Psychologie clinique et pathologique - compte-rendu ; n°1 ; vol.66, pg 348-354

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L'année psychologique - Année 1966 - Volume 66 - Numéro 1 - Pages 348-354
7 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1966
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Psychologie clinique et pathologique
In: L'année psychologique. 1966 vol. 66, n°1. pp. 348-354.
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Psychologie clinique et pathologique. In: L'année psychologique. 1966 vol. 66, n°1. pp. 348-354.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1966_num_66_1_27897Psychologie clinique et psychopathologie
Carthy (J. D.), Ebling (F. J.). — The Natural History of Agression
(Histoire naturelle de l'agressivité). — Londres, Academic Press,
1964, 159 p.
Ce livre est un recueil de conférences prononcées lors d'un Sympo
sium tenu au British Museum, à Londres, en 1963 ; on peut y distinguer
deux parties. La première traite spécifiquement de l'aspect biologique
de l'agressivité, sous forme de psychologie animale et de physiologie.
Fisher parle de l'agressivité interspécifique chez les Oiseaux, qu'il
conçoit surtout comme une extension de la rivalité sexuelle intra-
spéciflque, ou une réaction défensive contre la prédation ou
la ponte parasitaire, mais guère comme une compétition pour la niche
écologique. Wallis étudie chez les Hyménoptères coloniaux la séquence
d'exploration sensorielle entre deux individus de même espèce qui se
rencontrent, et souligne le rôle des odeurs dans la reconnaissance du
partenaire comme membre de la même communauté, ou dans l'élici-
tation de la morsure. Harrison Matthews traite ensuite de combats
réels intraspécifiques chez les Mammifères, en insistant sur les méca
nismes qui évitent l'issue fatale dans les conditions naturelles, et sur
la part de ritualisation qui intervient dans ces « tournois ». Ceci introduit
à l'étude des combats fictifs ou simulés dont traite Lorenz à propos des
divers genres de Vertébrés. Hall met en relation la forme de l'agression
du mâle chez les Primates avec les conditions écologiques et sociales
de vie, suivant qu'il s'agit d'une espèce de plaine ou de forêt, à dimor-
phisme sexuel accusé ou non, et d'une organisation en famille ou en
bande avec un seul mâle adulte ou plusieurs. Enfin, Klopper fait un
examen critique des essais de mise en relation de l'agressivité et de la
physiologie endocrine, pour conclure d'ailleurs à une relation entre ce
dernier facteur et celui d'émotivité, sans que ce dernier soit régulièr
ement à caractère agressif, car ceci est déterminé bien davantage par
la situation. Il est dommage qu'un chapitre n'ait pas été consacré au
point de vue neuro-physiologique dans cette série de conférences, dont
il se dégage néanmoins l'idée que l'agression intraspéciflque surtout a
été étudiée, et qu'elle pose d'ailleurs bien des problèmes intéressants,
spécialement celui de la « protection » des combattants par la ritualisation
des manifestations agressives.
La seconde partie traite de l'agressivité humaine : dans les petits
groupes (Veness, Demonchaux), chez les malades mentaux (Hill), dans
la guerre (Andreski, Storr), etc. Rien de très nouveau ni de très net
ne ressort de tout ceci, si ce n'est que l'Homme est bien l'animal le PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PSYCHOPATHOLOGIE 349
plus agressif qui soit, car il est dépourvu de tout inhibiteur spécifique
à ses conduites d'attaque.
M. Blancheteau.
Teitelbaum (M.). — Hypnosis induction techniques (Les techniques
d'induction de l'hypnose). — Springfield, Charles C. Thomas, 1965,
184 p.
Cet ouvrage se présente surtout comme un manuel technique. Il est
l'œuvre de huit années de pratique spécialisée et d'enseignement à des
groupes de médecins et de dentistes, et il vise à un perfectionnement dans
l'efficacité de la suggestion hypnotique, sa rapidité, son acceptabilité
par le patient (évitement des notions de « sommeil » ou d' « hypnose »).
Après deux chapitres préliminaires dans lequels il envisage rapide
ment le développement historique des méthodes hypnotiques et les
diverses théories du phénomène de l'hypnose (notamment, les théories
du sommeil, psychanalytique, réflexologique, de la dissociation), l'au
teur se consacre essentiellement à la description des divers états et degrés
de l'hypnose et à celle des quatre grands types d'attitude technique
visant à les obtenir (approches relaxative, catalytique, permissive,
autoritaire). Dans chaque cas, il fournit des exemples illustrant des
techniques d'induction nouvelles.
Les derniers chapitres sont consacrés à l'utilisation que peuvent
faire de l'hypnose la médecine, la justice et l'investigation policière,
le gouvernement.
P. Jampolsky.
Corman (L.). — Le test du dessin de famille dans la pratique médi-
copédagogique. — Paris, Presses Universitaires de France, 1964,
162 p.
Après avoir rappelé le but des tests projectifs, et donné une nouvelle
consigne pour le test du dessin d'une famille, l'auteur rappelle les diffé
rents niveaux de l'interprétation : le niveau graphique, la structure for
melle, le symbolisme des parties de l'espace (qui semble assez arbitraire),
enfin, le niveau du contenu, qui est interprété de façon psychanalytique,
et peut révéler des aspects conscients ou inconscients de la personnalité.
C'est la pratique de cette interprétation qui est particulièrement
décrite, à l'aide de nombreux exemples illustrés. On apprend ainsi à
reconnaître les différents mécanismes de défense, et les conflits projetés.
Ceux-ci sont de deux sortes : la rivalité fraternelle et le conflit oedipien.
Partant de leur projection franche, l'auteur montre comment, sous l'i
nfluence du refoulement, le conflit peut être camouflé, inversé, etc. ; il
devient ainsi de plus en plus inconscient, et difficile à déchiffrer dans les
dessins.
Cette application concrète de la psychanalyse, dans un style clair
et facile, la rend vivante et compréhensible. Elle sera très utile au
psychologue. L'insistance, pour ne faire reposer l'interprétation que ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 350
sur une convergence d'indices (données cliniques, résultats d'autres
tests projectifs, etc.), tempère ce que l'interprétation peut avoir d'arbi
traire, et invite à la prudence.
G. Boulanger-Balleyguier.
Jung (C. G.). — Dialectique du Moi et de l'Inconscient. — Paris,
Gallimard, 1964, 340 p.
Cet ouvrage, crucial dans l'œuvre de Jung, date de 1933 et a été
traduit une première fois en français sous le titre Le Moi et V Inconscient
(Gallimard, 1938). Ébauché dans un essai publié en 1916 (La structure
de V Inconscient), il se présente comme l'aboutissement de vingt-huit
années d'expérience psychologique et psychiatrique.
Le livre comporte deux parties. Dans la première, l'auteur envisage les
effets de l'Inconscient sur le Conscient. Après s'être attaché à définir
sa notion d' « Inconscient collectif » (ensemble vivant et agissant d'arché
types propres à l'espèce) par opposition à 1' « Inconscient personnel »
de Freud (matériaux personnels devenus inconscients par refoulement,
mais qui pourraient tout aussi bien être conscients), il examine les
conséquences de « l'assimilation de l'Inconscient », c'est-à-dire de la
prise de conscience de 1' « Inconscient collectif » au cours de l'analyse.
Ce processus a pour conséquence, sous deux formes extrêmes possibles
(sentiment euphorique de puissance ou dépression), une sorte d' « infla
tion » illégitime de la personnalité, qui est en réalité un écrasement de
l'individualité par le collectif. La persona est ce fragment plus ou moins
arbitraire de la psyché collective, qui est ressenti comme personnel,
sorte de masque, de rôle traduisant un compromis entre l'individu et la
société. Deux sortes de tentatives se présentent pour extraire et libérer
l'individualité de la psyché collective : soit la reconstitution régressive
de la persona, dans laquelle le malade qui, auparavant, désirait plus
qu'il ne pouvait entreprendre, n'ose même plus faire ce dont il serait
capable ; soit l'identification avec la psyché collective, dans laquelle,
en prophète ou en disciple, il accepte sciemment l'inflation et l'érigé
en système.
La seconde partie est tout entière consacrée à « l'Individuation »,
processus délicat et difficile, permettant d'échapper aux aliénations et
dépersonnalisations partielles décrites précédemment et d'arriver à la
« réalisation de son Soi ». Le « Soi » doit être libéré, d'une part des fausses
enveloppes de la persona, d'autre part de la force suggestive des images
inconscientes. Par une sorte d' « auto-régulation de la psyché globale »,
les processus inconscients ont essentiellement pour fonction de compenser
le Moi conscient. De même que chez l'homme, une anima féminine vient
compenser le conscient masculin ; chez la femme, à l'inverse, existe
une formation masculine de compensation, Yanimus. Chacune de ces
formations est une sorte de condensation active des expériences accumul
ées par la lignée ancestrale de chacun des sexes au contact de l'autre
sexe. L'anima de l'homme est, par compensation, caractérisée par un CLINIQUE ET PSYCHOPATHOLOGIE 351 PSYCHOLOGIE
exclusivisme passionné, tandis que Yanimus de la femme s'exprime
par une pluralité indéterminée. L'étape à franchir est, pour l'homme,
de surmonter Vanima en tant que complexe autonome et la transformer
en une fonction de relation entre le conscient et l'inconscient.
P. Jampolsky.
Jung (C.-G.). — Réponse à Job. — Paris, Buchet/Chastel, 1964,
304 p.
Le contenu inhabituel de cette œuvre de Jung se présente non pas
comme une exégèse lucide et froide, mais comme une réaction affective :
celle d'un homme actuel, élevé chrétiennement, ému et « partial »
devant « le spectacle — que rien n'estompe — de la sauvagerie divine
et de son immoralité criminelle ». C'est le problème de Job, problème
central d'une religion qui se veut monothéiste et doit donc admettre
que les contraires sont contenus en Dieu. D'où le paradoxe de l'attitude
de Job qui, frappé injustement, ne peut abandonner sa croyance en
l'unité de Dieu et en sa justice et est amené à attendre aide et assistance
de Dieu contre Dieu lui-même.
J., avec une rare érudition mais en laissant « sans crainte ni vergogne
la parole à l'affect », tente de montrer le développement historique de
ce problème depuis le Livre de Job jusqu'aux événements symboliques
les plus récents (par exemple, l'assomption de Marie).
P. Jampolsky.
Bishof (L. J.). — Interpreting personnality theories (Explication
des théories de la personnalité). — New York, Harper & Row, 1964,
694 p.
Cet ouvrage a pour propos de servir de manuel aux étudiants de
première année pour les théories de la personnalité : faire connaître les
différentes théories, sans prise de position, et aussi permettre de mieux
se comprendre soi-même.
Après avoir passé en revue les différentes définitions de la personn
alité, l'A. expose les théories, chacune caractérisée par le nom de son
auteur. Elles sont groupées en quatre sections :
— théories biophysiques et biophilosophiques : Freud, Sheldon, Murray
et Jung ;
— théories biosociales et d'interaction biosociale : Adler, Sullivan,
Moreno ;
— théories générales et intégratives (?) : Rogers, Allport et Murphy ;
—diverses, soit symboliques et mathématiques : Lewin,
Cattell, Eysenck et Mowrer ; soit holistiques : Goldstein, Maslow
et Fromm.
Le plan de chacun des chapitres est le suivant : une description de la
théorie avec une courte biographie de l'auteur ; une explication des 352 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
différents comportements (tels que le mariage, les perversions, le suicide,
les conduites antisociales, le surnaturel, le sens de l'humour, le jeu,
les psycho-névroses) ; les possibilités de prédiction au niveau de l'ind
ividu ou du groupe dans le cadre de la théorie traitée ; une bibliographie
très complète, ainsi qu'un diagramme, résumé concret de la théorie.
Il paraît difficile, pour un étudiant débutant, de se rendre compte
de l'importance, à la fois actuelle et historique, de chacune de ces
doctrines, le souci d'objectivité les plaçant toutes sur un même plan.
Encore plus contestable apparaît la classification des différentes théo
ries : elle a pour effet de désarticuler des doctrines basées sur un même
principe fondamental. Pour le lecteur français, l'aspect moralisateur
est très irritant.
R. Ménahem.
Eysenck (H. J.). — Crime and Personnality (Grime et personnalité).
— Londres, Routledge and Kegan, 1964, 204 p.
Il s'agit d'une approche scientifique de la criminalité, dans le cadre
de la théorie de la personnalité chère à l'auteur. Rééduquer le criminel
n'est pas suffisant, il faut arriver à des modifications des types de
comportement individuels qui aboutissent à l'acte criminel.
La connaissance des structures de la personnalité est basée sur la
théorie de l'apprentissage et la dynamique en est fournie par les travaux
expérimentaux sur le conditionnement.
Après la description de la personnalité en termes de dimensions, et
l'exposé de ses différentes méthodes de mesure, on essaie de déterminer
les poids relatifs des différents facteurs : constitution, équipement
biologique, conditionnements.
L'échec des conditionnements aboutissant aux conduites antisociales,
la thérapeutique consiste en déconditionnements. Comme des statistiques
récentes ont montré qu'il se produit un crime toutes les quatre minutes
aux États-Unis, l'urgence du problème n'est pas discutable. En préciser
la position doit certainement aider à trouver des solutions, dans la
mesure où le modèle de théorie de la personnalité employé ici est en
accord avec les données.
R. Ménahem.
Guttmacher (M.). — La psychologie du meurtrier. — Traduit de
l'anglais par Michel Gourevitch. Paris, Presses Universitaires de
France, 1965, 190 p.
Cet ouvrage traite surtout du rôle de la maladie mentale en matière
de responsabilité criminelle. L'auteur distingue le meurtrier normal du
meurtrier malade mental.
Dans la première partie, on décrit les différents types de meurtriers
(l'antisocial, l'alcoolique, le schizophrène, celui qui agit par vengeance,
le gynocide, l'homosexuel, le passagèrement psychotique), ainsi que les
relations entre homicide et suicide, et les couples passif-agressif et passif- PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PSYCHOP ATHOLOGIE 353
sadique. On voit, par cette enumeration, que la classification n'est pas
univoque, mais fait appel à des mécanismes et à des structures variables.
Dans une seconde partie sont traités les problèmes de l'expertise,
du secret professionnel et des restrictions qu'il faut y apporter.
La perspective est celle de la législation anglo-saxonne qui diffère
sensiblement de la législation française ; ceci limite la portée des pro
blèmes et des solutions envisagées.
R. MÉNAHEM.
Duvckaerts (F). — La formation du lien sexuel. — Bruxelles.
Charles Dessart, 1964, 326 p.
L'auteur part délibérément de l'adulte, l'homme et la femme arrivés à
la maturité biologique, et se propose de décrire les étapes par lesquelles,
à partir d'un premier émoi sexuel, ils se rapprochent pour aboutir à une
consommation de l'acte qui soit complète, c'est-à-dire à une possession
réciproque. Il le fait dans une perspective qui ennoblit et dépasse la
simple vie sexuelle et par une synthèse de données purement psychol
ogiques, en premier lieu celles fournies par la psychanalyse. Cette
synthèse est particulièrement riche et s'agrémente d'aperçus originaux.
Dans un premier chapitre (« Excitation et inhibition »), où il envisage
successivement l'intervalle entre le besoin et sa satisfaction, la défense
sociale de l'inceste, la défense du territoire et du moi, les oppositions
narcissiques dans le couple et le poids de l'enfance, l'auteur met en
évidence l'importance proprement humaine de l'inhibition primitive à
laquelle se heurte l'excitation erotique.
Ce sont les transformations dynamiques que subit l'excitation
erotique sous la pression des inhibitions qui constituent l'objet des
chapitres suivants. Sont abordés successivement : le schématisme
pervers (sexualité et agressivité) ; la sexualité inconsciente et les conflits
intérieurs ; le narcissisme ; les attraits homosexuels et les peurs hétéro
sexuelles ; les rites de l'amour ; la consommation de l'acte sexuel.
Ayant ainsi montré les principales étapes de cette dramatisation
qui s'intercale, chez l'homme, entre le désir et sa satisfaction (apparition
d'une certaine agressivité, débats intimes, expression de tendances
contradictoires, séduction narcissique, soumission et dévouement à
l'autre, rites de pacification réciproque), la conclusion l'ait ressortir
combien cette dramatisation définit une « vie » sexuelle, un « jeu
secret de l'amour », qui ne se confond pas avec la répétition d'actes
sexuels devenus automatiques, physiologiques, vidés de leur sens. C'est
ainsi que la notion du « lien » sexuel peut prendre sa véritable signifi
cation : au-delà de l'image fantasmatique d'une perte de liberté et de
l'image signifiante d'un engagement solennel, il faut y voir un lien
psychologique, sentimental, qui ne peut être que l'œuvre d'un effort
réciproque d'apprentissage et d'une longue période de vie commune.
Au ternie de cette conquête, « progrès vers plus d'humanité », l'esprit de
bienveillance qui préside à l'abandon réciproque de deux corps trouve
A. PSYCHOL. 66 23 ;*5'i a\ai,vsi-:s m hi.joc kaphioi i:s
en lui-même sa récompense et constitue la meilleure préparation aux
tâches de l'éducation.
I'. .Iami'olskv.
Ovkkzieh ((].), édit. — Intersexuality (L'intersexualité). Londres
et New York, Academic Press. 196Ü, 564 p.
C'est ici la traduction anglaise d'un ouvrage collectif paru en all
emand en 1961 et. auquel ont collaboré 18 spécialistes internationaux de
langue allemande (en majorité) ou anglaise.
Il s'agit d'un travail essentiellement médical, véritable traité de
la question, envisageant l'intersexualité à tous les niveaux biologiques
et dans toutes ses formes anatomo-physiologiques. Seul, le dernier
chapitre («I. H. Schultz) consacré aux rapports du tranvestitisme et de
l'intersexualité — et concluant à l'absence de relation établie entre ce
trouble du comportement et des facteurs biologiques ou hormonaux
peut intéresser directement le psychologue.
P. .1 AMPOI.SK Y.

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