Performance et apprentissage d'une activité d'anticipation-coïncidence chez des enfants de 6 et 10 ans - article ; n°1 ; vol.92, pg 9-28

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L'année psychologique - Année 1992 - Volume 92 - Numéro 1 - Pages 9-28
Summary : The effect of stimulus speed and practice on performance and learning of a coincidence-anticipation task in 6-10 year old children.
This work shows that, with practice, children improve their capacity to establish a link between perception and action. Results on constant temporal error and on response time (movement time + disk travelling time) showed that the strategy of interception shifts from a response-compromise between the two stimulus speeds to a differenciated response adapted to each speed. Rigid responses, observed in 5-6 year old in different visuo-manual tasks, become modulated responses, which are now adapted to the environment. Stimulus speed had a strong effect on response strategy ; performance and retention showed that learning is based on different processes according to practice environments. These results are in agreement with the notion of functional specificity of motor learning.
Key-words : coincidence-anticipation, child development, motor learning, retention, perception-action systems.
Dans ce travail nous avons montré que, chez l'enfant, la pratique permet d'établir un lien plus étroit entre la perception et l'action. La stratégie d'interception passe d'une réponse venant d'un compromis, permettant de répondre aux deux vitesses présentées, à une réponse différenciée adaptée à chacune des vitesses. La très faible capacité des 5-6 ans à s'adapter à un environnement changeant observée lors de diverses tâches visuo-motrices s'améliore à la suite d'une période de pratique. On constate que l'apprentissage tout comme la rétention a des effets différents selon la vitesse du stimulus à intercepter, ce qui supporte la notion de spécificité fonctionnelle de l'apprentissage moteur.
Mots clés : anticipation-coïncidence, développement de l'enfant, apprentissage moteur, rétention, systèmes perception-action.

20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1992
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Marie Gagnon
Chantal Bard
Michelle Fleury
Diane Michaud
Performance et apprentissage d'une activité d'anticipation-
coïncidence chez des enfants de 6 et 10 ans
In: L'année psychologique. 1992 vol. 92, n°1. pp. 9-28.
Abstract
Summary : The effect of stimulus speed and practice on performance and learning of a coincidence-anticipation task in 6-10 year
old children.
This work shows that, with practice, children improve their capacity to establish a link between perception and action. Results on
constant temporal error and on response time (movement time + disk travelling time) showed that the strategy of interception
shifts from a response-compromise between the two stimulus speeds to a differenciated response adapted to each speed. Rigid
responses, observed in 5-6 year old in different visuo-manual tasks, become modulated responses, which are now adapted to the
environment. Stimulus speed had a strong effect on response strategy ; performance and retention showed that learning is based
on different processes according to practice environments. These results are in agreement with the notion of functional specificity
of motor learning.
Key-words : coincidence-anticipation, child development, motor learning, retention, perception-action systems.
Résumé
Dans ce travail nous avons montré que, chez l'enfant, la pratique permet d'établir un lien plus étroit entre la perception et l'action.
La stratégie d'interception passe d'une réponse venant d'un compromis, permettant de répondre aux deux vitesses présentées, à
une réponse différenciée adaptée à chacune des vitesses. La très faible capacité des 5-6 ans à s'adapter à un environnement
changeant observée lors de diverses tâches visuo-motrices s'améliore à la suite d'une période de pratique. On constate que
l'apprentissage tout comme la rétention a des effets différents selon la vitesse du stimulus à intercepter, ce qui supporte la notion
de spécificité fonctionnelle de l'apprentissage moteur.
Mots clés : anticipation-coïncidence, développement de l'enfant, apprentissage moteur, rétention, systèmes perception-action.
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Gagnon Marie, Bard Chantal, Fleury Michelle, Michaud Diane. Performance et apprentissage d'une activité d'anticipation-
coïncidence chez des enfants de 6 et 10 ans. In: L'année psychologique. 1992 vol. 92, n°1. pp. 9-28.
doi : 10.3406/psy.1992.29486
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1992_num_92_1_29486L'Année Psychoionique, 1992, 92, 9-28
MÉMOIRES ORIGINAUX
Laboratoire de Performance motrice humaine
Université Laval, Québec, Canada1
PERFORMANCE ET APPRENTISSAGE
D'UNE ACTIVITÉ D' ANTICIPATION-COINCIDENCE
CHEZ DES ENFANTS DE 6 ET 10 ANS
par Marie Gagnon, Chantai Bard,
Michelle Fleury et Diane Michaud
SUMMARY : The effect of stimulus speed and practice on performance
and learning of a coincidence-anticipation task in 6-10 year old
children.
This work showes that, with practice, children improve their capacity to
establish a link between perception and action. Results on constant temporal
error and on response time (movement time + disk travelling time) showed
that the strategy of interception shifts from a response-compromise between
the two stimulus speeds to a differenciated response adapted to each speed.
Rigid responses, observed in 5-6 year old in different visuo-manual tasks,
become modulated responses, which are now adapted to the environment.
Stimulus speed had a strong effect on response strategy ; performance and
retention showed that learning is based on different processes according to
practice environments. These results are in agreement with the notion of
functional specificity of motor learning.
Key-words : coincidence-anticipation, child development, motor learn
ing, retention, perception-action systems.
1. peps, Cité universitaire, Québec, Canada G1K7P4. 10 M. Gagnon, C. Bard, M. Fleury el D. Michaud
INTRODUCTION
Chez l'humain, la capacité à coordonner un mouvement
d'atteinte manuelle vers un objet en déplacement est une habileté
de base qui se développe très tôt (von Hofsten, 1983 ; von Hofsten
et Lindhagen, 1979). Cette capacité précoce à établir une coordi
nation temporelle entre un mouvement et un événement extérieur
laisse supposer qu'il existe un lien très étroit entre le dévelo
ppement moteur et le développement perceptif (von Hofsten, 1989;
Reed, 1982). Il faut étudier ensemble les systèmes perceptifs
et les systèmes moteurs, car au cours des processus de sélection
naturelle, la morphologie, le système perceptif, le système moteur
et le système nerveux se sont mutuellement influencés pour
atteindre un fonctionnement optimal (von Hofsten, 1989). Cette
approche dite « des systèmes perception-action » (von Hofsten,
1989) oblige à porter une attention particulière au fonctionn
ement de l'interface entre les mécanismes perceptifs et les méca
nismes moteurs au cours de l'enfance.
Lors d'activités ouvertes (Poulton, 1957), la perception et
l'action sont fortement imbriquées comme c'est le cas lors de
l'interception d'un objet en mouvement (Bootsma, 1988 ;
von Hofsten, 1986, 1987 ; von Hofsten et Lee, 1982). Lors de ces
activités perceptivo-motrices, la précision de l'interception est
à la fois influencée par les composantes motrices et perceptives
de la tâche (Bard, Fleury, Carrière et Bellec, 1981 ; Fleury et
Bard, 1985 ; Gagnon, 1986). Ces activités sont donc tout à fait
propices à l'étude du fonctionnement de l'interface entre la
perception et l'action dans un environnement où les changements
sont rapides et fréquents (Bootsma, 1988 ; von Hofsten, 1986,
1987, 1989 ; Whiting, 1986).
Au niveau du développement de l'enfant, il est intéressant
de comprendre comment les événements extérieurs qui sont
captés par le système perceptif peuvent modifier le niveau d'uti
lisation des mécanismes de proaction et de rétroaction lors du
contrôle des mouvements (Schmidt, 1972). En effet, on sait que
les enfants, selon leur âge, n'utilisent pas les mêmes modes de
contrôle lors de leurs mouvements (Gachoud, 1983 ; Hay, 1978,
1979, 1981, 1984 ; Mounoud et Hauert, 1982 ; Mounoud, Viviani,
Hauert et Guyon, 1985 ; Zanone, 1990a). Plus spécifiquement, on
observe que les enfants de 4 à 6 ans utilisent des mouvements Anticipation-coïncidence chez l'enfant 11
balistiques où les mécanismes de rétroaction sont peu sollicités. Ce
comportement des 4 à 6 ans a été observé lors de diverses activités
visuo-manuelles : pointage (Hay, 1978, 1979, 1981), soulèvement
d'objets (Gachoud, 1983 ; Mounoud et Hauert, 1982), poursuite
visuo-manuelle (Mounoud el al., 1985 ; Zanone, 1990a). Il est donc
possible que cette séquence de développement soit relativement
généralisée à tous les comportements perceptivo-moteurs
(Zanone, 19906).
Lors d'activités d'interception de type « anticipation-coïnci
dence » le stimulus en mouvement doit être intercepté en un point
précis de l'espace (Belisle, 1963). Pour produire la coïncidence,
l'enfant doit obligatoirement s'adapter aux différentes vitesses
de stimulus qui lui sont présentées. On peut donc se demander
si, chez les enfants de 5-6 ans, le fonctionnement de l'interface
entre la perception et l'action est suffisamment flexible pour que
l'action puisse être adaptée en fonction des caractéristiques
spatio-temporelles du stimulus en mouvement ?
Quelques études en anticipation-coïncidence ont montré que
les enfants de 5-6 ans utilisent une réponse très rigide où la durée
du mouvement demeure toujours la même. Cette réponse est le
reflet d'un compromis qui permet de répondre le plus économi
quement possible à toutes les vitesses de stimulus. Par contre, les
enfants plus âgés et les adultes parviennent à moduler la durée de
leur mouvement en relation avec la vitesse du stimulus présentée
(Bail et Glencross, 1985 ; Gagnon, Bard, Fleury et Michaud, 1991 ;
Shea, Krampitz, Northam et Ashby, 1982; Williams, 1985).
Chez les 5-6 ans, la stratégie de compromis à temps de mouve
ment unique a de fortes répercussions sur le biais des erreurs
(erreur temporelle constante). La réponse de compromis s'exprime
par un très fort retard lors de la présentation des vitesses les plus
rapides du contexte expérimental et par une très forte avance lors
de la présentation des vitesses les plus lentes (Gagnon, Bard et
Fleury, 1990 ; Gagnon el ai, 1991 ; Shea et al., 1982 ;
Williams, 1985).
Les eiïets marqués de la vitesse sur la précision temporelle
de l'interception sont probablement très fortement liés à la durée
de présentation du stimulus. En effet, une vitesse plus lente
induit une durée de présentation plus longue qu'une vitesse plus
rapide. Bail et Glencross (1985) constatent que, pour une même
vitesse de stimulus, les enfants répondent avec beaucoup plus de
retard lorsque la durée de présentation du stimulus est brève 12 M. Gagnon, C. Bard, M. Fleury et D. Michaud
(468 ms) que lorsqu'elle est plus longue (936 ras). Les enfants
parviennent à utiliser une stratégie de réponse efficace d'autant
plus qu'ils disposent d'un temps suffisant pour traiter les informa
tions servant à effectuer la tâche. Dans les études en anticipation-
coïncidence, les facteurs vitesse et durée de présentation du st
imulus sont souvent confondus, tandis que la distance parcourue
par le stimulus demeure la même. Lors de la de
vitesses très rapides, la performance devrait être expliquée en
considérant l'importance du stress temporel infligé à l'enfant.
Gagnon el al. (1991), Shea et al. (1982), Bail et Glencross (1985)
ainsi que Williams (1985) reconnaissent que le mode de contrôle
du mouvement utilisé par l'enfant a des effets marqués sur la
précision avec laquelle il effectue l'interception. Lors d'une
recension des écrits portant sur le développement de la coordi
nation perceptivo-motrice chez l'enfant, Hay (1990) et Zanone
(19906) concluent qu'entre 4 et 7 ans, les mouvements sont
essentiellement exécutés à l'aide des mécanismes de proaction
tandis que par la suite, ils sont de plus en plus contrôlés par les
mécanismes de rétroaction. Pour mieux comprendre comment
le fonctionnement de l'interface entre les mécanismes perceptifs
et moteurs évolue au cours de l'enfance, on peut utiliser des
activités d'anticipation-coïncidence dans le but : a) de déter
miner l'influence des modes de contrôle du mouvement sur les
stratégies de découpage temporel de la réponse motrice ; b) d'éta
blir un lien entre les stratégies de découpage temporel de la
réponse qui sont utilisées par les enfants de divers âges et la
précision avec laquelle ils effectuent la coïncidence.
Pour effectuer une interception, l'enfant doit contrôler deux
variables temporelles (Lee, 1980 ; Schmidt, 1969, 1972 ; Schmidt
et Rüssel, 1972) : le moment d'initiation du mouvement et la
durée du mouvement. A partir de ces deux variables temporelles,
l'enfant peut utiliser différentes stratégies de réponse. Il peut
adapter le moment d'initiation du mouvement à la vitesse du
stimulus tout en gardant la durée du constante.
Dans ce cas, c'est le moment d'initiation du mouvement qui est
fortement corrélé à l'erreur temporelle d'interception. C'est ce
que Tyldesley et Whiting (1975) appellent le « timing opéra
tionnel » ; le mouvement est alors contrôlé à l'aide des méca
nismes de proaction (Schmidt, 1969, 1972). L'utilisation d'une
telle stratégie de réponse implique une adéquation entre la per
ception et l'action avant le début du mouvement. On peut Anticipation-coïncidence chez Venfanl 13
s'attendre à ce que les enfants de 6 ans utilisent plus facilement
cette stratégie car elle requiert une faible utilisation des méca
nismes de rétroaction qui sont peu développés à cet âge (Hay,
1990 ; Zanone, 19906). La deuxième stratégie de réponse consiste
à adapter la durée du mouvement en fonction de la vitesse pré
sentée. Dans ce cas, le moment d'initiation du mouvement est
très faiblement corrélé à l'erreur temporelle indiquant que le
mouvement est contrôlé par les mécanismes de rétroaction
(Schmidt, 1969, 1972). C'est ce que Bootsma et Van Wieringen
(1990) appellent le « guidage continu ». La correspondance entre
la perception et l'action doit alors être établie pendant tout le
mouvement. Cette stratégie devrait être plus fréquente chez les
enfants de 10 ans car à cet âge, les mécanismes de rétroaction
sont plus facilement utilisables qu'à 6 ans (Hay, 1990 ;
Zanone, 19906).
Il est possible que la capacité à intégrer la perception à l'action
s'améliore avec la pratique. Lee (1980) considère qu'avec la pra
tique, les sujets parviennent à garder la durée de leur mouve
ment d'interception de plus en plus constante. Pour se faire, le
sujet doit avoir une connaissance a priori de la durée réelle du temps
de mouvement. Lorsque plusieurs vitesses sont présentées, l'inte
rception est réduite au simple calcul du moment d'initiation du mou
vement. On peut donc se demander si, chez l'enfant, de telles stra
tégies de réponse peuvent s'établir concurremment à la pratique.
La majorité des études en développement portant sur les
effets de la pratique sur la performance d'interception montrent
que la précision temporelle de l'interception s'améliore avec la
pratique (Dorfman, 1977 ; Dunham, 1977 ; Gagnon et al., 1990 ;
Ramella, 1984 ; Stadulis, 1971 ; Wade, 1980 ; Wrisberg et
Mead, 1983). Toutefois, ces études ne permettent pas d'établir
si les améliorations de performance s'accompagnent de modifi
cations au niveau du mode de contrôle des mouvements ou au
niveau des stratégies de découpage temporel de la réponse
motrice. De plus, ces études n'utilisent pas un protocole de transf
ert (Salmoni, Schmidt et Walter, 1984) qui différencie les effets
temporaires (performance) des effets permanents (apprentissage)
de la pratique. Il est possible que la présence d'une période de
rétention ait des effets marqués sur la précision temporelle et
spatiale de l'interception, sur le mode de contrôle des mouve
ments ainsi que sur les deux variables temporelles qui doivent
être contrôlées lors d'une tâche d'interception. 14 M. Gagnon, C. Bard, M. Fleury el D. Michaud
La présente étude a pour objectif : a) de vérifier si la pratique
améliore la précision temporelle et spatiale de l'interception ;
b) de comprendre comment le découpage temporel de l'action se
modifie avec l'âge et la pratique ; c) de différencier les effets
temporaires (performance) des effets permanents (apprentissage)
de la pratique ; d) de comprendre comment les modes de contrôle
du mouvement et les stratégies de réponse sont altérés suite à
une période de rétention.
Pour ce faire, nous avons choisi une tâche où le déplacement
d'un projectile (lancer) est impliqué dans le calcul du moment
de coïncidence et où la précision est à la fois temporelle et spatiale
comme c'est le cas dans plusieurs situations d'interception.
MATÉRIEL ET MÉTHODE
SUJETS
Vingt enfants (10 garçons et 10 filles) choisis au hasard ont participé
à l'expérience : un groupe de sujets de 6 ans (M = 6 ans, 6 mois ;
ET = 3 mois) et un de de 10 ans (M = 10 ans, 2 ;
ET = 3 mois). Pour chaque groupe d'âge, on retrouvait 5 garçons
et 5 filles.
DESCRIPTION DE LA TÂCHE
La tâche d'anticipation-coïncidence consiste à synchroniser l'arrivée
d'un stimulus mobile (mouvement apparent) en un point précis de
l'espace avec l'arrivée d'un lancer d'une rondelle sur une distance
de 195 cm. Le sujet se tient sur des blocs de hauteur variable adaptés
à sa taille debout face à une table de lancer de 210 cm de longueur et
102 cm de hauteur (fig. 1). Lorsque l'enfant est prêt, on lui fournit une
rondelle de plastique qu'il doit placer sur un cercle dessiné sur la partie
proximale de la table. Avant chaque essai, l'expérimentateur avertit
le sujet. La cible à atteindre est alors allumée pendant une seconde
en guise de signal préparatoire, puis s'éteint. Ceci déclenche immédiate
ment le départ du mouvement apparent qui peut provenir soit de la
droite, soit de la gauche. Après le départ du stimulus, l'enfant initie
son mouvement de lancer glissé (mouvement d'extension dans le plan
horizontal et dans l'axe sagittal) du cercle de départ vers la cible, sans
dépasser la ligne de tir (# 6 sur la figure 1). Une fois relâchée, la rondelle
glisse jusqu'à son point d'impact (impact dans la zone hachurée indiquée
par # 2 sur la figure 1). Le but visé est que la rondelle arrive sous la Anticipation-coïncidence chez Venfanl 15
diode cible au même moment que le mouvement apparent. La diode
cible est facilement différenciable des autres diodes car elle est entourée
d'un cercle blanc {# 1 sur la figure 1).
Fig. 1. — Appareillage
1. Diode cible ; 2. Micro-interrupteurs ; 3. Mouvement apparent ;
4. Rondelle ; 5. Phototransistor (non utilisé lors de cette étude) ;
6. Ligne de tir ; 7. Interrupteur magnétique ;
8. Cercle de départ de la rondelle
DESCRIPTION DE L APPAREILLAGE
Le mouvement apparent (# 3 sur la figure 1), qui simule l'objet à
intercepter, se déplace perpendiculairement au champ de vision du sujet
(29° d'angle de vision lorsque le sujet fixe la cible). Il est créé par une
série de 87 photodiodes à allumage successif, espacées de 5 cm. L'en
semble s'étend sur une distance de 195 cm. Le mouvement apparent
peut provenir soit de la gauche, soit de la droite, et parcourt une dis
tance de 97 cm pour se terminer sur la 44e diode cible. Le sujet est
soumis à 4 conditions de stimulus : vitesse de 167 cm/s, et de 222 cm/s,
provenance de la droite et de la gauche. La rondelle (# 4 sur la figure 1)
utilisée pour effectuer les lancers est un disque de plastique de 100 g
avec un diamètre de 10 cm et une épaisseur de 1 cm au centre duquel
se trouve un aimant. Le cercle de départ de la rondelle (# 8 sur la figure 1)
est situé à 195 cm de la cible et contient un interrupteur magnétique
(# 7 sur la figure 1) directement face à la cible. Lorsque la rondelle
est placée à l'intérieur du cercle, le contact s'établit. Dès que le sujet
initie son mouvement de lancer et que le contact interrupteur magné- 16 M. Gagnon, C. Bard, M. Fleury et D. Michaud
tique/aimant est rompu, un signal de voltage est alors envoyé à l'ord
inateur permettant de détecter le moment d'initiation du mouvement.
Au bout de la table, on retrouve une série de 151 micro-interrupteurs
(# 2 sur la figure 1) s'étendant sur une longueur de 151 cm. Chaque
interrupteur est espacé de 1 cm, donnant une précision spatiale au
centimètre. La rondelle active les micro-interrupteurs situés au lieu
d'impact de la en fin de course. Les interrupteurs génèrent un
voltage relié à leur position spatiale qui est directement transmis à l'ord
inateur. Le premier interrupteur activé est retenu comme mesure du
point d'impact. Le programme informatique utilisé permet à chaque
essai de vérifier les mesures spatiales et temporelles prises.
PROCÉDURE EXPÉRIMENTALE
L'expérience s'est déroulée à l'école fréquentée par les enfants. Avant
le début de l'expérience, les sujets recevaient des explications verbales
ainsi qu'une démonstration de la tâche à accomplir. Chaque sujet avait
alors droit à quelques essais préparatoires. On vérifiait ainsi si les enfants
avaient bien compris les consignes à suivre. Lors de l'expérience, chaque
sujet effectuait un prétest, 2 blocs de pratique, un post-test ainsi qu'un
test de rétention. Lors des séances de prétest, de post- test et de rétention
les enfants effectuaient 20 lancers, tandis que pendant les blocs de pra
tique, les enfants en effectuaient 40. Chaque enfant totalisait donc
140 lancers. Toutes les combinaisons direction-vitesse étaient présentées
aléatoirement à l'intérieur des séances : 5 essais à 167 cm/s, provenance
de la droite ; 5 essais à 167 cm/s provenance de la gauche et même
combinaison à la vitesse de 222 cm/s. Les 4 premières séances de l'expé
rience étaient présentées à une demi-journée d'intervalle. Lors de la
première journée, le prétest était effectué le matin et le premier bloc
de pratique l'après-midi. Lors de la deuxième journée, le deuxième
de était effectué le matin et le post- test l'après-midi. Le test de
rétention était présenté une semaine après le post-test.
VARIABLES
Les variables indépendantes sont : a) la vitesse du mouvement
apparent (167 et 222 cm/s) ; b) les séances (prétest, post-test, test de
rétention) ; c) l'âge des sujets (6 ans et 10 ans). La direction du stimulus
était manipulée uniquement pour rendre la tâche plus écologique. Elle
n'a donc pas été considérée comme une variable de l'étude.
Les variables dépendantes sont :
Les erreurs : les erreurs temporelles sont exprimées en millisecondes
(ms) et les erreurs spatiales en millimètres (mm). Ces erreurs sont cal
culées sur une moyenne de 5 essais consécutifs, de même vitesse.
a) L'erreur temporelle constante. — Cette erreur représente la différence
de temps entre l'arrivée de la rondelle à la fin de sa trajectoire et le chez l'enfant 17 Anticipation-coincidence
moment d'allumage de la 44e diode cible. Lorsque la rondelle arrive
sur la cible avant le mouvement apparent l'erreur est négative. A
l'inverse, si la rondelle arrive après le mouvement apparent l'erreur
est positive.
b) L'erreur spatiale absolue. — Cette erreur représente l'écart en valeur
absolue, entre le point d'impact de la rondelle et la diode cible.
Les variables temporelles de V interception : pour ces variables, une
moyenne de 5 essais de même vitesse était utilisée tout comme pour les
erreurs. Ces mesures sont exprimées en millisecondes.
a) Le temps d'initiation du mouvement. — Cette variable représente
l'intervalle temporel entre le départ du mouvement apparent et
l'activation de l'interrupteur magnétique (début du mouvement de
lancer).
b) Le temps de réponse. — Cette variable représente l'intervalle temporel
entre l'activation de l'interrupteur magnétique et l'activation des
micro-interrupteurs au moment de l'impact de la rondelle. Elle
représente une addition de deux événements : la durée du mouve
ment de lancer et la durée de déplacement de la rondelle sur la
table.
L'indice de programmation : l'indice de programmation est un indice
du degré d'utilisation des mécanismes de proaction lors d'un mouvement
Nous avons défini cette variable comme étant la corrélation intrasujet
entre l'erreur temporelle constante et le temps d'initiation du mouvem
ent. Ces scores de corrélation doivent par la suite être transformés
en score Z' (Fisher, 1942) pour être soumis à une analyse de variance
(Schmidt, 1972). Nous appuyant sur Wrisberg et Shea (1978), nous
avons utilisé les corrélations de rang de Spearman plutôt que la corréla
tion de Pearson tel que le préconisait Schmidt (1972).
TRAITEMENT STATISTIQUE
Une manova (2 âges X 2 vitesses x 3 séances) a été appliquée à
chacune des variables dépendantes suivantes : erreur temporelle cons
tante, erreur spatiale absolue, temps d'initiation du mouvement, temps
de réponse, indice de programmation en utilisant la procédure glm du
progiciel sas (sas Institute Inc., 1985). Les variables indépendantes
sont l'âge des sujets (6 ans et 10 ans), la vitesse du stimulus (167 et
222 cm/s) et les séances (prétest, post-test, test de rétention). Ces deux
derniers facteurs sont considérés comme mesures répétées dans le modèle.
L'effet du facteur séance est déterminé à l'aide de comparaisons ortho
gonales entre les différents niveaux de séances. Lorsqu'on décèle la pré
sence d'une interaction significative pour une des variables dépendantes,
des tests d'effets simples sont effectués pour chacun des niveaux de
l'interaction (sas Institute Inc., 1985, p. 481).

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