Psychologie appliquée - compte-rendu ; n°1 ; vol.58, pg 274-280

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L'année psychologique - Année 1958 - Volume 58 - Numéro 1 - Pages 274-280
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1958
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D. Berger
J. Cambon
S Larcebeau
C. Lévy-Leboyer
M. Pétin
VII. Psychologie appliquée
In: L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°1. pp. 274-280.
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Berger D., Cambon J., Larcebeau S, Lévy-Leboyer C., Pétin M. VII. Psychologie appliquée. In: L'année psychologique. 1958
vol. 58, n°1. pp. 274-280.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1958_num_58_1_26687— Psychologie appliquée VII.
BBRNYER (G.). — Analyses factorielles de deux batteries de tests
appliquées aux candidats d'une école de mécanique. — Biotypol.,
1956, 17, 177-204.
Au cours de recherches sur la validité des tests d'aptitude mécanique,
dans une école d'apprentissage, on a appliqué à deux promotions de
candidats deux batteries de tests, comprenant l'une, A, 16 tests et l'autre,
B, 18 tests dont 11 tests de la batterie A, les tests étaient des épreuves
d'intelligence, de mémoire, de raisonnement, et des tests manipulatifs
(planches du Minnesota, Wiggly Block, etc.).
Après analyse par la méthode centroïde de Thurstone, sept facteurs
ont pu être dégagés de cette recherche (R raisonnement, I induction,
C2 souplesse de structuration, Sx visualisation de structures rigides déplac
ées, S2 visualisation de figures avec déplacements internes, A agilité
manuelle) un facteur, F, correspondant au facteur d'intelligence pratique
d'Alexander ne pût être dégagé que si la batterie comportait des tests
papier-crayon et des tests performances correspondant à Sj et S2. Cette
étude montre l'importance du plan d'expérience dans l'analyse facto-
rielle. Le contenu factoriel de certaines épreuves ne reste pas le même
dans diverses analyses. Un facteur peut en quelque sorte différer d'une
analyse à l'autre par son poids et son étendue et « la suppression de
quelques tests dans une batterie peut conduire à une analyse en facteurs
plus nombreux et beaucoup plus clairement interprétables ».
D. B.
MICHAEL (W. B.), GUILFORD (J. P.), FRUCHTER (B.), ZI
MMERMAN (W. S.). — The description of spatial-visualization abi
lities (La description des capacités de représentation spatiale). —
Educat. psychol. Measur., 1957, 17, 185-199.
Au terme d'un inventaire des travaux consacrés aux épreuves de
représentation spatiale, les auteurs se proposent d'en faire la synthèse,
de préciser la nature des capacités spatiales quand celles-ci sont bien
établies et de dégager les ressemblances et les différences entre les pro
cessus psychologiques mis en œuvre.
Trois facteurs sont mis en évidence : un facteur de relations spatiales
et d'orientation (SR-O), un facteur de visualisation (V2) et un facteur de
représentation des mouvements du corps dans l'espace. Le premier cor
respondrait au Si des Psychologues de l'A. A. F1. (Army Air Forces), PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 275
aux S et SO de French et aux S1 et S3 de Thurstone ; le second corres
pondrait respectivement aux Vz, V» et S2 des mêmes auteurs et le tro
isième au S de l'A.A.F. et au K de Thurstone.
De ces trois principaux facteurs, le SR-0 représente l'habileté à saisir
l'arrangement spatial d'un ensemble d'éléments de façon à le reconnaître
dans des positions diverses et les tests les plus saturés dans ce facteur
seraient, parmi les treize tests énumérés, les cubes de Thurstone ou les
drapeaux- figures-cartes du même auteur. Au facteur V2 correspond
l'aptitude à se représenter mentalement, par exemple, le développement
dans le plan de solides géométriques ; 8 tests ont été indiqués pour
l'exploration de cette capacité. Le troisième facteur correspondrait sim
plement à la discrimination droite-gauche par référence au corps propre
et serait représenté par deux tests de Thurstone.
Une bibliographie comptant 18 titres complète cet article.
J. G.
PERROUTY (P.). — Fidélité des tests psychométriques chez les
adolescents en crise d'inadaptation. — Rev. Psychol. appl., 1957,
1, 29-36.
Une batterie de tests comprenant le Progressive-Matrice 1938 de
Penrose et Raven, le test Mécanique de Bennett, un test de raisonnement
et un test verbal ont été appliqués à deux reprises à un groupe de
181 jeunes gens, engagés volontaires de la marine, pour la plupart
inadaptés sociaux au moment de leur recrutement et à un groupe de
100 jeunes marins. Les deux applications ont été faites à 3 ou 5 ans
d'intervalle.
Jusqu'à ces dernières années on admettait généralement que « les
performances aux tests de niveau intellectuel correspondaient à la
mesure d'aptitudes intellectuelles innées qui, à l'âge des sujets examinés
(17 à 20 ans) n'étaient plus susceptibles de grande amélioration », or ce
« retest » permet de constater, à la deuxième application, une pro
gression, significative à P = .05, des notes moyennes pour les deux
groupes. Le plus souvent, les améliorations de notes les plus importantes
ont été obtenues pour les tests qui étaient les plus mauvais au premier
examen. Cette amélioration, qui se conçoit en ce qui concerne les tests
mécanique ou verbal, est plus inattendue lorsqu'il s'agit des tests de
performance intellectuelle les plus riches en facteur « g » tels que le Matrix
ou le test de Raisonnement. L'auteur estime possible que cette amélio
ration soit en rapport avec l'âge, Wechsler ayant montré, en 1939, que
les sujets de niveau moyen atteignent le maximum de leurs possibilités
entre 18 et 24 ans.
Un coefficient de fidélité a été calculé. On constate que ce coefficient
est significativement plus faible lorsqu'il s'agit du groupe de jeunes
inadaptés. Il est probable qu'en raison de leur handicap au départ, la
progression intellectuelle de ces jeunes gens, qui est liée à leur adaptation
sociale, s'est faite de façon beaucoup plus inégale. 276 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
La réussite aux tests de niveau intellectuel sert surtout à pronos
tiquer les chances de réussite d'un sujet dans les six mois qui suivent mais
il serait imprudent d'en tirer des conclusions à plus longue échéance,
surtout lorsque les tests ont été donnés pendant une période d'inadap
tation de l'adolescent.
M. P.
BRIED (Ch). — Une nouvelle technique d'investigation de la sensi
bilité à l'échec et au succès. — Trav. Hum., 1957, 20, 30-52.
Cette étude part de préoccupations pédagogiques concernant l'i
nfluence des notes sur le travail scolaire.
La nouvelle technique d'investigation de la sensibilité à l'échec et
au succès présentée dans cet article s'apparente aux tests de niveau
d'aspiration. Mais, tandis que dans ceux-ci le sujet réagit directement
à ses performances sans que soit mise en cause l'intervention du milieu
social, la technique utilisée ici permet de distinguer deux sortes de réac
tions : celles du sujet au travail réellement effectué et, surtout, les
tions au jugement porté par le milieu sous forme de note chiffrée, réac
tions qui retentissent à la fois sur le niveau d'aspiration, l'estimation
des résultats et les résultats eux-mêmes.
La tâche à exécuter est une épreuve de calcul mental en temps limité
consistant à vérifier des additions dont le total est tantôt juste et tantôt
faux. Le degré de difficulté est choisi de telle façon que les sujets d'un
groupe puissent vérifier, dans le temps imparti, environ la moitié des
opérations proposées.
On donne ainsi 10 séries successives de 20 opérations. Après chaque
épreuve partielle, la feuille de réponses est corrigée hors de la vue des
sujets. La note accordée est communiquée par écrit sur la feuille de
réponse réservée à l'épreuve suivante ; mais — et c'est là que réside
l'originalité de la technique — ces notes sont indépendantes des résultats
réels, préparées à l'avance, présentant un type de succession qui est le
même pour tous les sujets et comporte des situations systématiques de
succès et d'échec. On s'est efforcé de les répartir de telle sorte que les
sujets ne s'aperçoivent pas trop du truquage. Après avoir pris connais
sance de leur note, les sujets doivent écrire sur la même feuille leur « pro
nostic » c'est-à-dire la note qu'ils pensent pouvoir obtenir et, après
l'épreuve, leur « jugement », note qu'ils estiment avoir méritée.
Cinq éléments peuvent ainsi être comparés : les notes, les pronostics,
les jugements, les vitesses (nombre d'opérations vérifiées dans le temps
accordé), les résultats (nombre de vérifications correctes) ; il s'y ajoute
les erreurs qui sont calculées par différence entre les deux derniers
scores.
Pour chacun de ces éléments, plusieurs indices peuvent être comparés :
le niveau (somme des notes de la série), la variabilité (valeur constante
égale à la somme des variations pour l'ensemble de l'épreuve), la sensi
bilité (exprimant l'influence des notes attribuées), l'objectivité (influence PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 277
des notes et des résultats réels sur les jugements), la différence d'évo
lution (entre les cinq premières épreuves et les cinq suivantes).
Les sujets examinés sont répartis en trois groupes : 51 élèves-insti
tuteurs (groupe G), 59 élèves-institutrices (groupe F), 53 hommes de 20
à 50 ans détenus dans un Centre de Triage de Relégués (groupe R).
La comparaison de ces trois groupes révèle des différences signi
ficatives de niveau, de variabilité et de sensibilité, entre les sexes
et entre les élèves-maîtres et les détenus. L'auteur dégage quelques
types de réactions en signalant que, malgré les différences significa
tives, il n'existe pas un type de réactions exclusivement masculin ou
féminin.
Cette technique d'étude des réactions au succès et à l'échec est suscept
ible d'applications non seulement dans le domaine scolaire mais aussi
en psychologie du travail et en psychiatrie et paraît avoir une valeur
pronostique qui devrait être précisée.
Une bibliographie de 15 titres complète cet article.
J. C.
SLIVNICK (P.), KERR (W.), KOSINAR (W.). — A study of acci
dents in 147 factories (Une étude des accidents dans 147 usines). —
Pers. Psychol., 1957, 10, 43-53.
Un questionnaire portant sur 75 variables donnant un tableau des
conditions matérielles, psychologiques, et sociales du travail a été envoyé
aux agents de Sécurité de 743 entreprises de construction de machines-
outils ; 147 ont répondu, représentant plus de 250 000 ouvriers. En même
temps, des renseignements objectifs étaient obtenus sur la fréquence
et la gravité des accidents, et mis en corrélation avec chacune des
75 variables. Des coefficients (r de Bravais-Pearson et r tétrachorique)
significatifs pour P = .05 ont été obtenus pour les points suivants :
1° Avec la fréquence des accidents : pourcentage d'employés mis en dispon
ibilité saisonnière ; envoi par la Compagnie de cartes de félicitations
pour les mariages, les anniversaires, les promotions... ; pourcentage du
personnel libre de choisir ses dates de vacances ; importance de l'effectif ;
proximité des maisons de prostitution ; proximité d'autres entreprises
industrielles ; pourcentage d'employés qui manipulent habituellement
du matériel lourd ; pourcentage d'employés vivant dans des quartiers
misérables ; dont le salaire a été bloqué (pour
dettes par exemple) ; 2° Avec la sévérité des accidents : taux d'absentéisme
(r = .55) ; pourcentage du personnel de maîtrise qui mange à la même
cantine que les ouvriers ; représentation syndicale ; sévérité des sanc
tions pour retard ; pourcentage du personnel libre de choisir ses dates
de vacances ; pourcentage d'employés participant au profit ; pourcentage
d'employés exposés aux fortes températures (t = .55) ; qui manipulent habituellement du matériel lourd ; pourcen
tage d'employés ayant besoin d'une douche après le travail (r — .44).
En dehors des facteurs physiques (saleté, température, matériel lourd), _/8 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
des facteurs psycho-sociaux jouent donc un rôle important, dans la
mesure où ils augmentent la frustration et la tension sociale et diminuent
l'estime portée au travailleur.
C. L. L.
PEARSON (M.). — The transition from work to retirements (Trans
ition du travail à la retraite). — Occup. Psych ol., 1957, 31, 80-89 ;
Ibid., 1957, 31, 139-150.
L'auteur a étudié au moyen de questionnaires écrits, d'interviews,
et par l'étude des archives de l'entreprise, les possibilités de travail et
l'attitude vis-à-vis de la retraite, de 220 travailleurs de 60 à 65 ans dans
une usine de produits chimiques à Liverpool. Pendant les dernières
années de leur travail actif, les sujets tendent à se transférer vers des
travaux légers, impliquant des horaires moins importants, mais restent
exacts et n'ont pas plus d'absence que leurs collègues plus jeunes. 61 %
du groupe étudié sont en faveur d'un âge fixe pour la retraite et la majorité
désigne 65 ans comme le meilleur âge. Ceux qui souhaitent travailler plus
tard donnent des raisons économiques (réduction du niveau de vie) ou
psychologiques (peur de la solitude, de l'ennui). 77 sujets ayant repris
leur retraite ont été interviewés dans les trois années suivantes ; 15 seul
ement travaillaient, 28 ne souhaitaient pas reprendre de travail, et 34 ne
trouvaient pas de travail. L'auteur est frappée par l'acceptation passive
de leur nouvelle vie par la majorité des retraités.
C. L. L.
MURRELL (K. F.), GRIEW (S.), TUCKER (W. A.). — Age struc
ture in the engineering industry : a preliminary study (Structure
d'âge dans l'industrie mécanique : étude préliminaire). — Occup. Psy-
chol., 1957, 31, 150-169.
La répartition par âge pour différentes professions a été étudiée dans
sept entreprises groupant au total plus de 8 000 ouvriers. Les moyennes
d'âge diffèrent selon les postes, et peu selon les entreprises. De plus, cer
tains métiers semblent peu attirants pour les hommes âgés ; c'est le cas,
par exemple, des fraiseurs dont l'âge moyen est de huit ans inférieur à
celui de la population au travail. Que deviennent donc les fraiseurs âgés ?
Pour examiner ce problème, les auteurs ont sélectionné 21 postes et ont
étudié leur évolution pour une des entreprises. Ils ont pu ainsi constater
des différences entre les outilleurs, et les ouvriers chargés de tâches
secondaires. Les premiers changent volontairement de postes, le plus
souvent pour une tâche de niveau plus élevé (en 5 ans, 60 % de change
ment) ; les seconds, au contraire, restent au même poste (45 % de chan
gement en 5 ans) et partent le plus souvent pour prendre leur retraite
ou par suite de maladie, ou de décès. Des observations du même ordre
permettent aux auteurs de conclure que le déterminant le plus important
de la répartition des âges est la difficulté de la tâche.
C, L. L. PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 279
SINGLETON (W. T.). — An experimental investigation of sewing-
machine skill ( Une recherche expérimentale sur l'habileté à la machine
à coudre). — Brit. J. Psychol., 1957, 48, 127-132.
L'expérience a porté sur 21 ouvrières. Onze d'entre elles n'avaient
jamais utilisé une machine à piquer les chaussures ; les dix autres avaient
en moyenne 20 ans d'expérience de ce travail. On a voulu étudier le trans
fert à l'occasion de l'installation d'un nouveau dispositif signal-réponse.
Aucun transfert n'est apparu. Les transferts qui apparaissent souvent
au cours de l'expérimentation en laboratoire s'expliquent davantage par
un transfert de la technique d'apprentissage que par l'utilisation de
mécanismes stimulus-réponse antérieurement montés.
M. P.
KUDER (G. F.). — A comparative study of some methods of deve
loping occupational keys (Une étude comparative de quelques méthodes
de construction de grilles correspondant à certaines professions). —
Educ. psychol. Measur., 1957, 17, 105-114.
Une question importante, pour la validation d'un inventaire d'inté
rêts, est le choix de la méthode à utiliser pour obtenir le « pattern » des
réponses correspondant aux intérêts de telle ou telle profession. Dans
cet article, Kuder examine différentes méthodes de notation et de pondér
ation appliquées à son questionnaire « Preference Record Occupational »
en vue d'obtenir le « pattern » des intérêts spécifiques de deux profes
sions : psychologue et vendeur en pharmacie.
Les réponses de 1 250 psychologues d'une part, et de 400 vendeurs
en pharmacie d'autre part, ont été comparées aux réponses données par
un groupe de 1 000 hommes appartenant à des professions très variées.
Six méthodes différentes furent utilisées pour obtenir des grilles corre
spondant aux intérêts des deux professions choisies, les unes tenant
compte du schéma complet des réponses à chaque triade (on sait que
dans son Preference Record, Kuder a groupé les items par trois et donne
trois possibilités de réponses pour chaque item, ce qui fait pour chacune
des triades ainsi constituées six schémas de réponses possibles), les autres
tenant compte seulement d'une réponse à un item, isolée des réponses
données aux deux autres items qui appartiennent à la même triade. Des
grilles comportant plus ou moins d'items suivant qu'on acceptait ou
rejetait les coefficients de validité les plus bas furent comparées.
Après contre- validation sur des groupes de 317 psychologues et
100 vendeurs en pharmacie, les résultats furent étudiés pour chaque
grille construite.
Kuder en conclut que les différences de validité observées ne justifient
pas la perte de temps que représente la recherche empirique de la meil
leure méthode. Les méthodes d'analyse les plus raffinées n'apportent
qu'un faible accroissement de validité. L'addition d'un certain nombre
d'items ne paraît pas non plus relever très sensiblement la validité. Il
semble que l'efficacité relative de toutes les méthodes de construction 280 ANALYSES BIBMOP.R APITIQTJES
d'une grille destinée à fournir une estimation des intérêts d'une profes
sion est une fonction complexe incluant un grand nombre de variables
telles que le nombre de cas sur lequel porte la recherche, la composition
du questionnaire, le contenu et le type des items, l'homogénéité des
groupes, etc. Il y a encore à faire, dit-il, de considérables recherches
expérimentales et théoriques pour arriver à connaître quelle méthode
conviendrait le mieux dans telle situation particulière.
S. L.

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