les substitutions, les confusions qualitat
ives, les assimilations et dissimilations. Le phénomène de Rans-
chburg s'explique par cette tendance à la simplification ; mais ce
n'est plus un phénomène isolé, il rentre dans le vaste ensemble des
faits d'appréhension des complexes.
Dans les expériences suivantes, les combinaisons de lettres se rap
prochent davantage de celles qui sont familières à la langue aile- 708 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
mande (Exemple ; Schnnl, Innsch), Le nombre des fautes diminue :
sch est un ensemble familier reconnu d'un seul coup ; il suffit d'ailleurs
d'une coupure optique de ce groupe pour augmenter les erreurs.
L'étude de ce type montre une tendance à former, avec la mat
ière qui est proposée, des syllabes et des mots ; des syllabes par
exclusion, adoucissement, assimilation de consonnes, introduction
de voyelles à certaines places ou aux dépens de consonnes faibles ;
— des mots : le sujet croit reconnaître des mots de la langue (chose
remarquable s'il n'a reconnu que deux lettres et qu'on lui laisse
former le mot suggéré, celui-ci contient souvent d'autres lettres
exactes) ; il tend à réaliser, alors même qu'il ne reconnaît pas de
mots familiers, une structure de mot par différents procédés : diss
imilation des syllabes, symétrie, rime, parallélisme, etc.).
De cette étude spéciale Ipsen tire des généralisations très étendues.
La connaissance a pour objet des formes (Gestalten). Une forme est
un tout, c'est-à-dire quelque chose de limité par rapport au dehors,
dont les parties réagissent les unes sur les autres, la qualité de l'e
nsemble restant prépondérante par rapport à celle des parties. Mais
les formes ont des propriétés particulières par rapport aux autres
touts :
1° Tandis qu'une somme est altérée par une modification de ses
parties, l'unité d'une forme reste semblable à elle-même et ne varie
qu'en degré ; les parties ne peuvent être déplacées ou changées sans
une nouvelle réorganisation qui affecte toutes les autres. Le contraste
analytique, synthétique désigne les deux directions de la dimension :
unité (Innigkeit).
2» Elles sont caractérisées par leur ordre : chaque partie a une
place et une valeur, elle est subordonnée ou coordonnée aux autres.
Dans les formes supérieures, les parties (Teile) deviennent des
membres (Glieder) du tout : elles portent en elles le caractère du
tout, dont elles sont des formes particulières.
3° L'aperception plastique montre la forme en voie de se consti
tuer. Elle obéit à une tendance interne (Gestaltungsdrang) ; les formes
se réalisent à des degrés différents ; il y a des formes normales, ache
vées, parfaites.
Le dernier chapitre décrit les phases de la connaissance qui sont
celles de l'évolution des touts depuis leurs manifestations les plus
indéterminées, inexpressibles, purement affectives, jusqu'aux formes
proprement dites qui s'échelonnent en une série de réalisations de
plus en plus parfaites ; ce développement, tout en obéissant à ses lois
propres tend d'autre part à utiliser comme moyens les formes déjà
acquises. L'auteur conclut que sa théorie doit se substituer d'une
part à la théorie ancienne qui explique la connaissance par la sensation
et V association, d'autre part à celle de la Verstehende Psychologie qui
n'est qu'une réaction contre les insuffisances de la première. P. G.
M.-A. TINKER. — The psychology of counting {La psychologie de la
numération). ~~ Am. J. of Ps., XXXVII, 3, 1926, p. 424-426.
Comme conclusion d'expériences consistant à compter des lettres
ou des points qui apparaissent irrégulièrement, l'auteur remarque
que la numération est chez nous une sorte de processus semblable à ET ATTITUDES MENTALES. OPERATIONS INTELLECTUELLES 709 PENSÉE
celui d'une épreuve de temps de réaction, avec cette seule différence
que les réactions changent avec chaque signal consécutif et que
chaque réponse tend à induire la suivante. Pour compter aussi vite
que possible des objets apparaissant à intervalles irréguliers, le sujet
tend à établir un rythme en groupant 2, 3, 4 signaux, chaque groupe
correspondant à une pulsation de l'attention. Si les points sont régu
lièrement espacés, la réaction tend à prendre la forme « motrice » ;
dans le cas contraire, elle garde la forme « sensorielle ». P. G.
RICHARD MEILI. — Experimentelle Untersuchungen ueber das
Ordnen von Gegenständen (Recherches expérimentales sur le class
ement d'objets). — Ps. For., VII, 3, p. 155-193.
Lorsqu'on classe des objets ou des faits, il arrive que certains se
groupent naturellement d'après leurs affinités, puis, qu'en considé
rant les autres, on soit amené à remanier le principe de la classifica
tion. Un groupement peut paraître plus ou moins satisfaisant. C'est
la psychologie de ce travail de répartition qui est l'objet de cette
recherche expérimentale. Une quinzaine d'objets de diverse nature
sont présentés sur une table, ou par terre, disposés d'une façon quel
conque ; les sujets sont invités à les distribuer mentalement en
groupes naturels ; il y a possibilité de classifications multiples, d'après
la fonction, la matière, la forme, la couleur, la grandeur, le poids ; de
plus on peut constituer un groupe d'après la fonction et l'autre d'après
la couleur ou la forme, etc.. Quels sont les facteurs décisifs ? Les
expériences montrent d'abord que la disposition dans l'espace des
objets présentés n'a qu'une influence presque insignifiante, ou du
moins secondaire. D'une façon générale, Tordre le plus satisfaisant est
celui qui se fonde sur la fonction des objets, plutôt que sur leurs
caractères extérieurs : forme, couleur, matière. D'ailleurs, il faut tenir
compte ici de l'état d'esprit spécial des sujets soumis à une expérience
de psychologie. Dans la vie pratique les circonstances font souvent
apparaître spontanément un caractère commun des objets, qui r
épond à l'orientation actuelle et aux besoins de l'esprit ; dans les expé
riences, le sujet est affranchi de ces préoccupations spéciales et se
trouve devant des objets indifférents. Mais l'aspect sous lequel un
objet se présente est surtout déterminé par l'ensemble des objets au
milieu desquels il est vu : une pierre, au milieu d'un ensemble d'objets
non spécialisés suggère le caractère matière, couleur, ou forme, tandis
que dans une atmosphère spéciale d'objets d'usage, elle apparaît
comme arme, matériel de construction, presse-papier etc. ; elle peut
donc s'agréger à un groupe en formation ou rester en dehors de lui.
Les groupes ainsi formés peuvent d'ailleurs présenter plus ou moins
de stabilité et de solidité. Le nombre des groupes conditionne aussileur
constitution ; il y a tendance à éviter les décisions trop nombreuses.
On cherche une certaine symétrie dans l'ordonnance générale : une
division binaire telle que : 1) Vêtements ; 2) Papiers rouges, est peu
satisfaisante, parce que le premier groupe tient compte de la fonction
des objets et le second de leur couleur : elle tend à se transformer par
exemple en : 1) Linge ; 2) Papier, c'est-à-dire à s'équilibrer sur la
base de la matière dont les objets sont faits ; en même temps l'aspect
de chacun des éléments s'est transformé. 710 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Cette correction est tout à fait indépendante de la connaissance de
la règle logique du maintien du principe de division dans les disjonc
tions. La règle logique n'est elle-même qu'une manifestation d'une
tendance psychologique très générale à la symétrie. Ce même besoin
se traduit dans la tendance à équilibrer les groupes quant aux
nombre de leurs éléments ; si on évite de multiplier les divisions,
c'est surtout parce qu'il resterait trop peu d'objets dans certains
groupes qui deviendraient par là même labiles, flous ; inversement,
l'addition de quelques nouveaux éléments les consolidera. Un
groupe se fragmentera ou gardera son unité, selon que la grandeur
de la différence entre ses membres est ou n'est pas en proportion de
celle qui existe ce groupe et ses voisins déjà constitués ; en
d'autres termes, il doit y avoir harmonie entre les distances des
points de la « figure » de groupement.
Toutes ces remarques conduisent à comparer le groupement des
objets avec la perception d'une forme sensible, et à appliquer à ce
problème les principes de la théorie de la Forme. Ceci implique que
la structure du groupement résulte moins d'un travail intellectuel
surajouté sous l'influence du problème posé, que de la manière même
dont les objets sont perçus, et l'auteur insiste sur le caractère spon
tané de l'organisation dynamique qui tend à s'établir dans le champ
de conscience. P. G.
M. MACK et H.-B. ENGLISH. — Reproduction and Eduction. —
Am. J. of Ps., XXXVII, 4, 1926, p. 603-665.
Spearman appelle eduction la recherche d'un objet présentant
avec un autre objet donné une relation déterminée, et il croit cet acte
intellectuel tout à fait distinct d'une simple association (par conti
guïté). Il en résulterait que les deux processus doiyent avoir des
durées différentes. C'est cette conséquence qu'on a vérifiée dans
l'expérience suivante. On crée d'abord des associations entre des
paires de figures géométriques simples ; on donne alors à reconnaître,
pour chaque premier membre donné, le deuxième membre au milieu
de plusieurs autres ; cette épreuve ne met en jeu qu'une simple
association. Dans la deuxième partie de l'expérience, on présente des
figures différentes de celles des paires originales, mais il y a entre les
deux membres la même relation qu'entre ceux de la figure originale
(c'est l'épreuve d'éduction). Or le temps de réaction de la deuxième
épreuve est sensiblement le double de celui de la première. P. G.
F. WEINHANDL. — Experimentelle Untersuchungen zur Psychol
ogie der determinierten Abläufe (Recherches expérimentales sur
la psychologie des processus déterminés). — A. f. ges. Ps., LV, 3-4,
1926, p. 381-458.
Expériences d'après les méthodes de l'école de Würzburg.
Les « tendances déterminantes » se présentent, d'après l'introspec
tion des sujets, comme des courants dynamiques, des impulsions ou
des fragments d'action. Même dans les cas où la tâche (Aufgabe)
n'est à aucun degré et sous aucune forme présente à l'esprit, le sujet
éprouve un état caractéristique, il se sent « poussé », entraîné dans
une direction donnée. D. W. ET ATTITUDES MENTALES. OPÉRATIONS INTELLECTUELLES 711 PENSÉE
A. WILWOLL. — Begriff sbildung (La formation des concepts). —
Collection de monographies psychologiques publiées par K. Büh
ler. — • 1 vol. de 147 pages. S. Hirzel, Leipzig.
Cette étude est inspirée par les travaux de Bühler, d'Ach et de
Selz sur la Psychologie de la pensée. Le premier chapitre esquisse
l'histoire du problème dans les ouvrages de Stuart Mill, de Husserl, de
Meinong et enfin de Bühler. Avec ce dernier l'auteur adopte la dis
tinction de trois fonctions du mot : expression, communication,
enfin représentation ; les deux premiers définissent le mot dans son
rapport avec l'état d'esprit de celui qui parle et de celui qui écoute,
la troisième caractérise sa relation à l'objet de la pensée ; au même
psychologue, il faut emprunter un second principe : le concept a une
double racine, dans la représentation concrète d'une part, dans le
jugement de l'autre : il est en quelque sorte le point de rencontre de
ces deux courants.
Ces principes étant posés, la psychologie de la formation du concept
devra être étudiée par la méthode expérimentale. L'auteur a d'abord
répété les expériences de Ach ; elles consistaient, comme on le sait,
à présenter des figures en carton différentes à la fois par la grandeur,
le poids, la couleur ; à chaque figure est fixée une étiquette portant
un mot conventionnel d'une ou de deux syllabes inconnu du sujet.
Ensuite toutes les figures sont présentées sans étiquettes et le sujet
doit indiquer une figure correspondant à chacun des mots. Enfin
plus tard, il doit répondre à des questions dans lesquelles les mots
sont mis en relation (par exemple : Lequel est le plus lourd gazun ou
taro ? Comment distingue-t-on gazun et fal ? etc). On assiste à la
transformation progressive de syllabes dépourvues de sens en de
véritables noms génériques. Dans d'autres expériences, on présente
des groupes de couples de syllabes : dans chaque groupe le premier
membre du couple est constant, le concomitant est variable, mais est
construit suivant un principe constant pour chaque groupe : il en
résulte que le premier membre tend à devenir un nom générique d'un
certain type de structure du deuxième terme. Les résultats con
firment dans l'ensemble ceux de Ach : la liaison associative paraît
insuffisante pour constituer de véritables noms, quoiqu'elle soit une
condition préliminaire indispensable ; la valeur de nom apparaît
progressivement ; elle implique une conscience de la subordination
du symbole aux caractères des objets, donc la formation d'une repré
sentation générale de l'objet.
La seconde partie est une étude des conditions de la formation du
concept. L'expérience est imitée de très près de celles de 0. Selz.
On présente au sujet deux mots de sens différent mais voisin, et il
doit trouver (au moyen d'un mot familier ou formé par lui, ou d'une
locution composée) un concept plus général exprimant le caractère
commun aux deux premiers. Les sujets donnent sur le champ leurs
observations introspectives. Elles permettent d'étudier le dévelop
pement des représentations concrètes suscitées par les mots, et qui
ne paraît pas pouvoir s'expliquer par la théorie associationniste,
même en tenant compte de l'influence sélective exercée par l'idée
du problème ; il y a une double adaptation des deux représentations
l'une à l'autre et aux données du problème. L'image est tantôt une

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