Psychologie appliquée : Par F. Bacher, J. Cambon, V. Ledoux, A. Leon, J. Leplat, G. Levy-Leboyer, G. de Montmollin, M. Reuchlin, E. Valin - compte-rendu ; n°1 ; vol.57, pg 260-281

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L'année psychologique - Année 1957 - Volume 57 - Numéro 1 - Pages 260-281
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1957
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F. Bacher
J. Cambon
V. Ledoux
A. Léon
J. Leplat
C. Lévy-Leboyer
G. de Montmollin
Maurice Reuchlin
E. Valin
VII. Psychologie appliquée : Par F. Bacher, J. Cambon, V.
Ledoux, A. Leon, J. Leplat, G. Levy-Leboyer, G. de Montmollin,
M. Reuchlin, E. Valin
In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°1. pp. 260-281.
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Bacher F., Cambon J., Ledoux V., Léon A., Leplat J., Lévy-Leboyer C., de Montmollin G., Reuchlin Maurice, Valin E. VII.
Psychologie appliquée : Par F. Bacher, J. Cambon, V. Ledoux, A. Leon, J. Leplat, G. Levy-Leboyer, G. de Montmollin, M.
Reuchlin, E. Valin. In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°1. pp. 260-281.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1957_num_57_1_26601.
— Psychologie appliquée VII.
Technologie humaine, a) Présentation des stimuli :
GRAHAM (N. E.). — The speed and accuracy of reading horizontal,
vertical and Circular scales (La vitesse et la précision de lecture d'échelles
verticales et circulaires ). — J. appl. Psychol., 1956, 40, 228-232. —
KURKE (M. I.). — Evaluation of a display incorporating quantitat
ive and check-reading characteristics (Évaluation d'un cadran
permettant des lectures quantitatives et de contrôle). — J. appl. Psychol.,
1956, 40, 233-236. — ROSS (S.), KATCHMAR (M. T.), BELL (H.).
— Multiple dial check-reading : pointer symmetry compared with
uniform alignment (Lectures de contrôle multiples sur cadran : la
symétrie des aiguilles comparée à V alignement uniforme ). — J. appl.
Psychol.,1955,39, 215-217. — GREEN (B. F.), ANDERSON (L. K.).
— Speed and accuracy of reading polar coordinates on a horizontal
plotting table ( Vitesse et précision de lecture de coordonnées polaires
sur une à dessin horizontale). — J. appl. Psychol., 1955, 39,
227-236. — ERIKSEN (C. W). — Partitioning and saturation of
visual displays and efficiency of visual search (Division et
de dispositifs visuels et efficacité de la prospection visuelle). — J. appl.
Psychol., 1956, 39, 73-77. — SOAR (R. S.). — Height width propor
tion and stroke width in numeral visibility (Proportion hauteur,
largeur du trait dans la visibilité des nombres). — J. appl. Psychol.,
1955, 39, 43-46. — SOAR (S. R.). — Stroke width, illumination level
and figure-grouknd contrast in numeral visibility (Largeur du trait,
niveau d'éclairement et contraste figure-fond dans la lisibilité des
nombres). — J. appl. Psychol., 1955, 39, 429-432. — TOP-
MILLER (D. A .). — The effect of stroke width on linear interpola
tion (L'effet de la largeur du trait sur l'interpolation linéaire). —
J. appl. Psychol., 1955, 39, 273-276. — RYAN (T. A.), SCHWARTZ
(C. B.). — Speed of perception as a function of mode of representation.
(La vitesse de comme fonction du de représentation ).
— Amer. J. Psychol., 1956, 69, 60-69. — GREEN (B. G.),
ANDERSON (L. K.) — - The factual identification of shapes for
coding Switch handles (L'identification tactile des formes pour, le
codage d'interrupteurs manuels). — J. appl.. Psychol., 1955, 39,
219-226. .■•.■:■■■-. ;.-■
- D'une manière générale, il semble que les travaux exécutés dans le
domaine de la présentation des informations nécessaires à l'exécution
d'une tâche soient davantage orientés vers la recherche de lois générales. PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 261
Les hypothèses de travail sont plus élaborées et les auteurs se contentent
moins souvent de la simple constatation des résultats. On peut regretter,
cependant, que la liaison des expériences rapportées avec les problèmes
pratiques qui les ont suscitées soit peu indiquée et qu'il ne soit pas
toujours aisé de distinguer la portée précise et concrète de telles études
dans l'adaptation à l'homme de la machine ou plus généralement du
matériel.
Graham compare à l'aide de projections la précision de lectures
d'échelles horizontales, verticales et circulaires. Chacune des 30 projec
tions dure une demi-seconde et le sujet écrit sa réponse durant les 10 s
d'intervalle qui séparent chaque présentation. L'analyse des erreurs
montre la supériorité très nette des échelles horizontale et circulaire
sur l'échelle verticale. La supériorité de l'échelle circulaire est attribuée
au fait qu'elle présente une aire plus petite au balayage visuel, celle
de l'échelle horizontale est expliquée par la plus grande facilité des
mouvements latéraux de l'œil. Sur ce dernier point, les auteurs se sont
rapportés à l'ouvrage d'ophtalmologie de Duke-Elder qui montre que
l'œil peut suivre une ligne dans le plan horizontal plus facilement que
dans tout autre plan, ce phénomène étant d'ailleurs renforcé par notre
mode de lecture.
Kurke étudie un système de cadran qui permet des lectures quanti
tatives et qui signale en même temps à l'opérateur les moments où une
zone critique est atteinte. Il utilise à cet effet un disque échancré, soli
daire de l'aiguille, qui laisse apparaître le fond sous forme de tranche
colorée pour les mesures critiques. Il compare ce montage aux cadrans
ordinaires et aux cadrans où un simple repère coloré est placé à la péri
phérie pour le secteur à signaler. Les résultats pour les trois critères de
temps, erreurs et temps ajustés (c'est-à-dire lesquels on a tenu
compte du temps de manipulation) montrent la supériorité du dispositif
étudié. Cette supériorité est attribuée au fait qu'une forme plus simple
de discrimination visuelle est utilisée et que l'opérateur n'a pas à se
rappeler de règle spéciale pour faire une lecture correcte.
Ross, Katchmar et Bell comparent sous l'angle des lectures de
contrôle deux tableaux de 16 cadrans dont les aiguilles sont respective
ment disposées toutes dans la même position (12 heures) et en groupes
de deux rangées symétriques (6 heures, 12 heures). Après une période
d'apprentissage prolongée, on constate que les deux systèmes sont
également efficaces, quoique au début de ce même apprentissage la
répartition symétrique se révèle inférieure. Les effets de transfert sont étudiés et apparaissent plus importants de la symétrie à
l'alignement qu'inversement.
L'expérience de Green et Anderson a pour but l'étude de la locali
sation d'un point à l'aide de coordonnées polaires (angle par rapport à
un axe témoin ou axe polaire et distance à l'origine). Les auteurs utilisent
6 types de grilles circulaires de 1 m de diamètre où les lignes de repérage
sont plus ou moins nombreuses ou continues. Us notent le temps de 262 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pointage ou temps mis par le sujet pour toucher avec un stylet la cible
à repérer, le et la précision de la lecture par rapport aux 2 coor
données. La grille qui réalise le meilleur compromis utilise des repères
courts régulièrement espacés sur un nombre réduit de lignes pleines
(6 diamètres et 3 cercles). L'exactitude des lectures semble dépendre
plus de l'écart entre les repères que de la continuité de ces repères. Toute
l'information utile peut être condensée dans de petites marques et la
multiplication des lignes pleines, non seulement n'apporte pas une préci
sion supplémentaire, mais accroît les difficultés de repérage et de lecture.
Eriksen étudie un problème analogue, mais d'une manière plus génér
ale. La tâche proposée a trait à la détection de signaux dans un champ
perceptif déterminé. Trois variables sont prises en considération :
a) Le nombre de signaux (saturation), ces signaux au nombre de 20,
40, 60 ou 80 étant constitués par trois types de figures géomét
riques : triangles, carrés et losanges ;
b) La division du fond, par un quadrillage en 81, 169 ou 256 parties ;
cj La dimension de l'aire à prospecter (45, 60 et 80 cm2).
Un plan factoriel (3x4x3) permet d'éprouver le rôle de ces diff
érentes variables. Il apparaît d'abord que le temps moyen de repérage
s'accroît avec le nombre de signaux, ce que l'auteur explique par le
nombre plus grand de fixations exigées. L'efficacité de la recherche
diminue avec le resserrement du quadrillage : le sujet prospecterait le
tableau par ligne ou par colonne et ce resserrement le conduit à multiplier
ses opérations. Enfin, la prospection était plus efficace pour les dimens
ions extrêmes que pour la dimension moyenne. Ici encore, Fauteur
attribue ce résultat aux différences de méthodes utilisées par les sujets
en face des divers matériels. Aucune des interactions n'était significative.
Soar consacre deux articles aux variables influençant la lisibilité
des nombres. Dans la première, il étudie l'effet de l'épaisseur du trait,
du rapport hauteur-largeur du chiffre et de leur interaction pour chacun
des chiffres. Les effets simples ne sont significatifs que pour certains
chiffres, tandis que l'interaction ne l'est pas du tout. Ainsi, l'étude des
rapports peut être conduite compte non tenu de l'épais
seur du trait. L'auteur préconise, en conclusion, l'utilisation de carac
tères où le rapport indiqué est de 10 : 7,5 et celui de la largeur du trait
à la hauteur de 1 : 10.
La deuxième étude a été conduite à la suite de certains résultats
contradictoires obtenus dans des travaux antérieurs sur les variables
épaisseur du trait, niveau d'éclairement et contraste figure-fond. Il a
semblé à l'auteur que ces contradictions étaient dues à des effets d'inter
action entre ces variables et c'est en vue d'éprouver statistiquement
ces effets qu'il a construit son plan d'expérimentation. Parmi les effets
simples de ces trois variables, seul le niveau d'illumination s'est révélé
significatif. Deux interactions doubles sont significatives : celles du
contraste (noir sur blanc ou blanc sur noir) avec les deux autres effets ; APPLIQUÉE 263 PSYCHOLOGIE
enfin, l'interaction triple est elle-même significative. Ainsi, les conditions
d'étude des variables examinées doivent être soigneusement précisées.
Pratiquement, si un dispositif comportant des nombres doit être lu à
différents niveaux d'éclairement, il y aura lieu de choisir la largeur du
trait qui est optimale au plus bas niveau d'éclairement, puisque la
visibilité augmente plus rapidement avec l'élévation de ce niveau qu'elle
diminue en fonction d'une largeur de trait non optimale.
Topmiller étudie un problème soulevé par la lecture d'échelles et le
réglage de certains instruments où une interpolation linéaire est exigée.
Il utilise à cette fin des repères espacés de 1 cm dont il fait varier l'épais-,
seur d'une fraction de millimètre à 5 mm et il demande au sujet de faire
coulisser en face de cette échelle un index de même épaisseur que le
repère afin d'amener cet index à des positions correspondant aux diffé
rents millimètres intermédiaires. On constate que les extrémités et le
centre de l'intervalle donnent lieu aux estimations les plus exactes et
que les traits de 3 ou 4 mm fournissent les ajustements dont les erreurs
moyennes sont les moins élevées.
C'est à l'étude de l'efficacité de divers modes de représentation que
se livrent Ryan et Schwartz. La généralisation de l'emploi des aides
audio-visuelles donne à cette question toute son importance. En fonction
d'un critère qui est la vitesse à laquelle les détails caractéristiques d'une
figure peuvent être perçus, les auteurs se demandent quel est le meilleur
des modes de représentation suivant : photographie, dessin ombré,
dessin au trait, schéma. Les objets (main, coupe-circuit, soupape) sont
présentés au tachistoscope un temps de plus en plus long jusqu'à ce que
le sujet puisse préciser certains aspects ou positions caractéristiques.
Le schéma se révèle supérieur aux autres modes de présentation dont
le plus mauvais est le dessin au trait, la photo et le dessin ombré occupant
sensiblement la même position intermédiaire.
Le travail de Green et Anderson a été suggéré par la présence, sur
certains tableaux de commandes complexes, d'un nombre important de
boutons ou interrupteurs et aux dangers de confusion qu'ils présentent
pour les opérateurs. Les auteurs étudient donc des interrupteurs de
formes aisément discernables au toucher de façon à renforcer les critères
locaux par des critères tactiles et à éliminer ainsi des erreurs. En même
temps, ils éprouvent l'effet de la dimension. Deux méthodes étaient
employées : l'une par apprentissage où le sujet est entraîné à associer
les nombres de 1 à 16 à une des manettes ; l'autre, dite de découverte,
consiste pour le sujet à toucher une manette et à la repérer ensuite dans
un ensemble. On note les réponses données pour chaque méthode et on
établit une matrice de confusion. Il apparaît ainsi que la dimension
intervient très peu dans la durée de l'apprentissage et que les effets de
transfert d'une dimension à l'autre sont très importants. Les résultats
des deux méthodes étaient assez cohérents et ont permis de choisir
10 manettes pouvant être identifiées avec très peu d'erreurs.
J. L. 2G4 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
b) Les interactions stimulus-réponse :
BUGELSKI (B. R.). — Population stereotypes in pedal control
of a « Ball Bank » indicator (Stéréotypes d'une population dans la
commande à pied d'un indicateur de virage à billes). — J. appl.
Psychol., 1955, 39, 422-424. — ROSS (S.), SHEPP (B. E.),
ANDREWS (T. G.). — Response preferences in display-control
relationship (Les préférences de réponse dans des systèmes signal-
commande). — J. appl. Psychol., 1955, 39, 425-428. — MORIN
(R. E.), GRANT (D. A.). — Learning and performance on a key
pressing task as function of the degree of spatial S-R correspondence
(L'apprentissage et V exécution d'une tâche de pression de touches en
fonction du degré de correspondance spatiale S-R). — J. exp. Psychol.,
1955, 49, 39-47. — ANDERSON (N. H.), GRANT (D. A.), NYS-
TROM (CO.). — The influence of the spatial positioning of stimulus
and response components on performance of a repetitive key-pressing
task (L'influence de la position réciproque des systèmesde stimuli et de
réponse dans l'exécution d'une tâche répétitive de pression de touches).
— J. appl. Psychol., 1956, 40, 137-141. — GARVEY (W. D.),
MITNICK (L. L.). — Effect of additional spatial references on
display-control efficiency (Effet de l'addition de repères spatiaux sur
l'efficacité du système signal-réponse). — J. exp. Psychol., 1955,
50, 276-282. — HARTMAN (B. O.), FITTS (P. M.). — Relation of
stimulus and response amplitude to tracking performance (Relation
de l'amplitude du stimulus et celle de la réponse dans une tâche de
poursuite). — J. exp. Psychol., 1955, 49, 82-92.
Les dispositifs de commande sont de plus en plus considérés en
liaison avec les dispositifs de signalisation qui suscitent et orientent leur
mouvement. Toute une série de travaux continuent à se développer
autour des concepts de stéréotype et de compatibilité, tant sur le plan
théorique que sur le plan pratique.
Pour effectuer un virage dans des conditions correctes d'équilibre, le
pilote doit maintenir la bille d'un indicateur bien centrée en appuyant
sur la pédale appropriée. La pression de la pédale droite dirige la bille
à gauche du tube courbé où elle est enfermée. Or, on remarque que des
débutants commettent souvent des erreurs de manœuvre en utilisant
la mauvaise pédale, ce qui laisse supposer l'existence d'un stéréotype.
L'étude de Bugelski confirme cette supposition en montrant que pour
centrer la bille, la plupart des sujets examinés dans l'expérience utilisent
naturellement le pied opposé au côté où se trouve cette bille. L'hypothèse
est faite que ce stéréotype est une généralisation au pied de la tendance
à aller chercher un objet à droite avec la main gauche (et inversement)
pour l'amener à une position centrale.
Dans leur expérience, Ross, Shepp et Andrews utilisent des figures
sur papier pour étudier les stéréotypes de réponses à des stimuli
présentés sur un plan vertical (4 stimuli : droite, gauche, haut, bas). PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 265
Les 3 systèmes de réponses (pousser-tirer, tourner, déplacer un levier dans
les quatre directions perpendiculaires) sont disposés dans les 3 plans
frontal, horizontal et sagittal. Les résultats indiquent la présence de
stéréotypes plus ou moins accusés suivant les combinaisons. Deux
facteurs importants semblent conditionner l'existence des stéréotypes :
l'identité ou la similitude des directions de mouvement du stimulus et
de la réponse, la communauté de direction, dans leur propre plan, du
stimulus et de la réponse.
Grant et ses collaborateurs ont étudié les effets des relations stimulus-
réponse à l'aide d'un appareil comportant 8 touches alignées auxquelles
correspondent 2 rangées de lumières : l'une de lumières rouges, où sont
donnés les stimuli, l'autre de vertes qui sont commandées par
le maniement des touches et permettent au sujet de contrôler sa réponse.
Les stimuli sont présentés par groupe de deux ou trois et l'opérateur
doit appuyer sur les touches qui éclaireront les ampoules vertes sous les
lumières stimuli.
Dans leur première expérience, les auteurs analysent les effets du
degré de correspondance stimulus-réponse sur les résultats de l'exécution
de la tâche. Ce degré de correspondance est mesuré par la corrélation
(t de Kendall) existant entre l'ordre des stimuli et celui des réponses.
Neuf niveaux de correspondance ont été choisis, caractérisés par des
coefficients de corrélation échelonnés de — 1 à +1. Pour t = + 1,
il y a correspondance maxima, la touche étant située sous le stimulus
correspondant. Pour t — — ■ 1, les ordres sont inversés et il faut appuyer,
par exemple, sur la touche 1 pour répondre au stimulus situé au-dessous
de la touche 9. Les coefficients intermédiaires constituent des variantes
autour de ces deux cas extrêmes. Si on analyse les résultats en fonction
des temps moyens, on constate que l'on peut rendre compte des diffé
rences significatives entre les temps relatifs aux 9 combinaisons par
les 2 comparaisons se rapportant aux effets linéaire et quadratique.
Ainsi, le temps d'ajustement dépend à la fois de la valeur absolue de t et
de sa valeur algébrique. Il diminue avec les valeurs positives, c'est-à-dire
à mesure que la correspondance devient plus directe, et avec l'accroiss
ement des valeurs absolues, c'est-à-dire avec l'introduction d'un ordre.
Cette mesure de la permet d'établir une hiérarchie
entre des tâches psycho-motrices homogènes avec des difficultés variant
dans la proportion de 5 à 1 en ce qui concerne le temps et de 3 à 1 en ce
qui concerne les erreurs. Il serait intéressant d'établir pour d'autres
tâches, des indices de correspondance susceptibles de rendre compte
de certaines difficultés du travail.
Dans une expérience plus récente, les auteurs ont étudié les effets de
la position du dispositif de réponses par rapport au dispositif de stimuli
en liaison avec ceux du rythme, libre ou imposé. Trois positions (face,
90° à droite ou à gauche) des systèmes de stimuli et de réponses sont
combinés fournissant 9 situations différentes. Les critères d'efficacité
sont fournis par les temps de latence et de réponse et les erreurs. On 266 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
remarque que les effets de position sont beaucoup moins importants
que ceux de correspondance précédemment décrits. La place du tableau
de réponse joue un plus grand rôle que celle du tableau de stimuli et
les 3 emplacements donnent des résultats significativement différents
pour les trois critères. L'emplacement central est le meilleur, celui de
gauche le plus mauvais. Les résultats moins bons obtenus avec l'exé
cution à rythme imposé sont dus à ce que le sujet, étant obligé de revenir
chaque fois à une position déterminée, devait accomplir davantage de
mouvements, surtout pour les combinaisons peu efficaces. Par contre,
les erreurs ne permettaient pas de différencier les divers groupes. Les
conclusions de ce travail peuvent être utilisées dans l'aménagement de
certains postes de ou de machines complexes.
Garven et Mitnick poursuivent leurs expériences sur les relations
entre systèmes de stimuli et de réponses. Ils utilisent toujours un
matériel analogue, notamment des matrices carrées comportant un
nombre égal de rangées et de colonnes à l'intersection desquelles se
trouve une ampoule ou un dispositif de réponse. La supériorité des
dispositifs isomorphiques est de nouveau mise en évidence. Dans le
cas des matrices, les auteurs montrent également le rôle d'un système de
repérage dans l'amélioration de l'efficacité, par élimination des inter
férences internes. Dans une première expérience, on constate que
l'addition de deux lignes orthogonales partageant la matrice en deux
parties égales, ramène les temps de réponse aux stimuli à des valeurs
sensiblement équivalentes, quel que soit l'emplacement de ces stimuli
sur la matrice. On se rappelle qu'en l'absence de repère, les temps de
réponse croissent à mesure qu'on s'éloigne de la périphérie. L'addition
de lignes de référence ramène donc toutes les positions à un égal niveau
de difficulté. Dans une deuxième expérience, les auteurs montrent que
l'addition de repères supplémentaires n'apporte aucune amélioration
de la vitesse et peut même la dégrader. Ils en concluent que le bénéfice
qui peut être attendu d'une telle addition est déterminé par le degré
d'interférence entre stimuli et qu'il est aussi nuisible à une bonne exé
cution de la tâche de fournir des repères en excès que de n'en point fournir
du tout. Le problème est donc de déterminer la quantité d'indices
spatiaux à utiliser pour obtenir les résultats les meilleurs.
Dans une tâche de poursuite, Hartman et Fitts font varier l'ampli
tude du déplacement du stimulus et celle du mouvement de réponse.
La combinaison entre elles des 5 amplitudes utilisées donne lieu à 25 situa
tions expérimentales. En outre, les auteurs comparent pour ces mêmes
situations, la poursuite proprement dite où le curseur commandé par
le sujet doit suivre une cible (mue ici par un mouvement oscillatoire de
nature plus ou moins régulière, obtenu par combinaison de trains d'onde
de longueur différente), à la poursuite par compensation où le sujet doit
maintenir immobile, sur la cible fixe, le curseur animé du même mouve
ment que précédemment. On note le temps pendant lequel le curseur
et la cible coïncident dans les limites de tolérances définies. Les situations PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 267
expérimentales sont examinées en fonction de ce critère. Il apparaît
d'abord que les résultats s'améliorent quand l'amplitude croît, que ce
soit celle des signaux ou celle du mouvement : la loi de Weber ne s'ap
plique donc pas ici, surtout dans le cas de la poursuite proprement dite.
Cependant, le rôle respectif de ces amplitudes varie avec les diverses
situations : pour les trajets complexes et au début de l'apprentissage,
c'est l'amplitude des déplacements du stimulus qui est la plus importante ;
pour les trajets simples et bien appris, c'est au contraire l'amplitude du
déplacement de la commande qui joue le rôle prépondérant. Les auteurs
sont ainsi amenés à faire l'hypothèse que la source de l'information
varie suivant la nature de la tâche et les conditions d'exécution : elle est
surtout proprioceptive quand les réponses sont simples, répétitives et
situées à un niveau d'apprentissage élevé, visuelle quand la tâche est
plus nouvelle ou plus complexe. Pour les circuits complexes où plusieurs
longueurs d'ondes étaient combinées, l'avantage des mouvements amples
diminuait et la supériorité du dispositif de poursuite simple devenait
moins nette.
J. L.
SEYMOUR (W. D.). — Experiments on the acquisition of industrial
skills, part 3 (Expériences sur l'acquisition de Vhabileté professionnelle,
IIIe Partie). — Occup. Psychol., 1956, 30, 94-104.
Dans ses travaux antérieurs (lre et 2e parties analysées dans VA. P.)
l'auteur a montré, à propos de l'apprentissage sur tour-révolver, la
supériorité de la méthode d'intégration progressive sur la méthode
globale lorsque la tâche comporte des difficultés d'ordre perceptif. Le
problème se pose maintenant de savoir s'il est possible d'obtenir de
meilleurs résultats en procédant préalablement à l'apprentissage systé
matique des éléments les plus difficiles du point de vue perceptif.
L'auteur met donc au point une nouvelle méthode (isolation method)
qu'il compare aux deux méthodes précédemment évoquées. Les trois
méthodes sont appliquées à des petits groupes de jeunes travailleurs,
âgés de 15 à 18 ans, et n'ayant aucune expérience du tour-révolver. La
formation s'étend sur une période de 5 jours, à raison d'une séance d'une
demi-heure par jour. La comparaison des groupes s'effectue sur la base
d'une épreuve de contrôle d'une durée de 15 mn et en fonction de trois
critères principaux : nombre de cycles d'opérations corrects, nombre,
d'erreurs dans la manœuvre de la tourelle porte-outil, nombre d'erreurs
dans la manœuvre du chariot porte-outil. Précisons, à ce propos, que la
nouvelle méthode consiste, dans une première phase, à faire travailler
les sujets sur la tourelle, puis sur le chariot jusqu'à l'obtention d'un
rythme satisfaisant. Dans une seconde phase, ces opérations sont
intégrées dans le cycle total d'opérations.
En plus de l'épreuve de contrôle, l'auteur prend en considération
certaines données enregistrées au cours du travail : temps moyen de
chaque opération, nombre minimum d'essais pour atteindre un temps ANAI/YSES BIBLIOGRAPHIQUES 268
limite fixé pour chaque opération. Les résultats de cette expérience
confirment les conclusions des expériences antérieures.
La méthode d'intégration progressive et la nouvelle méthode per
mettent des progrès plus rapides et donnent de meilleurs résultats à
l'épreuve de contrôle que la méthode globale. L'éducateur a intérêt à
enseigner séparément les éléments qui comportent des exigences percept
ives. Des effets de transfert se manifestent lorsque se succèdent des
opérations ayant une forte composante perceptive. Il semble que, dans
l'apprentissage industriel, les difficultés d'ordre perceptif soient plus
importantes que les difficultés d'ordre moteur.
Enfin, la variation, d'un therblig à l'autre, des exigences d'ordre
perceptif expliquerait la variation des temps nécessaires pour réaliser
les différentes opérations.
A. L.
FLEISHMAN (E. A.), HEMPEL (W. E.). — Factorial analysis of
complex psychomotor performance and related skills (Analyse jacto-
rielle de tâches psychomotrices complexes et des capacités correspon
dantes). — J. appl. Psychol., 1956, 40, 96-104.
Faisant suite à une série de travaux plus limités, cette étude porte
sur un grand nombre d'épreuves psychomotrices réunies en une seule
batterie qui comprend aussi des tests papier-crayon ; 1 000 candidats
pilotes ont passé ces tests.
Une analyse factorielle a fourni 9 facteurs qui ont fait l'objet de
rotations orthogonales. Quatre d'entre eux ne concernent que les tests
appareil.
Le premier, de Coordination psychomotrice se retrouve dans les
épreuves exigeant des mouvements fins et limités. Un autre est identifié
comme la Coordination motrice nécessaire à des mouvements simultanés
de plusieurs membres. Un troisième facteur a trait à la Dextérité
manuelle et le quatrième à un Contrôle de la Vitesse dans les épreuves
de Poursuite.
Quatre facteurs sont communs à des tests appareil et à des tests
papier-crayon :
Un facteur d'intégration de données multiples pour trouver une
réponse adaptée ; deux facteurs de Relations spatiales, l'un concernant
la capacité à interpréter les caractéristiques spatiales de la situation
stimulus et l'autre l'orientation des mouvements ; un facteur de Visuali
sation, distinct des facteurs de Relations spatiales.
Enfin, un facteur de Vitesse perceptive est limité aux tests papier-
crayon.
Un critère a été utilisé : la réussite dans le pilotage. Plus de 50 % de
la variance du critère est attribuable aux facteurs identifiés.
Les résultats confirment, dans l'ensemble, ceux des études plus
limitées, en permettant toutefois une analyse plus fine et la subdivision
des facteurs trouvés antérieurement.

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