— Psychologie animale - compte-rendu ; n°1 ; vol.54, pg 201-214

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L'année psychologique - Année 1954 - Volume 54 - Numéro 1 - Pages 201-214
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1954
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G. Viaud
III. — Psychologie animale
In: L'année psychologique. 1954 vol. 54, n°1. pp. 201-214.
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Viaud G. III. — Psychologie animale. In: L'année psychologique. 1954 vol. 54, n°1. pp. 201-214.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1954_num_54_1_30177— Psychologie animale III.
Généralités sur la psychologie animale :
HINDE (R. A.). — Appetitive behaviour, consummatory act, and the
hierarchical organisation of behaviour — with special reference to the
great Tit (« Parus major ») (Comportement d'appétence, acte consom
mateur, et hiérarchique du comportement — avec référence
spéciale à la grande Mésange (P. m.). — Behaviour, 1953, 5, 189-224.
— HEBB (D. O.). — Heredity and environment in Mammalian
behaviour (Hérédité et environnement dans le comportement des Mamm
ifères. — British J. anirn. Behaviour, 1953, 1, 43-47.
Hinde fait une analyse expérimentale du alimentaire
de la grande Mésange. A partir de cette analyse, il développe des considé
rations théoriques sur l'activité instinctive. Selon lui, il n'y aurait pas,
comme le veut Lorenz, de distinction radicale à faire entre les deux
phases de l'activité instinctive : comportement d'appétence et acte
consommateur. L'une et l'autre présenteraient la même « spontanéité »
ainsi qu'une variabilité restreinte. L'une et l'autre seraient caractérisées
par un scheme moteur, une composante taxique et des stimuli-clefs de
déclenchement (alors que Lorenz et Tinbergen réservent ces caractères à
l'acte consommateur). Par ailleurs, l'A. rejoint les vues de Tinbergen pour
ce qui est de la hiérarchie des conduites instinctives. C'est ainsi qu'à
l'instinct alimentaire — ■ instinct majeur — • sont subordonnées des
activités secondaires, telles que prédation, préparation et ingurgitation
des aliments, combat pour la nourriture. Le combat, dans certains cas,
pourrait néanmoins se produire indépendamment de tout mécanisme
surordonné. Il serait alors à considérer comme un instinct majeur. Mais ce
fait montre précisément qu'un même scheme moteur peut être utilisé
dans différentes activités instinctives (combat pour la nourriture, pour le
partenaire sexuel, etc.). Par conséquent, il serait faux de décrire
l'ensemble du comportement de l'animal comme un système cloisonné de
conduites se rapportant aux divers types de motivation. L'organisation
du comportement se présente au contraire comme un ensemble de
systèmes hiérarchiques étroitement intégrés.
Hebb reprend, à propos des Mammifères, la controverse, déjà fort
ancienne et toujours actuelle, du rôle de l'inné et de l'acquis dans le
comportement. A l'aide de plusieurs exemples particulièrement typiques,
il montre que tout le comportement des Mammifères (à l'exception
peut-être du réflexe spinal, dit-il) dépend à la fois du patrimoine hérédi
taire spécifique et d'acquisitions individuelles variables avec l'environ- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 202
nement. Quelle est la part de ces deux influences dans les comporte
ments ? L'A. répond qu'il ne s'agit pas là de grandeurs additives et que les
deux facteurs sont également nécessaires à toute conduite. Bref, cette
question n'a pas de sens. Ce qu'on peut se demander, c'est dans quelle
mesure l'un et l'autre des facteurs envisagés expliquent la variabilité
interindividuelle de telle ou telle conduite, à condition de ne pas oublier
que, si l'un des facteurs varie peu, il n'est pas pour autant moins impor
tant que celui qui varie davantage. Envisageant ensuite la notion
d'instinct, l'A. note que le comportement instinctif, qui est généralement
considéré comme spécifique et indépendant de toute expérience spéciale,
dépend néanmoins de l'expérience ordinairement inévitable pour tous les
membres de l'espèce. Si l'influence du milieu sur les actes instinctifs reste
généralement ignorée, c'est précisément parce que certains aspects
essentiels du milieu restent tout aussi constants pour une espèce que le
patrimoine héréditaire spécifique. La notion de comportement instinctif
ne vaut rien comme conception analytique, puisqu'elle implique le jeu
simultané des influences indissociables de l'hérédité et du milieu, mais,
conclut l'A., il est commode de la conserver comme terme descriptif.
G. V.
Vision chez les Animaux :
BUDDENBROGK (W. von), MOLLER-RAGKE (I.). — Ueber
den Lichtsinn von « Pecten » (Sur le sens photique du Pecten). —
Publ. Staz. Zool. Napoli, 1953, 24, 217-245. — AUTRUM (IL). —
Ueber zeitliches Auflösungsvermögen und Primärvorgänge im Insek
tenauge (Le pouvoir résolutif temporel et les processus primaires de
l'œil de V Insecte). — Naturwiss., 1952, 39, 290-297. — MOLLER-
RACKE (L). — Farbensinn und Farbenblindheit bei Insekten
(Sens chromatique et cécité chromatique chez les Insectes). — - Zool.
Jahrb., Abt. allg. Zool. Physiol. der Tiere, 1952, 63, 237-274. —
BUCHHOLTZ (Chr.). — Untersuchungen über das Farbensehen
der Hauskatze (« Felis domestica » L.) ( Recherches sur le sens chromat
ique du Chat domestique). — Z. Tierpsychol., 1952, 9, 462-470. —
HOFFMANN (G.). — über das Farbsehvermögen
des Zebu (Recherches sur le sens chromatique du Zébu). — Z.
Tierpsychol., 1952, 9, 470-479.
Von Buddenbrock et Ingrid Moller-Racke ont étudié la physiologie de
la vision chez différentes espèces du genre Pecten. Ce Lamellibranche
possède un grand nombre d'yeux ou ocelles répartis sur les deux bords du
manteau jusqu'à la charnière des valves. Ces ocelles sont relativement
perfectionnés : ils présentent un cristallin, une double rétine et un
tapetum lucidum. Très rapprochés l'un de l'autre, ils sont innervés par le
nerf du bord du manteau. Les réactions d'orientation varient avec les
espèces, certaines étant photo-positives, d'autres négatives. Ces réactions
se manifestent par des mouvements des tentacules vers la lumière ou vers PSYCHOLOGIE ANIMALE 203
l'ombre et peuvent s'accompagner d'une locomotion dans l'une ou l'autre
direction. En présence de deux stimuli photiques, Pecten s'oriente tclo-
tactiquement. Après section du nerf du bord du manteau en son milieu,
les tentacules des deux côtés réagissent séparément et différemment. Il
semble donc que, chez l'animal normal, l'ensemble des yeux forme un
système unifié. L'extirpation de tous les yeux, sauf un, prouve que
chaque œil commande les 6 tentacules les plus proches de lui, 3 de part et
d'autre. On observe, chez Pecten varius (espèce photonégative) une
sensibilité différentielle aux éclairements extrêmement fine (29 degrés de
gris sont distingués entre le blanc et le noir). Par contre, le Pecten ne
présente pas de sensibilité chromatique. Les auteurs ont aussi étudié
certaines réactions perceptives du Pecten. La réaction à l'obscuration,
très comparable à celle de la Limnée, est une de défense com
portant la rétraction des tentacules et le rapprochement des valves ou
leur fermeture. Pecten varius réagit déjà de la sorte pour une diminution
d'éclairement égale à 0,3 %. Même les individus auxquels on a enlevé
tous les yeux réagissent encore à une obscuration (sens dermatop tique)
alors qu'ils se montrent insensibles à toute autre forme de stimulation
photique. Les réactions à la vue d'objets en mouvement dépendent de la
vitesse du mobile : elles sont généralement positives entre 2 et 4 cm. /sec.
et toujours négatives pour des vitesses plus grandes (jusqu'à 30 cm. /sec).
Des expériences d'extirpation d'yeux montrent qu'un seul œil est
capable de percevoir un mouvement et de déclencher une réponse
positive ou négative de l'animal entier.
L'article d'Autrum, qui groupe un nombre considérable de faits
expérimentaux déjà publiés, est un essai de mise au point des conceptions
de l'A. touchant l'existence de deux types d'yeux chez les Insectes.
L'un, à fréquence de fusion faible (30 à 40 éclats/sec), répond à l'éclai-
rement par un potentiel d'action monophasique négatif à évolution
relativement lente ; l'autre est caractérisé par un P. A. diphasique (on-
effect positif, off-effect négatif) et par une fréquence-critique de fusio
nnement très élevée (200 à 300 éclats/sec.) qui lui confère un pouvoir
analyseur temporel considérable. Dans le premier cas, les processus
d'adaptation sont beaucoup plus lents (10 fois environ) que dans le
second. On sait, par les études de Hartline et Graham (1932) sur Limulus
et de Bernhard (1942) sur Dytiscus que les P. A. monophasiques naissent
dans les cellules visuelles mêmes. U. Gallwitz (1951) a démontré la
généralité de ce fait en isolant la rétine chez la Mouche Calliphora, dont
l'œil, qui produit chez l'Insecte normal des P. A. diphasiques, répond
alors à une illumination par un P. A. monophasique. Des expériences
d'ablation graduelles des ganglions optiques de Calliphora ont permis
d'attribuer la production du spike positif aux cellules ganglionnaires de la
granulosa interne du premier ganglion. Selon l'A., il y aurait propagation
électrotonique avec décrément des potentiels d'éclairement des cellules
ganglionnaires. Dans les cas où le ganglion 1 est proche des rétinules,
ces P. A. jouent le rôle de potentiels générateurs et, s'opposant à la 204 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
réponse négative de la rétinule, engendreraient la variation positive du
potentiel diphasique de l'œil de la Mouche ou de l'Abeille. Dans les cas où
la distance entre la rétine et le ganglion optique 1 est plus grande, il n'y
aurait plus d'influence notable de la cellule ganglionnaire sur la rétinule
et on recueillerait alors « à l'état pur » la variation électrique née au
niveau de la rétinule. Cette hypothèse est appuyée par ce que l'on sait de
l'évolution morpho-physiologique de l'œil de la Libellule Aeschna chez
qui on observe un rapprochement progressif des ganglions optiques vers
la rétine en même temps qu'un passage graduel du type monophasique
au type diphasique ainsi qu'une élévation de la fréquence critique de
fusion. D'autre part, l'A. pense que les variations électriques au niveau
des cellules ganglionnaires sont responsables aussi de la grande vitesse de
restitution de la sensibilité de l'œil type Calliphora. Ces variations inhi
beraient la dégradation chimique des substances photosensibles permet
tant ainsi leur retour extrêmement rapide à l'état fonctionnel primitif.
Ingrid Moller-Racke a étudié le problème de l'existence d'une sensi
bilité chromatique chez un grand nombre d'Insectes, Névroptères et
Coléoptères surtout, ainsi que chez la Fourmi Lasius niger. Le dispositif
expérimental consistait en un tambour du type utilisé pour l'étude des
réactions optomotrices, dont les raies, au lieu d'être noires et blanches,
étaient par exemple bleues et jaunes. Les espèces qui ont montré des au chroma (la phanie des raies juxtaposées étant seulement
égalisée) sont peu nombreuses et leurs réactions peu nettes : ce sont les
Névroptères Graphosoma lineatus, Mesocerus marginatus et Raphidia
notata ainsi que le Coléoptère Tropinota hirta. Mais, ayant fait des expé
riences de contrôle sur l'Abeille, l'A. a trouvé des réactions bien moins
nettes au chroma que celles que l'on obtient par la méthode de dressage
de von Frisch. Par suite, il n'est pas sûr que tous les Insectes testés par la
méthode des réactions optomotrices soient aveugles ou peu sensibles au
chroma.
Pour étudier le sens chromatique du Chat domestique, Christiane
Buchholtz a employé une méthode fort originale, fondée sur le jeu de pré
dation qui s'observe aussi bien chez l'animal repu que chez l'animal à
jeun. Des attrapes en forme de souris lui sont présentées : la récompense
consiste dans la mise en mouvement de l'attrape choisie, si le choix est
correct. Les expériences de dressage ainsi conduites nous apprennent que
le Chat distingue 6 couleurs : rouge, orangé, jaune, vert, bleu et violet.
Celles qu'il aurait le plus tendance à confondre sont le violet et le rouge,
le vert et le bleu. Mais même ces cas un peu ambigus donnent lieu à 80 %
de réactions correctes. Le dressage à la discrimination de diverses nuances
de gris, par la même méthode, a échoué.
C'est à l'aide de la méthode de dressage instituée par Grzimek pour ses
expériences de 1952 sur le Cheval que Hoffmann a pu étudier le sens
chromatique du Zébu. Il s'agit d'une méthode de choix entre deux ou
plusieurs caisses dont une des faces est porteuse d'un papier coloré ; si le
choix est juste, l'animal trouve de la nourriture à l'intérieur de la caisse. PSYCHOLOGIE ANIMALE 205
L'A. a pu établir : 1° Que chacune des 6 couleurs spectrales (rouge,
orangé, jaune, vert, bleu et violet) est distinguée de l'un quelconque des
termes d'une série de 29 gris ; 2° Que le Zébu confond l'orangé, le jaune et
le vert et qu'il distingue seulement 4 qualités chromatiques : rouge,
orangé-jaune-vert, bleu et violet.
G. V.
Perception visuelle :
MOERICKE (V.). — Farben als Landereize für geflügelte Blattläuse
(Aphidoideae) (Les couleurs, stimuli cT atterrissage pour les Pucerons
ailés). — Z. Naturforsch., 1952, 7 b, 304-309.— HESS (E. H.).—
Temperature as a regulator of the attack-response of « Betta splen-
dens » (Rôle régulateur de la température dans les réactions d'attaque
du Poisson lutteur B. s.). — Z. Tierpsychol., 1952, 9, 379-382. —
BOXBERGER (F. von). — Vergleichende Untersuchungen über
das visuelle Lernvermögen bei weissen Ratten und weissen Mausen
(Recherches comparatives sur les capacités d' apprentissage visuel chez
des Rats blancs et des Souris blanches). — Z. Tierpsychol., 1952, 9,
433-451.
Selon Moericke, les formes ailées de nombreuses espèces de Pucerons
n'atterrissent pas au hasard. Elles sont guidées par des « stimuli d'atter
rissage », principalement des stimuli chromatiques. C'est ce que montrent
des expériences de piégeage réalisées à l'aide de coupelles colorées
remplies d'eau. Si l'on en juge par le nombre des Pucerons recueillis dans
chaque coupelle, le maximum d'attraction est exercé par un jaune
moyen pur. L'orangé, le jaune-vert et le vert attirent 2 à 3 fois moins de
Pucerons que le jaune ; le rouge en attire très peu. L'action du bleu- vert,
du bleu, du violet, ainsi que celle de toute la gamine des gris, est abso
lument nulle. Un jaune saturé est plus attractif que la même couleur
lavée de blanc ou de noir.
Les expériences de Hess concernent l'influence de la température sur
la réaction de combat du Poisson-lutteur déclenchée par des leurres plus
ou moins complexes (cf. Lissmann, 1932). Les résultats ont montré que,
pour des températures comprises entre 15 et 35° C, la durée de la réaction
de combat varie en raison directe de la complexité du leurre et de la
température. Pour un leurre donné, l'augmentation, en %, de la durée de
la réaction est constante quand on élève le niveau thermique d'une
quantité constante (15-20-25-30-35° C).
Frida von Boxberger a entrepris l'étude comparée des performances de
Rats albinos et de Souris blanches dans l'apprentissage, basé sur des
signaux optiques, de tâches de choix doubles. Les principaux faits cons
tatés sont les suivants : 1° Chez les deux espèces, l'apprentissage s'est
fondé exclusivement sur le signal négatif (le changement du signal
positif ne modifie pas les performances des animaux) ; 2° Dans les diffé
rents tests simples aussi bien que dans les tests multiples où sont
combinés les couples de signaux antérieurement appris, on n'observe 206 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pas de différences nettes entre les capacités d'apprentissage visuel des
deux espèces : certaines tâches sont apprises plus vite par les Souris,
d'autres par les Rats ; 3° Les différences les plus intéressantes constatées
portent sur le comportement émotif des animaux au cours des expé
riences : les Rats courent souvent à l'aveuglette, ils sont moins attentifs
aux signaux et plus avides de nourriture que les Souris, qui se com
portent plus calmement. La névrose expérimentale ne s'observe que chez
les Rats.
G. V.
Sens chimiques. Insectes :
DETHIER (V. G.), YOST (M. T.). — Olfactory stimulation of
blowflies by homologous alcohols (Stimulation olfactive de la Mouche
Phormia regina par des alcools homologues). — J. gen. Physiol.,
1952, 35, 823-839. — JONES (G. D. G.). — The response of the
Honeybee to repellent Chemicals (La réaction des Abeilles aux agents
chimiques répulsifs). — J. exper. Biol., 1952, 29, 372-386.
Dethier et Yost ont étudié la sensibilité olfactive de Phormia
regina (Calliphorinées) à des alcools normaux (série comprise entre le
méthanol et le dodécanol). L'appareillage employé est un olfactomètre
modifié d'après celui de Hoskins et Craig (1934) : les substances sont
injectées dans des courants d'air dont la vitesse et la saturation
contrôlées. Les Insectes sont mis dans une situation de choix double. Le
pouvoir excitant d'une substance est mesuré par le seuil d'action de cette
substance, c'est-à-dire la concentration minimum correspondant à une
différence entre la proportion d'Insectes à la sortie du tube expérimental
et 50 %. Résultats : le log. de la concentration liminaire pour la répulsion
est linéairement inversement proportionnel au log. du nombre d'atomes
contenus dans la chaîne des alcools normaux, jusqu'au décanol. Les
alcools normaux de rang supérieur au décanol n'ont plus d'effet stimulant
observable. Si on exprime les seuils en termes d'activité thermodyna
mique, tous les alcools étudiés semblent posséder le même pouvoir
d'excitation.
Le travail de Jones concerne la sensibilité chimique des Abeilles
butineuses à des agents répulsifs divers, soit mélangés à une solution
sucrée attractive, soit à l'état de vapeur au voisinage de la
sucrée. La première question a été étudiée à fond dans deux situations
expérimentales différentes : 1° Présence simultanée d'une solution sucrée
pure et de l'agent répulsif mélangé à la même solution ; 2° Présentation
alternative, pendant des intervalles temporels égaux, de la solution pure
et du mélange. Le seuil de répulsion, défini par la concentration de la
substance pour laquelle 100 % de la population refusent le mélange, est le
même dans les deux cas : 0,05 % pour le phénol, 1 % pour l'acide
acétique, etc. Par contre, la concentration la plus faible pour laquelle on
observe encore quelques refus est nettement plus élevée dans la deuxième
situation que dans la première. Le seuil de répulsion dépend aussi de la PSYCHOLOGIE ANIMALE 207
concentration de la solution sucrée. Le second problème n'est qu'abordé.
Pour des concentrations croissantes d'un mélange d'isomères du crésol,
les Abeilles paraissent ressentir à des distances de plus en plus grandes
l'effet de ce répulsif, qui inhibe leur consommation d'eau sucrée. Selon
l'A., tous ces faits semblent montrer que deux modes de sensibilité
interviennent dans les réactions des Abeilles : le sens olfactif aux faibles
concentrations, puis la « sensibilité chimique commune » pour des
concentrations plus élevées.
G. V.
Sens auditif et statique :
DIJKGRAAF (S). — Bau und Funktionen der Seitenorgane und
Ohrlabyrinths bei Fischen (Structure et jonctions des organes latéraux et
du labyrinthe des Poissons) . — Experientia, 1952, 8, 205-216. —
BIRUKOW (G.). — Studien über statisch-optisch ausgelöste Kompens
ationsbewegungen und Körperhaltung bei Amphibien (Étude des
mouvements compensateurs à point de départ stato-visuel et de la
régulation de la posture chez les Amphibiens). — Z. vergl. Physiol.,
1952, 34, 448-472. — MOHRES (F. P.). — Die ultra-schall Orien
tierung der Fledermäuse (L'orientation des Chauves-souris grâce aux
ultra-sons). — Naturwiss., 1952, 39, 278-279.
Dans un imposant article, Dijkgraaf rassemble toutes les données
actuelles sur la morphophysiologie des appareils auditifs et statiques
des Poissons, il montre d'abord la parenté morphologique étroite des
organes sensoriels de la ligne latérale et du labyrinthe, en laissant
entendre que les seconds peuvent être considérés comme dérivés des
premiers, qui sont certainement plus primitifs, moins différenciés.
Abordant l'étude physiologique de ces appareils, l'A. souligne la nécessité
d'employer deux méthodes complémentaires : l'analyse du comporte
ment et l'enregistrement des courants d'action. Une revue des travaux
récents montre : 1° Que la ligne latérale est destinée à percevoir les
mouvements de l'eau ; c'est une sorte de « toucher à distance » qui permet
au Poisson de détecter l'approche d'un être ou le voisinage d'un obstacle ;
2° Que la pars superior du labyrinthe (utricule et canaux semi-circulaires)
a une fonction statique et dynamique analogue à celle des Vertébrés
supérieurs ; 3° Que la pars inferior (saccule et lagena) est la partie pro
prement acoustique de l'oreille. Chez les Ostariophyses (Gyprinidés et
familles voisines) le champ auditif a une limite supérieure atteignant
plusieurs milliers de cps. ; ceci étant âù à la présence des osselets de
Weber (voir travaux de von Frisch et de son école). Chez les Non-
Ostariophyses (comme l'Anguille) qui n'ont pas d'osselets, le champ
auditif ne dépasse guère 1.000 cps. (Diesselhorst). Il ne semble pas que
l'utricule participe ordinairement à l'audition (sauf peut-être chez les
Non-Ostariophyses), de même que les organes de la ligne latérale (qui
seraient cependant sensibles à des vibrations très graves et très intenses
de l'eau). A côté de ces fonctions sensori-motrices, tous ces appareils ont 208 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
une fonction tonique, découverte par Hoagland dans la ligne latérale, par
Loewenstein et Sand dans la pars superior, et par Loewenstein et
Roberts dans la pars inferior des Sélaciens. Cette fonction tonique a pour
base des influx nerveux rythmiques spontanés, qui naissent dans les
récepteurs sensoriels et parviennent constamment aux centres dont ils
contribuent à maintenir l'état de « tonus central » (Hoagland pense que
leur action sur les muscles n'est pas directe). Les stimuli externes des
appareils sensoriels étudiés ne feraient qu'apporter une sorte de modul
ation à cette activité nerveuse spontanée, diminuant ou augmentant la
fréquence des influx selon les cas. Ainsi, la courbure des cupules des
organes latéraux dans un sens donne une augmentation de fréquence des
influx, leur courbure dans le sens opposé une diminution qui peut aller
jusqu'à l'extinction des influx. Dans ce dernier cas, l'activité spontanée
ne retrouve pas tout de suite, après retour des cupules à leur position
ordinaire, son niveau normal : il y a une période d'accélération supra-
normale qui précède cette restitution. De même, les expériences de
von Holst ont montré que, lors d'une rotation du Poisson autour de son
axe longitudinal, les deux utricules ont une fonction antagoniste, l'un
renforçant l'autre atténuant les influx spontanés, de sorte qu'il se
produit une réaction tonique de redressement. Ces phénomènes donnent
des éclaircissements précieux sur les relations des influx spontanés et
exogènes, et l'ensemble de l'article nous montre tout l'intérêt de ces
questions de physiologie sensorielle.
Birukow a enregistré au kymographe et à l'oscillographe les mouve
ments compensateurs de la Grenouille rousse à qui on fait subir un
mouvement de bascule autour de l'axe transversal de son corps. La
correction de la position n'est égale à l'angle de bascule que dans les cas
où celui-ci ne dépasse pas 5°. Pour des angles plus grands, la correction
devient de moins en moins exacte. Le mouvement compensateur n'est
pas d'emblée réalisé ; il est précédé de mouvements préparatoires di
scontinus qui finissent par s'amortir (comme dans les ondulations
amorties) à un certain niveau d'équilibre qui représente la réaction
compensatrice proprement dite. Cette réaction est infatigable chez
l'animal normal ; mais on observe une fatigue après désafférentation
partielle (visuelle en particulier). Selon l'A., l'infatigabilité de la réaction
chez la Grenouille normale est due à une « recharge continue » des
centres par l'ensemble des afférences intéressées. L'étude des animaux
partiellement désafférentés montre encore que les afférences déclen
chantes venant de l'œil, des organes statiques et dynamiques ne s'addi
tionnent pas d'une façon simple dans les centres, mais qu'elles sont
intégrées en une résultante constante qui assure le mouvement compens
ateur. Certaines afférences dont le rôle n'est que potentiel chez la
Grenouille normale peuvent s'actualiser dans certaines conditions expé
rimentales.
Le très intéressant travail de Mohres concerne l'orientation par les
ultra-sons chez les Chauves-souris Microchiroptères (les Mégachiroptères ■
ANIMALE 209 PSYCHOLOGIE
s'orientant visuellement). La famille de ce groupe qui a été le plus
étudiée faisant, en particulier, l'objet des travaux de Grii'fin, Galambos,
Dijkgraaf, est celle des Vespertilionidae. L'A. compare les performances
de ceux-ci avec celles des espèces de la famille des Rhinolophidae qu'il a
étudiées lui-même. Les Vespertilions s'orientent en vol en émettant des
« chocs sonores » extrêmement intenses (60 dynes/cm2 à 5-10 cm. ; le
bruit fait par un chaudronnier n'atteint que 25 dynes/cm2) ; chocs très
brefs (durée : 1 à .'! ins.), repétés de 20 à 30 fois par seconde. Cette
fréquence »remission augmente avec la vitesse du vol ; elle augmente
aussi à l'approche d'un objet et diminue à son voisinage immédiat (quand
l'objet est repéré). Le temps écoulé entre l'émission d'un choc sonore et la
réception de l'écho renseigne la Chauve-souris sur l'éloignement de
l'objet. La frequence des vibrations de ces chocs sonores ni leur amplitude
ne sont d'emblée maximales ; les oscillogrammes présentent l'aspect
déchiqueté de celui d'une détonation. Chez les Rhinolophes, le mode
d'émission des ultra-sons et le mode de repérage lui-même sont bien
différents. Les narines de ces animaux sont entourées d'une membrane
qui jouerait le rôle de directeur de sons ; l'émission se fait par le nez,
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sont très différents de ceux de ces derniers : leur durée varie entre 65
et 110 ms., ce qui permet à l'animal en vol de tourner la tête de 120°
pendant l'émission d'un seul son el par suite d'apprécier avec une très
grande précision la direction d'un objet. Les oscillogrammes ne pré
sentent pas une forme déchiquetée, mais une forme ondulée régulière, car
la fréquence des vibrations reste à peu près constante pendant l'émission :
elle varie entre 80 et 100 K'Hz selon les espèces. En somme, les Vesperti-
lionidae localisent les objets par l'appréciation de différences de temps
d'accès entre des échos successifs discontinus tandis que les Rhinolophes
se basent sur les variations continues d'intensité de ces échos au cours
d'émissions sonores beaucoup plus prolongées. Ce deuxième mode
d'orientation est évidemment le plus précis. Les Rhinolophes détectent à
distance la presence de fils métalliques tendus de 0,2 mm. de diamètre,
alors que les Vespertilions sont incapables de repérer des fils d'un
millimètre do diamètre.
G. V.
Activité phonogénique:
EVANS (E. J.). — The stridulation noise of Locusts (Les bruits de
stridulation des Sauterelles). — Proc. Roy. Entomol. Soc. London,
1952, 2ï, 39-42. — COLLIAS (N.), JOOS (M.). — The spectro-
graphic analysis of sounds signais of the domestic fowl (Anal
yse spectrographique des signaux sonores émis par le Poulet domest
ique). — Behaviour, 1953, 5, 175-188.
Evans a étudié à l'oscillographe cathodique les bruits émis par la
Sauterelle Locusta migraioria migratorioides. Les enregistrements révè
lent qu'il s'agit de bruits très complexes, dont la fréquence dominante est

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