Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 477-487

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 477-487
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 477-487.
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 477-487.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5063Psychologie pathologique 47*?
608. — A. MAZZA. — Contributo alla malariaterapia délia demenza
pecoce e di altre psicosi ad eziologia non luetica (Contribution à la
malariathérapie de la démence précoce et d'autres psychoses à étio-
logienon syphilitique). — Riv. sp. di Fr., LV, 2, 1931, p. 257-271.
La n'a aucune influence sur les affec
tives, sur l'épilepsie ni sur le Parkinson post-encéphalitique. Dans
la démence précoce 12 malades (44 %) ont présenté des rémissions
notables. De ces 12, 6 dont 5 semblaient complètement guéris sont
revenus plus ou moins longtemps après, exactement dans le même
état qu'avant le traitement. Chez les 6 autres la guérison semble se
maintenir. Mais, dit l'A., il faut tenir compte des rémissions spon
tanées qui se produisent au cours de la démence précoce. Il serait
besoin d'un beaucoup plus grand nombre d'observations. H. W.
609. — ALFRED JOSEPH. — Rheumatoide Erscheinungen und
ihre seeliche Beeinflussung (Phénomènes rhumatismaux et leur
influence psychique). — Al. Z. für P., IV, 3, 1931, p. 146-169.
Observations personnelles de 100 malades, présentant des syn
dromes douloureux de lumbago, sciatique, et torticolis; sans signes
objectifs. 88 de ces malades ont été instantanément guéris par la
cocaïnisation de la muqueuse nasale (instillation de 5 gouttes d'une
solution de cocaïne à 10 %). Les résultats thérapeutiques les
meilleurs se sont montrés dans les cas où le début de la douleur est
apparu à la suite de l'effort, dans les cas d'échec on a noté une grippe
dans les antécédents. Le succès du traitement est attribué à l'action
réflexe de la cocaïnisation sur la sensibilité, d'une part,' et h
psycho thérapeutique qui a accompagné cette intervention, de
l'autre. B. N.
610. - J. KASANIN et E. G. COOK. - A study of one hundred
cases discharged « against advice » from the Boston Psychopathic
Hospital in 1925 (L'étude de 100 malades mentaux ayant quitté
l'hôpital psychiatrique de Boston contre Uavis du médecin). — Ment.
Hyg., XV, 1, 1931, p. 155-171.
Dans la période comprise entre 1925 et 1930, parmi les malades
qui ont quitté l'hôpital contre l'avis du médecin, 15 sont décédés
(1 suicidé), 44 réinternés de nouveau, et 36 se sont bien adaptés à la
vie sociale. Dans les cas de cyclothymie l'adaptation s'est observée
dans 2 /3 des cas, dans les cas de schizophrénie, dans 1 /3 des cas.
B. N.
b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce 1
611. - SOPHIE MORGENSTERN. - Conception psychanalyt
ique de la dépersonnalisation. — Evolution Psychiatrique, 2° S.,
2, 1931, p. 83-102.
Relation de trois observations où peut être observé sous forme
pure le curieux syndrome, mais relation imprégnée déjà des interpré-
1. Voir aussi les n°> 573, 588, 599, 604, 608, 749. 478 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tations psychanalytiques de l'auteur, qui, intervenant sur le malade
ne peut donner un exposé objectif de sa Symptomatologie.
La dépersonnalisàtion représenterait les effets d'une sublimation
non réussie, quand un tabou conduit à renoncer aux satisfactions
sexuelles habituelles, d'où des sentiments pénibles contre lesquels
s'édifie par transfert une discussion philosophique, ce qui permet, « sous
un camouflage très compliqué », de parler d«s questions dont l'abord
direct est impossible.
L'auteur donne ses interprétations avec une assurance qui t
émoigne de sa foi profonde en leur vérité absolue. H. P.
612. — E. GUTHEIL. — Ein geheilter Pall von Stottern (Un cas de
bégaiement guéri). — Zentr. fur Ps., IV, 1931, p. 171-187.
Observation d'un cas de bégaiement guéri par la psychanalyse.
Cette dernière a extériorisé le sentiment de la faute relié au complexe
homosexuel, attachement au père, doute sur l'origine du malade,
désir de la mort de là mère et d'autres enfants. Les inhibitions de la
parole traduisaient la peur de révéler ces tendances secrètes. La guéri-
son a été obtenue en 80 séances, effectuées dans la durée d'une année,
elle persiste déjà depuis 3 ans. B. N.
613. — O. KAUS. — Anmerkungen zur Individualpsychologie (Re
marques sur la psychologie individuelle). — Al. Z. für P., IV, 2, 1931,
p. 88-107.
Discussion de deux observations de malades, qui fait ressortir la
difficulté de la psychanalyse. Cette analyse serait plutôt un art,
qu'une science, elle demande beaucoup d'intuition et un équilibre
psychique bien établi de la personne qui fait l'analyse, pour obtenir
une interprétation des syndromes morbides amenant la disparition
de ces derniers. Dans les observations citées, il s'agissait d'une
Erhabenheitsneurose où le médecin traitant n'a pas réussi dans son
traitement. N'étant pas lui-même libéré de ce complexe il n'a pas su
trouver l'interprétation appropriée des syndromes morbides et n'a
pas pu en délivrer les malades. B. N.
614. — G. THEULIÉ. — La schizophasie. — An. Méd.-ps.,
LXXXIX, 1, 1931, 2, p. 113-123 et p. 225-233.
Bien que présentant certaines ressemblances tout au moins for
melles, les troubles du langage se divisent en deux catégories, ceux,
comme l'aphasie, la paraphasie, la jargonaphasie, qui atteignent le
mécanisme du langage et ceux qui touchent aux rapports du langage
avec la pensée ou les sentiments qu'il doit exprimer, c'est-à-dire à la
sémantique. Plusieurs degrés s'observent dans cette perturbation
de la sémantique : au premier degré le maniérisme, puis la schizo
phasie et enfin l'incohérence vraie, où le langage n'a plus aucune
espèce de sens. Dans la schizophasie au contraire, l'incohérence n'est
qu'apparente, c'est une pseudo-incohérence. Objectivement, ou
plutôt pour les autres, le langage a perdu toute espèce de significa
tion ; mais en dépit de ses bizarreries verbales, syntaxiques, en dépit
de ses néologismes, de ses stéréotypies il garde un sens pour celui qui PSYCHOLOGIE fATHO LOGIQUE 4^9
l'emploie et il est plus ou moins en rapport avec les troublés concomit
ants de la pensée ou de l'affectivité.
C'est en particulier, dans les différentes formes de la démence
précoce que s'observent le maniérisme, la schizophàsie, l'incohérence
qui peut aboutir à la salade de mots. Dans la forme simple de la
démence précoce la schizophàsie est en rapport avec la régression
de l'affectivité, dans la forme paranoide elle traduit plutôt le désordre
de la pensée. H. W.
615. - DRIANTAPHYLLOS. — Le trouble essentiel de la schizo
phrénie et des affections psychiques eh général. — Enc, XXVI, 4,
1931, p. 262-282.
Repoussant toute localisation cérébrale pour les phénomènes psy
chiques, attendu que les associations entre neurones psychiques
doivent se faire, à son avis, dans tous les sens, l'A. explique la A'é'-
mence précoce, comme là psychose maniaque-dépressive, la paranoïa
ou la psychasthénie-par la déficience de « Vidéation de la conséquence
logique », fonction la plus élevée dans la hiérarchie mentale, et assez
analogue à ce que Janet appelle « fonction du réel ».
A ses différents degrés de déchéance elle constitue le noyau en
quelque sorte négatif des différentes psychoses. Cette déchéance
peut être la conséquence d'une lésion quelconque des neurones psy
chiques. Les symptômes positifs des psychoses résultent dé l'idéation
restante, qui s'exerce « dans le sens des particularités psychiques
constitutionnelles», ces particularités pouvant ressortir soit à la
schizoïdiej soit à la cyclothymie, soit à la paranoïa.
Peut-être trouvera-t-on que dé telles explications n'expliquent pas
grand chose. H. W.
616. — C. PASCAL et J. VIE. — Démence précoce et schizophrénie
de Kretschmer-Morel et la notion du terrain dans la démence pré
coce. L'importance de l'œuvre de Morel dans la conception de Kret
schmer : hérédité et morphogrammes schizothymiques. Recherches
personnelles. Valeur de la àystrophie dans la démence précoce. —
Enc, XXVI, 4, 1931, p. 283-313.
Pour compléter ce titre important, qu'il suffise d'ajouter que les À.
opposent à la conception de Kretschmer que la démence précoce
dépend beaucoup moins du génotype que de contingences mult
iples, parmi lesquelles des infections, comme la syphilis ou la tuberc
ulose, et de tout ce qui peut constituer l'histoire individuelle du
malade. Mais le grand mérite de Kretschmer est d'avoir dé nouveau
attiré l'attention sur l'importance dés dystrophies. H. W.
617. — G. E. MORSELLI. — In témà di schizoîrenia [A propos de
la schizophrénie). — Riv. sp. di Fr., LV, 3, 1931, p. 490-512.
Revenant sur une observation antérieurement publiée et comment
ée, l'A. rappelle les distinctions faites par Bleuler entre symptômes
primaires et secondaires dé la démence précoce d'une part et signes
fondamentaux (spécifiques) et accessoires (non spécifiques) d'autre
part. Les deux distinctions né se recouvrent pas. Un symptôme peut
être tout à la fois secondaire et fondamental öu primaire et accessoire. 480 ANALYSÉS BiBLIOGRAPHIQUES
Par exemple Nautisme est une réaction psychique au procès orga
nique, c'est donc un symptôme secondaire, mais c'est une manifes
tation fondamentale ; au contraire, les crises épileptiques qui peuvent
se produire au cours de la D. P., sont une conséquence immédiate,
donc primaire du procès organique et pourtant une manifestation
accessoire.
Il y a dualité manifestement entre le procès organique et l'e
nsemble des réactions psychiques. A même peuvent
répondre des manifestations psychiques différentes, car elles dé
pendent en grande partie des circonstances, des événements, de l'am
biance, du passé qui sont propres à chaque malade. Mais dans quelle
mesure cette dualité empêche-t-elle un choc en retour des manifes
tations psychiques sur le procès organique ? Et même, en poussant
plus loin, certains cas de schizophrénie ne donnent-ils pas à penser
que, par toute une cascade de répercussions psycho-organiques, le
fait psychique puisse être à l'origine du procès organique ?
H. W.
618. - H. CLAUDE et H. BARUK. - Schizophrénie et tumeur
cérébrale. Troubles du comportement et du caractère à type schizo-
phrénique au cours de l'évolution d'un gliome du lobe temporal
gauche. — An. Méd.-ps., LXXXIX, 1, 1, 1931, p. 11-20.
Chez un sujet qui présentait des antécédents personnels et fami
liaux de déséquilibre mental, un gliome de la région temporale droite
paraît avoir joué le rôle de révélateur : désadaptation progressive
qui s'est manifestée dans ses rapports avec sa famille par une rupture
complète, dans son activité professionnelle, par une déchéance de
plus en plus profonde, dans sa vie sociale, par une solitude croissante.
La tumeur ne s'est révélée par aucun signe neurologique. Mais
l'anxiété et le pessimisme que présentait le malade paraissent être
un attribut fréquent des tumeurs temporales. H. W.
619. - H. CLAUDE et J. LEVY-VALENSI. - Psychose pério
dique et démence précoce. — Enc, XXVI, 5, 1931, p. 377-440.
L'opposition maintenant usuelle entre psychose maniaque-dépress
ive et démence précoce, entre circularisme et schizoïdie ne peut
être maintenue de façon absolue, car il existe bien des cas où non
seulement le diagnostic hésite, mais où le caractère de l'un et de
l'autre paraissent intriqués.
L'hérédité, dans les deux cas, peut bien avoir des traits particul
iers : hérédité similaire, spécifique et continue dans la psychose
maniaque dépressive ; polymorphe et discontinue la démence
précoce. Mais la folie maniaque-dépressive est la Psychopathie
plus représentée dans l'ambiance familiale de la démence précoce ;
s'ajoutant à une hérédité schizophrénique elle augmente le pourcen
tage de la démence précoce.
Les caractères cliniques des deux affections ne sont pas exclusifs
à chacune d'elles. En particulier, le syndrome proprement catato-
nique se rencontre dans d'autres affections que la démence précoce,
dans la confusion mentale, dans la paralysie générale et dans les
états maniaques-dépressifs. De même la discordance qui peut être très difficile à différencier de
la variabilité extrême des propos, des gestes, des manifestations affec
tives qui s'observent dans l'excitation maniaque. Les états mixtes
de la psychose maniaque-dépressive impliquent un germe de di
scordance.
L'intermittence des accès peut s'observer éventuellement dans la
démence précoce, comme dans la folie périodique. Les intervalles des
accès ne présentent pas toujours un retour à l'état normal dans la
psychose maniaque-dépressive, ni une déchéance dans les états schi-
zophréniques.
Il semble que la schizophrénie réponde à une certaine fragilité
des centres nerveux. Les troubles qui en résultent peuvent être
purement dynamiques ou aboutir à des lésions. Parmi les causes
qui les révèlent peuvent intervenir des accès maniaques-dépressifs.
Inversement, une démence précoce en évolution peut mettre en
jeu les dispositions maniaques-dépressives d'un malade.
H. W.
620. — H. HADLICH. — Schizophrene Denkstörung {Troubles
schizophréniques de la pensée). — Psych. Forsch., XV, 1931,
p. 359-373.
On cherche de plus en plus (la chose n'est pas toujours possible)
à poser aux malades des problèmes et à caractériser leurs troubles
intellectuels par leurs réponses. H. a étudié chez des schizophrènes
l'interprétation des proverbes et des fables. Il n'y a ici ni délire
onirique, ni hallucinations, ni confusion mentale ; mais, malgré sa
bonne volonté et ses efforts évidents, le sujet reste incapable de
saisir l'ensemble, les relations des diverses parties, de comprendre
le symbole et de s'abstraire du concret : dans certains cas, il y a
même une incapacité à saisir l'ordre des détails et un oubli de cer
tains éléments eux-mêmes. Pas de véritable fuite des idées comme
chez le maniaque ; le sujet sent qu'il y aurait un ensemble à dégager,
des rapports à comprendre, mais il y échoue ou ne donne qu'une
interprétation unilatérale. Les schizophrènes sont d'ailleurs essen
tiellement inégaux à eux-mêmes, fatigables, avec des périodes de
rémission, et il est intéressant, à cet égard, de comparer le malade
à différents moments sur les mêmes tests. P. G.
621. — J. JACOBI. — Eine gleichartig verlaufende schizophrene
Psychose bei einem zweieiigen Zwillengspaar ( Une psychose schizo-
phrénique à évolution similaire chez deux jumeaux bivitellins) . —
Z. für g. N., GXXXV, 1931, p. 298-304.
Deux jumeaux, de sexes différents,- ont eu tous les deux respect
ivement à 30 et à 33 ans une poussée schizophrénique. L'auteur
relève lés analogies dans le contenu de leurs psychoses : anxiété,
jalousie, sentiments de culpabilité avec remords, etc., avec un délire
interprétatif et des hallucinations chez la femme. D'où cette conclu
sion que le caractère et la personnalité, en somme tout l'être biolo
gique et endogène, jouent un rôle primordial dans la genèse de la
psychose, quoique les influences exogènes du milieu ne doivent pas
être sous-estimées. J. A.
l'année psychologique, xxxn. 31 .
4Ô2 ANALYSES ËÏBLlOGRAPHÎQUÈa
622. - LEO WOLFER. — Zur Therapie der Schizophrenie {Sur
la thérapeutique de la schizophrénie). — Z. für g. N., CXXXV,
1931, p. 321-322.
§|[L'auteur admet à l'origine de la schizophrénie une lésion tuber
culeuse envahissant le système endocrinien et produisant des alt
érations cérébrales. En partant de cette hypothèse, W. a essayé toutes
les thérapeutiques endocriniennes et cérébrales. Il a obtenu ainsi, sur
22 malades, 31, 81 % de guérisons et 18,18 % de rémissions ; chez
les autres, l'état est resté stationnaire. Chez tous les malades amélior
és, la psychose était récente. Une hérédité chargée n'a joué aucun
rôle dans le succès de la thérapeutique. J. A.
623. - W. MALAMUD et W. R. MILLER. — Psychotherapy in
the Schizophrenias (Psychothérapeutique en Schizophrénie). —
Am. J. of P., XI, 1931, p. 457-479.
Pour que cette psycho thérapeutique agisse il faut : 1° ne pas attendre
que la psychose soit avancée, sinon aucun espoir d'amélioration ;
2° il faut établir un rapport affectif avec le malade ; 3° il est néces
saire de rétablir un entre le malade et son ambiance ; 4° un
certain degré d'intelligence est indispensable pour que le malade
puisse saisir le mécanisme de la psychothérapeutique. J. A.
624. — L. MARCHAND. — Psychose polynévritique. Guérison ra
pide de la polynévrite. Etat démentiel consécutif à formé de dé
mence précoce. — An. Méd.-ps., LXXXIX, 1, 1, 1931, p. 39-42.
Le contraste entre la disparition des troubles polynévritiques et
l'évolution démentielle de la psychose paraît s'expliquer par les
prédispositions de la malade, dont le frère jumeau était atteint de
débilité mentale et qui avait elle-même présenté différents troubles
du caractère et de la conduite parmi lesquels ses habitudes d'intempé
rance. H. W.
625. - NOLAN, LEWIS et ELSIE BLANCHARD. - Clinical
findings in « recovered » cases of schizophrenia {Les données cl
iniques dans les rémissions des cas de schizophrénie). — Am. J. of P.,
XI, 1931, p. 480-492.
100 cas de schizophrénies graves, 96 hommes et 4 femmes, sortis
de l'hôpital, avec un certificat de rémission, entre octobre 1928 et
avril 1931, ont été soumis à un examen minutieux, clinique, physio
logique et social: 26 % seulement ont pu s'adapter d'une façon sati
sfaisante à la vie du dehors, et 27 % sur 88 hommes se sont engagés
afin d'échapper par une discipline venant de l'extérieur, aux difficul
tés intérieures. Les adaptations à la vie sexuelle sont bien pauvres et
de nombreux malades ont remplacé la vie hétérosexuelle normale
par diverses pratiques auto-érotiques. J. A.
626. — E. HERZ. — Ein weiterer Beitrag zur Frage der « sympto-
H^matischen » Schizophrenie (Nouvelle contribution au problème dés
schizophrénies « symptomatiques »). — Z. für g. N., CXXXVI,
1931, p. 311-321.
En accordant aux éléments endogènes un rôle décisif dans l'ëclosion
de la schizophrénie, l'auteur se demande s'il n'y a pas lieu de cher- PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 483
cher d'autres facteurs qui, en agissant sur l'organisme, surtout
sur le cerveau, contribuent à produire des états schizophréniques
« symptomatiques ». Afin de prouver l'existence de telles psychoses,
l'auteur rapporte le cas d'une jeune femme qui, à la suite d'un pre
mier accouchement, a présenté un état fébrile avec un peu d'agita
tion ; mais tout est rentré dans l'ordre au bout de quelques semaines.
Deux ans plus tard, à la suite d'un deuxième accouchement, on
constate le même état d'agitation fébrile avec désorientation, refus
d'aliments, oppositionnisme et fausses reconnaissances. Au bout de
1 à 2 mois, un état schizophrénique typique s'installe. La malade
rentre à la maison au bout de 10 mois, sensiblement améliorée, mais
deux ans et demi plus tard, on la ramène en pleine poussée de schizo
phrénie aiguë. La psychose serait déclenchée par un déménagement,
c'est-à-dire par un changement de la situation extérieure. L'auteur
revendique la définition de schizophrénie « symptomatique » pour
les cas où l'éclosion de la psychose a lieu dans des conditions diffé
rentes de celle des schizophrénies habituelles. J. A.
627. — G. B. GARDNER. — The learning ability oî schizophrenics
{Les aptitudes scolaires des schizophrènes). — Am. J. of P., XI,
1931, p. 247-252.
L'auteur a examiné 100 cas de schizophrénies, 50 femmes et 50
hommes, et il les a étudiés à trois points de vue : celui du rendement
scolaire prépsychotique, celui du degré d'instruction qu'a atteint
le schizophrène et celui des aptitudes artistiques spéciales. Il les a
comparés ensuite avec 100 cas de psychoses maniaques-dépressives.
Voici comment se présentent les résultats.
Il a constaté chez les futurs schizophrènes :
Hommes Total Femmes
Des aptitudes supérieures chez 19 23 42 moyennes 13 10 23
Des inférieures chez 16 12 28
Il a été impossible de déterminer les
aptitude* chez 2 5
50 10 Total
Chez les futurs maniaques-dépressifs, il a constaté :
I Tommes Femmes Total
33 36. Des aptitudes supérieures chez 69 aptitude? moyennes 7 8 15
Des inférieures chez 5 3 8
Il a été impossible de déterminer les
aptitudes chez 5 8 50" 3
Total 50 100 484 ANALYSÉS BIBLIOGRAPHIQUE»
L'auteur conclut ee qui suit :
1° Les schizophrènes présentent, avant leur psychose, une apti?
tude à apprendre inférieure à celle d'un nombre correspondant de
psychoses maniaques-dépressifs.
2° Les futurs schizophrènes n'atteignent pas un degré d'instruc
tion aussi élevé que celui des futurs maniaques-dépressifs.
3° Les aptitudes artistiques et musicales sont plus fréquentes
dans les schizophrénies latentes que parmi les étudiants qui deviennent
des maniaques-dépressifs. J. A.
628. — A. GLAUS. — Über Kombination von Schizophrenie und
Epilepsie («Sur une combinaison de la schizophrénie et de Vépilepsie).
- Z. für g. N., GXXXV, 1931, p. 450-500.
L'auteur présente 12 cas sur lesquels 8 supposent un diagnostic
double d'épilepsie et de schizophrénie. Il ne s'agit pas là d'une simple
combinaison de deux psychoses, mais il semble que l'épilepsie ait
rétrogradé pour céder sa place à une schizophrénie aiguë. Un seul
cas a débuté à 11 ans par une démence précoce et les accès épilep-
tiques n'ont surgi que trois ans plus tard. Dans tous les autres cas,
la schizophrénie a fait son apparition plusieurs années après le début
des accès épileptiques. Comme l'auteur n'a trouvé que 8 cas de com
binaison de l'épilepsie et de la schizophrénie sur les 6.000 schizo
phrènes de l'asile de Burghölzli, il conclut que la coïncidence des deux
psychoses est assez rare. Une aurait peu de chances de
se développer sur un terrain d'épilepsie grave. Même dans le cas
grave où la schizophrénie a précédé les accès épileptiques, le proces
sus schizophrénique n'a pas été aggravé par l'épilepsie. Les cas où la
schizophrénie serait déclenchée par une épilepsie semblent être plu
tôt une exception rare. Dans les deux variétés : processus alternant
et processus simultané, les deux psychoses semblent peu s'influencer
l'une l'autre. J. A.
C29. - J. LÉVY-VALENSI, P. MIGAULT et J. LACAN. -
Ecrits « inspirés » : Schi zograp hie. — An. Méd.-ps., LXXXIX, II,
5,1931, p. 508-522.
Chez une malade qui, sur un fond paranoïaque, fait un syndrome
d'automatisme mental, le langage oral est resté parfaitement normal,
mais le langage écrit présente différentes altérations qui le rendent
incompréhensible. Ces altérations peuvent être classées comme se
classent les troubles aphasiques. Ceux qui affectent la structure du
mot ou troubles verbaux : ils sont relativement peu marqués. Ceux
qui affectent la signification du mot ou troubles nominaux : ils se
réalisent ici selon différents mécanismes : par contiguïté de sens et
contiguïté sonore, suivant la méthode des etymologies populaires,
par extension et abstraction, par dérivation régulière, par emploi de
locutions patoisantes ou locales.
Les troubles qui affectent la phrase paraissent d'abord dans sa
structure, dans sa syntaxe. Ils sont peu marqués si l'on tient compte
qu'un substantif est souvent remplacé par un adjectif ou par toute
une proposition qui semble faire parenthèse, mais qui en réalité joue
son rôle dans la phrase. PATHOLOGIQUE 485 PSYCHOLOGIE
Enfin, la phrase peut encore être altérée dans sa signification. Elle
se développe sous l'influence d'une certaine passion affective. Mai-;
elle est dominée dans sa réalisation par certains schemes formels :
sentences, rythmes, refrains, assonnances. Les mots exprimés sont
ceux qui répondent à ces différentes attirances et non pas ceux qui
pourraient être compris de l'interlocuteur. H. W.
630. - H. BARUK et H. JANKOWSKA. - Les réactions émotives
dans l'hébéphréno-catatonie. — Enc, XXVI, 4, 1931, p. 315-329.
De même que l'inertie motrice des hébéphréno-catatoniques peut
être brusquement traversée d'impulsions violentes, leur apparente
indifférence affective se transforme parfois en intenses réactions
émotives. Leur état d'émotivité peut être démontré, en dehors de
toute manifestation extérieure, par l'analyse de leurs urines qui
montre souvent, comme celles des sujets émus, une augmentation
de pH, de Cl et d'Az.
Les motifs de leurs émotions peuvent résulter d'associations du
type réflexes conditionnels, ils être en rapport avec des
complexes affectifs. Mais ce qui est particulier, c'est la violence
manifestations émotives, c'est l'insuffisance de leurs mécanismes
frénateurs. Le fait s'observe également chez les pseudo-bulbaires.
Mais la différence entre le pseudo-bulbaire et I'hébéphréno-catato-
nique, c'est que dans le premier cas échappent à la frénation les
manifestations émotives elles-mêmes et dans le second cas les idées
qui ont pour conséquence les manifestations émotives. H. W.
631. — A. T. CHILDERS. - A study of some schizoid children
(Étude de quelques enfants schizoides). — Ment. Hyg., XV, 1, 1931,
p. 106-134.
Parmi les 114 enfants difficiles se trouvant sous l'observation de
Cleveland Child Guidance Clinic il y en a 19, chez qui on a trouvé de
nombreux signes schizoides : inadaptation à la vie sociale, rêverie,
hallucinations. L'auteur pense qu'il s'agit chez ces enfants d'un début
de démence précoce. B. N.
632. - L. MARCHAND, Mm« BONNAFOUX-SËRIEUX et
J. ROUART. — Syndrome de démence précoce chez des sujets ayant
présenté des affections organiques du névraxe. — An. Méd.-ps.,
LXXXIX, II, 5, 1931, p. 540-547.
Des troubles démentiels peuvent être immédiatement consécutifs
à des neurologiques d'origine infectieuse (poliomyélite, cho-
rée, encéphalite). Ils peuvent n'apparaître qu'après un certain délai ;
mais dans l'intervalle se sont produits, soit des troubles neuro-psyc
hiques, soit des troubles infectieux (attaques de rhumatisme) qui
font le trait d'union.
Enfin, l'intervalle peut être vide de toute manifestation patholo
gique. Deux hypothèses sont alors possibles : l'affection nerveuse a
préparé le terrain ; la même infection s'est réveillée, après être de
meurée latente. La seconde hypothèse est la plus vraisemblable.
H. W.

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