Psychologie différentielle. Types. Caractères. Sexes. Familles - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 290-298

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 290-298
9 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1925
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4° Psychologie différentielle. Types. Caractères. Sexes.
Familles
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 290-298.
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4° Psychologie différentielle. Types. Caractères. Sexes. Familles. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 290-298.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6259290 ANALYSES BIBLJG&RAPKJQUES
posé à l'esprit. L'enfant ne Mt pas d'hypothèses, il « croit tout <m
qu'il pense ». L'ordre qu'il perçoit dans les événements lui paraît
mécessaire et s'il s'essaye à en conoevoir un différent, il 'est victàm»
■de perse vérations qui mamtienaentt l'ordre primrtil.
Après 8 ans^ l'enfant peut au contraire reculer, et construire wae
aaouveaux irais une autre Jiypothèse. Avant cet âge, ne faisant pas
d'hypothèses, l'enfant ne sait pas manier la déduction, ne pouvant
pas envisager un ensemble de combinaisons possibles, pour en dé
gager le réel, au lieu de s'en tenir à des visions syncré tiques imméd
iates.
Enfin, ne sachant pas déduire, l'enfant de 7 ans ne sait pas faire
un récit dans le temps, juxtaposant les événements, au lieu de te»
déduire par raisonnement les uns des autres. M. P.
M. POMATHIOD. — Rapport srer les expériences faites dans las
écoles primaires de l'Aisne concernant les acuités visuelle et audi
tive et la mémoire. — B. S. A.B., XXV, déc. 1954, janv. 1925,
p. 44-51.
Sur 336 enfants, 14 % ont une vision normale, 60 % une vision
meilleure que la normale (voient de 5m,50 à fîm,50), 18
«surnormale» (plus de 6m,50, et jusqu'à 10 mètres dans quelque«
cas), 11 % vision médiocre (5 mètres à 1 anètre), 3 °/° viision mauv
aise (moins de 1 mètre).
Sur 218 élèves, 75 % entendent le tic-tac d'une manifcre à plus ée
90 centimètres. Il semble que la majorité des enfants entende un -pea
mieux de l'oreille droite de la gauche.
Sur 452 élèves soumis à l'expérience ides 25 unsts deBinet, 111 n'ont
-fait aucune erreur:; 252 ouit de 1 à 5 m&ts soulignés par etreur';
&9de 6à 10 mots erronés:; 14dell à!5 ; 3 dei6à20:; 2 de 2:14 24-,
un seul enfant (7 ans:) n'a aucun mot exact. Les moyennes d'âge sont •■:
pour 6 ans 8 mots exactsv7 ans42 mots., 8 ansäet au-delà 17 mot«. Le
nombre des exacts est légèrement supérieur chez les garçons
que chez les filles : 17,6 en moyenne contre 17.
La mémoire des chiffres paraît être en raison directe 'de l'âge, de
même que la mémoire des phrases.
L'ensemble de ces expériences in 'apporte rien <de nouveau. I. M.
F.-L. BERTRAND et F. SARRIEU. — 'Campie-iendnde ladenxième
enquête sur la distraction. — B. S. A. B., XXV, 1924-1925, p. 51-63.
La proportion des distraits parait plus élevée pour les garçons que
pour les filles. Les 9/10 des sujets semblent présenter des* troubles
organiques (lymphatisme, troubles nerveux, etc.). I. M.
4° Psychologie DTFFÉRENTrExtE. Types. Caractères.
Sexbs. 'Familles
J. COHN. — Begriffliches zur differentiellen Psychologie (Sur itn
concepts de la psychologie différentielle). — &. für ang. iPsM XXVI,
1-2, 1925, p. l'ftS-149.
Voici île schéma par lequel l'auleur résume l'essentiel de COMPAREE 291 PSYCHOLOGIE
L'analyse psychologique étudie :
-,les propriétés .... . isolées,, (pg les structures structtlraie)
,, . , , d'après leur signification d'après leur «randear (|>8 des constations)
relativement .relativement
à d'autres personnes aux autres propriétés
(ps. comparée) d'une même personne
(ps. reflexive).
D. W.
HANS FRIEDENTHAL. — Die Rolle des Physiognomik in der
menchlichen Praxis (Le rôle de la physio gnomonie dans la pratique
humaine). — Ps. und Med., I, 1925, p. 55-57.
La physiognomonie dans le sens large est la science qui nous
apprend quelles conclusions on peut tirer du physique de l'homme
sur la nature de ses dispositions psychiques, de là sa personnalité.
La structure du corps, la constitution, le caractère et la personnalité
sont le produit de deux facteurs : l'hérédité et le milieu. On peut
modifier le produit en modifiant l'un des facteurs. Pour cela, il faut
les bien connaître, et connaître leurs rapports. C'est la tâche de la
nouvelle science à laquelle l'auteur prédit ua grand avenir.
I. M.
TERMAN (et ses collaborateurs). — Genetic studies of Genius.
I. Mental and Physical Traits of a Thousand Oifted »Children (Etudes
génétiques sur le Génie. I. Caractères mentaux et physiques de mule
enfants bien doués). — La-8 de 648 p. Stanford Oniversity Press,
1925.
Ce beau livre, luxueusement édité grâce au fonds Thomas Weléon
Stanford, apporte une importante documentation due à de nombreax
collaborateurs et collaboratrices du professeur Teranan (B.-T. Bald- '
win, Ed. Bronson, J.-C. de Voss, FI. Fuller, FI. L. Goodenough,
Tr. Lee Kelley, M. Lima, Hel. Marshall, A.-H. Moore, A.&. Rau-
benheimer, G. -M. Ruch, R.-L. Willoughfoy, J. Benson Wyman,
D. Hazeltine Yates).
Le problème du génie est abordé, non plus par une étude mono
graphique rétrospective des hommes supérieurs qui ont réussi, mais
par un examen collectif de tous les enfants manifestant des aptitudes
intellectuelles supérieures, des rgénies embryonnaires dont certains
pourront se développer et aboutir.
Qu'il s'agisse d'ailleurs plutôt des talents exceptionnels, que du
véritable génie (la langue française se montrant plus exigeante pour
l'attribution du qualificatif génial), peu importe. Il est en tout cas
incontestable que le diagnostic précoce des individus supérieurement
doués, la connaissance de leurs conditions d'apparition, l'étude de
leur développement, ont une haute importance pour l'utilisation
optima des aptitudes dans notre .organisation sociale. Qu'on envisage
l'eugénique, la pédagogie rationnelle, ou l'orientation professionnelle, 292 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
les données acquise« par une étude scientifique complète comme celle
que poursuit Terman seront des plus précieuses.
Dès 1919, à l'Université Stanford, fut fondée une bourse de r
echerches sur les enfants bien doués *. En 1921 divers apports per
mirent de consacrer à cette Université 50.000 dollars à cette étude
(près d'un million et demi de nos francs d'aujourd'hui).
Au 1er mai 1924, avaient été étudiés et suivis 1.655 enfants, le
groupe principal comprenant 370 garçons et 314 filles de 4 à 13 ans,
dont le quotient d'intelligence allait de 1,35 à 2 (moyenne de 1,51).
Toute une documentation est fournie sur l'hérédité et le milieu
de ces enfants, sur leurs origines nationales (parentf, grands-parents),
sur leur examen anthropométrique et médical, sur leurs réussites
scolaires, leurs intérêts et leur caractère, etc.
Des tables, des graphiques bien construits rendent la documentat
ion facilement utilisable.
Il y a là un travail très important qui pourra, s'il est continué
avec soin, porter tous ses fruits, en suivant l'évolution ultérieure
de ces bien doués pendant un nombre suffisant d'années. H. P.
MARVIN L. DARSIE. — The mental Capacity of American-bom
Japanese Children (La capacité mentale des enfants japonais nés en
Amérique). — Comp. Ps. Mon. Ill, 15, 1926. Gr. in-8 de 90 pages.
Recherches sur 658 enfants de familles japonaises établies en Cali
fornie, au moyen de l'échelle Stanfo d- Binet et de l'échelle Béta
de l'armée, et quelques autres épreuves pour le niveau d'instruction.
La distribution des quotients d'intelligence de 10 à 15 ans, com
parée à celle donnée par Terman, montre une infériorité générale
japonais7 dont le quotient moyen est 0,895 au lieu de des enfants
0,995, mais- seulement pour cette échelle, où le langage joue un rôle
important. En effet, avec l'échelle Béta, sans langage, à 10 ans les
moyennes sont respectivement de 60,5 et 60,6 pour les Japonais et
les Américains', à 11 ans de 69,9 et 69,1, à 12 ans de 79,5 et 71,7. Les
enfants japonais de douze ans sont donc nettement supérieurs.
Mais, au point de vue scolaire, ils sont en retard d'environ 6 mois,
de 14 mois en moyenne pour la lecture, de 12 mois pour le langage,
de 6 mois pour les connaissances générales, mais pas même de 2 mois
pour l'arithmétique ; et, chose curieuse, en orthographe, ils sont en
avance, de près de 3 mois ; en dessin et en écriture, leur supériorité
est très marquée.
Pour la variabilité individuelle, les différences de sexes, rien de
par i ulier ; comme pour les enfants américains, les écoliers des
villes sont sup rieurs à ceux des campagnes, ceux de famille d'em
ployés supérieurs à de familles de travailleurs manuels.
D'après l'observation des maîtres, les enfants japonais sont moins-
ouverts, moins vaniteux, plus stables au point de vue affectif, plus
sensibles à la beauté, moins originaux d'intelligence. H. P.
1. Les résultats des premières recherches portant sur 180 enfants ayant
un quotient intellectuel supérieur à 1,4 ont été publiés en] 1922 dans la
PsychologicalHiview (Cf. An. Ps., XXIV p. 314-316). PSYCHOLOGIE COMPAREE 293
TH. GARTH, T. J. SARAFINI et DULTON. — The inteUigence
oî full blood Indians (L'intelligence des Indiens de sang pur). —
J. of Appl. Ps. IX, 4, 1925, p. 382-389.
Application des « Tests nationaux «, (échelle A, forme I) à plus
de mille petits Indiens, élèves des écoles indiennes aux Etats-Unis.
Voici les médians de leurs âges mentaux comparés à ceux des
blancs :
Classe « grade » 5 6 8 Ix 7
8,5 9,2 11,6 131 Indiens 10,6
Blancs 9,8 11,2 12 13,2 14,3
Le quotient intellectuel des Indiens croît sensiblement en fonction
de la scolarité. Voici les médians pour les différentes classes :
II Classe « grade » 5 6 8 4 7 9
Q. I médian 50,0 66,5 70,2 75,6 80,0 80,8
DAGNY DUNNE. — Comparison of white and negro children by
the Terman and Yerkes Bridge's revisions of the Binet tests (Com
paraisons d'enfants blancs et nègres au moyen des tests de Binet
modifiés par Terman et par Yerkes). — J. of comp. Ps. V. 3, 1925,
p. 209-219.
Ces deux séries de tests ont été appliqués à deux groupes d'écol
iers de race blanche et noire d'un même district, âgés de 5 à 16 ans ;
aucune sélection n'a été faite ; les enfants blancs appartenaient à
trois types différents d'écoles correspondant à un niveau social et
économique différent, de sorte que l'ensemble est assez comparable
au groupe hétérogène formé par les nègres. Sans égard à l'âge chro
nologique, tous ont été examinés avec toute la série des épreuves
comprises entre celle dont ils se tiraient parfaitement et celle où ils
échouaient complètement. Les deux méthodes — coefficient intellec
tuel et quotient intellectuel — donnent pour le groupe des enfants
blancs un niveau toujours supérieur à celui des enfants noirs. La dis
tribution numérique des deux sortes de sujets à chacun des niveaux
est également significative de la supériorité des blancs. Enfin on a
comparé les deux races dans l'exécution des différentes tâches ; si
elles sont égales pour les tests d'imagination libre ou pour ceux qui
se rapportent à des problèmes pratiques, les blancs montrent leur
supériorité dans les épreuves qui exigent une terminologie précise,
des connaissances et de? méthodes acquises par la lecture, de la vi
tesse, chez les enfants les. plus âgés ; de nouveaux ajustements sen-
sori-moteurs ou une discrimination sensorielle chez les plus jeunes.
P. G. 294 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
J. PETERSON-, L. H. LANIER et H.-M. WALKER. — Compa-
risons of white and negro children in certain ingenuity and speed
tests. (Comparaison d'enfants blancs- et nègres dans certains test»
d'ingéniosité et de vitesse). — J. of comp. Ps., V, 3, 1925, p; 271-
283.
L'application des tests habituels à des sujets de race différente
donne des résultats souvent difficiles à interpréter. C'est ce qui
afrive quand on soumet des enfants de race noire aux épreuves em
ployées dans les écoles. Ces expériences éveillent certaines inquié
tudes ; de plus, on sous-entend toujours que dans les épreuves, les
sujets doivent donne» leur effort maximum : mais la vitesse n'a pas
aux yeux d'un nègre la même valeur qu'aux yeux des autres enfants
américains ; d'ailleurs parmi ceux-ci, il y a souvent hésitation sur
l'inftor-tance relative de la vitesse et de l'exactitude.
Pour opérer dans des conditions plus uniformes, on peut essayer
de stimuler continuellement le sujet. Voici,, à cet égard, trois épreuves
imaginées pour des enfants de 12 ans :
Dans la première (Rational Learning test), on annonce au sujet
que les trois lettres A, B, G, correspondent chacune à un des nombres
1,2, 3 ; mais A n'est pas 1, B n'est pas 2, et G n'est pas 3. L'expér
imentateur nomme A : le sujet doit deviner le nombre ; on l'arrête
quand il a deviné juste ; on passé ensuite à B, puis à C. Une fois qu'il
a compris l'épreuve, on en propose une autre semblable, mais avec
cilct lettres.
Dans l'épreuve du labyrinthe mental, on montre au sujet un l
abyrinthe simple dont les allées sont figurées par de simples trait»
numérotés ; à chaque bifurcation, le bon chemin est à droite, le, mauv
ais à gauche. L'expérimentateur propose le choix entre le» deux
premières allées en les appelant par les nombres qui- les désignent :
si le choix est correct, il passe à la bifurcation suivante ; si le sujet
s'engage dans la mauvaise voie, on le fait choisir entre l'autre et celle
qu'il vient de quitter, et on lui fait remarquer que tout nombre qui
reparaît pour la seconde fois indique une erreur. Une fois qu'il a
compris, on répète l'expérience sans voir et en remplaçant les nombres
par des mots.
Dans l'épreuve du transfert du disque, trois disques de rayon dé
croissant scent placés, le plus grand en dessous et le plus petit en
dessus, sur un cercle (n<> 1) ; il s'agit de les faire passer un à un et de
les remettre dans le même ordre sur un autre eerele (nD 3) en utilisant
comme relai un troisième cercle (n° 2), sans jamais placer un disque
plus grand sur un phis petit. On montre au sujet comment il faut
procéder, puis on lin vite à en faire autant avec 3, 4 et 5 disques.
Ces expériences ont été faites sur des écoliers blancs et nègres,
assez comparables. On note la durée, le nombre des répétitions ou
essais, tes erreurs. En général, les blancs l'emportent dans la pre
mière et dans la dernière épreuves ; la différence (en faveur des
nègres} est insignifiante dans la seconde. Ces tests sont intéressants ;
mais il est assez délicat d'en interpréter les résultats ; plusieurs fac
teurs semblent impliqués dans leur exécution : rapidité des réac
tions, aptitude au raisonnement, mémoire. Les auteurs comptent
poursuivre ees recherches sur un plus grand nombre de sujets. P. G». PSYCHOLOGUE COMPARÉE 295
FLORENCE MAID A MERCER. — The colour preferences ol one
thousand and six negroes [Les couleurs préférées chez mille six.
nègres. — J. o£ comp. Ps., V, 2, 1925, p. 109-146.
Exemple de ces recherches statistiques si à la mode en Amérique..
Bans Les écoles publiques nègres, l'auteur a fait classer dans un ordre
de préférence les sept principales couleurs par 1006 enfants. Les ré
sultats se prêtent à toute une élaboration mathématique.C'est ainsi
qoe nous apprenons qu'en général te bleu; est nettement préféré^
le blanc placé à l'autre bout de la série ; les autres couleurs ont, un
rang intermédiaire avec de faibles écarta entre elles» En groupant
ses sujets d'après la classe scolaire,. le sexe, l'auteur cherche à mettra*
em évidence une influence de ces facteurs : le classement subit de
légers changements, par exemple le rouge perd des rangs quand les
enfants grandissent, et il paraît plus estimé par les garçons que par
les filles, etc. P. G.
C. MURCHINSON et K. BURFIELD. — Geographical conco
mitants of negro criminal intelligence (Facteurs géographiques et
intelligence des nègres criminels). — Ped. Sem., XXXIIrI, 1925>
p. 26-44.
Gomme dans: ses études antérieures sur les blancs, Fauteur fonde
la détermination des caractères d'un groupe de criminels sur sa com
paraison avec la population normale. Mais il s'applique de plus à
montrer que ces sont locaux et qu'une comparaison ne
peut être; faite qsu'entre deux groupes delà même région.
Le- rapprochement de 1.351 criminels des recrues noises de Far
inée en général révèle un degré d'intelligence supérieur pour l'armée*
mais la comparaison des criminels de chaque Etat (Illinois, Ohio,
Maryland; et New-Jersey) avec les contingents: militaires de ce même
Etat est au contraire favorable aux délinquants.
D'autre part, l' application des tests a mis en lumière um degré inr
férieur d'intelligence pour les Etats du Sud.
Il faut remarquer encore que le niveau d'intelligence des noirs
incarcérés, dans l'Etat, dont ils sont originaires est supérieur à celui
des nègres nés dans un autre Etat. Ce même phénomène a été observé
pour les criminels de race blanche. A. B.-F.
CARL MURCHISON. . — American White Criminal Intelligent
(L'intelligence des Américains criminels de race blanche). — Jour
nal of Criminal Law et Criminology, XV, 213, 1924, p. 239-316
et 435-494.
Le fait essentiel qui ressort de cet important travail portant sur
l'examen de près, de 4.006 détenus, c'est que la criminalité (au sens
large de déïnquence) n'est nullement l'indice de débilité mentale,
coœaane on l*a souvent soutenu. Au contraire, en moyenne, les dé
tenus se sont montrés d'intelligence supérieure à un ensemble in
différencié d'Américains de race blanche, d'après les résultats de
phis de 44.000 mesures avec la même échelle Alpha de l'armée amér
icaine. Si l'on divise les niveaux ea deux groupes des inf érieurs et
supérieurs, les proportions respectives sont de 46,2 et 55,2 pour les
criminels,. 52,1 et 47,3 ptrur le groupe général. 296 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les détenus de certains Etats se montrent d'un niveau supérieur
à celui des détenus d'autres Etats, probablement parce que, pense
l'auteur, une population qui se déplace est plus intelligente qu'une
population stationnaire. Une des conséquences en est que les détenus,
dans les prisons d'un Etat, provenant d'un Etat différent,' sont plus
intelligents que ceux qui se sont fait incarcérer sur place.
Dans certains groupes d'actes antisociaux les récidivistes sont en
moyenne plus intelligents que les délinquants pour la première fois,
dans d'autres (les fraudes par exemple) ils le sont moins.
Le niveau d'instruction n'est pas parallèle au niveau d'intelligence ;
il est en moyenne inférieur chez les détenus à celui du groupe indif
férencié. Une classification des détenus est donnée d'après leur rel
igion, en rapport avec la nature des crimes ou délits et le niveau d'in
telligence ou d'instruction.
Les célibataires sont plus nombreux que les individus mariés,
lesquels sont plus intelligents et plus instruits.
Il y a dans cet important travail de recherche expérimentale et
de discussion statistique une documentation de premier ordre pour
la criminologie, H. P.
G. MURCHINSON. — Intelligence and types of crime of white fo
reign born criminals (Intelligence et catégories de crimes chez les
criminels de race blanche nés à l'étranger). — Ped. sem., XXXII,
1925, p. 8-25.
Ce travail fait suite à la série d'études publiées par l'auteur dans
le Ped.. sem. (XXXI, 4, p. 306) et dans le J. of crim. law andcrim,
(XV, 2 et 3).
1° Les criminels américains nés à l'étranger sont comparés avec
les repris de justice nés aux Etats-Unis. La proportion des attentats
contre la personne est moins élevée chez ceux-ci que chez ceux-là
(13,2 contre 26,2 %) ; les vols au contraire sont plus fréquents chez
les Américains de naissance (25,4 contre 17,4) ;
2° Les délits contre la propriété sont le plus fréquents pour les
Russes et les Allemands (78,6 et 73 %). La proportion la plus élevée
des attentats contre la personne est trouvée pour les Italiens (54,8°/ o);
3° La mesure de l'intelligence a donné une distribution analogue
à celle qu'on avait obtenue pour les Américains. La répartition à
l'intérieur d'une même nationalité varie beaucoup suivant celle-ci ;
4° Pour toutes les nationalités le niveau d'intelligence des voleurs
est supérieur à celui des criminels. A. B.-F.
G. HEYMANS. — La Psychologie des Femmes (trad. Le Senne). —
In-8 de 415 pages. Paris, Alcan, 1925. Prix : 25 francs.
Le Senne a traduit sur la 2e édition allemande (1924) l'important
ouvrage du professeur de Groningue, publié pour la première fois
en 1910, et il a fait précéder sa traduction d'une utile préface où il
expose les méthodes de la psychologie « spéciale » de Heymans ou
psychologie synthétique, visant à reconstituer des. types humains,
des caractères, des individualités ; ces méthodes sont biographiques
et statistiques et ont donné de très intéressants résultats. C'est en
dépouillant les résultats d'enquêtes par questionnaires sur l'héré- PSYCHOLOGIE COMPAREE 297
dite du caractère que l'auteur a obtenu les principales données sur
lesquelles il a construit sa psychologie féminine, branche de la psy
chologie « spéciale » en ce qu'elle vise, non ce qu'il y a de commun
dans la psychologie humaine, mais ce qu'il y a de différent, de propre,
comme caractéristique des individus d'un sexe. Tant au point de vue
de l'affectivité que de l'intelligence ou de l'activité volontaire,
Heymans dégage une différenciation systématique des deux sexes.
Les raisons de cette peuvent tenir à l'action so
ciale et éducative, à une influence physiologique directe ou ä une
constitution héréditaire par suite d'une action sociale prolongée ou
d'une sélection sexuelle longtemps poursuivie.
Mais, en somme, pratiquement, ce qu'il importe de savoir c'est
ce qui est constitutif et ce qui est acquis dans les caractéristiques
propres de la psychologie féminine.
Heymans s'efforce de faire cette distinction. Il remarque que
l'émotivité plus grande de la femme appartient bien à son fond
permanent ; et, dès lors, les traits de caractère qui ont apparu au
cours des enquêtes en corrélation étroite avec le degré d'émotivité
doivent avoir aussi un caractère fondamental. Ce sont : l'incons
tance d'humeur, l'inquiétude, la pusillanimité, la persistance de la
tristesse et la brièveté de la colère, le besoin de changement, la pro
pension au rire, le défaut de logique, la répugnance à l'abstraction,
la pensée intuitive et l'aptitude aux langues, l'impulsivité, le fana
tisme, la dextérité, la vanité, l'esprit dominateur, le penchant à
l'exagération, l'excès de cruauté ou de pitié, l'honnêteté, le sent
iment religieux, la fragilité mentale.
Une seconde propriété fondamentale de la femme, indépendante
de l'émotivité, résiderait dans le degré plus grand d'activité. Cer
tains traits qui sont en corrélation avec l'émotivité le sont aussi
avec l'activité (toujours d'après les résultats généraux de l'enquête
commune aux hommes et aux femmes) ; cela permet de comprendre
qu'ils soient particulièrement marqués dans le caractère féminin
(mobilité, religiosité, dextérité, etc.) ; quand il y a conflit entre l'ac
tivité et l'émotivité, c'est généralement la dernière qui l'emporte,
car son excès est plus marqué chez la femme.
Toutefois, en dépit de l'émotivité, dépendent de l'activité le carac
tère économe et pratique, la patience dans la maladie, la sincérité ;
c'est que l'activité serait aidée par la moralité plus grande de la
femme attribuée par Heymans à la sélection sexuelle.
Dans tout ceci il s'agit seulement de différences entre la moyenne
générale, dans la fréquence d'un trait de caractère, et la du
groupe féminin, bien entendu, et les relations entre les divers traits
de caractère sont purement empiriques, reposant sur des corréla
tions statistiques. Les parentés profondes, dans le jeu du mécanisme
complexe que représente l'individualité, ne sont pas envisagées ;
scientifiquement elles ne peuvent en effet l'être encore. Et le beau
travail de Heymans répond aux exigences d'un esprit scientifique
très rigoureux. H. P. ANALYSES BlBfilOGRAPHlQEES
Ei WILLIAMS. — A comparison of the irritability of men and women
^Comparaison de VexciDabilitè' des hommes et des femmes). — Am.
Jl of Ph. LXXV, 1, 1»925, p. 52-57.
Comparaison de l'amplitude du réflexe rotulien de 63 homme» et
de 70 femmes. Amplitude 42,08-% plus élevée chez les femmes que-
cfeez les hommes en moyenne (Appareil de Tuttle). Chevies hommes*
réflexes faibles chez 50,79 %., réflexes moyens chez 36,51 % et
réflexes1 forts chez 12,70 %. Chez les femmes, réflexes faibles chez
35,72 %,- réflexes moyens chez 41,43% et réflexes forts ehez 22,85 •/»
Absence beaucoup- plus fréquente du réflexe rotulien chez l'homme-'
que chez la femme. Si Ton admet que le réflexe est un test
de l'excitabilité, les femmes sont plus excitables que les hommes.
P. B.
M.-V. GOBB et L.-S. HOLLINGWORTH. — The regression of
siblings of chiHaren who have a test at or above 135 f Q. {Régression
des frères et sœurs d'enfants ayant un QI égal ou supérieur à 135).
— J. of éd. Ps., 1925, XVI, 1, 1925, p. 1-7.
Les tests de Binet-Standford ont été appliqués à 57 frères et sœurs
d'un groupe d'enfants supérieurs (QI- au-dessus de 135). Les résul
tats des tests ont montré que les « siblings « avaient eux aussi un
niveau d'intelligence élevé, mais que pourtant ils se rapprochaient
davantage de la normale. La régression était de 3 /5 environ.
A. B.-F.
5° Psychologie pa.thqlogiq.ue
a). Généralités*. Symptomatologie. Syndromes divers.
PIERRE JANET. — Eléments de psychologie pathologique (Ext
rait du Manuel du Baccalauréat). — In-18 de 52 pages. Paris,
Vuibertr 1925. Prix : 3 francs.
A côté de son Manuel primitif pour le baccalauréat de philosophie,
manuel dont on connaît le succès qui ne s'est jamais démenti depuis
de longues années, P. Janet a édité un second volume de questions
complémentaires pour les matières à option du nouveau programme*
et il a écrit lui-même la «psychologie pathologique ». Il l'a fait avec
l'originalité qu'on pouvait attendre de lui, et a donné un excellent
résumé des faits, envisagés à la lumière des conceptions auxquelles
a abouti son grand effort de synthèse.
Le premier chapitre, sur les problèmes de la psychologie patholo
gique, montre que la méthode, essentiellement objective, doit
s'adresser aux conduites des malades, comprenant le comportement
élémentaire,, et les activités supérieures liées au langage ; il montée
aussi que l'on doit tenir compte, au premier chef,, de la notion de la
force, de l'efficience des diverses conduites, d'où la hiérarchie de
celles-ci, de plus en plus difficiles à atteindre, nécessitant une « ten
sion psychologique » de plus en plus élevée.
On trouve dans cette brève introduction — et ceci dépasse singu
lièrement l'intérêt de la préparation au baccalauréat — un résumé

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