Psychologie du développement et pédagogie - compte-rendu ; n°1 ; vol.65, pg 288-295

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1965 - Volume 65 - Numéro 1 - Pages 288-295
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1965
Lecture(s) : 25
Nombre de pages : 9
Voir plus Voir moins

II. Psychologie du développement et pédagogie
In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 288-295.
Citer ce document / Cite this document :
II. Psychologie du développement et pédagogie. In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 288-295.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1965_num_65_1_27430— Psychologie du développement et pédagogie II.
Lafon (R.). — Vocabulaire de psychopédagogie et de psychiatrie
de l'enfant. — In-8° de xx-604 pages, Paris, Presses Universitaires
de France, 1963.
L'auteur principal présente l'ouvrage comme un instrument de
travail destiné à être utile à tous ceux qui s'intéressent aux problèmes
de l'éducation, de la psychopédagogie, de la neuropsychiatrie de l'enfant
et de l'adolescent, de l'action sociale et judiciaire de sauvegarde et de
protection morale des jeunes, et particulièrement des jeunes inadaptés.
Il est l'œuvre d'une équipe de 22 praticiens et techniciens divers,
tous Montpelliérains (éducateurs spécialisés, pédagogues, rééducateurs,
psychologues, travailleurs sociaux, neuropsychiatres, magistrats, admin
istrateurs), liés par un travail commun à l'Institut de Psychopédagogie
médico-sociale de l'Université de Montpellier : R. Lafon, et P. Allays,
R. Bascou, M. Beslay, S. Boyer, R. Cazaban, G. Chabalier, J. Fabre
de Morlhon, J.-L. Faure, G. Favand, Y. Guerrier, R. Labauge, Rémy
Lafon, A. Legal, M. Lenhardt, P. Martin, J.-L. Mas, S. Morris, M. Navra-
til, M. -M. Rolland, A. Salavert, G. de Saporta.
Deux mille mots font l'objet d'articles qu'on pourrait grouper sous
des rubriques diverses, toutes relatives à l'enfant (inadaptation juvénile,
sauvegarde de l'enfance, psychanalyse, psychopédagogie médico-sociale,
développement, enseignement, pédagogie, etc.).
Quoique alphabétique dans sa présentation, cet ensemble d'articles
peut être logique dans son utilisation, en partant de mots clés, et en
allant de renvois en renvois. C'est ce que suggère l'auteur. Des exemples
et des références (éléments de bibliographie) sont souvent donnés, en
plus des définitions. Par souci d'éviter la dispersion, on a groupé des
noms de maladies, d'épreuves, de méthodes, dans des articles d'ensemble
(méthodes pédagogiques, tests, par exemple).
Pour la plupart des mots, l'étymologie est indiquée ainsi que la
traduction en allemand, anglais, espagnol, italien. De nombreuses réfé
rences sont faites aux Vocabulaires de Lalande, Piéron, Porot, avec le
souci d'éviter le double emploi, et le souci de synthèse et de complément,
l'ouvrage étant essentiellement centré sur l'enfant et l'adolescent en
situation d'inadaptation.
Quelques tables utiles figurent en tête du livre : auteurs des articles
avec leurs coordonnées, listes des principaux articles, abréviations,
116 sigles.
A. D. PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ET PÉDAGOGIE 289
Trapp (E. P.), Himelstein (P.). — Readings on the exceptional
child (Lectures sur l'enfant exceptionnel). — In-8° de 674 pages,
New York, Appleton-Century-Crofts, 1962.
Le but de cet ouvrage est de réunir, dans un même volume, un certain
nombre de recherches et de revues bibliographiques concernant diffé
rentes catégories d'enfants « exceptionnels » : débiles mentaux et sur
doués, handicapés sensoriels et moteurs, inadaptations affectives. Tous
les articles contenus dans ce livre ne sont pas originaux (certains ont
même été publiés il y a déjà une vingtaine d'années), mais tous peuvent
être considérés comme des études de base dont le regroupement en un
seul volume facilitera beaucoup la tâche de ceux qui désirent s'initier
à ces problèmes.
Une quinzaine d'articles sont consacrés à l'étude des différents
aspects de la débilité mentale, et quelques travaux sur les enfants bien
doués complètent l'analyse psychologique des processus intellectuels
« exceptionnels ». Dans le cadre des anomalies sensorielles et motrices,
trois grandes catégories sont distinguées : les handicaps de la vue
et de l'audition, les troubles du langage, et les lésions cérébrales et autres
handicaps physiques. Enfin, la dernière partie de l'ouvrage est plus parti
culièrement consacrée aux troubles affectifs chez l'enfant (enfant intelle
ctuellement et physiquement normal, ou enfant handicapé par ailleurs).
En définitive, par l'importance des articles regroupés ici et par la
qualité de leurs auteurs (on relève les noms de Doll, Benton, Kounin,
Spitz, Zigler, Terman, Worchel, McAndrew, Rosenstein, Goldstein,
Strauss et Werner, Cruickshank, etc.), ce livre constitue sans aucun
doute une excellente introduction aux problèmes de l'enfance « excep
tionnelle ».
Y. H.
Cruickshank (W. M.), édit. — Psychology of exceptional children
and youth (Psychologie des enfants et adolescents exceptionnels)
(2e éd.). — In-8° de 623 pages, Prentice Hall, 1963.
Dernière venue dans le courant des études psychopathologiques
et différentielles, la psychologie des enfants et des adolescents qui
souffrent de handicaps physiques produit à un rythme plus lent que
ses aînées. La première édition de l'ouvrage parue sous la direction de
W. M. Gruickshank a déjà été réimprimée trois fois sans modification.
La structure de la seconde édition et cet ouvrage n'a pas varié par
rapport à la précédente : on y trouve les mêmes tètes de chapitre. Le
travail théorique de L. Meyerson sur le concept difficile de handicap
est demeuré inchangé et propose les mêmes modèles inspirés de la
théorie du champ topologique de Lewin. Cependant, d'autres chapitres
ont été enrichis par les données éditées entre 1954 et 1964, mais sans
avoir été remaniés de fond en comble. Tel celui que consacre E. Newland
à l'examen psychologique des infirmes et malades chroniques. Tels,
également, ceux de L. Meyerson et E. Newland sur, respectivement,
les handicapés de la vue et ceux de l'ouïe ; ainsi que ceux de Lowenfeld,
A. l'SYCllUl.. 05 l'J 290 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de W. M. Cruickshank et de J. Newman, consacrés le premier aux
retards de la parole, le second aux déficients moteurs, et le troisième,
aux jeunes malades chroniques. En revanche, R. Strang a complètement
remanié son chapitre sur les sur-doués et propose une synthèse renouvelée
de ses vues sur les problèmes que soulèvent ces enfants. Quelques
chapitres sont entièrement neufs, bien que leurs titres figurent dans
l'édition antérieure, sous la plume de collaborateurs nouveaux. Ainsi,
le très intéressant travail de O. Johnson sur les déficients mentaux,
et celui que C. Kram a consacré aux jeunes épileptiques. Cette nouvelle
édition s'achève enfin, comme son ainée par l'analyse, due à Emery
Go wen et J. Trippe, des moyens imaginés par les psychologues américains
pour tenter les désordres psychologiques qui accompagnent souvent
les affections de longue durée chez l'enfant et l'adolescent.
L'ouvrage suscitera certainement un regain d'intérêt par ses mises
à jour. Le lecteur européen regrettera cependant que l'éditeur ait cru
pouvoir persister à présenter l'abondante bibliographie qui complète
chacun des chapitres de façon fort mal commode. De plus, il pourra
s'étonner, à bon droit, sans doute, de ce que des auteurs aussi importants
que Dalla Volta, Oléron, Balint ne soient ou bien jamais cités, ou bien
que leurs travaux récents n'aient pas été inventoriés dans cette nouvelle
édition.
Ce livre, enfin, a plus d'intérêt par la réflexion théorique de ses
auteurs que par l'information réelle sur laquelle celle-ci trouve à
s'appuyer. Un tel effort est utile à la condition qu'il laisse une grande
place à l'analyse des faits suffisamment mis à la connaissance du
lecteur. Est-ce l'abondance de la matière qui a trop souvent poussé
les oo-autcurs à remplacer le compte- rendu pur dus enumerations ou
par dos séries d'allusions '(
Si telle était la raison véritable du caractère qu'on vient de signaler,
on trouvera souhaitable la publication d'ouvrages semblables aux
traités qui jalonnent les progrès accomplis dans d'autres secteurs plus
classiques de la psychologie et qui seraient consacrés à des handicaps
particuliers.
H. H.
Pinneau (S. R). — Changes in intelligence quotient. Infancy to
maturity (Les changements du quotient intellectuel. De la première
enfance à la maturité). — In-8° de 233 pages, Boston, Hough ton
Mifflin Co., 1961.
A partir des données de la recherche longitudinale de Berkeley
(Berkeley Growth Study), dirigée par Nancy Bailey, l'auteur se livre
à une étude critique de la notion de quotient intellectuel et de son util
isation pratique. A la suite d'une analyse minutieuse des données de
Berkeley, des données de l'étalonnage de Terman et de nombreuses
autres études, transversales ou longitudinales, il expose les inconvé
nients du Q.I. classique, et aussi ses avantages pratiques. Après avoir
rappelé les corrélations entre les Q.I. obtenus à divers âges de l'échan- PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ET PÉDAGOGIE 291
tillon longitudinal étudié (à partir de 4 ans, on obtient des corrélations
supérieures à .60 avec l'intelligence à 18 ans), il établit des tables per
mettant de convertir les Q.I. traditionnels en Q.I. normalisés. Il étudie
le taux de changement le plus probable des deux sortes de Q.I. Ce
changement est en moyenne plus faible lorsqu'on utilise un Q.I. normal
isé (en déviation par âge). Relevons cependant, par exemple, que dans
l'échantillon de Berkeley, il y a entre 4 et 12 ans un changement médian
de 20 points de Q.I. (12 points de Q.I. normalisé), malgré la corrélation
de .64. Les rapports entre les Q.I. obtenus au Terman et au Wechsler
sont également analysés. De nombreuses tables permettent d'effectuer
pratiquement toute sorte de calculs, et résument un ensemble de données
très complet sur les questions évoquées. Ce livre constitue un guide pra
tique pour l'utilisation du Terman-Merrill ; mais nous pensons qu'il
intéressera surtout les lecteurs préoccupés par la compréhension et
l'approfondissement des notions liées à l'utilisation du Q.I. dans la
mesure du développement.
M. H.
L'enseignement des mathématiques. — Études de Pédagogie expéri
mentale, présentées par Gaston Mialaret, Paris, Presses Universit
aires de France, 1964.
Cet ouvrage, de 462 pages, présente les communications faites au
Ier Congrès de l'Association Internationale de Pédagogie Expérimentale
de Langue Française, qui s'est tenu à Pâques 1962, sous la présidence
de M. le Pr Debesse.
La première partie traite des Mathématiques actuelles. On y trouvera
quatre articles, étudiant respectivement :
— L'utilisation des mathématiques, par M. Louis Coufïï'gnai, inspecteur
général.
— La programme expérimental de mathématiques dans la classe de 6e,
en Belgique, par le Pr Papy, de l'Université de Bruxelles.
— La pensée ensembliste, le langage et... la pédagogie, par M. Dumont,
professeur au lycée Montaigne.
— - L'introduction des mathématiques modernes dans renseignement,
par G. Zadou-Naisky, attaché au Service de la Recherche péda
gogique.
La deuxième partie groupe les communications faites à propos des
Recherches expérimentales :
— Après un extrait de l'allocution d'ouverture du Congrès, de M. le
Pr Debesse, cette deuxième partie aborde successivement :
— L'organisation de l'expérience pédagogique (Pr Buyse, de l'Univers
ité de Louvain) .
— Lf: « Tableau général des recherches de pédagogie expérimentale en
calcul et en mathématiques » (F. Ifotyat, vice-président de l'Asso
ciation, directe1-.!!1 de l'Institut Supérieur de Pédagogie du Hainaut).
a. psYcimi.. or> 19* ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 292
— - Une « Enquête sur les besoins des utilisateurs en mathématiques »
(G. Mialaret et M. Roudninski).
-— Le calcul mental. Les besoins des (J.-J. Dessoulavy).
— L'enseignement du calcul et des mathématiques, et la psychologie
de la pensée (Pr R. Verbist, de l'Université d'État de Gand).
— Une « Enquête sur la compréhension de la notion de fraction-
rapport » (G. Chokouhi, du Laboratoire de Pédagogie Expérimentale
de Genève).
— Présentation d'une recherche expérimentale sur la notion de propor
tionnalité (J. Henriot et Y. Guyot, du Laboratoire de Psycho
pédagogie de l'E.N.S. de Saint-Gloud).
— De l'acquisition de deux identités remarquables en 3e et 4e secondaires
tunisiennes (a + b)2 et (a + b)3 (J. Wittwer, professeur au Centre
National d'Études et de Formation Pédagogiques de Tunis).
— L'assimilation du programme de calcul du cours moyen (L. Legrand,
inspecteur de l'Académie de Besançon).
La troisième partie est consacrée aux Aspects pédagogiques du
problème, et étudie :
— Le rôle des mathématiques dans les questions d'organisation scolaire
(Reuchlin, directeur de l'Institut National d'Études du Travail et
d'Orientation Professionnelle).
— Contribution à la méthodologie de l'étude de l'arithmétique
(Mlle A. Bonboir, chargée de recherches au F.N.R.S., Université
de Louvain).
— Jeu conventionnel du problème à l'école du 1er degré et « arithmo-
drame » (M. Vial, assistant de Pédagogie à la Sorbonne).
— Formation mathématique et initiation à la conduite d'une machine
dans un collège d'enseignement technique (A. Léon, chargé de
recherches au C.N.R.S., Laboratoire de Pédagogie de la Faculté
des Lettres et Sciences Humaines de Paris).
— Techniques modernes d'une méthode globale de calcul. Matériel
idéo-visuel : les jeux de nombres (R. Malé).
— Quelques exemples d'enseignement des mathématiques du 1er et
du 2e degré par l'expérimentation des élèves et l'expression libre
de leurs créations (Ph. Rogerie).
— Les nombres en couleurs (G. Cuisenaire, directeur honoraire de
l'Enseignement communal, Thuin, Belgique).
— Deux années de réglettes (S. Roller, directeur du Service de la
Recherche Pédagogique de Genève).
— Quelques problèmes posés par la rééducation du raisonnement arit
hmétique et leur résolution (Mme Jaulin).
La quatrième partie, enfin, porte sur la formation des professeurs
et comprend :
— un exposé sur « La formation des professeurs de mathématiques »,
par Gaston Mialaret, professeur à l'Université de Caeri ; PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ET PÉDAGOGIE 293
— et une « Intervention à propos de la formation des professeurs de
mathématiques », de M. l'inspecteur général L. Coufïignal.
Les conclusions sont présentées par M. le Pr Debesse.
A noter que ces différents articles sont illustrés d'un grand nombre
d'exemples très concrets qui en rendent la lecture et la compréhension
beaucoup plus faciles, même pour le lecteur peu initié.
M. F.
Kleemeier (R. W.), édit. — Aging and Leisure (Vieillesse et loisirs).
— In-8° de 447 pages, New York, 'Oxford University Press, 1961.
Le premier chapitre de cet important ouvrage est signé d'un nom
célèbre en gérontologie : Robert W. Kleemeier. Il y analyse la façon
dont deux courants d'intérêt scientifique, celui pour le vieillissement
et celui pour l'utilisation des loisirs, se sont rencontrés afin d'éclairer
mutuellement les problèmes de l'un et de l'autre domaines. A cette
occasion, il passe brièvement en revue les concepts et les méthodes
des auteurs qui ont traité particulièrement de la signification de l'activité.
Margaret S. Gordon explore un domaine qui lui est propre, à savoir
le travail et les façons de le cesser, ce qui l'amène nécessairement à
analyser la place du travail dans la vie des personnes âgées.
Les deux principales questions dont traite F. Gottrell dans le chapitre
qu'il intitule « Les Sources du temps libre » sont, la première : « Pourquoi
pouvons-nous actuellement accomplir les choses dans un temps plus
court qu'elles n'en exigeaient autrefois » ; la seconde : « Combien de
ce temps ainsi épargné est-il utilisé pour procurer des loisirs aux per
sonnes âgées ». Cet aspect très original du problème des est étudié
du point de vue économique et social, et, sur le plan psychologique,
plus du point de vue collectif qu'individuel.
Le quatrième chapitre étudie les liens qui existent entre le concept
du temps aux différentes périodes de la vie et les différences culturelles
entre les populations. Ce problème général, introduit par Robert J. Smith
est présenté pour les Esquinaux par Charles C. Hugues, pour le Japon
par Robert J. Smith, pour les Birmans par Colleen Rustom, pour les
Indes par William L. Rowe.
Sous le titre « Les utilisations du temps, Sebastian de Grazia donne
des résultats des enquêtes effectuées à ce sujet pour différents types
d'activité journalière en fonction de l'âge et du sexe.
Des considérations critiques et méthodologiques sur la façon dont
on doit organiser la recherche sur la signification de l'emploi du temps
sont exposées par Nelson N. Foote qui, à juste titre, craint toutes sortes
d'erreurs et de distorsions lorsque l'on pose, à des sujets qui n'ont
pas réfléchi à l'avance, des questions à ce sujet. Il propose, à cette fin,
un questionnaire si l'on peut dire « inversif » où, l'échelle du temps étant
indiquée, des activités correspondant à un temps déterminé doivent
être spécifiées librement par le sujet.
Des problèmes analogues, mais dans lu contexte familial, sont ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 294
traités par W. E. Thompson et Gordon F. Streib. Très intéressantes
sont les cartes indiquant la relation entre l'âge, l'état civil et le mode
d'habitat en famille.
Dans le huitième chapitre, Harold L. Wilensky s'occupe du problème
particulier de la participation aux diverses associations en fonction
de l'âge. Les Américains appellent « attaches secondaires » les activités
consacrées à l'Église, les partis politiques, les clubs de loisirs et de
violons d'Ingres, les associations ethniques, les œuvres sociales profes
sionnelles, etc.
R. Meyersohn présente une analyse critique des divertissements
commercialisés, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas produits à la maison.
L'emploi du temps et la signification qu'on lui donne chez les
personnes vivant dans des groupes spéciaux tels que communautés
de retraite, maisons pour les âgés, les hôpitaux, etc., sont traités avec
beaucoup de finesse par R. W. Kleemeier qui s'attache, plus que les
autres auteurs, à l'aspect de la personne humaine dans ses relations
avec l'encadrement social. Quelques cas concrets apportent une note
vivante à ce travail.
Robert J. Havighurst présente un aspect intéressant de la signi
fication que peut prendre l'emploi du temps en fonction de la culture ;
par exemple, dans la tradition médiévale gréco-romaine, le travail qui
produisait les biens de consommation était considéré comme le plus
bas dans la hiérarchie des valeurs, et l'évolution, au cours du temps,
a abouti à un renversement total de cette conception. Il prend pour
base de discussion quatre catégories d'activités : activité physique,
activité sociale, activité mentale, et état végétatif qu'il considère comme
une activité marginale et minimum, répétitive des trois précédentes,
et sans but. Il se réfère souvent dans l'article aux résultats de la « Kansas
City Study of Adult Life » qu'il a dirigée et qui a apporté des rense
ignements intéressants sur les activités favorites dénombrées pendant
les loisirs en fonction de l'âge, du sexe, de la classe sociale et de l'adap
tation personnelle. Cette étude portait sur 124 femmes et 110 hommes,
tirés au hasard, sur une population de 850 000 personnes.
Charlotte Buhler développe ici deux idées directrices : 1° à savoir
que l'emploi du temps plein de signification n'est possible que dans
le cadre d'une vie qui l'est également ; 2° qu'un individu âgé peut
employer son temps valablement, sans qu'il y ait obligatoirement
un rapport avec le degré de sa participation à cette activité qui peut
être limitée par lu facteur biologique ol; psychologique. La conception
mémo du problème est plus large chez Charlotte; Buhler que chez les
autres auteurs. En traitant les facteurs déterminant le développement
humain, elle introduit la maturation comme l'un des codéterminants.
Plusieurs exemples biographiques illustrent sa première thèse qui
veut que ce que l'on appelle les problèmes qui surgissent à l'âge avancé
soient une conséquence d'une vie sans but et sans signification, dont
l'objectif est borné à satisfaire les besoins immédiats courants. PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT ET PÉDAGOGIE 295
Enfin, le dernier chapitre de Max Kaplan est consacré à la théorie
des loisirs considérée sous l'angle de la gérontologie sociale. L'auteur
explique d'abord la définition et la conceptualisation des loisirs, leurs
objectifs, leurs différentes variables et leurs conditions ; il insiste sur
le fait qu'ils dépendent de facteurs multiples : personnalité, famille,
classe sociale, culture originelle, communauté, relations avec le gou
vernement, religion et valeurs éthiques.
S. P.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.