Psychologie clinique et Psychopathologie - article ; n°2 ; vol.70, pg 673-686

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L'année psychologique - Année 1970 - Volume 70 - Numéro 2 - Pages 673-686
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1970
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Psychologie clinique et Psychopathologie
In: L'année psychologique. 1970 vol. 70, n°2. pp. 673-686.
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Psychologie clinique et Psychopathologie. In: L'année psychologique. 1970 vol. 70, n°2. pp. 673-686.
doi : 10.3406/psy.1970.27921
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1970_num_70_2_27921clinique et psychologie pathologique Psychologie
Rey (A.). — Psychologie clinique et neurologie. — Neuchâtel,
Delachaux & Niestlé, 1969, 408 p.
Ce livre rassemble vingt-neuf articles antérieurement dans diverses
revues, pour certains d'entre eux, depuis près de trente ans. Ils appar
tiennent à deux catégories bien distinctes.
Dans une catégorie, on peut ranger les quelques articles qui traitent
du rôle et de la formation du psychologue et ceux qui décrivent certains
types psychologiques de patients. Ces articles avaient été écrits dans
un contexte conflictuel précis dont ils sont maintenant séparés ce qui
en réduit singulièrement la portée.
L'autre catégorie groupe toutes les descriptions de techniques d'exa
men imaginées par André Rey pour tenter de résoudre dans l'intérêt
du malade les problèmes que l'on a pris l'habitude de poser aux psycho
logues qui exercent dans la clinique neurologique de l'hôpital cantonal
de Genève. Le psychologue « clinicien » y est, suivant la description
de Rey, le spécialiste qui fournit au médecin une analyse de tout ou
partie de l'activité psychologique du patient. A travers les techniques,
on découvre un psychologue toujours en quête de méthodes plus pré
cises qu'il obtient par invention ou perfectionnement. On nous propose
ainsi divers tests bien connus des anciens collaborateurs de Rey pour
les examens de sensibilité cutanée, des perceptions, des coordinations,
de la mémoire, etc., spécialement intéressants dans les cas d'encépha-
lopathies traumatiques.
Ceux qui ne partagent pas les idées de Rey sur les limites du rôle
du psychologue clinicien trouveront dans cet ouvrage un rappel utile
de besoin d'une technicité rigoureuse ouverte sur l'invention.
Signalons pour terminer que la lecture de la préface de Georges
de Morsier nous paraît indispensable à ceux qui voudraient découvrir
à travers cet ouvrage, au-delà de la technicité clinique, l'humanité
clinique d'André Rey, c'est-à-dire la nature de son engagement et de
son implication.
R.-A. Mallet.
Goulson (W. R.), Rogers (G. R.). — Man and the Science of Man
(L'homme et la science de l'homme). — Columbus (Ohio), Ch. E. Merr
ill Publishing Company, 1968, 207 p.
Ce livre rassemble les rapports et discussions d'un Colloque qui a
réuni durant cinq jours une soixantaine de philosophes, chercheurs en
sciences humaines et étudiants autour du thème général : L'homme et
la science de l'homme. 674 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Quatre rapports nous sont d'abord présentés, parfois appuyés par
une courte bibliographie et toujours suivis de discussions. Ils por
tent sur :
1. La nature de la science : « The growth of Science in Society » (La
croissance de la dans la société), par Michael Polanyi ;
2. Les limites de la connaissance scientifique : « The logic of the mind »
(La logique de l'esprit), par Jacob Bronowski ;
3. Notre science de l'homme : « Some thoughts Regarding the Current
Presuppositions of the Behavioral Science » (Réflexions concernant
les présupposés courants dans les sciences du comportement), par
Carl Rogers.
4. La théorie de la connaissance : « The Body-Mind Relation » (La
relation corps-esprit), par Michael Polanyi.
Viennent ensuite les discussions suivies de commentaires centrées
autour de trois thèmes : science et connaissance, science et vérité,
valeurs-théories et sources de la vérité.
Sont enfin repris les principaux thèmes du Colloque dans un dialogue
entre Michael Polanyi, professeur de chimie physique et de sciences
sociales et Carl Rogers, docteur en psychologie. Souhaitons peut-être
avec ce dernier que ce livre soit prophétique, c'est-à-dire soit un pas,
si ce n'est qu'un seul, vers le développement d'une science humaine
concernant l'homme et son devenir.
O. Bouthreuil.
Maddi (S. R.). — Personality theories, a comparative analysis
(Théories de la personnalité, une analyse comparée). — Home-
wood (Illinois), The Dorsey Press et Nobleton, Ontario, 1968, 520 p.
Cet ouvrage est consacré à la présentation et à la comparaison des
théories de la personnalité des seize auteurs suivants : Freud, Murray,
Erikson, Sullivan, Rank, Angyal, Bakan, Rogers, Maslow, Adler, White,
Allport, Fromm, Kelly, McClelland et Fiske et Maddi.
L'analyse comparée est développée suivant un schéma rigoureux
mettant bien en valeur la divergence des conséquences des diverses
théories. Des conclusions invitent à poursuivre l'effort de théorisation
en proposant des axes directeurs. En résumé, un ouvrage pratique qui
incite à la critique et à la création.
R.-A. Mallet.
Breger (L.). — Clinical-Cognitive Psychology, Models and inte
grations (Psychologie clinique et cognitive, modèles et intégrations).
— Englewood Cliffs, New Jersey, Prentice-Hall, 1969, 299 p.
Le Pr Breger fait dans l'introduction un bilan de la psychologie,
écartelée entre divers modèles théoriques et diverses visées pratiques
qui semblent incompatibles. Il décrit plus particulièrement le conflit
qui oppose une psychologie dite scientifique et une psychologie clinique, PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 675
ces deux psychologies semblent jusqu'à présent devoir se rejeter et
s'exclure l'une l'autre. Cet ouvrage réalisé avec la collaboration de
George Klein, Jane Loevinger, Michael Scriven, David Shakow, Peter
Wolff et Robert Zaslow, présente une psychologie cognitive et clinique
qui permet une intégration de ces diverses écoles et qui, tout en préser
vant le terrain subjectif, introduit des entités mesurables issues du
domaine cognitif. Les méthodes employées par la psychologie cognitive
et clinique sont variées, observations naturelles, études de cas, contrôles
expérimentaux. Par ailleurs, elle accorde une place prépondérante à
la capacité humaine de symbolisation qui est si fondamentale en psychol
ogie clinique. Les auteurs se réclament de psychologues comme James
et Dewey, d'expérimentalistes comme Luria, de psychologues généti
ciens comme Werner et Piaget, de linguistes comme Chomsky... On
trouve une exploration des diverses perspectives qu'ouvre la psychologie
clinique cognitive et une présentation d'un certain nombre de tenta
tives qui ont été faites pour appliquer les modèles cognitifs au terrain
subjectif de la psychologie clinique traditionnelle. Les auteurs traitent
en particulier du développement du Moi, des rêves, du traitement de
certains troubles psychiques...
Cet ouvrage ouvre un certain nombre de perspectives intéressantes :
L'intégration des domaines cognitif et clinique amène une remise en
question d'idées apparemment bien établies, une redéfinition de certains
problèmes, elle permet de découvrir de nouvelles méthodes de travail
et de nouveaux modèles théoriques.
B. Ritter.
Cruchon (G.). — Initiation à la psychologie dynamique, t. II :
Conflits, angoisses et attitudes. — Tours, Marne, 1969, 434 p.
Le P. Cruchon complète ainsi l'ouvrage qu'il consacre à la psychologie
dynamique et dont le premier tome, déjà paru, recensait les dynamismes
fondamentaux de la personne. Nous découvrons ici comment, selon un
schéma classique, ces dynamismes, à l'occasion des rapports avec
autrui, s'opposent en conflits et s'organisent en attitudes. La liste de
celles-ci évoque, à elle seule, l'orthodoxie psychologique de cet ouvrage :
attitudes agressives et hostiles, dominatrices et orgueilleuses, avides
et possessives, jouisseuses et amoureuses ; attitudes de défense active,
de retraite et d'inertie ; compensations et évasions. L'auteur se donne
évidemment pour but de montrer que le christianisme, et surtout sa
morale, ne sont d'aucune façon en contradiction avec la description
de l'homme que fournit la psychologie. En fait, le propos est discret ;
l'auteur puise à toutes les sources, et non sans objectivité. On approuve,
même si l'on est surpris, au détour d'une note, de découvrir telle inference
pratique conciliant, un peu trop aisément, la vérité psychologique et
les lettres pastorales.
C. Prévost. 676 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Carson (R. C). — Interaction concepts of personality (Concepts
d'interaction des personnalités). — Chicago, Aldine 1969, viii-306 p.
Cet ouvrage inaugure une nouvelle collection consacrée aux théories
de la personnalité. L'originalité de l'œuvre est d'introduire une variable
de situation interpersonnelle. Les difficultés liées à la prise en considé
ration de ce nouveau facteur dynamique sont telles qu'on ne peut
reprocher à l'auteur d'avoir limité son étude de deux façons, en se plaçant
principalement dans la perspective de Sullivan d'une part et en n'exami
nant que des situations de couple d'autre part. Psychothérapeute,
Carson développe tout particulièrement les incidences éducatives et
thérapeutiques de ses considérations théoriques. Il souligne en effet
les conséquences, pour l'individu malade, du fait d'être perçu non plus
comme une personnalité malsaine, mais plus simplement comme quel
qu'un dont le comportement est déviant dans certaines situations.
R.-A. Mallet.
Borgatta (E. F.) et Lambert (W. W.). — Handbook of personality
theory and research (Théorie de la personnalité et recherche, manuel).
— Chicago, Rand McNally, 1968, 1 232 p.
Il n'est guère possible d'analyser valablement, dans son ensemble,
le contenu d'un ouvrage collectif aussi important. Tout au plus peut-on
en transcrire le sommaire, qui comprend six parties principales :
1. Bases générales de l'étude de la personnalité ;
2. Le développement de la personnalité ;
3. Comportement adulte et ;
4. Domaines particuliers ;
5. Variables de personnalité et types polaires : état actuel de quelques
variables importantes ;
6. Les modifications de la personne.
Les inconvénients que présente ce livre sont ceux de tout ouvrage
collectif : il est impossible de maintenir une égale qualité des contri
butions tout au long d'un travail aussi volumineux. On pourrait crit
iquer le plan, fruit évident d'un compromis entre ce que souhaitaient
les « éditeurs » et ce qui est apparu possible en fonction des compétences
et des intérêts des rédacteurs. Le plan initial, dans une telle entreprise,
s'altère beaucoup en cours de réalisation ; il pèse cependant encore assez
pour donner quelque peu à tel ou tel texte l'allure d'un travail « sur
commande »... On aimerait que le plan finalement retenu distinguât
mieux la discussion de concepts très généraux (le stress, la « normal
ité », etc.), celle des théories générales ou des modes d'approche de la
personnalité (chap. 10 et 13 par exemple), la présentation des pro
blèmes méthodologiques et techniques (chap. 9), les domaines d'étude
enfin (créativité, besoin d'accomplissement, etc.). PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 677
II n'en reste pas moins que cet ouvrage réussit à rassembler une
somme d'informations tout à fait considérable, au-delà des possibilités
de tout individu isolé. Son volume exclut une lecture suivie, ce qui
atténue la portée des critiques relatives au plan. C'est bien d'un ouvrage
de référence qu'il s'agit (ou, si l'on veut, d'un manuel, mais de très
bon niveau), un ouvrage qui rendra dans cette fonction de grands
services (sans doute, ceci admis, la consultation en aurait-elle été facilitée
par la présentation en deux, voire trois volumes, de manipulation plus
aisée). La bibliographie annexée à chaque chapitre constitue en elle-
même, dans la plupart des cas, une mise à jour précieuse ; faut-il à
nouveau regretter que (sauf allusions historiques...) elle soit quasi
exclusivement de langue anglaise ?
R. Perron.
La théorie psychanalytique (publié sous la direction de S. Nacht),
par M. Bénassy, M. Bouvet, R. Gahn, J. Chasseguet-Smirgel,
H. Duchène, M. Gressot, R. Held, E. et J. Kestemberg, P. Lab,
S. Lebovici, P. Luquet, J. Mallet, S. Nacht, M. Renard, H. Sau-
guet, M. Schlumberger, S. ViDERMAN. — Paris, Presses Univers
itaires de France, 1969, 432 p.
L'introduction de Bénassy donne le cadre des études auxquelles
ont collaboré les différents auteurs : « La théorie psychanalytique est
tout entière fondée sur deux éléments irréductibles : le conflit et l'his
toire (on dit quelquefois le dynamisme et le génétique). La formalisation
du conflit aboutit à une théorie des instincts complémentaires d'une
théorie du Moi. La formalisation de l'histoire aboutit à une théorie du
développement des instincts et du développement du Moi. La régres
sion relie les deux séries : elle appartient à l'histoire et elle intervient
dans le conflit. »
Le plan de l'ouvrage répond en partie et précise le cadre de ce
projet. La première partie est consacrée aux « Bases dynamiques de
l'organisation du Moi ». S'appuyant sur les données de la physiologie
classique et moderne, Bénassy vise à intégrer une théorie de Vinstinct
dans une conception plus large qui tienne compte d'une pensée de
l'intersubjectivité humaine. Ce souci de fonder et d'élargir s'exprime
de même dans son article sur « La théorie de l'inconscient » où les travaux
de certains psychologues (Guillaume) et neurophysiologistes (Fessard)
sont appelés en référence. Dans sa participation sur « Le conflit intra-
psychique », P. Lab précise, tout d'abord, l'évolution des idées de Freud
et il s'attache ensuite à délimiter l'aspect biologique du problème (réfé
rences phylogénétiques, croissance et différenciation, homéostasie et
instincts, etc.) ainsi que les conditions cliniques dans lesquelles il se
pose (notamment : nature et rôle de l'agressivité). La contribution de
M. Schlumberger et J. Chasseguet-Smirgel (« Théorie psychanalytique
du rêve ») constitue une mise au point synthétique fort claire et précise. 678 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Retenons aussi les travaux de M. Gressot (« La théorie psychanalytique
de la pensée »), de P. Lab et S. Lebovici (« Théorie du
fantasme »), de J. Mallet (« Formation et devenir des affects »), enfin,
pour clore cette première partie, de M. Renard sur « Le narcissisme ».
Ces études, s'appuyant sur des travaux psychanalytiques dont la cr
itique et la synthèse sont souvent difficiles, donnent une vue documentée
et rigoureuse de ces problèmes que des vulgarisations hâtives ont
parfois dénaturés.
La seconde partie — consacrée à l'organisation des fonctions du
Moi — obéit à des exigences identiques. Contentons-nous de citer les
diverses contributions dont un résumé bref serait impossible. Duchène
et R. Cahn reprennent la difficile question de l'hérédité et de la consti
tution dans la théorie psychanalytique, E. et J. Kestemberg livrent
une brève mise au point du concept de « Métapsychologie », P. Luquet
retrace le sens de la « Genèse du Moi » ; Bénassy consacre une importante
étude théorique au « Moi et ses mécanismes de défense » ; S. Nacht
et H. Sauguet reviennent sur « La théorie psychanalytique de la format
ion du caractère ». Notons enfin la très précieuse contribution du
regretté M. Bouvet ainsi que de S. Vidermann sur le sens et la portée
du concept de « Relation d'objet ».
L'ouvrage se conclut sur une reprise, par S. Nacht et R. Held, de
la question dialectique des rapports entre la pratique et la théorie
psychanalytiques.
P. Fedida.
Jones (E.). — Théorie et pratique de la psychanalyse. — Paris,
Payot, 1969, 1 vol. 458 p.
E. Jones est surtout connu en France par son importante Vie de
Freud. Ses nombreux travaux de théorie et de pratique psychanal
ytiques restaient peu traduits et ne se trouvaient que dans certaines
revues spécialisées. On trouvera dans cet ouvrage les articles les plus
importants de l'héritier spirituel de Freud. Rédigés entre 1910 et 1947,
ils touchent à des sujets variés. Nous y noterons surtout son rapport
sur « La théorie du symbolisme », son article intitulé « Traits de carac
tère se rattachant à l'érotisme anal » et ses travaux sur le développement
de la sexualité féminine. C'est dans ce dernier domaine qu'il s'opposera
le plus aux conceptions freudiennes dont il critique vivement le « phallo-
centrisme ». Les conceptions de Jones rendent à la femme une libido
qui lui est spécifique, n'étant plus seulement le négatif de celle de
l'homme. Dans la genèse de l'organisation œdipienne féminine, il accorde
aux stades prégénitaux précurseurs de l'angoisse de castration un rôle
fondamental. Utilisant certains des résultats des recherches de M. Klein,
il insiste sur les données biologiques primitives de base et sur l'impor
tance des fantasmes et des conflits primaires. Il montre ainsi que « la
femme n'est pas un homme raté ; mais, féminine dès l'enfance, elle a CLINIQUE ET PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 679 PSYCHOLOGIE
des besoins instinctuels qui lui sont propres, et le désir d'avoir un enfant
serait donc primaire et fondamental et non un effet secondaire de
compensation » comme l'écrit Cl. Girard dans une excellente présen
tation de la vie et de l'œuvre d'E. Jones, en avant-propos de l'ouvrage.
J. Postel.
Diamond (M.) (ed.). — Perspectives in reproduction and sexual
behavior (Perspectives concernant le domaine de la reproduction
et du comportement sexuel). — Blooming et Londres, Indiana
University Press, 1968, 532 p.
La première partie de cet ouvrage est le compte rendu d'un Sym
posium tenu à la mémoire de William G. Young (1966) et des discussions
qui ont suivi, alors que la deuxième partie comporte des articles écrits
ultérieurement.
La perspective de l'ouvrage est essentiellement physiologique ;
l'étude des facteurs endocriniens et des mécanismes touchant à la repro
duction et au comportement sexuel prend en général comme point de
départ l'expérimentation sur l'animal. Un seul article parle du compor
tement psychosexuel ; l'auteur, M. Diamond, y examine les interactions
entre les facteurs génétiques endocriniens et l'orientation psychosexuelle.
A.-M. ROCHEBLAVE.
Bischof (L. J.). — Adult Psychology (Psychologie de l'adulte). —
New York, Londres, Harper & Row, 1969, 310 p.
Cet ouvrage se propose de combler une lacune qui tient au fait que
si de nombreux travaux sont consacrés à l'enfant, à l'adolescent ou à
l'adulte malades et inadaptés, il y a eu beaucoup moins d'études consa
crées à ceux qui représentent pourtant la majorité de la population
humaine et la période de la vie qui est la plus étendue pour la plupart
des individus. Il existe cependant des publications qui font état d'en
quêtes ou de recherches concernant des adultes « normaux », surtout
dans la psychologie américaine, et c'est à une vue d'ensemble de ces
nombreux travaux qu'est consacré le livre de Ledford J. Bischof.
On y trouvera une vue générale de la période centrale de la vie jusqu'à
la mort, des situations que l'homme ou la femme rencontrent durant
cette période au cours de laquelle se fait une évolution qui relève de « psychologie du développement » dont l'ouvrage de B. Hurlock
a donné un exemple auquel se réfère d'ailleurs l'auteur. On trouve
à la fin de l'ouvrage une importante bibliographie (de la p. 255 à la
p. 298) d'articles essentiellement américains et uniquement de langue
anglaise.
Malgré l'influence évidente des facteurs culturels et sociaux, on 680 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
constate que la description des différentes étapes de la vie des adultes
peut faire apparaître, sinon des lois générales, du moins une certaine
banalité dont on peut souhaiter qu'il soit utile aux psychologues de
connaître les divers aspects.
J. Favez-Boutonier.
Grin stein (A.). — On Sigmund Freud's dreams (A propos des rêves
de Freud). — Detroit, Wayne State University Press, 1968, 476 p.
On sait que la plus grande part du matériel utilisé dans L'interpré
tation du rêve est constituée par les propres rêves de Freud. On peut
donc lire la Traumdeutung comme une auto-analyse : D. Anzieu l'avait
montré dans sa thèse (1).
L'ouvrage de Grinstein qui porte sur dix- neuf rêves de Freud,
entre 1895 et 1900, a un objectif plus limité : il ne cherche pas à pour
suivre l'interprétation, souvent délibérément incomplète, qu'en a donnée
Freud, mais à éclairer le commentaire, les « associations » livrées par
leur auteur. Il fallait d'abord regrouper celles-ci, car Freud reprenait
l'analyse d'un même rêve dans divers chapitres, en fonction du problème
théorique traité. D'autre part, elles comportent de nombreuses allusions
à des événements et à des œuvres de culture inconnus ou mal connus
du lecteur contemporain ; Grinstein apporte là d'utiles informations.
Ce travail documentaire très minutieux, qui ne surprendra pas
de la part de l'auteur méthodique de V Index of psycho-analytic writings,
ne renouvelle pas notre connaissance de Freud, mais fait apparaître
l'organisation complexe du réseau de « lignes de pensées », personnelles
et culturelles, manifestes et latentes, dont le rêve est le produit.
J.-B. Pontalis.
Brosse (J.). — L'expérience du rêve. — Paris, Grasset, 1969, 342 p.
L'auteur s'attache à la description de ses propres rêves dont il
communique au lecteur l'atmosphère riche en couleur et subtile en
intrications avec le vécu historique.
A travers le labyrinthe de l'auto-analyse qui le ramène à son passé,
cet écrivain animé d'un esprit critique remarquable, confronte ses inter
prétations personnelles avec celles d'autres techniciens du rêve. Il
retrouve ainsi, d'une manière originale, les lieux mêmes d'une archéologie
affective où abondent pulsions et comportements des plus primitifs,
s'exprimant sur des registres sauvages et raffinés en conduites naïves
et savantes.
H. Ghabrerie.
1. D. Anzieu, V auto-analyse, Paris, Presses Universitaires de France,
1959. PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 681
Gay lin (W.). — The meaning of despair. Psychoanalytic contri
butions to the understanding of depression (La signification du
désespoir. Contributions psychanalytiques à la compréhension de
la dépression). — New York, Science Home, Inc., 21968, 418 p.
Il s'agit de la réunion des articles psychanalytiques les plus import
ants sur la dépression, présentés par Gaylin dans un ordre chronol
ogique. Nous y trouvons successivement l'article de K. Abraham
(« Notes sur la psychose maniaco-dépressive »), celui de S. Freud (« Deuil
et mélancolie »), puis celui de S. Rado (« Le problème de la mélancolie »)
qui sont certainement les trois textes fondamentaux. Viennent ensuite,
montrant une certaine modification de la théorie initiale : « La psycho
dynamique de la dépression, du point de vue étiologique » de S. Rado :
« Dépression et manie » d'O. Fenichel ; « Le mécanisme de la dépres
sion » d'E. Bibring et surtout « Contributions à la psychogenèse des
états maniaco-dépressifs » de M. Klein. Les travaux contemporains
sont représentés par : « La dépression anaclitique » de R. A. Spitz,
« Le processus du deuil » de J. Bowlby, « Dynamique et traitement des
états dépressifs » de S. Lorand, « Les problèmes du transfert dans le
traitement psychanalytique des mélancoliques graves » d'E. Jacobson
et « Quelques suggestions pour le traitement des déprimés » de S. Levine.
A notre connaissance, n'ont été traduits en français que les articles
d'Abraham (dans « Œuvres complètes »), de Freud (dans « Métapsycho-
logie »), de Fenichel (dans « La théorie psychanalytique des névroses »)
et de M. Klein (dans « Contributions à la psychanalyse »). On peut
regretter qu'un article de D. Lagache sur « Le deuil pathologique »
n'ait pas été joint à cette remarquable sélection.
Gomme le remarque Gaylin dans sa conclusion, on note en parcourant
ces textes un déplacement progressif de l'effet de la dépression, qui
va en devenir la cause. Initialement, avec Freud, l'atteinte de l'image
de soi et la diminution de l'estime de soi sont envisagées comme la
conséquence de la dépression (elle-même due à la perte de l'objet aimé).
En ce sens, il s'agit d'un résultat de l'hostilité envers l'objet. Nous
commençons à voir un élargissement du rôle de l'estime de soi et son
mouvement de la périphérie vers une position plus centrale dans les
écrits de Rado et de Fenichel. Néanmoins c'est encore davantage un
effet qu'une cause. Avec Bibring on assiste enfin à un véritable renver
sement des rôles, la diminution de l'estime de soi devenant la véritable
cause de la dépression. Cette opinion sera confirmée par E. Jacobson
dont les travaux sont d'ailleurs principalement axés sur le self, la
représentation de soi, dans les psychoses.
Mais cette évolution n'est finalement qu'un approfondissement de
la théorie initiale de Freud. Névrose narcissique, comme il l'a dénommée,
la dépression reste essentiellement caractérisée par une atteinte de
la relation du sujet avec sa propre image.
J. Postel.

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