Psychologie clinique et pathologique - compte-rendu ; n°2 ; vol.79, pg 735-746

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L'année psychologique - Année 1979 - Volume 79 - Numéro 2 - Pages 735-746
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1979
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Psychologie clinique et pathologique
In: L'année psychologique. 1979 vol. 79, n°2. pp. 735-746.
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Psychologie clinique et pathologique. In: L'année psychologique. 1979 vol. 79, n°2. pp. 735-746.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1979_num_79_2_28296■
PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PATHOLOGIQUE
Lemaire (A.). — ■ Jacques Lacan. — Bruxelles, Mardaga, 1977,
2e éd., 379 p.
Jacques Lacan présente lui-même cet ouvrage comme un travail
universitaire sur ses Ecrits ; ajoutons qu'il en complimente l'auteur,
fait digne de remarque. Les psychologues, en tout cas, doivent être
prévenus qu'ils trouveront essentiellement dans ces pages vigoureuses
et erudites ce qu'on pourrait appeler la « philosophie de l'inconscient » de
Jacques Lacan. C'est en effet autour du langage, de la linguistique et
du structuralisme que sont centrées les analyses : « Si Jacques Lacan est
dans la vague du temps, il a su faire œuvre solitaire. Il a su mettre l'esquif
de sa pensée en une avant-garde audacieuse, discutée, mais qui ne peut
être ignorée, négligée par ceux qui veulent, actuellement, parler de philo
sophie de l'homme » (p. 362).
R. Doron.
Schlesinger (H. J.). — Symbol and neurosis, selected papers of
Lawrence Kubie. — New York, International Universities Press,
1978, viii-277 p.
En hommage à leur grand collègue disparu, les membres du comité
de rédaction des Psychological Issues ont rassemblé pour constituer cette
publication neuf articles choisis parmi les quelque 300 écrits par
Kubie. Le choix n'a pas visé à illustrer le champ couvert par l'auteur
mais au contraire a bien dégagé l'axe essentiel des apports qui est bien
situé par le titre donné à ce recueil. L'introduction de Brody présente
l'auteur comme un homme à la fois soucieux de faire œuvre scientifique
en n'ignorant rien de l'aide qu'on peut trouver dans les ressources tech
niques contemporaines et capable de reconnaître l'unicité de chacun de
ses interlocuteurs et leur vocation à la liberté.
R. A. V. Mallet.
Hanin (I.), Usdin (E.) (Eds). — Animal models in psychiatry and
neurology. — Oxford, Pergamon, 1977, 499 p.
Le psychologue sera à la fois déçu et rassuré à la lecture de ces
quarante-quatre articles sur les modèles animaux en psychiatrie et en
neurologie. Il sera déçu de ne trouver l'application des compétences du
psychologue expérimental que dans une douzaine d'articles, au plus. 736 Analyses bibliographiques
II sera rassuré s'il perçoit le rôle qu'il pourrait et devrait jouer dans
l'activité pluridisciplinaire de neuropsychopharmacologie. Car c'est
bien de cette discipline qu'il s'agissait à la réunion de travail organisée
par Hanin et Usdin en juin 1977 à Rockville, Etats-Unis, et dont ce
volume rend compte.
Que signifie ici le terme « modèle » ? Essentiellement, le modèle est
basé sur une hypothèse au sujet des bases expérientielles, biochimiques
et/ou neurophysiologiques d'un état pathologique humain.
La diversité des modèles va de modèles pharmacologiques — les
plus nombreux — à des modèles comportementaux. Parmi les modèles
d'états pathologiques affectifs on trouve, par exemple, les anormalités
du système générateur d'AMP cyclique dans des sections de régions
limbiques du cerveau de rat. Le comportement du jeune singe élevé sous
conditions d'isolement social est un autre type de modèle de désordres
affectifs. Le premier modèle est basé sur l'hypothèse de l'implication
des récepteurs noradrénergiques du système nerveux central dans les
désordres affectifs humains. Le deuxième modèle est basé sur l'hypo
thèse de l'influence de l'isolement social sur le développement psychique
et les capacités relationnelles anormales. Les modèles animaux sont
considérés valables si les médicaments qui améliorent l'état anormal
humain sont capables de restaurer le fonctionnement normal du modèle.
Dans ce cas, le modèle pourra être utilisé pour prédire l'effet d'un nou
veau produit chimique sur l'état pathologique humain. L'un des buts
des modèles proposés est donc le test préclinique de nouveaux médica
ments potentiels. L'autre but est l'élucidation des antécédents et corré-
lats biochimiques et/ou expérientiels d'états anormaux chez l'Homme.
Dans sa forme la plus simple le modèle expérimental implique donc
la création sous conditions contrôlées d'un événement semblable, dans
certaines de ses caractéristiques, à un phénomène d'occurrence naturelle
chez l'Homme. Mais, lorsqu'il s'agit de phénomènes psychologiques, que
connaissons-nous des comportements anormaux humains auxquels le
modèle animal devra s'efforcer de ressembler ? Les caractéristiques de
ces comportements sont souvent difficiles à décrire, au contraire des
phénomènes concernés dans d'autres domaines de la science médicale.
L'une des approches à développer semblerait être l'analyse des fonctions
psychologiques qui sous-tendent les comportements humains et an
imaux. Les études comparées de Kornetzky et de ses collègues sur les
processus d'attention chez l'animal et chez le schizophrène, et l'influence
de divers psychotropes sur ces processus en sont de rares exemples.
Cette perspective se retrouve dans une discussion, par Matthysse, des
modèles animaux des processus cognitifs humains dans la section des de psychoses. Dans cette section se trouve aussi le rapport
stimulant des études comparées de communication non verbale chez
l'Homme et le singe de R. E. Miller.
Une section sur le stress, l'anxiété et l'agression inclut le modèle Psychologie clinique el pathologique 737
de conflit de Geller et Seifter (1960) dont l'utilité semble avoir bien
résisté à l'épreuve du temps. Elle inclut aussi divers modèles d'agres
sion tel le rat tueur de souris initialement décrit par Karli (1956).
D'autres sections traitent des problèmes généraux concernant les cri
tères de comparaison des modèles animaux et des pathologies humaines,
des variables influentes telles que l'âge et les facteurs génétiques, des
modèles en neurologie, des effets secondaires indésirables des médica
ments, de l'utilisation des modèles dans l'institution des essais prél
iminaires des médicaments nouveaux.
Malgré leur caractère souvent très spécialisé, chacun des articles
place le problème traité dans un contexte plus général. Ce volume pré
sente donc un intérêt particulier en ce qu'il peut fournir à la fois des
informations précises et des schémas de réflexion à tous ceux qui
seraient tentés de contribuer à l'activité pluridisciplinaire de neuro-
psychopharmacologie.
D. Joyce-Basseres.
Maser (J. D.), Seligman (M. E. P.). — Psychopathology : Experi
mental Models. — San Francisco, W. H. Freeman, 1977, 474 p.
Ce livre est constitué par la réunion de douze modèles, c'est-à-dire
de douze domaines de recherches dans lesquels se trouvent réunies
des données psychopathologiques reposant sur des bases scientifiques
ayant une application clinique.
Ni ouvrage clinique, ni ouvrage de psychologie expérimentale, ce
recueil apporte les données les plus récentes sur les douze thèmes choisis :
obésité, toxicomanie, dépression, phobies et obsessions, névroses, ulcères,
troubles psychosomatiques, troubles mineurs du fonctionnement céré
bral, catatonie, schizophrénie, comportement sexuel.
Compte tenu de la variété des sujets, il est difficile d'analyser chacun
d'entre eux. A titre d'exemple on peut mettre en valeur les qualités du
premier modèle « Bidirectional Influences of Emotionality, Stimulus
Besponsivity, and Metabolic Events in Obesity » par Judith Rodin.
Ce chapitre contient en effet une analyse quasi exhaustive de tous
les travaux, fort peu connus en France, sur l'externalité chez les obèses,
c'est-à-dire sur les facteurs environnementaux et l'utilisation qui en
est faite en clinique.
Chaque thème, traité par un auteur qui fait autorité en la matière
est riche d'enseignements.
Ce livre est fortement à recommander à tous, quelle que soit sa
qualification, car il permet de façon réciproque aux cliniciens d'appro
fondir leurs connaissances en psychologie expérimentale et aux expéri-
mentalistes de découvrir des applications cliniques.
B. Samuel-Lajeunesse. 738 Analyses bibliographiques
Hare (R. D.), Schalling (D.). — Psychopathie Behaviour :
Approaches to Research. — New York, Wiley, 1978, x-396 p.
Un séminaire international et interdisciplinaire consacré aux études
relatives au comportement psychopathique s'est tenu en France en 1975.
Il réunissait 67 participants venus de treize pays occidentaux et issus
des disciplines suivantes : psychologie, sociologie, psychiatrie, psycho
physiologie, génétique et criminologie. Les 20 articles dus à 27 auteurs
qui constituent le présent recueil sont issus des communications faites à
l'occasion du séminaire. Le cadre conceptuel se rattache à la catégorie
de personnalité antisociale proposée par I'oms.
Le but du séminaire était de remédier au défaut de communication
constaté entre les différents chercheurs intéressés par les psychopathies
ou sociopathies.
R. A. V. Mallet.
Sundberg (N. D.). — Assessment of Persons. — New Jersey,
R. S. Lazarus, 1977, 353 p.
Voici un ouvrage qui ne pourrait pas être écrit en France, non pas
parce qu'il est très facilement lisible, clair et parfois amusant, mais est, à des titres divers, susceptible d'intéresser une grande
variété de lecteurs allant de l'étudiant en psychologie ou en médecine
aux infirmières et aux spécialistes travaillant dans la santé mentale ou
la pédagogie.
L'auteur, après avoir défini l'évaluation et abordé le problème de
la quantification des informations, envisage successivement : l'entretien
et l'observation, l'anamnèse, les interrelations sociales, les données bio
psychologiques. Les chapitres suivants sont consacrés aux techniques
comportementales, à la psychométrie, aux tests projectifs, à l'évaluation
des facteurs cognitifs ; puis sont exposés les problèmes fondamentaux
de l'intégration des diverses données recueillies et de leur utilisation.
Dans un dernier chapitre intitulé « Evaluation, société et avenir »
Sundberg envisage ce que devrait ou pourrait être l'évaluation des
individus en relation avec l'évolution de la société.
Il faut remarquer que chaque thème est illustré de citations ou de
données remarquablement choisies. Chaque chapitre se termine par une
bibliographie de base comportant des indications essentielles sur la
teneur des travaux cités.
Une importante bibliographie générale termine cet ouvrage.
Ce livre sous son apparente facilité constitue un ouvrage de base
qui mériterait d'être traduit en français afin d'en assurer une large
diffusion.
B. Samuel-Lajeunesse. Psychologie clinique et pathologique 739
Gold fried (M. R.), Davison (G. C). — Clinical behavior therapy.
— New York, Holt, Rinehart & Winston, 1976, 301 p.
C'est leur expérience personnelle de psychologues que présentent
les auteurs. Ils ont voulu montrer comment les comportementalistes
analysent les problèmes de leurs clients et « passent des principes géné
raux aux applications cliniques ». Leur but, heuristique, est d'aider le
lecteur à faire des « innovations cliniques dans un large cadre compor
temental ». Fort heureusement ces « innovations cliniques » se bornent
à appliquer de façon individualisée, et il est difficile de procéder autre
ment, dans des cas dont la Symptomatologie apparaît essentiellement
névrotique, certaines thérapies comportementales utilisant la relaxation,
la désensibilisation, la répétition comportementale, les facteurs cogni-
tifs, le renforcement. En ce faisant, Goldfried et Davison, à travers
leurs cas cliniques, ont voulu montrer qu'il est erroné de limiter les
thérapies comportementales à de simples traitements symptomatiques
et de les accuser de négliger les causes sous-jacentes des troubles. Celles-ci
seront recherchées aussi bien dans les facteurs de personnalité que
dans l'environnement. En résumé, si le pragmatisme des auteurs peut
heurter bien des conceptions de la psychopathologie, il n'en reste pas
moins que leur approche clinique est bien dans la ligne de l'évolution
des thérapies comportementales et que leur expérience sera utile au psy
chologue déjà informé des principes et des traitements comportementaux.
M. Agathon.
Favell (J. E.). — The power of positive reinforcement. A handbook
of behavior modification. — Springfield, C. C. Thomas Publish.,
1977, 266 p.
Comme l'indique le sous-titre de l'ouvrage, il s'agit d'un manuel
de behavioral therapy qui s'adresse non seulement aux étudiants de
psychologie, mais également à tous les praticiens concernés par le pro
blème de la modification du comportement. L'un des principaux mérites
de ce livre réside dans la clarté et la simplicité de l'exposé, conçu selon
les règles didactiques des manuels américains, qui rendent ainsi le sujet
accessible à la plupart des lecteurs même non spécialistes.
Les premiers chapitres (1 à 5) constituent une bonne introduction
aux problèmes méthodologiques relevant de l'observation et de la
quantification du comportement ainsi qu'aux techniques de représen
tation et de traitement des données observées. Si ces divers problèmes
sont en effet familiers (ou devraient l'être) aux chercheurs et aux
expérimentalistes, il n'en est en effet pas toujours de même pour le
praticien ou l'étudiant de Psychologie clinique. En second lieu, l'ouvrage
constitue également une introduction aux principes et aux diverses
techniques du conditionnement opérant, qui forment le fon
dement de la méthode thérapeutique envisagée dans ce livre. 740 Analyses bibliographiques
C'est ainsi que l'auteur consacre les chapitres 6 et 7 aux techniques
permettant d'accroître ou de diminuer la fréquence de comportements
jugés désirables ou indésirables (renforcement positif et négatif, pro
cédures d'extinction, conditionnement différentiel, programmes à débit
de réponse lent, suppression des renforcements positifs, conditionnement
aversif), tandis que le chapitre 8 est plus spécialement destiné à la
description du système de renforcement par jetons (token system), très
employé dans les institutions pratiquant la behavioral-therapy outre
atlantique. Le chapitre 9 concerne les techniques permettant de placer
un comportement (ou une réponse) déterminés, acquis par les méthodes
précédentes, sous le contrôle des stimulus appropriés (apprentissage
discriminatif, généralisation de la réponse, contrôle des stimulus indé
sirables). Il ne suffit pas en effet qu'une réponse soit acquise par le
sujet, ni qu'elle soit émise régulièrement, pour que la modification de
comportement ainsi établie ait une valeur thérapeutique ; mais encore
faut-il que le comportement soit produit dans la situation adéquate.
Le chapitre 10 concerne l'apprentissage de conduites complexes par la
technique de conditionnement en chaîne (chaining). Enfin, les deux
derniers chapitres (11 et 12) traitent des problèmes concernant le maint
ien des conduites acquises et le contrôle objectif des effets du traitement.
Malgré son caractère très technique, compensé il est vrai par la
très grande clarté de l'exposé, ce livre apporte les informations indi
spensables à tous ceux que préoccupe la discussion, toujours d'actualité,
de la validité de cette méthode thérapeutique et des problèmes, non se-
lement d'ordre scientifique, mais également d'ordre déontologique ou
éthique, posés par l'usage de la behavioral-therapy.
M. Launay.
Ladouceur (R.), Bouchard (M. A.), Grangier (L.). — Principes
et applications des thérapies behaviorales. — Québec, Edisem et
Paris, Maloine, 1977, 417 p.
Face à l'imposante littérature anglo-saxonne sur les thérapies
comportementales (que certains Québécois nomment behaviorales)
le lecteur sera reconnaissant aux auteurs de ce livre de lui fournir un
travail de synthèse rédigé en langue française. Après avoir rappelé de
façon un peu succincte les origines et les tendances du courant compor-
tementaliste ils consacrent un chapitre à l'analyse comportementale
en mettant l'accent sur les méthodes dont dispose le psychologue pour
évaluer le comportement. L'ensemble des approches thérapeutiques
est alors passé en revue : désensibilisation systématique, immersion et
implosion, méthodes aversives, conditionnement opérant, conditio
nnement imagé, assertion et habiletés sociales, rétroaction biologique.
La dernière partie, qui occupe près de la moitié de l'ouvrage, porte sur
les applications cliniques : «phobies, comportements obsessifs-compulsifs, Psychologie clinique et pathologique 741
dysfonctionnements sexuels, problèmes d'orientation sexuelle, problèmes
du couple, dépression, comportements psychotiques, troubles psycho
physiologiques ». Pour chacune de ces applications, les auteurs se sont
efforcés, à partir de l'analyse comportementale, d'articuler modèles
théoriques et méthodes d'intervention en fonction de l'efficacité de la
thérapeutique. Cet effort de synthèse, loin de surcharger ou d'obscurcir
sa lecture, a enrichi ce travail où se trouvent, exposées de façon claire,
non seulement de très récentes références bibliographiques mais égale
ment des cas cliniques judicieusement choisis.
M. Agathon.
Pichot (P.). — Les nouvelles voies de la dépression. — Paris, Masson,
1978, 207 p.
Il s'agit d'un travail collectif, réunissant autour de P. Pichot un
groupe de 18 collaborateurs, notamment ceux qui constituent au chu
Sainte- Anne de Paris une active équipe de recherche. On connaît
l'intérêt privilégié des psychiatres pour la dépression, depuis plusieurs
années, en même temps que celui qui s'attache à l'utilisation délicate
du lithium. Les psychologues retiendront cet ouvrage qui envisage avec
clarté et précision les différents problèmes que rencontre sur ces sujets
la réflexion psychopathologique (terminologie, formes cliniques, aspects
biologiques, génétiques, biochimiques, psychométriques et thérapeut
iques). Le texte est enrichi de nombreux répertoires bibliographiques.
R. Doron.
Praag (H. M. Van). — Depression and Schizophrenia. A contribution on
their Chemical Pathologies. — New York, Spectrum Publ. 1977, 260 p.
Les hypothèses sur les troubles du métabolisme des monoamines
cérébrales à l'origine des symptômes dépressifs et schizophréniques sont
présentées et discutées dans ce remarquable ouvrage. Nul ne peut à
l'heure actuelle négliger le rôle des monoamines dans la genèse de cer
tains troubles psychiques. Des données issues de l'expérimentation
animale peuvent maintenant — et c'est une révolution — être clinique-
ment testées. Nul n'était mieux placé que Van Praag pour faire la
somme, en 1975, des travaux en la matière.
Deux parties dans ce livre. La première est consacrée aux troubles
thymiques. Après avoir exposé les classifications des dépressions,
l'auteur expose le rôle des monoamines cérébrales et les hypothèses
concernant le rôle de leur déficience dans la genèse des troubles thy
miques. Ces hypothèses sont alors confrontées aux résultats des tr
avaux utilisant les drogues psychotropes. Puis l'auteur expose les théories
expliquant les déficiences en monoamines dans les dépressions.
Dans la deuxième partie, après un rappel des données psycho
pathologiques des schizophrénies, Van Praag rapporte les données sur Analyses bibliographiques 742
la transmission et le métabolisme des catécholamines. L'influence des
drogues psychotropes, les facteurs de prédiction de l'action biochimique
des neuroleptiques sont ensuite rapportés. Les neuroleptiques ont,
en effet, non seulement transformé les tableaux cliniques des schizo
phrénies, mais encore ont permis de faire un grand pas dans la recherche
de déterminants biologiques des schizophrénies. Chaque partie de ce
livre s'accompagne d'une importante bibliographie.
Ce livre nous apparaît devoir être lu par tous ceux qui, conscients
de l'importance des travaux sur la biologie du cerveau, désireraient
avoir une vision systématisée des faits et des hypothèses théoriques
actuellement discutés.
B. Samuel-Lajeunesse.
Schwartz (S.). — Language and Cognition in Schizophrenia. — New
York, Laurena Erlbaum Ass., 1978, 288 p.
Trois décennies après la publication par Kasanin de Langage et
pensée dans la schizophrénie cet ouvrage fait la somme des expériences
accumulées sur les problèmes de la communication dans la schizophrénie.
Si la plupart des données recueillies restent sans explication, se dégage
cependant une tendance générale à déduire le comportement des
schizophrènes de théories générales du langage, de l'apprentissage ou
de la cognition. Trois parties composent ce livre. Les quatre premiers
chapitres sont dévolus aux études expérimentales sur le déficit de la
communication schizophrénique. Le quatrième chapitre par Paul
H. Blaney intitulé « Troubles de la pensée schizophrénique : pourquoi
si peu de réponses ? » expose d'une façon remarquablement claire les
diverses théories utilisées. Les trois chapitres suivants sont consacrés
aux aspects cognitifs. « Distractibility », théorie de la personnalité selon
Kelly, asymétrie hémisphérique en constituent les abords essentiels.
Le dernier chapitre écrit par Schwartz est une mise au point et une
confrontation de ces différents travaux. L'auteur y trace les grandes
lignes selon lesquelles devraient à son sens s'orienter les travaux futurs
sur le langage des schizophrènes.
Cet ouvrage de par la variété des travaux exposés et des conceptions
théoriques qui les sous-tendent nous semble du plus grand intérêt.
Il ouvre des perspectives fondamentales à ceux qui risquent peut-être
de se perdre dans les arcanes de la linguistique.
B. Samuel-Lajeunesse.
Glass (D. G.). — Behavior patterns, stress and coronary disease. —
Hillsdale, Erlbaum, 1977, xi-217 p.
La visée de cet ouvrage est d'apporter une contribution fondament
ale à la médecine comportementale des maladies coronaires. Psychologie clinique et pathologique 743
A l'aide d'une vingtaine d'expériences conduites principalement sur
des sujets pris parmi les étudiants, l'auteur s'attache à préciser les modes
d'appréciation et les frontières des types comportementaux dits A ou B
établis par rapport à la prédisposition aux accidents coronaires.
Le type A est ensuite défini plus spécialement en fonction des durées
d'exposition à des facteurs de tension incontrôlables par les sujets. On
trouve enfin une tentative de description de la genèse des comporte
ments de type A.
Cet ouvrage est un bon exemple de ce que l'étude expérimentale des
comportements peut apporter comme complément à une étude épidé-
miologique. Il permet aussi d'entrevoir les limites de telles approches.
R. A. V. Mallet.
Lahey (B. B.), Kazdin (A. E.) (Eds). — Advances in clinical child
psychology. — New York et London, Plenum Press, 1977, vol. 1,
413 p.
Les rédacteurs se proposent le très vaste objectif de publier régulièr
ement des revues critiques et des mises au point enrichies d'opinions
personnelles des travaux de recherches fondamentales, appliquées et
cliniques en psychologie de l'enfant. La visée générale est surtout d'inté
gration, de synthèse, car c'est cet aspect-là et ce type de documents
qui manqueraient le plus aux psychologues cliniciens et chercheurs dans
le domaine de la psychologie génétique et de la psychopathologie
infantile.
Le volume présent, premier de la série, fait état autant de préoccupat
ions thérapeutiques et éducatives que de réflexions théoriques sur les
modèles de l'apprentissage, les problèmes posés par l'évaluation des
composantes sexuelles, ou encore les différents programmes de prévent
ion des troubles du comportement. Les dix chapitres qui composent ce
volume sont écrits par des personnalités différentes appartenant à des
équipes universitaires variées ou à des groupes d'études sur l'éducation
et la rééducation : même si l'orientation de certains des auteurs paraît
privilégier les méthodes comportementales, on ne peut pas trouver de
liens ou de connexions ou de réflexions communes à toutes ces prises
de position.
Chacun des chapitres présente une revue critique ordonnée et hié
rarchisée, ce qui certes est de lecture facile, et porte, suivant les sujets
traités, sur les démarches méthodologiques des travaux cités, l'orienta
tion théorique, les groupes de sujets et les traitements de validation
appliqués. La conclusion, remarquablement brève, comporte davantage
de prises de position personnelles et laisse apercevoir le devenir possible
des données en question : toutes ces revues critiques sont basées sur
une bibliographie importante de 100 à 150 titres. Parmi les problèmes
traités on note l'application des thérapies comportementales aux troubles

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