Perception. - compte-rendu ; n°1 ; vol.47, pg 385-399

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L'année psychologique - Année 1946 - Volume 47 - Numéro 1 - Pages 385-399
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1946
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2° Perception.
In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 385-399.
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2° Perception. In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 385-399.
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PERCEPTION 385
d'auteurs. merait la classification Quatre autres en 2 types facteurs principaux de groupe envisagée tendent par à beaucoup scinder
chacun de ces types en 2 types secondaires. Ainsi, le type lié aux
caractéristiques longitudinales, ou leptosomique, se diviserait en
deux : le premier lié à la longueur du tronc, le second à la longueur
des membres. Le type lié aux mesures trans verses, ou pachysomique,
se subdivise de la même manière.
Les facteurs ainsi décrits, remarque très justement Burt, ne sont
que des. statistiques; leur interprétation exigerait d'autres
recherches. Malgré cela, les résultats de Burt, s'étendant sur une
large population et fournissant un schéma factoriel stable, sont
déjà d'un grand intérêt.
G. B.
2° Perception.
84. — La nature de la perception :
BLANCHE (R.). — La vision du peintre et la psychologie de la
perception. — J. Psychol. norm, path., 1946, 39, 153-180. —
DOUGLAS (A. G.). — A taehistoseopie study of the order of
emergence in the process of perception (Etude tachistoscopique
de l'ordre d'émergence dans le processus de la perception). — Psyc
hol. Monogr., 1947, 61, 133 p. — VERNON (M. D.). — Diffé
rents types Of perceptual ability (Différents modes d'aptitudes
perceptives). — Brit. J. Psychol., 1947, 38, 79-89. — WALLACH
(H.), GALLOWAY (A.). — The constancy of colored objects
in colored illumination (La constance des objets de couleur sous
un éclairage coloré). — J. Exp. Psychol., 1946, 36, 119-126. —
DEES (V.), GRINDLEY (G. C). — The transposition of visual
patterns (La transposition de patterns visuels). — Brit. J. Psyc
hol., 1947, 36, 152-163.
est ciationnistes La un perception, aspect ne fondamental voyaient cette rencontre qu'un de la donné vie du psychologique. sujet indifférencié avec le monde Là sur où lequel extérieur, les asso- était
plaquée, une organisation, fruit de l'expérience, les psychologues de
la forme ont montré que le donné avait une organisation naturelle.
Cette découverte fondamentale n'est pas remise en question mais
les études récentes tendent à nuancer ce principe général et à en •
préciser les conditions.
Blanche exerce sa réflexion sur « le réalisme visuel » des peintres
qui prétendent reproduire ce qu'ils voient alors même que leur
œuvre heurte le sens commun. Il y apparaît clairement que le donné
phénoménal n'est pas simplement le fruit d'une organisation du
champ spatial mais d'un champ plus général dans lequel l'activité
du sujet est aussi une composante. Que l'attitude intérieure soit
en effet une force de ce champ, les gestaltistes l'ont toujours reconnu,
mais leur effort même pour montrer l'importance des configurations
spatiales tendait souvent à la minimiser. Dans le cas de la per
ception picturale le donné apparaît bien comme construit par une
activité de l'esprit mais Blanche est d'accord pour reconnaître que
tous les donnés ne sont pas aussi prégnants.
l'année psychologique, xlvii-xltiii 25 8UUiK>Ç»i.PHIQUES ANALYSE»
Par une méthode expérimentale Douglas se préoccupe aussi de
suivre les processus de la perception non pas dans leur genèse chez
l'enfant mais dan» le cas d'une perception confuse cite« l'adulte.
Pour y parvenir il utilise la technique taehistoscopique. Il projette
par une lanterne des images variées dont la mise au point sur l'écran
évolue graduellement ver» la netteté* Ses sujets rapportent à chaque
stade ce qu'ils voient et l'analyse des protocoles permet à l'auteur
de distinguer1 trois stades de la perception : 1° Un stade sensoriel
qui ne. comporte qu'une description du donné sensoriel (intensité,
couleur, dimension, localisation, etc.); 2° un stade d'exploration
où le sujet essaie d'interpréter ce donné sensoriel et où les protocoles
montrent non seulement l'effort par essais et erreurs mais aussi
l'intervention d'une véritable manipulation de ce donné accom
pagnée de sentiments d'efforts, de mécontentements, etc.; 3° un
stade d'interprétation où le sujet avec satisfaction fixe son choix entre
plusieurs interprétations possibles et accepte un type d'organisation.
On peut reprocher aux conclusions de cette expérience de n'avoir
pas va© valeur générale et d'être déterminées par le$ conditions
même» de l'expérimeataticm.. Elles, prennent cependant leurs valeurs
ai on les rapproche de celles de Ver non.
Yernoa a paréaeirté de» types de matériel différents, formes à
discriminer, lettres, dessin«, etc.,. à l'aide de plusieurs types de
taobistoscope avec dea durées d'exposition brèves ou longues. Sa
Qoadvtsion. principale est que l'efficience perceptive montre un haut
degré de spécificité, c'ert-a-dire que les sujets qui ont de très bons
édftt avec un matériel ont de moins bons résultats avec un
autre au même avec le même matériel présenté dans de» conditions
différentes.
Par «eue a&atyae ttatiatique plus fine, Vernon pense retrouver
l«f deux faeteure qu'avait mi» en évidence Thurstone et qu'il inter
prète de la manière suivante : 1° Une aptitude à discriminer des
formes qui dépendrait de la valeur du seuil différentiel à la brillance
mais iadépendante de l'intelligence et du facteur K. 2° Une aptitude
et interpréter un donné perceptif d'après des schémas prédéter
miné«. Cette aptitude serait en relation avec le niveau de.l'intel-
Nous arrivons ainsi à mieux distinguer dans la perception le
donné qui a vue organisation immédiate et son interprétation où
se manifestent plus directement l'activité du sujet et l'influence d«
son expérience et de sob intelligence.
Sur fe premier aspect, celui de 1% structuration immédiate, deux
autre« recherche« nous apportent quelques précisions.
Dees et Grindley ont montré, par des expériences du type temps
de réaction, qu'il y avait un transfert de configuration, c'est -à -due
que les sujets non avertis réagissaient à une même figure (formée de
points lumiaeux) présentée sur une autre partie de la rétine, sous
une autre dimension ou mime dans une autre orientation spatiale;
le transfert est d'ailleurs plus fort dans le premier cas, que dans les
daux autres. D'autre park le transfert est assez variable d'un sujet
à U» autre.
Ce transfert apparaît dû à une certaine eofistanee de la confi- PERCEPTION 387
guration dont aucune hypothèse neuro-physiologique ne peut rendre
compte à l'heure actuelle. Dees et Grindley laissent ouverte la
question de savoir si cette constance est le fruit d'une expérience
généralisée ou celui d'une qualité innée.
Wallach et Gallaway, dans le laboratoire de Koehler, sur le point
particulier de la constance de la couleur apparente dans des éclai
rages différents, ont montré que cet effet était tout à fait analogue
à celui du contraste coloré, ce qui tendrait à prouver que la constance
était un phénomène aussi immédiat que le contraste.
Dans plusieurs expériences ingénieuses on présentait par compar
aison un effet de constance avec un effet de contraste dans les
mêmes conditions d'organisation des plages. Quand les couleurs
dans les deux situations étaient choisies de telle manière qu'elles
soient égales en brillance et en saturation les deux effets étaient
équivalents. (Exemple simple : une plage rouge, un fond gris dans
un éclairage vert tel que physiquement la plage rouge devrait appar
aître grise, est cependant vue rougeâtre sur fond vert (constance) t.
mais par ailleurs une plage grise entourée d'un anneau vert est vue
rougeâtre (contraste).
Cette expérience ouvre la voie à une recherche positive des fac->
teurs de la constance perceptive qui permettra de mieux précisée-
ce qu'il peut y avoir d'inné et d'acquis.
P. F..
85. — BRUNER (J. S.), GOODMAN (C. C). — Value and need
as organizing factors in perception (Valeur et besoin en tant que
facteurs d'organisation dans la perception). — J. Abn. Soc. Psychol.,
1947, 42, 33-44.
La perception a été trop longtemps du domaine exclusif de la
psychologie expérimentale au sens strict. Cette psycho-physiologie
« in vitro » laisse échapper le rôle que l'affectivité peut jouer dans,
la perception concrète de la vie quotidienne. Plus grands sont la
valeur sociale d'un objet et le besoin individuel pour cet objet, plus,
grande est l'action des facteurs de comportement qui tendent à<
en individualiser, fixer et renforcer la perception.
Les auteurs fondent l'existence de ce renforcement sur l'expérience-
suivante : trente enfants de dix ans perçoivent ou se remémorent la.
taille de pièces de monnaie comme plus grande que celle de ronds
de carton de mêmes tailles. Le phénomène croît avec la valeur
des pièces et chez les enfants pauvres. Les lois psycho-physiques-
classiques sont faussées. ■*
P. J.
86. — La perception du temps :
GILLILAND (A. R.), HOFELD.(J.), ECKSTRAND (G.).— Stu
dies in time perception (Etudes sur la perception du temps). — -
Psychol. Bull., 1946, 43, 162-176. — BRADLEY (M. C). —The
growth of the knowledge of time in children of school age (Le
développement de la connaissance du temps chez les enfant» d'âge
scolaire). Brit. J. Psychol., 1947, 88, 67-78. — PHILIPP (B. R.).
— The effect of interpolated and extrapolated stimuli en the, time ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
order error in the comparison of temporal intervals (U effet de
stimuli interpolés et extrapolés sur l'erreur de position dans la com'
paraison d'intervalles temporels). — J. gen. Psychol., 1947, 36»
173-187. — ODIER (Ch.). — Le réveille-matin diencéphalique.
— Rev. Suisse Psychol., 1946, 5, 113-117.
Les problèmes du temps qui ont toujours préoccupé les psycho
logues restent difficiles à étudier, car nous n'en connaissons pas les
bases physiologiques. Les cinquante -neuf articles parus depuis 1933,
que résume Gilliland, font apparaître un effort d'explicitation qui a
deux directions principales. Les uns cherchent -à approcher de ces
infra-structures physiologiques et leurs travaux sont orientés soit vers
l'appréciation du temps chez les animaux, soit vers des recherches
psycho-physiologiques : influence de la température, des produits
pharmaceutiques etc., mais aucun fait capital n'a été découvert.
D'autres chercheurs ont essayé d'aborder ce problème sous l'angle
de l'affectivité et ont mis en évidence l'influence de l'attention, d'une
tension intérieure, de la nature de l'activité sur nos estimations du
temps, et les psychanalystes tentent d'expliquer la perception du
temps par les rapports du conscient et de l'inconscient.
Une des voies ouvertes est évidemment l'évolution de la percep
tion du temps chez l'enfant qui peut nous permettre une analyse
dynamique de processus trop complexes chez l'adulte. Bradley a
repris ce problème chez l'écolier par l'étude de la compréhension
du vocabulaire temporel, compréhension qui se développe rap
idement jusque vers 11-12 ans. Ce qui est acquis le premier est ce
qui a une référence personnelle avec l'enfant, puis l'organisation
des semaines et du calendrier, enfin les questions impliquant de
longues périodes temporelles et le postulat de l'homogénéité du
temps. Bradley a aussi employé deux autres épreuves reprises de
Sturt : classer chronologiquement des personnages historiques d'après
leur date de naissance et découvrir des absurdités temporelles dans
un texte. Ces deux épreuves montrent la même lente évolution des
connaissances temporelles qui n'atteignent un niveau suffisant et
stable que vers 11-12 ans sans qu'il y ait de discontinuité dans ce
progrès comme le pensait Sturt.
Philipp a abordé le problème de l'influence d'un troisième stimulus
sur la comparaison de deux stimulus égaux, d'une durée d'une seconde
environ. Le troisième stimulus était présenté soit entre les deux st
imuli à comparer, soit avant, soit après et il a trouvé, outre le fait
que les sujets avaient tendance à juger le stimulus à comparer plus
long, que le troisième stimulus avait tendance à être assimilé avec
le stimulus de référence. Ceci signifie qu'un stimulus plus long,
fusionné en quelque sorte avec le stimulus de référence, fera trouver
le à comparer plus court. L'auteur fait remarquer que le
sujet a ainsi tendance à isoler lejstimulus à comparer et ceci expli
querait, par l'attention plus grande qu'il lui porte, qu'il le trouve
ea moyenne plus long. Cette recherche a ainsi le mérite de montrer
combien notre perception temporelle est dépendante de l'ensemble
des conditions dans lesquelles elle intervient.
Odier Tapporte le cas d'un homme qui pouvait se réveiller facil
ement à l'heure qu'il avait décidée la veille. Un jour, il se réveilla PERCEPTION 389
beaucoup plus tôt qu'il ne l'avait voulu et Odier essaie d'expliquer
cette erreur par l'intervention d'un désir refoulé dont la satisfac
tion aurait exigé cette heure différente du réveil. Il pose alors quelques
problèmes pertinents sur les rapports de la conscience et de l'i
nconscient et corrélativement sur ceux de l'écorce et d'un centre
de régulation de la durée du sommeil qui se trouverait au même
niveau que celui du sommeil lui-même.
P. F.
87. — FRAISSE (P.). — Contribution à l'étude du rythme en tant
que forme temporelle. — J. Psychol. norm, path., 1946, 39, 283-
304.
L'existence de structures temporelles naturelles et spontanées
des mouvements de translation ayant été observée par de Montpell
ier, l'auteur se propose de déterminer expérimentalement les lois
principales auxquelles obéit, au point de vue temporel, l'ordonnance
du mouvement dans le rythme. Il s'efforce de dégager un certain
nombre de lois par l'analyse d'expériences de rythmisation spon
tanée et les vérifie en faisant utiliser par les, sujets la méthode de
reproduction.
Il constate que toutes les structures réalisées ne comportent que
deux sortes de temps : les temps courts, d'une durée variant en
moyenne de 18 es à 29 es, suivant les rythmes et les temps longs
d'une durée moyenne de 44 à 91 es; les durées tendent à croître avec
le nombre de frappes dans le groupe. Entre temps longs et temps
courts, les rapports moyens des durées varient de 2,18 à 3,25 suivant
les rythmes. L'auteur énonce la loi : « La valeur du rapport, entre les
temps longs et les temps courts adjacents, croît en grandeur moyenne
et en variabilité avec la complexité de la structure du groupe et
par conséquent avec la difficulté de son exécution. »
Dans la reproduction de modèles soigneusement établis, l'auteur
constate des déformations qui lui permettent de conclure à l'exis
tence de structures rythmiques favorisées, correspondant à la struc
ture des rythmes spontanés; formes qui sont reproduites avec le
minimum d'erreur constante et avec le minimum de variabilité. Les
structures qui s'écartent de ces formes tendent dans la reproduction
à être ramenées à des formes favorisées.
Il étudie ensuite l'influence du « tempo », de la vitesse d'exécution,
sur l'organisation des formes naturelles et vérifie que, tant que le
sujet perçoit encore un rythme, les lois fondamentales de la struc
ture sont respectées; mais les particularités de la zone des tempos
spontanés des sujets permettent de tirer quelques conclusions sur
la structure rytjhmique correspondant aü tempo spontané :
1° le temps court a la durée d'un mouvement de va-et-vient aisé;
2° la distinction temps long — temps court est maximum;
3° la variabilité dans la reproduction successive est minimum.
Cette structure correspond donc à une forme perceptivement stable,
et bien différenciée. Fraisse fait très justement observer que temps
courts et temps longs sont deux réalités qui, du point de vue per
ceptif et du point de vue moteur, doivent être distinguées ; percep
tion de collection et double mouvement de va-et-vient commandé ANALYSES BIBXIOCKAPHIQUES B90
par une seule impulsion, pour des temps courts, alors que les temps
longs correspondent à une perception de durée et à deux mouvements
distincts dans le temps qui font l'objet d'une double commande.
Il ne faut donc pas interpréter la structure rythmique perçue,
eonune une suite de rapports entre des temps; les rapports mis en
évidence correspondent à la nécessité d'un effet de contraste, lié à
1m certain rapport des durées mais qui ne nous est pas sensible
tsous Tangle d'une proportion.
L'auteur procède ensuite à l'étude systématique du rôle de l'i
ntervalle entre unités rythmiques, ce qui lui permet de constater
<jue l'intervalle n'a pas d'influence sur la structure du groupe mais
^apparaît comme un facteur de ségrégation des groupes, donc de
leur stabilité; par contre, il dépend du groupe dans une certaine
mesure; il apparaît donc non pas comme un fond par rapport à
«ne figure, mais comme un cadre, c'est-à-dire intégré à l'ensemble
de la représentation.
L'auteur ne retrouve pas en lui les propriétés du « fond » mais
du « cadre », de même qu'il estime avoir montré que les unités
arythmiques avaient bien expérimentalement les caractères des
■« formes » et qu'il a dégagé les lois propres à ces formes temporelles.
M. J.
«8. — KÖHLER (W.), EMERY (D. A.). — Figurai after-effects In
the third dimension of visual space (Effets consécutifs structuraux
dans la troisième dimension de V espace). — Amer. J. Psychol.,
1947, 80, 159-201
v Si une partie du champ visuel a été pendant quelque temps
'Occupée par une figure, d'autres figures qui sont vues par après
dans la même région apparaissent généralement déplacées ou défor
mées. » C'est ainsi que Köhler définit ce qu'il a appelé « Effets
consécutifs structuraux ». Dans un important mémoire paru en 1944,
il avait montré que cet effet se produisait dans des images planes.
Dans ce nouveau travail, il a étendu ces recherches à la troisième
dimension en essayant de montrer que ces effets y obéissaient aux
mêmes lois (et que par conséquent la perception de la
-dimension était un fait sensoriel).
Ce fait que Gibson avait mis en évidence en 1933 est étudié cette
fois sous tous ses aspects par plusieurs expériences très ingénieuses.
iRésumons les principales :
Quand un objet a été fixé pendant 40 secondes environ, si on lui
«ubstitue rapidement un autre objet identique à une autre distance^
cet objet apparaît à une place plus éloignée qu'en réalité (plus près
ou plus loin, selon qu'il est en avant ou en arrière) du premier
objet fixé.
Ce qui est vrai de la profondeur l'est aussi du relief. Si on fixe
«ne surface concave et qu'on lui substitue une surface plane, celle-ci
«pparaît convexe. Cet effet se produit aussi bien en vision normale
tru'en vision stéréoscopique, ce qui élimine toute influence possible
•de facteurs secondaires. Réciproquement, il se produit, peu ou pas
*n vision monoculaire.
-Mais jar une série d'expériences, Köhler montre que cet effet 381
est lié particulièrement à la perception de lignes et de contour«
beaucoup plus que de surfaces homogènes, Ainsi, le passage de la
vision d'une surface concave à une surface apparemment convexe
se produit essentiellement si, sur ces surfaces, sont tracées suivant la
courbure de la surface des lignes noires sur fond blanc, par exemple.
Köhler s'efforce de démontrer que ces phénomènes suivent les
mêmes lois dans la troisième dimension que sur une surface plane.
Ils dépendent en particulier de la distance qui existe entre le pre
mier objet observé et le deuxième qui apparaît comme déplacé ou
déformé. Il y a une distance optima où l'effet est maximun et on
comprendra immédiatement l'importance que Köhler attache à ce
fait dans la perspective de sa théorie bio-physique.
P. F.
89. — LAMBERCIER (M.). — La constance des grandeurs en comp
araisons sériales. — Arch. PsychoL, 1946, 81, 79-282.
L'introduction de cet important travail est un historique Com*
plet des recherches sur le phénomène de la constance des grandeurs
des objets aux différentes distances. Le problème est envisagé sur
tout au point de vue génétique. Les expériences sur les enfants ont
donné des résultats assez discordants : les uns, comme Burriaff et
Franck, ont conclu à l'innéité de l'organisation perceptive, d'autres
comme Beyrl ont cru observer un développement de cette fonctioï*
avec l'âge. Une partie au moins de ces desaccords vient des diffé
rences des conditions expérimentales. Dans un travail antérieur,
Lambercier avait étudié 1 erreur systématique de l'étalon : les résul
tats varient selon que l'objet étalon est plus proche ou plus éloigné
que l'objet variable et selon que, par la forme même de la question
posée au sujet, c'est l'un ou l'autre de ces objets qui joue 1© rôle
de terme de référence.
Le présent travail met en lumière le rôle des comparaisons singu»
Hères et des comparaisons sériales. Les expériences de Burzlafî sem>
blaient montrer que les secondes (choisir dans un ensemble d'obj
ets variés celui qui paraît de même grandeur que l'objet étalon)
étaient plus favorables que les premières à la perception de la cons»
tance des objets. Lambercier a repris cette expérience en la variant
de toutes les manières. Le sujet a devant lui, à 1 mètre, une tige
verticale de 10 centimètres de haut et à 4 mètres une série dé tiges
dont les hauteurs croissent, de la gauche à la droite, de 0, 5 cm.
en 0, 5 cm.. Le regard surplombe le champ. Les tiges variables sont
fixées sur une planchette qui peut glisser latéralement de manière
à présenter dans la partie centrale du champ, limitée par deux
écrans, telle ou telle de la série totale. On peut donc faire
se succéder rapidement des épreuves de comparaison singulière ou
des épreuves de comparaison sériale; celles-ci peuvent prendre deux
formes, le sujet ayant, soit à comparer l'étalon avec une variable
désignée parmi celles qui sont visibles, soit à choisir celle qui lui
paraît égale à l'étalon.
Nous ne pouvons entrer dans le détail des expériences et de leur
discussion. Indiquons seulement le sens des résultats essentiels. Ob
peut considérer, dans les variables jugées égales à l'étalon au cour« ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
d'une série d'épreuves, d'une part la valeur moyenne de leur gran
deur, d'autre part l'écart entre la plus grande et la plus petite,
c'est-à-dire l'amplitude du seuil. On compare les résultats obtenus
avec des adultes et avec des enfants de 4-5 ans, 5-6 ans, 6-7 ans.
N'oublions pas que, dans tous les cas, le phénomène de la cons
tance approximative existe, en ce sens que les assimilations corre
spondent beaucoup plus aux grandeurs réelles des objets qu'aux
grandeurs de leurs images rétiniennes. Mais dans le degré de cette
constance, on observe un progrès avec l'âge. Les sujets les plus
jeunes sous-estiment quelque peu la grandeur des objets éloignés;
d'autre part, l'écart entre les valeurs extrêmes du seuil 'diminue
avec l'âge. Ce fait s'observe aussi bien dans les comparaisons régu
lières que dans les comparaisons sériales faites suivant la première
des deux' techniques indiquées ci-dessus, où la présence de plusieurs
variables semble même plutôt augmenter la difficulté et diminuer
la précision du jugement. Au contraire, avec la deuxième technique,
on trouve, même chez les jeunes enfants, des seuils extrêmement
étroits. Le jugement est subjectivement très sûr et très stable : mais
qu'advient-il alors de son exactitude ?
Rappelons que le dispositif permet de limiter à volonté la série
des variables visibles simultanément. Or le choix du sujet est
d'autant plus correct (en d'autres termes, la constance mesurée est forte) que la grandeur du terme médian de la série
visible est plus voisine de celle de l'étalon. Au contraire, plus cette
grandeur du terme médian (que Lambercier appelle le niveau de la
série) s'écarte dans un sens ou dans l'autre de celle de l'étalon (en
d'autres termes plus la série visible est décalée vers l'extrémité infé
rieure ou supérieure de la série totale), plus le sujet tend à choisir
un élément trop petit dans le premier cas, trop grand dans le second.
Tout se passe comme si chaque variable était jugée, selon son rang
dans la série, petite ou grande absolument, de sorte que la variable
objectivement égale à l'étalon paraît plus petite quand elle appar
tient à une série de grandes, plus grande quand elle appartient à
une série de petites; sous l'influence de cette apparence, le sujet
qui se superpose a 1 enet propre
grandeurs, dont il est en réalité indépendant; il peut déplacer les
résultats soit dans le sens de la constance (si le niveau est égal à
l'étalon), le contraire (s'il en est très différent).
Or cet effet propre du niveau de la série est d'autant plus pro
noncé qu'on s'adresse à des sujets plus jeunes. C'est parce que
Burzlaff utilisait des séries dont le médian correspondait à l'étalon,
qu'il a obtenu, avec de très jeunes enfants, une constance apparente
aussi remarquable, qu'on ne retrouve pas dans les comparaisons
singulières.. Cet effet n'était pas dû à l'existence d'une série, mais à
sa structure particulière, et masquait le taux réel de la constance.
Lambercier nous semble avoir établi solidement cet effet de la
structure de la série. Il explique moins clairement le rétrécissement
du seuil dans la comparaison sériale. Il suppose que ce seuil se
confond avec celui de la discrimination des grandeurs dans un même PERCEPTION 393
plan fronto-parallèle. La possibilité de cette discrimination des
variables entre elles est évidemment la condition préalable de leur
comparaison avec l'étalon; mais elle n'explique pas l'assimilation
de l'une d'elles avec l'étalon placé en dehors du plan des variables.
Le fait que la grandeur apparente d'un des termes d'une série
dépend de la structure de cette série, n'a rien qui doive surprendre.
Ce qu'il faudrait expliquer, c'est pourquoi l'obligation de choisir
dans cette série le terme égal à l'étalon conduit à une localisation
subjective si précise dans cette série, tandis que le sujet accepte
des assimilations assez variables quand on lui en désigne d'avance
les termes dans cette même série. C'est sans doute que la série agit
dans le premier cas comme série- organisée, tandis que dans le
second, la forme de la question fait beaucoup moins ressortir ce
caractère.
P. G.
90. — LAMBERCIER (M.). — La configuration en profondeur dans
la constance des grandeurs. — Arch. Psychol., 1946, 31, 287-324.
On a souvent admis que dans les expériences sur la constance
des grandeurs visuelles des objets aux différentes distances, la pré
sence d'objets perçus à des distances intermédiaires améliorait la
constance en facilitant l'articulation de l'espace en profondeur. Pour
contrôler cette hypothèse, Lambercier intercale entre la baguette
étalon et la baguette variable, qui sont respectivement à 1 mètre
et à 4 mètres du sujet, une échelle de référence constituée par des
objets qi^i divisent, en profondeur, le champ en parties égales. Il
s'agit soit de règles placées à plat sur le sol de 60 en 60 centimètres
(situation B), soit de baguettes semblables aux objets à comparer,
mais de hauteur différente (situation C), sont enfin de baguettes
identiques à l'étalon (situation D). Ces trois situations correspondent,
par rapport à la situation A (champ intermédiaire vide), à des degrés
croissants de structuration en profondeur, qui devraient produire
un renforcement de plus en plus marqué de la constance. C'est bien,
en fait, ce qui se passe chez les sujets adultes. Chez les jeunes
enfants, le bénéfice est faible pour la situation D, nul pour les deux
autres. L'adulte fait des comparaisons non seulement entre la
variable et l'étalon, mais entre ces deux objets et les objets inter
médiaires; quand il en trouve un égal à l'étalon, il le substitue à
l'étalon pour le confronter avec la variable. L'enfant fait aussi des
comparaisons, mais il n'en tire aucun parti pour la comparaison
finale entre l'étalon et la variable; les comparaisons se juxtaposent
chez lui sans se coordonner. L'action favorable^ des objets interméd
iaires n'est donc rien moins que simple. Elle 'n'est pas due à leur
simple présence dans le champ : ces objets n'aident que dans la
mesure où on est capable d'une activité intellectuelle de comparais
on, dans laquelle ils s'affranchissent des structures perceptives
rigides et acquièrent une mobilité fonctionnelle.
P. G.
91. — PIAGET (J.), LAMBERCIER (M.). — Transpositions per
ceptives et transitivité opératoire, dans les comparaisons en pro
fondeur. — Arch. Psychol., 1946, 31, 325-368.

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