Préface - liminaire ; n°1 ; vol.23, pg 5-6

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L'année psychologique - Année 1922 - Volume 23 - Numéro 1 - Pages 5-6
2 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1922
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Préface
In: L'année psychologique. 1922 vol. 23. pp. 5-6.
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Préface. In: L'année psychologique. 1922 vol. 23. pp. 5-6.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1922_num_23_1_30485PRÉFACE
Avec ce XXIIIe volume, Y Année Psychologique a repris sa pério
dicité annuelle ; et, d'après le nombre des analyses, correspondant
aux travaux de 1922 (octobre 1921 -octobre 1922), on se rend compte
que la tâche bibliographique est devenue très lourde. Mais, plus la
tâche est lourde, plus elle apparaît nécessaire, étant donnée la diffi
culté où l'on est de se tenir au courant d'études si nombreuses et si
variées, de consulter même la plupart des périodiques psychologiques,
dont le nombre s'est considérablement accru, et surtout les autres
périodiques généraux, spéciaux, biologiques, physiologiques, zoolo
giques, médicaux, philosophiques, physiques même, accueillant des
travaux, soit purement psychologiques, soit d'un intérêt direct pour
Je psychologue.
L'importance de la tâche s'est encore augmentée du fait que le
Comité de rédaction de Y Année Biologique a décidé de supprimer
le chapitre des Fonctions mentales que comportait l'importante
publication fondée par Yves Delage, en renvoyant à Y Année Psychol
ogique pour les comptes rendus correspondants, par une heureuse
coordination des efforts. Cette coordination était d'ailleurs d'autant
mieux justifiée que la Confédération des Sociétés scientifiques, qui a
pris la charge de Y Année Biologique, subventionne la bibliographie
psychologique que l'on n'aurait pas pu continuer sans cet appui.
U Année Biologique a pour but de faire connaître tous les travaux
d'intérêt général pour les biologistes, quelle que soit leur spécialisat
ion, tandis que, dans les multiples domaines qui relèvent de la
biologie, des bibliographies particulières et plus complètes renseignent
les chercheurs spécialisés.
La Psychologie est un de ces domaines particuliers, et son étroite
corrélation avec les autres apparaît avec une évidence chaque jour
plus éclatante. Les fonctions mentales sont indissolublement liées à
toutes les autres des organismes, et les travaux récents sur
les phénomènes affectifs, sur le rôle du système sympathique et des
glandes endocrines dans le jeu des tendances et la constitution de
l'individualité en sont une très belle illustration. Et si, d'autre part,
la vie collective entraîne des conséquences d'une importance indé
niable dans les fonctions psychiques des individus, on voit se rap
procher, se confronter, s'éclairer mutuellement la biologie et la
sociologie, comme on s'en rendra particulièrement compte en suivant
les multiples débats relatifs aux instincts de l'homme, à leur origine,
à leur matière, à leurs effets (et dont on trouvera les comptes rendus Vi PREFACE
dans la section ethnologique et sociale de la rubrique : Psychologie
comparée).
Pour de nombreuses questions, les travaux convergents des tra
vailleurs appartenant à des disciplines voisines ont permis de faire
quelques pas en avant, en particulier en ce qui concerne les fonctions
sensorielles, les mécanismes de la vision, les lois de l'audition, le
rôle de la sensibilité olfactive.
La psychotechnique s'affermit, se critique et s'étend chaque jour
davantage.
Et, d'autre part, des conceptions hâtives, des préjugés tenaces
se voient ébranlés par l'étude méthodique et soigneuse des faits.
On renonce de plus en plus à cet article de foi; indiscuté il y a vingt
ans, qu'il ne peut y avoir de fonctions psychiques qu'à localisation
corticale ; on se rend compte que les fonctions mentales impliquent
des circuits nerveux singulièrement plus étendus dans leur complex
ité. Et la théorie simpliste des tropismes, opposés aux mécanismes
des réflexes, s'écroule devant les observations concordantes de nom
breux biologistes : Dans le comportement animal nous n'observons
pas des catégories tranchées de réactions, dont la première corres
pondrait à des processus chimiques très simples ; les réactions él
émentaires en apparence sont déjà d'une très grande complexité, et
celle-ci croit régulièrement jusqu'aux activités supérieures, sans
que jamais se rencontre un fossé ; le seul fossé qui n'est toujours
pas franchi, mais que l'on n'a pas le droit, scientifiquement, de dé
clarer infranchissable, c'est celui qui précède l'organisme vivant.
Du biologique au psychologique, scientifiquement conçu, il n'y
a plus de différenciation que du point de vue arbitraire de nos clas
sifications faites pour la commodité de l'exposé et de la recherche.
Paris, le 5 juillet 1923.
H. P.

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