Psychologie animale - compte-rendu ; n°2 ; vol.58, pg 473-497

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L'année psychologique - Année 1958 - Volume 58 - Numéro 2 - Pages 473-497
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1958
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N. Bonaventure
J. Medioni
N. Riche
G. Viaud
III. Psychologie animale
In: L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°2. pp. 473-497.
Citer ce document / Cite this document :
Bonaventure N., Medioni J., Riche N., Viaud G. III. Psychologie animale . In: L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°2. pp. 473-
497.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1958_num_58_2_26709— Psychologie animale III.
Physiologie sensorielle des insectes :
FRINGS (H. et M). — Reactions to sounds by the wood nymph
butterfly « Cercyonis pegala » (Réactions aux sons du Papillon
Cercyonis pegala). — Annals entom. Soc. Amer., 1956, 49, 611-617. —
Duplex nature of reception of simple sounds in the scope moth
« Ctenucha Virginica » (Nature double de la réception de sons simples
chez le Micolépidoptère : Ctenucha virginica). — Science, 1957,
126, 24. — The location of contact chemoreceptors sensitive to sucrose
solutions in adult « Trichoptera » (Localisation des chémorécepteurs
de contact sensibles à des solutions sucrées chez les Trichoptères
adultes). — Biol. Bull., 1956, 111, 92-100. — The loci of contacts
chemoreceptors involved in feeding reactions in certain « Lepidoptera »
(Localisation des chémorécepteurs de contact mis en jeu dans les
réactionsalime ntaires de certains Lépidoptères). — Biol. Bull., 1956,
110, 291-299.
Les deux premiers travaux des Frings concernent la phono-réception
chez deux Lépidoptères : Cercyonis pegala et Ctenucha virginica. Ces
papillons réagissent à des sons purs de fréquence déterminée émis par
un générateur, soit en remuant les antennes, soit en laissant tomber les
ailes avant étalées derrière les ailes postérieures, soit encore en dressant
l'abdomen. Utilisant ces réactions, comme indices de perception, les
seuils d'intensité ont pu être déterminés en fonction de la fréquence.
Les études pour Cercyonis pegala partaient de 400 Hz jusqu'à 20 000 Hz,
avec une intensité correspondant à une pression sonore relativement
haute (95 à 105 db). Pour Ctenucha virginica, l'étude a montré qu'il
y avait un double schéma de réponses. De 150 à 15 000 Hz, et pour des
pressions de 95 à 100 db, la réaction est généralement de type excitation.
Pour des fréquences supérieures avec des intensités de 80 à 85 db, la
réaction est du type inhibition ou du type excitation mais celle-ci est
très différente de la précédente. La destruction de deux organes tym-
panaux abolit les réponses au-dessus de 15 000 Hz et nous retrouvons
la propriété que possède un grand nombre de Lépidoptères, de tympans
sensibles aux sons de hautes fréquences, propriété leur permettant
d'échapper aux Chauves-souris. Des techniques d'ablation ont été
utilisées pour localiser les récepteurs : mutilation d'antennes, des palpes,
des ailes... ; les têtes ou les thorax isolés donnent encore des réponses.
Il semble donc bien difficile de déceler quels sont les récepteurs impliqués 474 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dans ces réponses. Les récepteurs possibles semblent être les poils
tactiles, les organes campaniformes, les organes scolopidiaux, ou des
muscles propriocepteurs.
Les deux autres études concernent la localisation des chémorécep-
teurs de contact chez les Trichoptères et quelques papillons. L'extension
du proboscis par des stimulations d'eau sucrée a été étudiée chez les
Papillons : Cercyonis pegala, Lithe eurydice (Satyridés), Speyeria cybele,
Limenitis arthemis (Nymphalidés), Ctenucha virginica et Scepsis fulvi-
collis (Amatidés). Les solutions de sucre et de chlorure de sodium ont
été employées pour les Trichoptères adultes de quatre espèces des
familles de Phyganéidés et Limnéphilidés. Ces animaux se nourrissent
de liquides et des récepteurs leur permettent de distinguer les substances
acceptables des non acceptables dans une solution. Pour la première
série d'insectes, les sont sur la partie terminale du proboscis
et sur tous les tarses fonctionnels ; les palpes et les antennes ne semblent
pas porter de récepteurs, bien que l'ablation des pattes chez Ctenucha
ou Scepsis provoque des réactions alimentaires par stimulation des
antennes avec des solutions sucrées. Les réponses différentielles aux
solutions sucrées du Scepsis deviennent presque parfaites, quand toutes
les pattes ont été ôtées. Dans l'autre série, il semble qu'il y ait des
récepteurs sur les surfaces ventrales de tous les tarses, les extrémités
des maxillaires et des palpes labiaux et de la trompe. Les
des organes sont probablement des sensilla trichoïdes. Le Trichoptère
se place parmi les plus ressemblants de nombreux Diptères tant pour
la localisation des récepteurs que pour les réactions alimentaires. Tous
ces résultats, concluent les auteurs, soulignent le besoin de contrôle
soigné et la description précise des conditions d'expérience ainsi qu'une
interprétation prudente des résultats négatifs.
N. R.
Psychophysiologie comparée de l'audition :
SCHWARTZ KOPFF (J.). — On the hearing of birds (L'audition
des Oiseaux). — The Auk, 1955, 72, 340-347. — Schall Sinnesorgane,
ihre Funktion und biologische Bedeutung bei Vögeln (Les organes du
sens auditif, leur fonction et leur signification biologique chez les
Oiseaux). — Acta XI Congr. Intern. Orn., Bâle, 1954-1955, 189-208.
Spécialiste de l'audition des Oiseaux, l'auteur a donné récemment
ces deux revues de la question, montrant l'intérêt des problèmes de
physiologie comparée et de psychophysiologie qu'elle soulève. — L' oreille
interne des Oiseaux est intermédiaire, par sa structure, entre l'oreille des Poissons et celle des Mammifères. La cochlée des Oiseaux
est de faible longueur, et peu enroulée ; sa longueur est généralement
proportionnelle à la taille du corps de l'Oiseau ; mais les Rapaces noc
turnes (Hiboux, Chouettes, etc.), sont exceptionnellement bien doués.
Tandis que la membrane basilaire de l'Homme est de 31 mm de long,
celle du Perroquet Chrysotis amazonica n'a que 2,6 mm. Or ce Perroquet PSYCHOLOGIE ANIMALE 475
a une audition comparable à celle de l'Homme : même étendue du champ
tonal, sensibilité différentielle aux fréquences comparable. Il est donc
très probable qu'il y a chez les Oiseaux une analyse centrale des sons
qui est prédominante par rapport à l'analyse périphérique. Cette
analyse centrale des sons se retrouve certainement chez les Poissons,
où les analyseurs périphériques de sons font défaut, mais qui cependant
ont une bonne sensibilité différentielle aux fréquences, pour les sons
au-dessous de 1 000 Hz. Chez les Mammifères, on sait que, dans le
domaine compris entre 1 000 et 5 000 Hz, le nerf acoustique travaille
d'après le « principe de la salve » ; la fibre isolée ne répond qu'à 1 sur 2,
3, 4, 5 vibrations, mais le nerf, dans son ensemble, se décharge par
synchronisation avec la fréquence sonore. Par ailleurs, se fondant sur
les différences de structure entre l'oreille interne des Oiseaux et celle
des Mammifères, Schwartzkopff pense qu'une théorie générale de
l'audition n'est possible que selon les conceptions récentes basées
sur les mouvements ondulatoires du liquide de l'oreille interne
(von Békésy, etc.). La théorie de la résonance de Helmholtz ne pouvait
s'appliquer qu'aux Mammifères.
L 'oreille externe des Oiseaux est très différente morphologiquement
de celle des Mammifères. Cependant le fonctionnement est analogue
de part et d'autre. La plupart des Oiseaux ont un conduit auditif
externe que des muscles peuvent fermer plus ou moins pour protéger
le tympan (p. ex. chez les oiseaux plongeurs), pour saisir les sons de
la manière la plus favorable, etc. Les Rapaces nocturnes ont de véri
tables pavillons (en plumes).
Uoreille moyenne des Oiseaux comprend le tympan (tendu comme
une tente), Pextra-columelle cartilagineuse et la columelle osseuse.
L'ensemble réalise une bonne adaptation acoustique entre les vibrations
des molécules du liquide de l'oreille interne et les oscillations des molé
cules aériennes. La surface du tympan est exceptionnellement grande
chez les Hiboux (par rapport à celle de la fenêtre ovale). Des espaces
vides dans le crâne mettent en liaison les deux oreilles moyennes,
absorbant l'énergie des sons graves (50 Hz et au-dessous) chez la plupart
des Oiseaux.
Le champ auditif tonal ne descend pas au-dessous de 50 Hz (limite
due aux espaces vides du crâne) sauf chez le Grand-Duc et les Hiboux
qui paraissent sensibles à des sons plus graves. La limite supérieure de
l'audition varie entre 12 000 et 30 000 Hz. La perception des ultra-sons
n'a qu'une faible importance biologique pour les Oiseaux, à cause de
leur faible portée dans l'air.
En général, il y a coaptation entre la phonation et l'audition. Chez
les Oiseaux aussi, la sensibilité est généralement à son maximum dans
la région des fréquences utilisées pour les cris ou les chants : Bouvreuil
et Pinson, vers 3 200 Hz, Corneille et Pie, entre 1 000 et 2 000 Hz.
Mais il y a d'autres adaptations à considérer : les poussins réagissent
aux gloussements graves de la Poule (maximum de sensibilité au-dessous ANALYSE^ BIBLIOGRAPHIQUES 496
de 400 Hz), et la Poule est très sensible aux cris aigus des poussins
(au-dessus de 3 000 Hz) ; il y a un changement de sensibilité au cours
du développement individuel. Chez les Hiboux, l'audition des sons aigus
est excellente ; c'est une adaptation aux cris de la proie (cris aigus des
souris, etc.).
La sensibilité absolue des Oiseaux chanteurs est voisine de celle de
l'Homme (Bouvreuil : 2 x 10~4 [ibar, dans la région de la sensibilité
maximum). C'est à peu près une limite physique. L'oreille des Hiboux
est cependant certainement plus fine que celle de l'Homme. Les Rapaces
diurnes entendent un peu moins bien que les Oiseaux chanteurs. Les
Canards et les Pigeons ont une oreille 100 fois moins sensible que celle
de l'Homme.
La sensibilité différentielle tonale (fonction la plus importante de
l'audition) est aussi bonne ou même meilleure (0,3 à 0,7 % du nombre
des vibrations) que celle de l'Homme, chez les Perroquets et les Oiseaux
chanteurs. Elle joue un rôle capital dans le déclenchement de beaucoup
de réactions instinctives. Chez les Pigeons et les Poules, la sensibilité
différentielle tombe à 5 ou même 10 %, c'est-à-dire à peu près au niveau
de celle des Poissons. Pour ces Oiseaux, c'est le rythme des émissions
sonores qui compte. Chez les Oiseaux chanteurs, le contrôle auditif
de la phonation n'est pas nécessaire, contrairement à ce qui se passe
chez l'Homme. Un Bouvreuil devenu sourd chante pendant des années
comme auparavant. On ne sait encore rien sur la différenciation des
sons par les Hiboux.
La perception des directions des sources sonores est excellente chez
les Hiboux, meilleure que chez tous les autres Oiseaux. Les Rapaces
nocturnes utilisent les différences de temps, leur seuil est au moins aussi
fin que celui de l'Homme (3 x 10~5 s). La largeur de leur tête favorise
cette fonction. Les Hiboux utilisent aussi les différences d'intensité.
Quand les valves constituées par les pavillons de leurs oreilles se rédui
sent à une fente, le son qui ne tombe pas dans la direction de la fente
est beaucoup moins bien perçu que celui qui tombe dans cette direction.
On ne connaît pas encore les limites exactes de la capacité de localisation
des sons par les Hiboux. Chez les Oiseaux chanteurs, les différences
de temps ne jouent aucun rôle, à cause de la faible largeur de leur tête.
Les différences d'intensité sont le facteur essentiel, car on sait expér
imentalement que le son est entendu avec des intensités différentes dans
les deux oreilles si le bec de l'Oiseau n'est pas dirigé vers la source. Le
seuil différentiel des intensités (14 %) permet une discrimination des
directions allant de 20 à 25 °. L'Oiseau se sert de ses yeux pour localiser
plus finement la source d'émission sonore.
En conclusion, l'oreille de la plupart des Oiseaux, exception faite
des Rapaces nocturnes, est un peu moins bonne que celle des Mammifè
res. Cependant son importance vitale n'est surpassée que par celle
de la vue.
Schwartzkopff donne aussi un résumé de nos connaissances sur le PSYCHOLOGIE ANIMALE 477
sens vibratoire des Oiseaux (perception des vibrations du support solide
par les pattes). C'est un sens particulièrement développé chez l'Oiseau.
Nous ne rappelons que pour mémoire ces recherches, dont nous avons
déjà antérieurement rendu compte.
G. V.
Physiologie comparée de l'encéphale :
WARREN (J. M.), LEARY (R. W.), HARLOW (H. F.),
FRENCH (G. M.). — Function of association cortex in monkeys
(Rôle du cortex associatif chez les singes inférieurs). — Brit. J. anim.
Behaviour, 1957, 5, 131-138. — BELL (R.), LAWN (A. M.). —
Disturbance of rumination in the goat after ablation of the orbito-
frontal lobes Of the cerebral cortex (Troubles de la rumination chez
la chèvre, après V ablation des lobes orbito- frontaux du cortex cérébral). —
Brit. J. anim. Behaviour, 1957, 5, 125-129.
Poursuivant leur travail sur l'importance des localisations cérébrales,
Harlow et ses collaborateurs étudient ici le rôle joué par le cortex
associatif dans l'apprentissage et la mémoire chez les Singes. Les auteurs
ont étudié des Macaques qui ont subi deux opérations successives :
une extirpation unilatérale n'épargnant que les aires sensori-motrices
et une destruction des aires associatives corticales frontale et postérieure
opposées. Quatre singes de contrôle et six animaux ainsi opérés ont été
soumis à différents tests. Les résultats se classent en deux catégories :
1° Les animaux opérés sont nettement inférieurs aux singes normaux
et ne recouvrent pas leurs aptitudes dans le temps pour certains pro
blèmes ; citons en particulier les problèmes de discrimination des struc
tures (les stimuli étant différents par la couleur, la forme, la taille, etc.),
des expériences de choix uniques, des problèmes à réponses différées ;
2° Les singes opérés ne sont pas inférieurs aux animaux de contrôle,
ou retrouvent toutes leurs facultés au bout de plusieurs mois dans des
problèmes de double alternance, de perception du champ visuel, dans
des tests de ficelle de Harlow, etc. Dans cette étude, comme dans les
précédentes, les auteurs insistent sur le fait qu'une stricte application
de la théorie des localisations cérébrales est incompatible avec les
observations, mais que celles-ci n'impliquent pas l'adoption universelle
des concepts de l'équipotentialité et de l'action de masse pour décrire
les fonctions du cortex cérébral. Certaines fonctions semblent bien être
localisées, d'autres dispersées dans tout le cortex. L'emploi de ces
concepts ne doit être envisagé que pour des fonctions spécifiques.
Pour une description générale de toutes les fonctions cérébrales, aucune
de ces notions n'est acceptable.
Il est difficile également de savoir s'il existe un centre responsable
de la rumination chez la Chèvre ; d'après Bell et Lawn, il semble que
l'ablation des lobes orbito-frontaux du cortex cérébral chez la chèvre,
ne provoque pas de perturbation importante dans son comportement
de rumination : au cours de la journée, les animaux opérés ruminent ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 478
pendant le même temps que les animaux normaux. Seul le cycle de
rumination, c'est-à-dire la période entre une régurgitation et la suivante,
devient nettement irrégulier, et est synchrone des contractions, « réti-
culo-ruminales », irrégulières de l'estomac. L'auteur discute également
le rôle que joue le cerveau dans le contrôle de nombreux réflexes associés
à la rumination.
N. B.
Apprentissage :
RENSGH (B). — Increase of learning capability with increase of
brain-size (Influence de la taille du cerveau, sur la possibilité d'apprent
issage). — The American Naturalist, 1956, 90, 81-95. —
REETZ (W.). — Unterschiedliches visuelles Lernvermögen von
Ratten und Mausen (L'apprentissage visuel différentiel chez
le rat et la souris). — Z. Tierpsychol., 1957, 14, 347-361. —
MEN K HAUS (I.). — Versuche über einäugiges Lernen und trans
ponieren beim Haushuhn (Recherches sur V apprentissage monoculaire
et son transfert chez la poule domestique). — Z. Tierpsychol., 1957,
14, 210-229.
En se basant sur des travaux récents, personnels ou non, Rensch
avance l'hypothèse selon laquelle la capacité d'apprentissage serait
proportionnelle à la masse absolue du cerveau et à sa structure chez les
Insectes et les Vertébrés (Poissons, Oiseaux, et Mammifères notamment).
La facilité d'apprentissage des grandes espèces, ainsi que leur importante
rétention par rapport aux espèces voisines plus petites, s'expliquerait
histologiquement : dans un cerveau très grand, les cellules ganglionnaires
sont relativement grandes et possèdent des dendrites plus nombreuses
et plus compliquées que dans un cerveau plus petit. Ces ramifications
dendritiques importantes constitueraient un « mécanisme d'aiguillage »
plus complexe, capable de donner des connexions permanentes.
Les différences entre l'aptitude à l'apprentissage chez les petits
Muridés paraissent confirmer cette hypothèse de Rensch mentionnée ci-
dessus, selon laquelle les aptitudes nerveuses centrales dépendraient du
volume absolu du cerveau. Reetz le démontre en étudiant la discrimina
tion visuelle chez le Rat et la Souris. Ces expériences ont été conduites au
moyen du « jumping apparatus » de Lashley. Les Rats ont fait preuve
d'un comportement moins troublé et plus constant que les Souris, et
ont une plus grande capacité de rétention. De plus, ils reconnaissent
mieux des patterns intrinsèquement identiques, mais qui ont subi de
légères variations.
Menkhaus a étudié l'apprentissage des formes (cercle, croix,
triangle, etc.) chez la Poule domestique en vision bi- et monoculaire.
Dans ce dernier cas, est deux fois plus long, mais n'est
pas meilleur qu'en vision binoculaire en particulier, de légères
modifications des signaux ne sont pas mieux reconnues dans l'un ou
l'autre cas. Le signal « croix » est très mal identifié et la figure, repré- PSYCHOLOGIE ANIMALE 479
sentant deux bandes parallèles horizontales, a la même signification.
Il semble que les poulets ne comprennent pas le fait que « quelque
chose se croise » mais qu'ils sont plutôt sensibles à la distribution de
la clarté et à la position du fond circulaire. En vision monoculaire,
l'auteur étudie le transfert de l'apprentissage d'un œil à l'autre, en
testant l'animal avec l'œil n'ayant pas été soumis à l'apprentissage.
Les animaux reconnaissent toutes les figures apprises avec l'autre œil.
Mais ils ne sont pas capables de reconnaître les variations apportées
au signal ils ne qu'une rotation du signal ; tandis qu'avec
l'œil éduqué, ils reconnaissent des transpositions bien plus complexes.
N. B.
Orientation :
DANZER (A.). — Die Duftorientierung von Geotropus silvaticus im
natürlichen Biotop (L'orientation olfactive de G. s. dans son milieu
naturel). — Z. vergl. Physiol., 1956, 39, 76-83. — BAINBRIDGE (R.),
WATERMAN (T. H). — Polarized light and the orientation of two
marine Crustacea (Rôle de la lumière polarisée dans l'orientation de
deux Crustacés marins). — J. exper. Biol., 1957, 34, 342-64. —
PARDI (L.). — Modificazione sperimentale délia direzione di fuga
degli anfipodi ad orientamento SOlare (Modification expérimentale de
la direction de fuite chez les Amphipodes qui s'orientent sur le soleil). —
Z. Tierspsychol., 1957, 14, 261-75. — BIRUKOW (G.). — Liehtkom-
passorientierung beim Wasserlaüfer « Velia currens F. (Heterop-
tera) » am Tage und zur Nachtzeit : I. Herbst — und Winterversuche
(Photoménotaxie chez la Punaise aquatique V. e. Heteroptera, pendant
le jour et pendant la nuit : I. Expériences d'automne et d'hiver). —
Z. Tierpsychol., 1956, 13, 463-84. —BIRUKOW (G.), BUSCH (F.).—
Lichtkompassorientierung beim Wasserlaüfer « Velia currens F.
(Heteroptera) » amTageund zur Nachtzeit : II. Orientierungsrhythmik
in verschiedenen Lichtbedingungen (Photoménotaxie chez la Punaise
aquatique V. e., Heteroptera, pendant le jour et pendant la nuit :
II. Rythme nycthémeral de l'orientation dans diverses conditions
d'éclairement). — Z. Tierpsychol., 1957, 14, 184-203. — SAUER (F.).
— Die Sternenorientierung nächtlich ziehender Grasmücken « (Sylvia
atricapilla, borin » und « curruca ») (L'orientation sur les étoiles
des Fauvettes migratrices nocturnes). — Z. Tierpsychol., 1957, 14,
29-70.
Danzer a réalisé, sur le terrain, une série d'expériences fort précises
concernant les réactions d'attraction chimiotaxique chez le Bousier.
Il a montré en premier lieu que les excréments humains attirent des
Géotrupes jusqu'à une dizaine de mètres de distance. Le trajet des an
imaux est en général rectiligne car ils se guident sur les courants d'air
soufflant au ras du sol. Leur chimiotaxie se complique donc d'une
anémotaxie ; celle-ci n'étant d'ailleurs que secondaire, car des courants
d'air inodores n'attirent pas les Bousiers. — Les Géotrupes amputés 480 Analyses bibliographiques
bilatéralement de leurs antennes sont incapables de détecter à distance
la source d'odeurs ; la présence des excréments n'est plus perçue que
par le contact direct avec les pièces buccales. — Par contre, les animaux
amputés d'une seule antenne sont attirés par la source d'odeurs : il
exécutent des mouvements de manège qui confèrent à leur trajet une
forme « en tire-bouchon », et dont le rayon de courbure diminue avec la
distance qui sépare l'animal du but. La déviation qui donne lieu aux
mouvements de manège se fait, en règle générale, du côté intact. Tout
efois, dans certains cas particuliers, l'Insecte peut se tourner du côté
opéré. C'est ce qui advient, par exemple, quand il aborde perpendiculai
rement le courant odorant, la source de l'odeur se trouvant du côté
amputé : dans ce cas, le Bousier s'oriente directement vers le tas d'excré
ments, sans décrire un mouvement de manège qui l'en éloignerait tout
d'abord. Ce fait est particulièrement intéressant, car il montre, dans
le domaine des attractions chimiotropiques, la fausseté de certaines
idées théoriques de Loeb : les tropismes des animaux ne dépendent pas
essentiellement d'une excitation asymétrique des récepteurs bilatéraux ;
sinon le Bousier amputé d'une antenne ne pourrait que se tourner du
côté intact. — Les mouvements de manège des insectes opérés finissent
d'ailleurs par disparaître, au bout de 4 à 8 jours, et leurs trajets chimio-
positifs oscillent autour de l'axe du gradient odorant.
Le travail de Bainbridge et Waterman concerne l'orientation des
Crevettes par rapport à un faisceau vertical de lumière polarisée linéa
irement. Dans une première partie, les A. relatent des expériences de
laboratoire portant sur des Mysis. Ces crustacés nagent en s'orientant,
dans la majorité des cas, perpendiculairement au plan de polarisation
de la lumière. Mais cette règle souffre de nombreuses exceptions ; en
particulier, un nombre appréciable de trajets sont orientés parallèl
ement au plan de polarisation. Des résultats analogues ont déjà été
obtenus avec d'autres Arthropodes, Crustacés (Cladocères, Oniscus,
Porcellio) et Insectes (Drosophila, Geotrupes). La variabilité des réac
tions est d'ailleurs très considérable et plusieurs milliers de mesures
ont été nécessaires pour établir (par la méthode du x2) que la distr
ibution de fréquence des orientations s'écarte signiflcativement d'une
répartition au hasard. L'abaissement de l'intensité lumineuse (à 10
ou 1 % de sa valeur initiale) et l'emploi de lumières monochromatiques
(violet 440 m\x et rouge 660 mjx) n'influent pas sur l'orientation préfé
rentielle des Mysis ; d'autres expériences sont en cours pour appro
fondir cet aspect du problème. — Dans la seconde partie de leur article,
Bainbridge et Waterman exposent les résultats d'observations faites
en mer sur des Crevettes de l'espèce Palaemon northropi : 41 individus
ont été lâchés à des distances de la côte et du fond suffisantes pour él
iminer toute possibilité de repérage topographique visuel. Leurs trajets
horizontaux ont pu être suivis sur une distance de 25 m en moyenne.
Ils sont souvent rectilignes et leur orientation est alors en étroite
corrélation avec l'azimut solaire : la plupart des animaux prennent PSYCHOLOGIE AMMALE 481
une direction approximativement perpendiculaire à celui-ci. (On peut
d'ailleurs se demander, avec les A., si les Crevettes se repèrent sur la
lumière solaire directe ou sur le plan de polarisation de la lumière
polarisée par l'eau.)
Le travail de Pardi concerne l'orientation astronomique de deux
Amphipodes de la zone intercotidale, Talitrus saltalor et Talorchestia
deshayesei ; comme des recherches antérieures de Pardi et Papi l'ont
montré, ces Crustacés, lâchés en terrain sec, s'enfuient en direction de
leur rivage d'origine. Le maintien de la « direction de fuite » dépend
d'un repérage sur l'orientation des rayons solaires ou sur la répartition
de la lumière polarisée renvoyée par le ciel bleu. Il implique donc une
connaissance de l'heure grâce à un mécanisme physiologique, 1' « horloge
interne » de von Frisch. Les nouvelles expériences de Pardi prouvent
directement l'existence d'un tel chez les Amphipodes. En
effet, si les Talitres sont soumis pendant plusieurs jours à un rythme
d'éclairement artificiel retardé de 6 à 12 heures par rapport au
de l'éclairement solaire, ils s'orientent comme si le soleil était en retard
du même nombre d'heures. Ce nouveau mode d'orientation s'installe
graduellement, mais rapidement (4 jours) et disparaît avec la même
vitesse quand on revient à un rythme d'éclairement en phase avec le
cycle nycthéméral. — Les résultats les plus intéressants de cette étude
concernent l'effet de températures relativement très basses ou très
élevées sur l'orientation astronomique des Talitres. Un séjour de cinq
heures dans du sable refroidi à une température de 0-3° C, cause
un blocage complet de l'horloge interne. Replacés dans des conditions
thermiques habituelles (23-25° C), les animaux orientent leur direc
tion de fuite sans tenir compte des cinq heures qui viennent de s'écouler.
« On peut en conclure, écrit l'A., que 1' « horloge » dépend de processus
métaboliques rythmiques qui sont complètement ou presque complè
tement bloqués au-dessous d'une certaine température critique. » Cette
interprétation est excellement confirmée par la contre-épreuve expéri
mentale suivante : en maintenant les Talitres pendant 18 heures à une
température de 35-37° C, dans du sable humide, on accélère la marche
de leur horloge interne, en sorte qu'ils s'orientent à 10 h du matin comme
s'il était 11 h 40.
L'Hémiptère aquatique Velia currens présente un comportement un
peu comparable à celui des Amphipodes, comme nous l'apprennent les
articles de Birukow et de Birukow et Busch. Éloigné de son rivage et
lâché en terrain sec, il s'échappe dans une direction constante en s'orien-
tant astronomiquement sur le soleil ou la lumière polarisée du ciel bleu.
Mais, contrairement au cas des Talitres, il n'y a pas, chez les Vélies,
de relation entre la direction de fuite et la situation du rivage d'origine :
dans tous les cas, ces Insectes s'échappent en direction du Sud. Les
mêmes réactions d'orientation s'observent aussi en chambre noire,
par rapport à une lampe fixe : dans ces conditions, les Insectes s'orientent
par à la comme s'il s'agissait d'une source lumineuse
a. i'svi inn,. :>,s :ii

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