Psychologie différentielle (types, caractères, sexes, hérédité) - compte-rendu ; n°1 ; vol.22, pg 313-322

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1920 - Volume 22 - Numéro 1 - Pages 313-322
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1920
Lecture(s) : 21
Nombre de pages : 11
Voir plus Voir moins

4° Psychologie différentielle (types, caractères, sexes, hérédité)
In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 313-322.
Citer ce document / Cite this document :
4° Psychologie différentielle (types, caractères, sexes, hérédité). In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 313-322.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1920_num_22_1_4444PSYCHOLOGIE COMPARÉE 313
corps humain réduite à une tête avec des jambes, sans figuration
du tronc.
L'auteur, avec de nombreux exemples, procède à une analyse
descriptive de ces têtards, puis il discute l'interprétation.
L'omission du tronc paraît en désaccord avec ce que Luquet a
appelé le réalisme logique, le souci d'être complet au point de
figurer dans le dessin tout ce qui existe dans l'objet même quand
on ne peut le voir.
Mais «'est que l'enfant, en ayant le souci de placer tous les
éléments contenus dans son •< modèle interne », dans sa représent
ation mentale, ne place en réalité que ceux auxquels s'applique
son attention au cours de l'exécution, ceux qui attirent son intérêt.
Il faut donc qu'il y ait une réelle indifférence pour le tronc. Il y
a d'ailleurs des cas où le tronc est sous-entendu, même figuré dans
la pensée de l'enfanta la partie supérieure des jambes, où il insère
les bras — qui sont dans d'autres cas insérés sur la tête.
Le peu d'importance accordé au tronc apparaîtrait d'ailleurs
comme assez général, non seulement par l'existence de bonshommes
têtards dans des dessins de primitifs, mais par l'insuffisance du
vocabulaire qui donne à cette partie du corps le nom de
l'ensemble. ^
H. P.
4° Psychologie différentielle (Types, Caractères, Sexes,
Hérédité).
FRANÇOIS MENTRÉ. — Espèces et variétés d'intelligences.
Éléments de Noologie. — In-8<>, 294 pages, 1920, Paris, Éditions
Bossard.
L'auteur tente de donner un corps doctrinal à une discipline con
stituant, avec la science des caractères, la psychologie individuelle
ou différentielle, à la « noologie », qui étudie et classe les différentes
espèces d'intelligence.
Et cette étude est d'importance pratique incontestable, car si les
bons éducateurs sont « des noologistes sans le savoir » c'est par le
classement rationnel des esprits en catégories homogènes que peut
se résoudre le conflit essentiel de la pédagogie moderne, dans
lequel s'opposent les aspirations théoriques vers l'enseignement sur
mesure adapté à chaque élève, et les nécessités pratiques de
l'enseignement collectif.
D'autre part, comme Mèntré incidemment le remarque au passage,
la détermination du type d'intelligence peut jouer un rôle très
important dans la sélection ou l'orientation professionnelle, surtout
pour les fonctions sociales supérieures.
Nous trouvons, dans ce livre, à côté de la détermination de
l'objet et de la méthode, une revue des maîtres de la noologie, de
Pascal à Binet, un examen des types philosophiques et littéraires
(inventeurs, philosophes, écrivains, orateurs), et une détermination 314 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
des types noologiques fondamentaux (praticiens ou homme d'action,
contemplatifs ou méditatifs, formes somatiques d'intelligence).
L'auteur en vient à proposer un tableau, hypothétique et provi
soire, de classification des groupes d'intelligence, synthétisant son
effort de réalisation immédiate d'une noologie utilisable.
Nous donnons ci-joint ce tableau (p. 315).
On ne peut entrer, pour la discuter, dans le détail de cette classi
fication, qui ne paraîtra évidemment pas pleinement satisfaisante.
Mais elle témoigne d'un important effort de synthèse. Seulement il
y aurai^ quelques réserves fondamentales à faire, à mon avis.
L'auteur considère qu'il y a une unité réelle dans la vie intel
lectuelle des individus, et vise à classer des entités considérées
comme objectives. Or, à cet égard, dans toute classification biolo
gique, il n'y a qu'un point de vue pratique qui puisse vous faire
établir des coupures dans une complexité continue. L'espèce zoolo
gique est une abstraction conventionnelle, l'espèce d'intelligence
ne peut avoir une réalité.
L'attitude de Paulhan, vivement critiquée par Mentré, ne me
parait pas, à cet égard, aussi illogique qu'à l'auteur.
D'autre part, la séparation de l'intelligence et du' caractère ne
peut pas être non plus si tranchée. Dans la mise en œuvre du
technicien, de l'administrateur, dans le sentimentalisme du lyrique,
les tendances profondes et l'affectivité prennent une place import
ante. Et, d'une façon générale, le jeu intellectuel, isolé des
tendances et du caractère, reste inadapté comme on peut le voir
dans certains cas de démence précoce, où, malgré l'intégrité de
l'intelligence, par suite d'une profonde atteinte affective, on constate
la faillite complète de l'adaptation mentale.
Une critique, d'un autre ordre, que j'adresserais encore à
Mentré, c'est une négligence — 'systématique d'ailleurs — des
travaux allemands et américains, qui, s'ils dérivent de la méthode
de Binet, n'en ont pas moins apporté des données méritant d'être
envisagées et discutées. J'ai été un peu surpris de lire, dans une
note : « Nous ne ferons pas état des recherches assez grossières et
compliquées des Américains Thorndike et Spearman ». Ni à
Thorndike, ni à Spearman — qui est Anglais et professeur de
psychologie à l'Université de Londres — le reproche ne peut être
adressé. En réalité Mentré les connaît mal.
En revanche, il connaît bien Binet et se sert largement, de ses
belles analyses, mais il n'a pas la prudence du maître qui s'est
adonné à la psychologie individuelle et qui, en des termes cités
par l'auteur, montrait bien le caractère artificiel de groupements
unitaires quand on a affaire à des résultantes si diverses de facteurs
multiples qu'il serait nécessaire de pénétrer :
« Nous avons eu plus d'une fois, disait Binet à propos de
l'analyse mentale de ces deux filles, la tentation de résumer le
caractère intellectuel de nos deux sujets par un mot unique; mais
aucune de ces tentatives n'a pu nous satisfaire pleinement; aussitôt
que nous avions choisi un de ces mots-synthèses, un autre Genres Types dérivés. Types déviés. Hybrides. Espèces. Variétés. (types essentiels).
Inventeur Tacticien 1° Technicien (choses). \ Technologue.
(machines). (commerce, finances A. Praticien. et guerre). Inventeur Théoricien Utopiste, 2° Administrateur (hommes). ] (morale). de la conduite. Praticien-
contemplatif
et spéculatif. a) Idéaliste. 1° Psychologue intuitif. Métaphysicien.
b) Mystique.
a) Orateur.
2° Lyrique (sentimental). Théoricien Verbal, b) Poète. B. Contemplatif
des Beaux-Arts. c) Musicien. Artiste synthétique.
a) Photique.
3° Plastique (sensoriel). 6) Chromatique,
c) Morphologique
Contemplatif-
x spéculatif.
Dialecticien. Juriste.
Jurisconsulte Abstraits.
Logicien. Analyste. mathématicien.
Ërudit Géomètre, algé- G. Méditatif. Type statique. \ compilateur. briste.
Imagina- Philosophe Naturaliste, his- Type cinématique.? , tjfs. encyclopédique. . torien.
Type dynamique. Savant complet.
mm âlé ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
s'évoquait, qui exprimait une autre face des caractères à diagnos
tiquer, puis- un troisième, et ainsi de suite.... Pour trouver la clef
de voûte de ces organisations mentales, il ne faudrait pas s'adresser
au vocabulaire littéraire courant qui n'exprime que des ensembles
complexes d'aptitudes, mais aller demander un secours aux
propriétés primitives de l'esprit » (Étude expérimentale de V intel
ligence, p. 303).
. En somme, on a l'impression, à lire cet ouvrage — que nous
n'avons pas craint de critiquer longuementjjour montrer justement
son intérêt — que la noologie, telle que l'auteur la constitue, avec
une tendance anti-littéraire très louable, reste plutôt un art pratique
qu'une science véritable. H. P.
SAMUEL D. ROBBINS. —A new objective test for verbal imagery
types (Un nouveau test objectif pour les types d'imagerie verbale). —
Ps. Rev., XXVII, 1, 1920, p. 37-49.
L'auteur prépare comme tests des couples de syllabes dépourvues
de sens, la deuxième du couple étant modifiée de l'une des sept
manières suivantes : changement 4'orthographe n'altérant pas la
prononciation; substitution d'une voyelle longue à une autre;
substitution d'une voyelle longue à une brève ou inversement; brève à une brève ^changement de consonne
peu marqué à l'audition ; changement de consonne remarquable à la
vue, mais très peu à l'ouïe ou à la kïnesthésie (bim-pim). La présen
tation est, soit auditive pure, soit auditive ou visuelle avec répétition
chuchotée. ...
La comparaison des résultats chez les huit sujets étudiés (4 hommes
et 4 femmes), au point de vue de la notation des changements,
indique une influence du type individuel et du type dé présentation
sur la perception des changements plus marqués a la vue, à J'ouïe
ou à la kinesthésie vocale. D'une manière générale les voyelles
longues attirent surtout l'attention, les consonnes l'attirent moins
que les voyelles; les présentations visuelles avec répétition
chuchotée donnent les meilleurs résultats. Une corrélation ayec
différents tests montre que ceux qui réussissent le mieux dans ce
test réussissent davantage aussi dans les autres (copier, ortho
graphier en retournant, etc). Les femmes réussissent mieux en,
moyenne (sans tenir compte de l'écart probable).
Au point de vue du but principal, des types individuels, les
résultats ne sont pas utilisés sérieusement par l'auteur.
H, P.
G.-L. QUPRAT. — Expansion et Dépression. Résumé d'une étude
expérimentale des fondements affectifs du caractère. — J. de
Ps., XVII, 4, 1920, p. 332-336.
Il n'y a pas de sentiments isolés, mais des « complexions sent
imentales » variables avec chaque individu et évoluant sans cesse. PSYCHOLOGIE COMPAREE 317
En réalité, la complexion sentimentale de chacun, c'est « la personn
alité entière considérée au point de vue affectif et appétitif ».
Mais les complexions affectives dépendent de certaines bases.
On distingue en général, dans celles-ci, excitation et dépression ;
or, il existerait des excitations dépressives. L'auteur propose
l'opposition de Y expansion à la dépression, et en examine les
rapports avec les craintes, amours et ambitions.
Les expansifs seuls paraissant capables de parvenir aux plus
hauts degrés des sentiments sociaux, tandis que les deprim.es
restent voués aux inclinations mesquines et égoïstes, il y aurait
dans cette distinction un fondement objectif pour une classification
des caractères. H. P.
G. MAINGOT. — La Phrénoscopie. Étude du caractère d'après l'acte
respiratoire. — B. I. P., XX, 1920, p. 167-192.
Il n'y aurait pas que le geste scriptural qui révélerait le carac
tère, mais le geste respiratoire lui-même, incontestablement plus
simple! c'est ce qu'affirme l'auteur en des « lois » :
lre Loi. « Est transposable dans l'ordre des manifestations de
l'activité intellectuelle tout ce qui, au point de vue de l'activité
physique, se déduit de l'examen du mouvement phrénique; »
'Àe Loi. « Le mouvement radioscopique de la contraction du
diaphragme et toutes les manifestations spontanées de l'activité
sont semblables; » ■
3e Loi. « Le mouvement du diaphragme à l'expira
tion et l'état de repos de l'une quelconque des manifestations volon
taires de l'activité d'un homme sont semblables. »
Malheureusement la démonstration des lois n'est pas administrée.
Qu'à force de voir respirer le diaphragme à l'examen radiologique
l'auteur se soit formé à interpréter les caractères, comme il le dit,
c'est bien possible. Mais, dans cet art, il faudrait un contrôle de
réussite et la conviction ne suffit pas. Que les gestes soient en
rapport avec des caractéristiques mentales, soit, mais que toutes
les caractéristiques soient révélables par un seul geste, voilà qui
est plus douteux. - H. P.
• _/
— La instintividad del genio {Le caractère CARLOS SFONDRINI.
instinctif du génie). — Rev. de Fil., VII, 2, 1921, p. 258-272.
De nombreux auteurs s'accordent à voir dans l'acte créateur qui-
caractérise le génie, et le distingue du talent et de son œuvre de
réflexion, la marque d'une opération instinctive. Y a-t-il là un
instinct spécifique de l'inspiration géniale? Ribot a montré qu'on
ne pouvait l'admettre.
Le besoin de créer existe, plus ou moins intense, chez tous les
hommes, manifestant la généralité de 'cet instinct, qui, lorsqu'il
devient impétueux, caractériserait le génie.
H. P.
•ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 318
HERMANN KROGER (Halle). — Die psychologische Differenzierung
der Männer- und Frauenarbeit auf niedriger Kulturstufe (La
différenciation psychologique du travail masculin et du travail
féminin chez les peuples primitifs). — Z. f. Ang. Ps., Bd. 18.
1er mars 1921, p. 100-106.
Pourquoi, chez les peuples primitifs, l'élevage des animaux est-il
le monopole de l'homme? Est-ce l'intérêt matériel qui le guide, la
sympathie? L'auteur ne le croit pas. Pour lui, la raison en est dans
le pouvoir magique que posséderaient les animaux, dont les parties
constitutives seraient une sorte de fétiche dont l'homme se servirait
pour sa protection : Et si l'homme primitif s'occupe de la construction
des maisons, de la préparation des vêtements, c'est qu'il a surtout
en vue la hutte de- magicien dont le vêtement, originairement, a
une puissance mystique.
Tout autre chez la femme dont le travail habituel consiste dans
la culture des champs et la céramique. Pour Kroger il faudrait
chercher la <;ause de cette activité dans l'instinct maternel : ce ne
serait point pour sa nourriture à elle qu'elle travaillerait la terre,
mais pour assurer l'existence de son enfant. Et là où on trouve
l'homme à ces occupations agricoles, on peut voir qu'il s'agit princ
ipalement de la culture de plantes jouant un rôle magique (tabac,
noix de coco, etc.).
J. F.
K. BARTSCH. — Stehen musikalische Begabung und wissenschaftl
iche Begabung in einem besonderen Verhältnisse zu einander ?
( Y a-t-il un rapport particulier entre l 'aptitude musicale et l'aptitude
scientifique?) — Z. f. Ang. Ps., Bd. 17, 1er mars 1920, p. 144-152.
L'auteur rappelle les conclusions auxquelles est arrivé Schiissler,
il y a quelques années, lors d'une étude sur l'enfant « non-
musicien », c'est-à-dire n'ayant pas d'aptitude musicale. Ces
conclusions, les voici brièvement relevées :
1° Les non-musiciens appartiennent, vis-à-vis des « musiciens >>,
à un type inférieur d'aptitudes ;
2° Le rendement des musiciens est, en moyenne, de 15 p. 100
supérieur à celui des non-musiciens; celui des « demi-musiciens »
de 6,6 p. 100;
3° Parmi les non-musiciens, 41 p. 100 seulement atteignent le but
scolaire ; le pourcentage, est de 57 pour les demi-musiciens, de 79
pour les musiciens.
Schiissler avait opéré sur 200 élèves d'école primaire; Bartsch,
après avoir sévèrement critiqué la façon de faire de son prédé
cesseur, essaye, sur 200 élèves d'école normale ayant reçu pendant
six ans un enseignement musical soigné, d'établir la corrélation qui
existe entre la disposition musicale et l'aptitude intellectuelle. A
cet effet, il relève :
1° Les notes de musique (chant et violon ou piano); ^ PSYCHOLOGIE COMPARÉE 319
2° Les notes d'enseignement technique (écriture, dessin, gymnast
ique);
3° Les notes scientifique (les autres matières);
Et il conclut :
a) II n'est pas exact de dire que les meilleurs musiciens appar
tiennent à un type supérieur d'aptitudes;
6) II n'y a point de rapport spécial entre l'aptitude musicale et
l'aptitude scientifique.
J. F.
GÉZA RÉYÉSZ. — Ueber das frühzeitige Auftreten der Begabung
{Sur l 'apparition des aptitudes précoces). — Z. f. Ang. Ps., Bd. 15,
1919, 5 juin, p. 341-373.
Le critérium de l'aptitude c'est l'intelligence. Il ne faut pas trop
tenir compte d'un intérêt qui serait commun à de nombreux enfants
du même âge (dessin, constructions, poésie); d'intérêts qui appa
raissent presque régulièrement chez des enfants d'une certaine classe
de la société; d'intérêts qui ne sont que l'expression d'imitations.
Ce n'est que si l'intérêt a un caractère durable, tenace, ce n'est
que s'il continué d'exister, même si les circonstances extérieures
disparaissent,, qu'on pourra parler de la « pureté »d'une disposition.
On attachera une grande importance à la force de volonté ; et
surtout, du manque possible d'intérêts de l'enfant, on ne conclura
pas à un de talent, tant il est vrai que l'enfant, inexpéri
menté, ignore tout ou' presque tout des activités humaines.
G. R. cite la loi psychologique d'après laquelle, à l'intérieur de la
vie individuelleres aptitudes et qualités apparaissent, non simulta
nément, mais successivement, se développent, non petit à petit,
mais d'une façon discontinue, ce qui implique des périodes dans
cette apparition et ce développement.
D'après l'auteur, seul le talent musical apparaîtrait nettement
dans l'enfance ; mais il s'agirait surtout de talent reproductif et non
créateur; pour les arts plastiques, l'âge moyen serait de dix-sept à
vingt ans; l'aptitude littéraire se développerait encore plus tard; à
part peut-être pour les mathématiques, on ne saurait parler d'apti
tude scientifique avant la 27e ou la 28e année.
Comment reconnaître les aptitudes précoces? Comment les déve
lopper, les utiliser? Autant de questions qu'aura à résoudre la
psychologie des vocations.
J. F.
W. A. PANNENBORG. — Die Psychologie der Künstler. Beitrag zur
Psychologie des Bildbauers {La des artistes. Contribut
ion à la psychologie du sculpteur). — Z. f. Ang. Ps., Bd. 16, 1er février
1920, p. 25-39.
L'auteur, après avoir étudié la biographie de 20 sculpteurs
(Carpeaux, Meunier, Michel-Ange, Rodin, Rude, etc.) essaye ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 320
d'établir une comparaison entre la psychologie du peintre et celle du
sculpteur. Dans un premier tableau qui ne comprend pas moins de
200 « propriétés »,il donne le pourcentage des sculpteurs qui les
possèdent, d'où il ressort que le sculpteur appartient davantage au
type passionné-flegmatique, fait preuve de plus de persévérance et
d'indépendance, accuse une patience très marquée (résignation) et
est difficilement réconciliable. Au lieu de la personnalité fragment
aire du peintre, on trouve chez lui un tout harmonieux, tant dans
la pensée, que dans 1 action et dans l'humeur.
Pannenborg trouve les sculpteurs honnêtes, modestes, sans vanité
ni envie, économes pour eux, généreux vis-à-vis des autres; il y
aurait, dans leur vie, quelque chose de Spartiate, de stoïque. Ce qui
les caractériserait ce serait le sérieux, la conscience, la ponctualité,
la méthode systématique.
Le regard "qu'ils jettent sur le monde est plutôt mélancolique, ce
qui fait qu'ils trouvent surtout le bonheur au sein de leur famille.
A l'inverse dès peintres et bien qu'ils soient aussi bons observa
teurs qu'eux, ils n'ont point la conception rapide, leur jugement est
plus objectif et beaucoup moins superficiel.
Le professeur T. J. de Boer d'Amsterdam aurait signalé à l'auteur
que les mêmes différences s'accusent entre les ouvriers du bois et
les ouvriers métallurgiques, d'une part, et les peintres d'appar
tement, d'autre part.
L'auteur essaye d'expliquer ces différences par l'éducation qui
exige plus d'étude, de patience et de méthode, par la nature du
travail qui est surtout physique et demande davantage d'énergie...
J. F.
MABEL RUTH FERNALD, MARY HOLMES STEVENS HAYES et
ALMENA DAWLEY. — A Study of Women Delinquents in New-
York State (Une étude des femmes délinquantes dans CÉtat de Netv-
York). — In-8 de 542 p., 1920. New- York, Century C°.
Dans ce livre, préfacé par Katharine Bernent Davis, la secrétaire
générale du bureau d'hygiène sociale qui a assuré la publication,
miss Fernald, professeur assistant de psychologie à l'Université de
Minnesota, ancienne directrice du laboratoire d'hygiène sociale, et
ses deux collaboratrices qui étaient respectivement psychologiste
et sociologiste au dit laboratoire, dont la vie temporaire s'est
montrée féconde, donnent, très en détail, les résultats d'une
importante étude relative aux détenues de l'État de New-York, étude
susceptible de préparer la thérapeutique du crime. Ces détenues,
au nombre de 587, furent l'objet d'une observation, avec interro
gatoire direct systématique, et- vérification par des renseignements
de police et des interrogatoires de parents ou d'amies, d'une part,
et d'autre part d'un examen mental, par la méthode Binet Stanford,
et la méthode Yerkes Bridges, avec adjonction de séries complément
aires d'autres tests.
On trouve ainsi, dans ce volume, des données statistiques précises
, PSYCHOLOGIE COMPARÉE 321
sur la nature des crimes et délits, les récidives, les peines, l'âgé, etc.
Ces données, comparées quand c'était possible aux données mascul
ines, malheureusement bien moins complètes faute d'une étude
analogue faite du côté des hommes sont mises en rapport avec les
conditions familiales, sociales et mentales.
La formation des groupes, le calcul des moyennes, l'établissement
des corrélations, ont été l'objet -d'une élaboration très soigneuse,"
suivant les règles d'une statistique scientifique rigoureuse. Un petit
chapitre de mélho.dologie statistique, dû à Beardsley Ruml a d'ail
leurs été inséré dans l'ouvrage.
Dans l'observation des détenues figure une histoire sexuelle assez
complète et dont l'importance se comprend d'autant mieux que les
prostituées sont nombreuses, et que, sur 587 cas, 316 relèvent de-
délits de mœurs allant de l'adultère (1 cas) au racolage (159), en
passant par toutes les modalités des infractions à la législation
américaine. ....■■."
Un des points qui intéressent spécialement le psycholugue, c'est
le niveau mental des délinquantes. . •
En moyenne l'âge mental de celles-ci (447 cas) est de H, 8 ans
'contre 13,4 pour un groupe. comparable (race blanche, langue
anglaise) de recrues de l'armée américaine (653 cas), avec une
distribution analogue des fréquences relatives.
La comparaison avec l'échelle de Yerkes donne une moyenne de
71,80 points à 478 délinquantes contre 78,83 à 109 ouvrières formant
groupe comparable, et 84,62 à 187 ouvrières et écolières. Ici la
comparaison est plus satisfaisante, puisque le sexe est le même.
Les différences sont telles par rapport aux erreurs probables, que
la probabilité est extrêmement grande pour qu'elles soient signifi
catives d'une différence objective.
Toutefois, il y a lieu de remarquer, en comparant les courbes de
fréquence des délinquantes et des ouvrières que, si les moyennes
diffèrent, les modes coïncident (valeur correspondant au plus grand
nombre des cas). Cela semble bien indiquer — et l'aspect de la
courbe le confirme (p. 427) — que la différence des deux groupes
tient à ce que, parmi les délinquantes, il y a davantage d'individus
de mentalité très inférieure^! y en a n'ayant que 24-'-0 points; chez
lès ouvrières il n'y en a pas au-dessous de 42-48).
Et, si l'on trouve plus de débiles parmi les délinquants que dans
un -groupe de vie sociale correcte, en tout cas le niveau mental le
plus fréquent est normal, ou assez proche de la normale — avec
des individus atteignant les plus hauts niveaux mentaux — pour
qu'on ne puisse faire jouer au degré d'intelligence un rôle très
important dans la délinquance en général, qui relève surtout,
comme le "notent les auteurs, de facteurs sociaux. On trouve
d'ailleurs, dans les statistiques, des éléments d'analyse. C'est ainsi
qu'il y a davantage de niveaux inférieurs chez les auteurs de délits
de mœurs que chez celles des délits de propriété.
Les auteurs donnent en outre une comparaison systématique
des degrés d'intelligence suivant la race, la langue, les conditions
J.AiS'XÉ£ PSYCHOLOGIQUE. XXII. ■ 11

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.