Phonation. Langage. Ecriture. Dessin. Musique. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 695-710

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 695-710
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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X. Phonation. Langage. Ecriture. Dessin. Musique.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 695-710.
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X. Phonation. Langage. Ecriture. Dessin. Musique. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 695-710.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1934_num_35_1_5342LANGAGE 695 PHONATION,
2° relatives au contenu ; 3° relatives à la fois aux 2 catégories pré
cédentes.
L'expérience consistait à faire composer aux sujets des chante
dont la structure musicale : 1° respecterait un rythme préalablement
déterminé ; 2° interpréterait un texte relatif soit à une atmosphère
psychologique (gaîté, tristesse), soit aux couleurs, soit encore à une
narration ; 3° traduirait un poème (contenu et rythme).
Sujets d'expérience : 10 jeunes filles âgées de 14 à 16 ans, de
niveau intellectuel moyen, élèves des écoles communales.
Conclusions : Le chant étant le produit final d'une série d'acteß
psychiques et d'attitudes motrices, il ne donne aucun renseignement
sur le processus même de la création. Ainsi l'A. se sert surtout des
procès-verbaux d'observation. Il se dégage 2 types de production :
1° les « morceleurs » qui composent l'ensemble du chant à partir
des éléments, accentuant la mesure comme séparation des parties et
paraissant être plutôt inhibés par la mélodie ; 2° ceux dont le point
de départ est un tout, vague et pauvre au début, structure glo
bale qui s'enrichit progressivement par des flots de mélodie.
Les créations de ces 2 types présentent des différences dans
tous les détails de la production musicale, détails dont l'A. nous
donne une minutieuse analyse. S. K.
X. — Phonation. Langage. Écriture. Dessin. Musique1
1105. — R. HUSSON et J. TARNEAUD. — Les phénomènes réac-
tionnels 4e la voix. — Rev. fr. de Phoniatrie, I, 4, 1933, p. 251-310.
A la suite de recherches sur les mécanismes physiques impliqués
par la phonation et sur les processus physiologiques et pathologiques
en jeu, les auteurs, unissant leurs compétences et se fondant sur les
observations capitales qu'a permises l'emploi de la stroboscopie
laryngée, montrent l'importance des phénomènes réactionnels, jus
qu'ici négligés, dans le couplage laryngo-pharyngien.
Selon que la cavité pharyngée se trouve accordée ou non sur
le son du larynx, le vibrateur laryngien, constitué par les cordes
vocales, accuse un comportement mécanique différent et les condi
tions les meilleures sont réalisées quand le son propre du pharynx
se trouve coïncider avec l'harmonique le plus grave du son laryngé,
ce xjui assure le maximum absolu de résonance (théorème énergétique
<ie Husson).
En cas de désaccord, la forme de la vibration initiale est modifiée
et même sa fréquence.
Ce qu'on appelle « passages » de la voix correspond à des fréquences
critiques du couplage, au moment où le son propre du pharynx se
tiîOfuve désaccordé au maximum d'avec le son laryngé émis ; il faut
alors une modification de la forme et du volume du résonateur pharyng
ien pour rétablir l'accord, ce qui entraîne une modification complexe
perçue par le chanteur et un changement de timbre de la voix, du
fait de la des harmoniques renforcés.
1. Voir aussi les N<« 39, 232, 366, 380, 392, 393, 398 à 401, 407, 491,
492,517, 541, 708, 709, 851, 853, 861, 1010, 1087, 1102 à 1104, 1379, 1396. 696 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Lorsque des dérèglements se produisent dans le mécanisme
normal du couplage, il y a des altérations de la fonction phonatoire
et l'on explique ainsi toute une série de modifications pathologiques
de la voix, comme les auteurs en donnent des exemples en relatant
11 observations.
Un enseignement défectueux du chant entraîne souvent aussi
des pratiques vocales qui sont la cause de dérèglements tout proches
des atteintes pathologiques.
Il y a là des données de grande valeur pratique pour le maniement
correct de la voix chantée. H. P.
1106. — GINO GORNELLI. — Sul comportamento délia pressione
SOttOglottica durante la fonazione (Sur le comportement de la
pression sous- glottique pendant la phonation). — Archivio italiano
di Otologia, Rhinologia e Laringologia, XLVI, 9, 1934. Extrait,
21 pages.
Enregistrement, chez un sujet présentant une fistule trachéale
permanente, de la pression de l'air sous-glottique.
L'augmentation de pression précède l'émission vocale de quelques
centièmes de seconde (2 à 14 suivant les phonèmes) ; les voyelles
a, i, ou, exigent une pression minima de 25, 35 et 30 mm. de mercure
(avec valeurs maximales de 45, 60 et 55). Pour jes consonnes, la
pression minima varie beaucoup (de 5 mm. pour S ou F à 15 pour R,
30 pour M et L, 35 pour P, T, 35-40 pour D), la maxima au cours de
l'émission varie de 40 à 65 mm.
La courbe révèle dans son allure des caractéristiques des pho
nèmes ; elle présente, pendant l'émission (sauf généralement au début
et à la fin) des vibrations plus ou moins accentuées. H. P.
1107. — R. HUSSON. — Rôle phonatoire du rhino-pharynx, des
fosses nasales et des sinus. — R. française de Phoniatrie, II,
7, 1934, Extrait, 46 pages. — Réaction du résonateur pharyngien
sur la vibration des cordes vocales pendant la phonation. — G. R.,
GXGVI, 1933, p. 1535-1537.
La cavité pharyngo-buccale, dans la phonation, joue le rôle
d'un résonateur associé au vibrateur laryngien, avec réaction sur
celui-ci contrairement à l'assertion d'Helmholtz, le couplage laryngo-
pharyngien présentant une liaison croissante avec la hauteur des
sons (construction du résonateur pharyngien, avec perte d'amortis
sement). En position élevée du larynx, la diminution du volume pha
ryngé ne permet plus son accord sur un harmonique grave du son
du larynx, et l'on a, dans des cas d'allure paradoxale, avec des
vibrations laryngées énormes, une intensité vocale très faible, l'abai
ssement du larynx comportant une intensification notable avec une
diminution de l'effort vocal.
En revanche, les cavités nasales ne constituent pas un système
résonateur (volume à peu près invariable et forme très irrégulière) :
il y a au contraire un rôle parasite d'absorption vibratoire (amorti
ssement par les parois) ; la « nasalisation », qui représente un rôle
acoustique secondaire, due à l'abaissement du voile du palais,
comporte un relancement in tempo du son du larynx : à chaque vibra- PHONATION. LANGAGE 697
tion laryngée, il y a un déclenchement, très vite amorti, du son
propre (généralement non harmonique) des fosses nasales, le formant
nasal changeant le timbre du son perçu (mécanisme analogue à celui
du mirliton). H. P.
1108. — A. GEMELLI et G. PASTORI. — I metodi dell'elettroacus-
tica nello Studio del linguaggio (Les méthodes électroacoustiques
dans Vétude du langage). — Ar. it. di Ps., XII, 3-4, 1934, p. 241-
294.
L'analyse électro-acoustique du langage paraît avoir trouvé —
grâce à la technique moderne — des moyens d'investigation à l'abri
des erreurs qui entachaient les autres méthodes d'étude. L'avantage
le plus marqué de cette méthode consiste dans la réalisation de condi
tions qui se rapprochent de façon tout à fait exceptionnelle des réelles de la vie. Les 2 aspects du problème — perceptif et
phonétique — qui intéressent particulièrement la psychologie expé
rimentale, peuvent être étudiés par cette méthode avec un succès
qui dépasse de beaucoup celui obtenu par d'autres méthodes. Dans
leur travail, les A. décrivent les divers moyens d'expérimentation,
les causes d'erreurs possibles et les tentatives d'amélioration de
différentes méthodes de l'étude du langage. L'application de l'élec
tricité a apporté à ces essais et à ces efforts une aide fort appréciable
et des possibilités multiples de perfectionnement. Les A. rapportent
des résultats de recherches extrêmement riches qu'ils avaient confront
és à l'.aide de méthodes différentes. La conclusion de cette comparai
son est tout en faveur de la méthode électro-acoustique. S. H.
1109. — A. GEMELLI et G. PASTORI. — Ricerehe elettroaeustiehe
sopra il « timbro di voce » nel linguaggio parlato (Recherches
électro- acoustiques sur le « timbre de la voix » dans le langage
parlé). — - R. Ac. d'Italia. Mémoires de la classe de Sciences
phys., math, et nat., VI, 1934, p. 65-117 (avec 13 tableaux).
Poursuivant ses intéressantes recherches sur la structure des
voyelles avec la méthode d'enregistrement électro-acoustique, le
P. Gemelli apporte dans ce mémoire de nouvelles précisions touchant
les facteurs qui déterminent le timbre individuel de la voix dans le
langage parlé. Nous savons déjà, grâce à ses publications antérieures,
que les diverses voyelles sont prononcées sur des sons fondamentaux
différents qui restent pratiquement les mêmes pour un même indi
vidu mais qui varient d'un individu à l'autre. D'autre part, la
« période typique » de chaque voyelle varie suivant les individus.
Encore qu'elle conserve la même allure générale, elle est dans chaque
cas individuel, la résultante d'un nombre différent d'harmoniques et
des rapports différents entre les amplitudes et les phases. Enfin,
la présence d'harmoniques très élevés et de faible amplitude contribue
à différencier les timbres de la voix.
L'élément tout à fait nouveau dans cette étude ce sont les données
concernant les demi-voyelles ou consonnes sonores (n, m et 11) ;
leurs tracés sont nettement périodiques et dénotent, à la lumière de
l'analyse, la superposition de plusieurs vibrations pendulaires. Le
nombre de ces vibrations composantes varie également d'une personne "698 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
à l'autre, de même que leurs fréquences, leur variabilité dépend,
«ea outre, de l'influence des voyelles voisines. Cependant, leur impor
tance, comme facteur du timbre, est relativement faible. En ee
qui concerne, enfin, les consonnes sourdes, leurs différences indivi
duelles sont minimes « en raison de leur caractère de bruits ».
Il y a là des données précieuses qui ont de l'importance aussi bien
pour le problème de la structure des voyelles que pour celui du
timbre en général. P. K.
1110. — G. CORNELLI. — Indagine elettroacustica délie vocali
tipiche in un soggetto laringo fissurato (Étude électro- acoustique
des voyelles typiques chez un sujet à fissure du larynx). — Archivio
italiano di Otologia, XLVI, 9, 1934, Extrait, 9 pages.
Après avoir étudié la pression sous-glottique chez un sujet ayant
une fistule trachéale permanente par fissure du larynx, C. a enregistré
des oscillogrammes de la voix de ce sujet, soit en obturant la fissure,
pour réaliser des conditions normales d'émission, soit au contraire
en excluant totalement Fair expiratoire par introduction d'une canule
dirigeant à l'extérieur la totalité du courant. L'étude a porté exclu
sivement sur les 3 voyelles a, i et ou.
La voix du sujet s'est montrée très basse (l'£ étant prononcé à la
fréquence fondamentale de 190, contre 250 pour une voix basse
normale d'après les recherches de Gemelli et Pastori) ; la richesse en
harmoniques s'est montrée plus grande (la 9e et la 10e se décelant
encore pour You).
Mais l'allure caractéristique des 3 voyelles typiques est bien
conservée.
Ce qui est apparu comme surprenant, c'est que les voyelles prononc
ées avec exclusion de l'air respiratoire se sont montrées très diffé
rentes des voyelles chuchotées par les individus normaux, d'après
les enregistrements de Gemelli et Pastori, avec une certaine ressem
blance pour a seulement (ce qui fait penser à l'auteur que l'a chuchoté
doit comporter une exclusion de l'air expiré, mais non les autres
voyelles).
Constatation curieuse aussi, le son fondamental avec cette exclu
sion a été plus élevé pour i et ou, mais a été abaissé au contraire pour a
/Enfin, malgré des déformations notables, le caractère général delà
voyelle s'est maintenu et les harmoniques sont restées identifiables,
Fair expiré n'apparaissant donc pas comme nécessaire à leur format
ion. H. P,
1111. — W. BERGER. — Beitraege zur Sprachklanganalyse l
(Contribution à l'analyse du son du langage I). — Z. für B,„
XCV, 1934, p. 329-340.
Les méthodes d'analyse se fondent sur l'emploi de résonateurs
(Helmholiz), ou de dispositifs interférentiels (GrüUner, Stumpf) ou
sur l 'enregistrement objectif des vibrations engendrées, soit méca
nique, soit électrique.
L'auteur a utilisé le dispositif de Frank, avec un photokymographe
inscrivant les oscillations de capsules à période propre évidemment PHONATION. LANGAGE 699
assez basse (1.000-1.400) mais dont l'avantage est une très grande
simplicité.
Pour appliquer la méthode de Fourier à l'analyse des phono
grammes de voyelles, l'auteur indique les corrections à apporter,
du fait des caractéristiques propres des membranes. H. P.
1112. — G. DUMAS. — Le symbolisme dans la langue. — R. Ph.,
GXVII, 1-2, 1934, p. 5-38.
« Deux réalités qu'un abîme séparait se trouvaient en présence,
dit l'A. dans sa remarque finale, la matière et l'esprit, objective et
subjective, mesurable et non mesurable. Or, pour des raisons d'ordre
pratique, la langue avait besoin de les exprimer toutes les deux. »
Et « ...c'est par la symbolisation que « le dedans » a été capté par
la langue, sinon dans sa réalité même du moins dans les aspects
multiples de cette réalité... » « On est arrivé... à établir sur le plan
du sensible... par des symboles de structure de forme, de quantité,
les caractères objectifs et vides de faits mentaux »...
Mais qu'est-ce le symbole ? La définition que D. adopte est celle
de Hatzfeld, Darmsteter et Thomas : « objet sensible considéré comme
signe d'une chose, qui ne tombe pas sous les sens, en vertu d'une
analogie dont l'esprit a été frappé ». Pour qu'il y ait symbole il faut
donc deux plans : celui de la chose symbolisée et celui du symbole,
et le passage de l'un à l'autre. Il implique toujours une part de
traduction, de révélation. Par là, il se distingue d'une simple asso
ciation d'un signe et d'une chose signifiée, de l'image — reproduction
d'une réalité concrète comme elle, de l'analogie de deux réalités
également concrètes du scheme — figure simplifiée et concrète. Il
ne saurait pas être confondu avec l'allégorie — froide et académique
— tandis que lui est vivant et évocateur. L'emblème est parfois, mais
non nécessairement symbolique.
Le symbolisme du langage s'exprime dans la mimique vocale et
•dans le contenu de mots. C'est de ce dernier aspect que D. se préoc
cupe ici. Le mot est donc symbolique (en vertu de la définition donnée
plus haut) lorsqu'il traduit par le moyen de l'analogie des qualités
abstraites ou des réalités mentales. La symbolisation conçue de cette
façon est une démarche constante du langage humain : elle s'étend
sur le domaine du sensoriel, de l'intellectuel, du volitionnel, de
l'affectif.
L'existence du symbolisme sensoriel, niée par certains, ne fait
aucun doute pour D. Il se manifeste dans la transposition des épi-
thètes tirées d'un domaine de sensations à un autre, domaines aussi
différents parfois que le sont les plans du concret et de l'abstrait.
Le domaine des sensations abonde, il est vrai, en pseudo-symboles.
Car le rapprochement dans le langage de sensations différentes
s'explique bien souvent par une proximité anatomique des récepteurs
sensoriels, leur autonomie n'étant que relative. Mais même après
l'élimination de pseudo-symboles et de toutes les qualifications
faciles n'exprimant qu'un état affectif, il reste encore un vaste domaine
du symbolisme sensoriel. Toutes les langues du monde fourmillent
des épithètes, partout les mêmes, de forme, d'étendue, de profondeur,
de volume, transposables d'un groupe de sensations à un autre. Le 700 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
toucher, le sens fournissant le plus de pseudo-symboles, est aussi celui
auquel le langage emprunte le plus d'épithètes symboliques. C'est
qu'il est de tous les sens le plus riche en caractères formels. Un
élargissement de la transposition des épithètes est la transposition
mécanique et géométrique. « La géométrie et la mécanique intro
duites dans les divers domaines sensoriels établissent une sorte de
langue commune entre les sensations les plus disparates. » Ainsi la
symbolisation sensorielle se réduit, en fait, à la perception de la
partie non-sensorielle des sensations.
Dans l'expression des réalités de la vie intérieure, dans le domaine
affectif, la symbolisation revêt le même aspect que la sphère
sensorielle. C'est également le langage de la géométrie et de la méca
nique ou de l'action matérielle qui permet ici les traductions d'anal
ogies. Il y a certes, beaucoup de pseudo-symboles affectifs qu'explique
l'intervention directe des sensations organiques. Le symbolisme émo
tionnel n'en est pas moins une réalité : il apparaît chaque fois que
nous exprimons nos émotions par des rapports de forme, de structure,
d'intensité, de mouvement. Les besoins usent peu de symboles, car
l'élément formel y est restreint. Mais l'expression des passions se fait
dans un langage symbolique : nombreuses y sont des épithètes de
quantité.
Les symboles ne restent, d'ailleurs, pas à cet état initial et évo-
cateur. A la phase de formation succède celle d'amenuisement et de
décoloration. Les symboles perdent à la longue leur caractère sym
bolique pour devenir des mots directs désignant quelque chose et
n'impliquant qu'une simple possibilité d'évocation et de représentat
ion. La perte, cependant, de leur puissance concrète d'éducation
ne nuit en rien à leur fonction linguistique. A. G.
1113. — J. PRZYLUSKI. — La plasticité des mots et la cohésion
du discours. — J. de Ps., XXXI, 1934, p. 581-585.
Critique de la substitution par Mariggi de la dénomination de
langues groupantes à celle de langues isolantes pour caractériser
un type de langues. G. H.L.
1114. — D. L. WOLF LE. — The role of generalization in langvage
(Le rôle de la généralisation dans le langage). — Br. J. of Ps.,
XXIV, 4, 1934, p. 434-444.
Persuadé que la linguistique et la psychologie doivent coopérer
étroitement pour résoudre toutes les questions situées au carrefour
de ces deux sciences, W. cherche à montrer qu'au moins 3 faits li
nguistiques fondamentaux, à savoir le symbolisme phonique dans
l'expression des dimensions des objets, le sens des mots et le change
ment des mots « par analogie » peuvent s'expliquer facilement en
termes psychologiques si l'on fait appel au processus de généralisat
ion. Le langage étant un groupe de « schemes » de comportement
(behavioural patterns) qui, à la suite de l'apprentissage en commun
produisent chez tous les membres d'un groupe social donné les
mêmes réponses, il est aisé de s'apercevoir que le sens des mots est le
résultat de la généralisation de toutes acceptions peu différentes de r
,
PHONATION. LANGAGE 701
■ce mot dans lesquelles il est employé par les membres de la commun
auté linguistique.
Le symbolisme vocalique des dimensions spatiales des objets
est loin, sans doute, d'offrir une uniformité parfaite quand on passe
d'une langue à une autre. Mais dans une langue donnée une général
isation a dû s'opérer à partir d'un petit nombre de mots dans
lesquels un tel symbolisme soit exprimé. Inutile de recourir ici à une
explication « nativiste ».
Enfin, la généralisation explique les changements par analogie,
■d'une manière plus satisfaisante que toutes les théories finalistes
((besoin d'uniformité, de simplification du jeu articulatoire, etc.).
P. K.
1115. — E. S. DEXTER et K. T. OMWAKE. — The relation between
pitch discrimination and accent in modem languages (La relation
entre la de la hauteur du ton et V accent dans les
langues vivantes). — J. of. appl. Ps., XVIII, 2, 1934, p. 265-271.
Un test de Seashore (Pitch discrimination) a été appliqué à un
groupe non sélectionné de 118 étudiants dont la plupart avaient
étudié le français et certains aussi l'allemand ou l'espagnol. On a
utilisé aussi un test d'intelligence (Henmon-Nelson, forme B) et le
■questionnaire de Bernreuter (introversion-extroversion).
Voici les corrélations obtenues : intelligence-accent en français :
.485 ± 075; Seashore (Pitch discr.)-durée des études antérieures de
français : .225 ± 059; Seashore (Pitch discr.) -accent (en français) :
.210^066; intelligence-Seashore : — .103 ±085; dans le test de
Seashore le groupe qui d'après l'accent (en français ou en espagnol)
se classe au-dessus de la moyenne a un médian sensiblement plus
•élevé que le groupe qui se classe au-dessous ; de même, le groupe
qui étudie le français depuis 3 ou 4 ans a un médian plus élevé que
le groupe qui ne l'étudié que depuis 2 ans ou moins. Enfin, ceux qui
donnent des indices bas d'introversion manifestent une faible ten
dance à ne pas se classer parmi les meilleurs d'après l'accent ; ceux
qui donnent des indices élevés manifestent une tendance à se classer
parmi les meilleurs d'après l'accent plus souvent que parmi les pires.
E. S.
1116. — O. BUSS. — Muttersprachliches Gestalten bewertet unter
dem Gesichtspunkt der Ganzheit (La création dans la langue
maternelle jugée du point de vue de la totalité). — Z. für ang. Ps.,
XLVI, 3-4, 1934, p. 170-209.
Toute création verbale a une base psychique. En appliquant les
théories de F. Krueger, l'auteur veut juger la valeur d'une création
verbale d'après sa formation comme totalité, d'après sa « Ganzheit »
par laquelle elle nous fait sentir un événement psychique. La théorie
de la langue n'est pas un amoncellement de formes fixes ; ce n'est
que lorsque ces formes font partie d'une création vivante d'une
« Ganzheit », qu'elles ont leur sens.
Ces idées sont expliquées à l'aide de quelques petites composit
ions scolaires. ■ •< .. H. L. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 702
1117. — D. G. LYONS. — The treatment of defective speech due to-
elef palate and associated conditions (Le traitement des défauts
du langage dus à la fissure du palais et aux conditions associées). —
Child dev., V, 1934, p. 197-200.
Descriptian critique des diiferentes méthodes chirurgicales pour
remédier à cette conformation défectueuse du palais. La fermeture
du palais ne suffit pas, elle détériore souvent le voile et sa musculature.
Une opération aussi parfaite que possible ne dispense pas d'une
rééducation du langage, difficile chez l'enfant déprimé par un sent
iment d'infériorité devenu habituel. P. G.
1118. — G. SETH. — Mechanism of speech in stuttering subjects
(Le mécanisme du langage chez les bègues). — Br. J. of Ps., XX1V,
4, 1934, p. 375-388. ......
Reprenant avec une technique améliorée les expériences de
Blackburn sur le contrôle volontaire des mouvements respiratoires
ainsi que de ceux des mâchoires et des lèvres chez des bègues, S. a
abouti à peu près aux mêmes résultats dans l'examen de 12 bègues et
de 12 sujets normaux. Il a trouvé que chez les premiers les 3 mouve
ments présentent un plus haut degré de variabilité — au point de
vue de la régularité — que chez les seconds. Le contraste est surtout
frappant pour les mouvements respiratoires. A cet égard, la différence
entre les 2 catégories de sujets est plus grande que 8 fois l'erreur
probable. Dans le contrôle volontaire des lèvres et des mâchoires,
il n'y a pas de différence significative.
5. conclut de là que, chez les bègues, même si la respiration à
Pétat de repos ordinaire ne présente aucune anomalie, il doit y avoir
une déficience dans le contrôle des mouvements respiratoires. D'autre
part, on ne saurait affirmer que ce trouble respiratoire est provoqué
par l'ambiance sociale puisque dans les expériences l'expression
verbale était éliminée. P. K.
1119. — H. REHBINDER. — Methoden und Anwendungsmöglichk
eiten der Graphologie (Méthodes et applications pratiques possi
bles de la graphologie). — Ind. Psychot., XI, 4, 1934, p. 107-112.
L'auteur expose le développement historique des méthodes gra
phologiques. La graphologie, d'après lui, peut donner des renseigne
ments utiles sur le caractère et les aptitudes du sujet, en rendant
ainsi des services précieux pour l'éducation, la sélection et l'orienta
tion professionnelles, ainsi que pour des diagnostics psychiatriques.
B. N.
1120. — H. CANTRIL et H. A. RAND. — An additional study of the
determination of personal interests by psychological and grapho-
logical methods (La détermination des intérêts personnels par
les méthodes psychologiques et graphologiques). — Char, and Pers.,,
III, 1, 1934, p. 72-78.
Les auteurs choisissent comme matériel d'expérience 6 écritures-
caractéristiques des 6 intérêts essentiels de la clasaification de
Spranger, (théorique, social, esthétique, politique, économique et
religieux). 31 graphologues furent invités à apprécier ces écritures.. PHONATION. LANGAGE 703
Puis ensuite le même nombre de profanes, incompétents en graphol
ogie furent priés d'émettre un jugement. Les appréciations des
graphologues se trouvèrent parfaitement en accord avec celles des
psychologues ; alors que les jugements des profanes en différaient
sensiblement. H. A.
1121. — O. L. HARVEY. — The measurement of handwriting consi
dered as a form of expressive movement (La mesure de l'écriture
prise comme une forme du mouvement). — Char, and
Pers., II, 4, 1934, p. 310-321.
L'auteur se propose dans cette étude de répondre à 3 questions.
Que peut-on mesurer objectivement à l'aide d'une règle et d'un
rapporteur dans un échantillon donné d'écriture ? Quelle confiance
peut-on accorder à de telles mesures. Et enfin, quel rapport y a-t-il
entre les valeurs ainsi déterminées et les coefficients établis à l'aide
d'échelles de personnalité admises ?
D'un grand nombre d'examens, H. conclut que l'on peut aboutir
à des remarques fort intéressantes sur le comportement du sujet vu
à travers son écriture. En outre, en combinant les mesures prises
pour une écriture donnée, on peut prévoir avec une précision éton
nante les caractéristiques neuropsychiques du sujet.
L'auteur indique pour terminer différents points sur lesquels il
lui paraîtrait intéressant de faire porter des recherches analogues.
H. A.
1122. — J. MELOUN. — Handwriting measurement and personality
tests (Mesure de l'écriture et tests de personnalité). — Char, and
Pers., II, 4, 1934, p. 322-330.
L'auteur commente et apprécie les recherches de Harvey sur la
mesure de l'écriture et les compare aux principes graphologiques qui
lui paraissent essentiels. Selon lui, l'application de ces principes
permettrait à Harvey d'obtenir des résultats plus complets et encore
plus satisfaisants. H. A.
1123. — KÄTHE TITTEL. — Untersuchungen über Schreibge
schwindigkeit (Recherches sur la rapidité de l'écriture). — N. Ps.
St., XI, 1, iv-58 pages, 1934 (série : Psychologie des Schreibens
und der Handschrift, publiée par F. Krueger et J. Rudert).
Quelle est la signification caractérologique de la rapidité de
l'écriture ? Les graphologues sont partagés. Ils l'expliquent par
les facteurs les plus divers : rapidité du fonctionnement intellectuel,
spontanéité, naturel de l'expression, étendue de l'activité psychique...
La notion même de rapidité de l'écriture est encore mal déterminée :
promptitude de la plume ou sentiment subjectif de rapidité. Le rythme
fondamental de l'écriture est, selon l'auteur, celui du développement
de la pensée. Une pensée fortement tendue hâte l'écriture, mais est
liée à ses possibilités matérielles. On peut définir la rapidité de
l'écriture par le nombre de signes oraux qui peuvent être écrits dans
un temps déterminé. A cette définition se rattachent les questions
suivantes : 1° rapidité matérielle de l'écriture, différences individuelles
et constante personnelle, répartition des sujets à ces points de vue,.

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