Psychologie appliquée - compte-rendu ; n°2 ; vol.56, pg 582-596

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L'année psychologique - Année 1956 - Volume 56 - Numéro 2 - Pages 582-596
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1956
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F. Bacher
D. Berger
N. Heissler
V. Ledoux
A. Léon
C. Lévy-Leboyer
M. Pétin
Henri Piéron
Maurice Reuchlin
E. Valin
VIII. Psychologie appliquée
In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°2. pp. 582-596.
Citer ce document / Cite this document :
Bacher F., Berger D., Heissler N., Ledoux V., Léon A., Lévy-Leboyer C., Pétin M., Piéron Henri, Reuchlin Maurice, Valin E. VIII.
Psychologie appliquée. In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°2. pp. 582-596.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1956_num_56_2_8909— Psychologie appliquée VIII.
TGHEBYCHEVA (V. V.). — Razvitie skorostnikh navykov v prolz-
VOdstvennoï déïatelnosti (Développement des habitudes de rapidité
dans la production). — Voprossy Psikhologii, 1955, 1, 29-42.
Sur la demande de l'usine de chaussures Kapronov, l'A. observe
un groupe d'ouvrières pendant 4 mois, puis vérifie en laboratoire ses
hypothèses. C'est donc une analyse du travail et de la réussite profes
sionnelle, effectuée dans un but de pédagogie et non de sélection.
A l'usine, le travail consiste en observations, chronométrages et
courbes détaillées comparant constamment vitesse et qualité, entretiens
avec les travailleuses et les cadres, etc., pour deux normes de production.
La meilleure ouvrière a le rythme de travail le plus régulier, sans
les baisses brutales observées chez les autres ; elle utilise les procédés
les plus rationnels, effectue simultanément des opérations diverses ;
elle contrôle son travail au fur et à mesure, et non après l'avoir fini.
La différence de temps est surtout sensible sur les auxiliaires
(prendre les pièces, les poser...) qui dépendent moins des conditions
techniques du travail et auxquelles on attache d'importance
au cours de l'apprentissage.
Le passage a un rythme plus rapide est possible par un changement
de procédés de travail, exigeant un réapprentissage plus ou moins long
selon les sujets, et non une accélération des mouvements précédents.
Observation identique en laboratoire, où le sujet doit tracer des
points au crayon sur une bande de papier, d'abord « à son rythme »,
puis à un rythme accéléré, enfin « aussi vite que possible ». Il se forme
une restructuration, aussi bien musculaire qu'intellectuelle, des mouve
ments. Au laboratoire, le sujet s'intéresse bien plus à la tâche « aussi
vite que possible », qui, il le dit, exige de lui de l'initiative, une recherche
de mouvements plus appropriés qu'à la tâche monotone du début.
L'A. montre que la vitesse des stakhanovistes à leur travail est liée
à une activité créatrice, à l'intérêt pour son métier, aux perspectives
d'avenir, et non à une rapidité motrice générale qui se manifesterait
aussi dans d'autres activités (sports, etc.). D'où l'importance de la
diffusion de l'expérience stakhanoviste, sans laquelle l'ouvrier moyen
a tendance à considérer l'élévation de productivité comme inaccessible.
Il faut l'apprendre à analyser le travail, le sien comme celui des autres.
« Dans les conditions soviétiques, conclut l'A., l'accélération du
rythme n'est pas un simple mécanisme d'accélération des mouvements
des ouvriers. C'est un processus créateur complexe, basé sur l'accroi
ssement et l'enrichissement de l'ouvrier, car l'élévation du rythme de PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 583
travail, en règle générale, est le résultat de l'apparition de l'initiative
créatrice des ouvriers soviétiques. »
N. H.
BLOCH (W.), REUSSER (P.). — Rythmus und Arbeitsplatzgestal
tung (Utilisation du rythme dans V organisation d'un poste de travail).
— Industrielle Organisation, 1955, 8, 301-306.
Le Laboratoire d'étude du travail de l'Institut polytechnique de
Zurich a étudié le problème de la rythmisation des tâches, dont l'impor
tance, pour l'augmentation du rendement et la diminution de la fatigue,
a déjà été démontrée par de nombreuses études.
La difficulté essentielle réside dans la mise au point d'un rythme de
travail tel que le rythme personnel de chaque ouvrier, puisse s'y adapter.
Une suite de mouvements donne le sentiment du rythme si elle est formée
d'unités semblables qui se succèdent avec des différences d'accentuation,
mais on constate également que ce même sentiment de rythme peut
naître d'une suite de sons ou de bruits courts de force égale, s'ils se
succèdent à des intervalles de temps réguliers, dont la durée est comprise
entre 1/20 de seconde et 2 secondes, même s'il n'y a pas de différence
d'accentuation notable entre eux. Cette tendance à une rythmisation
involontaire de mouvements semblables répétés est favorisée par les
mouvements corporels. Le sentiment du rythme s'accompagne de
plaisir, et éloigne la fatigue. Il permet une exécution mécanique du
travail qui libère la volonté et l'attention. Le rythme peut être saisi soit
par l'oreille (son), soit par l'œil (mouvement) soit par les deux ensemble.
Il est essentiel que le rythme mis au point ne perturbe pas le rythme
propre de l'ouvrier. Pour cette mise au point, l'organisateur du poste
de travail distinguera, tout comme le professeur d'éducation physique,
d'une part, les éléments de mouvement proprement dits, faisant inter
venir certains muscles et pas d'autres, et leur architecture rythmique.
Cette dernière devra être établie expérimentalement en faisant
intervenir la cadence. L'organisation des mouvements tiendra compte
des temps d'arrêt et intégrera les temps morts de telle façon que le
rythme ne soit pas brisé. La notion de « geste inutile » est discutée à la
faveur de l'observation précédente.
La recherche expérimentale porte sur un travail d'estampillage de
feuilles de carton, qui comporte 8 opérations. L'exécution du travail est
expérimentée de dix façons différentes avec intervention d'une main,
des deux mains (simultanée ou alternative) et des mouvements du pied,
selon des cadences variables, indiquées soit par un métronome soit
par de la musique.
Les résultats tendent à montrer que, pour constituer rythmique-
ment une tâche, il est nécessaire de la diviser en éléments simples, qui
devront pouvoir être scandés à 2, 3 ou 4 temps. Les cadences supé
rieures (6 ou 7) sont inutilisables. (Si une seule des deux mains est occupée
l'autre peut consolider le rythme par des mouvements à vide. Il en est ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 584
de même pour les mouvements des pieds. Il est évidemment essentiel
de ne jamais briser le rythme.
M. P.
Accidents du travail :
HILL (J. M. M.), TRIST (E. L.), Changes in accidents and other
absences with length of service (Modifications dans les accidents et
autres absences avec la durée du service). — Hum. Relat., 1955, 8,
121-152. — KING (H. F.). — An age analysis of some agricultural
accidents ( Une analyse par âge de quelques accidents dans V agriculture).
— Occup. Psychol., 1955, 29, 245-254.
Ces deux études, réalisées en Grande-Bretagne dans des milieux
très différents (industrie et agriculture), cherchent à mettre en évidence
l'évolution dans le temps des accidents du travail et à expliquer cetie
évolution par des éléments d'ordre général, sans rapport avec la « prédis
position aux accidents ». H. F. King a analysé par âge 1 991 cas d'acci
dents dont les victimes étaient des travailleurs agricoles. Il a ainsi pu
observer que la fréquence des accidents dus à des chocs et à des chutes
augmente avec l'âge, et que les attribuables à la fatigue ou à la
manipulation d'outils et de machines diminuent avec l'âge. D'autre
part, les accidents affectant le tronc, le squelette, les muscles ou les
jambes, diminuent avec l'âge, tandis que ceux qui affectent les bras
augmentent. Enfin, alors que les contusions augmentent avec l'âge, les
coupures et les écrasements diminuent. L'A. insiste en conclusion sur
la portée pratique de ces observations, dont il est nécessaire de tenir
compte lorsque des mesures sont prises pour la prévention des accidents.
J. M. M. Hill et E. L. Trist étudient la variation des absences et des
accidents pendant quatre années consécutives, sur des ouvriers de
l'industrie métallurgique, tous embauchés en 1947 et encore présents
en 1951. Ils notent que la courbe des absences totales pendant ces
quatre années présente une pointe dans le second semestre de travail,
puis diminue pour se stabiliser au bout de deux ans et demi. De plus,
le pourcentage d'absences dues à la maladie croît, alors que le pourcen
tage d'absences dues à des accidents du travail décroît. D'autre part,
les ouvriers souvent absents pour cause d'accidents du travail sont aussi
souvent absents sans raisons (r = .85 entre les deux séries) et souvent
absents avec des motifs incontrôlables (r = .94 entre les deux séries).
Cette différence entre le groupe de fréquemment accidentés et de rar
ement accidentés est suffisamment marquée pour qu'une prédiction
des accidents ultérieurs — statistiquement significative, mais non util
isable pratiquement — puisse être établie sur la base des absences
enregistrées pendant les six premiers mois de travail. La nature des
accidents évolue aussi pendant les quatre années : on constate une chute
des affectant les « régions de contact » (parties du corps en
contact avec les instruments de travail), une chute des accidents dus
à la manipulation d'objets et une chute des accidents survenus la nuit. PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 585
Les A. donnent de ces très intéressantes observations une interprétation
discutable, inspirée des théories psychanalytiques de M. Klein. Ils
soulignent l'incidence de l'adaptation de l'individu à son milieu de
travail sur le nombre et la nature des accidents et estiment que les
courbes et l'évolution observée s'expliquent par l'existence d'une minor
ité d'individus éprouvant des difficultés d'adaptation dont ils triom
phent en substituant lentement les absences « sanctionnées » (dues à
des maladies ou des accidents contrôlés) aux autres formes d'absences.
G. L.-L.
SHIMMIN (S.). — Incentives (Stimulants). — Occup. Psychol.,
1955, 29, 240-244.
Le stimulant est, d'après J. Brown, un but, un objectif, susceptible
de satisfaire ce que nous éprouvons subjectivement comme un besoin,
une tendance ou un désir. A cette définition générale, S. Shimmin
ajoute une définition plus couramment admise dans le monde du travail :
un stimulant est un moyen de susciter une attitude positive à l'égard
du travail. Des expériences de laboratoire ont permis d'isoler certains
facteurs de stimulation. Ainsi, Grindley a pu étudier l'influence de la
connaissance des résultats sur le niveau des performances réalisées par
un individu donné. Dans l'industrie, il est impossible d'isoler des fac
teurs de ce genre à cause de la multiplicité des variables non contrôl
ables. Le problème des motivations constitue pourtant l'un des chapitres
essentiels de la psychologie du travail.
Le postulat sous-jacent à toutes les discussions relatives aux moti
vations du travailleur apparaît, selon l'auteur, dans l'image de l'âne
avançant sous la double stimulation de la carotte et du bâton. Le critère
qui en découle, tant du point de vue de l'ouvrier que de celui de l'indust
riel est ainsi caractérisé : on retient comme facteur de stimulation tout
ce qui contribue à accroître le rendement habituel du travailleur. On a
pu dresser une liste hétérogène de stimulants : salaire convenable
— connaissance des résultats — bonne relations avec les compagnons
de travail, etc. Pour tenter de clarifier le concept de stimulant, l'auteur
en réduit le contenu aux seuls éléments quantifiables tels que les primes.
Shimmin se propose d'étudier le rôle des primes en essayant de déter
miner dans quelle mesure les effets de ce stimulant sont influencés par
des facteurs moins facilement saisissables tels que le sentiment de jus
tice. Le système des primes individuelles au rendement est, par exemple,
réprouvé par les travailleurs âgés. Il arrive aussi que dans des ateliers
où les travaux délicats sont confiés à des ouvriers expérimentés, les
primes soient plus facilement obtenues par des travailleurs ayant à
exécuter des tâches plus simples mais plus rapides. Les conflits qui en
résultent s'aggravent lorsque les primes constituent l'essentiel du salaire
de l'ouvrier. En ce qui concerne les primes collectives au rendement,
l'auteur reprend les conclusions d'une enquête conduite par N. Davis :
conflit, chez le même ouvrier, entre le désir de la prime et le souci de la 580 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
santé, entre la nécessité du rendement et les exigences de la qualité.
S. Shimmin expose ensuite les positions respectives des industriels et
des ouvriers par rapport aux primes. Les premiers affirment que le but
du système de primes est d'obtenir un rendement raisonnable. Les
ouvriers pensent, au contraire, qu'il est d'obtenir d'eux le maximum
de rendement. A propos de cette divergence d'attitudes l'auteur se
contente de déclarer qu' « il est clair que les évaluations de cette sorte
échappent à la mesure objective et à la définition opérationnelle ».
Une telle déclaration constitue un refus implicite de conclure sur l'un des
problèmes essentiels qui se posent au sein de l'entreprise. On pourrait
ajouter qu'elle était préparée par la position étroitement opérationaliste
adoptée d'emblée par l'auteur. Une analyse préalable de la notion de
salaire, de la signification objective qu'il revêt dans le cadre d'un état
déterminé des rapports de production, aurait permis d'éviter toute
ambiguïté.
L'auteur termine son article en proposant aux psychologues de se
consacrer à l'étude des aspects subjectifs des stimulants.
A. L.
SMITH (P. G.). — The prediction of individual differences in sus
ceptibility to industrial monotony (La prédiction des différences indi
viduelles de sensibilité à la monotonie industrielle ). — J. appl. Psy-
chol., 1955, 39, 322-329.
L'auteur aborde ici le problème souvent étudié de la monotonie
industrielle. Se référant aux articles parus sur ce sujet, elle formule un
certain nombre d'hypothèses et de critiques. Elle définit comme travail
monotone celui qui est ainsi ressenti et non pas tout travail répétitif.
Les divergences qu'elle constate entre critères subjectifs directs (votre
travail vous ennuie-t-il souvent ? Est-il trop monotone ?) et critères
objectifs indirects (fréquence des pauses, bavardage, rapidité moyenne
de travail, forme et variabilité de la courbe de rendement) lui font utiliser
uniquement des critères directs. Elle cherche à établir en quoi diffèrent
les ouvrières sensibles à la monotonie et celles qui ne le sont pas.
L'étude a porté sur soixante-douze ouvrières d'une usine de confect
ion. L'auteur ne trouve pas de différence d'ambition, ni de différence
dans la propension à la rêverie éveillée, entre les deux groupes. Les
ouvrières sensibles à la monotonie ne manifestent pas une tendance
plus forte à l'extraversion. Il n'y a pas non plus de différence de niveau
éducatif ou intellectuel entre les deux groupes.
Par contre, les ouvrières sensibles à la monotonie sont plus jeunes,
préfèrent des loisirs plus actifs, et sont celles qui manifestent un certain
mécontentement dans leur vie personnelle, familiale et de travail.
En conclusion, l'auteur considère la sensibilité à la monotonie comme
une caractéristique assez générale de l'individu, ne tenant pas tellement
au caractère répétitif du travail qu'à la personnalité du sujet.
En désaccord avec la plupart des études anciennes, qui dépeignaient PSYCHOLOGIK APPLIQUÉE 587
les ouvriers satisfaits de tâches répétitives comme insensibles et peu
intelligents, ces conclusions sont plus proches de celles de certaines
études récentes citées par l'auteur.
F. Ba.
LÉVY-LEBOYER (C). — Étude expérimentale des aspects objectifs
et subjectifs de la fatigue pendant un travail monotone. — Trav.
Hum., 1953, 16, 219-240, 1954, 17, 260-271 et 1955, 18, 238-248.
Cette étude a été conçue dans le but d'étudier cette « fatigue ner
veuse » — opposée à la « fatigue musculaire » — qui résulterait de
l'accomplissement d'un travail monotone exigeant une attention sou
tenue. Les aspects de la fatigue qui ont retenu plus spécialement l'atten
tion de l'Auteur sont les rapports entre fatigue subjective et caractères
objectifs du travail et l'évolution de la précision et du rendement au
fur et à mesure de l'accomplissement de la tâche.
Le travail — à rythme libre — consistait en une adaptation du test
de la poinçonneuse de Lahy. Le sujet devait signaler verbalement sa
fatigue, son apparition et ses progrès et cesser son travail lorsqu'il
la jugerait intolérable. Ces témoignages étaient consignés avec soin
ainsi que les indications données par le sujet lui-même quant à son
expérience antérieure du travail monotone. Les scores objectifs (rapidité
et précision) étaient obtenus à partir des résultats fournis par les compt
eurs enregistreurs.
Cette expérience a été répétée sur trois groupes d'une vingtaine
d'individus chacun : étudiants en psychologie tous volontaires, apprentis
tourneurs de première année et travailleurs pris au hasard parmi les
candidats à l'embauche dans une entreprise de la région parisienne.
De l'analyse de l'ensemble des données ainsi obtenues, l'Auteur
dégage les résultats suivants :
1. La fatigue subjective provoquée par l'exécution d'une tâche
monotone exigeant de l'attention ne se traduit pas nécessairement par
une chute du rendement ;
2. Par contre, cette sensation de fatigue s'accompagne presque
toujours d'irrégularités dans la précision des performances ;
3. Des différences significatives existent entre les individus sous
le rapport de leur aptitude ou inaptitude à l'exécution d'un travail
monotone de ce genre ; ces différences semblent liées à des caractéris
tiques de l'individu et à son expérience passée.
Donc, conclut l'Auteur, « ni la fatigue subjective, ni ses manifes
tations objectives, ne peuvent être analysées sans référence détaillée
à la situation de travail, à la nature et à la hiérarchie de ses impératifs ».
V. L.
IACONO (G.). — Contributo allô studio délia frequenza critica di
fusions di stimoli luminosi intermittent! in soggetti affaticati. — La
frequenza critica di fusione... in rapporto ad alcuni mecoanismi 588 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
psicologîci (Contribution à V étude de la fréquence critique de fusion
des stimuli lumineux intermittents chez des sujets fatigués. — La
fréquence critique de fusion... en rapport avec certains mécanismes
psychologiques). — Contributi del Lab. di Psicol. Univers, catt. Sacro
Cuore, 19e série, 1955, 92-105 et 106-118. — DAVIS (S. W.). —Audi-
tory and visual flicker fusion as measures of fatigue (Fusions de papil-
lottement auditif et visuel comme mesures de fatigue). — Amer. J. Psy-
chol., 1955, 68, 654-657.
Stimulations à fréquence variable (8 à 46 p. s) par éclairement d'une
plage de diffuseur (2° 5' 36") au moyen d'une lampe au néon donnant des
éclats (de 50 pis) commandés par un oscillateur, dans les recherches
de G. Iacono sur 30 ouvriers avant et après 5 heures de travail (avec
divers tests). Avant, la fréquence moyenne étaitde 16,78, après de 17,69,
ce qui indiquerait une élévation de la fréquence critique à l'inverse de
l'abaissement considéré comme symptomatique de fatigue (la différence
ne pouvant être considérée comme significative). L'auteur a cherché à
faire appel à des facteurs psychologiques en interrogeant ses sujets
dont il a considéré 10 comme névrotiques (avec cfî de 15,0) et 20 no
rmaux (avec cff de 16,3), mais sans aboutir à rien de précis. En tout cas
son travail comme plusieurs autres, est contraire à l'utilisation de la cfî
comme signe de fatigue.
Le travail de D. a l'originalité de comparer le flicker visuel et le
flutter auditif. Or il constate aussi que la cff visuelle n'a pas été modifiée
de façon notable par le travail, alors que dans le domaine auditif elle
paraît donner un signe de fatigue valable.
Voici ses résultats (plage blanche de 2°, intermittences par disque
avec égalité des phases, d'un côté ; bruit blanc transmis par écouteurs, intermittences par voltage négatif, rapport « on-off » de 90 %) :
1° 20 sujets, 2 heures de travail mental de multiplications.
Avant Après Différence
Cff. aud 177,5 159,7 —17,8 vis 36,0 35,2 — 0,8
2° Idem, 1 heure de travail à 70 problèmes pour un groupe, 140 pour
un autre.
Avant Après Différence
— 9,1 Cff. aud. 70 pr 201,8 192,7
— 6,7 140 pr 207,2 200,5
Cff. vis. 70 pr 37,3 37,9 + 0,6
140 pr 37,4 37,5 + 0,1
L'absence de modification pour la cff visuelle est certaine ; pour
la cff auditive, elle est de l'ordre de 10 % avec 2 heures de travail,
de 3 à 4,5 % avec 1 heure.
H. P. PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 589
SCHREIDER (E.). — Tests psychologiques et tests physiologiques.
— B. I. N. O. P., 1956, 12, 75-80.
Le problème de la constance, de la fidélité de la mesure semble soucier
davantage le psychologue que le physiologiste. Celui-ci considère souvent
la variabilité intra-individuelle comme négligeable. En fait, cependant,
certaines prétendues « constantes » physiologiques individuelles évoluent
de façon significative. On connaît par exemple l'origine nyctémérale ou
saisonnière de quelques variations physiologiques, mais il est d'autres
fluctuations dont on peut raisonnablement penser qu'elles ont une
origine psychologique.
C'est ce problème de la fidélité des tests physiologiques et plus parti
culièrement des interférences psychologiques perturbant la mesure,
que l'auteur examine dans une perspective « organismique » et à la
lumière de quelques exemples précis.
Ayant eu son attention attirée par des « anomalies » dans des
électrocardiogrammes d'un groupe d'adultes ne présentant aucun
autre signe de pathologie cardiologique, l'auteur a pu constater,
par comparaison avec les sphygmogrammes de ces mêmes sujets,
que les résultats étaient altérés par l'état émotionnel de la situation
d'examen.
Si certaines précautions psychologiques élémentaires sont négligées,
la tension affective peut donc perturber l'électrocardiogramme « d'une
manière assez durable ».
Le deuxième exemple a trait aux incidences de la personnalité de
l'opérateur sur le rythme cardiaque. Les résultats relevés sur un échant
illon de jeunes hommes d'une vingtaine d'années par une opératrice
— très sympathique, est-il précisé — sont significativement plus élevés
que ceux notés par un opérateur ayant travaillé dans les mêmes condi
tions sur un échantillon pouvant a priori être considéré comme semb
lable. Il est clair, ici aussi, que les mesures ont été influencées par des
facteurs psychologiques.
L'auteur rapporte ensuite que Rodahl, étudiant le métabolisme de
base d'une population esquimaude a constaté que l'angoisse déterminée
par la situation expérimentale provoquait une forte surestimation des
premiers résultats. D'autres auteurs ont noté le même fait sur des infi
rmières anglaises, pourtant familiarisées avec le test.
Enfin, la recherche de la consommation d'oxygène comme « mesure
du travail » ne semble pas plus fidèle. Les résultats obtenus chez trois
dactylos dans les mêmes conditions de travail, présentent des diffé
rences « probablement en grande partie psychologiques », de sorte que
la consommation d'oxygène « ne mesure pas d'une manière immédiate
et intelligible le travail ».
Ceci amène l'auteur à suggérer l'interprétation des résultats physio
logiques en fonction des données psychologiques.
Ce serait évidemment une erreur de vouloir prétendre tout expliquer
par la psychologie, mais la recherche des facteurs psychologiques pour- 590 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
rait souvent expliquer certaines fluctuations individuelles dans les
tests considérés comme « physiologiques ».
E. V.
FLANAGAN (J. G). — The evaluation of methods in applied psycho
logy and the problem Of criteria (L'évaluation des méthodes en psychol
ogie appliquée et le problème du critère). — Occup. Psychol., 1956,
30, 1-9.
Les psychologues aident-ils réellement les individus ou les groupes
auxquels ils proposent leurs services ? Pour évaluer cette aide et, d'une
manière plus générale, pour contribuer à promouvoir la psychologie
au rang de science, il est nécessaire d'en soumettre les méthodes à des
contrôles fréquents. Mais trois ordres de difficultés se présentent alors.
En premier lieu, il n'existe, suivant l'auteur, aucun moyen objectif
pour déterminer le but de l'activité en fonction de laquelle sont évaluées
les différences individuelles. Il convient, en second lieu, de donner de
cette activité une définition détaillée, en termes de comportements
spécifiques. Enfin, des procédés d'évaluation des performances doivent
être élaborés de telle sorte qu'il soit tenu compte des situations variables
dans lesquelles les comportements se manifestent.
En ce qui concerne le premier ordre de difficultés, l'auteur estime
qu'on ne peut apprécier l'importance relative d'un acte, son degré
d'efficacité, sans avoir préalablement défini le but général de l'activité.
Il faut, pour cela, s'appuyer sur des jugements de valeur.
L'auteur propose alors une solution empirique, qui consiste à retenir
la formule réalisant, sur le problème considéré, l'accord de la plupart
des usagers de la psychologie.
A propos du second ordre de difficulté, Flanagan considère quatre
degrés de précision dans la description des tâches. Au degré le plus
faible répond la description, en termes courants, de l'activité de l'homme
aux prises avec la matière d'œuvre ou la machine. A un degré plus élevé,
la description, en termes psychologiques, nécessite l'emploi d'observa
teurs compétents. La technique de « l'incident critique », élaborée par
Flanagan, appartient au troisième type de description. Elle consiste
à relever les comportements spécifiques qui exercent une influence
sur les résultats de l'activité. Enfin, le plus haut degré de précision est
atteint lorsqu'on peut contrôler l'efficacité des divers comportements
spécifiques.
La dernière partie de l'étude de Flanagan est consacrée aux tech
niques de mesure des performances. Deux cas sont à considérer. On peut,
soit mesurer des échantillons de comportement dans des situations stan
dardisées comparables aux tests, soit mesurer des performances typiques
au cours d'une activité réelle.
Dans ce dernier cas il est nécessaire que les tâches et les conditions
de travail soient les mêmes pour tous, que l'observation systématique
soit faite par un juge compétent, et que les critères soient constants.

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