Psychologie animale - compte-rendu ; n°2 ; vol.52, pg 501-519

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L'année psychologique - Année 1952 - Volume 52 - Numéro 2 - Pages 501-519
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1952
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G. Viaud
III. Psychologie animale
In: L'année psychologique. 1952 vol. 52, n°2. pp. 501-519.
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Viaud G. III. Psychologie animale. In: L'année psychologique. 1952 vol. 52, n°2. pp. 501-519.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1952_num_52_2_8661— Psychologie animale. III.
PIEPHO (H.). — Hormonale Grundlagen der Spinntätigkeit
bei Schmetterlingsraupen (Facteurs endocriniens du filage de la
soie chez les chenilles de Papillons). — Z. Tierpsychol., 1950, 7,
424-434.
Le cocon de mue pupaire de Galleria mellonella (ou fausse teigne
de la cire) est à parois épaisses et ouvert à un bout. Si l'on hâte la
mue par l'ablation des corpora allata à la fin de I'avant-dernier stade
larvaire ou du stade précédent, l'animal file un cocon de mue
pupaire typique, mais adapté à la taille réduite de son corps. Si on
prolonge la vie larvaire, d'une mue, en implantant des corpora allata
supplémentaires, le cocon filé a la même forme, mais il est adapté à
la taille géante du corps. D'autre part, le cocon de mue larvaire de
G. mellonella est un tube à parois minces percé aux deux bouts d'une
ouverture ronde. Une mue supplémentaire, par implantation de
corpora allata, permet d'obtenir un cocon de mue larvaire typique
de taille géante. Si, par implantation de corpora allata au cours du
dernier stade larvaire, on produit des formes intermédiaires entre
une larve et une pupe, les chenilles soumises à cette expérience
tissent avant la mue « larvo-pupaire » des cocons de type interméd
iaire entre celui de la mue pupaire et celui de la mue larvaire. Si
cette première mue est suivie d'une deuxième, l'animal
produit à nouveau, malgré la forme atypique de ses pièces buccales,
un cocon de mue de type intermédiaire. On en conclut que le mode
de filature qui produit des cocons de mue larvaire dépend d'une
hormone inhibitrice sécrétée par les corpora allata.
G. V.
GRASSE (P.-P.), NOIROT (Ch.). — La soeiotomie : migra
tion et fragmentation de la termitière chez les Anoplotermes et les
Trinervitermes. — Rehaviour, 1951, 3, 146-166.
Sous le nom de soeiotomie (découpage de la société), les auteurs
décrivent un très curieux comportement social de deux Termites
africains : des colonnes populeuses, l'une comprenant le couple royal,
s'échappent du nid en plein jour et s'en éloignent. Après avoir par
couru un chemin plus ou moins long, chaque colonne se morcelle.
Chacun de ses tronçons s'isole, creuse (Anoplotermes) ou bâtit (Tr
inervitermes) un nid qui devient le point de départ d'une nouvelle 502 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
colonie. Les sexués de remplacement sont acquis par le moyen de la
néoténie. Toutes les castes participent à la migration, y compris les
sexués fonctionnels et les ailés. Le fait le plus important consiste
dans la modification profonde des comportements normaux au
cours de la sociotomie : le roi et la reine, renonçant à leur claustrat
ion, remontent à la surface, s'exposent à l'air libre et à la lumière
et parcourent de longues distances. Les ailés qui ne sortent jamais
que pour le vol d'essaimage ont leur comportement génésique abolir
marchent et transportent des larves. Les ouvriers d'Anoplotermes
peuvent acquérir un comportement de soldats (il n'y en a pas dans-
ce genre). Des conduites très particulières se manifestent à l'occasion
de la sociotomie, notamment le transport d'oeufs, de couvain, d'indi
vidus blessés, de cadavres. Ce mémoire apporte la preuve de l'eff
icacité des nasuti dans la défense (jusqu'ici elle n'avait pas été
fournie), ainsi que celle de l'importance de l'organisation du groupe
dans la lutte contre les agresseurs. Enfin l'influence capitale du
groupe sur le comportement individuel est mise en lumière (action
inhibitrice sur l'instinct sexuel des ailés, sur le phototropisme négat
if des ouvriers, de la reine, etc.). La sociotomie a lieu dans des
conditions climatiques bien déterminées : 16 à 35° C, 80 % et plus
d'humidité (au début de la saison des pluies). Elle est due peut-être
à un déséquilibre dans la proportion des castes. Les espèces qui
présentent de la sociotomie essaiment d'ailleurs normalement comme
les autres Termites.
G. V.
Orientation chez les Insectes :
HIERHOLZER (0.). — Ein Beitrag zur Orientierung von « Ips
CUTVidenS » Germ. (Contribution à l 'étude de V orientation chez I. c.J.
— Z. Tierpsychol., 1950, 7, 588-619. — CARTHY (J. D.)- — The
orientation of two allied species of british ant. I : Visual direction
finding in « Acanthomyops (Lasius) niger » (Orientation de deux
espèces voisines de fourmis anglaises. I : Repérage visuel chez
Lasius niger.;. — Behaviour, 1951, 3, 275-303. — II : Odour
trail laying and following in « Acanthomyops (Lasius) fuligino-
SUS » (Orientation de L. fuliginosus sur une piste odorante) . —
Ibid., 304-318.
Ips curvidens est un Coléoptère de la famille des Scolytidae quï
vit sous les écorces de pins. Dans ses périgrinations sur le tronc de
son arbre et au dehors, ses mouvements sont guidés par des stimuli
visuels et olfactifs principalement. Les facteurs visuels sont : la
lumière, le contour et l'éclairement relatif des objets. L'action de
la lumière dépend de dispositions internes de l'animal (il est photop
ositif quand il s'apprête à voler, photonégatif quand il a faim). Le
contour des objets attire par un effet de contraste. En lumière forte,.
l'Insecte préfère la partie relativement sombre du champ. L'attrac- PSYCHOLOGIE ANIMALE 503
tion olfactive par l'odeur d'écorce de sapin ne joue qu'à courte dis
tance. L'odeur d'Epicéa a un effet répulsif quand l'Insecte est à
proximité. Signaux optiques et signaux olfactifs se conjuguent, les
premiers guidant l'Insecte vers des buts lointains, les seconds agis
sant dans le cas de buts proches. L'orientation olfactive par les
massues antennaires est « phobique » ou « tropotactique ». Sur des
surfaces verticales, la pesanteur oriente les Insectes vers le haut.
Quand la femelle creuse sa galerie de ponte, elle se dirige d'après le
sens des fibres du bois et du liber. Les résultats expérimentaux
donnent quelques indications pratiques pour la destruction de ces
Insectes.
Les ouvrières de Lasius niger s'orientent visuellement quand elles
emportent les larves. Cette orientation visuelle a pour facteurs des
points de repère et le plan de polarisation de la lumière du ciel bleu.
L'arrière-plan olfactif, bien qu'il existe, ne semble pas jouer de rôle
dans l'orientation de cette espèce. Par contre, chez L. fuliginosus,
les ouvrières déposent une trace odorante qui leur permet de retrou
ver leur chemin quand elles transportent des proies dans une arène.
Cette piste est polarisée par suite de sa forme. Et néanmoins cette
polarisation n'est pas perçue par les Fourmis, qui ne l'utilisent pas.
La substance déposée sur la piste est une sécrétion anale.
G. V.
Activité phonogénique :
JACOBS (W.). — Vergleichende Verhaltensstudien an Feldheu
schrecken (Étude comparée du comportement des Sauterelles). —
Z. Tierpsychol., 1950, 7, 169-216. — WEIH (A. S.). — Unter
suchungen über das Wechselsingen (Anaphonie) und über das
angeborene Lautschema einiger Feldheuschrecken (Recherches sur
F anaphonie et sur le scheme inné des bruits émis par quelques Saut
erelles). — Z. Tierpsychol., 1951, 8, 1-14.
Ces recherches ont eu pour but d'étudier les émissions de sons et
leur rôle dans le comportement sexuel ou social des Sauterelles.
Jacobs étudie principalement le comportement sexuel de Gompho-
cerus rufus (Acridinae); il observe un chant de pariade chez le mâle,
en trois phases : 1° le mâle secoue la tête latéralement, de plus en
plus vite; 2° puis il dresse ses fémurs verticalement et leur fait effec
tuer un mouvement alternatif de haut en bas; 3° enfin vient le chant
ordinaire prolongé pendant cinq à six secondes. Il n'est pas sûr que
la femelle soit reconnue comme telle par le mâle en pariade. En
général cependant elle est distinguée d'un individu d'une autre
espèce. La base sensorielle de cette discrimination semble être sur
tout visuelle. Parfois la femelle non consentante s'éloigne du mâle,
qui la poursuit en émettant des sons très brefs. Quand la femelle est
consentante, le mâle l'approche en chantant de son chant ordinaire,. 504 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
auquel la femelle répond en signe d'acceptation. Le mâle peut encore
chanter au début de l'accouplement. Les espèces sont caractérisées
par la présence ou l'absence des traits de comportement suivants :
chant de copulation, chant ordinaire, chant de rivalité, chant de
poursuite. Ces conduites expressives sont surtout développées dans
les espèces de la sous-famille des Acridinae. Les modalités du compor
tement sexuel ont un caractère assez étroitement spécifique.
Weih étudie la nature de F« anaphonie » et l'extension de son
scheme inné chez quelques Sauterelles d'Allemagne. Anaphonie
désigne la conversation chantée entre les individus. Ce phénomène
présente deux aspects : le « dialogue » (« Respondieren »), c'est-à-
dire le chant alternant de partenaires assez éloignés, à valence effec
tive médiocre; la « rivalité » (« Rivalisieren ») ou chant de lutte des
mâles, à valence affective forte. Chacun de ces groupes de chants se
subdivise à son tour en : chants de réponse, chant alternant, chant à
variations. Le chant habituel se rattache à la tendance sexuelle; son
rôle est une exploration de l'espace auditif : recherche primaire des
femelles réceptives, qui répondent par un chant de consentement,
recherche secondaire des mâles qui répondent par un chant de rival
ité, etc. L'anaphonie des peut se charger d'une telle valeur
ludique que des mâles en quête de femelles se laissent détourner de
leur recherche par le chant de congénères de même sexe. La forme
de l'anaphonie dépend largement de la distance qui sépare les chant
eurs. Sa valence affective également, celle-ci étant proportionnelle
à l'énergie sonore qui atteint les organes auditifs. Souvent la durée
du chant varie en sens inverse de sa valence affective. L'auteur a
étudié le scheme de l'anaphonie à l'aide d'attrapes sonores; chez le
mâle de Chorthippus bicolor il se caractérise comme suit : très vague
en ce qui concerne la qualité du son, élastique quant au rythme, lié
à une métrique étroite dans le chant des rivaux. L'auteur, en imitant
le chant d'une femelle de Ch. biguttulus avec la bouche a observé que
le mâle qui chante en retour recherche la source du son et essaie de
s'accoupler avec des attrapes. Les larves chantent aussi : c'est une
stridulation sourde, qui se spécifie chez l'Insecte parfait sous l'action
de diverses tendances. La plasticité du passage entre les diverses
formes du chant des adultes, les conditions de leur déclenchement,
le développement ontogénique du chant, imposent, dit l'auteur,
l'interprétation suivante : la disposition affective de l'animal (sa
« Stimmung ») est le déterminant majeur du comportement de str
idulation.
G. V.
Comportement sexuel chez les Insectes :
SPIETH (H. T.). — Mating behaviour and sexual isolation in the
« Drosophila Virilis » species group (Le comportement d'accouple
ment et l'isolement sexuel dans le groupe spécifique D. virilisj. — PSYCHOLOGIE ANIMALE 505
Behaviour, 1951, 3, 105-145. — MAGNUS (D.). — Beobach
tungen zur Balz und Eiablage des Kaisermantels « Argynnis
paphia » L. (Observations sur le rite de la pariade et la ponte chez
le Papillon A. paphia h.). — Z. Tierpsychol., 1950, 7, 435-449.
— KRLGER (E.). — Ueber die Bahnflüge der Männchen der
Gattungen « Bcmbus » und « Psithynus » (Bombidae Hymenopt.)
(Sur les trajectoires de vol des mâles des genres B. et P.). — Z. Tier
psychol., 1951, 7, 61-75.
Études intéressantes du comportement sexuel de quelques Insectes.
Chez Drosophila virilis, le sexuel et la cour faite
par le mâle donnent lieu aux principales remarques suivantes : le
mâle peut entrer par hasard en contact avec la femelle, ou être
attiré par ses déplacements. Il s'en approche et la tape avec une
de ses pattes de devant. Ensuite il se glisse sous ses ailes, lèche ses
genitalia, frotte la face ventrale de son abdomen. Ces actions peuvent
durer pendant de longues périodes de temps, au cours desquelles
une des ailes du mâle vibre à très grande fréquence, par intermit
tences. La femelle réceptive accepte le mâle en déployant et soule
vant ses ailes. Pendant la copulation, le frotte par instants les
côtés de l'abdomen de la femelle avec ses pattes mésothoraciques. La
femelle reste tranquille pendant la copulation, mais vers la fin tente
de se débarrasser du mâle par une ruade. Le mâle détermine la fin
de l'accouplement, se retire et est alors prêt à recommencer avec
une autre femelle. Il existe des comportements homosexuels entre
mâles, identiques aux comportements hétérosexuels. Chez D. nova
mexicana et D. americana americana, les mâles se livrent à de véri
tables combats pour la possession d'une femelle. Les stimuli visuels
jouent un grand rôle dans le comportement sexuel; le « tapping »
effectué par les mâles est un stimulus très agissant pour l'excitation
des femelles réceptives; de même la vibration des ailes du mâle.
Les genitalia de la femelle sont un stimulus olfactif pour le mâle :
la copulation ne se produit pas en général si les genitalia ne sont pas
entrés en contact avec la trompe du mâle. L'isolement sexuel qui
survient entre les différentes sous-espèces ou lignées est dû à l'int
eraction de deux éléments de l'accouplement : choix du conjoint,
intensité de la tendance sexuelle. Dans les souches étudiées, le choix
du conjoint est le fait du mâle, les deux sexes faisant preuve d'une
tendance sexuelle d'une égale intensité. Dans les croisements inter
souches, le degré d'isolement sexuel semble distribué au hasard. La
discrimination peut être d'autant plus accusée que les femelles pro
viennent de souches géographiques plus éloignées.
Chez Argynnis aphia, les phases d'activité sexuelle coïncident
avec les périodes d'activité générale maximum, c'est-à-dire géné
ralement dans la matinée. C'est le mâle qui se livre à une recherche
active de la femelle, guidé par des stimuli visuels lointains et des
stimuli olfactifs proches. Le scheme optique de la femelle comporte
l'année psychologique, lu, fasc. 2 33 506 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
très peu de signes. La pariade comprend deux parties : en vol et
au sol. Lors de la première, on observe des trajets typiques de l'un
et l'autre sexe, avec action réciproque des deux partenaires. La
pariade au sol se divise en quatre phases : excitations optiques et
chimiques mutuelles; excitation chimique (odeur du mâle); exci
tation mécanique (le mâle touche la femelle avec ses palpes, etc.);
enfin la copulation, qui dure de une à quatre heures. La ponte a
lieu seulement au début de la journée, dans des habitats étroitement
délimités par le microclimat et la végétation. Elle se déroule en
trois phases : après la découverte des Plantes servant de nourriture
aux chenilles, la femelle pond ses œufs sur l'écorce des arbres avoi-
sinants, jusqu'au sommet; ce faisant, elle décrit en vol des trajets
très caractéristiques.
Krüger a observé des Bourdons de 13 espèces dans leurs vols de
rut, sur des territoires situés en bordure du Sylt. Ces vols commencent
le matin et cessent au début de l'après-midi, après quoi les animaux
se mettent à visiter les fleurs. Les vols de rut dépendent étroitement
du temps qu'il fait : ils cessent avec la pluie ou le vent violent.
Les mâles répandent pendant ces vols un parfum spécifique (confi
rmation des recherches de Sladen et Haas).
G. V.
Activité alimentaire chez les Poules :
ENGELMANN (C). — üeber den Geschmacksinn des Huhnes.
IX : Die Grenzen der Schmeckempfindlichkeit grosser Hühnern
issen (Sur le sens gustatif de la Poule. IX : Les limites de la
sensibilité gustative chez des races de Poules de grande taille). —
Z. Tierpsychol., 1950, 7, 84-121. — X : Die Beeinflussung der
Annahme fester Futterstoffe durch Veränderung ihres Feucht
igkeitgehaltes SOWie ihrer Temperatur (X : Influence des varia
tions de la teneur en eau et de la température des nourritures solides
sur la quantité absorbée). — Ibid., 240-264. — Ueber die
Beliebtheit einiger Grünfutterpflanzen beim Huhn (Sur la
prédilection de la Poule pour quelques Plantes vertes). — Ibid.,
1951, 8, 121-132. — Beiträge zum Gedächtnis des Huhns (Cont
ribution à V étude de la mémoire chez la Poule.). — ■ Ibid., 110-
121.
Continuation des recherches commencées en 1934 et publiées en
partie dans plusieurs autres revues (Z. f. vergl. Physiol., Biol. Zeri-
tralbl.). Dans ces nouveaux articles l'auteur étudie les variations
de la sensibilité gustative de la Poule en fonction de diverses condi
tions : l'âge, la taille ou la race, la température, le caractère de soli
dité des aliments, leur teneur en eau, leur qualité, etc. Voici les
principaux résultats : la sensibilité gustative s'évalue par le pour
centage des refus ou des acceptations de la nourriture. Les Poussins
sont beaucoup plus sensibles que les adultes. Mais les différences PSYCHOLOGIE ANIMALE 507
entre les races sont sans importance. La sensibilité gustative repose
sur le nombre total des cellules sensorielles dans les bourgeons gus-
tatifs. Une élévation de température augmente la sensibilité, soit
pour le refus soit pour l'acceptation. MgCl2 ne représente pas une
qualité gustative unitaire : à faible concentration, il pourrait avoir
pour les Poules un goût agréable, amer ou sucré; à forte concentrat
ion, il est désagréable à cause de ses deux composantes. Même à
forte concentration, il est moins désagréable que de faibles concen
trations de NaCl et HC1. Avec des blés concassés, ayant des teneurs
en eau différentes et des températures diverses, on obtient les résul
tats suivants : les stimuli de chaud perdent leur pouvoir répulsif
dès qu'ils interfèrent avec des stimuli tactiles; plus un aliment est
solide, plus sa température doit être élevée pour que la Poule s'en
détourne. La zone comprise entre 0 % et 100 % de refus s'étend
pour l'eau entre 35 et 45° C; pour le blé égrugé et les pommes «de
terre, entre 40 et 55°; pour les grains de blé, entre 45 et 60°. Les
différences de consistance de deux nourritures doivent être relativ
ement considérables pour provoquer un déplacement de la tempér
ature maxima supportable. Les Poules sont insensibles à un refro
idissement de l'eau ou de la nourriture; même au moment des gelées
elles préfèrent des aliments refroidis à des aliments réchauffés. Leur
dégoût des stimuli chauds augmente par contraste quand on leur
présente de l'eau fraîche à côté. D'une manière générale, quand
deux stimuli de qualité différente agissent en même temps, le
comportement de la Poule dépend de leur intensité relative : l'él
évation d'intensité de l'un diminue la sensibilité de l'autre. La pré
férence pour telle Plante verte dépend surtout des impressions olfac
tives et gustatives. Le caractère lisse de la surface des feuilles, la
faible résistance à l'arrachement, une grande foliaire et une
certaine hauteur, constituent des stimuli tactiles positifs. Par contre,
les poils, les épines, la dureté agissent négativement. L'acidité de«
Plantes repousse les Poules. L'amertume est sans effet (sensibilité
très réduite des Poules à l'amer). Mais la Poule oublie vite ses expé
riences désagréables et n'acquiert guère la connaissance des espèces
végétales; elle ne retient durablement que des signes isolés : poils,
épines, etc. Les expériences montrent d'ailleurs qu'il existe chez les
Poules une véritable hiérarchie entre les différents contenus mné
moniques. Les souvenirs les moins durables sont visuels. La connais
sance personnelle du compagnon de poulailler n'a qu'une impor
tance passagère, tandis que le penchant à former des troupeaux
est instinctif et inné. Le souvenir des lieux persiste longtemps,
celui de la nourriture encore davantage. La mémoire des Poussins
est mauvaise; des expériences renouvelées consolident les souvenirs
chez les adultes. Les performances mnémoniques sont meilleures
dans les expériences isolées que dans les expériences groupées.
G. V. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 508
Activités reproductrices chez les Oiseaux :
PETERS (H.), LANGE (H.). — Ueber das Verhalten der Sil-
bermöwe (« Larus a. argentatus ») zu ihrem Gelege. Zur Frage
des Kannibalismus (Sur le comportement de la mouette argentée
vis-à-vis de ses œufs. Contribution à la question du cannibalisme) .
— Z. Tierpsychol., 1950, 7, 121-130.— SEITZ (A.). — Beo
bachtungen über die Bodenbalz beim Kiebitz (« Vanellus vanel-
lus » L.). Ein Versuch zur Analyse der Paarbildung (Observat
ions sur la pariade au sol chez le Vanneau. Essai d'analyse de
la formation du couple). — Z. Tierspsychol., 1950, 7, 275-286.
— VON HAARTMAN (L.). — Successive polygamy (Polyga
mie successive) . — Behaviour, 1951, 3, 256-274.
Chez la Mouette argentée, des individus isolés mangent habi
tuellement les œufs au moment de la couvaison. D'après les obser
vations des auteurs, c'est une tendance latente chez toutes les
Mouettes argentées. En déplaçant les œufs, ils ont observé qu'elle
se manifeste à l'égard d'œufs qui se trouvent en dehors du nid.
C'est cependant la présence du nid qui inhibe normalement la ten
dance à manger les œufs.
Bien que plusieurs observateurs aient déjà étudié la pariade et
la couvaison chez le Vanneau, le mécanisme de la formation des
couples (action conjuguée de mouvements instinctifs, schemes innés
de déclenchement chez les deux sexes) n'avait pas encore été mis
en lumière. Seitz a observé un Vanneau mâle apprivoisé, vivant en
cage au moment de la pariade au sol; il décrit ses mouvements, ses
cris, etc., et il conclut que le mâle est le principal acteur de la pariade
au sol, la femelle n'ayant qu'un stock d'actions instinctives beau
coup plus restreint. Le prétendu vol de pariade du mâle n'est qu'un
comportement de domination vis-à-vis de la femelle. Le fait que
le mâle mime le comportement au nid (mouvements de bascule,
grattage du sol) peut être interprété comme une sollicitation à la
pariade. L'auteur rapporte que le Vanneau a treize cris différents
pour autant de situations définies.
Von Haartman étudie la polygamie successive chez le Gobe-
Mouches bariolé (Muscicapa h. hypoleuca). Le mâle peut avoir plu
sieurs territoires qu'il occupe successivement, dans chacun desquels
il a une femelle. Dans la plupart des cas, il change de territoire
quand la femelle a commencé à pondre; la seconde femelle pond
5 à 6 jours après la première (ce qui correspond à une période
d'accroissement des ovocytes qui dure 5 jours). Le mâle quitte
alors la seconde femelle. Il peut retourner à la première définitiv
ement, ou bien revenir à la seconde après la fin de l'élève de la pre
mière couvée. Il peut même nourrir les deux femelles à la fois. On
observe rarement toutefois la polygamie simultanée. Les mâles poly
games sont presque tous âgés de plus d'un an (cependant, dans la PSYCHOLOGIE ANIMALE 509
population, il y a autant de mâles âgés de moins d'un an). L'aban
don de la femelle est peut-être le fait d'un comportement d'appé
tence permettant au mâle d'accomplir dans le nouveau territoire
certaines actions instinctives (chant, parade, etc.) arrivées à l'extinc
tion dans l'ancien territoire. Certains mâles semblent avoir plus
de tendance à la polygamie que les autres. Comme les polygames
ont plus de descendants que les autres, ce fait explique peut-être
que la polygamie se soit fixée dans l'espèce. Des faits semblables
ont été observés par Lorhl chez le Gobe-Mouches à collerette et
d'autres espèces.
G. V.
KRAMER (G.), Von SAINT-PAUL (U.). — Ein wesent
licher Bestandteil der Orientierung der Reisetaube : die Rich
tungsdressur (Un élément important de l'orientation chez le Pigeon
voyageur : le dressage à la direction). — Z. Tierpsychol., 1950,
7, 620-631.
La tendance à revenir au home est beaucoup plus forte chez les
Pigeons voyageurs que chez les autres Pigeons; les premiers sont
donc de meilleurs sujets que les seconds pour des expériences sur
l'orientation. Pour prouver l'existence d'un dressage à une direction
chez les Pigeons voyageurs, les auteurs ont procédé aux deux expé
riences suivantes : 1° les Pigeons furent lâchés en groupes à des
distances croissantes de leur point d'attache, les points de départ
successifs et le but étant sur une même ligne droite; 2° les mêmes
individus furent transportés en un lieu situé très en dehors de la
direction d'entraînement et y furent lâchés l'un après l'autre. Le
succès du dressage à la direction première a été prouvé par les
faits suivants ; a) les directions d'envol des Pigeons qui, au cours
des vols d'entraînement, semblaient orientés vers le but, restent
les mêmes dans l'expérience n° 2; b) la vitesse du retour au nid
révèle statistiquement que ce sont les Pigeons les plus rapides au
cours des vols d'entraînement qui reviennent le lentement
d'un lieu situé dans une direction perpendiculaire à la direction
apprise (à tel point même que deux des Pigeons qui s'étaient mont
rés les plus rapides au cours du premier vol se perdirent complète
ment lors du second); c) après le dernier lâcher d'entraînement, on
lâche les Pigeons un à un d'un point situé à 60 kilomètres plus loin
dans la direction habituelle : la majorité des Pigeons parcourut les
60 premiers kilomètres du retour en ligne droite. Les auteurs sup
posent que les Pigeons se guident principalement sur le soleil.
G. V.
Comportements sociaux chez les Oiseaux :
POULSEN (H.). — Beobachtungen an einem Schuhschnabel
(« Balaeniceps rex» J. Gd.) in der Gefangenschaft (Observa-

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