Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. - compte-rendu ; n°1 ; vol.33, pg 455-471

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L'année psychologique - Année 1932 - Volume 33 - Numéro 1 - Pages 455-471
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1932
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce.
In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 455-471.
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 455-471.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1932_num_33_1_5178PATHOLOGIQUE 455 PSYCHOLOGIE
b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce 1.
664. — E. D. PICHON. — La psychanalyse dans l'art médical. —
Evolution Psychiatrique, III, 1, 1932, p. 77-103.
Cette importante étude d'un médecin des hôpitaux , d'une grande
culture, linguiste très distingué, et psychanalyste ayant passé par
l'initiation orthodoxe, mérite une attention toute particulière.
P. commence par un excellent exposé schématique de la psycha
nalyse orthodoxe, méthode et doctrine. La méthode se fonde sur un
« débondement de V inconscient » pour lequel vaut la règle fondamentale
de « non-omission ».
Etant donné le « refoulement » qui empêche des représentations
pénibles d'affleurer la conscience (la répression étant lucidement
voulue), l'œuvre essentielle de la psychanalyse doit donc être un
« défoulement », conditionné par une reviviscence véritable des situa
tions traumatisantes, une « abréaction ».
La condition qui rend ce retour possible est le « transfert », ou
possibilité d'évocation affective par une situation suffisamment
analogue à la situation primitive.
Or la psychanalyse retrouve toujours l'enfance à l'origine des
névroses, qui dépendent, selon Freud, de perturbations d'une certaine
énergie psychique, la libido, énergie dont la destination principale
est la sexualité. Les poussées psychiques, ou pulsions (Triebe), dont
toute une classe sont libidinales, procèdent d'une sorte de réservoir
commun, le « Ça » (das Es) que l'auteur propose d'appeler le « Pulso-
rium », fournissant des pulsions personnelles, le « Je » (das Ich), qui
pourrait, selon P., être appelé 1' « Actorium ». Le je n'existe pas encore
dans la première enfance, la libido n'est pas orientée vers un objet
distinct ; c'est la période de confusion de 1' « auto-érotisme » ; elle
deviendra « objectale » quand le je se sera individualisé.
Les pulsions libidinales sont d'abord isolées, partielles, et, chaque
point du corps étant un foyer possible de plaisir, des pulsions buccales,
anales, génitales se manifestent. La primauté génitale apparaît
quand le je et l'objet se différencient.
L'attirance vers le parent de sexe opposé manifeste alors la pre
mière ébauche de l'attirance sexuelle générale (complexe d'Œdipe).
Enfin, la conception de la différence profonde des sexes étant tar
dive, la verge est d'abord considérée comme le seul organe sexuel, que
la fille a perdu — d'où un sentiment d'infériorité — et que le garçon
craint de perdre (complexe de castration).
« On voit, ajoute P., combien est complexe cette conception que
M. Freud et ses disciples n'ont à vrai dire échafaudée que pour pou
voir rendre compte des divers troubles observés en clinique psycha
nalytique ».
Il complète son exposé par l'indication de la systématique des
névroses, de la morale, de la religion, de la sociologie et de la poli
tique freudiennes, mais pour s'élever contre ces constructions, ainsi
que contre la tendance des psychanalystes à rejeter le reste de la
1. Voir aussi les n<>s 55, 60, 61, 86, 87, 616, 663, 825, 1264, 1265, 1543, 1544. 456 A-"\ALYSüö UlüLIOü KAI' Uly UKS
médecine et à s'en tenir à leur méthode et à leur doctrine, nécessaires
et suffisantes pour le traitement des névroses.
Il admet seulement l'obligation de l'initiation : ne peut être psy
chanalyste que celui qui s'est soumis au préalable à la psychanalyse.
« Après l'élagage des branches mortes, conclut-il, il reste un tronc
plein de vie et riche d'une sève précieuse. La différence entre le refou
lement et la répression, l'importance psychologique du refoulement,
ses conséquences nocives, l'origine en général infantile des névroses,
l'existence du complexe d'Gidipe, le rôle capital de la situation affec
tive familiale et delà sexualité dans la constitution des névroses, celui
du transfert et de l'abréaction dans la thérapeutique psychanal
ytique, la valeur des rêves comme précieux témoins de processus
psychologiques profonds, enfin l'efficacité indéniable de la psycha
nalyse dans toute une série de cas, voilà des acquisitions qui, selon moi,
sont définitives, et dont les cliniciens peuvent faire leur profit. »
Enfin, situant la psychanalyse parmi les méthodes psychothérap
iques, dans un esprit large évitant toute exclusivité, et en rappelant
que la méthode n'est pas aussi intimement liée que le croient bien
des Freudiens à la doctrine, P. montre comment il entend, en pra
tique médicale, l'exercice de la psychanalyse, et dégage de son expé
rience personnelle quelques conclusions synthétiques intéressantes
et certainement utiles. H. P.
665. — R. LŒWENSTE1N. — La psychanalyse et la notion de cons
titution. — Evolution Psychiatrique, 2e série, 4, 1932, p. 55-65.
L'auteur présente l'antagonisme delà psychanalyse avec l'emploi,
surtout à titre explicatif, de la notion de constitution. Mais il montre
que la psychanalyse n'élimine pas cette notion, et admet « les faits
indubitables de la transmission héréditaire de certains caractères
somatiques et psychiques. »
« La psychanalyse, dit-il, dans l'état actuel de nos connaissances,
ne peut déterminer nettement, dans certains cas, pourquoi certains
événements dans l'enfance* comme à l'âge adulte, conduisent tel
individu à la névrose ou ä la perversion sexuelle et permettent cepen
dant à un autre sujet de rester relativement sain, pourquoi dans un
cas apparaît une forme de névrose plutôt qu'une autre et un
autre cas, une perversion. La psychanalyse doit avoir recours à des
facteurs quantitatifs, à la notion d'une prédisposition, d'un terrain,
comme d'ailleurs toute science biologique. »
La psychanalyse, du moins pour L., admet donc l'existence de
facteurs constitutionnels, mais en réduisant leur portée, en n'y
voyant que des prédispositions. H. P.
666. — EDWARD GLOVER. — Medico- psychological aspects of
normality [Les aspects médico-psychologiques de la normalité). —
Bn J. of Ps., XXII.
Depuis quelque temps, le problème du critère de la normalité a
acquis une grande importance au point de vue de la pratique médicale.
Il est notoire qu'aujourd'hui plus qu'autrefois les médecins ont
affaire à une catégorie de malades auxquels on ne peut appliquer les
anciens critères organiques de la normalité. Il s'agit des nombreux PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 457
névropathes et plus encore des personnes qui, sans présenter de syn
dromes classiques définis, accusent divers degrés de maladaptation
ou d'inhibition sociales.
Or le problème de la normalité si important pour la médecine ment
ale, est étudié par G. du point de vue de la psychanalyse : l'appré
ciation la plus superficielle de la normalité s'appuierait sur l'absence
de défauts « caractérologiques » ou de maladaptations constituant
autant de symptômes. Mais la représente au fond, un
certain nombre de systèmes de réaction correspondant aux diffé
rentes phases de la maîtrise des tendances instinctives. Pour ce
qui est de l'enfance (jusqu'à l'âge de 5 ans) ces systèmes de réaction
équivalent aux maladies mentales. Il y a lieu de parler de psychoses
et de névroses normales de l'enfance, et l'auteur leur consacre un
long passage de son article. L'on peut dire aussi que la conduite
normale de l'enfant est conforme au principe du plaisir et de la doul
eur. Cependant, ce principe ne saurait s'appliquer à la mesure de la
normalité de l'adulte, étant donné qu'il a subi, au cours de l'enfance
et de l'adolescence, une transformation en « principe de la réalité ».
« La normalité de l'adulte représente ainsi un état dans lequel les
idées infantiles psychopathiques concernant le monde extérieur, ont
été réduites au point qu'elles ne sont plus incompatibles avec les
possibilités du plaisir de l'adulte. » En d'autres termes, la normalité
représenterait une certaine coïncidence (overlapping) de l'appréciation
psychopathique et objective de la réalité : ce pourrait être, suivant la
curieuse expression de l'auteur « une forme de la folie qui passe ina
perçue parce qu'il se trouve qu'elle est bien adaptée à la réalité » !
Bien qu'inspiré par le système de notions psychanalytiques, l'ar
ticle de P. se signale par une certaine fraîcheur de la pensée et par
des observations très pénétrantes qui peuvent être utilisées, en lai
' P. K. ssant de côté la psychanalyse.
667. — M. N. SEARL. — Some contrasted aspects of Psychoanal
ysis and Education {Quelques contrastes de la psychanalyse et de
l 'éducation). — Br. J. of Ed. ; Ps., II, 1932, p. 276-296.
La psychanalyse et l'éducation ont un but et des moyens communs.
Ce but c'est d'offrir des possibilités plus vastes et plus complètes au
développement psychique. Leur moyen c'est la compréhension. Mais
alors que le psychanalyste s'attache à l'étude du monde intérieur,
des émotions et de l'inconscient, l'éducateur se préoccupe avant tout
du monde extérieur physique intellectuel ou esthétique.
Si l'analyste veut faire œuvre utile il ne saurait attacher trop d'im
portance au dépistage des troubles de l'enfant et, de même que la
psychanalyse de l'adulte a pour but la libération de la pensée et du
sentiment par la libération de l'expression orale, de même la psy
chanalyse de l'enfant tend vers une semblable libération en dégageant
le jeu de toutes les inhibitions.
L'éducateur ne doit pas manquer d'acquérir une expérience per
sonnelle approfondie de la psychanalyse : il peut éventuellement
utiliser ces notions pour modifier les bases d'un système pédagogique,
mais il doit renoncer à tenter la fusion de deux techniques que leurs
conditions pratiques obligent à laisser distinctes. H. A. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 458
668. — ST. KROLL. — Der Wille zur Krankheit (La volonté de
rester malade). — Zent. für Ps., V, 8, 1932, p. 477-488.
Une des causes fréquentes de l'échec du traitement psychanaly
tique consiste dans l'opposition présentée par le malade, ce dernier
désirant rester malade. Le malade se défend contre le médecin
en lui cachant certains phénomènes, en le trompant sur d'autres.
Sur des exemples, tirés de son expérience personnelle, K. montre que
le succès thérapeutique n'est obtenu que lorsqu'on réussit à découvrir
les secrets soigneusement gardés par le malade. B. N.
669. — T. P. WOLFENSBERGBR. — Ein Psychokathartisch
behandelter Fall von Hysterie. Beitrag zur Kenntnis der Unterschiede
im dynamischen Ablauf der Psychokatharsis (Breuer) und der Psy
choanalyse (Freud) (Un cas d'hystérie traité par la psychocatharsis.
Contribution à la connaissance de la différence entre V évolution dyna-
nique.de la psychocatharsis et de la psychanalyse). — Zent. für
Ps. V, 10, 1932, p. 394-604.
En apportant l'observation d'une malade hystérique traitée par la
psychanalyse en état d'hypnose (psychocatharsis), l'auteur compare
ce procédé de psychothérapie avec la psychanalyse à l'état de veille.
La psychocatharsis, a l'avantage d'être plus rapide, mais ne deman
dant qu'une attitude passive du malade peut ne pas toujours êtrfc
efficace. La difficulté devient surtout grande quand il s'agit de
vaincre la résistance du malade. L'opposition peut se traduire par la
non-réussite de l'état hypnotique, devant laquelle on reste désarmé.
La psychocatharsis doit être utilisée surtout dans les cas d'hystérie,
la psychanalyse à l'état de veille dans les obsessions. B. N.
670. — M. MARGUSE. — Erlebnis Reproduktion und- Abreaktion
durch literarische Gestaltung in der Autokatharsis (La reproduction
et V abréaction sous une forme littéraire dans V autocatharsis). — Zent.
für Ps., V, 4, 1932, p. 211-217.
Observation d'un cas de névrose (érythrophobie), où le malade,
au cours d'une période de traitement psychanalytique, a produit
dans un état de rêverie, un récit qui présente une valeur littéraire
très élevée. Le contenu de ce reproduit le complexe psycholo
gique du malade.
Le malade n'avait jamais essayé d'écrire avant, sous l'influence de
la psychanalyse se seraient libérées des forces créatrices poétiques
insoupçonnées.
L'observation est destinée à apporter une contribution au pro
blème de la relation entre la névrose, la psychothérapie et la product
ivité artistique. B. N.
671. — E. CONRAD. — Eine Lernstörung (Une perturbation des
études). — Unsichtbare Klippen (Ecueils invisibles). — Viertelj. für
Jug., II, 1932, p. 174-179 et 237-241.
Analyse minutieuse (et quelque peu confuse) de deux cas de crises
d'anxiété paralysant le travail scolaire. L'auteur pratique une sorte
d'examen psychanalytique, faisant décrire par l'enfant, mis en con
fiance, des images qu'il évoque librement et qui sont considérées PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE v 459
comme symboles des complexes affectifs paralysants. Naturelle
ment, la libération de ce subconscient produit la guérison !
P. G.
672. — F. POLLAK. — Zum Problem des Masochismus (Ein Beitrag
zur Pathologie des seelischen Schmerzes) (Le problème du maso
chisme. Contribution à la pathologie de la douleur psychique). —
Zent. für Ps., V, 7, 1932, p. 385-398.
- En discutant les protocoles de psychanalyse d'un cas de maso
chisme l'auteur essaie de trouver l'explication du mécanisme par
lequel un syndrome douloureux peut se transformer en une sensation
de plaisir et d'excitation sexuelle. B. N.
673. — G. ROBIN. — Les frontières de la schizophrénie et de la dé
mence précoce. — Evolution Psychiatrique, 2e série, 3, 1932,
p. 91-103.
Réflexions un peu décousues, notations de « nuances » cliniques
permettant de porter dans certains cas un pronostic sévère ou favo
rable, suivies de considérations sur la psychologie de l'adolescent,
dans lesquelles l'auteur dit vouloir « répandre l'idée que l'adolescence
constitue un monde à part, incommunicable à l'enfant, incommunic
able à l'adulte, en un mot irréductible à nos modes habituels de
penser » ! Pourtant l'adulte garde des souvenirs précis de son adoles
cence, tout autres que ceux qui lui peuvent rester de sa première
enfance. H. P.
674. — P. COURBON. — De la constitution psychopathique à la
psychose. — An. Méd.-ps., XVI, I, 2, 1932, p. 146-153.
Y a-t-il une constitution schizoide ? Une constitution peut-elle
sans circonstance accidentelle ou étrangère se transformer en psy
chose ? La notion de constitution implique-t-elle celle d'innéité ou
seulement celles d'intensité et de durée (intensité insuffisante pour
qu'il puisse être question de psychose ; durée suffisante pour cons
tituer un état habituel), telles sont les questions posées par l'A. à
propos d'une famille dont deux membres, la mère et la fille, ont été
internés pour schizophrénie et dont les autres frères et sœurs pré
sentent une mentalité schizoide, pour autant que leur débilité ment
ale permet de le supposer. H. W.
675. — G. HEUYER et MUe SERIN. — Les formes arrêtées ou
fixées de la démence précoce. — An. Méd.-ps., XVI, I, 2, 1932,
p. 119-137.
Ce qui est souvent décrit comme rémission ou guérison dans la
démence précoce, peut répondre davantage à une forme arrêtée ou
fixée. Il n'y a pas restauration des fonctions atteintes, mais seulement
disparition des symptômes délirants, des désordres de conduite, qui
marquent la période aiguë: Les auteurs ont essayé de déterminer le
niveau mental de malades qui, après avoir été internés, avaient pu
reprendre la vie de famille et parfois une activité professionnelle
réduite. L'abaissement du niveau mental montre qu'il s'agit bien
d'une démence, au sens classique du mot, mais avec une grande 460 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dispersion des insuffisances mentales : les fonctions les plus atteintes
sont celles qui exigent un effort continu et dirigé. L'activité prag
matique est beaucoup plus endommagée que l'affectivité.
H. W.
676. — J. VIE. — Contribution à l'étude du caractère schizoide dans
les antécédents des démences précoces. — Paris Médical, XXII,
32, 1932, p. 128-130.
La démence précoce se développe-t-elle, comme le croit Kretschmer,
sur un terrain constitutionnel spécial comportant des anomalies phy
siques et des anomalies mentales intimement liées ?
L'auteur montre que le caractère des sujets avant l'éclosion de la
psychose peut être normal, mais qu'il peut avoir été modifié par des
affections intercurrentes et traduire l'état de souffrance de l'orga
nisme. Que, d'autre part, des poussées très précoces de la maladie
mentale peuvent laisser comme séquelles des troubles discrets.
L'existence d'une constitution schizoide n'est plus à envisager que
dans un nombre restreint de cas, sur lesquels il faudra faire la part
de l'induction morbide de croissance dans un milieu mentalement
anormal. M. H. P.
677. — H. CLAUDE. — A propos de l'anatomie pathologique de
la démence précoce. — An. Méd.-ps., XVI, n, 2, 1932, p. 195-196.
L'anatomie pathologique paraît être un des meilleurs moyens pour
introduire les distinctions nécessaires dans le groupe encore si confus
et si hétérogène de la démence précoce. D'où la nécessité de faire la
récolte systématique du matériel obtenu par autopsie. H. VV.
678. — HANS W. GRUHLE. — über die Häufigkeit der Schizophre
nie {Sur la fréquence de la schizophrénie). — Z. für g. N. CXL,
1932, p. 552-556.
Le pourcentage des schizophrènes par rapport à tous les aliénés qui
se trouvent internés dans les asiles d'Allemagne au moment du d
énombrement, varie entre 72 % et 57,6 %. Les limites des varia
tions des schizophrènes admis actuellement par an par rapport au
total des admissions, sont beaucoup plus grandes (entre 24,6 % et
63 %). Les cliniques privées ont beaucoup moins de schizo
phrènes et plus d'alcooliques et de psychopathes. A la clinique psy
chiatrique de Heidelberg, les schizophrènes forment en moyenne
23,9 % du nombre total des admissions ; ils constituent 33,8 %
par rapport aux cas de psychopathies et aux cas neurologiques,
et 56,3 % des cas par rapport aux grandes psychoses (schizophré
nie + psychose maniaque-dépressive -f- paralysie + épilepsie). L'au
teur attire l'attention sur l'importance de cette fréquence de la schizo
phrénie. J. A.
679. — TH. SIMON et P. LARIVIÈRE. — Hypothèses sur la
démence précoce. — An. méd.-ps., XVI, i, 5, 1932, p. 497-510.
La recherche du niveau mental chez les déments précoces cause
souvent une surprise, c'est de constater qu'il est beaucoup plus élevé
que ne le feraient supposer l'attitude habituelle et les réponses à côté PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 461
du malade. Il n'en est pas moins abaissé et sans doute primitivement
abaissé. Mais ce qui est le plus c'est l'usage spontané que le
dément précoce est capable de faire de son intelligence. H. W.
680. — LEROY ET MËDAKOVITGH. — Difficultés de diagnostic
dans la démence précoce. — An. Méd.-ps., XVI, 1,4, 1932,
p. 457-469,
Certains accès maniaques s'accompagnent de confusion et peuvent
ressembler plus à des accès hébéphréno-catatoniques qu'à la manie.
Les malades n'en gardent que des souvenirs lacunaires et confus, mais
qui peuvent suffire à montrer que les réactions les plus incohérentes et
les plus absurdes pouvaient avoir leur logique et s'expliquent, par des
illusions, des réminiscences, et des fausses reconnaissances.. H. W.
681. - F. PLATTNER-HEBERLEIN. — Persönlichkeit und Psy
chose asthe nischer und pik nischer Schizophrener (Personnalité et
psychose chez les schizophrènes asthéniques et pycniques). — Z. für 277-320.'
g.N.,CXLI, 1932, p.
Sur un effectif de 100 schizophrènes, l'auteur en a choisi 41 présen
tant des types somatiques nets : 30 asthéniques et 11 pycniques.
Parmi ces malades, il a gardé 10 asthéniques, les plus grands du
groupe, et ^ 0 pycniques. Ces cas ont été longuement observés, décrits
et mesurés. En se fondant sur l'étude de 20 malades P. -H. a trouvé
que les asthéniques sont d'un milieu plus élevé, qu'ils exercent
des professions plus différenciées, qu'ils ont une tendance à des mal
adies infectieuses. Ils semblent être immunisés contre l'artériosclérose,
le diabète, les dermatoses, affections auxquelles les schizophrènes
pycniques succombent souvent. L'hérédité est bien chargée chez les
deux types constitutionnels. Avant leur psychose, les asthéniques
ont des personnalités schizoides, les pycniques sont plutôt syntones.
Chez les asthéniques, la psychose éclate plus tôt que chez les pycniques.
Ces derniers vivent longtemps en dehors de l'asile, tandis qu'on est
obligé d'interner très tôt les schizophrènes asthéniques. Le processus
schizophrénique aboutit très vite à un état démentiel et à une cata-
tonie (au bout de 1 à 3 ans), tandis que chez les pycniques il e-st entre
coupé par des rémissions fréquentes. Aussi le pronostic est-il beau
coup moins favorable chez les asthéniques que chez les pycniques, la
fin démentielle n'étant observée chez ces derniers que dans un nombre
minime de cas, et cette fin ne survenant qu'au bout de plusieurs
années. Enfin l'attitude du malade vis-à-vis de sa maladie et de l'am
biance est essentiellement différente, le pycnique étant beaucoup
moins hostile et plus abordable au point de vue affectif que l'asthé-
nique. .1. A.
682. — E. KAHN et L. H.. COHEN. — Conflict and integration in
schizophrenic development (Conflit et intégration dans le dévelop
pement schizophrénique). Am. J. of P., XI, 1 932 p. 1025-1034.
C'est la discussion d'un cas de dissociation de la personnalité, cas
qui devrait par conséquent entrer dans les cadres de la schizophrénie,
mais que les auteurs s'attachent à traiter en dehors delà schizophré
nie stricte, vu l'évolution présumée de la psychose. Leur casuistique 462 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
est intéressante. On a déjà observé que les dispositions (Anlagen) ma
niaques-dépressives atténuent le processus schizophrénique et pro
duisent des rémissions et parfois des guérisons plus ou moins complètes,
Ayant révélé des dispositions anancastiques et paranoïaques dans le
cas rapporté, les auteurs espèrent que ces dispositions de la personnal
ité de la malade pourraient la sauver de l'issue fatale de la vraie schi
zophrénie. Ils ont noté, dans ce cas, de nombreux conflits qui seraient
dus à une lutte pour la réintégration de la personnalité, tandis que le
processus schizophrénique authentique est caractérisé par une ab
sence de conflits. La coopération de la disposition paranoïaque et de
la disposition anancastique aurait une grande importance dans la dé
termination du « niveau » de réintégration qu'une personnalité peut
atteindre et qu'elle peut maintenir. J. A.
683. — WINIFRED RICHMOND. — The dementieo-precox
Child (Venfant dément précoce). — Am. J. of P., XI, 1932, p. 1153-
1189.
De nombreux examens psychologiques et psychiatriques faits à
l'hôpital de Ste-Elisabeth, à Washington, et que l'auteur promet de
rapporter plus tard en détail, lui ont fait voir qu'il existe, à côté des
cas où la démence précoce se déclenche après un développement nor
mal ou même précoce, d'autres cas où le processus destructif est noté
dès le très jeune âge. On désigne souvent ces cas comme des défi
ciences mentales mais on les distingue très tôt et facilement de
la pure débilité. L'intelligence se développe au début parallèlement
à l'âge chronologique, mais l'âge mental commence tôt à être infé
rieur au quotient d'intelligence que les sujets promettaient dans leur
enfance, et ce quotient reste au même niveau jusqu'à la fin de leur vie.
Il semble se produire un processus comparable à celui observé dans
les psychoses organiques. J. A.
684. — G. SSUCHAREWA. — über den Verlauf der Schizophrenien
im Kindesalter (Sur le processus schizophrénique chez les enfants).
Z. für g. N., CXLII, 1932, p. 308-321.
L'auteur s'est attachée à étudier l'intensité du processus même
dans la schizophrénie infantile (forme aiguë ou chronique). Sa do
cumentation porte sur 107 observations d'enfants âgés de 7 à 17 ans
dont 56 % de garçons et 44 % de filles. Au point de vue de
leur situation sociale, il y a 36 % d'ouvriers, 20 %
de paysans, 30 % de fonctionnaires et 8 % d'enfants d'asiles. Les
enfants étaient partagés en deux groupes : groupe infantile (25 en- .
fants) et groupe pubertaire (82 enfants âgés de 14 à 17 ans). L'auteur
a ainsi obtenu deux formes essentielles (selon l'âge et selon l'intensité
du processus) : une forme infantile insidieuse et lente et une formp
aiguë pubertaire. La première est représentée par 20 cas (dont
14 garçons). Ce qui frappe chez les représentants de ce groupe c'est
l'absurdité de leurs actes, l'impulsivité indifférente et l'entêtement
immotivé. L'évolution ultérieure de ce processus se poursuit dans deux
directions différentes : une partie prend des traits hébéphréniques ;
une autre partie plus nombreuse, va vers la catatonie. Dans 75 %
des cas on a constaté une déficience motrice. En ce qui concerne le PATHOLOGIQUE 463 PSYCHOLOGIE
développement intellectuel, il était normal dans la plupart des cas;
dans 5 cas seulement il y avait arriération nette et dans 3 cas dévelop
pement précoce. Au point de vue héréditaire 88 % des cas étaient
chargés (dont 42 % de tuberculose). Toutes ces données font
ainsi supposer qu'il s'agit ici d'une psychose chronique endogène.
Le deuxième groupe, les schizophrénies pubertaires se présente
différemment. Le trait saillant est ici l'intermittence du processus :
elle est notée dans la plupart des cas. La réaction la plus fréquente à
l'état psychotique est l'angoisse et une perplexité. Les troubles des
perceptions sont fréquents également. D'une façon générale, le tableau
clinique se rapproche de celui de l'adulte, tel qu'il est présenté par
Kraepelin. Dans 20 % des cas, on a constaté des troubles de
l'orientation et de la conscience. Ce fait, joint à celui d'une hérédité
beaucoup moins chargée (42 .%•), semble indiquer à l'auteur qu'il
s'agit dans ce groupe plutôt d'un processus aigu et exogène (auto
intoxication).
Il existe encore deux formes secondaires : une forme aiguë infantile
et une forme chronique pubertaire, mais ces deux formes sont beau
coup moins caractéristiques. La première n'est constatée que dans
20 % des cas et les erreurs de diagnostic sont fréquentes. La deuxième
est représentée par 15 % des cas, dont plusieurs datent depuis
l'âge infantile, et ne se distinguent pas du type infantile classique.
Les autres formes sont caractérisées par des réactions criminelles
(vols, prostitution).
En ce qui concerne l'intensité du processus, l'auteur accentue le
rôle des facteurs exogènes et l'interprétation de la schizophrén
ie comme étant un défaut de résistance bio-physico-chimique de
l'organisme dans son ensemble, lui semble plus plausible que celle
d'une base constitutionnelle dans le sens de Kretschmer. J. A.
685. — CUNHA LOPES. — Ethnographische Betrachtungen über dis
Schizophrenie (Considérations ethnographiques sur la schizophrénie).
— Z. für g. N., CXLII, 1932, p. 706-711.
Sur 970 malades nés au Brésil et examinés à la clinique psychiatrique
de l'Université de Rio de Janeiro, on a trouvé 147 cas de schizophrén
ie, c'est-à-dire 15 % environ. Il y avait 82 blancs, 39 métis et
26 noirs. En ce qui concerne les types de schizophrénies, les malades se
répartissaient de la façon suivante : 3 héboïdophrénies — 2 blancs et
1 noir, (2,04 %) ; 74 hébéphrénies — 41 blancs, 19 métis et 14 noirs
(50, 34 %) ; 51 catatonies — 30 blancs, 12 métis et 9 noirs (34, 70 % ;
et 19 démences paranoides — 9 8 et 2 noirs (12,9 %)
J. A.
686. — F. D 'HOLLANDER et ROUVROY. — La démence précoce
est- elle d'origine tuberculeuse ? — An. Méd.-ps., XVI, n, 4, 1932,
p. 417-429.
Le liquide céphalo-rachidien de 12 déments précoces injecté au
cobaye a donné, dans 11 cas, des lésions tuberculeuses disséminées
dans différents viscères. Ces lésions ressemblaient à celles provoquées
par l'injection de produits prélevés sur un tubercule cérébral et
sur une méningite tuberculeuse. Elles n'étaient souvent décelables qu'à

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