Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 423-440

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 423-440
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 423-440.
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 423-440.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6349PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 423
A. MARIE. — Homicides et trépanation. — Enc, XXI, 4, 1926,
p. 284.
Un jaloux tue sa femme et cherchant à se tuer lui-même ne réussit
qu'à se traverser les lobes frontaux. Sa blessure abolit le souvenir du
meurtre. Il devient épileptique, et ses crises abolissent le
d'une tentative de meurtre faite plus tard sur sa maîtresse toujours
par jalousie. H. W.
REBIERRE. — Faits exacts pris pour un délire. — An. Méd. Ps.,
LXXXIV, 5, 1926, I, p. 473-478.
Entretenu par l'incrédulité de l'entourage, l'aspect pathologique
de la victime et de son récit font place à des précisions et à des réac
tions manifestement vraies et normales dès que le malade trouve un
médecin prêt à l'écouter et à le croire. H. W.
A. GEILLIER. — Tentative d'homicide par pitié d'un père sur sa
fille aliénée et internée, au cours d'une tentative d'enlèvement,
avec menaces de mort sous condition et complicités multiples. —
Enc, XXI, 7, 1926, p. 549-552.
Curieux exemple de l'influence exercée par une aliénée sur son
père et par l'intermédiaire du père sur des personnes qui ne la con
naissent pas, qui ignorent tout de son cas et qui pourtant mettent à
exécution un complot pour la délivrer. Dans l'exaltation de son sen
timent paternel le père était décidé à tuer sa fille s'il ne réussissait
pas à la faire échapper. H. W.
b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce
EM. MIRA. — El Psico-anàlisi — Âplicacions practiques del Psico-
anàlisi. — Monografies Médiques, I, 2 et 3, Barcelone, 1926, 2 pet.
in-8 de 63 p.
Dans la première de ces monographies, l'auteur avec sa clarté
habituelle, expose, après un historique bref, les conceptions essent
ielles de Freud et celles d' Adler ; il développe ensuite, à l'aide de
son expérience personnelle, la technique psychanalytique, en parti
culier les épreuves associatives, étudiées avec soin, et l'interprétation
de la symbolique du rêve.
La deuxième monographie, qui continue la première, donne des
exemples d'analyse du rêve, envisage quelques techniques annexes,
passant très vite sur les procédés pour déceler l'émotion (le réflexe
psychogalvanique par exemple), exposant le procédé de î'onirisme
barbiturique de Claude, le psychodiagnostic de Rorschach (par la
tache d'encre).
Il passe aux applications médicales, à la thérapeutique, relatant
quatre cas cliniques personnels, et consacre quelques pages rapides
aux applications de la psychanalyse à la psychologie normale, à
l'histoire et à la sociologie, à la pédagogie, à l'orientation professionn
elle même (avec relation d'un cas intéressant à l'appui), à l'art et
à la littérature, à la philosophie et à la religion.
Et puis — in cauda venenum — vient un bref exposé des princi- 424 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pales critiques opposées au freudisme et dans le dernier chapitre
intitulé : Notre opinion sur la psychanalyse, M. prévient qu'il ne la
donnera pas, cette opinion, dans son exposé documentaire, mais qu'il
tient cependant à distinguer, de la doctrine interprétative, — avec
ses exagérations et ses inexactitudes pansexualistes, son subjec-
tivisme, son verbalisme qui crée des entités comme la « Cen
sure », etc., — la méthode d'investigation psychanalytique qui rend
d'incontestables services. . H. P.
SOBRAL GID. — -A vida psiquica dos Esquisofrénicos (La pie psy
chique des Schizophrènes). — • Jornal da Sociedade das Sciencias
Sfedicas de Lisboa, LXXXVI1I, 1925. Extrait, 61 p.
Exposé intéressant et clair de la conception psychologique de la
schizophrénie, telle qu'elle se dégage des travaux de Bleuler, inspirés
en grande partie, déclare l'auteur, des postulats de Freud, et consti
tuant une application de la psychanalyse à la théorie des psychoses,
exposé faisant appel à des observations personnelles, et comportant
plus d'originalité que ne paraît le dire S. Cid.
La triade symptomatique de la démence précoce est « l'autisme »,
l'introversion psychique, du côté intellectuel, l'inertie et le négati
visme, du côté psychomoteur, l'indifférence du côté affectif. Par
suite d'une modification des perceptions réelles, prenant un caractère
étrange et vague, et de Pobjectivation hallucinatoire des représen
tations, le monde intérieur prend la primauté sur le monde réel, avec
le défaut du sens du réel bien mis en lumière par Pierre Janet. Et
les modifications caractéristiques de la psychose apparaissent comme
des moyens de défense, des mécanismes d' « auto-protection » de la
Psyché contre une douleur morale.
En réalité, le développement de la personnalité qui se constitue
par une confédération de complexes, petits systèmes psychiques
idéo-affectifs, et n'assure son unité centralisée qu'au moyen de la
répression, de la sublimation et du transfert des tendances instinc
tives devant se soumettre à une dominante, se fait de façon très
différente dans deux types fondamentaux de constitution (compre
nant de multiples tempéraments), le type « syntonique b qui s'har
monise avec le milieu social, et comporte une réelle unification
personnelle, et le type « schizoïde » qui reste dissocié en complexus
autonomes, comparable au type de structure « polyp hrénique » de
l'enfant et du primitif, et qui aboutit à la psychose quand persistent
des tendances égocentriques inassimilables par le social, non répr
imées comme dans le type syntonique (qui fournira d'autres formes
de psychoses comme la maniaque dépressive). H. P.
A. MAEDER. — De la psychanalyse à la psyehosynthèse. — Bnc,
XXI, 8, 1926, p. 577-589.
Dans le milieu suisse, la doctrine psychanalytique a évolué vers
des conceptions psychosynthétiques, qui sont en contradiction sur
bien des points avec le freudisme. La psychanalyse oppose dans
l'individu sa libido avec les nécessités de son adaptation sociale ;
elle tire du pathologique la représentation du normal, de l'adulte
l'image de l'enfant, du passé l'explication et la thérapeutique de la PATHOLOGIQUE 425 PSYCHOLOGIE
névrose. Pour la psychosynthèse la personnalité n'est ni tellement
antagonique ni si foncièrement identique avec elle-même.
Au lieu d'une opposition entre l'être intime et l'être social il y a
des degrés dans l'activité psychique ; il y a l'activité de moindre
effort, la plus élémentaire, la plus immédiatement hédonique ou
utilitaire, et il y a de réalisation, qui répond à l'effort de
l'individu vers une plus grande perfection, c'est-à-dire vers l'assimi
lation ou l'intériorisation de motifs et de buts, qui ne lui sont pas
primitivement personnels. Si l'activité de moindre effort, mal réglée,
ou mal dirigée, peut aboutir à des perversions du sentiment %n de la
conduite, elle n'est pourtant pas par elle-même « polymorphe per
verse ». Hédonique sans doute, puisqu'elle est non-résistance au
penchant ou à l'occasion, elle n'est pas à proprement parler libido,
ni surtout cette libido qui suppose déjà chez l'enfant toute la sexualité
de l'adulte.
La situation de l'enfant entre son père et sa mère serait, selon
Freud, toute sexuelle : inceste et jalousie ou homosexualité. Dans
l'hypothèse psychosynthétique les sentiments d'attirance ou de
réserve que l'enfant éprouve vis-à-vis de ses parents n'ont pas cette
précision déjà toute évoluée, ils sont des besoins ou des motifs de
s'adapter, de se réaliser par rapport à autrui, par intuition et imitation
d'autrui, par intériorisation progressive de ce qui était primitivement
en autrui. Une imprudence, un malentendu peuvent sans doute
devenir l'origine d'une perversion ou d'une névrose. Mais, si l'analyse
du cas permet de le reconnaître, ce n'est pas de cette mise en évidence
que devra résulter la guérison : c'est d'un nouvel effort synthétique
d'adaptation au milieu et à l'avenir.
La psychosynthèse est une doctrine, non de pure analyse et de sou
mission au déterminisme, mais de construction, de reconstruction et
de libération. H. W.
G.-P. OBERNDORF. — - Psychiatry and Psychoanalysis (Psychiatrie
et psychoanalyse). — Am. J. of I., V, 4, 1926, p. 605-614.
Quelques considérations générales sur l'apport de Freud à la
psychiatrie après les tentatives de classification Kraepelinienne, en
tourant l'exposé d'un cas montrant l'existence de modes de réaction
catégories' mixte qu'on dynamiquement ne peut classer conçues de façon de Freud. satisfaisante On constatait dans l'une à la fois des
une tendance à fuir la réalité et un effort pour la modifier. H. P.
MINKOWSKI. — L'autisme. — J. de Neurologie et de Psychiatrie,
XXVI, 10, 1926.
L'auteur critique la conception de Claude faisant de l'autisme —
tendance à la rêverie morbide, perte de contact dans les actes et dans
la pensée avec le monde extérieur — le trouble mental de la schizo
phrénie, et précise sa propre conception de l'autisme, dont l'existence
isolée (en dehors des troubles schizophréniques liés à de
complexes) représente un mode d'activité personnelle (autisme
« pauvre ») aboutissant seulement à des « actes sans lendemain », des
acfes figés, ou « à côté », sans portée réaliste, même logiquement
conçue. H. P. 426 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ALFRED ADLER. — Le tempérament nerveux. — In-8 de
366 p. Paris, Payot, 1926. Prix : 35 francs. — La psychologie in
dividuelle. — Scientia, XXXIX, 1926, Suppl. français, p. 116-123.
Parmi les disciples de Freud qui ont dégagé leur originalité de la
lettre du dogme psychoanalytique, Adler est. sans doute celui qui a
atteint la plus grande notoriété et exercé le plus d'influence.
Il est donc intéressant de rendre accessible au public de langue
française l'exposé de ses conceptions systématiques, assez étroites
d'ailleurs.
Pour A., l'évolution psychique de l'homme, et ses déviations sous
forme de névroses et de psychoses, sont déterminées par l'attitude
à adopter « à l'égard de la logique absolue de la vie sociale » ; l'inadap
tation est la cause des troubles psychiques. Inutile de chercher dans
les structures du cerveau ni dans les lésions des cellules, ni même
dans les perturbations humorales, des causes qui sont, pour l'auteur,
d'ordre exclusivement psychologique, des causes qui se ramènent à
une seule, à savoir le sentiment d'infériorité au cours d'une enfance
difficile.
La généralisation à outrance du « sentiment d'incomplétude » de
Pierre Janet, localisé dans ces stades de la vie enfantine, sur lesquels
Freud a attiré l'attention pour la genèse des psychopathies, tel est le
point de départ d'A. qui développe en un peu plus de 100 pages sa
théorie, dans le livre qu'a traduit le Dr Roussel.
Les divers symptômes des névroses se rattachent à la réaction
de compensation que provoque le sentiment d'infériorité (né lui-même
de quelques défectuosités constitutionnelles de l'enfant ou de diff
icultés familiales, ou parfois d'un excès de soins tyranniques), réaction
qui consiste en une exaltation de la personnalité, en une « protes
tation virile » avec but fictif caractérisé par la volonté de puissance
et qui se construit en un schéma infantile, organisant toutes les
forces psychiques dans son cadre.
Le rêve est interprété, non plus comme réalisation de désirs infant
iles, mais comme tentative anticipée de conquérir la sécurité, de
s'assurer la maîtrise de situations futures.
L'essentiel du livre consiste en dix chapitres d'applications pra
tiques, concrètes, où se révèle l'effort dialectique d'interprétation de
l'auteur, sous le polymorphisme des sujets les plus divers, traités
avec une admirable confiance dans la valeur de la doctrine.
Les remarques, souvent, ne manquent pas d'intérêt, mais on a
l'impression que l'auteur se met des œillères pour ne regarder les
faits qu'à la lumière de sa théorie, destinée à tout expliquer et plus
encore. Au système universel de Freud, A. entend substituer un autre
système universel. C'est au fond le même esprit religieux, aussi
étranger que possible à la science chercheuse et modeste.
Dans l'article de Scientia, on trouvera un clair résumé général de
la conception, avec exposé de vues ambitieuses, la « psychologie
individuelle » d'A. prétendant devenir « une prophylaxie et une
conception du monde », — les formes qu'affecte la vie de l'homme,
la culture n'étant que des moyens d'atténuer le sentiment d'infé
riorité — , et prétendant comprendre seule « le destin originel de
l'homme, né de l'ignorance et de l'erreur ». PATHOLOGIQUE 427 PSYCHOLOGIE
« La conception du monde qu'elle préconise, conclut l'auteur,
constitue le moyen de sécurité le plus fort, car c'est un moyen qui
repose, non sur la faiblesse, mais sur la force ». Beaucoup de grandi
loquence, on le voit. H. P.
E. WEXBERG. — La théorie du « Caractère nerveux » selon
A. Adler. — Enc, XXI, 5, 1926, p. 391-398.
A l'exemple de Freud, Adler admet le rigoureux déterminisme
des faits psychiques, mais non la doctrine de la libido ni l'opposition
de la conscience et de l'inconscient. La personnalité humaine est
une ; tout y tend vers un but. Qu'il s'attache de la conscience à
certaines manifestations et pas à d'autres, c'est au but poursuivi
qu'il faut chaque fois en demander la raison. En se déployant, la
personnalité doit se confronter avec le milieu social et risque d'éprou
ver un sentiment d'infériorité besoin de compensation morale.
Ce besoin commande des réactions dont le sujet ignore le vrai motif
et qu'il explique par les circonstances les plus diverses et les plus
fortuites. Mais leur parfaite homogénéité apparaît à la lumière de ce
besoin. H. W.
A.-T. BOISEN. — Personality changes and upheavals arising out of
the sense of personal failure {Changements de personnalité et soulè
vements engendrés par le sentiment de V échec personnel). — Am. J.
of I., V, 4, 1926, p. 531-551.
Conformément aux vues de Jung, la névrose et la psychose appar
aissent à l'auteur, non comme une maladie mais comme une tenta
tive d'adaptation par réorganisation de la personnalité à la suite de
l'expérience d'un échec de celle-ci.
B. classe les modes de réaction, les attitudes et les solutions diverses
à ce problème posé par le sentiment de l'échec, aboutissant aux
résultats suivants : le type religieux par socialisation et unification
progressives de la personnalité, le type normal, le criminel, le misan
thrope, les types ascétique, superpatriote, voleur pathologique, les
types paranoïaques, les types psychonévrosiques, les psychopathes,
les schizophrènes simples et hébéphréniques.
Le type normal est ainsi mis sur le même plan que les types patho
logiques, comme représentant une des nombreuses modalités possibles
de réaction et d'attitude, se juxtaposant aux autres sans s'y opposer.
H. P.
A.-E. DAYIES. — An Interpretation of Mental Symptoms of de
mentia praecox {Une interprétation des symptômes mentaux de la
démence précoce). — J. of Abn. Ps., XXI, 3, 1926, p. 284-296.
La Symptomatologie de la démence précoce s'accorde à admettre
des perturbations dans les facultés d'orientation, d'appréhension,
de conscience du patient. Mais ceci ne suffit pas à caractériser un
état pathologique. La démence précoce est un trouble progressif de
la vie émotionnelle (elle se produit spécialement à la puberté, au
moment des grossesses, .etc..) et c'est le changement des réactions
affectives de l'individu vis-à-vis de son entourage qui attire l'atten
tion sur son cas. Cette modification est d'une espèce sinon d'un degré 428 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
qu'il serait dans l'ordre d'observer chez des individus normaux dont
la vie affective serait momentanément perturbée.
L'intelligence reste en général bonne au début. Elle s'altère pro
gressivement, d'abord par distraction : la pensée manque le « but ».
Au stade plus avancé elle dévient décousue et aboutit à la verbi-
gération.
On peut, semble-t-il, admettre qu'aucune lésion sérieuse n'existe
dans les engrammes sous-tendant les processus de connaissance :
il n'y a pas de dégénérescence dans les grandes cellules pyramidales
de la troisième couche du cortex (les neurologues actuels rattachent
les perturbations à des troubles des glandes sexuelles). Par ailleurs*
il y a des illusions spécialement dans les formes hébéphréniques et
paranoides qui sont amenées à s'effondrer lorsqu'elles se heurtent à
la réalité.
Le dément précoce se comporte comme s'il avait permis que les
troubles émotionnels qui accompagnent les contre-temps fatals de
l'existence devinssent des motifs centraux contrôlant sa pensée et
ses actes. Il essaye bien de rentrer dans la communauté dont il fait
partie, mais c'est en développant une hyperesthésie vers ce qui pourra
le faire souffrir. Il marque un retrait progressif de tous les points de
contact autour de lui de façon à organiser ceux qui lui restent comme
il lui convient.
Le traitement psychothérapique consisterait à aider le patient à
en conserver autant que possible avec son entourage et à développer
sa vie émotionnelle de façon que ses expériences récentes puissent
être assimilées de façon permanente aux autres éléments de sa per
sonnalité. M. L.
F.-L. WELLS. — Value Psychology and the Alfective disorder» with
special reference to Regression. A Review. (Psychologie des Valeurs
et désordres affectifs spécialement envisagés par rapport à la régres
sion). — J. of Abn. Ps., XXI, 2, 1926, p. 135-148.
Discussion d'un travail de Mac Kurdy, conduite par un psychanal
yste à propos d'un ouvrage de psychanalyse, ce qui en restreint
quelque peu la portée générale. L'auteur souligne la prudence avec
laquelle il faut discerner la « sublimation » de la « régression » dont la
signification dépend étroitement de la table des valeurs employée.
M. L.
JAMES L. MURSELL. — The logic of Sublimation. A Criticism. [La
logique delà sublimation : une critique). — J. of Abn. Ps., XXI, 1,
1926, p. 75-84.
La sublimation est un des aspects de la doctrine freudiste qui,
même chez les adversaires de celle-ci, rencontre une certaine indul
gence. C'est qu'en général on la détourne du sens que le freudisme lui,
donne. Serrée de près elle se manifeste comme moins logique qu'il
ne le prétend.
La sublimation, selon Jones, est inconsciente. Elle se rencontre
rarement chez les adultes, très fréquemment chez les enfants. Décelée
soi-disant par l'association libre et la récapitulation spontanée, ces
deux méthodes ne lui assurent aucune base solide. La seule vérité PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 429
essentielle est qu'il est plus important pour le bien-être d'un individu
en tant qu'élément social, d'avoir un développement psychique libre,
spécialement dans la sphère affective.
Le îreudiste considère que la sublimation aura lieu si l'on admet
que la tendance primitive n'est pas d'une force incoercible, que les
forces de répression ne sont pas inflexibles et qu'il y a possibilité
d'une heureuse extériorisation. Ceci revient à dire qu'un développe
ment psychique libre dépend d'une constitution raisonnablement libre
de tares héréditaires, et ensuite d'un traitement éducatif salubre.
Il est donc inutile de faire logiquement intervenir le mécanisme de
la sublimation. M. L.
JOHN T. MG CURDY, — A hypothetical mental Constitution of
Compulsive Thinker (Une constitution mentale hypothétique de la
pensée contraignante). — Br. J. of Med. Ps., VI, 3, 1926, p. 159-177.
Sous le nom d'idées contraignantes, l'auteur désigne des idées
inopinément surgies dans la conscience et que la critique immédia
tement approuve ou rejette, mais qui, une fois formulées, ne peuvent
plus se dissiper quels que soient les efforts faits par le sujet pour les
surmonter. La psychopathologie du cas est faite sur le mode îreu
diste : incompatibilité chez l'enfant entre son comportement actuel
et son idéal d'amour qu'il objective (image). Conflit entre le moi et
l'objet idéalisé, le second doit triompher en vertu de l'instinct dé
conservation. De ce fait l'objet réel doit disparaître pour ne pas
contredire l'objet idéalisé. L'enfant échafaude des plans de destruc
tion aboutissant au sadisme et à des processus intellectuels contrai
gnants qui l'extériorisent brusquement si l'adaptation se îait mal.
Le traitement est délicat. On observe sous une forme non morbide,
ce type de constitution chez des gens présentant une grande vigueur
intellectuelle. M. L.
H. FLOURNOY. — Le point de vue d'Adol! Meyer sur la démence
précoce. — Enc, XXI, 3, 1926, p. 180-194.
Sans nier l'existence des conditions organiques, soit anatomiques,
soit toxiques ou infectieuses, qui existent peut-être dans toutes les
affections mentales, il n'est pas démontré qu'elles en soient toujours
la cause exclusive ni le point de départ. Par sa manière de réagir, un
être vivant se modifie lui-même et s'il est vrai qu'il réagit en fonction
de ses aptitudes, qui ont sans doute un fondement organique, il réagit
aussi selon les circonstances et les situations qui ont ainsi une action
en retour sur son comportement et sur ses aptitudes. Ses réactions
réalisent un équilibre plus ou moins satisfaisant avec le milieu ; elles
peuvent ne pas répondre aux nécessités d'une adaptation utile et
correcte, et déterminer en se répétant une disposition à se désadapter.
Tel paraît bien être le cas de la démence précoce, dont il faut prendre
les soi-disant symptômes psychiques pour des causes. Quand elle
semble éclater soudainement à la suite d'un incident parfois futile,
elle n'est que la suite de réactions déjà défectueuses, qui non seule
ment l'annonçaient mais déjà la réalisaient. H. W. 430 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
P. GUIRAUD et H. EY. — Remarques critiques sur la schizophrénie
de Bleuler. — An. Méd. Ps., LXXXIV, 4, 1926, I, p. 355-365.
La doctrine de Bleuler sur la schizophrénie a été exposée ou déve
loppée de façon divergente par ses disciples, de telle sorte que ses
lignes essentielles ont' été faussées. Elle est une affection organique
et non psychogène : seul le détail des symptômes peut être expliqué
par des causes psychiques. Le trouble fondamental est un relâchement
des associations, d'où il résulte que les idées constituent des systèmes
fragmentaires par transfert, condensation, variation, généralisation,
consonance. Ces combinaisons illogiques, pratiquement inefficaces,
font passer au premier plan l'offensive, qui se fixant sur tels systèmes
partiels d'idées, constitue des complexes affectifs.
C'est d'eux que dépendent toutes les réactions du malade. Elles
sont ainsi soustraites à l'influence du milieu extérieur, surtout s'il
lui arrive d'être en contradiction avec les besoins ou les désirs du
malade ; il y a par suite barrage des réactions que pourrait exiger le
milieu. Par ce mécanisme psychique secondaire Bleuler explique, non
seulement les manifestations délirantes, mais aussi les manifestations
catatoniques, les attitudes cataleptiques, les stéréotypies, le négati
visme, dont il y a lieu de supposer au contraire qu'ils dépendent
immédiatement de lésions nerveuses.
Cette activité psychique sans rapport avec l'ambiance, c'est l'au
tisme. L'autisme ne joue pas le rôle de cause dans la schizophrénie ;
il ne lui est pas particulier ; il pourrait définir tous les délires, toute
l'aliénation mentale et aussi des catégories entières d'individus nor
maux, chez qui toute une partie de l'activité psychique reste étran
gère au cours des choses. C'est cette aptitude à la dissociation ment
ale que Kretschmer appelle schizoïdie. H. W.
W. BOWEN. — La complexion des schizophrènes. Faits et hypo
thèses touchant les rapports du physique et du moral dans la schizo
phrénie. — An. Med. Ps., LXXXIV, 4, 1926, II, p. 308-320.
Les trois types physiques qui, selon Kretschmer, répondent à la
schizophrénie : l'asthénique, l'athlétique et le dysplastique sans
parler des types mixtes ou indéfinissables, sont tous à des titres divers
des types dysplastiques, sans harmonie, faits de traits juxtaposés,
simple mosaïque de parties héritées les unes du père, les autres de la
mère. Cet aspect extérieur est à l'image de la complexion organique
et des éléments disparates qui entrent dans la constitution du système
nerveux. C'est la région opto-striée, domaine des instincts, de l'émo
tion, des automatismes, qui paraît être principalement en cause dans la
schizophrénie. Le désaccord entre les pièces qui le composent fait
que le sujet peine, gaspille sans résultat son énergie, et la souffrance
qui en résulte le distrait du monde extérieur en même temps que ses
rapports avec le monde extérieur augmentent sa souffrance, d'où
son autisme. Il est perpétuellement entre l'anesthésie par inappro
priation affective, et l'hyperesthésie qui est liée à toute son activité.
La discordance de ses mécanismes psychiques se traduit facilement
par l'ambivalence affective et par ces états de dissociation psychique
d'où peuvent résulter les hallucinations, les idées d'influence ou de
persécution, la persistance du puérilisme, l'effort de se ressaisir et de PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 431
s'unifier à l'écart de l'ambiance dans une attitude d'orgueil, ou la
tentation de se réfugier dans la catatonic H. W.
E. MINKOWSKI. — Démence précoce, schizophrénie, schizoïdie. —
An. Med. Ps., LXXXIV, 3, 1926, p. 253-266.
La démence précoce, sous ses formes : simple, hébéphrénique,
catatonique, paranoide, est une enti;e nosologique que Kraepelin a
fondée sur le caractère interchangeable de symptômes, la spécificité
des états terminaux, l'hérédité similaire ; mais il s'était borné à une
œuvre purement descriptive.
Blyuler paît de là et cherche quels sont les troubles élémentaires
d'où les autres dépendent. L'idéation se fait sans idées directrices,
sans rapport avec les exigences de la réalité ; et c'est ainsi, que malgré
l'intégrité de son matériel, en particulier mnésique, et même de son
formalisme logique, elle peut aboutir à l'ultime dégradation que repré
sente la salade de mots. De même l'affectivité ne s'accommode plus,
ni au changement des circonstances, ni à celui des pensées ; elle
reste sans influence sur elles, d'où résultent les effets de discordance
signalés par Chaslin. Enfin les manifestations volitionnelle sont ce
caractère d'ambivalence donc témoignent, si fréquemment les réac
tions du uénmnt précoce. Ainsi définie dans ses dispositions essent
ielles, la schizophrénie peut fort bien rester latente, c'est-à-dire être
identifiable sans donner lieu actuellement à des symptômes patho
logiques.
Sous l'influence des idées freudiennes, Bleuier ne se r>orne pas à
tracer le tableau clinique de la schizophrénie. Il lui reconnaît un
contenu psychologique. La schizophrénie réagit à des complexes
affectifs qui peuvent expliquer le détail de ses manifestations. Son
autisme consiste à subir l'influence presque exclusive de ces
et à perdre contact avec le réel. Mais les complexes ne sont pas la
cause de ta schizophrénie, il s'en rencontre chez bien d'autres que des
schizophrènes, et toute schizophrénie, même atténuée, a des condi
tions organiques, qui se traduisent essentiellement par le relâchement
des associations. La recherche des complexes permet cependant une
prise de contact avec le dément précoce et la possibilité de susciter
ses réactions, de le retenir sur la pente de l'autisme radical et de
l'ultime déchéance.
La schizoïdie est, selon Kreischmer, la constitution qui répond à la
schizophrénie. Chez les différentes variétés de schizoides se retrouvent
certaines constantes psychiques et physiques : d'une part désaccord
habituel avec l'ambiance et d'autre part type anthropométrique et
somatique qui les opposent au type syntone de la constitution man
iaque-dépressive.
Si on oppose à la constitution schizoiue la schizophrénie comme
une maladie suceptible de présenter .ifféents degrés depuis les plus
légers jusqu'aux plus graves, d'évolué plus ou moins rapid ment ou
de s'arrêter. ou même de guérir, il ne reste plus aucun motif de scinder
démence précoce et schizomanie. H. W.
H. CLAUDE. — A propos de la schizoïdie et de la schizophrénie. —
An. Med. Ps., LXXXIV, 4, 1926, I, p. 332-354.
Parti de la démence précoce de Kräpelin, Bleuier l'a nécessaire-

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