Psychologie clinique et pathologique - compte-rendu ; n°4 ; vol.88, pg 629-644

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1988 - Volume 88 - Numéro 4 - Pages 629-644
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1988
Lecture(s) : 15
Nombre de pages : 17
Voir plus Voir moins

Psychologie clinique et pathologique
In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°4. pp. 629-644.
Citer ce document / Cite this document :
Psychologie clinique et pathologique. In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°4. pp. 629-644.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1988_num_88_4_29310Psychologie clinique et pathologique 629
Aiken (L. R.). — Assessment of intellectual functioning, Boston,
Londres, Allyn & Bacon, 1987, 456 p.
Voici un bon manuel de psychométrie, tout entier consacré aux
tests d'intelligence. Il retrace l'histoire des tentatives de mesure de
l'intelligence, présente les principaux concepts psychométriques et
statistiques sur lesquelles elles se sont appuyées, et rappelle les prin
cipes à respecter dans l'administration, la cotation et l'interprétation
des tests. Cet ensemble forme les trois premiers chapitres.
Chacun des chapitres suivants est consacré soit à un des tests class
iquement utilisés (Stanford-Binet, wais, wise), soit à un ensemble de
tests relevant d'un même domaine (examen des bébés et des enfants
d'âge préscolaire, des handicapés, tests collectifs, tests utilisés dans
d'autres cultures), soit enfin à des tests de création plus récente, notam
ment la Kaufman Assessment Battery for Children (kabc), qui permet
une évaluation distincte des capacités de traitement séquentiel et de
traitement parallèle des informations.
L'ensemble se clôt avec trois chapitres portant respectivement sur
les différences individuelles, les théories de l'intelligence et les perspect
ives d'avenir. Ces dernières questions sont plus survolées que traitées
au fond.
Sur chacun des tests présentés, on peut trouver un historique des
étapes de son élaboration, une description précise du contenu, des
procédures d'application, du codage, des caractéristiques techniques,
avec un exemple de protocole et une bibliographie des études dont il a
été l'objet. L'ensemble est bien documenté, agréablement présenté et
sera sans doute utile aux étudiants et aux praticiens qui souhaitent
s'informer sur les tests d'intelligence.
J. Lautrey.
PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PATHOLOGIQUE
Pribram (K. H.) et Gill (M. M.). — Le « Projet de psychologie scien
tifique » de Freud : un nouveau regard, traduction française A. Rauzy,
Paris, PUF, 1986, 224 p.
La publication, au cours des années cinquante, d'un manuscrit
inédit de Freud, datant de 1895, provoqua à l'époque un vif débat.
Il s'agissait d'un essai intitulé « Psychologie à l'usage des neurologues »
et qui figurait à l'état d'ébauche dans la correspondance de Freud
avec son ami Wilhelm Fliess. Les uns y virent une tentative maladroite
de mise en force de ce qui devait devenir la psychologie psychanalytique
ou métapsychologie. Les autres (en France notamment) considérèrent
que le manuscrit donnait une clef décisive pour comprendre le sens de
ces concepts métapsychologiques. 630 Analyses bibliographiques
L'ouvrage de Karl Pribram et Merton Gill, publié en 1976 dans
sa version originale anglaise, s'incrit résolument dans cette seconde
perspective. Le neurophysiologiste Pribram s'était intéressé à l'essai,
dès sa parution, en raison des « résonances » modernes qu'il y trouvait.
Le psychanalyste Gill est un de ceux qui, aux Etats-Unis, en réaction
contre 1' « Ego-psychology », plaide en faveur d'un retour à une phé
noménologie clinique.
Les deux auteurs se complètent bien. Il est d'ailleurs facile d'ident
ifier leurs contributions respectives. Pribram compare les « vues neuro
psychologiques » de Freud avec les connaissances actuelles. Gill s'a
ttache surtout à montrer que l'essai contient en substance tous les déve
loppements métapsychologiques ultérieurs.
Un des intérêts de l'ouvrage est en effet de montrer les conver
gences étonnantes entre l'approche freudienne et la neuropsychologie
cognitive contemporaine. On regrettera toutefois que les auteurs
n'aient pas étudié plus systématiquement les raisons de cette « modern
ité ». Le lecteur trouvera toutefois de nombreux éléments de réponse,
en particulier dans les références à certains travaux neurophysiolo
giques de l'époque, dont Freud semblait avoir une parfaite connaissance.
Mais Pribram et Gill veulent aller plus loin. Ils veulent montrer
que certains concepts freudiens qui paraissent dépassés devraient, au
contraire, susciter une réflexion salutaire pour la neuropsychologie
cognitive contemporaine (tel celui d'énergie qu'on ne saurait assimiler
selon eux à celui d'information). L'opposition entre pensée primaire
(inconsciente) et pensée secondaire pourrait être comprise comme une
opposition entre mécanismes de régulation rétro-active et pro-active.
On ne s'étonnera pas que, à la fin du livre, les deux auteurs se
séparent et arrivent à des conclusions opposées. Pribram plaide pour
un retour de la psychanalyse dans les « neurosciences ». Gill, bien év
idemment, conclut à la nécessité de renoncer à une métapsychologie
dont l'origine est manifestement ailleurs que dans l'expérience clinique.
Il est probable que les lecteurs, selon leur origine scientifique,
arriveront à des conclusions aussi dissemblables. C'est sans doute
le grand mérite de ce livre, minutieux dans ses analyses, clair dans
son argumentation et très bien traduit, de forcer à un tel choix. Mais
une autre « lecture » de cette lecture serait de tenir pour fondées les
deux positions, selon que l'on se réfère à la pratique de la psychanalyse
ou aux sciences de la connaissance.
D. Widlocher.
Ingram (R. E.) (Edit.). — Information processing : approaches to
clinical psychology, Orlando, San Diego, New York, Academic
Press, 1986, 374 p.
Cet ouvrage rendra de grands services aux cliniciens français, pour
qui la psychologie clinique apparaît souvent comme une branche ou clinique et pathologique 631 Psychologie
une application de la psychanalyse. Il en est tout autrement ailleurs
et l'on verra ici se développer les autres voies offertes par la psychologie
cognitive. Une quinzaine de chapitres envisagent celle-ci à partir des
nouveaux paradigmes de l'information, la présentant d'abord dans la
double perspective de l'épistémologie et de l'histoire. Puis on caractér
ise la psychologie cognitive comme étude de 1' « esprit » (mais le mind
des Anglo-Saxons est-il traduisible par un seul mot en français ?), et
par référence à la neuropsychologie. Dès le quatrième chapitre, on
en montre l'emploi dans certains troubles somatiques (comme les malad
ies cardio-vasculaires) ou psychiques (dépression, schizophrénie, etc.).
Les développements terminaux sont consacrés à des réflexions critiques
dans les domaines de la psychopathologie, de la thérapeutique et de la
recherche. La lecture de ce livre sera stimulante et fructueuse.
R. Doron.
Kutash (I.) et Wolf (A.) (Edit.). — Psychotherapist's casebook, San
Francisco, Londres, Jossey Bass, 1986, 552 p.
Dans ce livre de 552 p. un vaste panorama des différentes psycho
thérapies est présenté au lecteur. Des psychothérapeutes de toutes
tendances prennent la parole et proposent de dévoiler leur pratique
à travers des extraits de cas cliniques et d'étayer cette pratique sur la
théorie qui la sous-tend. Les principaux courants de la psychothér
apie du xxe siècle aux Etats-Unis sont donc illustrés. L'éclectisme
de cette présentation permet au lecteur de se faire une idée vivante
des différentes tendances qui exercent leurs influences outre-Atlantique.
Le livre contient six parties, la première est consacrée aux thérapies
analytiques classiques ou plus américaines comme « l'ego psychologie »
(les thérapies analytiques brèves ayant droit de cité).
Dans la deuxième partie on pourra assister à un fragment de thé
rapies néo-freudiennes, dans la lignée d'Adler, de Jung ou de Karen
Homey. Les thérapies postanalytiques sont illustrées par la psychologie
humaniste de Rogers ou la Gestalt thérapie (troisième partie).
Les théories behavioristes sont exposées dans la quatrième partie.
Le lecteur peut s'initier aussi bien à la modification du comportement,
qu'à la thérapie dite « Bio Feed Back », à l'hypnose, aux thérapies
cognitives ou à la psychopharmacologie.
Enfin dans la cinquième et la sixième partie, les thérapies de groupe,
les thérapies familiales conjugales sont abordées.
A première vue, le lecteur peut être gêné par la diversité et l'hétéro
généité des méthodes présentées. Chaque thérapeute essaie de pré
senter sa spécificité et se différencier des autres courants thérapeutiques
par une défense et illustration de ses concepts et de ses procédures.
Mais cette hétérogénéité apparente recouvre des points communs qui
sont intéressants. En effet derrière la diversité des abords tantôt cen- 632 Analyses bibliographiques
très sur le passé, tantôt sur le hic et nunc, derrière la diversité des
critères de guérison, un premier point commun se dégage : toutes ces
thérapies obtiennent des succès. Cette efficacité s'explique par l'alliance
thérapeutique qui se crée, tous les thérapeutes faisant preuve d'une
capacité à la communication indiscutable. La communication n'est
pas toujours symbolique, les communications non verbales jouant un
rôle important dans certaines thérapies comportementales. Certaines
thérapies n'hésitent pas à se faire éducatives, mais dans tous les cas,
les sujets se sentent revalorisés du simple fait qu'ils ont été acceptés
par un membre supposé compétent de la communication.
La recherche future s'oriente vers le développement des connais
sances concernant les interactions entre la personnalité du patient et ses
symptômes et la personnalité du thérapeute et ses méthodes.
Une meilleure orientation des patients devrait en résulter.
Ce livre très vivant, avec des cas concrets présentés par des théra
peutes prestigieux comme C. Rogers, J. Framo (thérapie du couple),
Herbert Holt (analyse existentielle), H. Blum (psychanalyste), pour-
n'en citer que quelques-uns, intéressera aussi bien les cliniciens che
vronnés que les débutants et donnera un aperçu complet de la variété
et de la vitalité de la psychothérapie aux Etats-Unis.
A. -M. Mairesse.
Eelen (P.) et Fontaine (O.) (Edit.). — Behavior therapy : beyond
the conditioning framework, Louvain, Hillsdale (nj), Leuwen Uni
versity Press, Lawrence Erlbaum, 1986, 261 p.
C'est à Bruxelles, en 1984, que les éditeurs de cet ouvrage furent
chargés d'organiser le XIVe Congrès de l'Association européenne de
Thérapie comportementale dont ils publient les principales communic
ations. Ils soulignent, dans la préface, combien la psychologie, en
tant que science expérimentale, a changé, la psychologie cognitive
s'apprêtant à satisfaire aux exigences de l'analyse expérimentale
D'après Richelle les psychologues ne définissent pas leur objectif comme
étant l'étude du comportement mais comme celle de la vie mentale.
Cependant, s'interroge-t-il, n'existe-t-il pas un certain clivage entre le
domaine de la cognition dont l'étude fait appel à un modèle informa
tique et celui de l'émotion, l'affectivité et la motivation ? S'agit-il
simplement de supprimer une étiquette behavioriste pour la remplacer
par celle du cognitivisme ne mettant pas en question le monde extérieur ?
Dans cette première partie qui a trait à « l'interface entre la psychologie
cognitive et la psychologie clinique », relevons également les chapitres
de Teasdale sur le rôle de l'humeur dans la dépression et celui de Borkovec
qui s'attache aux processus physiologiques et cognitifs du souci (Worry)
dont la description évoque celle des obsessions idéatives.
La deuxième partie aborde l'apport des recherches en psychologie Psychologie clinique et pathologique 633
sociale qui, comme le rappelle Wilson a, dès les années soixante, influencé
les approches comportementales dans leurs rapports avec la psychol
ogie clinique, ce qui amène cet auteur aux critiques des théories de
l'attribution étudiée par Brewin dans le dernier chapitre. L'interdisci
plinarité des approches comportementales est également étudiée par
Eiser, dans les problèmes de santé, en médecine comportementale,
dont l'inspiration et les techniques relèvent de la compétence des
psychologues.
Ces vues sont encourageantes pour envisager l'avenir des sciences
humaines. On regrettera cependant peut-être que le contenu de ce
recueil où il n'est nulle part fait référence aux travaux de nos compat
riotes psychologues, reste plus théorique que clinique.
M. Agathon.
Ferbos (C.) et Magoudi (A.). — Approche psychanalytique des tox
icomanes, Paris, PUF (« Le fil rouge »), 1986, 276 p.
Il est hardi de proposer une approche des tox
icomanes. Cette population d'adolescents et de jeunes adultes est en
principe réfractaire à la discipline, à la régularité d'une cure analytique
et souffre essentiellement d'un défaut de motivation qui porte sur
tout, sauf sur l'usage de la drogue : la demande de psychothérapie est
rarement spontanée chez eux.
Ce livre rend compte du travail d'une équipe hospitalière qui prend
en charge des toxicomanes dans le cadre d'un hôpital général et privi
légie l'approche psychanalytique de ces jeunes, victimes masochistes
d'un comportement addictif, car, comme l'écrit S. Lebovici dans sa
préface à l'ouvrage « les sentiments inconscients de culpabilité trouvent
de quoi s'alimenter dans la consommation des drogues suivant un
cercle vicieux, où la dépendance est renforcée par l'érotisation de
l'autopunition ».
La première partie est consacrée au problème de la structure psycho
pathologique des toxicomanes. Elle s'ouvre sur une revue de la litt
érature psychanalytique sur les toxicomanies qui justifie à elle seule la
lecture de cet ouvrage pour ceux qui s'intéressent à ce problème, d'au
tant qu'elle est suivie par un long développement sur la notion de
structure dans la théorie psychanalytique. L'application clinique de
ces notions théoriques aboutit à la conclusion que les jeunes toxicomanes
sont névrosés ou psychotiques. La structure perverse en revanche,
n'a pas été observée. Enfin, il ressort de cette étude qu'il existe des
rapports étroits entre toxicomanies et états limites. Des chapitres
spécifiques sont consacrés à l'analyse de chacune de ces structures
en rapport avec la toxicomanie, suivis de chapitres intéressants sur
les tests projectifs, l'analyse du discours des toxicomanes et enfin la
demande sociale de ces jeunes. 634 Analyses bibliographiques
Ce livre sera très utile à tous ceux qui s'occupent de toxicomanes.
Il leur fournira une information très complète sur la théorie et la litt
érature psychanalytique dans ce domaine. Il contribuera de la sorte
à fournir un soubassement théorique capable de les soutenir dans leur
action, ce qui répond à un besoin profond car tous ceux qui prennent
en charge ces patients sont guettés par le découragement et la frus
tration.
J.-M. OUGHOURLIAN.
Johnson (J. H.), Rasbury (W. C.) et Siegel (L. J.). — Approaches
to child treatment : Introduction to theory, research, and practice,
New York, Oxford, Pergamon Press, 1986, 339 p.
Dans la collection « », cet ouvrage est une rapide revue
d'ensemble des modes de traitement destinés aux enfants. Après avoir
présenté les principaux modèles (médical, psychodynamique, comporte
mental, centré sur le client et familial), les auteurs décrivent la psycho
pathologie infantile en s'inspirant de la classification du dsm iii et
en l'illustrant de vignettes cliniques. Puis les deux perspectives sont
croisées et l'on examine chaque type d'intervention en fonction des
problèmes pathologiques posés.
Il est trop évident qu'en si peu de pages les analyses et les discus
sions ne peuvent être qu'ébauchées. Mais c'est le mérite de cette col
lection, que d'être bien faite pour le grand public par de bons spécialistes.
R. Doron.
Chess (S.) et Thomas (A.). — Annual progress in child psychiatry
and child development, New York, Brunner Mazel, 1987, 690 p.
Il est évidemment impossible d'énumérer même les 38 contributions
réparties dans les dix parties de cet ouvrage, conçu comme une revue
générale des apports récents dans les deux domaines connexes de la
psychiatrie de l'enfant et de son développement. C'est sans doute
l'originalité de ce rassemblement qui fera l'intérêt d'un tel travail pour
des psychologues peu accoutumés à trouver dans un même volume des
mises au point sur l'autisme infantile, les conséquences du divorce
et des comparaisons de performances intellectuelles chez des étudiants
japonais, chinois et américains !
Parmi ces textes stimulants pour les chercheurs, nous avons noté,
en particulier une partie V, réservée à des recherches sur le « tempé
rament » (chap. 19, 20, 21 et 22) où sont présentées des études longitu
dinales précises dans un domaine qui ne paraît plus susciter l'intérêt
des psychologues français depuis assez longtemps. Il s'agit là d'un
manuel de haut niveau.
R. Doron. Psychologie clinique et pathologique 635
Wolman (B. B.) et Ullman (M.). — Handbook of states of consciousness,
New York, Londres, Van Nostrand Reinhold, 1986, 672 p.
Vingt-trois auteurs ont été réunis par les deux éditeurs pour une
mise au point qui s'imposait à un moment de l'histoire de la psychol
ogie où celle-ci s'interroge sur son unité et sur son objet : qu'en est-il
en effet des « états de conscience », qui occupaient jadis le centre des
discussions ?
Les vingt chapitres sont rassemblés en trois parties qui traitent
successivement de la théorie, des manifestations et de l'accessibilité
des états de conscience. Ils reflètent les diverses approches et les divers
points de vue, chacun constituant une monographie spécialisée. Depuis
les neurosciences jusqu'aux voies mystiques en passant par l'hypnose
et la psychanalyse, la transe, la possession, le sommeil et les rêves, des
spécialistes de haut niveau nous informent des résultats récents des
recherches dans leur domaine et des interprétations les plus probables.
Nous avons donc là un précieux manuel, dont la conception d'ensemble
répond à un véritable besoin du public spécialisé.
R. Doron.
Whitbourne (S. K.). — The Me I know : a study of adult identity,
New York, Berlin, Springer Verlag, 1986, 264 p.
L'auteur a vécu pendant cinq ans au plus près d'un groupe de
94 adultes sélectionnés comme échantillon représentatif (région de
New York). Les hommes ont environ 40 ans en moyenne et les femmes 42.
Les interviews ont été recueillies à partir d'un questionnaire détaillé
visant : la famille, le travail, l'âge, les valeurs, le problème central
étant celui de l'identité. Après avoir tenté vainement un dépouillement
du matériel fondé sur des méthodes uniquement quantitatives,
S. K. Whitbourne nous donne finalement des extraits de ce qui peut
être considéré comme des histoires de vie de chaque personne, obtenues
à partir d'analyses de contenu.
Si l'on veut résumer l'essentiel, c'est-à-dire ce qui a surpris l'enquê
teur et constitue par conséquent une « découverte », c'est la constance
du projet visant à obtenir de soi une image stable et efficiente, au-delà
des difficultés de l'existence et des incertitudes du développement.
L'identité, en somme, du moins chez ces sujets, est plus qu'un résultat
de la vie individuelle : elle répond à une véritable vocation.
R. Doron.
Maher (B. A.) et Maher (W. B.) (Edit.). — Progress in experimental
personality research, vol. 14, Orlando, San Diego, New York, Aca
demic Press, 1986, 273 p.
Ce quatorzième volume de la série (le dernier a être édité par Aca
demic Press) regroupe 6 contributions en provenance du Canada, de 636 Analyses bibliographiques
l'Espagne, d'Israël, du Japon, de l'Inde et des Etats-Unis. Les thèmes
abordés sont très hétérogènes :
— « Hypnose » (N. P. Spanos). Les conduites sous-hypnose sont resi
tuées dans leur contexte psychosocial. Elles témoigneraient davan
tage d'une prise de rôle que d'un phénomène de dissociation de la
personnalité.
— « Estime de soi et évaluation de soi » (A. Fierro). Les expériences
rapportées servent de support à une réflexion épistémologique où
l'on souligne l'intérêt des modèles interactifs (la situation déclenche
la conduite qui elle-même modifie la situation) et auto-organisateurs.
— « Estime de soi et recherche ou obtention d'aide » (A. Nadler).
L'estime de soi est envisagée comme variable modératrice.
— • « Attitude vis-à-vis de l'environnement » (O. Iwata). On recherche
les caractéristiques personnelles associées à une plus ou moins
grande vulnérabilité aux stress sociaux ou physiques de l'env
ironnement.
— « Influence sociale » (J. Pandey). Les stratégies de mise en scène de
ses qualités personnelles afin d'agir sur autrui (in gradation) sont
examinées dans une perspective socio-culturelle.
— « Schizophrénie » (P. D. Harvey et al). Recherche des marqueurs
psychologiques témoignant d'une vulnérabilité à la schizophrénie.
M. Huteau.
Goodwin (D. W.). — Anxiety, New York, Oxford, Oxford Univers
ity Press, 1986, 234 p.
Ce petit livre, écrit avec vivacité et sobriété, est une bonne « revue
de questions » sur le sujet et permettra au public spécialisé des compar
aisons fructueuses avec quelques textes français parus récemment sur
le même problème. Bien entendu, il s'agit également ici de caractériser
le changement d'optique dû à l'emploi de dsm m en psychiatrie : peut-on
rester « freudien » (alors que les psychanalystes s'intéressent peu au
diagnostic), devient-on « néo-kraepélinien » ? Mais on s'efforce aussi,
après avoir étudié les difficultés de définition (première partie), de
décrire les nouvelles thérapeutiques médicamenteuses (deuxième partie),
puis d'en apprécier l'emploi dans les troubles névrotiques (troisième
partie) au regard des classifications récentes.
R. Doron.
Pichot (P.) (Edit.). — L'anxiété, Paris, Masson, 1987, 207 p.
Le Pr Pichot nous présente ici un des cycles de conférences annuels
de la Clinique des Maladies mentales et de l'Encéphale (chu Sainte-
Anne, Université de Paris V). Pour lui « l'anxiété (ou l'angoisse) est un
état émotionnel, à tonalité négative, fait sur le plan phénoménologique
de trois éléments fondamentaux : la perception d'un danger imminent, Psychologie clinique et pathologique 637
une attitude d'attente devant ce danger, et un sentiment de désorga
nisation, lié à la conscience d'une impuissance totale en face de ce
danger » (p. vu). Les 18 « contributeurs » de l'ouvrage examinent alors
successivement les problèmes posés par le concept. Certains sont d'ordre
purement sémantique : comment exprimer ce qui est ressenti ? Les
autres sont d'ordre clinique : que se passe-t-il exactement dans le
« corps » et dans 1' « esprit » ? Que peut-on faire enfin pour soigner les
malades : il s'agit aussi du choix d'une thérapeutique. C'est dire l'intérêt
de cette tentative commune pour confronter des points de vue aussi
divers que ceux de la psychanalyse (Pr Widlöcher) et de la thérapie
comportementale (Dr Legeron). Les modèles psychophysiologiques
humains (de Bonis), comportementaux animaux (Simon et Thiebot)
sont clairement exposés, tout comme les abords psychométrique (Perse)
et nosographique (Pull). Les psychiatres ont été enfin particulièrement
soucieux d'étudier les rapports de l'anxiété avec d'autres états (angoisse,
phobie, schizophrénie) et de mesurer l'efficacité des médicaments. La
lecture de ce livre sera certainement d'un grand profit pour les psychol
ogues.
R. Doron.
Morval (M.). — Stress et famille : vulnérabilité, adaptation, Montréal,
Les Presses de l'Université de Montréal, 1986, 136 p.
Le thème central de ce livre est la famille face au stress. L'auteur
présente tout d'abord une introduction théorique sur la manière dont le
concept de stress peut s'appliquer au système familial. Ce terme est
envisagé dans son sens le plus large puisqu'un événement stressant
correspond à « une situation nouvelle à laquelle la famille n'est pas
préparée... » (p. 13).
Trois études de cas particuliers correspondant chacun à une partie
du livre sont ensuite exposées : le cas de l'enfant arthritique face à sa
famille, le placement en famille d'accueil, et les enfants et le divorce.
Chaque situation est abordée d'un point de vue théorique et rend
également compte de nombreuses données cliniques obtenues dans le
cadre de recherches de terrain menées dans le contexte québécois. Le
livre est clair, bien structuré, de lecture aisée même pour des non-
spécialistes.
On peut se demander toutefois si le modèle utilisé pour décrire ces
situations de stress dans le contexte familial, bien qu'assez séduisant
au demeurant, peut s'avérer utile pour en prévenir les conséquences
pathologiques tant sont nombreux les facteurs intrinsèques et extrin
sèques susceptibles d'intervenir.
L'intérêt principal de cet ouvrage est sans doute de sensibiliser aux
facteurs de vulnérabilité particuliers présentés par certaines structures
familiales.
A. Moch.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.