Psychologie clinique. Les tests - compte-rendu ; n°2 ; vol.52, pg 620-640

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L'année psychologique - Année 1952 - Volume 52 - Numéro 2 - Pages 620-640
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1952
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E. Evart-Chmielniski
H. Hiriartborde
P. Jampolsky
J. Perse
R. Piret
M. Cahen
R. Delavelaye
VII. Psychologie clinique. Les tests
In: L'année psychologique. 1952 vol. 52, n°2. pp. 620-640.
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Evart-Chmielniski E., Hiriartborde H., Jampolsky P., Perse J., Piret R., Cahen M., Delavelaye R. VII. Psychologie clinique. Les
tests. In: L'année psychologique. 1952 vol. 52, n°2. pp. 620-640.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1952_num_52_2_8674— Psychologie clinique. Les tests. VII.
Les statistiques en psychologie clinique :
ZUBIN (Z.), BALDWIN (A. L.), KUBIS (S.), KOGAN (L. S.),
Me V. HUNT (J.), STEPHENSON (W.), GARDNER (E. F.),
GUDZKOW, TUCKEY. — Symposium : Statistics for the Clini
cians (Symposium sur les statistiques destinées aux cliniciens). —
J. clin. Psychol., 1950, 6, 1-77. — SHAPIRO (D.). — A study
of the influence of the social field on individual behavior as revea
led in the expression of hostility and warmth by neurotics and
paranoid schizophrens in discussion group situation (Étude de
r influence exercée par le champ social sur les conduites indivi
duelles telles qu'elles se révèlent dans les expressions amicales ou
hostiles chez les névrosés, et les schizophrènes paranoides, dans des
situations de discussion de groupe). — Genet. Psychol. Monogr.,
1950, 42, 161-231. — FIEDLER (F. E.). — The concept of an
ideal therapeutic relationship (Le concept d'une relation thérapeu
tique idéale). — J. consult. Psychol., 1950, 14, 239-245.
Parmi les problèmes soulevés par l'extension des recherches en
psychologie, se pose celui des rapports entre les différentes méthodes
utilisées. On a, en particulier, posé depuis longtemps la nécessité
d'une coopération entre le psychologue et le statisticien. Certains
ont déjà montré ce qu'une investigation statistique systématique
pouvait apporter de rigueur aux hypothèses de la psychologie cl
inique. Si, comme l'écrit' Zubin au cours d'un symposium sur les
statistiques destinées aux cliniciens, l'étape actuelle de la science
se caractérise par l'étude d'une « complexité organisée » succédant
à la recherche abusive « simplicité (où l'on se restreint à
l'étude de deux variables) ou d'une désorganisée » (où la
multitude des variables renvoie à des lois générales et où on perd de
vue l'individu), on conçoit que le statisticien pourra étudier un
certain nombre de facteurs s'intégrant dans une totalité. La psy
chologie clinique lui offre une application exemplaire de cette
situation, étude des individus, et étude des petits groupes. Toutefois
un examen critique préalable est nécessaire.
I. — A quel moment de l'investigation clinique doit-on appli
quer les méthodes statistiques?
II. — Les statistiques applicables à des groupes d'in- ;
,
PSYCHOLOGIE CLINIQUE. LES TESTS G21j
dividus normaux le sont-elles à des individus ou à des groupes;
pathologiques?
III. — Les instruments statistiques sont-ils démunis de tout
risque d'erreur? Le passage à un domaine particulier nécessite-t-il
des instruments particuliers et lesquels?
Une fois ces trois points abordés, nous nous proposons d'examiner
dans un quatrième paragraphe, les applications pratiques qui nous
ont paru les plus intéressantes.
A propos du premier problème, Zubin rappelle que la méthode
statistique ne peut qu'éclairer en la confirmant expérimentalement
une hypothèse préalable, mais que la priorité revient au psycho
logue qui doit les formuler. Nous ajouterons qu'il s'agit là d'un
stade tardif. La « compréhension » doit précéder l'explication
et l'utilisation des modèles quantitatifs. L'auteur critique ici plus
spécialement le préjugé tenace chez certains de la tabula rasa, et
démasque cette fausse ingénuité dont parle Bachelard. Il s'insurge
également contre ces expériences mal préparées où « l'on exige
des statisticiens qu'ils extraient une signification coûte que coûte
sans passer par l'hypothèse ». « Toute mesure précise est une mesure!
bien préparée. » L'on voit déjà que ce passage du qualitatif au
quantitatif correspond à un travail souvent douloureux, et à une
réflexion lucide.
Quels sont maintenant les problèmes spécifiques posés par les
individus ou par les groupes pathologiques?
Peut-on d'abord adapter des méthodes centrées sur le groupe, à
l'individu, soit « en construisant dit Zubin, une série de modèles,
ou de types », soit « en étudiant la variabilité d'un individu pour
un comportement donné, et estimer si elle est significative », enfin
« étudier quand il s'agit de groupes, le « scatter » d'une performance
donnée ».
Mais déclare Zubin, dans le cas de la pathologie, chaque cas doit
être traité comme un univers. Tant que les lois de cet univers ne
seront pas élucidées, l'on ne pourra déclarer que tels individus sont
équivalents entre eux, et forment un groupe étudiable. La varia-:
tion individuelle rend impossible l'étude de la variation à l'intérieur
d'un groupe. Il faut donc isoler les processus avant d'en étudier les
variations. [Chaque individu, écrit Horn, pose déjà un problème
statistique.]
Ce n'est certes pas là revenir à une conception dualiste à la Blon-
del, mais retrouver certains problèmes particuliers au monde patho-;
logique déjà signalés par Canguilhem comme celui de l'autorégula-
tion personnelle du malade (homéostasie) dont on sait la précarité.
L'on retrouve également ici la notion du « degré de l'anomalie »
(Lagache); cette anomalie n'est pas constante. Le malade, écrit
Zubin^ ce tend à guérir ou à régresser», d'où l'importance de la
notion de temps dans l'expérience. Celle du champ expérimental, ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
parcouru de significations affectives bien plus bouleversantes
que chez le normal, ne saurait non plus nous échapper (« total-push-
efïëèt »).
1 A propos des instruments utilisés, Zubin examine plus particu
lièrement les apports de l'analyse des covariances, des fonctions
discriminantes, et des fonctions discriminantes partielles, et de la
technique Q dont nous verrons plus loin des applications. Ces der
nières méthodes ont l'avantage d'être à la fois dissociatives et inté-
gratives en explicitant à la fois en quoi l'individu diffère et en
quoi il est semblable. En tout cas, l'introduction d'un modèle
mathématique doit se faire avec souplesse.
William Stephenson, dans le même symposium, relève également
ce que la technique Q a de fécond. Elle se prête à l'étude de la per
sonnalité, au moins dans sa description, « ne serait-ce que parce
qu'elle se centre sur peu d'individus et sur un monde de traits par
ticuliers, plutôt que sur un monde de traits généraux ». L'auteur
Se; propose d'étudier ce que la statistique apporte à la typologie.
L^on construit à l'aide de traits pris au hasard dans un univers de
traits, deux types : le type idéal, exemple : extraversion, introver
sion de Jung, et le type d'estimation (caractéristiques selon lesquelles
tin individu se décrit ou décrit autrui). Ces types n'étant que des
sources pratiques de classification empiriques, on trouve que le
type idéal et le type d'estimation corrèlent entre eux. L'on ne doit
pas oublier qu'il s'agit là seulement de formes saillantes de la per
sonne, cet univers de traits renvoie à une unité de comportement,
et à un faisceau de « motivations ». Par là on peut, en parlant dé
niveaux de traits, rejoindre une psychologie en profondeur.
Le problème de l'utilisation des coefficients de corrélation est
également abordé dans l'article de Baldwin. L'auteur étudie égal
ement le problème de l'adaptation des degrés de liberté en rapport
avec l'étude de l'échantillonnage de la distribution, et l'étude de la
«' dépendance de mesure à mesure », en fonction du temps (le seul
fait d'avoir expérimenté une situation une seule fois modifie les
conditions de l'expérience : «insight», niveau d'aspiration, par
exemple). Ceci empêche l'accumulation d'un matériel indépendant
pour un individu. Toutefois, signale Tuckey dans la discussion finale,
aucune population bien définie n'existe pour justifier ici l'emploi
du coefficient de corrélation.
Parmi les instruments nouveaux, signalons un nouveau type
d'échelle par Gardner. Les méthodes concernant les tests aux scores
multiples sont abordés par Cronbach qui insiste sur la nécessité
de connaître les corrélations entre les scores, mais aussi entre les
erreurs.
Le problème de la concordance entre les juges est abordé par
Kogan et Hunt, qui examinent trois méthodes : le traitement des
corrélations comme scores bruts, le traitement de l'écart étalon des PSYCHOLOGIE CLINIQUE. LES TESTS 623
estimations des cas comme des scores bruts, et l'analyse de la va
riance.
Une grande prudence est nécessaire. C'est également la conclu
sion de Kubis, qui insiste sur la nécessité de ne pas forcer une expé
rience. Enfin, Gudzkow étudie plus spécialement le problème de
la mise en code et énonce des généralisations sur la construction de
systèmes de catégories et l'utilisation des opérations d'unification.
Cet article nous paraît spécialement intéressant en ce qu'il met
l'accent sur le passage du qualitatif au quantitatif.
D'autres statisticiens se sont préoccupés, tels Webb et Lem-
non, de l'utilisation de la variance. Les auteurs ont remarqué « dans
les expériences spécifiques en psychologie, que l'analyse de la
variance pouvait amener à des résultats incompatibles avec les
rapports véritablement obtenus. L'on peut en particulier ne pas
déceler de « t » significatifs si les a F ratios » ne sont pas significat
ifs, ou considérer comme significatifs des « t » non significatifs si
les « F ratios » le sont.
Après cet examen de conscience, visant à la fois l'objet de la
mesure et l'instrument à lui appliquer, il nous a semblé topique
de signaler une étude de David Shapiro qui utilise des critères
statistiques pour rechercher l'influence du champ social sur la con
duite individuelle, ce que révèlent les expressions amicales ou les
expressions hostiles des névrosés, des psychotiques ou des homos
exuels placés dans une situation de groupe.
Il s'agit de démontrer l'influence différentielle qu'exerce la simple
présence d'un groupe sur l'autre en appréciant les différentes expres
sions hostiles ou amicales des membres de ces groupes. Il s'agit
là d'une conception dynamique et molaire, où l'on tente d'appréc
ier des effets « subtils » interpersonnels.
Les malades sont tous d'anciens combattants de la dernière
guerre mondiale. Chacun des groupes a été soigneusement sélec
tionné. Chacun des sujets participe à deux situations de groupe
(ex. : les homosexuels sont mis en contact avec les schizophrènes
et avec les névrosés, etc.). Il s'agit d'une discussion neutre sur un
thème de la vie de l'hôpital (les malades sont tous hospitalis
és).
Trois psychologues découpent dans l'interview de trente minutes
des réactions amicales, hostiles ou des réactions de fuite (on appréc
ié la concordance entre les juges, selon un indice = .88).
On calcule alors le sigma de la différence des moyennes en termes
du test T de Fisher dont on examine deux formules.
Nota. — On teste l'hostilité et la chaleur affective en termes :
1° De l'autorité : psychiatre qui dirige la session;
2° Des autres malades présents;
3° De la situation de groupe.
Les résultats confirment l'influence de la présence de différents 624 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
types de personnalité dans un milieu immédiat donné, sur les réac
tions d'un sujet donné.
Il s'établit des rapports à un niveau inconscient entre le sujet
et ses voisins; on s'aperçoit alors, si l'on tient compte du fonctio
nnement du Moi des sujets et de leur adaptation à la réalité, que
les névrosés, par exemple, réagissent à la menace apparente que
représente pour eux l'introduction dans le groupe d'éléments homos
exuels en intensifiant leur agressivité; c'est pour l'auteur le signe
d'un fonctionnement du Moi relativement sain.
Au contraire, les schizophrènes paranoides ne se montrent pas
capables d'un ajustement défensif, agressif, lors de l'introduction
des homosexuels dans le groupe, manifestant ainsi, dit l'auteur,
leur rigidité.
L'étude des comparaisons montre que la variabilité entre les
différentes réactions du même groupe dans différentes conditions
de milieu, est plus significative que celle existant entre les diffé
rents groupes pathologiques.
Pour terminer, nous citerons une étude de Fiedler qui utilise
la technique Q et tente de dégager ce qu'est une relation théra
peutique idéale. Les thérapeutes de différentes disciplines, freu
dienne, adlérienne, non directive, etc., déclare-t-il dans sa conclusion,
coïncident dans leur énoncé de ce concept. L'aptitude à définir
cette relation dépend davantage des capacités professionnelles du
thérapeute et de son expérience que de l'école dont il se réclame.
Et l'auteur conclut en déclarant que la relation thérapeutique
pourrait bien n'être qu'une variation d'une interpersonn
elle réussie plus générale.
Si nous avons choisi ces deux études, c'est qu'elles nous semblent
toutes deux offrir des synthèses provisoires, permettant ensuite de
nouvelles démarches, et qu'elles mettent toutes deux l'accent sur
des rapprochements possibles entre les théories les plus variées ou
entre les groupes en apparence les plus dissemblables. Ces résultats
ne font que refléter une coopération intime obtenue sur le plan de
la recherche même, au prix d'un effort constant. La richesse des
travaux statistiques contenus dans le symposium, dont nous n'avons
exposé ici que quelques aspects, et la lucidité avec laquelle les
auteurs analysent les résistances dues aux instruments de mesure
et à l'objet à mesurer, nous semblent garants de la fécondité de
leurs projets.
M. C.
L'étude psychométrique de la débilité :
(1) HOAKLEY (P.), FRAZER (H. A.). — Significance of psy
chological test results of exogenous and endogenous children ■
PSYCHOLOGIE CLINIQUE. LES TESTS 625
(Sens des résultats psychologiques obtenus par des enfants retardés
endogènes et exogènes). — Amer. J. ment. Def., 1945, 50, 263-271.
— (2) CASSEL (R. H.). — The effect of mental age and etiology
on two factors in form-board performance (Influence de Vâge
mental et de Vétiologie sur deux facteurs de la performance aux
planches à encastrement) . — J. clin. Psycho!., 1949, 5, 398-404. —
(3) LORD (E.), WOOD (D.). — Diagnostic values in a visuo-
motor test (Valeur diagnostique d'un test visuo- moteur). — Amer.
J. Orthopsychiat., 1942, 12, 414-428. — (4) CASSEL (R. H.). —
Relation of design reproduction to the etiology of mental defi
ciency (Rapports de la de dessins avec Vétiologie de
V arriération). — J. consult. Psychol., 1949, 13, 421-428. — (5)
WERNER (H.), STRAUSS (A. A). — Types of visuo-motor
activity in their relation to low and high performance ages (Les
types d'activité visuo-motrice en rapport avec le niveau). — Amer.
J. ment. Def., 1939, 44, 163-168. — (6) WERNER (H.). —
Development of visuo-motor performance on the marble-board
test in mentally retarded Children (Évolution d'une performance
visuo-motrice au « marble-board test » chez des enfants retardés). —
J. genet, Psychol., 1944, 64, 269-274. — (7) CRAIN (L.), WER
NER (H.). — The development of visuo-motor performance on
the marble-board in normal children (Évolution d'une
visuo-motrice au « marble-board » chez des enfants normaux) . —
J. genet. Psychol., 1950, 77, 217-231. — (8) BENSBERG (G. J.).—
A test for differentiating endogenous and exogenous mentally
defectives (Un test pour différencier les retardés endogènes et exo
gènes). — Amer J. ment. Def., 1950, 54, 502-506. — (9) WER
NER (H.), STRAUSS (A. A.). — Pathology of figure-background
relation in the Child (Pathologie de la relation figure-fond chez
V enfant). — J. abn. soc. Psychol., 1941, 36, 236-248. — (10)
WERNER (H.). — Perceptual behavior of brain-injured mentally
defective children : an experimental study by means of the Ror-
SChach technique (Conduite perceptive de retardés à lésions céré
brales ; étude expérimentale à l'aide du Rorschach). — Genet.
Psychol. Monogr., 1945, 31, 51-110. — (11) WERNER (H.),
STRAUSS (A. A.). — Causal factors in low performance (Fact
eurs de basse performance) . — Amer. J. ment. Def., 1940-1941,
45, 213-218. — (12) WERNER (H.), THUMA (B. D.).— A
deficiency in the perception of apparent motion in children with
brain injury (Déficience de la perception du mouvement apparent
chez des enfants à lésions cérébrales). — Amer. J. Psychol., 1942,
55, 58-67.— (13) WERNER (H.), THUMA (B. D.). — Critical
flicker-frequency in children with brain injury (La fréquence cri*
tique de fusion chez des enfants à lésions cérébrales). — Amer.
J. Psychol., 1942, 55, 394-399. — (14) WERNER (H,).—
Abnormal and Subnormal rigidity (Persévération anormale et 626 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
subnormale). — J. abn. soc. Psychol., 1946, 41, 15-24, —(15)
STRAUSS (A. A.), WERNER (H.). — Comparative psyehopa-
thology of the brain-injured child and the traumatic brain-injured
adult (Comparaison psycho- pathologique de l'enfant à lésion céré
brale et de l'adulte à lésion cérébrale traumatique) . — Amer. J.
Psychiat., 1943, 99, 835-838. — (16) STRAUSS (A. A.), WER
NER (H.). — Disorders of conceptual thinking in the brain-
injured child (Troubles de la pensée conceptuelle chez les enfants à
lésions cérébrales). — J. nerv. ment. Dis., 1942, 96, 153-172. —
(17) WERNER (H.), CARRISSON (D.). — Animistic thinking
in brain-injured mentally retarded children (La pensée animiste
chez les enfants retardés à lésions cérébrales). - — J. abn. soc. Psyc
hol., 1939, 39, 47-62. —.(18) WERNER (H.), BIJOU (S. W.). —
Langage analysis in brain-injured and non-brain-injured mentally
deficient Children (Analyse du langage chez les enfants retardés avec
■et sans lésions cérébrales). — J. genet. Psychol., 1945,66,239-254.
— (19) HEATH (S. R.). — Rail-walking performance as related to
mental age and etiological type among the mentally retarded (La
performance au « rail-walking » en fonction de Vâge mental et de
Vétiologie chez les enfants retardés). — - Amer. J. Psychol., 1942, 55,
240*247. — (20) HEATH (S. R.). — Clinical significance of motor
defect With military implications (Signification clinique de la défi
cience motrice et conséquences militaires). — Ibid., 1944, 57, 487-
499. — (21) DOLL (E. A.). — Pratical implications of the endo
genous-exogenous classification of mental defectives (Conséquences
pratiques de la des arriérés en endogènes et exogènes).
~ Amer. J. ment. Def., 1946, 50, 503-511.— (22) KELLY (E. M.).
— Educational implications in the public-schools special class of
the endogenOUS-exogenOUS Classification (Conséquences pédagog
iques, dans les classes de perfectionnement de la classification en
endogènes et exogènes). — Ibid., 1949, 54, 207-211.
Il est assez courant de voir considérer la débilité mentale, du
point de vue psychologique et descriptif tout au moins, comme un
problème à peu près résolu, donc sans grand intérêt; sentiment qui
repose sur deux postulats qui peuvent s'exprimer ainsi : 1° les
arriérés forment, au degré près, un groupe homogène; 2° leur état
intellectuel présent peut se traduire par un « âge mental » (c'est-à-
dire par assimilation à un stade normal, et global, du développe
ment), et leur évolution par un « Q. I. », en principe constant. Il
n'est en somme que de disposer de bons tests de développement
mental pour atteindre « le » niveau intellectuel véritable.
Or, ces deux postulats semblent de plus en plus remis en ques
tion par diverses tendances. A côté des réserves statistiques ou
cliniques que l'on peut faire sur le Q. I. et sa constance, des ten
tatives d'analyse font de plus en plus de la notion d' « âge men
tal » une entité un peu abstraite, une moyenne dont on se contente PSYCHOLOGIE CLINIQUE. LES TESTS 627
■encore dans la pratique courante mais qui peut cacher, sous un
même chiffre, des différences considérables. Les échelles de perfo
rmance non verbales, d'abord considérées comme un autre ou un
meilleur moyen d'atteindre « le » niveau mental, ont peu à peu
représenté un aspect du développement en opposition avec
•des tests composites ou plus purement « verbaux ». Mais ce n'est
là qu'un aspect d'un démembrement que la « scatter analysis» et
l'analyse factorielle ont poussé beaucoup plus loin. Doll a d'autre
part introduit sa notion de maturité sociale largement utilisée aux
U. S. A. (Vineland Social Maturity Scale).
C'est dans cette perspective d'analyse psychométrique et à la
suite des travaux de Bender, Goldstein, Wechsler et autres sur les
performances psychologiques de sujets, enfants ou adultes, présenr
tant des lésions cérébrales, que certains psychologues américains,
Strauss et Werner en particulier, ont été conduits à démembrer
la notion même de débilité et à opposer deux types psychologiques
d'arriération, rattachés à leur étiologie : l'arriération « endogène »
■et l'arriération « exogène » (qui correspondent à peu près aux arrié
rations primaire et secondaire de Tredgold, ou « subcultural », et
pathologique de Lewis). La première est l'arriération d'origine
familiale, alors que la seconde est liée à une atteinte précoce trau*-
matique ou infectieuse, pré ou post-natale, des centres supérieurs^
Les endogènes présentent d'une façon générale une arriération
plus harmonieuse, plus assimilable à un stade, normal de développe
ment, et des tests moins dispersés.
Les exogènes s'en distinguent essentiellement par des difficulr
tés « visuc-motrices », décelables déjà dans les dessins à copier
des échelles classiques (1) ou dans les performances aux « form-
boards » (2), plus nettement apparentes dans des séries de dessins
à reproduire de mémoire comme ceux de l'échelle de Ellis (3), où
le facteur mémoire immédiate ne semble d'ailleurs pas en jeu puis
qu'on retrouve les mêmes difficultés à la simple copie (4). Dans
une épreuve spécialement conçue par Werner et Strauss en 1939 (5)
pour mettre en évidence ces difficultés, le « marble-board test »,
consistant à reproduire six structures avec des billes placées dans
les trous d'une planche et permettant d'analyser le mode d'appréhen
sion et de construction comme on peut le faire avec la figure de
Rey-Osterrieth, les exogènes procèdent de façon particulièrement
discontinue et incohérente (6, 7, 8). Des difficultés perceptives du
même ordre ont été relevées avec des images faisant intervenir la
relation figure-fond (9) ou les planches du test de Rorschach (10)
et, dans L'ordre auditif, dans la reproduction de structures mélo
diques (11). On a également signalé : une infériorité dans la per
ception du mouvement apparent (12), une fréquence critique de
fusion plus basse (13), et une persévération plus marquée (14).
Ges différences ne se limitent pas au domaine perceptif : comme 628 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
les malades étudiés par Goldstein (15), les exogènes présentent
également des troubles de la pensée conceptuelle (16) : leurs cla
ssements sont bizarres, incohérents, basés sur des détails non essent
iels. Par ailleurs, ils présenteraient une pensée plus animiste que
les endogènes (17) et un vocabulaire plus riche et varié (18).
De son côté, Heath (19, 20) avec une épreuve d'équilibre loc
omoteur, le « rail-walking test » (marche en équilibre sur un rail d,e
bois de largeur variable) dont il tire, peut-être abusivement, un
indice de 1' « aptitude motrice générale », obtient des différences
très significatives entre les deux types, les exogènes présentant des
performances très inférieures et sans corrélation avec l'âge mental.
Enfin, sur le plan du comportement et de la personnalité, des
différences se retrouvent également qui peuvent comporter des
conséquences thérapeutiques et pédagogiques (21, 22) : les exo
gènes, qui par certains signes manifestent ce qu'ils auraient pu
être, sont plus instables et manquent davantage de coordination
et de contrôle; leur adaptation sociale est plus mauvaise : moins
bien acceptés, ils présentent moins d'efficacité et davantage d'amb
itions.
Toutes ces recherches paraissent constituer une intéressante ten
tative d'analyse, de portée théorique et pratique. Il faut cepen
dant noter l'importance relativement faible des groupes étudiés,
notamment par Werner et Strauss, et aussi l'imprécision du dia
gnostic des exogènes, notamment chez Heath. Cette dichotomie
séduisante mais un peu simpliste, qui trouve depuis plusieurs années,
des échos complaisants dans tous les numéros de V American Jour
nal of Mental Deficiency, semble devoir être dépassée par une ana
lyse plus rigoureuse et plus complète.
P. J.
L'analyse du « scatter » et le problème méthodologique du dia
gnostic individuel :
(1) WARNER (S. J.). — The Wechsler Bellevue psychometric
pattern in anxiety neurosis (L'aspect psychométrique du W. B.
dans les névroses d'anxiété). — J. consult. Psychol., 1950, 14,
297-304. — (2) HOLZBERG (J. D.), DEANE (M. A.). — The
diagnostic significance of an objective measure of intratest scatter
on the Wechsler Bellevue Intelligence Scale (La signification
diagnostique d'une mesure du « scatter » intratest dans
V échelle d'intelligence de W.-B.). — J. consult. Psychol., 1950,
14, 180-188. — (3) KALDEGG (A.). — The Wechsler Test in cl
inical practice : comparison of psychiatric and psychosomatic disor
ders With a control population (Le test de dans la pra
tique clinique : comparaison de désordres psychiatriques et psy
chosomatiques avec un groupe contrôle). — J. ment. Sei., 1950,

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