Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce - compte-rendu ; n°1 ; vol.40, pg 446-456

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L'année psychologique - Année 1939 - Volume 40 - Numéro 1 - Pages 446-456
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1939
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce
In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 446-456.
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b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce. In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 446-456.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1939_num_40_1_5798446 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
533. — H. BEAUDOUIN. — Événements de guerre et troubles
mentaux. — An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, II, p. 618-621.
Les événements de guerre peuvent susciter chez certains débiles
l'idée, d'ailleurs peu tenace, qu'ils ont une mission à remplir, quel
quefois un accès onirique et chez des circulaires un accès mélancolique.
Il faut y ajouter les réactions de panique ou de rébellion patholo
gique que les mesures de défense passive peuvent susciter chez des-
prédisposés. H. W.
534. — P. CHATAGNON et Mlle S. JOUANNAIS. — Influence des
événements de guerre sur les psychopathies. — An. Méd.-Ps. r
XV, 97e an., 1939, II, p. 610-617.
Les émotions dues à la guerre ne peuvent causer de troubles,
mentaux que chez les prédisposés ou associées à la fatigue, de mauv
aises conditions alimentaires, etc. Elles sont d'autant plus nuisibles
qu'elles sont plus répétées. Si le nombre des aliénés n'augmente pas
de façon sensible, celui des accès maniaques et mélancoliques est en
progression très nette. Pour les autres espèces d'aliénés l'imperméab
ilité de leur délire les protège contre l'action des événements
extérieurs, pourtant il s'imprègne à la longue des thèmes en rapport
avec l'état de guerre. H. W.
b) Psychanalyse. Schizophrénie. Autisme. Démence précoce
535. — HENRI EY. — Réflexions sur la valeur scientifique et
morale de la Psychanalyse (à propos de la Thèse de Roland
Dalbiez). — Enc, XXXIV, 1939, 1, p. 189-220.
A propos d'un livre récent sur la Psychanalyse l'A. indique
qu'à son avis elle concerne exclusivement la zone intermédiaire
du psychisme, celle de l'expression psychique. La zone inférieure,
celle des conditions objectives de la vie psychique, est le domaine du
déterminisme. La zone supérieure, celle de la délibération et du choix,
est le domaine de la liberté. Dans celui de l'expression il y a encore
déterminisme, mais mitigé par d'autres influences, qui sont en rapport
avec la signification. Ce n'est pas à tort que les psychanalystes croient
à un lien nécessaire entre le sens apparent et le sens réel. Néanmoins
c'est un stade d'interprétation qu'ils doivent dépasser par une sorte
d'intuition plus intime et comme d'aliénation d'eux-mêmes dans le
sujet psychanalysé.
Les manifestations psychiques auxquelles se rapporte la psycha
nalyse appartiennent, chez le sujet normal, aux états comme la
rêverie, où les automatismes l'emportent sur la réflexion orientée ;
elles ont pour cause, chez les psychopathes, un trouble dans les
conditions objectives de la vie psychique.
La psychanalyse est impropre à rendre compte de la morale, de
l'art, de la métaphysique qui sont essentiellement en rapport avec les
activités de la zone supérieure. H'. W.
536. — R. MARKUSZEWICZ. — Die « unendliche Analyse »
Freud's (V « analyse infinie » de Freud). — Ar. Su. de Neur., PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 447
XLIV, 1, 1939, p. 1-24. — E. BIBRING. — Die « unendliche
Analyse » Freud's. — Ib., p. 25-34.
Dans une étude publiée en 1937 Freud avait signalé le cas des
malades chez lesquels la guérison obtenue à la suite d'un traitement
psychanalytique avait été suivie, parfois après un intervalle de
plusieurs années, par une rechute qui nécessitait la reprise du trait
ement ; et il mettait en garde contre les espoirs
exagérés fondés sur la psychanalyse, espoirs qui supposent « 1) qu'il
est possible de liquider à tout jamais un conflit de tendances (plus
précisément conflit du « moi » avec une tendance) ; 2) qu'il est possible,
pendant qu'on traite chez le sujet un conflit déterminé, de l'immunis
er en quelque sorte contre toutes les autres occasions de conflit ;
3) qu'on a le pouvoir de provoquer en vue d'un traitement préventif
un conflit pathogène qui à l'époque ne s'est encore manifesté par
aucun signe ».
Ces considérations sont jugées par M. comme tout à fait contraires
à la doctrine jusqu'alors professée par Freud ; tout en rendant
hommage au courage exceptionnel du maître qui n'hésiterait pas à
dévoiler lui-même les points les plus faibles de sa doctrine, M. reproche
à ces conceptions nouvelles d'abolir les fondements même de la
thérapeutique psychanalytique qui n'aurait de pouvoir que sur les
symptômes et non pas sur les causes de la névrose. Les échecs
signalés par Freud sont expliqués par M. à la lumière de ses concept
ions personnelles qui exigent notamment que soient pris en
considération par la méthode psychanalytique les conflits dont les
fondements se rattachent à l'instinct de conservation.
Bibring prend la défense de la thèse freudienne : les limitations
signalées par Freud n'impliqueraient nullement les conclusions
extrêmes que M. voudrait en tirer. D. W.
537. — A. STORCH. — Die Psychoanalyse und die menschlichen
Existenzprobleme (La psychanalyse et les problèmes de l'existence
humaine). — Ar. Su. de Neur., XLIV, 1, 1939, p. 102-118.
S. reconnaît à la le mérite d'avoir apporté une
compréhension de l'être humain et de son histoire personnelle, com
préhension dont la profondeur demeure inégalée. Mais ce fut un tort
de Freud d'avoir restreint la vie profonde au jeu des tendances
(Triebe), des besoins, et dont pratiquement le besoin sexuel et tout
ce qui s'y rattache seraient le noyau essentiel.
Dans un temps d'hypocrisie générale, Freud s'est fait le champion
du spirituel par son amour exclusif de la vérité qui l'a poussé à
découvrir impitoyablement les racines biologiques, souvent camouf
lées, du comportement humain ; mais, dans cette recherche, il en est
venu jusqu'à nier l'existence du spirituel en méconnaissant la nature
propre de certains « phénomènes limités » de l'existence humaine,
notion du péché, de la conscience morale, de l'angoisse, de l'amour.
D. W.
538. — R. R. GRINKER. — A comparison of psychological « repres
sion » and neurological « inhibition » (Comparaison de la « répres- 448 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sion » psychologique et de V « inhibition » neurologique). — J. of
ri. and m. D., LXXXIX, 1939, p. 765-781.
L'auteur rapproche les conceptions fécondes d'Hughlings Jackson
en neurologie de celles de Freud. Dans la répression psychanalytique
et dans les processus d'inhibition, il y a un scheme commun, en ce
qu'est impliqué, à côté d'un facteur négatif, concernant l'abandon
d'un certain niveau d'activité, un positif dont l'action consiste
à faire passer l'activité d'une région du système nerveux à une autre ;
le passage se fait dans le sens de processus supérieurs au cours de
l'évolution phylogénétique ou ontogénétique, dans le sens régressif
au cours des processus pathologiques.
Si la traduction neurologique des processus révélés par la psycha
nalyse est encore difficile, elle apparaît à G. comme théoriquement
possible. H. P.
539. — E. SCHUDEL. — Über die Hirnlipoïd- Reaktion zur Schizo
phrenie-Diagnose nach Lehmann-Facius (Sur la réaction des
lipoïdes cérébraux dans le diagnostic de la schizophrénie). —
Ar. Su. de Neur., XLIII, 1, 1939, p. 170-179.
Lehmann-Facius a cru pouvoir classer les maladies mentales
en série, suivant l'importance de la dégradation que subiraient
les lipoïdes phosphores du cerveau, dont témoignerait une analyse
du liquide céphalo-rachidien. La schizophrénie, les post-encéphalites
et la maladie de Huntington occuperaient l'extrémité positive de la
.série, dont les psychopathies et la folie maniaco-dépressive représen
teraient l'extrémité négative. E. S. a répété les recherches de L. F.
sur 173 malades sans réussir à confirmer l'existence de la « série » :
la proportion des réactions positives a été de 80 sur 96 chez les
schizophrènes, de 18 sur 28 chez les alcooliques, de 14 sur 27 les
psychopathes. La valeur spécifique de la réaction pour le diagnostic
et pronostic des schizophrénies n'a pas été confirmée. La technique
des dosages semble d'ailleurs trop sujette à erreurs subjectives pour
permettre l'établissement de résultats comparables. D. W.
540. — A. GLAUS. — Die Bedeutung der exogenen Faktoren für die
Entstehung und den Verlauf der Schizophrenien (Le rôle des
facteurs exogènes dans Vapparition et révolution des schizophrén
ies). — Ar. Su. de Neur., XLIII, 1, 1939, p. 32-47.
Les assertions des auteurs américains qui croyaient avoir réduit
la schizophrénie à une forme d'encéphalite semblent pour le moins
prématurées. Discutant ces opinions et d'autres sur la question,
G. serait tenté de partager les vues de Leonhard qui distinguait
deux formes de schizophrénie, l'une classique, comportant une dégé
nérescence à caractère héréditaire et entièrement endogène, à évolu
tion fatale, ne montrant que peu d'hérédité schizophrénique ; l'autre
forme à évolution intermittente et moins grave, à hérédité chargée, est
liée à des troubles endocriniens. G. exprime le désir de voir vérifier
par des enquêtes plus étendues l'exactitude de cette classification.
D. W.
541. — J. KLÄSI, H. W. MAIER, B. MANZONI, H. STECK,
J. E. STÄHELIN. — Schizophrenie und Militärdienst ( Schizo- PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 449
phrénie et service militaire). — Ar. Su. de Neur., XLIV, 2, 1939,
p. 353-400.
L'étude des données bibliographiques et d'un certain nombre
de dossiers soumis aux fins d'expertise médico-légale, conduisent
les A. aux conclusions suivantes : 1) La schizophrénie, maladie héré
ditaire, endogène, est à considérer comme sans relation causale avec
le service militaire ; 2) Toutefois il faut considérer comme exceptions :
les psychoses à réactions schizoides en général rapidement curables,
ainsi que les maladies mentales graves, à caractère schizophrène,
déclenchées à la suite d'un accident ou d'une maladie infectieuse.
Ces cas peuvent être considérés comme accidents de travail et seront
indemnisés en conséquence. Pour les cas mentionnés sous 1), il ne
pourrait y avoir tout au plus qu'une éclosion prématurée de la
maladie qui se serait de toute façon déclarée. L'apparition ne peut
être hâtée que de quelques mois, et d'un an au maximum. Les
indemnités à allouer ne pourront donc pas l'être pendant plus d'un an.
D. W.
542. — M. SHERMAN. — The interpretation of sehizophrenic-like
behavior in Children (L'interprétation du comportement « schizo-
phrénique » des enfants). — Child Dev., I, 1939, p. 35-42.
On sait combien il est difficile de reconnaître la maladie psychique
à ses débuts chez l'adulte. Il est infiniment plus difficile de diagnosti
quer la maladie mentale de l'enfant. On ne possède presque pas de
critère en ce qui concerne les jeunes anormaux et on a fait relativ
ement peu d'études à ce sujet. On a rendu le problème encore plus dif
ficile par l'emploi immodéré du terme « de comportement »
{« behavior problem »). La plupart de ceux qui étudient le développe
ment de l'enfant et la psychiatrie infantile se contentent de constater
« l'adaptabilité » et « l'inadaptabilité » de l'enfant. Grâce à cet état de
choses les symptômes d'anomalie psychique passent souvent
inaperçus.
L'A. essaie de définir la schizophrénie des enfants. Il décrit le cas
de 17 enfants qui ont été en observation pendant une période variant
de 6 mois à 4 ans. Le terme « juvénile » est employé
par l'A. pour définir les troubles affectifs et la dissociation de la
personnalité présentant comme principal symptôme un sérieux défaut
de jugement.
La désorientation, la diminution des sentiments sociaux et des
troubles de comportement avec ou sans hallucinations, ou des troubles
catatoniques ou paranoïaques sont considérés par l'A. comme signes
de schizophrénie.
Tous ceux qui ont un peu d'expérience psychiatrique savent qu'il
est très difficile de définir la schizophrénie au début, lorsque le
malade ne présente pas de symptômes bien caractéristiques. On
tombe d'accord en définissant la comme une désorga
nisation de la personnalité avec plus ou moins de dissociations et des
troubles affectifs. Le comportement anormal qui en résulte dépend
en grande partie de la personnalité et des intérêts du sujet, ainsi que
de l'influence du milieu. Le comportement des enfants difficiles
ressemble parfois à une anomalie psychique. Difficile à reconnaître,
l'année psychologique, xl 29 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 450
elle existe pourtant plus souvent qu'on ne le pense. Malgré l'opinion
de beaucoup de psychiatres la schizophrénie peut apparaître déjà
avant l'âge de 7 ans. L'A. cite à ce sujet des données statistiques de
quelques psychiatres américains. Il est important de faire une diff
érenciation entre les symptômes qui apparaissent chez un enfant psy-
chopathique et la personnalité prépsychopathique de jeunes adultes.
Selon l'A. il existe peu de rapport entre le comportement d'un « pr
épsychopathe » et celui d'un enfant aux tendances schizophréniques.
La conduite de 17 enfants étudiés présente beaucoup de différences-
individuelles, mais des traits communs sont notés. Ces enfants ont
d'une façon générale une intelligence normale, leur rendement sco
laire (à l'exception d'un seul) est faible et va en diminuant. La plupart
sont très réservés, n'ont point d'amis. Tantôt agressifs, tantôt timides,,
ils ont souvent des réactions non prévues par leurs éducateurs. Un des
symptômes les plus graves qu'ils présentent est leur jugement
troublé. Quelques-uns de ces enfants ont de bonnes « aptitudes
verbales » : faibles en tout, ils sont bons en récitation, tout en ayant
parfois des défauts « linguistiques ». Une de leurs particularités est
leur amour pour le dessin. Ils font des dessins très détaillés, mais
bizarres, tantôt dans l'intention de présenter une invention, tantôt
pour conter une longue histoire. Les enfants étudiés par l'A. se
trouvent à l'École Orthogénique ou bien parce que les parents ne
pouvaient pas lutter contre leur désobéissance, ou bien à cause de leurs
continuelles querelles ou de leur tendance à s'isoler. Tout en étant
généralement inférieur au développement physique normal, leur
développement ne présente pas de traits communs. On note parfois
un trouble du système nerveux, parfois une hyperactivité ou une
hypertonicité musculaire. Au point de vue intellectuel tous, sauf
deux, sont moyens, ou supérieurs à la moyenne. Dépourvus d'attent
ion, incapables d'exécuter une tâche sans être constamment stimulés,
ces enfants réussissent généralement moins bien à d'autres tests
d'intelligence qu'à celui de Stanford : les tests où ils doivent travailler
seuls présentent une dispersion anormale, ce qui peut être signe d'un
trouble affectif survenu pendant l'épreuve. Cela peut, peut-être,
expliquer aussi leurs échecs scolaires. Mais en quoi ils se distinguent
des enfants normaux, c'est la pauvreté de leur jugement. En ce qui
concerne les tests du jugement, leurs résultats correspondent à ceux
des épreuves d'intelligence, mais placés devant des situations réelles
ils ont souvent des réactions étranges et au-dessous de leur intell
igence. L'A. explique ce fait par une dissociation entre le jugement
intellectuel et affectif, la situation réelle exigeant l'intervention du
facteur affectif. Au point de vue comportement affectif ils se divisent
en deux groupes : l'indifférent et le désorganisé. Dans le dernier cas
la conduite est très variable, parfois bizarre et tout à fait imprévue.
Ces enfants n'ont point d'amis, ils préfèrent la société d'adultes.
Très ambitieux, prétentieux, ils aiment poser en inventeurs, aiment
dessiner, assurant ne pouvoir rien expliquer que de cette façon.
Isolés et fuyant les autres, ils lisent beaucoup. Malgré leur « verba
lisme » certains d'entre eux éprouvent une difficulté d'expression,,
s'arrêtent au milieu d'un discours, etc. L'A. n'observe qu'un cas
d'hallucinations (une fillette de 9 ans). Un garçon de 14 ans manifeste PSYCHOlUWïTE PATHOLOGIQUE 451
des idées paranoïaques, il passe son temps à dessiner et à parler de
ses inventions, se croit persécuté. Cette peur d'être persécuté (et
l'idée qu'on les envie à cause de leur supériorité) est notée^ dans
quelques autres cas encore.
L'A. juge sans importance la question si les enfants décrite par
lui doivent être appelés des schizophrènes ou si un; autre terme
serait plus approprié. Il les appelle ainsi car leur comportement
ressemble sous beaucoup de rapports à celui des schizophrènes.
On comprend quelle importance peut avoir l'étude des enfants
anormaux pour la compréhension de certains symptômes des maladies
psychiques des adultes. D. M.
543. — HERBERT H. JASPER, CHARLES P. FITZPATRIGK
et PHILIP SOLOMON. — Analogies and opposite* in schizo
phrenia and epilepsy (Analogies et oppositions dans la schizophrénie
et dans Vépilepsie). — Am. J. of P., XCV, janv. 1939, p. 835-851.
82 schizophrènes sélectionnés dans un ensemble plus grand se
trouvant au « Howard State Hôpital » et au « Butler Hospital » ont
fait l'objet de cette étude. Ils étaient âgés de 12 à 68 ans et classés
en : groupe catatonique, 28 cas ; groupe hébéphrénique, 22 cas: ;
groupe paranoïaque, 18 cas ; et groupe simple, 8 cas. 51 épileptiques
de 12 à 50 ans ont servi comme de comparaison et 60 sujets
normaux, comme groupe de contrôle.
Voici les résultats de cette enquête. En ce qui concerne l'activité
potentielle du cerveau, en tant qu'elle est révélée par l'électro-
encéphalogramme, les schizophrènes et les épileptiques peuvent être
situés aux deux extrémités opposées d'une échelle de fréquence alpha,
les normaux se trouvant au médian de cette échelle. Il n'existe pas
d'antagonisme général entre les schizophrènes et les épileptiques. Les
réactions schizophréniques et épileptiques se trouvent souvent clini-
quement combinées, si on les juge d'après l'activité cérébrale telle
que la révèlent les électroencéphalogrammes. Ainsi 23 % des malades
diagnostiqués ont des troubles épileptiformes.
Douze de ces malades ont des symptômes cliniques d'épilepsie et
chez eux on constate des convulsions. 15 % de ce groupe peuvent
souffrir de troubles mentaux dus à des traumas de la tête, à de la
déficience mentale ou aux autres troubles organiques du cerveau.
Les anomalies chez ces malades sont : une dissociation extrême dans
l'activité des deux régions homologues du cerveau, une mauvaise
régulation de la fréquence et de l'amplitude des potentiels et, de
temps en temps, des ondes lentes de type épileptiforme. Les encépha
logrammes ont révélé en outre des différences individuelles très
grandes dans l'activité du cerveau. Certaines de ces différences
dépassent de beaucoup celles qu'on rencontre chez les individus
normaux, d'autres sont dans la direction du type d'activité trouvé
chez les épileptiques, d'autres différences encore paraissent aller dans
une direction opposée.
D'où la conclusion générale que l'entité clinique nommée schizo
phrénie n'est qu'une réaction très individualisée à de nombreuses
espèces d'activité cérébrale. J. A. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 452
544. — A. LE GRAND et P. ANNÉE. — Recherches expérimentales
sur l'action catatonisante de certains liquides céphalo-rachidiens.
— An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I, p. 306-310.
Concentré et injecté au rat le liquide céphalo-rachidien de
déments précoces entraîne un état catatonique, le liquide c.-r.
d'autres aliénés tels que gros déficients psychiques ou épileptiques
ne produit pas le même effet. Cette propriété catatonisante est
détruite sous l'action du froid et par le chauffage à 45°. H. W.
545. _ w.-R. DEN ARTOG JAGER. — Des déterminations pharma-
cologiques de l'histamine dans le sang des schizophrènes et de
divers sujets de contrôle. — Enc, XXXIV, 1939, l, p. 149-160.
Bayard Holmes ayant trouvé dans les urines des personnes
atteintes de démence précoce plus d'aminés toxiques et particulièr
ement d'histamine que chez des sujets normaux, Buserino a décrit
« les plaques à grappes de désintégration » que présente le cerveau de
lapins empoisonnés par l'histamine, Jahn a expliqué par une intoxi
cation histaminée l'asthénie du métabolisme matériel qui s'observe
chez une forte proportion de schizophrènes. Pourtant, comme l'a
montré Scheid, la preuve n'a pas été faite que l'histamine circulante
soit plus abondante chez les schizophrènes, pas plus que n'est démont
rée l'influence de l'histamine sur les symptômes de la schizophrénie.
H. W.
546. — JOHN LANDBURY et JOSEPH HUGHES. — Estrin
excretion in psychotic patients (Excrétion d'estrine chez les malades
psychotiques). —Am. J. of P., XCV, mars 1939, p. 1119-1125.
Étant donné que des recherches antérieures ont montré une
diminution ou même une absence complète d'hormones ovariennes
dans les urines des schizophrènes-femmes, les A. ont entrepris une
étude sur l'estrine dans l'urine de six femmes psychotiques. Quatre de
ces malades étaient devenues amenorrhéiques à des périodes variables.
Or, les courbes d'excrétion d'estrine, ainsi que l'excrétion totale
d'hormones, restent dans les limites de la norme. J. A.
547. — M. CAHANE et T. CAHANE. — Insuffisance pituitaire et
schizophrénie. Considérations anatomo-cliniques sur l'existence
d'un facteur d'insuffisance pituitaire dans un cas de schizo
phrénie. —An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I, p. 214-219.
Dans un cas de schizophrénie à évolution rapide l'autopsie a
révélé, dans l'hypophyse, deux grands lacs sanguins situés vers le
pôle antérieur. Dans la partie moyenne de l'antéhypophyse des
cellules chromophobes. Dans ce lobe postérieur rien de particulier.
L'ovaire et la surrénale présentaient également des lésions.
H. W.
548. — G. DE MORSIER. — La schizophrénie traumatique. —
An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1934, II, p. 1-11.
A la théorie de la schizophrénie, maladie strictement endogène,
l'A. oppose 3 observations où un traumatisme crânien a donné lieu
chez des sujets sans antécédents pathologiques à des accidents PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 453
encéphalopathiques ou méningés, à de la cataplexie, à des troubles
neuro-végétatifs puis à des troubles psycho-sensoriels, psychomoteurs,
mentaux de nature schizophrénique. A l'appui de cette étiologie
possible, il rappelle les statistiques de Bruno Schultz : les frères et
sœurs de malades atteints de schizophrénie sans cause connue sont
atteints de la même maladie dans 8,3 % des cas ; pour les schizo
phrènes traumatiques la proportion n'est plus que de 2,9 %.
De même Mayer-Gross et Feuchtwanger comparant les cas de
schizophrénie dans la population totale et chez 1.554 blessés de
guerre trouvent que chez ces derniers la proportion est quatre fois
plus grande. H. W.
549. — L. FROMENTY. — Surmenage intellectuel et schizophrénies.
— An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I, p. 755-764.
Ayant rappelé que la grande majorité des A. n'accorde guère
d'influence étiologique au surmenage intellectuel dans la déterminat
ion des troubles mentaux et en particulier de la démence précoce,
l'A. cite dix observations d'institutrices schizophrènes et un cas
d'étudiant en médecine présentant des bouffées délirantes, comme
une présomption du tort que peut faire le travail intellectuel à des
sujets que leur hérédité ou leur milieu social n'y ont guère préparé.
Il note d'ailleurs que dans plusieurs de ces cas des frères et sœurs
du malade présentaient des anomalies mentales. H. W.
550. — WILLIAM MALAMUD et NORMAN BENDER. — Course
and prognosis in schizophrenia (Évolution et pronostic en schizo
phrénie). — Am. J. of P., XGV, mars 1939, p. 1039-1057.
L'étude porte sur tous les malades schizophréniques admis et
traités à 1' « Iowa State Psychopathic Hospital » durant une période
de 8 ans (de 1929 à 1936). Ils ont été classés en : complètement
guéris, socialement guéris, bien améliorés, légèrement améliorés, non
améliorés et décédés. Les malades formaient deux groupes : le
groupe A (177 cas) qui a été traité depuis 5 ans ou plus, et le groupe B
(309 cas) formant le reste. Les conclusions ont été tirées spécialement
du groupe A, les auteurs ayant jugé qu'une période de 5 ans était
nécessaire pour avoir des résultats valables.
Voici les conclusions :
Dans le groupe A on relève 14 % de guérisons complètes et 8 %
de sociales ; une bonne amélioration dans 3 % des cas ; une légère,
dans 7 % ; 58 % restent non-améliorés ; 10 % sont décédés. Les
facteurs contribuant à un taux plus élevé de guérisons complètes
sont : le sexe masculin, l'accès psychotique à la deuxième ou à la
quatrième décade de la vie du malade, le type physique normal ou
athlétique, la personnalité cyclothymique, le Q. I. supérieur à 105f
l'hérédité positive, l'état civil de marié, les accès antérieurs différant
du présent, les raisons physiques, sexuelles ou économiques précipi
tant l'accès aigu, l'amélioration durant le séjour à l'hôpital, l'affec
tivité positive, l'hyperactivité motrice et la confusion. Voici les
facteurs agissant dans le sens de la non-amélioration : le sexe féminin,
l'accès se déclenchant à la troisième décade, plus particulièrement
après 40 ans, la constitution dysplastique ou pycnique, la personnalité 4S4 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sebïzoïde, le Q. I. au-dessous de 100, le célibat, l'absence de causes
précipitant l'accès, son cours progressif, l'apathie, les hallucinations
visuelles, le mauvais contact avec l'entourage et l'autisme. Aucun
de ces facteurs pris isolément ne peut servir à un pronostic. Des
recherches ultérieures pourraient indiquer si, parmi les nombreux
facteurs, il en existe des significatifs, autrement dit, si l'on peut
établir des modèles de pronostic pour ces malades. J. A.
551. — M. BARUK et M.-L. ZAPHIROPOULO'S. — Les guérisons
dans les états dits de « démence précoce » en dehors des thérapeu
tiques de Choc. —An. Méd.-Ps., XV, 97e an., 1939, I, p. 917-928.
En regard des guérisons ou améliorations obtenues dans la schizo
phrénie par des traitements de choc, il faut envisager la proportion
des guérisons ou rémissions sans eux.
Quatre cas possibles : guérison totale, amélioration ou rémission,
stabilisation à un degré plus ou moins avancé de la maladie, et enfin
évolution progressive vers la démence ou chronicité.
La guérison peut intervenir quelle que soit la durée antérieure de
la maladie, par exemple après 15 ou 20 ans. Sur 187 cas elle s'est
présentée dans une proportion de 26,7 %, les rémissions ou améliora
tions dans celle de 17,6 c
presque identique, 35 cas.
La thérapeutique la plus efficace paraît avoir été dans ces cas-là
une hygiène physique attentive et des soins moraux bien appropriés :
rudesse, maladresse, milieu familial importun, internement trop
prolongé peuvent avoir l'influence la plus nocive.
Quand l'étiologie peut être découverte, le traitement de la cause
est souvent de la plus grande efficacité : tuberculose, troubles hépato-
iritestinaux, épuisement physique ou psychique, perturbations endo
criniennes et particulièrement ovariennes ; l'hérédo-syphilis peut
avoir un rôle important et aussi les traumatismes obstétricaux.
H. W.
552. — L. H. COHEN. — Return of cognitive conscious functions
after convulsions induced with metrazol (Retour des fonctions
cognitives conscientes après les convulsions engendrées par le
métrazol). — Ar. of N., XLI, 1939, p. 489-494.
Sur des schizophrènes soumis à la thérapeutique de choc par le
mét/razol a été observé le retour à la normale après la phase d'i
nconscience convulsive.
Au début, pendant 4 minutes environ, Panesthésie est complète ;
puis une sensibilité grossière revient ; aux piqûres, le sujet réagit par
des réactions générales, quel que soit le point piqué, puis viennent
des locales de défense, mais avec localisations inexactes, se
précisant peu à peu, en une dizaine de minutes. Pendant cette
période, à l'appel du nom, les réactions ne sont pas orientées. Il y a
une difficulté d'attention qui ne se dissipe qu'au bout d'environ
un quart d'heure, laissant encore des troubles gnosiques, longs à se
dissiper, <et des troubles praxiques plus durables encore (les objets,
reconnus dans üa main et nommés, n'étant pas encore maniés correc-

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