Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. - compte-rendu ; n°1 ; vol.35, pg 443-458

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L'année psychologique - Année 1934 - Volume 35 - Numéro 1 - Pages 443-458
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1934
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce.
In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 443-458.
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. In: L'année psychologique. 1934 vol. 35. pp. 443-458.
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de la ville. L'enquête présente est une étude poussée de 6 de ces jeunes
élèves, et de 3 jeunes gens qui ont été soumis à ce régime pendant
leur séjour à l'hôpital. Sur ces 9 cas, 5 étaient des psychopathes sans
psychose réelle, et 4 ne présentaient qu'un problème de conditions
du milieu.
Cette étude comportait un questionnaire de 36 questions choisies
parmi celles de l'étude sur la personnalité par Hoch et Amsden,
remis aux maîtres d'école des enfants. Les réponses montrent que
l'adaptation des jeunes patients est satisfaisante quant au groupe.
L'A. conclut donc que la ligne suivie par cet hôpital est la bonne.
J. F.-W.
523. — W. VAN DE WALL et E. D. BOND. — The use of music
in a case Of psycho-neurosis (L'utilisation de la musique dans
un cas de psychonévrose). — Am. J. of P., sept. 1934, p. 287-302.
Il s'agit d'un essai intéressant mais bien luxueux, consistant à
réadapter, en l'intéressant aux arts, et spécialement à la musique,
une jeune femme de 29 ans qui depuis l'âge de 9 ans souffrait de
fortes douleurs sur presque toutes les parties du corps, douleurs,
d'origine apparemment fonctionnelle, qui la rendaient incapable de
tout travail. Il était assez facile d'intéresser cette personne très musi
cienne elle-même et d'une famille de musiciens. En outre, la jeune
femme se trouvait dans des conditions assez exceptionnelles : dans
une grande ville où l'on faisait beaucoup de musique, elle était
entourée de 2 dames musiciennes, un technicien et un régisseur de
musique, qui tous collaboraient à la rééducation de la malade par le
chant, le piano, la danse et le jeu théâtral. L'essai a pleinement
réussi, en transformant l'état de repliement pitoyable sur elle-même
d'avant le traitement en une activité heureuse et pleine de compassion
pour l'entourage. J. A.
b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce1
524. — M. BRIERLEY. — Present tendencies in Psychoanalysis
(Tendances actuelles dans la Psychanalyse). — Br. J. of Med. Ps.,
XIV, 3, 1934, p. 211-229.
Étude sur les premières théories de Freud, sur les nouveaux
concepts apparus entre 1905 et 1923, sur les développements récents
et sur les enseignements tirés de la psychanalyse des enfants, part
iculièrement en Angleterre où l'influence de Melanie Klein est en ce
moment prépondérante. J. F.-W.
525. — H. LUNGWITZ. — Die Entdeckung der Seele. Allgemeine
Psychobiologie (La découverte de l'âme ; psychologie générale). —
1 vol. in-8° de 707 pages. Kirchhain N.-L., Kurt .Schmersow,
2e édition, 1932.
L'A., phénoménologiste éclectique, présente une troisième hypo
thèse biologique en ce qui concerne le meurtre traditionnel imputé
à la famille primordiale (la première étant celle de Freud : les fils
tuent l'aïeul ; la seconde celle de Götz : les aïeux tuent leurs fils) :
1. Voir aussi les Nos 381, 495, 575, 444 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'aïeule tue et dévore l'homme post coitum : elle procède de la même
façon à l'égard de ses fils prolifiques l'un après l'autre ; dans les
intervalles de chaque année, elle mange aussi ses autres enfants.
(Admettons, pour comprendre notre propre existence, que quelques
enfants ont pu échapper à ce sort funeste). De cette hypothèse, L. en
déduit une autre touchant l'ontogenèse des sentiments, dont il
discerne 5 types principaux : la faim (sentiment du vide des cavités
du corps), l'angoisse (sentiment d'ouverture des cavités du corps),
la douleur (sentiment de pénétration d'un objet dans l'ouverture),
le deuil de morcellement), la joie (sentiment de rassa
siement). Ces sentiments correspondraient à ceux que l'aïeule aurait
éprouvés en accomplissant ses gestes sexuels et alimentaires.
S'il se produit, chez l'individu, quelque déséquilibre au cours
de l'évolution des systèmes de réflexes nerveux où s'engendrent ces
sentiments, il en résulte des névroses. La thérapeutique consiste à
développer les systèmes de réflexes arrêtés dans leur croissance.
Il s'agit d'une thérapie purement verbale.
Au cours de l'évolution de l'individu, la maturité mentale ne
s'accomplit, selon M. L., que vers 40 ans. Jusqu'à cet âge, la pensée
reste juvénile, infantile même, imbue des préjugés de cause. La
causalité n'existe en effet, d'après l'A., que dans l'intuition infantile
et juvénile. En réalité existe seule la succession des faits dans le
temps et l'espace. Or, seul l'homme mûr se rend compte de cet
état de choses. En conséquence, M. L. ne propose aucun effet causal
ni final à sa thérapeutique (traitée dans un livre ultérieur : Erkenntn
istherapie. V. n° 1415).
L'A. lutte contre tous les mysticismes qui se soient jamais
attachés à la notion de l'âme. A la recherche du substratum bio
logique de l'âme, il découvre les systèmes de réflexes, et il construit
toute une réflexologie. En déboutant la démonstration causale de
ses prétentions, M. L. fait de nombreuses allusions philologiques,
et à chacune de ses hypothèses ajoute d'abondantes spéculations
philosophiques. Croyant avoir réduit tout le problème psychique
à la seule antinomie : corps-âme (« Leib-Seele-Problem »), l'A.
affirme avoir résolu celle-ci par ce qu'il nomme la science psycho
biologique. L. a inauguré et achevé personnellement sa science.
On ne sera donc pas surpris qu'il n'ait eu besoin ni de collaborateurs
ni d'instituts de recherche ; mais il s'est créé une chapelle de disciples
et prétend que toute étude profonde de sa doctrine impose une
adhésion. O. M. -M.
526. — GENIL-PERRIN. — Psychanalyse et Criminologie. —
In-16 de 188 pages. Paris, Alcan, 1934. Prix : 15 francs.
L'auteur a voulu mettre le public cultivé au courant des tenta
tives qui ont été faites d'utiliser la psychanalyse dans la pratique
criminologique, ce à quoi il est formellement opposé, envisageant
seulement la psychanalyse freudienne, et cela « en raison des pro
fondes répercussions sociales que pourrait avoir le succès de semblab
les conceptions ».
Après quelques notions préliminaires sur la psychanalyse, l'auteur
expose comment, dans la doctrine, est envisagé le crime, symptôme PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 445
névrosique commis par recherche d'un soulagement moral à une
obsession chez un individu « hypermoral », de quelle nature est
la réforme judiciaire réclamée, et fondée sur la substitution, aux
méthodes répressives, d'un traitement analytique.
Ayant posé la question à de nombreux psychiatres et crimino-
logistes de la possibilité en médecine légale d'utiliser la psychanalyse,
l'auteur résume les réponses obtenues, dont quelques-unes favorables,
un plus grand nombre défavorables, certaines émanant même de
psychanalystes notoires.
Enfin, il procède à une critique directe. Il ramène l'appoint
nouveau à trois données, l'attribution à une intention inconsciente
de délits occasionnels et involontaires, la substitution du trauma psy
chique à la notion de dégénérescence dans l'étiologie de la criminalité,
la découverte par l'analyse des intentions inconscientes ou des trau
mas psychiques.
Le premier point lui paraît dénué d'intérêt. Sur le second et le
troisième, la valeur possible est subordonnée à l'acceptation scienti
fique de la conception freudienne.
C'est le problème de la valeur de la psychanalyse pour le diagnost
ic et le traitement qui est posé. Et pour l'auteur, la solution, de
ce point de vue, est négative. H. P.
527. — L. S. KUBIE. — Relation of the conditioned reflex to psycho
analytic technic (Relations du réflexe conditionné avec la technique
psychoanalytique). — Ar. of N., XXXII, 1934, p. 1137-1142.
L'auteur veut donner un fondement scientifique solide à la
méthode psychanalytique dans la notion du réflexe de Pavlov.
En facilitant le flux verbal du patient sans le guider, on obtient
un enchaînement dans lequel chaque élément du langage agit comme
stimulus conditionnant du suivant, ce qui serait la version parlée de
l'expérience classique du réflexe conditionné.
Mais quelle différence y a-t-il avec la notion plus ancienne de
1'« association des idées »? H. P.
528. — E. A. D. E. GARP. — Die Anwendung der Psychanalyse aïs
Form von Psychotherapie (U application de la psychanalyse comme
forme de psychothérapie). — Zentralbl. f. Ps., VII, 6, 1934,
p. 317-329.
C'est à la suggestion que la psychanalyse devrait, d'après l'auteur,
la plus grande part de son succès thérapeutique. C'est également là
l'élément de la méthode qui peut devenir dangereux pour le malade.
Il est donc important d'en tenir compte pour le plus grand bien du
malade. B. N.
529. — P. BJERRE. — Psychosynthèse contra Psychoanalyse. —
Zentralbl. f. Ps., VII, 5, 1934, p. 261-277.
En apportant quelques observations de malades, l'auteur oppose
à la théorie de la psychanalyse, celle de la psychosynthèse. D'après
cette dernière, pour obtenir une guérison de la névrose, il ne suffit
pas de rendre conscient l'élément refoulé du complexe, il faut en plus 446 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
faire assimiler cet élément par l'individu. La santé psychique de
l'individu est conditionnée l'assimilation psychique de ce fait
nouveau. B. N.
530. — I. BRAT T. — Ueber die Heilungsarbeit bei der Neurosenbe
handlung (Le traitement des névroses). — Zentralbl. f. Ps., VII,
5, 1934, p. 286-295.
Après avoir révélé au cours de la psychanalyse les tendances
refoulées ayant causé la névrose, l'auteur préconise de faire revivre
au malade la situation qui a provoqué le traumatisme. A ce moment,
le médecin doit se comporter comme l'entourage du malade aurait
dû se comporter dans le temps, pour que le complexe n'eût pas lieu.
B. N.
531. — P. FEDERN. — The analysis of Psychotics ; on technique
(L'analyse des psychoses). — I. J. of Psychoan., XV, 2-3, 1934,
p. 209-214.
L'A. propose une technique restreinte, basée sur le fait qu'en ana
lysant des psychoses, nous avons bien plus besoin de transfert qu'avec
des névrosés, tout en le contrôlant beaucoup moins bien puisque dès
qu'il se produit une résistance dans le transfert, le sujet abandonne
son rapport avec l'objet. D'autre part, dans la lutte contre les rési
stances, nous ne pouvons compter sur un moi ferme. Or, comme ce que
nous visons est justement une réparation du moi, nous devons éviter
de lui imposer un fardeau additionnel. Avec cette réserve, il faut
chercher à analyser le malade aussi complètement que possible.
L'analyse rend la partie encore saine du moi, celle qui tend, encore
vers la reconstruction du reste, capable de se comporter normalement
envers les pulsions qui l'assaillent, et le malade trouve moins néces
saire d'échapper à ses conflits par la régression. On allégera sa tâche
en encourageant l'abréaction (plutôt qu'en la supprimant totalement
par les calmants), et le transfert, dans lequel l'identification à l'ana
lyste est une cause de plus de renforcement du moi. J. F.-W.
532. — H. SHEEN AND ARE. — On making contact with the child
patient (L'entrée en contact avec V enfant en traitement). ■ — I. J. of
Psychoan., XV, 4, 1934, p. 435-439.
Le contact psychanalytique avec l'enfant est basé sur la compré
hension de ses conflits inconscients par la technique du jeu. Généra
lement, dès qu'une interprétation correcte de son jeu a été donnée,
un contact s'établit qui, s'il est soutenu par de nouvelles interpréta
tions correctes et une attitude détachée de la part de l'analyste, peut
mener l'enfant à supporter une longue analyse.
L'interprétation des phantasmes combat l'angoisse, parce que
l'enfant voit que la personne même contre laquelle sa soi-disant toute-
puissance est dirigée, sait parfaitement tout ce qu'il veut en faire,
et pourtant ne montre pas de peur et ne se venge pas, ce qui est pour
l'enfant une expérience essentiellement nouvelle et satisfaisante.
J. F.-W. PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 447
533. — R. LAFORGUE. — Resistances at the conclusion of analytic
treatment (Les résistances à la fin du traitement analytique). — •
I. J. of Psychoan., XV, 4, 1934, p. 419-434.
Le distingué psychanalyste parisien donne des conseils techniques
pour vaincre les résistances suprêmes qui surgissent à la fin du
traitement : devant le sevrage du soutien et de 1'« amour » du psychan
alyste, devant la nécessité de faire face aux nouvelles responsabilités
de la vie, en effet, on assiste à un retour de l'angoisse, de rattache
ment aux gains secondaires, de la névrose, à des recherches d'auto-
punition pour l'agressivité montrée nécessairement dans le détachedu père (l'analyste). J. F.-W.
534. — L. S. VIGOTSKY. — Thought in Schizophrenia (La pensée
dans la Schizophrénie). — Ar. of N., XXXI, 1934, p. 1063-1077.
Traduction par Kasanin de cette étude du professeur de Moscou.
Kretschmer et Blonsky ont admis une relation étroite entre la
schizophrénie et la psychologie de l'adolescence, déclarant qu'il est
impossible de différencier une démence précoce à ses débuts des
tempêtes d'un adolescent.
Ce n'est pas l'opinion de V. qui reconnaît toutefois entre la pensée
du schizophrène et celle de l'enfant une analogie qui tient à ce que
ce dernier, du fait de sa maladie (dont V. n'admet pas l'origine
psychogénique) subit une régression qui le ramène à un stade de
pensée associative précédant celui de la pensée conceptuelle.
Après le stade du développement de la causalité physique et
celui d'évolution de diverses fonctions psychologiques, il y a, chez
l'adolescent, substitution aux groupements analogiques (donnant de
pseudo-concepts) des concepts correctement formés. Or, cette pensée
n'est plus possible chez les schizophrènes comme l'a constaté V.
dans des expériences visant la formation de concepts nouveaux
(exprimés par des expressions syllabiques convenues), tels que celui
qui unit des choses grosses et grandes ou des choses grosses et petites.
Et, selon lui, les troubles de la vie affective ne seraient qu'une
partie du trouble fondamental de la formation des concepts, ce qui
est une idée assez singulière, car l'affectivité est directement com
mandée par la vie organique, atteinte dans la démence précoce,
tandis que la formation des concepts résulte d'une technique apprise
de pensée ! H. P.
535. — G. FERNANDES. — Surrealismo e Esquizofrenia (Surréa
lisme et Schizophrénie). — Ar. da Ass., Ill, 2, 1933, p. 140-150.
L'auteur reproduit des dessins spontanés de schizophrènes, et
à côté, des tableaux d'artistes surréalistes (Gil Fernando, Cicero
Dias) qui lui paraissent très voisins, présentant de la dissociation,
de l'ambivalence, de l'infantilisme, de la perte de contact avec le
réel, et des reflets de l'inquiétude sexuelle qui animerait aussi bien
les artistes schizoides que les schizophrènes internés. H. P.
536. — F. BARISON. — L'Astrazione formale del pensiero quale
sintoma di schizophrenia ( U abstraction formelle de la pensée, 4i8 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
symptôme de schizophrénie). — Schizophrénie, III, 1, 1934.
Extrait : 20 pages.
L'auteur, s'attaquant à l'abstraction morbide, en voit, chez les
schizophrènes, deux formes différentes, l'une qui constitue une ten
dance générale aux idées abstraites découlant directement de l'au
tisme, échappant au réel concret, et l'autre qui est représentée comme
une « abstraction formelle » de la pensée, qui, même devant un fait
concret, le conçoit « in abstracto ». Cette forme de pensée consiste
donc dans l'emploi d'une terminologie abstraite même pour l'expres
sion des faits concrets ; cette abstraction qui facilite l'autisme en
une sorte de cercle vicieux, ne dérive pourtant pas directement, cette
fois, de la tendance autistique, mais représenterait un moyen de
défense instinctif contre les lacunes, les dissociations des idées qui se
produisent dans cet état morbide (et qui dérivent bien du défaut de
l'idéation réaliste) : La notion d'ordre général abstrait permettrait
de réparer les lacunes, de boucher les trous. H. P.
537. — AARON J. ROSANOFF, LEVA M. HANDY, ISABEL
ROSANOFF PLESSET et SAND YE BRUSH. — The etiology
of so-called schizophrenic psychoses (L'étiologie des psychoses
nommées schizophréniques). — Am. J. of P., XCI, 1934, p. 247-
286.
C'est une étude importante de 142 paires de jumeaux avec des
troubles d'ordre schizophrénique, chez l'un des ou chez les
deux. Ces jumeaux ont été classés comme suit : 41 paires de jumeaux
univitellins, 53 paires bivitellins du même sexe et 48 paires bivitellins
de sexes opposés. Le premier fait acquis est une différence frappante
entre la proportion de psychoses schizophréniques dans le groupe
des jumeaux univitellins et celui des jumeaux bivitellins. Tandis
que dans le premier groupe leur nombre monte à 68,3 %, il se réduit
à 14.9 % dans le deuxième groupe. Cependant, contrairement à
l'affirmation de nombreux psychiatres qui trouvent que les troubles
mentaux sont similaires chez les jumeaux univitellins, d'après les
auteurs de cette recherche, l'identité ou la similitude dans la psychose
chez les deux jumeaux issus d'un seul œuf est plutôt l'exception.
Ils constatent d'une part des dissemblances quantitatives impor
tantes dans l'âge, dans la Symptomatologie et dans le cours du
processus schizophrénique et, d'autre part, des différences qualita
tives, l'un des jumeaux manifestant une psychose schizophrénique,
l'autre une déficience mentale ou une épilepsie par exemple, et même
une discordance totale, un des jumeaux étant schizophrénique et
l'autre absolument indemne, se constate autant dans le groupe
univitellin que dans le groupe bivitellin, leur fréquence n'est pas
cependant la même dans les deux groupes.
Ainsi, les conclusions générales des auteurs, en ce qui concerne
l'étiologie, sont les suivantes :
1° Dans l'étiologie des psychoses appelées schizophréniques, les
facteurs héréditaires semblent jouer un rôle important ;
2° Ces facteurs héréditaires ne suffisent pas cependant, pour pro
duire une psychose schizophrénique ;
3° L'effet pathogénique du facteur hérédité n'est pas très speci- PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 449
fique. D'autres facteurs jouent souvent leur rôle, en créant des dissem
blances et même des discordances totales chez des jumeaux, même
univitellins (dans 31,7 % des cas) ;
4° Les facteurs héréditaires ne sont pas toujours présents, donc
ils ne sont pas toujours essentiels dans l'étiologie des psychoses
appelées schizophreniques.
En étudiant de plus près leurs documents, les auteurs voient. la
possibilité de séparer, parmi les psychoses schizophreniques, un groupe
<le cas où, à la base de la psychose, il semble y avoir des troubles
cérébraux d'origine traumatique ou infectieuse. La proportion des
cas de ce groupe paraît plus élevée chez les hommes que chez les
femmes et le trauma de la naissance semble être le plus fréquent
parmi ces facteurs. D'autre part, les facteurs d'origine psychique et
sentimentale semblent prédominer chez les femmes.
Un autre argument en faveur de la distinction de 2 groupes, le
groupe à prédominance cérébrale et le groupe à prédominance psy
chique, serait l'existence du type de schizophrénie à forme de
« démence précoce ». Les 2 types de schizophrénies sont à peu près
également répartis au point de vue âge. Cependant, le type de
« précoce » prédomine d'une façon générale chez les hommes ;
il est beaucoup plus fréquent chez les hommes au-dessous de 35 ans
et chez les femmes au-dessus de 35 ans. En plus, le facteur héréditaire
semble jouer un plus grand rôle dans le groupe des femmes où la
psychose s'est manifestée à un âge plus avancé que dans le groupe
caractérisé par une étiologie traumatique ou infectieuse.
En ce qui concerne la possibilité d'un trauma cérébral à la nais
sance ou dans la première enfance dans l'étiologie de la psychose,
les auteurs admettent une série de 12 critères dont l'existence
autorise à conclure qu'on est en présence d'un syndrome de décéré-
bration dû au trauma de la naissance. Or, dans les cas étudiés, on
se trouve en présence de 7 critères sur les 12. Pour les 5 autres critères,
rien de précis ne peut être affirmé, mais rien ne prouve leur non-
existence. J. A.
538. — J. KASANIN. — The acute schizophrenic psychosis (La
psychose schizophrénique aiguë). — Am. J. of P., XC, juillet 1933,
p. 97-126.
L'A. rapporte 9 cas de schizophrénie caractérisés par une poussée
aiguë de la psychose, poussée survenue à la suite de fortes difficultés
et de conflits affectifs de nature religieuse ou sexuelle, ou des deux
à la fois. Tous ses sujets étaient jeunes (le plus souvent entre la
20e et la 30e année), tous en excellente santé physique et ils
avaient tous eu, comme adolescents, une première et légère poussée
psychotique. Tous ces malades se sont remis au bout de quelques
semaines ou de quelques mois, parfois avant un placement dans une
maison de santé. Dans leur personnalité prépsychotique l'A. a trouvé
les mêmes caractères : activité, initiative, intérêt à la vie et à ses
opportunités, partant, absence de passivité et de retrait. K. a une
tendance à attribuer à ces qualités prépsychotiques d'adaptation
sociale et professionnelle, l'issue heureuse de la psvchose.
J. A.
l'année psychoi ogique. xxxv 29 450 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
539. — KARL M. BOWMAN et JACOB KASANIN. — Constitutional
schizophrenia (Schizophrénie constitutionnelle). — Am. J. of P.,
XC, nov. 1933, p. 645-658.
Les auteurs ont étudié pendant 2 ans 151 cas de schizophrénie.
Ils ont été frappés par la variété des symptômes et surtout par la
variété extrême des personnalités prépsychotiques. Parmi ces variétés
ils ont essayé de délimiter un groupe de schizophrénies constitutionn
elles, groupe composé de 19 cas. Sur ces 19 cas, 12 étaient des,
représentants d'une schizophrénie constitutionnelle pure d'une simi
litude frappante : dans l'histoire familiale, il y avait des cas de malad
ies mentales, en particulier des cas de schizophrénie ; les individus
étaient dès leur jeune âge différents des autres, asociaux ; ces traits
de personnalités s'accentuaient avec l'âge et ils entraient dans un
état psychotique sans passage brusque et sans que les circonstances
extérieures ou une affection physique y contribuât. La psychose n'était
ainsi chez eux qu'une exagération d'un type particulier de personnal
ité que l'individu a manifesté dès son enfance. 3 observations de
malades de ce type de schizophrénie constitutionnelle justifient ce
point de vue. J. A.
540. — J. PAGE, CARNEY LANDIS et S. E. KATZ. — Schizo
phrenic traits in the functional psychoses and in normal individuals
(Traits de caractère schizophréniques dans les psychoses fonctionnelles
et chez les individus normaux). — Am. J. of P., XC, mai 1934,
p. 1213-1225.
Gomme les travaux nombreux sur les traits de caractères schiz
ophréniques se contredisent les uns les autres, les A. ont entrepris de
confectionner une nouvelle liste de ces traits. Ils ont relevé tout
d'abord 100 traits communément considérés par les psychiatres
comme schizoides. Cette liste a été soumise à 2 psychiatres qualifiés,
afin d'éliminer les traits qui ne sont pas caractéristiques de la schizo
phrénie. La liste a été réduite à 54 traits ; cette liste réduite a été de
nouveau présentée à 10 autres psychiatres, dans le même but. De
cette façon on a obtenu 50 traits de caractère qui ont été considérés
comme schizoides par 80 % des psychiatres. Le questionnaire ainsi
revisé a été donné à 128 malades schizophrènes, à 100 maniaques-
dépressifs et à 240 normaux. Qualitativement les 2 groupes de psy
choses ont réagi différemment. Les maniaques-dépressifs se sont
beaucoup intéressés aux questions et ont répondu sincèrement et
promptement. Les schizophrènes ne s'y sont intéressés que médio
crement. Les réponses étaient hésitantes et l'attitude générale, celle
de la méfiance. Les résultats quantitatifs se présentent de la façon
suivante : Le groupe normal et le groupe schizophrénique possèdent
en moyenne le même nombre de traits schizophréniques : respectiv
ement 18 et 17,60 traits. Le groupe maniaque-dépressif n'en possède
que 14, c'est-à-dire 80 % par rapport aux 2 autres groupes. L'analyse
de ces traits ne révèle pas de dichotomie des types de personnalité.
Certaines réponses indiquent que les normaux possèdent quelques
traits différents de ceux des individus atteints de psychoses, mais
d'une façon générale, dans les 3 groupes, il y a tendance aux mêmes
traits de personnalité. ;
PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 451
L'absence de concordance entre les cliniciens et les expérimentat
eurs, en ce qui concerne les types de personnalité, est due peut-être
au fait que les premiers interprètent la personnalité plutôt comme un-
tout organisé, ou comme une « gestalt », tandis que les derniers ont
une tendance à l'interpréter comme une somme de traits de caractère.
L'analyse des auteurs montre que la méthode du questionnaire est
incapable de vérifier l'hypothèse, ou bien que l'hypothèse elle-même
est erronée. La voie à suivre doit être celle qui envisagerait le concept
de la personnalité comme une totalité. J. A.
541. — P. M. BECKER. — Das Zeichnen Schizophrener (Le dessin
des schizophrènes). — Z. f. g. N., CIL, 1934, p. 433-489.
L'A. a appliqué pour la première fois l'expérimentation à l'étude
du dessin des schizophrènes. Il a exposé durant 10 secondes 4 dessins
simples : le schéma d'une église, 2 dessins géométriques et un cylindre,
et il les a fait reproduire de mémoire. Il a relevé les reproductions
de 75 schizophrènes. En plus, il a utilisé les dessins libres d'un de ces
malades, qui seul dessinait spontanément et ceux d'un autre schizo
phrène qu'il ne connaissait pas personnellement. En comparant ces
dessins avec ceux de personnes normales, B. a trouvé que les dessins
des schizophrènes se rapprochent le plus de ceux des normaux en état
de distraction, des griffonnages comme on en fait par exemple en
écoutant une conférence. Le schizophrène ne tient aucun compte des
lois de la perspective, et son unique moyen d'expression est la ligne.
Malgré quelques qualités esthétiques de son dessin, les éléments
essentiels du « tableau » au sens propre du mot : l'unité, l'ordre, en
un mot l'idée, lui font défaut. J. A.
542. — M. YORSHIS et J. GOTTLIEB. — The genetic relationship
of blood groups and schizophrenia (Les rapports génétiques entre
les groupes sanguins et la schizophrénie). — Am. J. of P., XC,
mai 1934, p. 1285-1293.
Après avoir constaté que les données obtenues dans différents
pays se contredisent les unes les autres, les A. ont fait des recherches,,
en appliquant la méthode de Jansky, chez des membres de 21 familles
« intactes », c'est-à-dire dans lesquelles tous les membres étaient
en vie durant 2 générations consécutives et où il y avait des cas de
schizophrénies. Ils ont recherché les groupes sanguins chez 121 memb
res de ces familles, 66 hommes dont 45 fils, et 55 femmes dont
34 filles. Dans ces familles il y avait 23 schizophrènes — 16 fils, 5 filles
et 2 mères. Ils n'ont trouvé aucune distribution atypique des groupes
sanguins chez les schizophrènes, peut-être une augmentation du
groupe III chez les derniers. Aucune différence appréciable en ce qui
concerne les sexes. Ils ont constaté une tendance à l'augmentation,
dans le nombre des fils schizophreniques appartenant aux groupes
sanguins des pères, et la même tendance dans le nombre des filles
schizophreniques appartenant aux groupes sanguins' des mères, si
on les compare respectivement au nombre des fils et des filles indemnes
dans les mêmes familles. J.. A.
543. — M. H. ERIGKSON. — The concomitance of organic and;
psychological changes during marked improvement in schizo-

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