Psychologie différentielle. Types. Caractères. Sexes. Familles. - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 333-351

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 333-351
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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Henri Piéron
G. P.
P. G.
M. L.
H. L.
D. W.
4° Psychologie différentielle. Types. Caractères. Sexes.
Familles.
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 333-351.
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Piéron Henri, P. G., G. P., L. M., L. H., W. D. 4° Psychologie différentielle. Types. Caractères. Sexes. Familles. In: L'année
psychologique. 1924 vol. 25. pp. 333-351.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1924_num_25_1_6183COMPAREE 333" PSYCHOLOGIE
GERALDINE FRANCE SMITH. — Certain aspects o! the sex-
life oî the adolescent girl [Certains aspects de la vie sexuelle des
adolescentes). — J. of appl. Ps., VIII, 3, 1924, p. 347-349.
Enquête faite sur 177 étudiantes de « collège » par voie d'un inter
rogatoire auquel les sujets répondaient par écrit sans signer leur-
nom.
Quelques résultats : Le premier désir de sortir avec les garçons
apparaît en moyenne à 14 ans (c'est le médian ; les âges indiqués
varient de 10 à 18) ; 8 °/0 n'ont jamais permis qu'on leur fasse la
cour, 92 °/0 l'ont toléré ; l'âge médian de la première « cour » est
entre 16 et 17 ans, mais les extrêmes se trouvent à 12 et à 25 ans.
D. W.
PIERRE BOVET. — Enfants vagabonds et conflits mentaux. —
J. de Ps., 1924, p. 236-240 (numéro spécial consacré à la psychol
ogie de l'enfant).
On a voulu voir dans la migration et le vagabondage un instinct..
On a parlé d'un « instinct migrateur » chez l'homme.
Il est plus plausible de considérer les cas de comme
liés à des accidents. Le conflit mental est un de ces accidents. Pour
y échapper, deux moyens se présentent : le rêve ou l'action adaptée.
Chez l'enfant, le conflit mental est, par excellence, le conflit famil
ial. Pour le résoudre, le rêve ou la rêverie de l'enfant proposent
quatre solutions : la mort des parents ou la sienne propre, le départ
des parents ou le sien. Si, le conflit s'exaspérant, l'enfant joue son
rêve, c'est la dernière solution la moins difficile qu'il choisira.
Quelles sont les racines de ce conflit familial ? Les explications
qu'on connaît, de Freud et d' Adler, paraissent plausibles à l'auteur.
I. M.
M.-N. SEARL. — A child Study [Une étude d'enfant). — Br. J. ot
Med. Ps., IV, 3, 1924, p. 249-257.
Encore une interprétation d'un caractère d'enfant à la lumière
« nécessaire et suffisante » de la psychanalyse. M. L.
4° Psychologie différentielle. Types. Caractères. Sexes.
Familles
F. MENTRÉ. — La noologie, science des types intellectuels. —
Scientia, XVIII, 8, 1924, p. 89-98.
La psychologie concrète, qui est à la psychologie générale ce que
la zoologie est à la biologie animale, représentant la science des.
espèces de variétés psychologiques, comprend l'éthologie, science
des caractères, et la noologie, science des mentalités, des types
intellectuels. 334 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Mentré caractérise brièvement les types qu'il considère comme
fondamentaux, le praticien, bien équilibré, mais étroit, avec forme
sensorî-motrice de l'intelligence ; le contemplatif, très affectif et
artiste ; enfin le méditatif ou intellectuel. A ces trois mentalités cor
respondraient les trois créations les plus importantes de l'esprit
humain : le machinisme, la musique, Ie6 mathématiques.
Les autres catégories d'esprits ne seraient que des rameaux dérivés
de ces trois branches maîtresses de l'arbre intellectuel.
L'auteur voit là un point de départ pour la constitution de la
noologie.
H. P.
ALFRED ADLER. — Progress in Individual Psychology {Un pro
grès en matière de psychologie individuelle). — Br. J. of Med. Ps.f
IV, 1, 1924, p. 22-31.
Le but auquel tend l'homme devient le principe moteur de son
activité psychique et la racine de sa personnalité. Le désir de s'affi
rmer, de progresser, désir qui vise à affirmer la supériorité de l'ind
ividu sur les autres et qui est susceptible de dominer les instincts de
<xmservation, de faim, d'amour, de recherche du plaisir, modèle la
personnalité humaine et dirige sa vie mentale dans tous les détails.
La volonté manifestée par les actes humains semble démontrer que,
plus est fort le sentiment d'infériorité, plus est haute l'ambition indi
viduelle. Les êtres humains qui se réfugient dans la névrose et la
psychose alors qu'objectivement les raisons de leur découragement
ne se justifient pas, peuvent être considérés comme des ambitieux
ayant perdu courage. L'auteur illustre cette théorie de psychologie
individuelle par l'étude détaillée d'un cas de psychose maniaco-
dépressive. •
M. L.
CYRIL BTJRT. — Mental differences between individuals [Diffé
rences mentales entre individus). — J. of. N. I. of Ind. Ps., II, 2,
1924, p. 67-74.
Les individus naissent différents par leurs aptitudes physiques,
par leur intelligence, et par le caractère. Leurs développements ne
sont pas identiques. Ces faits suffisent à justifier le point de vue de
la psychologie individuelle. L'auteur passe en revue les questions
générales qui se posent dans ces trois domaines, les diverses mensur
ations qui ont été établies ou proposées pour l'évaluation des capac
ités individuelles, du niveau général, et des aptitudes spéciales des
divers sujets. Ayant examiné les différentes fonctions par la méthode
des tests, le psychologue devra tenter de reconstruire un profil
psychologique. Si l'examen doit être rapide, l'auteur recommande
de porter principalement l'attention sur les facteurs généraux,
niveau mental et émotivité.
M. L. PSYCHOLOGIE COMPARSE 335
SANTE NACCARATI et H.-E. GARRETT. — The relation oî
Morphology to Temperament (Les rapports entre la morphologie
et le tempérament). — J. of Abn. Ps., XIX, 3, 1924, p. 254-263.
De récentes recherches endocrinologiques ont accentué l'impor
tance du rôle de la constitution physique et attiré l'attention sur
les rapports entre la morphologie et le tempérament.
L'école italienne désigne sous le nom de micros planchniques les
individus caractérisés par le fait que leurs extrémités présentent un
développement relatif plus grand le tronc, de macros
ceux au contraire dont le tronc est proportionnellement plus déve
loppé que les membres. Chez les normosplanckniques il y a équilibre.
C'est, d'après les recherches de Naccarati, chez ces derniers que se
rencontre le meilleur équilibre nerveux, les premiers étant trop
émotifs, les seconds trop instinctifs. Opérant chez des micro et macro-
splanchniquis normaux, on doit retrouver les caractéristiques émot
ionnelles de la catégorie à laquelle ils appartiennent.
L'auteur désigne sous le nom d' « index morphologique » le rap
port obtenu en mesurant la longueur du bras plus la longueur de la
jambe, et en divisant par le volume du tronc. Ce rapport, grand
pour le microsplanchnique, petit pour le macrosplanchnique est
moyen pour le normal.
On a opéré pur 54 étudiants.
On a d'abord établi leur index morphologique, puis étudié leurs
caractéristiques de tempérament et d'émotîvité avec les tests d'ins
tabilité émotionnelle de Woodworth, les tests de Pressey, et le test
4e tempérament volontaire de Downey. Puis chaque individu devait
se noter lui-même sur une marge allant de 1 à 50, au point de vne
de son intelligence, de son caractère physique, de son aggressivifcé,
«t de sa stabilité émotionnelle. Outre ses estimations personnelles,
l'expérimentateur qui connaissait bien individuellement, pour la
plupart, les sujets, les notait de son côté.
Les résultats obtenus, longuement critiqués et dressés en table
semblent établir, tout au moins pour cette expérience, qui devra
évidemment être confirmée par beaucoup d'autres, que les troubles
de tempérament de nature émotionnelle sont trouvés parmi les index
morphologiques peu élevés (grand volume du tronc et petites extré
mités), plus souvent que parmi les index morphologiques élevés
(tronc peu développé par rapport aux membres).
M. L.
GLEN V. CLEETON AND F.-B. KNIGHT. — Validity oî cha
racter judgements based on external criteria (Validité de juge
ments sur le caractère basés sur des critères extérieurs). — J. of
appl. Ps., VIII, 2, 1924, p. 215-231.
Trente sujets adultes appartenant à trois associations religieuses
(10 sujets de chaque association) ont été estimés au point de vue du
caractère d'une part, par les autres membres de l'associatioa se
connaissant fort bien les uns les autres ; d'autre part, occasion
nellement, par 70 observateurs, habitués à apprécier la valeur des 3"6 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
hommes, — hommes d'affaires, inspecteurs d'écoles, etc.. On appréc
iait la droiture de jugement, la capacité intellectuelle, la franchise,
la puissance de volonté, l'habileté à se faire des amis, l'aptitude à
diriger les autres, l'originalité et l'impulsivité.
Enfin, de nombreuses mensurations anthropométriques ont porté
sur les facteurs physiques supposés, d'après la phrénologie ancienne
ou moderne, être les signes extérieurs de différents traits de carac
tère. Voici les conclusions de cette consciencieuse étude :
1° II y a une grande uniformité de jugements parmi les juges
d'un même groupe ; 2° mais les deux groupes de juges, — collègues
de l'association et observateurs de hasard, — diffèrent fortement
entre eux. La corrélation la plus élevée est de 0,323 (pour l'origi
nalité), la la plus faible est de 0,023 pour l'intelligence ;
3° entre les présumés signes physiques et les appréciations des juges
de l'un ou de l'autre groupe les corrélations sont nulles.
D. W.
M.-H. LAUDIS et H.-E. BURTT. — A study of conversations
(Etude des conversations). — J. of comp. Ps., IV, 1, 1924, p. 81-89.
Renouvelant l'enquête de Moore, les auteurs se sont appliqués à
surprendre des fragments de conversation et à les classer d'après la-
nature des sujets, d'une part, et, d'autre part, d'après le sexe, la
condition sociale des interlocuteurs (gens d'affaires, ouvriers, étu
diants, etc.), le lieu où la était tenue (théâtre, rue,
magasin, école). Les résultats concordent avec ceux de Moore. Les
différences venant du sexe sont très marquées ; on ne sera pas sur
pris de voir que les affaires tiennent plus de place dans la conversa
tion des hommes, les chiffons dans celle des femmes. Il est amusant
de savoir que les femmes parlent quatre fois plus des hommes que
les hommes ne parlent des femmes et, qu'en général, elles parlent
plus des personnes, moins des choses.
P. G.
M. FREYD. — Introverts and extroverts (Introvertis et extrovertis).
— Ps. Rev., XXXI, 1, 1924, p. 74-87.
La distinction entre ces deux types a été faite pour la première
fois par Jung. F. passe en revue les descriptions qui en ont été don
nées par différents psychologues et y ajoute le résultat d'une enquête
faite auprès des étudiants.
L'introverti est un asocial ; il aime à s'isoler, il évite de se mettre
en avant dans les réunions, de prendre la parole en public ; il a peu
d'amis, parce qu'il est très hésitant et très scrupuleux dans leur
choix ; il a peu de confiance en lui-même, mais paraît cependant
orgueilleux à cause de son éloignement pour la vie en commun ; il
a une vie intérieure très active, il est sujet à la rêverie ; il est cons
ciencieux, agit par raison plutôt que par sentiment, il souhaite de
changer le monde plutôt que de faire l'effort nécessaire pour s'y
adapter ; il est d'ailleurs très mauvais juge des sentiments et des
idées d'au trui. PSYCHOLOGIE COMPAREE 337
(On voit que ce type correspond à peu près aux types déjà bien
■connus du déprimé, du douteur et du timide).
L'extroverti possède les caractères inverses.
F. pense que cette distinction est encore trop vague et trop incon
sistante et qu'elle aurait besoin d'être précisée pour servir de base
à des recherches expérimentales.
G. P.
G. LORIA. — Psychologie des mathématiciens. — Scientia, XVIII,
1, 1924, Sup. français, p. 9-19.
Comme il existe des différences essentielles entre les mathématic
iens véritables et les grands calculateurs, bien des études visant les
premiers, mais fondées sur les seconds, sont sans valeur (en parti
culier celles de Möbius sur la localisation cérébrale de l'aptitude ma
thématique). Rien ne permet d'affirmer l'hérédité du talent mathé
matique, dit Loria (mais aucune donnée n'est invoquée par lui à
l'appui de la négative), ni l'exclusivité de cette forme d'intelligence.
La précocité caractérise les mathématiciens ; quant à la genèse des
découvertes, sa marche en reste toujours inconnue. Y a-t-il des
types différents ? L'auteur pose la question. Mais, mathématicien,
il ne craint pas de faire l'apologie de ceux qui « grâce à la contemplat
ion incessante des vérités les plus sublimes... ont acquis une séré
nité presque ascétique », une élévation de pensée qui les place au-
dessus des autres savants 1 La conclusion est ce que l'article apporte
de plus net comme contribution à la psychologie du mathématicien,
c'est-à-dire à la psychologie de l'auteur.
H. P.
VALENTIN HAECKER et THEODOR ZIEHEN.- — Zur Verer-
bung und Entwicklung der musikalischen Begabung (De l'hérédité
et du développement de la capacité musicale). — In-8, 186 p., Leipz
ig, Barth, 1923.
Les auteurs ont publié en volume leur étude de la « Zeitschrift
für Psychologie » fondée sur le dépouillement de 1.100 questionnaires.
L'hérédité des dispositions musicales leur est apparue presque
constamment conforme aux lois mendéliennes.
Le talent musical ayant été divisé en composantes sensorielle,
retentive, synthétique, motrice et idéative, et séparé du point de
vue de la capacité reproductrice et de la puissance créatrice, avec
intervention en outre de dispositions rythmiques et d'impressionna-
bilité affective, l'hérédité de ces composantes a été envisagée sépa
rément.
Les auteurs notent au passage l'existence dans 64 cas (dont
50 masculins) d'une mémoire tonale absolue, celle-ci se rencontrant
dans 34 ° /0 des cas où apparaît un talent de compositeur.
Dans de nombreux cas les dispositions musicales commencent à
se manifester à la fin de la puberté, plus tôt lorsqu'elles sont très
accentuées.
Il n'est pas apparu de corrélation certaine entre les te
l'année psychologique, xxv.
pAR!S 388 ANALYSES BIBLIOGRAPHÎÇUES
thématique et musical, mais une corrélation vraisemblable se ren
contre dans le sexe masculin entre la capacité au calcul et le talent
musical.
H. P.
R. TIGERSTEDT. — Begabte Schüler [Les élèves brillants). — Ps..
For., III, 3, 1923, p. 241-257.
Dans quelle mesure les élèves brillants continuent-ils pfus tard à
montrer des aptitudes supérieures? C'est ce que le professeur
Suolakti a étudié dans une revue finnoise. Les aptitudes scolaires
sont mesurées pai les notes du diplôme de fin d'études. Les résultats
des études académiques correspondent sensiblement à ceux de
l'examen de maturité. Mais il se peut que de brillants sujets n'aient
pas continué leurs études. — Cygnœus a fait une contre-enquête.
Il a réuni des détails biographiques sur les sujets qui ont quitté le
gymnase d'Abo (Finlande) de 182.8 à 1872 ; les plus jeunes auraient
aujourd'hui 6$ ans. On possède leurs notes de fin d'études ; pour les*
rendre comparables, il suffit d'établir un système de points, et de-
diviser les sujets en catégories d'après le nombre de points obtenus..
Ensuite, on cherchera quelles sont les professions ehoisies par ces-
élèves, et quel est le nombre d'élèves de chaque catégorie qui ont.
embrassé chaque profession. On trouve que le plus grand nombre
des jeunes gens qui ont fait de bonnes études choisissent les profes
sions qui impliquent les aptitudes correspondantes : ceux dont les-
études ont été médiocres y sont relativement rares, et s'adonnent k
une activité d'un caractère plus pratique. Mais dans ces professions,
les élèves brillants se sont-ils distingués parmi leurs collègues ?
L'auteur cherche à répondre à cette question délicate, ea groupant
à part ceux dont la profession lui paraît exiger des facultés supé
rieures (maîtres- académiques, savants, docteurs, écrivains, artistes,
hauts fonctionnaires, députés au Reichstag (?)), ou ceux dont la
supériorité est attestée par des détails biographiques. Il conclut
que parmi les élèves distingués, il y en a un grand nombre, la moitié
ou le tiers, qui ont gardé dans la vie un niveau élevé, et qu'ils ont
pu devenir des hommes supérieurs, niais pas plus souvent que les
élèves médiocres.
P. G.
E- LEIGH MUDGE. — An adolescent genius --[Un génie adolescent).,
— Ped. Sem., XVIII, 1, 1924, p. 78-82.
Ce génie est celui qui se révèle à la lecture du journal de Marie
Bashkirtseff, celle que M. Barrés appelait « Notre Dame jamais
satisfaite ». Il est une excellente illustration avec le relief saisissant
qui caractérise les fortes personnalités, des traits typiques de la
mentalité de l'adolescente, avec ses alternatives d'orgueil et de
défiance de soi, d'enthousiasme* et de désespoir.
H. L. PSYCHOLOGIE. COMPAREE 339
/
EDWIN DILLER STARBUCK. — lite and Confession of G. St. Hall :
some notes of the psychology of g'eniws (Vie et confessions de
G. Stanley Hall : Notes' sur la psychologie du génie). — J. of Ph.,
XXI, 6, 1924, p. 141-153.
Les confessions de St. Hall sont particulièrement intéressantes
en ce qu'on y peut discerner les principaux traits que l'auteur lui-
même a considérés comme caractéristiques du génie.
1° Une réserve exceptionnelle d'énergie qui favorise l'action et la
création, en même temps qu'elle s'épanouit en sentiment et en pas
sion : « Les grandes œuvres sont les produits d'une parfaite euphorie,
d'une vitalité surabondante »... « Je dois avoir été un enfant parti
culièrement actif au point de vue physique et moral, et cela me fit
prendre un plus ample contact avec les hommes et les choses. »
2° Une puissance presque excessive des tendances instinctives.
St. Hall avait, dès l'enfance, un sentiment de soi des plus ombrag
eux.
Ses instincts de chasse, de Jeu, d'agressivité, plus tard ses ten
dances sexuelles, ont toujours été des plus pressants. Hall insiste
sur le rôle de l'instinct sexuel, qui a ouvert en lui « les sources de
l'esprit ». Toutes ces tendances instinctives se combinent pour
« focaliser » l'activité de Hall vers certains buts déterminés. Se réfé
rant à l'opinion selon laquelle la philosophie profonde de chacun
est une sorte de confession personnelle, on comprendra pourquoi
Hall a adopté une sorte d'évolutionisme dynamique, dont le prin
cipe s'apparente au Devenir de Hegel ou à la Volonté de Scho>-
penhauer.
3° Le génie est d'ordinaire un point où se rencontrent divers cou
rants d'idées, et c'est ainsi que Hall était au croisement des tradi
tions culturelles de l'Angleterre et de l'Allemagne modernes.
4° Mais ces tendances opposées réalisent en l'homme supérieur
une harmonie relative.
5° Les fortes personnalités ont la conscience d'obéir à « un mes
sage ». St. Hall se croit une sorte de prophète spirituel : « il est
pitoyable de voir avec quelle obstination l'homme regarde au dehors,
quand c'est au dedans qu'il devrait regarder, non seulement pour la
conduite de la vie, mais encore pour son salut. » De là, une forte
affirmation de soi, un sens intime très vif, un état de foi permanent.
Le génie est invariablement doué d'une appréciation de soi suffi
sante. Ainsi Stanley HalL ne craint pas de se placer au premier rang
des prophètes de la vie, à côté de Bouddha et de Jésus. Cette estime
de soi a une grosse influence sur les jugements que l'homme supé
rieur porte sur son œuvre ou sur les autres hommes. Et c'est ainsi
qu'il a tendance à surestimer ses productions personnelles, et qu'il
risque de mésestimer les autres hommes. Il lui est difficile de se plier
aux nécessités d'une collaboration. Et enfin l'appréciation par un
homme supérieur des courants d'idées et des valeurs éducatives ne
doit être acceptée qu'avec force réserves : e'est ainsi que, pour le
pédagogue St. Hall, « l'éducation est le seul espoir essentiel du
monde », et que le psychologue doit être appelé aujourd'hui à être
une sorte de prêtre eminent des âmes « comme aux anciens jours S40 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'étaient ordinairement les fondateurs des grandes religions et les
créateurs des cultes et des lois ».
6° Le génie possède habituellement un « sens d'humanité »,
comme « une conscience de l'espèce », qui s'exprime par un intense
besoin d'agir pour autrui.
7° Enfin, les fortes personnalités s'efforcent de réaliser une vision
synthétique du monde, dont le centre est tantôt « le démon de So-
crate », tantôt le « Père » de Jésus, la « Bonté du ciel » de Confucius.
Pour St. Hall, c'est la « Nature », qui est non seulement le principe
de sa philosophie, mais encore la divinité de sa religion.
H. L.
H.-W. GRUHLE. — Swedenborgs Traume. Ein Beitrag zur Phéno
ménologie seiner Mystik [Les rêves de Swedenborg : contribution à
la phénoménologie de son mysticisme). — Ps. For., V, 3-4, 1924,
p. 273-320.
Swedenborg a composé, en 1743-44, un livre de rêves (Drömmar)
qui a été retrouvé, puis édité à un petit nombre d'exemplaires en
1859. A l'occasion d'une traduction allemande parue récemment,
Gruhle étudie ce livre dans ses rapports avec le mysticisme de son
auteur.
L'analyse des rêves, envisagés dans leur contenu, montre un fond
assez banal ; l'auteur étudie leurs éléments (visuels, auditifs, tac
tiles, kinesthésiques et organiques), les émotions et. les sentiments,
l'origine des représentations et leur liaison. La coloration mystique
et religieuse ne vient pas du contenu même du rêve, mais de l'inte
rprétation consécutive. Après une revue rapide de l'histoire des inter
prétations oniriques depuis l'antiquité, il nous montre que Sweden
borg n'a, sur ce sujet, aucun principe original. Les interprétations
sont capricieuses et banales, toujours tout à fait arbitraires. Ce qui
l'intéresse, c'est moins le contenu des rêves que leur origine surnat
urelle. Dès 1736, il est sujet à des états de vertige et d'extase, qu'un
de ses commentateurs rapporte à de singuliers exercices respira
toires, par lesquels il croyait se mettre en communication directe
avec le monde des esprits. On retrouve dans ces états les faits décrits
par d'autres mystiques : sentiment de plénitude de vie, de joie et de
puissance indicibles ; perception d'une lumière spirituelle, sentie
plutôt que vue ; sentiment de possession et d'automatisme dans la
pensée et dans la parole, etc. Il y a continuité entre les visions à
l'état de veille et les rêves proprement dits. Swedenborg distingue
nettement la vision corporelle de la vision spirituelle ; elles peuvent
coexister ; il a le sentiment que son âme est parfois en dehors de
son corps, et qu'elle est en relation avec les esprits pendant que son
corps continue à être en avec les objets matériels. C'est une
question de savoir s'il a présenté de véritables hallucinations. — Ces
phénomènes ont-ils une signification nettement pathologique ? C'est
le problème qui se pose à propos de tous les grands visionnaires. On
est tenté de le considérer comme un schizophrène ; cependant
G. tend à écarter cette interprétation. On ne peut pas juger un mys
tique du xvme siècle comme un de nos contemporains. Il faut tenir PSYCHOLOGIE COMPAREE 341
compte du milieu et des croyances. Le père de Swedenborg était déjà
un visionnaire ; lui-même a vécu dans une société à préoccupations
mystiques ; enfin c'est un homme de caractère calme, modeste, son
activité scientifique a été considérable jusqu'à quarante ans : son sociale ne s'est pas démentie ses derniers moments.
P. G.
S.-D. PORTEUS. — Temperament and Mentality in Maturity, Sex
and Race (Tempérament et mentalité au point de vue de la maturité
du sexe et de la race). — J. of ap. Ps., VIII, 1, 1924, p. 57-74.
Les mesures d'intelligence telles qu'on les pratique habituell
ement à l'aide des tests B.-S. ou d'autres tests analogues ont conduit,
entre autres, aux affirmations suivantes :
1° Le développement de l'intelligence peut être considéré comme
achevé vers l'âge de 14 ans approximativement ;
2° II n'y a pas de différences entre les sexes ;
3° II n'y a de les races.
Ces conclusions vont nettement à l'encontre de tout ce que nous
savons par ailleurs sur la question. Sans parler des observations que
chacun fait sans doute dans son entourage, il serait étonnant
le développement mental soit arrêté dans l'adolescence alors que
l'on sait en général, et en particulier d'après[les mensurations entre
prises par l'auteur, que le cerveau continue à croître jusqu'à l'âge
de 25-30 ans ; ces mêmes mensurations montrent des différences
très nettes entre les sexes et les races. L'auteur reproche aux tests
de B.-S. fort judicieusement d'ailleurs, de ne s'adresser qu'à un côté
de l'intelligence, ce qu'on pourrait appeler avec Thorndike, la ca
pacité d'apprentissage ; « learning capacity ». Or, s'il est vrai que
l'intelligence est une capacité d'adaptation aux situations imprévues,
ou, comme le veut l'f uteur, une capacité d'adaptation progressive,
il ne faut pas faire abstraction des facteurs du tempérament : pru
dence, persévérance, etc. L'auteur croit que ses tests de labyrinthe
mettent en jeu les facteurs énumérc's. Les ayant appliqués à plus de
1.000 enfants de 9 à 1±, à Hawaï, il a trouvé des différences de sexe
et de race, qui n'ont pas été décelées par les tests de B.-S. (dans ces
derniers on remarqua seulement une légère supériorité des Anglo-
Saxons, due probablement aux différences de langage).
Dans les tests de labyrinthe, les filles, supérieures aux garçons jus
qu'à l'âge de 10 ans, leur deviennent, à partir de ce moment, nette
ment inférieures.
Quant aux différences de race, les Anglo-Saxons et les Japonais
donnent des résultats sensiblement semblables, alors que les Chi
nois se montrent nettement inférieurs ; les Portugais se classent
encore plus bas. Ce classement coïncide bien avec le rendement social
de ces divers peuples en tant que l'on peut en juger par le taux de
criminalité, la fréquence des cas de débilité mentale, et la prospérité
économique, évaluée par les comptes à la Caisse d'épargne.
On regrette que l'auteur n'ait pas indiqué le nombre exact de sujets
par nationalité et par âge.
D. W.

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