Perception - compte-rendu ; n°1 ; vol.58, pg 186-204

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L'année psychologique - Année 1958 - Volume 58 - Numéro 1 - Pages 186-204
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1958
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S. Ehrlich
Henri Piéron
Eliane Vurpillot
1° Perception
In: L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°1. pp. 186-204.
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Ehrlich S., Piéron Henri, Vurpillot Eliane. 1° Perception. In: L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°1. pp. 186-204.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1958_num_58_1_26676— Psychologie générale III.
1° Perception
KOHLER (I.). — Die Methode des Brillenversuchs in der Wahrn
ehmungspsychologie, mit Bemerkungen zur Lehre von der Adapt
ation (L'utilisation de l'épreuve des lunettes comme technique dans la
psychologie de la perception ; remarques sur le processus d'adaptation).
— Z. exp. angew. Psychol., 1956, 3, 381-417.
Lorsque Ivo Köhler publia en 1951 les résultats de ses remarquables
recherches sur la perception visuelle réalisées avec des lunettes spéciales
(prismatiques, colorées, etc.), qui sont depuis devenues célèbres, nous
avions soulevé quelques objections quant aux interprétations qu'il
donnait de ces effets consécutifs (« nacheffekte » — « afterefîekts ») que
l'on pouvait constater chez les sujets d'expérience (voir Ann. Psychol.,
1952, 52, 198-208).
Depuis, la pensée de Köhler a sensiblement évolué, dans ce sens qu'il
abandonne totalement ses premières interprétations très périphériques
de ces phénomènes d'adaptation pour les situer dans un contexte beau
coup plus large des relations entre le sujet et le monde physique.
Le travail théorique que Köhler nous présente aujourd'hui nous
paraît très important parce qu'il constitue non seulement un effort
considérable pour interpréter ses propres résultats expérimentaux, mais
parce qu'il nous fournit une base théorique et méthodologique nouvelle
pour aborder certains problèmes comme la constance perceptive, les
illusions optiques, la structuration du donné perceptif...
La notion d'adaptation. — La stimulation agit non seulement sur le
récepteur mais sur l'ensemble de la sensibilité qui, en retour modifie l'exci
tabilité du récepteur périphérique. Il se constitue donc des relations très
étroites entre la sensibilité du sujet et le milieu environnant.
Les stimuli les plus nombreux ou les plus fréquents d'un milieu donné,
autrement dit les stimuli normaux, habituels, constants, deviennent par
leur répétition les éléments, les systèmes de référence par rapport à tout
le reste. Ils occupent en quelque sorte le point 0, le milieu neutre, de l'échelle
de sensibilité et exigent ainsi un minimum d'énergie pour être appréhendés.
La notion d'adaptation conditionnée. — Lorsqu'on a affaire à un
ensemble de stimuli qui, pris isolément, sont variables mais dont les rap
ports entre eux sont constants (c'est ce qui se produit par exemple dans PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 187
la vision avec des verres prismatiques où les objets sont déformés diff
éremment selon la position de la tête), l'adaptation porte non plus sur les
stimuli isolés, variables, mais sur les relations entre ceux-ci qui sont
perceptivement constantes. Nous assistons donc à un couplage entre des
excitations différentes et cette association constitue selon Köhler un
stimulus d'un ordre supérieur.
Le terme « adaptation conditionnée » a été choisi par l'auteur par
analogie avec le couplage des stimuli, utilisé dans le conditionnement
pavlovien. Il n'est peut-être pas très heureux ; quoi qu'il en soit, l'adap
tation simple ou primaire, et l'adaptation du second ordre ou condi
tionnée, permettraient d'expliquer selon Köhler les phénomènes de
constance, les illusions optiques, etc.
Prenons la constance par exemple.
L'adaptation est un processus qui aboutit à situer aux alentours
du O d'une échelle de sensibilité, les stimuli isolés ou les associations de
stimuli, qui sont les plus fréquents ou dont la durée d'apparition est la
plus longue. Il en résulte un appauvrissement de la sensibilité relative à
ces stimuli ; autrement dit un nivellement des différents aspects du même
objet au profit d'un aspect général et simplifié aboutissant à un objet
standard qui servirait d'axe de référence (O de l'échelle). Aux alentours
du O, c'est-à-dire dans les conditions perceptives habituelles, un objet
serait perçu constant parce qu'indifférencié par rapport à l'objet de réfé
rence (structure moyenne, générale, acquise antérieurement).
La constance disparaîtrait seulement dans des conditions perceptives
inhabituelles, c'est-à-dire lorsque l'on s'éloigne trop du O de l'échelle de
sensibilité : — soit que l'objet se situe à l'extérieur du champ perceptif
normal ;
— soit que les rapports internes des éléments de l'objet ou ses rapports
avec le champ perceptif restant, soient modifiés.
Toutes ces hypothèses ne sont évidemment pas « finies », dans le
sens que bien des aspects de la théorie d'Ivo Köhler devront encore subir
l'épreuve expérimentale. Il n'en reste pas moins que nous sommes en
présence ici d'une conception originale des processus perceptifs. Les
psychologues qui s'intéressent à ces problèmes, et plus généralement à la
méthodologie expérimentale, devront prêter la grande attention
au développement de la technique et de la pensée de Köhler.
S. E.
HERON (W.). — Perception as a function of retinal locus and atten
tion (La perception comme fonction de la localisation rétinienne et de
Vattention). — Amer. J. PsychoL, 1957, 70, 38-48.
Mishkin et Forgays, projetant au tachistoscope des mots anglais
tantôt à gauche, tantôt à droite du point de fixation, trouvèrent que les
mots étaient plus aisément reconnus quand ils apparaissaient à droite,
qu'à gauche. Des expériences de même type, faites par différents auteurs,
apportèrent des résultats contradictoires, Heron se propose de mettre 188 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
en évidence le rôle du processus de l'attention, dans les faits observés.
Pour cela il fait 5 expériences.
Dans les expériences I et II, il projette tantôt dans le champ gauche,
tantôt dans le droit, des formes non significatives (exp. I) et signif
icatives (exp. II). Il ne trouve aucune différence entre le nombre de formes
reconnues à droite et de celles reconnues à gauche.
Dans l'expérience III, il projette 4 lettres, arrangées en carré, tantôt
à droite, tantôt à gauche, en variant leur éloignement à partir du point
de fixation. L'expérience comprend deux parties : dans l'une, le sujet
sait d'avance de quel côté apparaîtront les lettres (situation d'informat
ion) ; dans l'autre, il ne le sait pas (situation de non-information).
L'expérience IV a comme seule différence avec la III, que le stimulus
se compose d'une lettre, et non de 4.
Il apparaît que : 1) Plus de lettres sont reconnues quand elles appa
raissent à droite du point de fixation ; 2) La différence est plus marquée
pour certaines distances entre stimulus et point de fixation ; 3) Dans
le champ gauche, les scores sont significativement meilleurs dans la
situation d'information. Il n'y a pas de différence pour le champ
droit.
Dans l'expérience V, 6 types différents d'arrangement de stimuli
ont été utilisés : 1) Groupes de 4 lettres apparaissant à droite ou à gauche ;
2) Groupes de 4 lettres apparaissant en même temps qu'une ligne
horizontale épaisse, chacun des stimuli étant tantôt à droite, tantôt à
gauche ; 3) Deux groupes de 4 lettres apparaissant en même temps dans
les deux champs (g. et d.) ; 4) Gomme en 3) mais les lettres sont plus
écartées ; 5) Des lettres isolées apparaissent tantôt à droite, tantôt à
gauche ; 6) Des simultanément dans les deux
champs.
Les résultats tiennent compte du nombre des lettres reconnues exac
tement. On reconnaît plus de lettres dans la partie droite du champ
visuel, qu'elles apparaissent tantôt à droite, tantôt à gauche, ou simu
ltanément des deux côtés. Du côté gauche, les résultats sont meilleurs
quand les lettres sont plus écartées. Dans le cas de présentation simul
tanée de et de ligne, les résultats sont meilleurs à droite.
L'A. pense que 2 types de processus d'attention expliquent ces résul
tats. Le premier, qu'il appelle attitude, est en jeu quand le sujet s'attend
à voir apparaître les stimuli d'un côté déterminé et explique la différence
entre « situation d'information » et « situation de non-information ».
Le second intervient après que le matériel stimulus est apparu,
et dépend des propriétés du stimulus, c'est le « post exposure process ».
Ce processus consiste en une tendance à l'exploration du champ visuel
par les mêmes mouvements des yeux que ceux utilisés lors de la lecture
d'un texte. L'A. interprète alors les différents résultats obtenus en accord
avec cette hypothèse, et propose un modèle neurologique dans le cadre
de la théorie de l'apprentissage de Hebb.
E. V. Psychologie générale 189
LEIBOWITZ (H.), MEYERS (Nancy A.), CHINETTI (P.). — The
role of simultaneous contrast in brightness constancy (Le rôle du
contraste simultané dans la constance de brillance). — ■ J. exp. Psychol.,
1955, 50, 15-18. — LEIBOWITZ (H.), CHINETTI (P.). — Effect of
reduced exposure durations on brightness constancy ( Effet de durées
réduites d'exposition sur la constance de brillance). — Ibid., 54, 49-53.
Le dispositif expérimental utilisé fut le suivant : Devant le sujet sont
placés deux compartiments adjacents ayant une profondeur et une hau
teur de 8 pieds, chacun ayant 4 pieds de large. Celui de gauche reçoit
un éclairement de projection dont la source est en arrière du sujet qui
voit, devant lui un papier gris Munsell (carré de 1° d'ouverture oculaire)
sur un fond (carré d'ouverture triple), soit blanc (0,62 d'albedo) soit
gris d'albedo égal au papier Munsell, soit noir (0,0005 d'albedo). L'inté
rieur des compartiments est noir (0,0178 d'albedo).
Celui de droite est photométrique : Par une ouverture dans le fond
(noirci comme celui de gauche), apparaissent aussi des papiers Munsell
éclairés par projection située derrière le fond du compartiment, qui ne
reçoit donc aucun éclairement.
La tâche du sujet consistait à apprécier un éclairement tel dans ce
compartiment qu'il donne une égalité apparente avec le papier Munsell
de gauche soumis à 7 niveaux successifs d'éclairement.
A tous ces niveaux d'éclairement devrait, suivant la loi de constance
perceptive, selon les auteurs, être jugée égale une même luminance, à
droite (celle-ci étant déterminée par un complexe, comprenant, d'une
part l'éclairement du papier Munsell présenté, et d'autre part, pour un
réglage fin, le numéro du papier, c'est-à-dire sa réflectance, ou albedo).
Or sur papier blanc on se rapproche beaucoup plus, sans l'atteindre
(par contraste) que sur papier gris d'égal albedo (gris foncé de 0,179), ou
plus clair, d'albedo 0,43) ; on s'en rapproche, mais très peu, sur gris, pas du
tout sur noir en exposition ultra-rapide (0,2 ms) ; sur fond blanc, on arrive
à la constance totale avec cette exposition pratiquement instantanée.
Tels sont les faits. Mais la question est vraiment très mal posée,
comme la notion de brightness reste absolument confuse, bien que dans
leur premier travail, les auteurs aient parlé au début d'une constance
de « Whiteness », correspondant au terme adopté de lightness, en français
leucie, pour désigner la perception de Valbedo des surfaces, option
complexe dans laquelle intervient la phanie (ou brillance apparente)
de la surface, et l'appréciation de l'éclairement reçu grâce aux diverses
phanies du milieu environnant, tout comme la perception de grandeur
des objets fait intervenir la dimension de l'image rétinienne et l'appré
ciation — souvent complexe — de la distance.
Il faut donc choisir entre perception phanique — qui n'a aucune
constance — et perception leucique, dont la constance se heurte natu
rellement aux causes d'erreur que comporte l'appréciation de l'éclair
ement reçu.
L'attitude est différente dans les deux perceptions. Or la méthode ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 190
des auteurs combinant de façon différente les données que le sujet peut
obtenir, dans ses deux compartiments sur l'éclairement des papiers gris
présentés, avec un fond de comparaison d'un côté, non de l'autre, est
essentiellement équivoque.
S'agit-il d'égaliser des phanies ou des leucies ? Avec un fond blanc
constituant un élément de repérage pour l'appréciation de l'éclairement
et une image instantanée, l'appréciation leucique peut prendre la domi
nance sur l'appréciation phanique.
C'est vraiment curieux que l'on n'arrive pas encore à dissocier cla
irement ces deux modalités perceptives, l'une concernant la lumière et
l'autre les objets. On peut d'ailleurs rappeler, à cet égard, que la même
confusion avait été commise par Hsice en 1943, dans son travail sur ce
qu'il appelait la constance de blancheur (Whiteness), qui aurait donc dû
être la constance de leucie (lightness) puisqu'il définissait ainsi la blan
cheur : « By the Whiteness of a neutral group, we mean the albedo or
reflectance, or rather we mean the subjective dimension corresponding
to physical albedo » (Whiteness constancy as a function of differences
in in illumination, Arch, of Psychol., 40, n° 284). En effet, sa méthode
d'égalisation entre la luminance (en foot lamberts) d'une surface grise
déterminée sous éclairements variables, et celle d'une surface grise variable
sous éclairement constant en égalisation subjective comportait encore
l'équivoque dans la tâche d'égalisation du sujet. Ce que devrait recher
cher le sujet, c'est « un même gris » sous les deux éclairements et non une
égalisation lumineuse apparente, où la constance de leucie entraîne une
déviation de cette égalisation, effectivement toujours trouvée interméd
iaire entre l'égalité des phanies et la leucique.
H. P.
ZEIGLBR (H. P.), LEIBOWITZ (H.). — Apparent visual size as a
function of distance for children and adults (La grandeur visuelle
apparente en fonction de la distance, chez les enfants et les adultes). —
Amer. J. Psychol., 1957, 70, 106-109.
Les auteurs désirent comparer le degré de constance, chez des adultes
et des enfants, en fonction de la distance.
A chaque distance utilisée correspond un objet étalon constitué
d'une cheville en bois, de 2,5 cm de diamètre et telle qu'elle sous-tende
un angle visuel de 0,96° à cette distance. La cheville variable servant
aux comparaisons a le même diamètre, elle sort d'une plaque de bois, et
sa hauteur visible est réglable par l'expérimentateur.
Cet objet variable est à 1,50 m du sujet, les objets étalons sont un peu
sur le côté du et distants du sujet de 10, 30, 60, 80 ou 100 pieds
(3 m, 9 m, 18 m, 24 m, et 30 m environ).
Pour chaque distance le sujet procède à 4 mesures d'ajustement,
deux ascendantes, deux descendantes, par l'intermédiaire de l'expé
rimentateur. Le sujet arrête l'E. quand il lui semble que l'objet standard
et l'objet variable ont la même grandeur. PSYCHOLOGIE GENERALE 191
L'expérience a lieu dans une pièce fournissant un certain nombre
de repères secondaires. L'éclairage est constant, la vision utilisée bino
culaire. Les sujets sont au nombre de 13, 8 garçons de 7 à 9 ans, 5 adultes
hommes de 18 à 24 ans.
Les points d'égalisation subjective obtenus aux diverses distances
dans les deux groupes sont comparés à une ligne représentant l'évolution
théorique de la taille perçue si la constance était parfaite.
Il apparaît que chez l'adulte, la courbe expérimentale est très proche
de la théorique, la constance est presque parfaite, quel que soit l'éloi-
gnement. Au contraire chez les enfants la constance, parfaite à 3 m,
devient de plus en plus faible avec la distance.
Les rapports de Brunswik chez les enfants, sont de 1 à 3 m, 0,58 à
9 m et 0,35 à 30 m.
Ces résultats appuient la thèse selon laquelle la constance des gran
deurs augmente avec l'âge. Cette recherche a l'intérêt de tenter une étude
génétique des constances à des distances variées et plus importantes que
d'habitude. Il est dommage que le nombre restreint de sujets lui ôte
beaucoup de sa portée.
E. V.
CIBIS (P.-A.), GBRATHEWOHL (S. J.). — Die Tienfenwahr-
nehmung bei monokularen und binokularen Sehen (La percept
ion de la profondeur dans la vision monoculaire et binoculaire). —
Z. exp. angew. Psychol., 1957, 4, 84-93.
A l'aide du dispositif déjà utilisé dans des expériences antérieures
(voir Année psychologique, 1957, 57, 185), les auteurs vont essayer de
déterminer l'importance respective des facteurs qui entrent en jeu dans
la perception de la profondeur.
Leurs résultats semblent indiquer que la perspective de l'objet,
c'est-à-dire l'ensemble des surfaces orientées dans les 3 plans de l'espace
telles qu'on les voit habituellement, joue un rôle au moins aussi important
que la disparation rétinienne. Par ailleurs, l'effet combiné de plusieurs
déterminants de la perception de la profondeur n'est pas égal à la somme
des effets de chaque déterminant pris isolément.
S. E.
MIC KO (H. C.). — Untersuchungen der Tiefensehshärfe für grössere
Entfernungen (Recherches sur la perception de la profondeur pour des
plus grandes distances). — Z. exp. angew. Psychol., 1956, 3, 530-538.
Il s'agit d'expériences qui ont pour but de démontrer que la dispa
ration rétinienne reste toujours le facteur prépondérant de la perception
de la profondeur même lorsque celle-ci s'effectue sur des objets assez
éloignés du sujet — jusqu'à 100 m.
Partant de la même formule yt = -&r, où dt est le seuil absolu de
la perception profondeur, yt la parallaxe binoculaire correspondante, R, 192 ANALYSES ßlBLIÖGRAPHIQUES
la distance entre l'objet et le sujet d'expérience et a, la distance entre
les deux yeux.
L'auteur a montré que par des distances R égales à 25 m, 50 m,
100 m, 150 m et 200 m, yt restait sensiblement constant ; autrement
dit : dt le seuil de la perception de la profondeur varie comme le carré
de la distance de l'objet au sujet.
S. E.
LEIBOWITZ (H.), BUSSEY (T.), McGUIRI (P.). — Shape and
Size constancy in photographie reproductions (Constance de grandeur
et de dimension dans les photographiques). — J. opt.
Soc. Amer., 1957, 47, 658-661.
L., qui poursuit des recherches sur les constances perceptives, a
comparé en vision monoculaire et binoculaire, avec ses collaborateurs,
chez 10 sujets, l'appréciation de la forme d'un cercle vu en perspective
réelle ou dans une image photographique.
Tout d'abord, un disque tachistoscopiquement présenté, incliné
d'un angle variable sur l'horizontalité, doit être égalisé, dans sa forme
avec une ellipse dont le rapport des deux axes varie jusqu'à l'égalité
caractéristique du cercle.
Voici les rapports des axes pour l'image géométrique (1) en perspect
ive et pour l'ellipse jugée semblable, ou moyenne, en vision monoc
ulaire (2) et binoculaire (3)
1 Inclinaison 10°174 18,5°.317 .40724° .55934° 45,5°.715 .85759° 90° 1,0 (verticale)
2 321 .519 .618 .716 .806 .864 .961
3 378 .611 .744 .812 .908 .932 .978
L'égalisation subjective de forme indique un compromis entre l'image
rétinienne et la forme constante de l'objet, avec plus d'influence de celle-
ci dans la perception binoculaire.
Mais l'attitude demandée est une attitude objectivante, qui est seu
lement rendue plus difficile par l'action de la connaissance de l'existence
réelle de l'objet incliné.
En demandant la même égalisation de forme pour la photographie
d'une pièce (1,5 dollar) inclinée de 450 au-dessus d'un journal, le rapport
géométrique étant de 0,707, celui estimé en vision monoculaire est de
0,844 et en binoculaire de 0,852, différence négligeable qui se comprend
bien. En présentant l'objet lui-même, le rapport est un peu plus élevé
en vision monoculaire, 0,860, mais nettement plus en binoculaire, 0,907,
ce qui se comprend aussi.
D'autres expériences sur des égalisations de dimensions à distances
variables avec grandeur angulaire constante de l'image, donnent des
résultats analogues, l'image dominant davantage dans les reproductions
photographiques. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 193
En somme, il s'agit toujours, non de constance, mais de l'action
perturbatrice qu'exerce sur des appréciations sensorielles demandées
l'impression plus ou moins dominante que l'on a affaire à un objet réel,
donc de caractères constants.
H. P.
GULICK (W. L.), STAKE (R. E.). — The effect of time on size-
COnstaney (L'influence de la durée de perception sur la constance des
grandeurs). — Amer. J. Psychol., 1957, 70, 276-279.
L'expérience, faite par 12 sujets, porte sur la constance des grandeurs
mesurée lorsque les seuls indices de distance sont l'accommodation, la
convergence et la disparation rétinienne. Les stimuli sont des triangles
découpés placés successivement à 7 m, 10 m, 13 m et 17 m des sujets.
Le stimulus apparaît lumineux à l'intérieur d'un tunnel sombre de 43 m
de long. Sa hauteur est estimée à l'aide d'un triangle variable, placé dans
le tunnel, à 7 m du sujet et éclairé comme le stimulus. La hauteur de ce
triangle est réglée par l'E. selon les indications du sujet. La durée d'ill
umination du stimulus peut être de 0,1, 0,8 et 4 s. Pour chacune de ces
durées, et à chaque distance, le sujet mesure, à l'aide de la variable, la
hauteur apparente du stimulus. Il va de soi qu'aux courtes durées plu
sieurs illuminations successives sont nécessaires pour obtenir un ajus
tement satisfaisant de la variable.
Il apparaît que pour un temps de vision de 4 s, les estimations de
taille sont sensiblement les mêmes qu'en vision libre. D'autre part,
les estimations de grandeur s'éloignent de la constance, aux distances 10,
13 et 17 m, d'autant plus que le temps d'exposition diminue (différence
significative entre mesures à 0,1 s et aux autres temps). A 7 m, on observe
l'effet contraire.
Les A. concluent que des indices de distance limités à l'accommod
ation, la convergence et la disparation rétinienne, ne permettent de
maintenir une constance des grandeurs qu'à partir d'un temps d'expos
ition minimum.
E. V.
SLACK (G. W.). — Familiar size as a cue to size in the presence of
conflicting cues (La taille familière vue comme indice en présence
d'autres indices conflictuels). — J. exp. Psychol., 1956, 52, 194-198.
La constance des grandeurs est-elle une régression vers l'objet réel
(Thouless) ou une notion dérivée de l'expérience du sujet (Ittelson) ?
L'A. intervient dans cette vieille controverse en apportant des résul
tats expérimentaux intéressants, quoique portant sur peu de sujets
(12 étudiants).
L'expérience a lieu en plein air, sur un terrain plat. Il s'agit d'évaluer
la taille d'objets neutres (bâtons), et d'objets familiers (chaises), placés
à diverses distances du sujet. Il y a 3 bâtons, respectivement de 145 cm,
86 cm et 64 cm et 3 chaises de ces mêmes hauteurs. Les autres dimensions
A. l'SYCHOL. 58 13 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 194
des chaises étant proportionnées, il y a donc une chaise de taille courante
(familière), une nettement plus petite, et une nettement plus grande.
Chacun de ces objets est présenté au sujet à tour de rôle, à des distances
de 20, 30 et 40 m. Dans chaque cas, la taille apparente de l'objet est
mesurée par le sujet, à l'aide d'une tige située à 1 m en avant de lui
et à 1,50 m sur sa droite. L'E. règle cette tige sur les indications du sujet,
de telle façon qu'elle semble de même hauteur que l'objet examiné.
Les résultats obtenus sont très nets, la petite chaise est estimée plus
grande que le petit bâton, la grande chaise plus petite que le grand bâton
et la chaise de taille normale est vue de la même grandeur que le
de même taille.
L'A. conclut que, même en présence d'autres indices (texture, dispa-
ration binoculaire...), la taille familière influe sur les jugements de taille
apparente. La constance est donc, au moins pour une part, une régression
vers l'expérience antérieure.
E. V.
HOLZMAN (P. S.), KLEIN (G. S.). — Intersensory and visual field
forces in size estimation (Rôle des forces des champs intersensoriel et
visuel dans les estimations de grandeur). — Percept, mot. Skills,
1956, 6, 37-41.
Les auteurs apportent une contribution expérimentale à la discussion
portant sur le rôle de la valeur attribuée à l'objet dans les estimations
de sa grandeur. Discutant des résultats obtenus notamment par Carter
et Schooler, les auteurs pensent qu'un certain nombre de faits remarqués
lors de comparaison de tailles entre pièces de monnaie et disques de
matières diverses pourraient s'expliquer par l'influence des relations
entre poids et taille, entre contour et densité du stimulus.
60 sujets ont à juger de la taille de 3 disques, 1 gris de 48,5 mm de
diamètre, pesant 65 g, 1 gris de 48,5 mm pesant 10 g, 1 noir de 50 mm,
pesant 10 g. Chaque disque à son tour est tenu par le sujet, à 30 cm de
ses yeux. De l'autre main, le S. ajuste une plage circulaire lumineuse
située sur le même plan que le disque, de façon à ce que les deux lui
paraissent de taille.
Le disque gris de 65 g (anormalement lourd) est nettement surestimé
par rapport à l'autre disque gris. Le disque noir est sous-
estimé par rapport au gris de même poids.
L'A. attribue ces résultats au fait que le S. est entraîné à donner à
l'objet une taille en accord avec son poids et, d'autre part, qu'un objet
à contour net et se détachant bien sur le fond, par différence de lumi
nosité, est vu plus petit qu'un objet dont le contour est flou. En ce dernier
cas, l'objet tendrait à se diffuser sur le fond.
Dans une deuxième expérience, les mêmes sujets ont à évaluer la
taille de 4 disques de 42 mm de diamètre. Ces disques, roses, se détachent
nettement sur un fond noir. D'autre part, des ornements en accroissent
la densité phénoménale. Il s'agit de dessins de queue de coq, verre de coca-

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