Psychologie de l'enfant et Pédagogie - article ; n°2 ; vol.71, pg 628-638

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L'année psychologique - Année 1971 - Volume 71 - Numéro 2 - Pages 628-638
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1971
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Psychologie de l'enfant et Pédagogie
In: L'année psychologique. 1971 vol. 71, n°2. pp. 628-638.
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Psychologie de l'enfant et Pédagogie. In: L'année psychologique. 1971 vol. 71, n°2. pp. 628-638.
doi : 10.3406/psy.1971.27763
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1971_num_71_2_27763de l'enfant et pédagogie Psychologie
Nash (J.). — Developmental Psychology : A Psychobiological
Approach (Psychologie du développement : approche psychobiolog
ique). — Englewood Cliffs (N. Jersey), Prentice Hall, 1970, 583 p.
Fidèle à son titre, l'auteur de ce manuel étudie la psychologie du
développement, prise dans son sens large, à la fois sous les angles onto-
et phylogénétique. Une large part est réservée à l'étude des mécanismes
biologiques et physiologiques (hérédité, développement du système
nerveux, biologie du comportement sexuel, bases neurologiques des
périodes critiques du développement). Une place importante est attribuée
aux études classiques de l'instinct et des phénomènes innés chez l'animal.
Puis les divers aspects du développement de l'enfant sont abordés,
sans négliger leurs relations avec les fondements biologiques des
conduites et les références à la psychologie animale. C'est ainsi que la
maturation, l'apprentissage, la perception, l'émotion, le langage, l'inte
lligence, l'affectivité et le développement de la personnalité font l'objet
de plusieurs chapitres de synthèse des travaux les plus représentatifs.
L'auteur conclut sur des considérations projectives sur le devenir de
l'humanité.
J.-P. Dufoyer.
Gabriel (J.). — Children growing up (L'enfant en croissance). —
Londres, University of London Press, 1970, 3e éd., 480 p.
Il s'agit de la troisième édition d'un ouvrage dont la première est
parue en 1964. Cette édition ajoute d'importants apports concernant
le développement intellectuel des enfants et certains commentaires sur
l'éducation, en fonction du développement intellectuel, affectif et social.
L'auteur traite du de la personnalité de l'enfant
en s'appuyant sur les données fournies par les principales recherches
expérimentales dans ce domaine, mais il fait aussi appel à l'observation
que peut faire un professeur, un éducateur. Il aborde d'abord la person
nalité de l'enfant dans son ensemble, considérée comme l'organisation
de tendances, de dispositions de l'individu en interaction avec l'enviro
nnement (personnes, objets, situations). Il examine la formation de la
personnalité et sa structure, les besoins propres à l'enfant et les buts
qu'il se fixe ou qui lui sont fixés.
Il s'attache ensuite aux divers aspects du développement (physique,
affectif, social, intellectuel, moral) et fait une large part à l'étude du
comportement de l'enfant dans les situations de sa vie quotidienne :
classe, jeu.
L'auteur insiste sur le fait que l'éducation doit avoir pour but de PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PÉDAGOGIE 629
développer les possibilités que chaque personnalité révèle plus parti
culièrement, de telle manière que celle-ci manifeste ses capacités
créatives.
J.-F. Vezin.
Ratcliffe (T. A.). — Le développement de la personnalité. —
Paris, Editions du Centurion, 1969, 207 p.
Cet ouvrage apparaît comme un bon livre de vulgarisation où il
ne faut certes pas chercher de thèses originales, mais où sont développés
de manière simple et abordable quelques aphorismes psychanalytiques
et bons principes de psychologie traditionnelle. C'est un ouvrage de
bon sens qui énonce et explique quelques facteurs importants du déve
loppement intellectuel et affectif de l'enfant. Il peut certainement être
lu avec beaucoup de profit par les médecins généralistes, les pédiatres,
et toute personne désirant s'initier de façon sérieuse à la psychologie
de l'enfant, ou à celle de l'adulte d'ailleurs, l'enfant étant comme on
sait le « père de l'homme ».
P. Y. Ferry.
De La Garanderie (A.). — Schématisme et thématisme. Le dyna
misme des structures inconscientes dans la psychologie d'Albert
Burloud. — Paris, Béatrice Nauwelaerts, 1969, 232 p.
Cet ouvrage est constitué pour une large part par une analyse
explicative de certains aspects des conceptions de Burloud à l'égard
de la psychologie. L'auteur rapporte et commente son maître, exemplifle
ses thèses en s'appuyant principalement sur la philosophie et la litté
rature. Il fait place et répond aux critiques qui ont été adressées à
Burloud, son travail constitue déjà à ce titre une contribution intéres
sante à une connaissance plus approfondie de ce grand précurseur de
la psychologie contemporaine.
Mais M. de La Garanderie ne s'en tient pas à ceci qui justifierait
amplement l'attention que mérite son ouvrage. Prenant pour assise
la pensée de Burloud et la reprenant à son propre compte, il la développe
et la prolonge.
Après avoir rappelé comment la psychologie scientifique s'est frayé
son chemin entre la physiologie et le bergsonisme. l'auteur défend en
termes vigoureux l'introspection, reprend en les illustrant les idées
de son maître qui préconisait l'analyse intérieure sous l'étiquette
méthode d'analyse « psychoréflexive » devant, disait-il, l'échec des
méthodes objectives à constituer une théorie de la vie psychique. Ce
n'est pas dire que l'auteur minimise la place à réserver à l'étude du
comportement explicite. Au contraire, il consacre aux « significations
du » un chapitre important, en s'appuyant notamment
sur les données puisées chez Guillaume, Köhler, Merleau-Ponty, Lévi-
Strauss. C'est contre l'exclusivisme des behavioristes qu'il s'élève en
A, PSYCHOL. 71 21 630 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
soulignant l'intérêt des informations que peut trouver le chercheur en
lui-même.
Après avoir ainsi analysé les sources d'informations, l'auteur présente
en premier lieu la théorie des tendances puis la théorie de la conscience
qui en découle directement en les rapportant à chaque fois au champ
de la vie psychique dont elles visent à rendre compte, ceci afin de
montrer la fécondité de cette ligne de pensée. Cette démarche le conduit
à expliciter les concepts de thèmes et de schemes.
La réflexion sur la théorie des tendances aboutissant à une inter
rogation sur le déterminisme de l'homme, l'auteur prolonge l'analyse
de l'œuvre de Burloud par un chapitre consacré à la liberté ; prenant
appui sur l'analyse psychologique du personnage de Julien Sorel, il
montre comment, selon lui, la liberté de l'homme se dégage des ten
dances. Après avoir inventorié l'implicite dans la conduite, il définit
la place du « moi libre » et souligne tout l'intérêt que présente une
connaissance approfondie de pour acquérir la liberté.
Sans doute le psychologue expérimentaliste sera-t-il dérouté par
la nature de certains des exemples qui servent aux démonstrations de
M. de La Garanderie. Nous ne sommes plus guère accoutumés, en effet,
à ce que la psychologie fasse appel, pour appuyer telle ou telle théorie,
au comportement de personnages de roman, ou même aux déclarations
d'hommes politiques. Par ailleurs, l'absence de toute référence aux
données établies par les psychologues scientifiques au cours de ces
dernières années étonne quelque peu, d'autant plus que l'auteur déclare,
p. 222 : « Nous avons, en effet, le sentiment que la psychologie générale»
comme science, était de nos jours négligée au profit d'une psychologie
humaniste et morale, relevant de la philosophie ; nous avons donc visé
à montrer que l'homme n'échappait pas à la loi de la science, qu'il
pouvait sous un certain biais être étudié d'une façon objective... il
semble..., qu'il soit dépendant de son organisme, de son hérédité, de
son milieu éducatif et socio-culturel. Nous estimons que l'humanisme doit
passer par la connaissance de la psychologie et de la psychologie sociale. »
Nous ne saurions partager l'inquiétude de M. de La Garanderie,
au vu de la littérature psychologique contemporaine, par contre, per
sonne, semble-t-il ne le contredira sur la nécessité de fonder l'humanisme
et plus généralement toute réflexion sur l'homme, sur un ensemble de
connaissances objectives, et tant que faire se peut, sur une analyse
quantitative des comportements directement observés. Peut-être cet
ouvrage pourrait-il donner l'occasion de reconsidérer le statut de l'intro
spection dans un but de réhabilitation partielle en des domaines de la
vie psychique difficilement accessibles à l'observation externe. En tout
cas, il constituera certainement un instrument précieux pour qui doit
réfléchir sur l'histoire et sur la philosophie de la psychologie.
J. Beaudichon. PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PÉDAGOGIE 631
Aubin (H.). — Art et magie chez l'enfant. — Toulouse, Privat,
1971, 181 p.
Le but de l'auteur est de montrer l'importance du merveilleux pour
le développement harmonieux de la personnalité de l'enfant. Par
merveilleux, il entend ce qui ressortit à l'art et à la magie.
C'est en s'appuyant sur les données très générales du développement
de l'enfant et de l'interprétation psychanalytique des conduites enfan
tines qu'il dresse une sorte d'inventaire des conduites magiques, dont
certaines rejoignent parfois l'art. Cette enumeration a l'avantage d'être
illustrée par des observations cliniques précises recueillies auprès
d'enfants inadaptés suivis par l'auteur pendant plusieurs années. Elle
montre la généralité des conduites magiques dans l'enfance et l'intérêt
que prennent ces conduites chez l'enfant inadapté. En effet, si les
conduites magiques apparaissant dans le jeu et surtout le dessin aident
l'enfant normal à s'exprimer, à se réaliser et à construire sa personnalité,
elles révèlent aussi les conflits et les difficultés vécus par l'enfant ina
dapté. L'auteur souligne l'utilité d'un tel matériel pour le psycho
thérapeute. Le conte, qui plaît par son côté merveilleux mais aussi
parce que l'enfant y retrouve ses propres problèmes est également,
selon l'auteur, un matériel de choix en psychothérapie. Si donc l'expres
sion de soi est favorisée chez l'enfant dans les conduites magiques et
artistiques, alors elles doivent intéresser non seulement le psycho
thérapeute mais aussi, selon l'auteur, le pédagogue.
Ce ne sont pas des thèmes nouveaux que l'auteur développe, mais
le souci de les illustrer par des cas cliniques précis mérite l'attention.
J. Danset.
Aubin (H.). — Le dessin de l'enfant inadapté. — Toulouse, Privat,
1970, 383 p.
Cet ouvrage est un instrument de travail pour tous ceux qui s'inté
ressent au dessin chez l'enfant.
Après un rappel assez bref des différents travaux génétiques en ce
domaine, l'auteur fait la synthèse d'un certain nombre d'hypothèses
originales en ce qui concerne l'interprétation de dessins tels que la
maison, l'arbre, le ciel, le bateau, les animaux ; il met ensuite en parallèle
ces différentes hypothèses avec les grands archétypes et leur signification
dans les sociétés primitives, orientales et occidentales — ce qui donne
une perspective nouvelle qu'il serait intéressant d'approfondir.
La seconde partie du livre est consacrée à la représentation humaine.
A partir des travaux de Macho ver (le dessin des deux personnages),
l'auteur étudie d'une part les différentes résistances à ce test, d'autre
part le symbolisme spatio-temporel, en insistant sur les différentes
composantes (ascendantes, descendantes, horizontales) en liaison avec
les besoins fondamentaux humains. Enfin, il insiste sur la projection •
632 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dans cette épreuve des problèmes sexuels : problème de l'identification,
problème de l'érotisme chez l'enfant.
Le reste de l'ouvrage est consacré à de nombreux résultats cliniques
(représentation humaine, représentation de l'univers) et tente de
dégager pour chaque cas pathologique, chaque entité morbide, un
certain nombre de traits communs, une sorte de modèle. Cependant,
il est important de souligner la prudence avec laquelle cette recherche
est menée, l'auteur nous mettant en garde contre des interprétations
trop hâtives.
Une riche bibliographie (134 titres) vient compléter avec profit
ce livre.
N. Philippe.
Lebovici (S.), Soulé (M.). — La connaissance de l'enfant par la
psychanalyse. — Paris, Presses Universitaires de France, 1970,
646 p.
Cet ouvrage se propose de faire le point sur la contribution actuelle
qu'apporte la psychanalyse à la psychologie de l'enfant en tenant
compte, aussi bien des premiers travaux de Freud qui sont inspirés
surtout par la des adultes, que des recherches de ses
successeurs qui ont étudié directement les enfants. Les applications
pratiques de la connaissance psychanalytique de l'enfant sont examinées
et discutées, qu'il s'agisse d'éducation, de psychothérapie, de psycha
nalyse, de situations particulières, comme l'adoption. Les problèmes
que pose le traitement médical de l'enfant sont également envisagés
(cf. chap. IV : « Psychanalyse et pédiatrie »).
Cette revue très complète des principales questions que soulève la
psychanalyse dans tous les domaines où l'on s'occupe de l'enfance est
appuyée sur une importante bibliographie (352 titres). Les citations
des auteurs consultés sont particulièrement nombreuses et généralement
bien précisées. Un index des sujets traités complète très utilement cet
ouvrage et est suivi d'un index des personnes citées et des lieux cités.
Cet ouvrage constitue un instrument de travail excellent pour le
psychologue, l'éducateur, le psychanalyste.
J. Favez-Boutonier.
Debesse (M.), Mialaret (G.). — Traité des sciences pédagogiques,
vol. 1. — Paris, Presses Universitaires de France, 1969, 206 p.
Ce premier volume introductif d'un Traité des sciences pédagogiques
qui doit en comprendre cinq autres (Histoire de la pédagogie, Pédagogie
comparée, Biopédagogie et psychopédagogie, Sociopédagogie et planifi
cation, Education permanente et formation des éducateurs), se signale
surtout par la diversité des orientations de ses coauteurs. Dès l'avant-
propos d'ailleurs rédigé par M. Debesse et G. Mialaret, le lecteur est
averti des exigences d'unité et de diversité, de pluridisciplinarité qui
ont présidé à l'élaboration de l'ouvrage qui se veut avoir, également, PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PÉDAGOGIE 633
« valeur prospective ». Destiné aux étudiants, aux chercheurs, aux
formateurs et aux « formateurs de formateurs » plus qu'aux éducateurs
soucieux d'acquérir techniques et méthodes précises relatives à leur
métier, le traité s'ouvre sur une série de jalons posés par M. Debesse
et qui ont pour but, « comme leur nom l'indique, de prendre au départ
les alignements nécessaires, de marquer les distances et de faire appar
aître si possible quelque chose du mouvement de la pensée à travers
l'ouvrage » (p. 10).
R. Dottrens et G. Mialaret s'interrogent ensuite sur le développement
des sciences pédagogiques et leur état actuel à travers l'évolution des
concepts et l'histoire de l'enseignement de la pédagogie (surtout en
Suisse, en Belgique et en France).
L'aspect réflexif du Traité apparaît dans les problèmes soulevés par
R. Lévêque et F. Best : peut-on parler de philosophie de l'éducation ?
Peut-elle se réduire à une épistémologie, à une axiologie ? Quels sont
les principes et les tâches d'une telle philosophie ? Quels sont ses rapports
avec la philosophie politique ? G. Mialaret enfin analyse les
actuels et les rapports souhaitables entre la théorie, la pratique et la
recherche en pédagogie, trace « les lignes idéales selon lesquelles doit
se développer la pédagogie expérimentale » (p. 146) et illustre ses
démarches de nombreux exemples de traitements statistiques des
données.
L. Bastide.
Gilliard (E.). — ■ L'école contre la vie. — Neuchâtel, Dela-
chaux & Niestlé, 1970, 113 p.
Opposer la poussière de l'école, son pouvoir de momification, de
stérilisation ou l'ennui qu'elle distille à la nature de l'enfance, la fougue,
le plaisir et la spontanéité de la jeunesse, ne serait guère aujourd'hui
faire œuvre originale. Mais la réédition de ce texte qui date de 1941
lui donne rétrospectivement quelque allure prophétique. Nul doute
s'il avait été mieux connu, que mai 1968 l'eût consacré. D'autant que
ce plaidoyer antiscolaire ne manque pas de formules percutantes et
souvent heureuses, qu'il s'agisse de l'enseignement dit classique, de
l'apprentissage du latin, de la réforme, du règlement scolaire, ou des
notes et des diplômes.
Pourtant l'auteur, qui se définit lui-même comme complice de ce
système pendant trente ans, paraît beaucoup moins convaincant lors
qu'il tente de définir, à travers son expérience personnelle, un nouveau
rôle pour l'onseignant. Les concepts d'autorité, d'invention, de séduction,
de générosité, ainsi que la nécessité pour l'enseignant de posséder « le
sens de la piste » ne permettent guère de progresser vers une solution.
Un étonnement, enfin : l'absence de référence à Freinet qui depuis
plus de vingt ans s'était interrogé sur les mêmes questions et y avait
apporté des réponses originales et pertinentes. 634 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
(E.). — La pédagogie des sciences. — Paris, Presses
Universitaires de France, coll. « SUP », 1970, 116 p.
Que l'on ne s'attende pas à trouver un exposé sur la manière d'ensei
gner les sciences à l'école. Fidèle à quelques idées déjà exposées en 1965
dans Pédagogie et antipédagogie et s'inspirant des analyses de G. Bachel
ard à propos de la formation de l'esprit scientifique, B. Michaud décrit
surtout à l'aide des résultats obtenus à un questionnaire administré
à plus de 3 000 enfants âgés de 8 à 15 ans, les obstacles psychologiques
et épistémologiques auxquels se heurtent la compréhension et la maîtrise
du principe d'Archimède. L'élève se berce d'images. Qu'il fasse appel
à des analogies trompeuses (l'éponge, le ressort, les pompes), souvent
teintées d'amimisme (le nageur, le skieur), ou qu'il ait recours à un
discours archaïque fait d'oppositions contradictoires ou de tautologies,
l'enfant doit lutter contre de nombreuses embûches avant de parvenir
à une conception scientifique du principe de flottaison.
L. Bastide.
Vial (M.), Plaisance (E.), Beauvais (J.). — • Les mauvais élèves. —
Paris, Presses Universitaires de France, coll. « SUP », 1970, 174 p.
Cet ouvrage collectif, préfacé par R. Diatkine, est né d'une inquiétude
et d'une intention critique des auteurs.
Inquiétude devant le nombre des enfants inadaptés et le taux de
situations anormales (70 % actuellement) par rapport aux normes de
la scolarité, intention critique envers notre système scolaire, sélectif,
inéquipé, véritable machine à fabriquer les mauvais élèves.
A travers l'analyse de trois séries de difficultés (déficiences intel
lectuelles, troubles du comportement et échecs électifs), les auteurs
étudient la genèse des troubles en soulignant l'importance des facteurs
psychosociologiques et sociologiques et dressent un bilan des ressources
pédagogiques curatives et thérapeutiques ainsi que des lacunes de
notre système.
Cinq ans après l'édition, dans la même collection de l'ouvrage de
P. Parent et Cl. Gönnet, Les écoliers inadaptés, ce travail constitue une
utile mise au point de quelques problèmes actuels et fondamentaux de
l'inadaptation scolaire.
L. Bastide.
Auzias (M.). — Les troubles de l'écriture chez l'enfant. — Neuchâtel,
Delachaux & Niestlé, 1970, 112 p.
Après les deux tomes publiés sous la direction de J. de Ajuriaguerra
et consacrés à L'écriture de Venfant — ouvrages plus particulièrement
destinés à des spécialistes — , la parution de ce livre répond à un souci
d'information d'un public plus vaste, notamment les instituteurs et
les éducateurs. L'abord sémiologique et étiologique des dysgraphies, PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PÉDAGOGIE 635
l'analyse de leurs rapports avec la motricité, le schéma corporel, la
structuration spatio-temporelle, le langage, l'affectivité et l'ensemble
de la personnalité conduisent M. Auzias à considérer avec L. de Ajuria-
guerra les troubles de l'écriture comme « un verre grossissant de diff
icultés variées ». Les méthodes rééducatives qu'elle propose, tout en
intégrant de nombreuses techniques précises, visent avant tout à
déconflictualiser ces difficultés.
On trouvera en annexe une reproduction de la motricité graphique
ainsi qu'une présentation de fiche récapitulative du travail effectué
en rééducation. Une bibliographie importante achève ce tour d'horizon
clair et bref.
L. Bastide.
Breuse (E.). — La coeducation dans les écoles mixtes. — Paris,
Presses Universitaires de France, coll. « SUP », 1970, 160 p.
Des soucis d'économie, de commodité ont souvent présidé à l'adop
tion de la mixité dans les établissements scolaires. Mais, dans ce cas,
la mixité (c'est-à-dire l'uniformisation) n'est pas la coeducation. C'est
à partir de cette distinction fondamentale qu'E. Breuse analysera les
données historiques, psychologiques et sociologiques qui font actuel
lement une pédagogie de la coeducation s'impose. Réticences et rési
stances à ce sujet sont finement analysées lors des premiers chapitres,
ceux qui suivent étant consacrés à une étude qualitative et quantitative
d'un état de fait : l'essor actuel de la mixité et ses résultats.
La technique utilisée (questionnaires proposés à des élèves d'une
école normale primaire) permet le recueil d'une information importante
— mais peut-être un peu superficielle — sur l'attitude très favorable
des adolescents envers la coeducation.
L'ouvrage s'achève par un examen des conditions nécessaires à
l'établissement d'une coeducation véritable : socio-culturelles
et conditions pédagogiques.
L. Bastide. Psychologie industrielle
Holding (D. H.). — Experimental psychology in Industry (La
psychologie expérimentale dans l'industrie). — Victoria, Australia,
Penguin Books, 1969, 445 p.
Cet ouvrage de la collection « Readings » rassemble des articles de
psychologie expérimentale du travail.
Ceux-ci sont regroupés en sept parties : « Human Engineering »,
Entretien (« maintenance »), Surveillance et inspection, Habiletés techno
logiques, Formation, Vieillissement, Bruit ». L'introduction générale
et les introductions des parties sont très sommaires. La première justifie
assez mal le découpage choisi.
On regrettera, dans cet ouvrage, l'absence de textes ou de remarques
méthodologiques relatives aux problèmes soulevés par l'application de
la méthode expérimentale dans l'industrie. Cette lacune est d'autant
plus surprenante qu'elle n'est pas justifiée par le manque d'articles
de ce type. On regrettera aussi l'absence de certains champs : affecta
tion, psychologie sociale du travail. Malgré ces défauts, cet ouvrage
rendra les services de ceux de sa catégorie, en permettant un accès facile
à une série de textes très intéressants dans l'ensemble.
J. Leplat.
Gendre (F.). — L'orientation professionnelle à l'ère des ordinateurs.
— Paris, Delachaux & Niestlé, 1970, 261 p.
Le but de ce livre est de présenter plusieurs études utilisant les
techniques assez élaborées mais tout à fait abordables si l'on se sert
des possibilités offertes par les ordinateurs. Le matériel de base utilisé
dans les différentes études est constitué par la batterie BGA (adaptée
de la batterie General Aptitude Test Battery de Dvorak) comportant
16 tests d'aptitudes et un questionnaire d'intérêt de 15 questions. Les
sujets se répartissent en trois groupes : un groupe de 634 garçons, un
groupe de 1 042 garçons et un groupe de 616 filles. Des analyses facto-
rielles effectuées sur les trois groupes ont montré que la batterie BGA
est suffisamment stable d'un échantillon à l'autre.
Sur le groupe des 634 garçons, on a obtenu par la suite des info
rmations sur les voies de formation professionnelle choisies par les diffé-

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