Psychologie appliquée - compte-rendu ; n°1 ; vol.23, pg 522-581

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L'année psychologique - Année 1922 - Volume 23 - Numéro 1 - Pages 522-581
60 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1922
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XIV. Psychologie appliquée
In: L'année psychologique. 1922 vol. 23. pp. 522-581.
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XIV. Psychologie appliquée. In: L'année psychologique. 1922 vol. 23. pp. 522-581.
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gnale qu'il a eu conscience de son moi agissant, de sa personnalité.
Wheeler en conclut que la volition consiste exclusivement dans des
sensations kinesthésiques, qu'il n'y a pas conscience de l'activité
comme telle, conscience d'un moi donné immédiatement et inana
lysable. Ach et Michotte, dans des expériences du même genre,
étaient arrivés à des conclusions contraires.
Calkins reprend les observations publiées par Wheeler et tente
de montrer qu'en réalité la conscience du moi, de la personnalité
est bien présente dans l'esprit des sujets, ce qui ne paraît pas dou
teux d'après les textes cités.
G. POYER.
OTTO KLIENEBERGER. — Zur Frage der Simulation (Anamnesef
älschung) {Contribution à Vétude de la simulation. La falsification
des antécédents). — Z. f. d. g. Neurologie und Psychiatrie,
Bd. LXXV, 328-331, 1922,
L'altération, la falsification des antécédents pathologiques est la
forme de simulation la plus facile à réaliser. Elle peut revêtir un
aspect systématique : le type invalide, le type accidenté, où toute
la vie passée du sujet est transformée, en vue du résultat à obtenir. '
Le plus souvent elle se limite à la dissimulation des maladies passées,.
de la syphilis notamment.
I. M.
XIV. — Psychologie appliquée
1° APPLICATIONS GENERALES, INDUSTRIELLES ET SOCIALES
FRANCIS KA BAUMGARTEN. — Psychotechnica {Psychotech
nique. Première partie : Sélection professionnelle). — (En Russe).
Résumé, succinct, mais précis et très clair de tout ce qui a été
fait dans le domaine de la sélection professionnelle, depuis les pre
mières recherches de Münsterberg jusqu'à nos jours. L'auteur traite,
successivement, des essais de sélection pour les professions su
ivantes : wattmen, mécaniciens de locomotive, aviateurs (expériences
faites en France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne) ;télépho-
nistes ; radiotélégraphistes ; compositeurs ; médecins ; instituteurs ;
professions commerciales ; employés de bureau, dactylographes ;
métiers divers ; professions agricoles ; police ; pompiers ; apprentis
industriels.
Un chapitre spécial est consacré à la sélection professionnelle
dans ses rapports avec l'école. (Sélection des bien doués : sélection
des enfants bien doués au point de vue artistique. Etude des apti
tudes commerciales chez les enfants).
Après avoir passé en revue toutes les tentatives faites, l'auteur
examine quelques questions d'ordre général sur la valeur théo
rique et pratique des épreuves psychotechniques. Sans partager
les espoirs exagérés de certains admirateurs de la psychotechnique, APPLIQUEE 523 PSYCHOLOGIE
l'auteur réfute les arguments de ceux qui nient toute valeur de la
psychologie appliquée au travail professionnel et montre les résultats
auxquels la psychotechnique pourra aboutir, si les chercheurs s'ap
pliquent à concilier les besoins pratiques avec la prudence scienti
fique et ne pas sacrifier cette dernière, — comme on l'a fait trop
souvent.
De nombreuses gravures et schémas ainsi qu'une bibliographie
de 599 titres complètent cet ouvrage, dont une traduction française
sera prochainement faite pour le grand public qui commence à
s'intéresser à la question et, surtout, pour les personnes qui s'o
ccupent de sélection et d'orientation.
Ce travail, qui est un exposé à la fois historique et critique, est
le seul complet et le meilleur à tous égards de tous ceux qui ont
été écrits sur ce sujet.
J.-M. Lahy.
ED. CLAPAREDE. — L'orientation professionnelle. — Etudes et
Documents du Bureau International du travail (Série J. — Ensei
gnement, N° 1) In-8 de 84 pages, 1922. Genève.
Voici un exposé tout à fait excellent de la question générale de
l'orientation professionnelle, de ses problèmes et de ses méthodes :
des connaissances étendues, une élaboration critique lucide, un
exposé clair et bref.
Les cinq chapitres traitent de l'orientation professionnelle en rap
port avec la psychologie économique (point de vue de classifica
tion), de l'historique, théorique et pratique, de la différenciation
des deux problèmes d'orientation et de sélection, de l'analyse des
professions, et surtout du diagnostic des aptitudes professionnels
(les tests, leur étalonnage, leur valeur, l'éducabilité, etc.).
Une courte bibliographie complète cette brochure qui devrait
être entre les mains de toux ceux qui font de la psychologie appli
quée et plus encore peut-être de ceux qui devraient bien faire de la
psychologie appliquée...
H. P.
RUDOLF LÄMMEL. — Inteligen zprüfung und psychologische
Berufsberatung {Examen d'intelligence et conseil de vocation psy
chologique). — In-8 de 157 pages, 1922. Zurich-Meilen, chez l'au
teur.
Lämmel expose brièvement son but et sa méthode, puis la tech
nique des tests qu'il a adoptés, tests de mémoire, d'aptitudes
niques, d'attention, de combinaison et imagination, de dispositions
artistiques, de jugement et critique, de maturité générale d'esprit,
d'observation et de capacité de témoignage, et enfin d'état soma-
tique (physiogramme). Parmi ces tests, très nombreux, il en est
d'intéressants et d'ingénieux.
Mais la partie principale de ce petit livre est consacrée à l'utilisa
tion numérique et graphique des résultats, à la constitution originale-
des « ingénogrammes » et « typogrammes de vocation » de l'auteur3 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 524
et à l'emploi en orientation professionnelle des schémas ainsi const
itués.
Comment donc se constitue 1' « ingénogramme » ? Traçons un
cercle, représentant l'homme normal idéal, et envisageons 8 secteurs
correspondant à 8 fonctions principales, mémoire, aptitude mécan
ique, concentration, imagination, disposition artistique, critique,
maturité et observation.
D'après la dispersion des résultats obtenus avec les tests corre
spondant à ces fonctions, traçons une ligne extérieure marquant la
limite des supérieures, d'autant plus éloignée du centre que les ré
sultats maxima ont été plus élevés, puis une ligne marquant la limite
supérieure des moyens (limite supérieure de la moitié médiane), de
la même manière, une ligne marquant la limite inférieure des moyens,
enfin la ligne marquant les résultats les plus faibles, limite inférieure
absolue.
On a là l'équivalent d'un graphique de centilage, disposé en
ligne fermée, sur un cercle (au lieu d'un profil dressé sur une droite).
On a ainsi une sorte de plan bosselé, avec les domaines concentriques
définissant en somme approximativement un quartile supérieur,
les deux quartiles moyens et le quartile inférieur.
Sur ce schéma fixe tout préparé, on dessinera pour un individu
donné un trait reliant ses places pour les 8 fenêtres, trait qui se
trouvera chevaucher par exemple sur les divers territoires, mont
rant une supériorité à un point de vue, une infériorité à un autre,
une normalité à tel ou tel.
Des ingénogrammes moyens de types, des typogrammes caracté
riseront une profession, montreront ce qu'on attend comme type
psychologique. Et l'auteur donne ce graphique de ce qu'il considère
■comme le type du bien d ué, du marchand, de l'idiot, du génie, de
l'artiste ou de l'aliéné (!).
Mais ces ingénogrammes compliqués» ne sont pas plus clairs que les
profils établis sur une échelle centilée, ils plus difficiles à éta
blir, et plus arbitrairement limités. Malgré leur ingéniosité, on ne
voit aucune raison de les adopter.
H. P.
P. SUTER. — Intelligenz- und Begabungsprüfungen (Epreuves d'in
telligence et de dispositions). — In-8 de 180 pages, 1922. Zurich,
Rascher et Gle.
L'auteur, assistant à l'Institut psychologique de l'Université de
Zurich, consacre le premier chapitre de son petit volume à un exposé
de l'état actuel des recherches sur les dispositions, qui caractérisent
ce que nous appelons en français les individus doués, « die Begab
ten », après un rappel historique, dont le point de départ se trouve
dans les travaux de Bourdon (1895), de Binet (1895) et d'Ebbin-
•ghaus (1897). Il formule de la manière suivante le but des épreuves
psychologiques de capacité (Fähigkeitsprüfungen): « Détermination
du degré de développement des capacités naturelles discernables
ohez l'homme, caractéristiques de sa personnalité et significatives
au point de vue des exigences multiformes de la vie ». PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 525
II passe en revue en deux chapitres les méthodes expérimentales
pour l'épreuve de l'intelligence (pensée, imagination et mémoire)
et pour des dispositions (acuité visuelle, sensibilité diffé
rentielle tactile, précision et vitesse de mouvement), et enfin exa
mine, en quelques lignes seulement, le problème de l'épreuve de
l'aptitude professionnelle, de la vocation (Berufseignungsprüfung).
En somme, à côté de quelques considérations historiques et théo
riques, on ne trouve qu'un exposé de quelques tests utilisés par
l'auteur.
H. P.
FLOYD H. ALLPERT et GORDON W. ALLPERT. — Personal
ity traits : Their classification and measurement {Traits de ca
ractère de la personnalité, leur classification et leur mesure). — J. of
abn. Ps., XVI, 1, 1921, p. 6-40. — EDITH R. SPAULDING. —
Bole joî personality development in the reconstruction oi the
delinquent {Rôle du développement de la personnalité dans le r
edressement des délinquants). — Ibid., XVI, 2-3, 1921, p. 97-114.
La mesure de l'intelligence, devenue courante, paraît simple, celle
de la personnalité, disent les Allport, ne l'est pas ; c'est que cette
notion implique une adaptabilité aux interrelations sociales et ne
peut être pleinement envisagée dans l'individu seul. Aussi l'appré
ciation de la personnalité devra se faire par des observateurs nomb
reux, pour avoir une moyenne, et susceptibles d'observer le com
portement habituel des sujets ; elle devra, d'autre part, être dirigée
et guidée.
Les six traits de caractère retenus comme devant être objet de
notation sont les suivants, en mettant à part l'intelligence, évaluée
par échelle :
Tempérament. — 1-2. Etendue et intensité émotionnelles.
Auto-expression (vigueur). — 3. Extroversion. Introversion
(L'extroverti a un comportement « ouvert » réalisant ses images
et ses pensées, il est peu troublé par les conflits mentaux ; l'intro
verti vit dans un monde idéal plutôt que dans le monde réel, per
sonnel, facilement anxieux, sujet aux réactions « freudiennes »). —
4. Ascendance. Soumission (types actif et passif de comportement
social). Pour ce trait, un test est prévu de deux questions auxquelles
le sujet doit répondre (concernant des situations sociales). — 5. Ex
pansion. Réclusion (caractère « renfermé »). Un test prévu (lettres
de réponse à une annonce demandant des jeunes gens pour un ser
vice de police, et où l'on apprécie la manière dont le sujet découvre
ou non sa personnalité). — 6. Compensation (capacité de vaincre
les difficultés ; l'appréciation ne peut se faire que par une connais
sance assez complète de la vie du sujet). — 7. Connaissance et éva
luation de soi-même. Il y a une opposition (indice de — 0,67) entre
la bonne opinion que les sujets ont d'eux-mêmes et leur intelligence.
Il y a surévaluation d'autant plus accentuée que l'intelligence est
moindre, sous-évaluation d'autant plus marquée qu'elle est plus
développée (mais la sous-évaluation des intelligents n'est-elle pas
■une habileté sociale ?) ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES •526
Socialite. — 8. Participation sociale (ce qui est donné de temps
et d'énergie à des formes sociales d'activité). ■ — 9. Egoïsme et cy
nisme aggressif. — 10. Susceptibilité aux stimuli sociaux (influence
des comportement, des gestes, physionomies des autres sur le com
portement du sujet).
Pour ces divers traits, on demande, confidentiellement, à chaque
individu d'un groupe des notes pour les autres ; on prend la moyenne
des notations (en rang sur 50 individus supposés, en demi-centiles
par conséquent). En outre, un questionnaire, rempli par chaque sujet,
fournit également des données. La représentation de la personnalité
se fait sous forme de profils fondés sur les appréciations en demi-
centiles, et dont l'auteur donne quelques exemples répondant aux
types principaux qu'il distingue : le type extroverti (à forte per
sonnalité) et l'introverti (à personnalité faible), le type social et
l'asocial (avec combinaison extroverti-social, 21 cas sur 53, extro
verti asocial, 22 cas, introverti-social, 12 cas, introverti- asocial,
12 cas). En outre, les rapports de ces traits majeurs de la per
sonnalité avec les traits mineurs du tempérament sont examinés,
par exemple avec l'émotivité.
Ainsi une émotivité étroite (36 sujets) se rencontre chez 23 extro-
vertis et 14 introvertis, chez 13 à fort ascendant, 14 à faible, 9 à
moyen ascendant ; chez 16 expansifs et 19 renfermés ; l'émotivité
change (17 sujets) respectivement chez 5 et 12 ; chez 9, 5 et 3 ;
chez 14 et 4. Une émotivité faible (30 sujets) se rencontre chez
14 extrovertis, 16 introvertis ; chez 9 à fort, 14 à faible et 7 à moyen
ascendant ; chez 16 expansifs et 14 renfermés ; l'émotivité forte
(23 sujets), respectivement chez 14 et 10 ; chez 13, 5 et 5 ; chez
14 et 9.
La tentative des auteurs, considérée comme un début, est év
idemment originale et intéressante.
Plus simple, l'effort d'Edith Spaulding, — qui montre deux exemp
les de « tableaux » de la personnalité chez des délinquants, pour illus
trer sa thèse de l'utilité d'une connaissance précise des individus psy
chologique et psychiatrique pour une œuvre sociale de redressement,
— consiste à faire apprécier des caractéristiques individuelles par des
signes de notation (équivalant à 5 points : = absence nette, — ab
sence, ± présence négligeable, -+- présence modérée, n--f- présence
marquée), en s'adressant à plusieurs personnes différentes (5) en
contact avec le sujet (« nurses », «matrons »). Les caractéristiques
envisagées concernent l'intelligence (14 traits), le travail (15), le
caractère (45), le type (5 : enfantin, adolescent, adulte, mené, me
neur), l'attitude (9), les manières (28), le ton émotionnel (8), la
conversation (10). En outre des 134 traits ainsi envisagés, des ques
tions sont posées sur les habiletés spéciales, les causes ordinaires
d'émotions, les propensions spéciales, les habitudes, et des remarques
peuvent être faites par les 5 observateurs.
Un résumé général est fourni à partir du tableau rempli. On re
grette qu'une simplification, une notation moyenne et une traduc
tion graphique en profil ne rende pas plus maniable les fiches ainsi
remplies.
H. P. PSYCHOLOGIE APPLIQUER 527
J.-M. LAHY. — Existe-t-il des aptitudes psychophysiologiques pour
l'exercice d'une profession ? — AFAS., 45e S. (Rouen, 1921), 1922,
p. 1274-1279.
Etude générale montrant la possibilité et l'utilité d'une détermi
nation scientifique des aptitudes professionnelles, d'après une expé
rience personnelle et des exemples empruntés à l'Allemagne et aux
Etats-Unis.
« L'accord des psychologues, des physiologistes, des médecins,
des chefs de service de placement, des institutrices, conclut Lahy,
est nécessaire pour constituer un organisme social susceptible de
guider les travailleurs et de leur assurer le maximum de chances de
réussite dans la profession qu'ils exercent. »
H. P.
J. FONTEGNE. — Essais d'orientation professionnelle pour em
ployés de commerce. — AFAS., 45e S. (Rouen, 1921), 1922, p. 1265-
1274.
Relation de l'examen de 83 enfants de 14-15 ans à l'Office d'orien
tation professionnelle de Strasbourg :
Un entretien avec les parents, puis avec les enfants, un examen de
la fiche scolaire, et une série d'épreuves psycho-professionnelles
permettent d'établir une opinion d'ensemble sur l'aptitude ou l'inap
titude à un emploi de bureau.
L'auteur indique les épreuves sur lesquelles se fonde le profil psy
cho-professionnel pour les métiers d'employé de bureau, de dactylo
graphe ou de vendeur.
1° Employés de bureau: Attention (barrage de lettres en 6 minutes
avec nombre de lettres barrées (quantité) et nombre d'erreurs (qual
ité) pour chaque minute) ; rapidité de calcul (nombre maximum
d'opérations diverses effectuées en 4 minutes et relevé des erreurs) ;
aptitude à trouver (une adresse de deux personnes, d'un peintre,
d'une rue inconnue, dans un annuaire) ; mémoire (10 noms propres,
répétition après une lecture ; nombre ; ordres exécutés un quart
d'heure après) ; aptitude au classement (60 fiches de couleurs et
formats différents à classer méthodiquement, 60 fiches numérotées
à classer dans l'ordre des nombres) ; orthographe et écriture (dictée
de 4 lignes). — Pour le profil, l'étalonnage provisoire est donné
(moyenne, maximum et minimum).
2° Dactylographes : Mémoire visuelle et auditive des nombres et
des phrases ; acuité tactile et musculaire des deux mains ; attention ;
sens de la disposition ; orthographe ; correction d'un texte défec
tueux ; habileté à trouver ; reconstitution d'une lettre en morceaux ;
précision de mouvement, pour les deux mains ; complètement d'un
texte ; dynamométrie des deux mains ; notes scolaires d'orthographe
et de composition française ; note de compréhension en général.
3° Vendeurs : Vision (daltonisme, nuances colorées) ; acuité
auditive et tactile ; sensibilité musculaire ; mémoire des nombres et
des physionomies ; attention ; dynamique du travail ; aptitude au
classement ; sens commercial (série de 7 questions demandant un
jugement pratique) ; actes scolaires de calcul écrit et mental et de ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 528
français oral ; notes générales sur la compréhension, la présentation,
le langage et l'expression, l'extérieur et la, décision. Les méthodes
provisoirement adoptées et essayées par l'auteur doivent être pro
gressivement soumises au contrôle expérimental.
H. P.
CHAVIGNY. — Psychologie de l'hygiène. — In-16 de 288 pages.
Bibliothèque de Philosophie scientifique. Paris, Flammarion,
921.
L'auteur, médecin militaire, actuellement professeur de médecine
légale à la Faculté de Médecine de Strasbourg, a le souci de vulgar
iser dans les domaines les plus variés, les notions psychologiques,
qui lui paraissent à juste titre avoir une valeur pratique indéniable.
Il avait déjà écrit un livre intéressant sur l'organisation du travail
intellectuel. Il montre, dans cet ouvrage tout ce que la psychologie
peut apporter à l'hygiène. Dans la pratique de son art, « l'hygié
niste ne peut se dispenser de tenir compte de la mentalité des groupes
ethniques, des foules ainsi que des individus pour l'usage desquels
il édicté ses préceptes », et dès lors l'hygiéniste doit avoir certaines
aptitudes mentales appropriées.
L'examen de toute une série de problèmes hygiéniques, permet
à l'auteur de montrer l'importance de l'état d'esprit du public et
des procédés permettant de faire l'éducation de l'opinion. Quand il
s'agit d'hygiène mentale, c'est la psychologie qui donne alors non
seulement les directives pour la diffusion de la technique, mais les
règles mêmes de technique.
H. P.
B. MUSCIO. — Feeling-tone in industry (Tonalité affective dans
l'industrie). — Br. J. of Ps., XII, 2 octobre 1921, 150-162.
Les sentiments de fatigue éprouvés ne préjugent rien de la quant
ité ni de la qualité du travail accompli ; on a renoncé à trouver
dans ces un test de fatigue et on a ainsi fini par ne plus
s'en occuper dans la recherche des caractéristiques du travail nor
mal. Cependant la considération n'en est pas en ce cas négligeable :
si les sentiments de fatigue ne peuvent servir de test de fatigue, la
corrélation entre la et les sentiments de fatigue n'en est pas
pour cela réduite à zéro.
Les recherches de Muscio ont porté sur les variations des sent
iments de fatigue au cours de la journée. Deux groupes de travailleurs
ont été plusieurs jours de suite invites à dire à intervalles réguliers
s'ils éprouvaient ou non de la fatigue et dans quelle proportion. Le
premier groupe comprenait vingt étudiantes en médecine ; le s
econd quinze dactylographes. Comme il convient dans une étude
expérimentale, les indications des sujets ont été traduites en chiffres
et ces chiffres portés en ordonnée, cependant que l'heure des inter
rogatoires était mise en abscisse, de manière à produire les courbes
de rigueur. Etudiantes et dactylos se sont senties mieux disposées
après qu'avant le lunch, mais le thé relève moins la dactylo que
l'étudiante. En tous cas, la tonalité affective, pour autant qu'elle PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 529
dépend des sentiments de fatigue, tend à prendre un caractère de
plus en plus pénible à mesure que le travail se prolonge. A certains
égards, la courbe de la tonalité affective et celle de la production
industrielle normale sont remarquablement analogues : toutes deux
par exemple tendent à baisser à la fin d'une séance et à remonter
après le repos du milieu de la journée. C'est que, pour éviter le sen
timent pénible de fatigue, l'homme amoindrit son effort ou inte
rrompt son travail, d'où diminution de la production. Cependant,
courbe des sentiments de fatigue et courbe de production ne sont
pas en complet accord. C'est que l'intensité de la dépend
en outre de plusieurs autres facteurs : entraînement, habitude, st
imulation, tenant ou non directement au travail lui-même. En tout
eas, les sentiments de fatigue ont leur rôle dans la production, et
d'une manière générale, les états affectifs méritent qu'au point de
vue industriel on leur accorde plus d'attention qu'on ne le fait pré
sentement, B.
J. CROSBY CHAPMAN. — Trade Tests. The scientific measure
ment of trade proficiency (Tests professionnels. La mesure scienti
fique de l'habileté professionnelle). — 1 vol. de 485 pages, 1921,
New York, Henry Holt C°. -
Un comité de classement du personnel dépendant du comité des
tests de l'armée américaine a établi des épreuves pour sélectionner
rapidem nt les travailleurs de 400 professions diverses. M. J. Crosby
Chapman a recueilli et publié ( es tests dans un ouvrage clairement
«onçu, et bien illustré. Quoiqu'il s'agisse de tests créés pendant la
guerre, pour éviter que des gens ne « s'embusquent » grâce à des
examens insuffisants, ce travail peut être d'un grand secours pour
ceux qui veulent assurer un recrutement sérieux dans les industries.
Ces tests visent à être des instruments de mesure qui seront uti
lisés par un examinateur non professionnel pour classer des sujets
selon leur degré de connaissance technique. Ils permettent de dis
tinguer le novice sans expérience de l'apprenti un peu expérimenté,
qu'on distingue à son tour de l'ouvrier qualifié.
On emploie divers tests. 1° Les tests oraux, qui sont une systéma-
tisation des examens que l'on fait parfois subir avant l'embauchage.
Les auteurs ont réduit le nombre des questions et les ont précisées.
Ils ont en quelque sorte étalonné les réponses et établi une notation.
2° Les tests par images, dans lesquels les outils sont dessinés ou
photographiés dans des positions caractéristiques que le sujet doit re
connaître. 3° Les tests appliqués, qui correspondent aux épreuves
imposée dans certaines mai ons avant l'embauche. 4° Les tests
écrits, qui lais ent au sujet plus de temps pour la réflexion.
• Tous ces tests sont utilisés, isolément ou en combinaison,pour les
professions les plus importantes relatées dans ce livre ; maçons,
plombiers (basse pression), plombiers (travail général), charpentiers
en fer, électriciens (génératrices et manœuvre des tableaux), élec
triciens monteurs (télégraphes et téléphones), fondeurs (manœuvre
des fours), fondeurs (bronze), mécaniciens et opérateurs de machines-
outils, mécaniciens (outille urs : découpage et emboutissage), forge-
i'année psychologique. xx:ii. 34 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 530
rons (marteaux-pilons), bouchers, mécaniciens de précision (ma
chines à eau, remington), imprimeurs (compositeurs), chefs de chant
iers, tailleurs, télégraphistes manipulateurs et opérateurs de T. S. F.}
soudeurs et décotîpeurs autogènes.
On ne saurait accorder une grande valeur à tous ces tests. Mais
leur emploi marque un grand progrès sur les méthodes actuelles
d'embauchage. Toutefois ils sont loin d'épuiser la question de la
sélection des travailleurs ; et le grand reproche qu'on peut faire,
c'est qu'ils sont trop sommaires et qu'ils ne font jamais intervenir
les aptitudes psycho- motrices des candidats.
J.-M. Lahy.
M. J. REAM. — A social relations test {Un test de relations sociales),
— J. of appl. Ps., t. VI, 1922, 1, p. 69 -73.
On pose, au sujet, sans limite de temps, des questions groupées
en trois catégories : habitudes sociales, sports et divers. Les réponses-
expriment l'étendue de l'information dans ces ordres de faits. On*
note 1 point par réponse correcte.
Le facteur d'intelligence générale intervient, ainsi que le montrent
les corrélations suivantes établies sur 48 sujets :
1° Tests de relations sociales :
Habitudes sociales, comparé au test circulaire
(alpha de l'année modifié) = 0,7!
2° Sports, comparé au test d'intelligence 0,S3î
3° Divers, au 0,58=
4° Résultats d'ensemble avec le test d'intelligence. . 0,60'
La corrélation avec l'âge est négative ( — 0,2 0).
La valeur du test est plutôt ; il pourrait contribuer à
l'élimination des vendeurs inaptes, mais non à la sélection des ven
deurs bien doués.
J.-M. L.
MADISON BENTLEY. — Leading and legibility (Interligne et
lisibilité). — Ps. Mon., XXX, 3 (136), p. 48-61.
Parmi les caractères susceptibles d'agir sur la lisibilité, l'auteur
envisage l'interligne,- c'est-à-dire l'espace blanc interposé entre les
sommets des lettres hautes d'une ligne (des l par exemple) et les
queues des basses de la ligne précédente (les q par exemple).
Il a examiné l'influence, sur la vitesse de lecture, chez 18 sujets, de
10 lignes de texte (en 6, en 9 et en 12 ), à distances variables, de 6 dis
positifs (sans interligne et interligne de 3, 6, 7, 8 et 9 points, le
point valant 0mm,376). Tous les résultats d' accordent pour montrer
que la vitesse de lecture est maxima pour l'interligne de 7 points,
puis décroit très vite, 9 points équivalant à 0).
L'économie réalisée pour une heure de lecture va de 3 à 15 mi
nutes. Avec des caractères de 9 points, les plus usuels, l'interligne
optima, de 7 points, à la distance ordinaire de lecture n'économise
qu'un treizième du temps, soit environ 4 minutes à l'heure, ce qui
est peu, comme avantage pratique, en égard à la perte de papier

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