Psychologie de l'enfant et Pédagogie - compte-rendu ; n°1 ; vol.74, pg 320-331

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L'année psychologique - Année 1974 - Volume 74 - Numéro 1 - Pages 320-331
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
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Psychologie de l'enfant et Pédagogie
In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°1. pp. 320-331.
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Psychologie de l'enfant et Pédagogie. In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°1. pp. 320-331.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1974_num_74_1_28043de l'enfant et pédagogie Psychologie
Garrison (K.), Jones (F.). — The psychology of human deve
lopment. — Scanton, International text book Company, 1969,
399 p.
Il s'agit d'un manuel très complet, à l'usage des étudiants. La
première partie, assez brève, place le problème du développement
humain dans le cadre d'une civilisation en évolution et rappelle les
concepts génétiques de changement lié à l'âge.
La seconde partie consacre sept chapitres à l'étude du développe
ment sous différents aspects : le développement prénatal, le physique et moteur, le des patterns de motivation,
du langage, des processus cognitifs, le intellectuel, l'acqui
sition des attitudes et des valeurs, forment un panorama complet
(parfois un peu schématisé) de la psychologie de l'enfant à celle de
l'adulte.
La troisième partie consacre 160 pages à l'étude du développement
psychosocial et de l'adaptation depuis l'âge préscolaire jusqu'au tro
isième âge. On ne peut donner ici que quelques exemples des problèmes
abordés. L'ouvrage traite, entre autres, des tout premiers comporte
ments sociaux, des relations interpersonnelles chez l'écolier, de l'att
itude à l'égard des sexuelles, de la délinquance juvénile, du
mariage et des modifications des rôles dans la famille, de l'adaptation
à la retraite et au vieillissement, parmi beaucoup d'autres points.
Un glossaire donne une définition nécessairement brève, mais claire,
de près de 200 termes couramment utilisés en biologie, psychologie,
sociologie, etc., et une abondante bibliographie termine chaque chapitre.
F. WlNNYKAMEN.
Müssen (P. H.). — Carmiehael's manual of child psychology. —
New York, Wiley, 1970, 1-2, 1 519 p. et 872 p.
Faire un compte rendu analytique des 2 350 pages du Manuel de
psychologie de l'enfant n'est pas aisé, et, à la réflexion, n'est guère utile :
aussi bien, tous les enseignants, tous les chercheurs en psychologie du
développement l'auront un jour ou l'autre entre les mains. On sait
qu'il recouvre les principaux champs liés directement, ou moins direc
tement, à la psychologie du développement. On sait le soin que ses
auteurs apportent au choix des faits relatés et des références citées,
du moins pour la littérature anglo-saxonne. PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PÉDAGOGIE 321
Une approche utile pour le lecteur est celle de l'évolution des connais
sances au cours des vingt années qui séparent cette édition de la pré
cédente. Dans quelles directions s'est développée la psychologie du
développement ? Quels domaines semblent en voie de régression ?
C'est du reste à ces questions que s'attache Paul Müssen dans sa pré
face. Ceci n'est pas une refonte d'un manuel existant, dit l'auteur, c'est
un manuel entièrement nouveau, car les transformations que la psy
chologie du développement a subies sont nombreuses et radicales.
Certains problèmes remontant à l'Antiquité et n'ayant jamais
cessé d'intéresser les chercheurs sont pourtant encore actuels ; le rôle
des facteurs d'environnement et/ou de maturation dans le développe
ment en est un exemple. Les objectifs de base et les travaux des psycho
logues du développement qui- s'y réfèrent sont les mêmes qu'il y a
vingt ans : étude des changements liés à l'âge, description des compor
tements en évolution, étude des mécanismes et processus du changement.
Mais la répartition des publications sur différents points est très diffé
rente. On s'intéressait déjà alors aux études descriptives des capacités
des enfants d'âges différents et aux changements liés à l'âge des domaines
tels que les performances psychomotrices, la résolution de problèmes,
ou l'agressivité. On a encore besoin actuellement d'études descriptives
détaillées des transformations, continuités et discontinuités des divers
aspects du développement, particulièrement en ce qui concerne les
fonctions cognitives et le comportement social et affectif ; mais les
problèmes essentiels de la recherche semblent être maintenant les
explications des changements psychologiques, les mécanismes et pro
cessus de ces changements. L'actuelle édition est plus fournie que
l'ancienne en recherches portant sur les facteurs en relation avec les
différences individuelles, dans les activités psychologiques, ou en études,
par exemple longitudinales, destinées à éclairer les problèmes de la
stabilité, de la continuité dans le développement et les mécanismes du
changement.
Les théories tiennent plus de place actuellement et jouent un rôle
déterminant dans le choix des études empiriques, particulièrement en
ce qui concerne le développement cognitif, avec Piaget et Werner,
L'édition de 1954 comportait un seul chapitre théorique et son impact
sur la psychologie du avec le recul paraît mince. Quatre
chapitres du manuel sont ici consacrés aux théories et les parties por
tant sur le développement théorique tiennent une place non négligeable
dans la plupart des autres.
Le nombre de publications dans le domaine du développement
n'a cessé de croître au cours des vingt dernières années, non seulement
en nombre, mais également quant à la finesse de l'analyse théorique,
et la sophistication des recherches empiriques. En même temps, on a
vu apparaître de nouvelles méthodes et techniques de recherche qui
permettent de progresser dans des domaines de plus en plus complexes.
A. PSYCHOL. 74 11 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 322
Du coup, il a fallu remettre en cause certaines données antérieur
ement acceptées. Des théories solidement assises sont sérieusement
controversées.
Des domaines de recherches, telles que la génétique des comportements
ou l'éthologie, qui existaient à peine il y a vingt ans, ont actuellement
atteint la pleine maturité scientifique, et contribuent très largement à
l'accroissement des connaissances dans la psychologie du développement.
Pour répondre aux démarches de plus en plus pressantes de la
pratique, les chercheurs en psychologie du développement et en édu
cation se sont intéressés à des problèmes appliqués, tels que l'amélio
ration des capacités cognitives, la mise au point de techniques efficaces
d'enseignement, les handicapés culturels, l'étude de l'éthologie et du
traitement des retards et troubles psychopathologiques, la prévention
de la délinquance juvénile. Les recherches empiriques ont eu des consé
quences à la fois pratiques et théoriques, comme les chapitres consacrés
aux expériences précoces, à la créativité, aux implications éducatives
du développement cognitif, aux influences des groupes ethniques et
socio-culturels sur la socialisation, etc., le soulignent.
Une telle explosion des connaissances et les progrès modestes mais
continus de la théorie et des applications de la psychologie du dévelop
pement ne pouvaient que mener à une plus grande spécialisation à
l'intérieur de ce domaine, et cette spécialisation se reflète dans les têtes
de chapitre du manuel ; par exemple, sept chapitres sont consacrés au
développement social, contre un seul en 1954 ; dix chapitres traitent
du cognitif et trois du comportement anormal chez
l'enfant, contre respectivement deux et un dans la précédente édition.
Ce manuel constitue une source de références très riche pour les
chercheurs, enseignants et étudiants avancés, mais il ne constitue pas
que cela : des points de vue critiques sont développés, des indications
de nouvelles voies de recherche suggérées. Sa présence dans toutes les
bibliothèques de psychologie de l'enfant est indispensable.
F. WlNNYKAMEN.
Green (R. D.), Ford (M. P.), Flamer (G. B.) (Eds). — Measurement
and Piaget. — New York, McGraw-Hill, 1971, ix + 283 p.
Ce livre rassemble les contributions à un symposium qui s'est tenu à
Monterey (Californie) en février 1969 sous les auspices du California Test
Bureau sur le thème : « Echelles ordinales et développement cognitif ».
Le but visé par les organisateurs du symposium était d'essayer
d'explorer les implications de la théorie piagétienne du développement
cognitif pour la construction d'instruments psychométriques.
On peut douter que le choix des participants, spécialistes de la
pensée piagétienne pour la plupart, ait été bien adapté à ce programme.
Le plus eminent de ces spécialistes, Piaget lui-même, dont on sait le PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PÉDAGOGIE 323
désintérêt à l'égard de toute perspective différentielle, et par conséquent
de la psychométrie, traite une fois de plus de « La théorie des stades
dans le développement cognitif ». La contribution d'Inhelder, sous le
titre « Théorie développementale et procédures de diagnostic », fait
référence à l'entreprise de standardisation et d'étalonnage des épreuves
opératoires dirigée par Vinh Bang, mais le fait assez brièvement et
s'attache essentiellement à discuter sur le thème des rapports de l'appren
tissage et du développement et sur celui des rapports entre le langage et
la pensée. Les contributions de Flavell (« Sur le recours aux réponses
verbales pour la mesure des capacités cognitives de l'enfant ») et
d'Elkind (« Confrontation des approches piagétienne et psychométrique
de l'intelligence ») ont au moins quelque rapport avec le problème de la
mesure. Mais c'est la communication de Tuddenham, psychologue
différentialiste (« Régularités théoriques et idiosyncrasies individuelles »)
qui paraît le mieux axée sur le thème général du symposium, en ce sens
qu'il présente un certain nombre de données sur les performances aux
épreuves de Piaget susceptibles de contribuer à résoudre quelques-uns
des problèmes posés par la mesure du développement cognitif.
L'article de Bentler (« Une métrique implicite pour les échelles
ordinales : implications pour la mesure du cognitif »)
est très axé sur le problème de la mesure, mais on a de la peine à discerner
clairement l'articulation pratique que peut avoir le modèle mathémat
ique présenté en annexe (« Analyse de la monotonicité ») avec les pro
blèmes que se posent les spécialistes du développement cognitif, et en par
ticulier du développement cognitif dans la perspective piagétienne.
Les autres contributions sont de Lovell (« Sur la pensée formelle
et sa mesure »), de Goldschmid (« Sur le rôle de l'expérience dans le
développement cognitif »), d'Engelmann (« Sur les tentatives d'ense
ignement des règles logiques impliquées dans les épreuves de Piaget,
en particulier les épreuves de conservation »), et de Beilin (« Stades de et processus de développement »).
Mais, quel que soit le choix des participants, il paraît évident qu'il
faudra plus d'un symposium pour accréditer l'idée que la théorie des
stades de Piaget a quelque chose à voir avec la psychométrie tradi
tionnelle et que des apports mutuels peuvent être sérieusement envisagés
entre les deux perspectives.
Chacun des rapports (à l'exception de celui de Piaget) est suivi d'un
commentaire particulier et d'une discussion générale. Bibliographie de
240 titres. Index des auteurs cités et des concepts.
A. Danset.
Reuchlin (M.) et al. — L'hérédité des conduites. — Paris, Presses
Universitaires de France, 1973, 410 p.
Cet ouvrage se présente à la fois comme une revue de questions
portant sur le problème de l'hérédité en psychologie et comme produit
A. l'SYCVIOL. 74 11* ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 324
concret d'un séminaire de troisième cycle. Ce dernier point mérite
d'être souligné.
Précédé d'une introduction de Reuchlin qui rend compte des motifs
de la constitution de l'ouvrage et en présente les principaux aspects,
le livre se compose de quatre parties.
La première à laquelle ont contribué J. P. Valin et J. Pelnard-
Gonsidère se présente comme un rappel des notions fondamentales
de la génétique agrémenté des informations plus récentes relatives
à la biochimie de l'hérédité. Les lois et principes de la génétique des
populations quant à la transmission de divers caractères sont également
rapportés.
La deuxième partie à laquelle ont contribué J. Pelnard-Gonsidère,
E. Tedesco, M. Huteau et A. Nguyen-Xuan a trait aux principes
méthodologiques généraux. La méthode des jumeaux y est reconsidérée
de manière critique. Un chapitre est consacré, d'autre part, à l'intérêt
de l'étude de l'hérédité à travers les expériences effectuées chez l'animal
qui permettent la manipulation expérimentale de la génétique pour
mettre en évidence les bases physiologiques des conduites. Enfin, est
présenté le modèle d'hérédité multifactorielle de Fisher qui reste, malgré
son ancienneté, une des bases de la génétique quantitative actuelle,
mais qui pose, en raison de la difficulté qu'il y a à sélectionner des
groupes expérimentaux, quelques problèmes.
La troisième partie à laquelle ont contribué M. Demangeon, B. Gillet,
F. Bacher, J. Nadel, S. Larcebeau et Y. Chirol est particulièrement
technique puisqu'elle traite exclusivement de formes d'analyse statis
tique applicables à l'étude de l'hérédité.
La quatrième partie à laquelle ont contribué J. Hornemann.
D. Bonora, S. Larcebeau, F. Bény, H. Marcos, H. Rodriguez-Tomé
et J. Kaufmann est présentée comme un bilan des connaissances
actuelles dans ce domaine. Des travaux anciens et récents y sont pré
sentés relatifs au rôle de l'hérédité dans l'intelligence et la personnalité
(y compris une contribution sur l'hérédité de la schizophrénie) à travers
une variété de méthodes.
Les conclusions auxquelles parvient cet ouvrage sont limitées et
partielles, mais correspondent en fait à l'état actuel des connaissances
dans ce domaine. De ce point de vue, la mise à jour qu'il propose est
utile. Il est hélas fâcheux que le prix de vente ne permette pas de
le faire acquérir par la plupart des étudiants en psychologie.
J. P. Dufoyer.
Wallon (D.). — Les âges de l'enfant — enfants de 0 à 3 ans. —
Paris, Ed. universitaires, 1968, 212 p.
Premier d'une série consacrée aux âges de l'enfant, l'ouvrage de
Denis Wallon s'adresse aux parents — aux deux parents — pour décrire, PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PÉDAGOGIE 325
en termes précis, toujours accessibles, le développement du jeune enfant
dans ses trois premières années.
Les états affectifs, le développement moteur, le développement du
langage, le rôle des relations avec les parents et les frères et soeurs,
sont étudiés de façon un peu schématique (l'ouvrage s'adresse au grand
public) mais claire et concrète, avec des exemples cliniques bien venus.
Il s'agit d'une très bonne vulgarisation, que les étudiants en psychologie
et sciences de l'éducation auraient avantage à parcourir.
On peut regretter l'absence d'illustrations des positions motrices
et des gestes décrits, et sans doute aussi les allusions pour ou contre les
grands systèmes explicatifs (psychanalyse, systèmes des stades du déve
loppement psychologique) trop rapides pour être réellement intégrées
par des lecteurs non avertis, inutiles pour les autres.
F. WlNNYKAMEN.
Aimard (P.). — L'enfant et son langage. — Villeurbanne, Simep
Editions, 1972, 369 p.
Cet ouvrage peut être considéré comme un livre de vulgarisation
par le style dans lequel il est écrit et les caractéristiques de sa présent
ation. Par contre, il contient des informations assez vastes, assez
larges et parfois assez récentes et des indications bibliographiques
précises.
En fait, il semble qu'il s'adresse autant au grand public qu'aux
praticiens de la psychologie et de la pédagogie.
Cet ouvrage est divisé en quatre grandes parties.
Dans la première, l'auteur présente d'abord et commente un tableau
de l'acquisition du langage par l'enfant, sous tous ses aspects, compréhens
ion et expression et à travers les diverses étapes du développement.
Ensuite, P. Aimard rappelle les principes essentiels de la linguistique
et de la phonétique. Enfin, un chapitre est consacré aux rapports entre
langage et personnalité, la plus grande part étant faite aux apports de
la psychanalyse.
Sous le titre « Le circuit de langage » la deuxième partie comprend
des développements relatifs à la physiologie de la phonation et de
l'audition, suivis d'un court passage traitant rapidement des fonctions
du langage.
La troisième partie, la plus conséquente de l'ouvrage, a trait aux
troubles du langage sous tous leurs aspects principaux, de la surdité
à la dyslexie en passant par des problèmes relatifs à la déficience mentale
ou aux troubles psychotiques.
Une très brève quatrième partie est consacrée sous le titre « L'enfant
face au langage » aux difficultés, aux illogismes de la langue et des
éducateurs, ainsi qu'à des suggestions relatives à l'enseignement de la
langue française. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 326
Get ouvrage n'apporte donc pas de contribution nouvelle à l'étude
du langage de l'enfant. Par contre, par la clarté et la simplicité de sa
présentation, par la multiplicité des problèmes qu'il aborde, il pourrait
être recommandé à des étudiants débutants.
J. P. Dufoyer.
Trapp (E. P.), Himelstein (P.). — Readings on the exceptional
child research and theory. — New York, Appleton Century-
Crofts, 1972, 714 p. (2« éd.).
Dans cette seconde édition (la première date de 1962), les auteurs
ont maintenu les articles originaux antérieurs, devenus depuis des
classiques, et ont étendu leur recueil d'articles aux recherches les plus
significatives des tendances actuelles.
Trapp et Himelstein soulignent que les travaux foisonnent tant sur
les inadaptés sociaux que sur les techniques de modifications du compor
tement chez les enfants exceptionnels. La nouvelle édition a essayé
de refléter cette évolution et aborde quatre grands chapitres :
1) « Les problèmes intellectuels chez les enfants exceptionnels
(enfants surdoués, ou retardés mentaux) ».
2) « Les sensoriels et moteurs (déficiences auditives,
visuelles, et de langage ; atteintes cérébrales et handicaps moteurs) ».
3) « Les problèmes émotionnels particuliers (par exemple les phobies
à l'école) ».
4) « Les d'environnement (des enfants inadaptés sociaux)».
Beaucoup d'études expérimentales et comparatives sont présentées.
Il n'en reste pas moins vrai que le domaine des enfants exceptionnels
est si vaste qu'une grande sélection a dû être opérée : l'aperçu qui en
résulte est assez complet mais porte uniquement sur les recherches
américaines.
D. Colin.
Walters (R. H.), Cheyne (J. A.), Banks (R. K.) (Eds.). — Punish
ment. — Harmondsworth (England), Penguin books Ltd., 1972,
398 p.
Edité dans la collection des « Penguin modern psychology readings »,
cet ouvrage peut être utile aux étudiants avancés comme aux chercheurs.
Il rassemble 25 articles ou extraits couvrant le champ de la recherche
fondamentale et appliquée dans ce domaine au cours des trois dernières
décennies. La première partie présente la problématique : Church
définit le concept de punition et les procédures expérimentales qui le
mettent en œuvre : procédure d'échappement (où le stimulus pénible
est présent, et cesse à l'apparition du comportement attendu) ; d'évi-
tement (le stimulus est absent et continue à l'être si le comportement
attendu se produit) ; de punition (le stimulus est absent et certains PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PÉDAGOGIE 327
comportements le provoquent) ; de préservation (le stimulus est présent,
et certains comportements prolongent sa présence). Puis, il classe et
analyse les différentes interprétations de ses effets. Skinner met en doute
son efficacité particulièrement à long terme, et signale les effets secon
daires regrettables (peur, anxiété, etc.). Solomon et Marshall présentent
des recherches sur les effets de la punition, le premier avec des animaux,
le second avec des enfants.
La seconde partie étudie les effets de la punition et ses paramètres.
Les travaux exposés semblent indiquer une relation entre l'accroissement
de l'efficacité et celui de l'intensité et de la durée du stimulus pénible,
ceci dans des marges moyennes toutefois. Walters et al. étudient les
effets sur l'observateur de la punition du comportement du modèle ;
enfin, Cheyne et al. signalent la nécessité de nuancer fortement les
conclusions de la psychologie animale, ou des expériences trop simplif
iées, quand il s'agit de sujets humains et de situations complexes.
La troisième partie pose le problème des échecs de la punition (des
délinquants récidivent dans les comportements pour lesquels ils ont
été sanctionnés, les enfants développent une manière d'immunité à
l'égard des punitions parentales, etc.). Des rats, qui reçoivent d'abord
des chocs légers, et de façon non systématique, ne réagissent pas ult
érieurement à des chocs plus forts. Les auteurs rapprochent ce résultat
des faits éducatifs réels : il est bien rare que tous les comportements
interdits soient punis, et rare aussi que l'intensité de la punition ne
s'accroisse pas avec les récidives. Plusieurs interprétations sont proposées
pour ces faits. On présente également des expériences concernant le
conditionnement vicariant. Mowrer discute les effets paradoxaux de
la punition en termes de conditionnement des émotions.
La quatrième partie traite des effets du statut de celui qui administre
la punition. La punition a-t-elle pour effet la crainte de l'agent ou seu
lement celle du stimulus ? La situation serait différente selon la nature des
relations entre le sujet et l'agent.
Enfin, la cinquième partie traite une approche du problème de la
punition dans les faits de « vie réelle ». Lovaas et al. étudient les modifi
cations comportementales obtenues chez des enfants autistiques par
l'utilisation de chocs électriques. Plusieurs auteurs étudient les effets
de différentes procédures de « discipline », sur différentes populations,
d'autres, les relations entre ces procédures et des caractéristiques de
personnalité. Les relations entre punition et agressivité sont parti
culièrement examinées.
La conclusion insiste sur les modifications récentes des points de
vue : la punition, pourvu qu'elle soit modérée, et appliquée de façon
cohérente, peut amener la suppression de comportements indésirables,
et peut faciliter les apprentissages. L'absence de punition peut être
interprétée comme un accord tacite.
Deux courants de recherche (au moins) sont à suivre quant à l'avenir : 328 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
continuer, au laboratoire, l'étude des mécanismes d'action de la punition,
mais (surtout) étudier, dans les faits de vie réelle, les conditions de la
punition, les comportements qui en font l'objet, les types de punition
utilisés, et les faits auxquels ils sont reliés, etc., et ceci, entre autres,
par les voies de l'observation en milieu naturel.
F. WlNNYKAMEN.
Bany (M. A.) et Johnson (L. V.). — Dynamique des groupes et
éducation (le groupe classe). — Paris, Dunod, 1971, 344 p.
L'ouvrage de M. A. Bany et de L. V. Johnson a pour but de faire le
point des connaissances qui résultent de travaux effectués dans la
perspective de la « dynamique des groupes », appliquée au « groupe
classe ».
C'est essentiellement un livre destiné aux enseignants, et à tous
ceux qui ont pour tâche de s'occuper du « groupe classe », car il est plus
descriptif que théorique ; et certaines de ses conclusions pourraient même
être dites « thérapeutiques ».
C'est l'application d'une certaine psychologie sociale à la pédagogie.
M. GUIMELCHAIN.
Farnham-Diggory (S.). — Cognitive processes in education. A
psychological preparation for teaching and curriculum development. —
New York, Harper & Row, 1972, 630 p.
Alors que l'idée de « psychologie pédagogique » a été discutée bien
des années, il n'y a eu, de manière frappante, que peu d'exemples
d'intégration vraiment bonne de ces deux cultures. Beaucoup trop de
textes qualifiés de psychopédagogiques ont été tout, sauf cela ! Leur
orientation a été soit pédagogique, avec une conception de la psychologie
digne d'un journal à sensation, soit psychologique, avec des énoncés
soi-disant « évidents » sur la pédagogie. Le Pr Farnham-Diggory parvient
à éviter ces pièges et, qui plus est, rend justice à la science de la psychol
ogie et au véritable monde de l'éducation.
La prémisse de base est la suivante : une école valable peut être
établie sur des principes psychologiques solides en théorie. Selon l'auteur,
les principes appropriés sont ceux de Bruner, de Piaget, de Werner et
de Robert White. En d'autres termes, cet ouvrage est entièrement
orienté vers le « développement » et la « cognition » — la « théorie de
l'apprentissage » n'y tenant pas une place importante — et doit être
plutôt considéré comme une tentative pour fournir aux enseignants
et aux responsables des programmes scolaires ces éléments psycholo
giques qui leur seraient d'un grand secours dans la solution de leurs
problèmes pédagogiques.
Dans ce but, l'auteur divise les principes en six catégories majeures

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