Phénomènes intellectuels. Pensée et attitudes mentales. Logique. - compte-rendu ; n°1 ; vol.21, pg 448-460

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L'année psychologique - Année 1914 - Volume 21 - Numéro 1 - Pages 448-460
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1914
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Henri Piéron
IX. Phénomènes intellectuels. Pensée et attitudes mentales.
Logique.
In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp. 448-460.
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Piéron Henri. IX. Phénomènes intellectuels. Pensée et attitudes mentales. Logique. In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp.
448-460.
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appelle « reconstitutive », en recherchant les associations réelles, sans
symbolisme préétabli, sans système a priori.
Gette méthode met en relief le caractère d' « essais et erreurs » du
processus du rêve. Les images évoquées dans le rêve peuvent être
considérées comme les perceptions d'essai des idées-stimulus. Les,
aperceptions erronées constituent en certains cas des séries d'approxi
mations jusqu'à l'appréhension correcte d'une de ces idées; ou bien,
ces erreurs marquent une réaction mixte à plusieurs idées. De là vient,
selon l'auteur, l'incohérence et la bizarrerie du rêve, toute superficielle,
mais masquant une logique profonde, qui pourrait être mise à nu.
H. P.
IX. — Phénomènes intellectuels.
Pensée et attitudes mentales. Logique.
YVES DEL AGE. — Constitution des idées et base physiologique des
processus psychiques. — R. Ph., XL, 10, 1915, p. 289-313.
Gette étude est l'introduction d'un travail sur le rêve; elle vise à
établir une théorie permettant de relier les conceptions sur la consti
tution des idées à la structure et à la physiologie des centres corticaux,
étant bien admis que les neurones de l'écorce sont l'organe de la
pensée.
Le jeu, de la pensée, étant donnée l'infinie variété des idées, ne peut
être expliqué par le jeu des neurones qu'à condition de décomposer la,
pensée en éléments constitutifs peu nombreux aux combinaisons;
innombrables. Cette décomposition a été faite d'un point de vue
d'analyse subjective dans un travail antérieur dont nous avons rendu
compte (An. Ps,, XX,, p. 318), et dont les résultats sont dogmatique
ment repris en tenant Compte des différents types individuels de
pensée.
Pour rapprocher ces résultats de la physiologie cérébrale, Delage
expose une conception du fonctionnement nerveux basée sur la décou
verte de la chronaxie de Lapicque, et sur la constitution des neurones :
chaque neurone, ayant son mode vibratoire, agit sur les
« synchrones » et sur les neurones hétérochrones, mais d'autant m.oin^
que l'hétérochronie est plus grande.
En admettant une hypothèse de « parachronisation » d'après laquelle
les neurones agissant simultanément pour la représentation d'une
idée adoptent un mode vibratoire commun représentant une moyenne
4e Leurs modes propres, — cette modification étant temporaire, mais
laissant, comme reliquat, une résiduelle, rapprochant de
plus en plus les modes vibratoires, par répétition de la parachronisa-
tion, — l'auteur arrive à donner une représentation schématique satis
faisante des processus nerveux conditionnant la pensée, dans ses
fbraaes élémentaires du moins.
« Tout cela, dit-il, n'a d'autre mérite que de substituer une con
cept o» physique à de simples figures littéraires pour exprimer des
idées que tout le monde concevait plus ou moins vaguement. C'est ™^
PHÉNOMÈNES INTELLECTUELS 440
bien peu de chose assurément, mais c'est tout de même quelque
chose. » Oui, c'est quelque chose, car on peut baser sur des données
physiologiques réelles, et non plus imaginaires, des hypothèses — dont
le caractère provisoire n'échappe pas — qui permettent de nous rap
procher d'une explication physiologique scientifique et non plus méta
physique, comme dans maints essais antérieurs, des phénomènes
mentaux.
H. P.
TH. RIBOT. — La pensée symbolique. — R. Ph., XL, 5, 1915, p. 385-401.
Le symbole est une manifestation universelle de l'esprit humain ;
s'il a reculé sous la pression antagoniste de la pensée rationnelle, il
n'a pas disparu. Il appartient à la psychologie par sa genèse.
Après avoir exposé sur cette les conceptions opposées
de Ferrero et de Bréhier, et le pansymbolisme arbitraire et excessif
des psycho-analystes, Ribot montre que le symbole n'est pas une
simple représentation mnémonique, ni un signe abstrait, mais une
création imaginative accompagnée de croyance, ayant dans la
métaphore son esquisse élémentaire, dans le mythe son achèvement
complexe.
Cette forme d'imagination créatrice qu'est la pensée symbolique a
la place dominante dans les religions, les arts, la littérature, les mœurs,
les formes sociales, les cosmogonies, et même dans le « mythe
décoloré » de la métaphysique. Elle relève de la logique du sentiment,
.de la logique instinctive, à l'opposé de la logique rationnelle qui prend
de plus en plus sa place.
H. P.
R. S. W00DW0RTH. — A Revision of imageless Thought {Une révision
de la pensée sans images). — Ps. Rev., XXII, 1, 1915, p. 1-27.
Dans cet important discours présidentiel au Congrès de Philadelphie
de l'Américan Psychological Association, l'auteur rappelle qu'il a été
conduit, il y a quelques années, par une série d'expériences sur le
mouvement volontaire, à admettre qu'un acte peut être pensé sans
aucune image représentative ou symbolique ; et il a étendu cette con
ception aux autres formes de pensée. Il a jugé utile de revenir sur
elle, sur les objections qu'elle a suscitées et sur les précisions qu'on
y peut apporter.
Il s'attache en particulier à l'opinion que la pensée sans images
serait une pensée automatisée, dont les éléments disparaîtraient de
la conscience, comme on le constate dans les actes habituels. MaA
cette opinion lui paraît si loin de la vérité, qu'à son avis c'est au con
traire la pensée tout à fait neuve qui est absolument sans images,
et que celles-ci viennent ensuite s'y adjoindre secondairement, comme
des symboles, en sorte que ce sont les pensées familières qui
s'accompagneraient d'images.
Seulement les relations, significations, impliquées par la pensée
peuvent-elles être considérées comme entièrement distinctes de là
l'année psychologique, xxi. 29 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 450
sensation, alors qu'elles apparaissent dans la perception et que la
démarcation entre sensation et perception est difficile?
Cette objection nécessite une analyse plus complète de la pensée
et l'analyse rencontre de suite un processus de première import
ance, la mémoire. Car, si de nouvelles idées peuvent être engendrées
par la pensée, on peut dire que dans une large mesure le contenu de
celle-ci est bien fourni par la mémoire.
Or la mémoire apparaît généralement sous une forme pure d'images,
et elle implique tout autre chose que des sensations réunies par le lien
associatif de la contiguïté : les recherches sur 1' « incidental memory »
ont montré combien peu on retenait quand on n'avait pas la volonté
d'apprendre; et cette volonté, en quoi consiste-t-elle ? Ce n'est pas en
un renforcement des associations, c'est en une notation de relations,
de particularités. La contiguïté est peut-être nécessaire, mais elle
n'est pas suffisante, elle n'a pas une valeur explicative pour la fixation,
ou du moins elle ne Ta qu'à un bien faible degré. Dans une série de
mots, on n'apprend pas de la même manière si l'on doit répéter les
mots à la file, ou les fixer par couples de telle sorte qu'on puisse
donner le second mot à la vue du premier. Et, lorsqu'on retient ainsi
des couples, et qu'on est fort peu capable de trouver l'ordre des divers
couples, on ne l'est même pas du tout de les premiers mots à
la vue des seconds, bien que la contiguïté soit la même : dans une
expérience qu'il fit, alors que 74 p. 100 des seconds mots étaient
correctement trouvés, 7 p. 100 seulement des premiers l'étaient,
presque tous se trouvant au début ou à la fin, positions favorisées
ayant attiré l'attention sur des particularités et des relations spéciales.
Même dans la mémoire visuelle des dessins, on remarque que la
représentation visuelle vraie est fort rare; si cette représention existait
bien, des lettres, formant un carré, pourraient être répétées dans
diverses directions; or les expériences de Miss Fernald ont montré
que ce n'était pas le cas, même chez de très bons visuélisateurs. Dans
des dessins, on remarque des relations, des particularités, comme
l'ont montré des expériences de Judd et Cowling et de Moore.
C'est que la sensation ne représenterait que la forme de réaction
primaire à l'excitant physique, assurée par la station réceptrice
cérébrale; la perception est déjà une réaction secondaire qui n'est
plus proprement sensorielle, assurée parles régions cérébrales voisines,
et c'est en un effort perceptuel que consiste la mémorisation. L'image,
en somme, ne serait la fonction que d'une portion très limitée du cer
veau, ce qui rend toute naturelle la conception de la pensée sans image.
It y a, dans cette étude très suggestive d'un des psychologues les plus
originaux et les mieux informés, des indications fort intéressantes et
qui sont de nature à faire sortir de l'ornière traditionnelle les théories
psychologiques de la pensée. H. P.
HERBERT SIDNEY LANGFELD. — Concerning the Image {Au sujet de
l'image). - Ps. Rev., XXIII, 3, 1916, p. 180-189.
L'auteur a pratiqué chez cinq sujets une expérience d'introspection
provoquée, en leur faisant réciter l'alphabet, avec tâche d'omettre des PHÉNOMÈNES INTELLECTUELS 451
lettres déterminées, par exemple f, l, r, x, ou g, m, s, y, ou de réciter
la série des chiffres jusqu'à 30", en passant 5, 10, lo, 20, 25, ou 4, 9,
16, 19, 26.
Des images, visuelles, auditives, kinesthésiques, apparaissent parfois
au cours de l'exécution de cette tâche, images des lettres ou chiffres
à ne pas prononcer, ou images quelconques, celle d'une claie par
exemple. Mais elles ne sont pas constantes et ne jouent donc pas un
rôle essentiel.
Ce qui importe, c'est la création d'une association, par un procédé
quelconque, entre l'inhibition et les lettres ou l'es chiffres ; cette asso
ciation peut être directe, l'inhibition des organes vocaux étant dire
ctement commandée, il peut y avoir des intermédiaires, des images
diverses relatives à l'instruction, des attitudes motrices, des mouve
ments des doigts, des émotions, une angoisse par exemple liée aux
lettres à passer.
H. P.
A. SPAIER. •— L'image mentale d'après les expériences d'introspect
ion. — R. Ph., XXXIX, 1914.
L'auteur a fait, au Laboratoire de Psychologie physiologique de la
Sorbonne, des séries d'expériences d'introspection provoquée, portant
sur l'évocation d'images visuelles et musicales, la compréhension
d'images (caricatures ou images absurdes), la perception tachisto-
scopique d'images, la compréhension de problèmes d'arithmétique et
de géométrie, enfin la de textes littéraires et philoso
phiques d'abstraction variée.
Il n'y a pas, dans cet article sommaire, de relation des résultats
expérimentaux, mais seulement un exposé théorique appuyé sur des
exemples empruntés aux expériences. Dans cet exposé, la forme est
influencée par une recherche de style d'inspiration bergsonienne, qui
n'épargne peut-être pas assez le fond.
Spaier signale la mobilité de l'image, qui « n'est pas », mais qui
« devient »; il n'y a pas évocation d'une image comme d'un bloc, mais
développement. Parfois la formation est longue, et le sujet a con
science d'un devenir, d'une tendance, que l'un deux compare au bruit
très rapidement croissant d'une rivière, aboutissant à l'apparition d'une
image, d'un mot. Dans la compréhension, ce sentiment d'une tendance
suffit, il y a économie d'une évocation souvent longue et difficile, le
développement, interprété en métaphysique bergsonienne, devient
une « aurore d'image », et, par symétrie, l'auteur parle des crépuscules
d'images; quand l'image n'est plus là, il reste une « lueur d'image ».
L'image enfin est comparée à un jet de lumière sortant d'un appareil
photographique, c'est « limage-jet », et cette comparaison littéraire
est poussée à ses extrêmes limites.
Les expériences sont intéressantes, les remarques sont souvent
justes, et le travail aurait été, à mon avis, très utile, s'il était resté
plus objectif.
H P. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 452
THOMAS VERNER MOORE. —The temporal relations of meaning and
imagery (Les relations temporelles de la signification et de la repré
sentation). — Ps. Rev., XXII, 3, 1915, p. 177-225.
Recherches faites au Laboratoire de Külpe, à Munich, chez neuf
sujets, et exposées partiellement dans cette étude.
Des mots, désignant des animaux, des objets, sont présentés au
sujet, qui doit réagir dès qu'il a compris la signification du mot, ou
dès qu'il s'est représenté ce que le mot désignait. Le temps de réaction
est mesuré dans les deux cas. Si, dit l'auteur, la est fonction
de la représentation, les deux catégories de réactions seront identiques,
ou peut-être les temps d'évocation des images seront-ils un peu plus
courts. Or, aussi bien la valeur des temps que les indications intro-
spectives, montrent l'indépendance de la signification, qui est la plus
rapide, et de la représentation. Chez Külpe, par exemple, le temps
moyen pour la compréhension est de 0 sec. 531, et, pour la représent
ation, de 0 sec. 900.
Il en est de même pour la compréhension de l'usage d'un- objet
désigné par le mot (1 sec. 110 chez Külpe) et delà représentation
motrice ou visuélo-motrice de cet emploi (1 sec. 551).
Ces différences temporelles montrent que la signification ne peut
dépendre de la représentation, de l'image. C'est, d'après l'auteur, un
processus mental sui generis, dont il doit ultérieurement préciser
la nature.
H. P.
WILLIAM J. M. A. MALONEY. — The mechanism of mental processes
as revealed in reckoning (Le mécanisme des processus mentaux tel
qu'il se révèle dans le calcul). — Ps. Rev., XXI, 3, 1914, p. 212-242.
L'auteur juge que les chiffres présentent un intérêt tout particulier
pour l'étude des phénomènes associatifs.
Il fait faire pendant plusieurs jours, un quart d'heure de suite, à
65 personnes, des additions avec des cahiers analogues à ceux de
Kraepelin, comportant des colonnes de chiffres verticales : à côté de
deux chiffres se suivant, le sujet écrit leur somme et continue à faire
de même pendant toute la période de travail . L'auteur a obtenu ainsi
253 087 additions; il a noté 11 537 erreurs dont 7 264 corrigées.
Ce sont ces erreurs qu'il cherche à interpréter; malheureusement
l'interprétation résulte d'une construction hypothétique dont rien ne
permet d'établir le bien-fondé. Aussi les conclusions basées sur ces
interprétations n'ont pas une base très solide dans l'expérience en
question. La principale, c'est qu'il existe, par suite d'une opération
mentale active, une véritable suppression de certains chiffres, avec
inhibition des associations commandées par lui, mais sans que l'image
visuelle, la forme, disparaissent, d'où persitance des associations
commandées par cette forme toute simple, comme la copie du chiffre
vu ou du suivant dans la numération.
Pratiquement, la nature et la fréquence des erreurs constitueraient
une mesure de la capacité associative.
H. P. INTELLECTUELS *S3 PHÉNOMÈNES
E. L. THORNDIKE. — The psychology of thinking in the case of reading
{La psychologie de la pensée dans le cas de la lecture). — Ps. Rev.,
XXIV, 3, 1917, p. 220-234.
Faisant lire à un sujet un paragraphe d'un texte, et lui faisant
répondre à une série de questions sur ce qu'il a lu, on recueille des
documents pour l'étude des lois de la pensée, dit l'auteur, et il en
donne quelques exemples où apparaît dans les réponses une extraor
dinaire variété avec des erreurs de toute sorte. Ce qui lui paraît se
dégager de l'examen de pareilles réponses, c'est que les forces qui
dirigent la pensée sont simples, mais se composent en des résultantes
variables.
Trois mécanismes expliqueraient les erreurs : la « surpuissance »
ou la « sous-puissance » propre des divers éléments, la dislocation ou
la « disrelation » de ces éléments, enfin l'inexactitude- ou l'inadé
quation des connexions. Inversement le balancement convenable et
l'organisation des éléments, dans leurs relations exactes, assureraient
la pensée correcte.
La pensée et le raisonnement ne sont pas les opposés de l'automa
tisme ou de l'habitude, mais représentent l'action d'habitudes dans des
cas où les éléments de la situation concourent et coopèrent. Et les
lois du comportement humain sont les mêmes quand un homme met
ou enlève ses vêtements, mange ou laisse son déjeuner, ou quand il
réussit ou échoue dans des démonstrations géométriques.
H. P.
S. S. GEORGE. — Attitude in relation to the psycho-physical judgment
(V attitude en relation avec le jugement psycho-physique). — Am. J. of
Ps., XXVIII, 1, 1917, p. 1-37.
Les expériences de l'auteur mettent en évidence l'iniluence de
l'attitude du sujet sur les jugements quïl porte, en particulier sur les
jugements de doute, hésitants.
L'attitude est plus facilement constante lorsque le sujet adopte un
type de jugements immédiats, passifs; au contraire un jugement
réflectif favorise les changemets de disposition.
Il faut donc tâcher d'obtenir la constance de l'attitude et éviter les
jugements impliquant le doute, dans les expériences psycho-physiques.
H. P.
MARIO PONZO. — Su i processi di riconoscimento e di denominazione
di oggetti e di figure in adulti e in allievi délie scuole elementari
(Sur les processus de reconnaissance et de dénomination des objets et
des dessins chez des adultes et des élèves des écoles élémentaires). — Riv.
di PiAc, X, 1-2, 1M4, p. 15-37 et 113-135.
Présentation, par démasquage, d'objets ou de dessins en ombre
chinoise, chez trois adultes et cinq enfants de neuf à douze ans, qui
réagissent en nommant l'objet devant une clef vocale, et donnent
ensuite quelques renseignements introspectifs sur la reconnaissance
et sur la recherche du nom. T
454 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur fait remarquer, sans donner ici les résultats, qu'en enregis
trant la respiration, on note des modifications qui caractérisent la
préparation de la réponse, et permettent, en mesurant ainsi le temps
de reconnaissance, de comparer celui-ci avec le temps de dénomination
qui s'est montré beaucoup plus long que le indiqué par Cattell
(0 sec. 250 à 0 sec. 280); la moyenne, chez les deux sujets les plus
rapides, a été de 0 sec. 472 et 0 sec. 541, l'échelle complète des temps
s'étageant entre 0 sec. 400 et 8 secondes. L'auteur signale seulement,
dans ce travail, les facteurs exerçant une influence : 1° sur le pro
cessus de reconnaissance (type de constellation mentale et catégorie de
l'objet, complexité et extension, particularités, couleur, grandeur rela
tive, position, représentation stéréoscopique de l'objet, sentiments
esthétiques et autres) ; 2° sur le processus de dénomination (dénomi
nation habituelle, langue et dialecte, ambiguïté des objets, synonymies,
connaissance de l'usage, qualités essentielles et grandeur relative de
l'objet).
Ce qui frappe, c'est la complexité et la variabilité de ces deux pro
cessus consécutifs qui paraissent si simples.
H. P.
J. G. FLÜGEL et W. MC DOUGALL. — Some observations on psychol
ogical contrast {Quelques observations sur le contraste psychologique).
— Br. J. of Ps., VII, 3, 1914, p. 349-385.
Les auteurs ont examiné les effets de constraste dans des jugements
relatifs au soupèsement des poids, à la reconnaissance des couleurs,
à l'appréciation des longueurs, des angles, des durées, et des vitesses
de mouvements vus.
Les jugements ont été comparés avant et après présentation de
séries inductrices du contraste par excès ou défaut, et l'effet de con
traste a pu être mesuré, sa valeur étant notable, sauf pour l'apprécia
tion des ouvertures angulaires.
Il y a une valeur optima de la différence entre la série à apprécier
et la série inductrice de constraste, donnant un effet maximum, mais
cette valeur n'a pas été établie par les expériences actuelles. Il existe
une relation entre l'intensité de l'effet de contraste et sa durée, qui
peut être très grande (une demi-heure pour le psychologique
des couleurs), relation à préciser. D'une façon générale, la similitude
des résultats dans des expériences très diverses paraît aux auteurs
impliquer leur dépendance d'un phénomène central commun, d'une
loi du contraste.
H. P.
ED. CLAPARÈDE. — La conscience de la ressemblance et de la diff
érence chez l'enfant. — Ar. de Ps., XVII, 65, 1918, p. 67-78.
Lorsqu'on interroge des enfants en leur faisant comparer des
objets, on constate que les différences sont remarquées, mais guère
les ressemblances. Et pourtant, dès l'âge le plus tendre, les enfants
paraissent bien tirer parti des ressemblances entre les objets, comme PHÉNOMÈNES INTELLECTUELS 455
s'ils les saisissaient mieux que les différences, et d'ailleurs l'analogie
est une forme primitive de pensée.
Il y a donc une contradiction à résoudre. Quelques expériences ont
confirmé nettement ce fait que la conscience de la différence sur
gissait plus aisément, plus tôt que celle de la ressemblance. Le fait ne
représenterait qu'un cas particulier d'une loi très générale du déve
loppement mental, que l'auteur propose d'appeler loi de la prise de
conscience, et formule ainsi :
« L'enfant (ou en général l'individu) prend conscience d'une
relation d'autant plus tard que sa conduite a impliqué plus tôt et
plus longtemps l'usage automatique (instinctif, inconscient) de cette
relation. »
La prise de conscience marque une désadaptation, et n'intervient
que lorsque l'automatisme n'assure pas une réaction adéquate.
Sous l'influence des heurts provoqués par les inadaptations, il se
produit un mouvement progressif de l'esprit, allant de la perception
implicite des ressemblances à la perception explicite des différences,
et de celle-ci à la perception explicite des ressemblances.
H. P.
ERWIN A. ESPER. — A contribution to the experimental study of
analogy (Contribution à l'étude expérimentale de l'analogie). — Ps.
Rev., XXV, 6, 1918, p. 468-487.
Reprise des recherches de Thumb et Marbe pour les personnes de
langue anglaise, avec 126 sujets, professeurs, étudiants hommes et
femmes, 11 enfants de neuf à treize ans, etc. Emploi de mots calqués
sur ceux des auteurs allemands (6 séries de 10 mots, noms exprimant
des relations de famille, adjectifs, nombres, verbes au participe pré
sent, pronoms, et adverbes de temps et de lieu). Le temps d'associa
tion est mesuré pour chacun de ces mots inducteurs, se suivant au
hasard, avec le chronoscope de Hipp.
Les résultats obtenus ont été tout à fait les mêmes que ceux de
Thumb et Marbe; en particulier la règle que, plus une association
est fréquente, plus elle est rapide, a été pleinement confirmée.
Les mots anglais, comme les mots allemands, s'associent de préfé
rence avec des mots de même catégorie; les associations réciproques
sont fréquentes, en sorte que si un mot a évoque un mot b, le mot b
évoquera le mot a, mais, pour les nombres il n'en est pas ainsi,
chacun d'eux ayant tendance à évoquer le nombre immédiatement
supérieur, entre 1 et 10 du moins; les adjectifs, eux, sont surtout
associés à leurs contraires.
Les temps d'association se sont montrés nettement plus longs chez
les enfants et les adultes inéduqués, les associations suivant toutefois
les mêmes règles et gardant les mêmes caractères.
H. P.
E. BONAVENTURA. — L'attivita del pensiero nella percezione senso-
riale (L'activité de la pensée dans la perception sensorielle). — Riv. di
Psic, XIII, 2-3, 1917, p. 87-156. 456 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur vise à apporter une contribution à l'étude de la pensée, en
s'adressant à une de ses formes les plus simples, qui se manifeste déjà
dans la perception.
Il s'adresse en effet à la localisation tactile comme processus sen
soriel, et base ses inductions, non sur les dires du sujet, l'introspec
tion n'étant utilisée qu'à titre accessoire, mais sur « suo'modo di
condursi », sur son comportement.
L'examen des erreurs commises, en rapport avec les données de
sensibilité, montre que la variabilité de l'erreur ne peut tenir qu'aux
diverses attitudes mentales du sujet au cours de la localisation, aux
procédés employés et à l'habileté déployée pour élaborer intellectue
llement les qualités tactiles.
La manière dont le sujet se comporte implique les processus sui
vants : 1° avertissement de la sensation; 2° processus sensori-moteur
par lequel, grâce à l'association tactilo-visuo-kinétique, la main loca-
lisatrice dirige le crayon sur la région excitée ; 3° avertissement de la
nouvelle sensation provoquée par le sujet sur lui-même; 4° évocation
du souvenir de la première sensation; 5° jugement de comparaison;
6° jugement sur la direction de l'erreur commise et sur la correc
tion à effectuer. La durée totale de ce processus complexe, très
variable, est en moyenne de 15 secondes.
Mais les sujets présentent des variations individuelles mises en év
idence par des expériences complémentaires, dans lesquelles, par
exemple, on impose un délai pour la localisation; on distingue des
types à orientation différente, les uns procédant par voie surtout sen
sorielle, les autres par voie principalement intellectuelle; les uns
cherchent surtout à retrouver, les autres à reproduire.
La direction des erreurs commises varie, pour une même région,
d'un sujet à l'autre, et pour un même sujet, d'une région à l'autre.
Tous ces faits sont de nature à montrer que la représentation de
l'espace n'est pas une donnée immédiate des sensations, mais résulte
d'une élaboration par la pensée. La comparaison porte toujours sur
des qualités immédiates des sensations, mais la différence prend une
valeur particulière pour la pensée, cette valeur étant, dans les
recherches de l'auteur, celle d'une différence locale, comme, dans
d'autres cas, ce pourra être celle d'une d'intensité.
H. P.
AGOSTINO GEMELLI. — II metodo degli equivalent (La méthode des
équivalents). — Gr. In-8 de 344 pages, 1914. Florence. — Intorno
alla natura del processo di confronto di distanze tattili (Au sujet
de la nature du processus de comparaison de distances tactiles). — Riv.
di Psic, X, 5-6, 1914, p. 415-439.
La méthode des équivalents consiste à trouver la valeur d'un
stimulus variable qui, appliqué sur une région donnée d'un organe
sensible, sera jugée égale à celle d'un stimulus constant appliqué sur
une autre région, de sensibilité moindre ou plus grande. Cette
méthode, peu usitée, a été l'objet d'une étude systématique de Gemelli,
non tant pour elle-même que pour le processus de comparaison

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