Pôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion. Images consécutives. Impressions de succession et de mouvement. Motricité ovulaire. - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 530-548

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 530-548
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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d) Pôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion.
Images consécutives. Impressions de succession et de
mouvement. Motricité ovulaire.
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 530-548.
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d) Pôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion. Images consécutives. Impressions de succession et de mouvement.
Motricité ovulaire. In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 530-548.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1924_num_25_1_6204530 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II envisage les illusions de Poggendorf et celles d'Oppel, Hering:
et Zöllner,
H. P.
d) Rôle du temps et Tachistoscopie. Persistance et jusion.
Images consécutives. Impressions de succession et de mouvement.
Motricité oculaire.
E.-P. BRAUNSTEIN. — Zur Lehre von den kurzdauernden Licht
reizen der Netzhaut (»Sur la théorie des excitations lumineuses
brèves de la rétine). — Z. für Sin., LV, 4-6, 1923, p. 185-229.
Après un exposé historique assez complet sur la question de l'eff
icacité des excitations lumineuses de courte durée, l'auteur expose sa
méthode de recherche avec un dispositif tachistoscopique à chute,
découvrant une surface lumineuse diffusante d'intensité réglable et
d'étendue variable.
Ces recherches avaient été entreprises sous la direction de Nagel
en 1907, et furent poursuivies à Karkow.
Après adaptation à l'obscurité, en employant un jeu d'intensités
représentant la série des puissances de 2, et en recherchant la durée
minima d'exposition permettant la perception lumineuse, l'auteur
trouve que les durées varient de 89,6 <r à à 1,2 a pour des intensités
variant de 1 à 64, le produit de l'intensité par le temps reste cons
tant pour les fortes intensités conformément à la loi de Bloch, puis
s'accroît quand l'intensité diminue, conformément à la loi de
Blondel et Rey (valeurs de 12 ; 12 ; 11,8 ; 12,2 ; 13,1 ; 13,7 ; 14).
Mais ceci s'obtient avec une petite surface lumineuse (0mm5 x 3min,
à une distance de 45 millimètres). Avec une surface plus grande
(12 mm X 3 mm), le produit de l'intensité par le temps, à l'inverse,
ne cesse de diminuer avec : la lumière étant 64 fois
moindre, le temps d'action liminaire est doublé seulement, et qua
druplé pour une réduction d'intensité de 1024.
La variation, à intensité constante, du temps d'action liminaire,
permet de suivre (chez 3 sujets) le progrès, dans le temps, de l'adap
tation à l'obscurité.
Après adaptation à la lumière, le temps d'action liminaire se
montre un peu moindre en observation binoculaire (12 a contre 12,5
ei 13 pour chaque œil isolément), moindre au centre de la rétine qu'à
la périphérie (12,5 contre 18 et 20,5 du côté temporal ou nasal). En
modifiant la surface, on constate que, à intensité constante, le temps,
d'action liminaire varie en raison inverse de la racine carrée de l'angle
visuel (ou de la racine quatrième de la surface).
Après adaptation à l'obscurité (manifestant un certain accroi
ssement de sensibilité encore au bout de plusieurs heures), le temps
d'action laminaire est plus court à la périphérie qu'au centre de la
rétine, d'autant plus que les intensités sont plus faibles ; pour toutes
les intensités l'action de la surface d'excitation se montre soumise à
la loi de Piper : le produit de l'intensité par la racine carrée de la
surface (ou angle visuel) est constant. SENSATION ET PERCEPTION 531
Des données de Braunstein, il en est qui sont des conséquences
évidentes de ce fait que les temps d'action varient en raison inverse
des intensités : au cours de l'adaptation à l'obscurité, la sensibilité
augmente, donc, de même qu'à durée constante d'excitation l'inten
sité liminaire diminue, à intensité constante, la durée liminaire
décroît, et, la périphérie rétinienne devenant plus sensible aux faibles
lumières, la durée d'action liminaire se montre moindre à la péri
phérie, surtout pour les faibles intensités.
Mais, en ce qui concerne les lois quantitatives reliant les durées
liminaires aux intensités et aux surfaces d'excitation dans les divers
états d'adaptation et pour les différentes régions rétiniennes, elles ne
peuvent être acceptées sans plus, à cause des imperfections de la
technique. En l'absence de point de fixation, ni l'immobilité de l'oeil
ne peut être assurée, ni la région sur laquelle porte l'excitation ne
peut être connue avec certitude. La distance indiquée (45 millimètres)
entre l'observateur et la surface lumineuse paraît invraisemblable
ment petite, de sorte qu'aucune image nette ne serait possible. Enfin
les grandes surfaces ne pouvant être découvertes, et recouvertes, que
progressivement, il est bien normal — mais tout à fait artificiel —
que le produit de l'intensité par le temps liminaire se montre d'au
tant plus grand que les temps sont plus courts.
H. P.
ANDRE BLONDEL et JEAN REY. — Nouvelle vérification de la
loi de perception des lumières brèves à la limite de leur portée ;
cas des durées très courtes. — Sur la loi de perception à la limite de
la portée des éclats des signaux lumineux. — C. R., 178, 1924,
p. 276-280 et 1245-1247. — HENRI PIERON. — La question du
minimum d'énergie dans l'excitation lumineuse de la rétine par
éclats brefs. — G. R., 178, 1924, p. 966-968.
Blondel et Rey, en utilisant un dispositif permettant de comparer
des éclats correspondant à une même quantité de lumière, grâce à
des fenêtres de même surface d'un disque tachistoscopique passant
entre un filament lumineux vertical, source de lumière, et un diffu
seur, mais surface dont les éléments de hauteur radiale (réglant l'in
tensité à chaque instant) et de largeur angulaire (réglant la durée
d'exposition) varient en sens inverse dans les mêmes proportions,
n'ont pas trouvé de différence systématique d'éclat, aux environs du
seuil (par diminution d'intensité avec com absorbant) pour des pro
duits it constants de l'intensité par la durée chez une série de sujets,
avec des durées très courtes d'excitation (ne se reproduisant qu'à
intervalles de plus d'une seconde grâce au jeu de deux disques
conjugués). s]
Ils en concluent que, conformément à leur loi, it = a + bt, lorsque
le temps t devient très petit, le facteur bt est négligeable, et qu'on
a it = a, c'est-à-dire que la quantité d'excitation produisant un
certain effet, fournissant en particulier une sensation liminaire, est
constante, et ajoutent qu' « on ne voit donc en rien intervenir une
nouvelle inertie de la rétine invoquée par M. Piéron, pour motiver
une augmentation du produit it dans le cas des très faibles durées ». 532 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
H. Piéron répond qu'il n'a pas invoqué une inertie de la rétine
pour rendre compte de l'existence d'une durée optima d'excitation
correspondant à un minimum d'énergie liminaire ; mais on peut
comprendre qu'aux temps très courts, les intensités plus grandes
dépassent la capacité de transformation immédiate de l'appareil
récepteur. Et, en fait, on a signalé une perte d'énergie pour les
grandes intensités et les temps courts, dans les phénomènes photo
chimiques (Sheppard et Mees, 1907, Lloyd A. Jones et Emery Hase,
1922), dans l'excitation électrique des nerfs, pour le triple produit
du voltage, de l'intensité et du temps (Hoorweg, Weiss, Lapicque),
pour l'irradiation ultra- violette des Cyclops (V. Henri). Enfin, pour
l'excitation lumineuse, l'existence d'un minimum d'énergie avait
déjà été signalée par Grijns et Noyons, elle résulte également de
données numériques publiées par Prentice Reeves en 1918, qui i
ndiquent une courbe identique à celle publiée par lui pour l'excitation
des cônes (*) :
t(cr).. 1000 500 250 160 34 20 11 6 2
it ... 262 177 128 113 41,7 47,8 49 58,5 72,5
Et les recherches de Blondel et Rey ne sont pas sans prêter à cr
itique : certains observateurs sont peu entraînés, la fixation est insu
ffisamment précise, d'où des mouvements oculaires inévitables, enfin
et surtout la surface vue étant très petite (environ 15"), inférieure
au diamètre d'un élément récepteur, suivant la position de l'image, à
chaque éclat, il y a une variabilité, inévitable et irrégulière, dépassant
de beaucoup les variations imputables au changement possible de
sensibilité pour les éclats les plus brefs (dont la durée n'a pas été
exactement déterminée, la plus courte ne paraissant guère avoir été
inférieure au millième de seconde).
Blondel et Rey ont terminé la discussion en faisant remarquer que
leur point de vue était exclusivement pratique : il s'agit de connaître
la visibilité relative des éclats lumineux des phares à limite de
portée ; les phares sont observés sans fixation précise par des indi
vidus quelconques et l'éclat est punctiforme. Ce sont les conditions
mêmes de leur expérience. Pratiquement, pour les éclats très brefs,
le produit it peut être considéré comme constant, ces très brefs
ne pouvant d'ailleurs être utilisés, les phares n'ayant pas d'éclats
inférieurs au centième de seconde. C'est la loi it = a -\- bt qui vaut
pour ces éclats. H. P.
F. F. HAZELHOFF et HELEEN WIERSMA. — Die Wahrnehm
ungszeit. — I. Die Bestimmung der Schnelligkeit des Wahrneh
mens von Lichtreizen nach der Lokalisationsmethode (Le temps
de perception. — /. La détermination de la vitesse de perception des
excitations lumineuses d'après la méthode de localisation). — Z. für
Ps., XCVI, 1924, p. 171-188. •
Procédé de mesure ingénieux, fondé sur la notion qu'on localise
et projette l'excitation lumineuse au moment où on la perçoit et
1. C. R.,t. 170, 1920, p. 525 et p. 1203. SENSATION ET PERCEPTION 533
dans la direction de l'axe passant par la fovea. Si, devant l'œil au
repos qui regarde dans la direction A, on fait apparaître une lumière,
cette lumière sera, au bout d'un très bref temps (temps de percept
ion), perçue dans la direction A. Mais qu'entre le moment où la lu
mière a apparu et celui où elle a été perçue ou tourne le regard dans
une autre direction B, la lumière sera projetée, localisée en B. Il suf
fira donc de provoquer un mouvement de l'œil pour que sa déviation
angulaire mesure le temps de perception.
Le dispositif imaginé à cet effet se compose d'une fente lumineuse
verticale, donnée par une lampe Nernst, et d'une boîte rectangulaire
de 30 centimètres de long et 10 centimètres de large et de haut, tour
nant autour d'un axe fixé au centre de sa base. A chaque extrémité
de cette boîte-tambour, une fente verticale de 5 centimètres de long
sur 0 mm. 5 de large permet de faire passer la lumière de la lampe
quand la boîte est perpendiculaire à celle-ci, c'est-à-dire quand la
fente lumineuse et les deux fentes de la boîte-tambour sont sur une
ligne droite. La lueur projetée, dans ces conditions, sur un écran semi-
opaque placé à 40 centimètres de la boîte, dure entre 1 /50 et 1 /100
de seconde, pour une rotation de 1 tour en 15 secondes. Au-dessus
de l'une des extrémités de la boîte est fixée une baguette qui est
éclairée obliquement de haut par une petite lampe de manière que
son ombre se projette sur l'écran au même endroit que la lueur de
la fente lumineuse. L'ombre de la baguette ayant environ 5 mill
imètres de large, la fente lumineuse, quand elle apparaît, se profile
en son milieu, la coupant en deux dans le sens vertical.
Le sujet, placé à 50 centimètres derrière l'écran, perçoit, quand
son regard est immobile, la lueur, au milieu de l'écran (au 0 de son
échelle), au moment où l'ombre de la baguette passe à cet endroit.
Mais, si, au lieu de tenir ses yeux immobiles, il suit du regard l'ombre
qui passe, il « verra » la lueur, non plus au centre, mais déviée vers la
gauche quand le mouvement est de droite à gauche, vers la droite
s'il est en sens inverse. Connaissant la vitesse de rotation de la boîte
on pourra calculer aisément, d'après la valeur angulaire de l'erreur,
le temps de perception.
Les valeurs ainsi calculées, pour 4 sujets, sont les suivantes :
v. d. H., 0 sec. 090 — 0 sec. 100 ; H. R., 0 sec. 070 — 0 sec. 083 ;
G., 0 sec. 103 — 0 sec. 132 ; H., 0 sec. 117 — 0 sec. 124. Sauf pour le
sujet G., les valeurs des différentes expériences sont assez constantes,
la variation moyenne et l'erreur probable très faibles.
La vitesse et le sens de rotation de l'appareil n'influent pas sur
ces chiffres.
Une nouvelle série de déterminations faite cette fois sur 40 sujets
donne comme valeurs extrêmes 0 sec. 075 et 0 sec. 140, avec une
moyenne de 0 sec. 104. On peut donc dire que le temps de perception,
pour la lumière utilisée dans la recherche (= environ 200 fois le seuil),
est de l'ordre de 1 /10 de seconde.
On sait que, pour les temps de réaction, on a trouvé des variations
individuelles de même ordre que celles qu'on observe ici. Wundt,
pour une excitation lumineuse d'à peu près la même intensité, donne
des chiffres qui vont de 0 sec. 150 à 0 sec. 224. Les valeurs trouvées
par Roorde s'étendent de 0 sec. 18 à 0 sec. 25. Les moyennes de ces 534 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
expériences et de celles de nombreux autres auteurs donnent
valeur de l'ordre de 2/10es de seconde, double par conséquent du
temps de perception.
Si l'on admet pour le processus physiologique de la rétine une
durée de 0 sec. 056 et pour le passage de l'influx dans les voies op
tiques 0 sec. 002 (les auteurs n'indiquent pas sur quelles données ils;
se sont fondés pour établir et admettre ces moyennes), il reste pour
le processus psychique de la perception une durée de 0 sec. 046.
I. M.
FR.W. FROEHLICH. — Ueber die Abhängigkeit der Empfradungszeit
nnd des zeitlichen Verlaufes der Gesichtsempfindnng von der Intens
ität, Dauer und Geschwindigkeit der Belichtung (Sur la dépen
dance du temps de sensation et de l'évolution temporelle de la sensa
tion visuelle, vis-à-vis de V intensité, de la durée et de la vitesse d'éclai-
rement). — Z. für Sin., LV, 1-2, 1923, p. 1-46.
Par sa même méthode d'observation d'une fente lumineuse se
déplaçant plus ou moins vite devant l'œil, méthode que nous avons
déjà décrite et critiquée (Cf. An. Ps., XXIV, p. 457), Fröhlich, qui
cette fois relate une historique, d'ailleurs incomplète, des travaux
sur la question du temps de latence et de l'établissement des sensa
tions, examine l'influence de l'intensité, lumineuse, de la durée de
l'excitation, et de la vitesse de déplacement de la fente.
Il constate que le « temps de sensation » décroît avec l'augmentat
ion d'intensité, de durée et de vitesse, d'abord rapidement, puis
plus lentement jusqu'à un certain minimum, autour de 30 <r.
Et l'accroissement de clarté se fait aussi plus vite quand décroît
le temps de sensation.
Fröhlich retrouve des lois déjà connues et qui ont fait l'objet de
formulations numériques précises que sa méthode ne comporterait
pas pour les raisons que nous avons signalées précédemment.
H. P.
KURD VOGELSANG. — Der Einfluss der Dunkeladaptation auf
den zeitlichen Verlauf der Gesichtsempfindung bei Verwendung fär
biger Prüflichter (V influence de V adaptation à V obscurité sur le
temps de perception visuelle de tests lumineux colorés). — Pf, A.,
CGIII, 1924, p. î-34.
L'auteur a étudié l'action de l'adaptation à l'obscurité sur le temps
de perception et sur le seuil d'excitation pour la lumière blanche et
pour 4 lumières colorées, pour un rouge formé des longueurs d'onde
les plus longues du spectre,Jusqu'à 703 »ifjt,pour un autre rouge atteii-
gnant 578 m\L, et pour deux bleus, l'un atteignant 703 m\L, et l'autre
530 m\j.. Il constata pour toutes ces lumières, au cours de l'adaptation
à l'obscurité, une diminution considérable du temps de perception ;
cependant à un certain stade de l'adaptation, stade: unique, le temps
de perception présente une augmentation. Ce apparaît plus
tôt, mais est moins marqué, pour la lumière bleue que pour la lumière
blanche ; il apparaît en revanche plus tard et est plus marqué pour SÉNSATIOX ET PERCEPTION 535
la lumière rouge que pour la lumièTe blanche. La lumière blanche
occupe, à ce point de vue, une situation moyenne par rapport aux
lumières colorées. On constate également, au cours de l'adaptation à
l'obscurité, un abaissement du seuil d'excitation qui atteint un max
imum pour le bleu et un minimum pour le rouge. Une étroite dépen
dance existe donc entre les modifications du temps de perception et
du seuil d'excitation qui se produisent au cours de l'adaptation à
l'obscurité. P. B.
VICTOR V. SZELISKI. — Relation between the quantity perceived
and the time of perception [Relation entre la quantité perçue et le
temps de perception). — J. of exp. Ps., VII, 2, 1924, p. 135-147.
Quel est le temps nécessaire pour percevoir une quantité définie
de points ? L'auteur critique les travaux antérieurs, notamment
ceux de Bourdon qui, de 1 à 4 points, n'avait pas trouvé de différence
sensible de temps, sans doute parce qu'il distribuait ces points régu
lièrement en ligne horizontale, substituant l'étude d'une figure à
celle d'un nombre ; d'ailleurs il ne tenait pas compte des effets de
l'entraînement. Dans ces expériences les points sont présentés en
arrangements irréguliers variables, tantôt serrés, tantôt dispersés,
tantôt à 72 centimètres, tantôt à 144 centimètres de l'œil de l'obser
vateur. Ces variations de l'expérience permettent d'affirmer que
l'accroissement du temps de perception avec le nombre des points
ne vient pas de mouvements des yeux. La croissance du temps, de
1 à 6 points, obéit à une loi logarithmique. P. G.
V. J. DON et H. -P. WELD. — Lapse of meaning with visual fixation
(Disparition du sens d'un mot avec la jixation visuelle). — Am. J. of
Ps., XXXV, 3, 1924, p. 446-450.
La répétition d'un mot, la fixation visuelle du mot écrit, ne tardent
pas à faire disparaître sa signification de la conscience. Il se produit
une impression de vide ; on ne voit plus que le mot lui-même ou un
assemblage de caractères. A ce propos les auteurs étudient le genre
4'images qui constituait la signification, et le temps qu'elles mettent
à disparaître. P. G.
A. FAUVILLE. — Recherches sur la perception tachistoscopique
— Ann. de l'Institut sup. de Philosophie, V, 1924, p. 495-528.
L'auteur, travaillant au laboratoire de Michotte, à Louvain, a
procédé à des expériences tachistoscopiques en vision binoculaire,
avec fixation préalable, présentant aux sujets (5 en tout, dont Faut
eur) : des dessins (de 2 à 5 différents, de 4 a 6 identiques), des figures
géométriques (2) des mots monosyllabiques (3) des petits objets
(2 ou 4), enfin des petits objets et des dessins (2 et 2).
Les sujets cherchaient à identifier ce qu'ils avaient vu et décri
vaient les processus qu'ils avaient remarqués au cours de leur obser
vation.
En ce qui concerne les dessins et objets, dans certains cas, la signi« 536 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fication est perçue d'emblée, immédiatement ; le plus souvent, il y a
d'abord une perception vague de lignes, ou ,plus nettement, de formes,
enfin la reconnaissance se fait, évoluant de l'incertain et du vague à
l'assuré et au précis.
La première forme, la plus élémentaire, de la signification, est
fournie par un sentiment de familiarité, une « impression de connu »,
ce qui est un fait très intéressant.
Le dernier stade est, en général, la venue du nom, souvent pro
noncé à voix basse ; parfois la signification s'accompagne de l'évo
cation simultanée du nom.
En ce qui concerne les mots, la perception est beaucoup plus
automatique.
Les mots peuvent être compris d'emblée, ou il y a perception vague
de lettres ou de la forme générale et de la grandeur du mot. Maisjdans
tous les cas, à l'inverse de ce qui se passe pour les dessins, l'image
auditivo-motrice, ou l'énoncé même du mot, précède la signification.
La signification n'apparaît pas simultanément pour les divers
objets, mots ou dessins présentés à la fois pendant un temps court ;
elle se produit successivement, d'où l'auteur conclut, à juste titre,,
avec Mager, Pauli, Bühler, que l'attention ne peut avoir à la fois
qu'un objet unique. « L'attention ne peut en même temps se porter
sur deux objets, tout en leur donnant des significations différentes ;
si elle les saisit simultanément, elle les réunit dans une même signi
fication » comme dans la perception de plusieurs dessins identiques.
L'auteur fournit encore quelques données dans son intéressant
travail sur les différences individuelles des sujets, la nature des erreurs-
commises, d'origine imaginative, sur le nombre maximum, variable
avec les sujets, de dessins pouvant être perçus au cours d'une présen
tation brève, etc.
H. P.
H. -M. JOHNSON. — Speed, accuracy and constancy of response to
visual stimuli as related to the distribution of brightnesses over the field. [La vitesse, l'exactitude et la constance de la réponse à des
stimuli visuels, en rapport avec la distribution des clartés dans le
champ visuel). — J. of exp. Ps., VII, 1, 1924, p. 1-44.
Après une analyse critique des travaux antérieurs sur la question,
J. expose ses propres expériences. Le sujet fixe le centre d'un champ
circulaire d'éclat constant, vu sous un angle d'environ 3°, et sur
lequel on peut projeter deux petits cercles dont l'éclat est supérieur
de 3,5 % à celui du champ. Le tout se détache sur un fond dont
l'éclat est le seul facteur variable de l'expérience. Le sujet doit réagir
au moyen de clefs, avec la main droite ou avec la main gauche, selon
qu'il voit disparaître le cercle de ou de gauche : c'est donc
d'une véritable discrimination qu'il s'agit. On se propose d'étudier
l'influence de l'éclairage variable du fond sur la vitesse de ce disce
rnement ainsi que sur son degré de constance et d'exactitude.
On trouve que l'optimum correspond au cas où l'éclairage du fond
est sensiblement égal à celui du champ. Il suffit de doubler l'éclat,
du fond pour accroître déjà très sensiblement la difficulté. Ce travail SENSATION ET PERCEPTION 537
comporte des conséquences pratiques pour l'éclairage des ateliers..
Il faut réagir contre l'emploi d'une lumière excessive : dans certain
cas un éclairage local auxiliaire s'impose quand l'objet se trouve
dans une ombre portée (par exemple quand le dessinateur trace un
trait dans l'ombre par sa règle).
P. G.
JAMES D. WEINLAND. — The effect of grouping on the perception
of digits {L'effet du groupement sur la perception des nombres). —
Am. J. of Ps., XXXV, 2, 1924, p. 222-234.
Comment le groupement agit-il sur la perception rapide d'un en
semble de 6 chiffres ? La durée de présentation a été dans ces expé
riences de 172 a. : le sujet fixait un point marqué du champ où de
vaient apparaître les chiffres, et les notait immédiatement. Un sys
tème de pénalisations permet de comparer numériquement les ré
sultats (chiffres omis, ajoutés, déplacés, substitués). On trouve que
la présentation des six chiffres en un seul groupe ou en trois groupes
de deux est celle qui donne le moins d'erreurs : puis vient la séparation
en groupes, l'un de deux, l'autre de quatre chiffres : enfin la
division en deux groupes égaux de trois chiffres.
P. G.
H. SCHERMAN OBERLY. — The range for visual attention, cogni
tion and apprehension (L'étendue de V attention, de la connaissance et
de V appréhension visuelles). — Am. J. of Ps., XXXV, 3, 1924,
p. 332-352.
Il s'agit d'expériences d'évaluation du nombre de points noirs
présentés sur fond blanc au tachistoscope (de 4 à 15 points irréguli
èrement disposés vus pendant 40 a.). On demande au sujet d'indiquer
au moyen de nombres conventionnels le degré de valeur qu'il attribue
à son jugement. L'intérêt de ce travail vient d'un effort pour distinguer
et pour établir par l'introspection des sujets les différentes manières
de procéder. On convient d'appeler attention une perception imméd
iate de l'ensemble de points avec leur nombre, sans aucune compli
cation mentale et avec une clarté uniforme ; connaissance (cognition),
une perception de groupes de points (par exemple cinq points forme
ront deux groupes de trois et de deux) ; enfin appréhension une
connaissance reposant sur un acte de numération qui implique la
persistance d'une certaine image plus ou moins distincte. Chacun
des processus implique les précédents : ainsi dans l'appréhension, il y
a souvent perception immédiate d'un groupe et numération des points-
laissés en dehors du groupe ; dans la connaissance de deux groupes,
il y a deux actes élémentaires d'attention (avec inégale clarté). Pour
chacune de ces opérations, on a pu établir le seuil, c'est-à-dire le
nombre de points pour lequel il y a 50 % de jugements justes. Le
problème essentiel est celui de la validité des distinctions précédentes ;
il y a d'assez grandes variations d'un sujet à l'autre, tant au point de
vue de la valeur relative des seuils qu'à celui de l'effet de l'exercice.
P. G. 538 AÏNALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
.1. HARTMANN. — Neue Verschmelzungsprobleme [Nouveaux pro
blèmes de fusion). — Ps. For., III, 4, 1923, p. 319-396.
L'appareil employé dans cette étude est un tachistoscope qui
permet de présenter, soit une fois, soit deux fois à la même place, une
figure lumineuse, et de faire varier, soit l'intensité i, soit les durées
d'exposition ex et e,, soit celle de la pause p qui les sépare. On observe
aussi bien avec les deux présentations successives qu'avec une seule
le phénomène du mouvement y (expansion et contraction de la
figure). Avec deux présentations, en faisant varier la vitesse de l'ap
pareil, on peut établir les phases du phénomène : perception de deux
figures successives, dualité sans succession marquée, scintillement,
fusion ; on peut chercher l'influence de toutes les conditions variables
de l'expérience sur la marche du phénomène et sur la vitesse carac
téristique de la fusion parfaite.
A mesure que l'intensité croît, il faut des vitesses de plus en plus
grandes pour arriver à la fusion complète ; la durée critique £ = ex -\-
p -+- et décroît suivant une fonction exponentielle. Si on examine
séparément l'influence de e et de p, on trouve que, si et = e, est main
tenu constant, il faut de plus grandes vitesses pour compenser l'a
ccroissement de la durée de la pause. L'auteur étudie en détail l'i
nfluence de la durée de la pause-, par rapport à la durée totale, celle de
l'inégalité du temps d'exposition, celle du fractionnement de la durée
totale en plusieurs expositions et plusieurs pauses, enfin l'effet de la
forme des fentes qui conditionne la distribution dans le temps de
l'éclairage sur la figure.
La grandeur de la figure joue aussi un rôle. Elle agit (par exemple
dans l'épaisseur d'un trait) dans le même sens que l'intensité, et on
peut compenser l'accroissement de largeur par diminution de la
lumière. L'influence de l'épaisseur est plus grande que celle de la
longueur.
Enfin il y a, à surface égale, un effet de la forme de la figure. Les
figures, dans l'ordre suivant : cercle, hexagone, carré, triangle,
exigent des vitesses de plus en plus grandes. L'influence de l'intensité,
dans le sens indiqué plus haut, est plus sensible pour le trait que pour
des formes à structure plus « prégnante » comme le cercle.
L'effet dépend aussi de conditions subjectives. La fixation (com
parée à la vision périphérique) a une action complexe : avec de fortes
intensités, elle favorise la fusion : c'est le contraire de faibles
intensités. L'adaptation à l'obscurité (sauf pour des intensités très
faibles) favorise la fusion. L'exercice conduit a fixer le seuil avec plus
■de sûreté, sans le déplacer dans un sens déterminé ; la fatigue aug
mente la dispersion des mesures, et déplace légèrement le seuil du
côté des vitesses croissantes.
En étudiant l'influence de l'épaisseur d'un trait, H. avait déjà
remarqué la brusque modification de l'aspect qui fait apparaître le
trait comme un rectangle, comme une figure possédant une surface,
et supposait que cette appréhension de la figure jouait un rôle plus
important que la grandeur dans les variations du seuil de fusion.
Pour n'avoir pas à tenir compte de l'intensité et de la surface, il
s'adresse aux figures équivoques. Elles arrivent à la fusion plus tôt

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