Psychologie ethnique et sociale. Les instincts et l'homme social. Psychologie religieuse. Esthétique, Logique et linguistique comparées - compte-rendu ; n°1 ; vol.24, pg 375-388

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L'année psychologique - Année 1923 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 375-388
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1923
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6° Psychologie ethnique et sociale. Les instincts et l'homme
social. Psychologie religieuse. Esthétique, Logique et
linguistique comparées
In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 375-388.
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6° Psychologie ethnique et sociale. Les instincts et l'homme social. Psychologie religieuse. Esthétique, Logique et linguistique
comparées. In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 375-388.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1923_num_24_1_4540PSYCHOLOGIE COMPAREE 375
G. VERMEYLEN. — JJes ifarofables du caractère chez les enfants à
la suite d'encéphalite épidémique. — J. de N. et de Ps., Num.
. Psychiatrique, 28, 1.923, p. 81-83.
On a signalé assez fréquemment un syndrome psychopathique
tardivement développé chez des enfants ayant été atteints d'encé
phalite épidémique, et qui deviennent instables, impulsifs, méchants,
avec des impulsions sexuelles précoces et exaspérées, des actes délic
tueux, des tentatives de suicide, tout comme les débiles pervers
congénitaux. L'auteur rapporte six observations de ce type, chez
des garçons de 9 à 15 ans, et se demande s'il n'y a pas simple déve
loppement, sous l'influence de la maladie, de tendances latentes.
H. P.
DONALD MC. NEIL. — A peculiar Iransformation öf personality
due to encephalitis lethargica {Une transformation particulière de
la personnalité due à V encéphalite léthargique). — Am. J. of Ps.,
XXXIV, 1, 1923, p. 13-31.
Etude soignée et méthodique d'un cas de transformation de la
personnalité, consécutif à 'l'encéphalite léthargique (avec une légère
tendance à l'atténuation progressive des symptômes). Avant la
maladie, le sujet était un ouvrier halbile, sérieux, patient, tranquille,
doux, aimé et estimé de tous, discret et timide, réservé avec les
femmes, droit et honnête. Depuis la maladie, son habileté profes
sionnelle a diminué, il est devenu bavard, exubérant, égoïste, vani
teux, présomptueux et insupportable, défiant et déloyal, et s'éprend
de toutes les femmes (nonobstant son impotence sexuelle).
En somme, on peut résumer tout ces caractères en un seul : paralysie
des inhibitions normales.
P. G.
6° Psychologie ethnique et sociale
Les instincts et l'homme social. P&yciiologie religieuse
Esthétique, logique et linguistique comparées
ALOYS FISCHER. — Soziologie, Sozialwissenschaffen. Sozial
psychologie [Sociologie, sciences sociales, psychologie sociale). — •
A. f. ges. Ps., XLIV, 1-2, 1923, p. 132-167.
L'auteur revendique le droit d'existence pour une sociologie qui
ne ,se confondrait pas avec les sciences sociales ou la psychologie
sociale. Elle comprendrait la sociologie pure, qui aurait pour objet
la nature de la société en général,; la sociologie génétique, — étude
des lois qui président aux changements du social en tant que tel ;
et enfin,, la sociologie appliquée ou la politique, qui envisagerait les
modifications de la vie sociale p.ar l'action volontaire de l'homme.
Quant aux sciences qu'on appelle souvent sciences sociales (éco
nomie, morale, droit, linguistique, etc., etc.), elles traitent, en effet,
des faits sociaux, mais ne les étudient point en tant que sociaux ; elles 376 ArULYSES BIBLIOGRAPHIQUES
supposent connue la notion du social et du fait de former une société
(Vergesellschaftetsein).
Il serait plus exact de les appeler sciences de la civilisation (Kultur
wissenschaften).
La sociologie, telle que l'auteur la conçoit,ne saurait être remplacée
par la psychologie sociale. Le fait psychique peut considéré
comme la condition du fait social ; mais la connaissance du premier
ne saurait dispenser de la description et de la classification des so
ciétés d'après leurs ressemblances internes.
La psychologie sociale, comme la psychologie générale, étudie la
vie psychique de l'homme ; ce qu'on appelle âme collective n'étant
qu'une coïncidence, une identité de phénomènes psychiques dans
un milieu donné, la psychologie sociale ne peut avoir d'autre objet
que la vie psychique de l'homme considérée du point de vue de sa
dépendance vis-à-vis des formes sociales.
D. W.
K. DUNLAP. — The foundations of social psychology (Le fondement
de la psychologie sociale). — Ps. Rev., XXX, 2, 1923, p. 81-102.
Après une critique acerbe et humoristique des différents essais de
psychologie sociale récents (en particulier de ceux de Me. Dougall),
l'auteur expose quel est, selon lui, le but de cette science : c'est une
partie de la psychologie générale (comme la psychologie religieuse) et
non pas une science spéciale la de l'enfant ou
la psychologie pathologique) ; elle étudie les réactions de l'individu
dans un milieu particulier, qui est le milieu social.
La sociale est fondée, an point de vue théorique, sur
l'étude des « désirs » (l'amour, l'amour parental., le désir de préémi
nence et le désir de conformité). Elle devrait s'appuyer sur l'exp
érimentation non en se servant de la statistique, pour laquelle l'au
teur n'affecte que du dédain, mais en étudiant, par exemple, les
réactions du public au théâtre, dans les groupes religieux, etc.
Il est frappant de constater, dans cet article, comme dans tant
d'autres, à quel point l'auteur est ignorant des travaux faits à l'étran
ger et en particulier en France.
G. P.
J.-R. KANTOR. — How is a science ol social psychology possible ?
(Comment concevoir une science de Psychologie sociale ?) — J. of
Abn. Ps., XVII, 1, 1922, p. 62-78.
La psychologie sociale, telle que la conçoit Kantor, abjure tout
d'abord deux postulats : 1° Les faits sociaux n'ont pas de lois qui
les conditionnent de façon inévitable ; 2° Les phénomènes sociaux
complexes ne sont pas exclusivement le déroulement et l'accompli
ssement des besoins et des impulsions innés de l'homme.
Si, traversant une prairie, je rencontre un gros caillou, je m'en
écarte. Si je suis dans une rue, je l'ôte du passage afin d'éviter un
accident. Ceci constitue pour l'auteur, un type du stimulus « inst
itutionnel » et ce sera l'étude des réponses à ces stimuli a institution
nels », qui permettra à la psychologie sociale de se constituer comme
science. M. L. PSYCHOLOGIE COMPAREE 377
J.-R. KANTOR. — Concerning some faulty conceptions of socia
psychology (»Sur quelques conceptions défectueuses de la psychologie
sociale). — J. of Ph., XX, 16, 1923, p. 421-433.
La psychologie sociale ne peut avoir pour uujet l'activité des
groupes divers (car celle-ci est historique, juridique, politique, mais
jamais psychologique), ni l'âme du groupe comme source des manif
estations artistiques, industrielles, religieuses : la conception d'un
esprit supra individuel n'ajoute aucune connaissance aux données
que l'on possède. — La conception de certaines forces psychiques
se greffe sur la pensée sociologique, plutôt que sur la pensée psy
chologique ; elle est aussi vaine et manque de base. Il ne faut pas
non plus, prétendre constituer une véritable psychologie sociale, en
faisant appel à des phénomènes tels que l'imitation, la convention,
la suggestion, le conflit, la crainte, la stimulation mutuelle : tout
d'abord, il est improbable que les complications de la conduite sociale
soient dues à des processus élémentaires, tels que l'imitation ou la
suggestion, qui se bornent à étendre ce qui est déjà créé; des processus
historiques et sociologiques, à côté des processus psychologiques,
travaillent à produire les phénomènes complexes de la vie des groupes,
ensuite l'imitation, la crainte, etc., sont des réponses individuelles à
certains stimulants, et n'appartiennent donc pas nécessairement à
la psychologie sociale. Si nous donnons justement pour objet à cette
science, les réactions des personnes en présence des autres personnes
considérées comme stimulants, en bornant la psychologie générale
à l'étude des réactions produites par des stimulants impersonnels,
nouvelle erreur : beaucoup de réactions sociales sont des réponses
à des objets et à des événements. — Chercherons- nous à caractériser
l'origine et le développement du langage, de la mythologie, des cou
tumes, etc., dans chaque groupe ethnique? Mais nous revenons au
iond à l'âme de la race ; d'autre part, un groupe n'est pas exclus
ivement une unité ethnique ou nationale, mais un ensemble quel
conque d'individus en qui se sont développées certaines réactions
communes à l'égard de certains stimulants spécifiques. Arrivons en
dernier lieu à la psychologie sociale qui se donne pour but l'expli
cation du développement de l'esprit humain marqué par la religion,
les opinions, le langage, la mythologie, etc., phénomènes collectifs
résultant eux-mêmes de l'action exercée sur l'individu, soit par le
groupe, soit par un individu représentant le groupe. Cette concept
ion donne trop d'importance aux idées et aux croyances, et néglige
les actions. Elle implique aussi l'existence d'une âme du groupe
«t spécialisée » ou « focalisée » dans l'individu. Elle retourne à la pure
•et simple caractéristique du type ethnique ou national, alors qu'au
point de vue linguistique ou religieux, par exemple, tels groupements
s'écartent, et de la façon la plus marquée, de la moyenne ethnique et
nationale qui serait censée les baigner. De plus, la conception critiquée
tend toujours à oublier malgré tout l'élément personnel, à chercher
avec trop d'insistance, dans le groupe, la source des idées et des
•croyances, à ne pas tenir compte de l'accident dans la situation et
dans les conditions de vie de l'individu ou de l'époque.
Chose plus grave, on ne songe pas que la capacité de développement
téside dans l'individu, dans ses propres expériences, et dans ses 3,78 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
contacts avec une série indéfinie de groupes, et non dans une rela
tion 'plus ou -moins métapihysique avec un seul. — La psychologie
sociale doit être l'étude de certaines réactions spécifiques.
Ses données sont des « réactions de culture » (cultural réactions),
par lesquelles l'individu s'adapte ,aux institutions et à la vie intel
lectuelle et pratique des divers groupes qui l'environnent. Ainsi la
psychologie sociale est une étude génétique, elle a pour objet le
développement de l'individu, considéré comme Jésultant d'un
échange très nettement défini d'influences mutuelles de personnes
sur personnes.
S. G.
L. LEVY-BRUHL. — La Mentalité primitive. — B. S. fr. Ph.
23e A., 2, 1923, p. 17-48.
rSéance de discussion des plus intéressantes, à la Société .française
de Philosophie, au sujet de la conception, élaborée par L. 'Lévy-
Bruhl de la mentalité primitive mystique (sans distinction du na
turel et du surnaturel j , et prélogique (indifférente à la contradiction ■),
mentalité rendant compte de la structure des langues, des procédés
de nannération, du caractère (concret des /généralisations, de l'appel;
immédiat à la causalité mystique, du rôle delà divination, dumiso-
néisme,, <etc.., qu'on rencontre dans les sociétés inférieures. Pour :cette
mentalité, non seulement les données, mais les cadres mêmes de
l'expérience ne coïncideraient pas avec les nôtres.
C'est cette dernière conception que les philosophes attachés aux
formes 'traditionnelles du rationalisme n'acceptent pas facilement,,
car ils tiennent à l'unité fondamentale de l'esprit humain. L. Lévy-
Bruhl, qui retrace la .genèse de ses études psychosociologiques et de
ses théories, -tient d'ailleurs à dire cpu'il considère celles-ci «omme
une ^hypothèse dont le temps seul montrera si elle a é*té féconde.
M. Mauss jfait quelques critiques, du point de vue sociologique,
reprochant k L. «Lévy-tBruhl, de m 'être pas assez ihistorien, «t de
méconnaître à. la fois idesidifféreaces profondes entre les sociétés, dites
primitives, qu'il envisage en bloc, et la parenté,beaucoup plus étroite
qu'il ne le pense, ^de ces sociétés avec nos sociétés modernes. En
replaçant ces institutions tdans leur milieu réel, on s'aperçoit .que
la « .pariticipaiieai » n'est pas seulement (confusion de catégories, mais
qu'elle est surtout effort pour nous identifier aux choses et identifier
les choses .entre ielles, comme chez nous. « La raison, conclut-il, a
la même origine volontaire et collective dans les sociétés les plus
anciennes fit dans les formes les plus accusées de îa philosophie et
de la science n.
Weber attire l'attention sur l'aspect technique de la mentalité
primitive ;: 'La participation est inapplicable au progrès technique
qiui implique un comportement intellectuel en rapport asvec une
myfàon plus .ou moins confuse de la causalité mécanique ;(gerine
de l'intelligibilité gécxméitrique et du rationnel).
M. Lenmr., précise les rapports qu'il aperçoit, <en historien des idées,,
entre la sociologie « durkeimienne» et les concepltioins de Léyy-Bruhl.
Il se demande si ces faits de ïpartioipation, soumis à ^une logique
affective, ne sont pas « une tentative pour grouper les êtres «t les-
choses, ;à partir (d'impressions dominantes, intimement associées PSYCHOLOGIE COMPAßßE 379
au 'Sentiment de vie qiud affecte ä -la lois le groupe ;et l'individu. »
■La mentalité primiiiive qui n';a pas idisparu âe nos sociétés contemp
oraines, où seile .estt refoulée par le développement du rationalisme
iüelleniqua, liai paraît « liée à 'des conditions d'existence qui donnent
la primauté à la réflexion ,rsur la vie, entraJnant une sorte de romant
isme initial ».
H. Piéron, relevant l'attitude objective de L. Lévy Brand, se
plaçant devant les (comportements des primitifs qu'il s'agit d'in
terpréter (comme le psyohobiologiste devant les .comportements :des
animaux, pose le problème :qui lui paraît fondamental sous la forme
suivante :« La mentalité logique résulte- 1- elle de tcertaines struc
tures sociales ou constitue- 1- elle ;une résultante naturelle du Jonc-
tionuaement de l'organisme humain ? » A cet égard â'étude des ma-
mifères supérieurs, comme les singes anthropoïdes,, met en évidence
une perméîcbilité à d'expérience très remarquable,, contrastant avec
l'imperméabilité des sociétés primitives à mentalité mystique. Cela
suggère une dualité à distinguer.
« Dm moment qrue les sociétés humaines ont survécu, cela implique
deux choses :: d'une part, qsie Ha vie des sociétés (était rendue possible
par <un certain équilibre, dans le comportement réciproque de leurs
membres, empêchant la dissolution des groupes,, ret, d'autre part,
que la vie 'des hommes, membres de ces jgmupes, était rendue pos
sible par leur aptitude à lutter victorieusement contre de milieu.
Dans les relations collectives, da mentalité mystique serait nécessaire
au maintien de l'équilibre .; »Ile représenterait le spécifiquement
social ; jmais les nécessités de :1a vie maintiendraient, dans les formes
d'activité technique en particulier, la perméabilité à d'expérience
que le développement ée la mentalité sociale ne limiterait que dans
la mesure oà la vie même n'en serait pas icompromise, jusqu'au mo
ment ©ù, dans les civilisations mediterraneeftnes, l'tesprit exipéri-
mental reprendrait da suprématie. »
Enfin Fœuconnet estime qu'il serait rpréléreuble de ne pas parler,
en bloc, d'une mentalité primitive, qoii m'est celle d'aucun type de
société determine., sans quoi on risqaie de faire de cette mentalité
une entité abstraite, comparable à 1' « état tkécdogique »., d'Auguste
Comte.
H. P,
SI'GM. FREUD. — Totem et Tabou. Interprétation par la psychanal
yse de la vie sociale des peuples primitifs. — Trad. Jankélévitch.
— ln-8 de 223 p., Paris, Payot, 1923.
Tandis .que l'école psychanalytiq.ue de Zurich vise :avec Jung
à l'explication des laits de psychologie individuelle par .des données
empruntées à la psychologie objective, .conformément .aux direc
tives du mouvement psychologique, qui s'est dégagé de la .sociologie
durkheimienne, Freud prétend, tout à l'inverse, expliquer les faits
encore obscurs de la psychologie collective par les données fonda
mentales de sa psychologie individuelle, de ses théories psychanalyt
iques. Son postulat fondamental que « tout a un sens » et que ce sens
peut être découvert par une méthode deductive à partir de ses prin
cipes généraux, — si essentiellement contraire à l'attitude sociologique 380 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
objective — se double de cet autre postulat, cher à beaucoup de
philosophes, et entièrement opposé aux conceptions générales déga
gées des faits ethnologiques par Lévy Bruhl, de l'identité fondament
ale de l'esprit humain à tous les âges et à tous les niveaux de civil
isation, identité qui s'accorde avec la notion mystique d'un Incons
cient universel.
Grâce à un choix des textes ethnologiques, les plus propres à
étayer une thèse préconçue, et à des interprétations souvent exces
sives, avec une méconnaissance systématique de tout ce qui pourrait
gêner la pseudo- démonstration, bien plus proche des justifications
des croyants ou des délirants que des argumentations scientifiques,
Freud aboutit à la théorie suivante :
II existe « deux commandements capitaux du totémisme, deux
prescriptions tabou qui en forment comme le noyau, à -savoir la
prohibition de tuer le totem et celle d'épouser une femme apparte
nant au même totem », ou prohibition de l'inceste ; or, cela exprime
les deux crimes d'Œdipe, qui a tué son père et épousé sa mère, et les
deux désirs primitifs de l'enfant (complexe d'Œdipe), dont l'insuff
isance de refoulement ou le réveil constitue le noyau des névroses.
Quand on sacrifie de temps en temps, dans une cérémonie collec
tive, l'animal totem, que l'on pleure en un deuil rituel, en même
temps que l'on manifeste sa joie au cours de fêtes caractérisées par
là suspension des prohibitions, on reproduit un acte historique de
l'humanité primitive ; le meurtre par ses fils coalisés d'un père qui
gardait pour son usage exclusif les femelles et chassait ses enfants
mâles ; le père mangé et les femmes conquises, la horde paternelle
disparut. Les fils ayant le sentiment ambivalent qu'on rencontre
-dans les névroses, haïssaient le père qui s'opposait à leurs exigences
sexuelles et à leur besoin de puissance, mais aussi l'aimaient et l'ad
miraient. Après le meurtre vint le repentir, et, ce que le père dé
fendait, devint un tabou, par « obéissance rétrospective » ; l'acte
désavoué, la mise à mort du totem, fut désormais prohibée, ainsi
que les relations sexuelles incestueuses, à l'intérieur du clan.
« Le repas totémique, qui est peut-être la première fête de l'hu
manité, serait la reproduction et comme la fête commemorative de
cet acte mémorable et criminel, qui a servi de point de départ à tant
de choses : organisations sociales, restrictions morales, religions ».
Et Freud, pour compléter ce roman sociologique de la psychanalyse,
esquisse une histoire des religions ainsi dérivées du complexe d'Œdipe.
H. P.
D.-A. HARTMAN. — ■ The psychological point of view in history :
some phases of the slavery struggle. [Le de vue psychologique
en histoire : quelques épisodes de la lutte contre l'esclavage). — J. of
Abn. Ps., XVII, 3, 1922, p. 261-273.
Tentative pour traiter les faits historiques du point de vue
*du « behaviorisme » et indiquer que « l'histoire a besoin de psycholog
ie, comme le physicien a besoin de mathématiques ».
M. L. PSYCHOLOGIE COMPAREE 38Î
ELSE VOIGTLAENDER. — Ueber die « Art » eines Menschen und
das Erlebnis der « Maske » (^4 propos de la « manière d'être » d'un
homme et du « masque » qu'il prend et vit). — Z. für Ps., XCII,.
1923, p. 326-336.
11 y a un choc en retour, de notre manière d'être extérieure et de
l'impression que nous donnons, sur notre « vraie » personnalité et
notre caractère. Notre manière d'être extérieure, notre attitude,
est faite de choses multiples, souvent superficielles, accidentelles,
« vraies » ou « fausses » ; elle est le fait des circonstances,
mais peut devenir ensuite une habitude, un masque, pris une fois
pour toutes. Ce masque agit sur nous, et influence parfois notre
conduite.
Quelques exemples pris dans la correspondance de Nietzsche avec
Overbeck, montrent comment un masque peut à la fois trahir et
traduire le caractère, comment, pour être compris, on cherche des
approximations susceptibles d'être comprises par les autres.
• I. M.
EVERETT DEAN MARTIN. — Some mechanisms that distinguish
the crowd from other forms of social behavior [Quelques méca
nismes qui distinguent la « joule » des autres formes du comportement
social). — J. of Abn. Ps., XVIII, 3, 1923, p. 187-203.
Sous le nom de « foule » l'auteur désigne le groupement qui manif
este un égoïsme collectif, fait montre de tendances homicides, et
justifie ses actions par un système de doctrines qui motive son com
portement. De même que le névrosé, mal adapté à la vie, se réfugie
dans sa névrose, de même la foule,mal ajustée à la véritable situation
sociale, y substitue un état fictif dans lequel des principes moraux
de contrôle social paraissent justifier un comportement que norma
lement ils interdisent.
M. L.
G. HUMPHREY. — The conditioned Reflex and the elementary
Social réaction [Le réflexe conditionnel et la réaction sociale élément
aire). — J. of Abn. Ps., XVII, 2, 1922, p. 113-119.
Les réactions sociales élémentaires sont explicables par la théorie
du réflexe conditionnel. Par son mécanisme, l'individu dirige ses
actions au moyen de l'expérience passée. Originellement l'être hu
main est susceptible de certaines réactions qui sont déclanchées par
des stimuli biologiques adéquats. D'autres stimuli atteignent l'o
rganisme en même temps que ces stimuli biologiques adéquats, et,
devenant significatifs à leur tour, constituent des stimuli secondaires,
en vertu du principe de Pawlow.
M. L.
J.-R. KANTOR. — The problem of instincts and its relation to so
cial psychology [Le problème des et son rapport avec la
psychologie sociale). — J. of Abn. Ps., XVIII, 1, 1923, p. 50-77.
Qu'appelle- t-on instincts ? Dans sa copieuse étude où il commence ;
'■
1
'•
382
d'abord par passer enu revue ce qu'un certain nombre d'auteurs en
tendent, par instinct,, l'auteur affirme q;ue les instincts peuvent
être; considérés comme des réponses analogues, aux. réflexes mais
plus complexes et en différant parce que susceptibles de s'iatégrerc
II n'y a en particulier selon lui, — l'homme étant essentiellemment
un animal, une machine et un objet physique — , aucune relation en
tre la psychologie sociale et les instincts.
M. L.
LtroWIK JAXA BYKOWSKI. — Badania efrsperymentaftre nad
znaczeniem wspolzawodnictwa (Recherches expérimentales sur le
rôle de V émulation). — Travaux psychologiques, N° 2, Varsovie,
1923,, in-8°, 79 p. (Résumé français).
Recherches, faites sur 744 sujets, la plupart élèves, de lycées : un
test est exécuté sans, ea connaître le but ni le. résultat, puis est répété
publiquement,, avec eaGOuragemenuts et mise, en jeu de l'émulation.
D'une façon très générale l'amélioration des résultats montre que
l'émulation agit sur le travail aussi bien physique qu'intellectuel ;
l'amélioration est la plus prononcée chez les médiocres, la moins vi
sible chez tes- meilleurs;, qui. toutefois, présentent encore un gain
(alors q>u?en> Allemagne le» meilleurs; se tEouvaieat perdre- pres-que
toujours- par mise ert jieu de l'émulation-)!. L'auteur distingue
dans ses groupes- des différences; de types- sociaux, et esquisse une
théorie des mécanismes d'action, suivant les caractères, qui reste
tout hypothétique.
HL P.
THOMAS R. GARTH. — The color prefietencjes of £ive hundred and
Sïty-mne fuUHblOod.ÏB;diainSi(£<?s préférences ahromattiques de 559 In
diens die scmg pur>). — J). oÊeasp. Ps., V,, 6Vi 192-2, p. 392.-418..
Recherches faites comparativement sur 559 Indiens des deux
sexes de divers âges, 560 blancs et 174 « sang- mêlé ».
Détermination statistique des jugements de préférence sur 7 cou
leurs, et élaboration nTamériqoie; des résultats, donnant dès échelles
numériques de1 préïërence à partir d^une couleur dB. ttase1 k laquelle
toutes les autres sont préférées :
Blanc: ■Laune Onange Vert Yiolet Bleit .Rouge
1 1,47 1,24 l',43 2,67 0,4» 265' 29 t. Indiens; Indiennes . . . . 0,86 0,74; 0,0 0;74 1.62' i 2,56- 1,05 2,38 o;ö QM mê)é> . '. 1,0.8 2,491 : 0)0 ; 0,82 MO 1,2» 27* Sang
1,46, 560 Blancs .... 0,94 0,0 0,30, , 0.75.
En summe,, en, dehors, d'un léger déplacement du blanc par rapport
au j,aune. e.t à l'orangé, l'a difference consiste en la préférence marquée
du* rouge, sue le bleu ehez. les Indiens (les hommes surtout) et en- une
faible préférence du bleu sur le rouge cnez les blancs (préférence
plus accentuée chez les' « sang mêlé »)» IL P. PSYCHOLOGIE COMPAREE 383
Th. R. GARTH. — A Comparison, of mental Abilities of mixed aad
full Blood Indians on a basis ot education {Comparaison, des. apti
tudes, des Indiens pur sang et métis, sur la, base de l'éducation). —
Ps. Rev.,: XXIX, 3, 1922,. p.. 22.1-236.
G. a examiné 224 Indiens pur sang et 155 métis (de race blanche,
à part quelques-uns de race noire), élèves de l'Ecole indienne de
Chilocco (,Oklohoma), II en a d'abord fait la comparaison en. les
classant par âge. Ce premier travail a été publié dans le Journal of
Applied Psych., 1921.
Reprenant les mêmes données, il las étudie aujourd'hui, en- les
classant d'après le groupe scolaire (la classe), auquel ils appar
tiennent. Son idée directrice est, en effet, qu'il' y a lieu die tenir
compte1, dans une pareille comparaison, de l'instruction reçue' et
des influences extérieures (familiales principalement), qui1 ont pu
agir die- façon très importante sur le développement de l'esprit. ('On
pourrait à vrai dire reprocher à cette classification d'être bien arbi
traire). La différence d'âge entre les élèves d'une même classe est
en faveur des métis (différence moyenne 1,7 an ) et elle va en s' accen
tuante mesure qu' on* avance dans les classes supérieures. irnTapasété
tenu compte, dans ce travail, des différences de sexe.
Même en accordant aux pur sang cet énorme avantage, les' métis
lès- dépassent encore de 11 0/0 en moyenne, pour les tests impliquant
l'a mise- en jeu dès processus mentaux élevés;
La moyenne des résultats pour les métis est dans tous les cas
supérieure à celle' des pur sang, sauf dans un seul' (on peut attr
ibuer cette1 exception ai l'Influence de' Péxercice dans ce cas particul
ier).
La supériorité des métis apparaît davantage dans les tests impli
quant des combinaisons mentales difficiles, ou l'exercice de la mé
moire logique; Dana la liste suivarute,, les tests où la supériorité des
méM& est la. plus- grande,, sont classés les derniers- 1
Construction de mots.. — Mémoire; brute' concrète. — Mémoire
brute abstraite; — Association libre. — Test Genre-espèce.. — Test
Partie- fout.. — Mots opposas. — Test de mémoire logique..
On voit donc que les pur sang, se tirent plus facilement des épreuves
où interviennent l'invention et la mémoire brute, moins bien de
ceux qui nécessitent des combinaisons logiques.
Si l'on considère les résultats obtenus, non plus par des groupes,
mais par les individus, on voit que* la première- place a été obtenue
l'2 fois par un métis, 111 fois par un pur sang; et que, dans& cas;, il y
a eu ex-aequo.Dans le groupe scolaire le moins élevé, un Indien pur
sang a obtenu dans: tous lea tests la note la plus; haute;, sauf: pour la
mémoire logique; et le test partier tout ; dans* le.' groupe; des: classes
supérieures,, lai plus haute nofe: praur la. mémoire' logique a été: égaie-
menit obtenue par un pur sang, malgré^ la difficulté de cette épceuwe
pojar la moyenne: de ses > congénères,. Ces résultats) individuels) Sont
fort importants,, car ils montrent quelle erreur on commettrait, si
l'on voulait s'appuyer sur des moyennes, pour en tirer des conclusions
dans un cas particulier.
L'impression de l'auteur est que l'on ne doit pas se servir des ré
sultats obtenus dans des épreuves de ce genre pour affirmer à la lé-

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