Psychologie générale - article ; n°2 ; vol.69, pg 638-655

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L'année psychologique - Année 1969 - Volume 69 - Numéro 2 - Pages 638-655
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1969
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1969 vol. 69, n°2. pp. 638-655.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1969 vol. 69, n°2. pp. 638-655.
doi : 10.3406/psy.1969.27686
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1969_num_69_2_27686Psychologie générale
Symposium de l'Association de Psychologie de Langue française. —
Le comportement. — Paris, Presses Universitaires de France, 1968,
170 p.
Très curieusement, ce Symposium consacré au comportement
s'ouvre sur une apologie de la subjectivité, un vœu de réintroduction
de l'introspection devenue tabou, qui déjoue quelque peu les attentes
du lecteur. Pourtant, l'ensemble des rapports présentés constitue bien,
malgré l'extrême diversité des conceptions défendues et des disciplines
représentées, un tour d'horizon des problèmes cruciaux que soulève
l'étude du comportement, entendu surtout dans ses rapports avec la
conscience. Seul d'orientation nettement historique, le rapport de
P. Fraisse sur l'évolution de la notion de comportement présente
une classification des courants issus de Watson qui réunit de façon
inattendue Skinner et la psychologie mathématique par exemple.
Volontairement extrémiste et souvent convaincant est le rapport de
R. Chauvin qui condamne le « descriptionnisme » scholastique développé
par certains courants éthologiques actuels, ou le schématisme excessif
des situations de laboratoire et préconise l'invention d'un nouveau
type d'expérience à mi-chemin entre les conditions actuelles de vie et
le laboratoire. Le rapport de J. Colle et M. Meulders « Contrôle et
intégration des messages visuels dans le corps genouillé latéral » témoigne
des orientations nouvelles de la recherche neurophysiologique concernant
l'hégémonie toute relative du cortex cérébral dans l'élaboration des
messages perceptifs et l'importance manifeste des centres d'intégration
sous-corticaux tel le corps genouillé latéral pour la vision, conceptions
nouvelles qui ne peuvent pas être sans conséquences pour l'étude de
la régulation du comportement.
Dans un rapport dont le titre, à lui seul, nous éloigne du précédent,
« Les processus inconscients du comportement », C. Musatti se propose
de justifier d'un point de vue épistémologique le concept d'inconscient
conçu en tant que construction dérivée de la donnée première qu'est
la conscience.
Comme il le rappelle justement en introduisant sa communication,
R. Zazzo se donne la difficile tâche d'étudier les relations de la conscience
et du comportement. Rapport fort intéressant qui sera au centre de
nombreuses discussions tant par la richesse des questions soulevées,
que par le choix pertinent des références théoriques et surtout l'effort
de clarification du concept de conscience. L'idée originale de « conscience-
corps », qui selon l'auteur ne peut être définie, mais qui est antérieure PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 639
à la distinction « conscience-inconscient », « connaissant-connu », termine
ce très brillant exposé. Le dernier rapporteur, 0. Klineberg, s'interroge
sur la dialectique des relations comportement individuel et normes
culturelles et insiste sur l'idée que la psychologie a pour tâche essentielle
d'analyser l'interaction des diverses classes de déterminants.
De la discussion générale, intéressante en dépit de quelques problèmes
d'incompréhension entre les rapporteurs, souvent imputables aux
analyses nécessairement brèves ou aux formules volontairement lapi
daires, il faut retenir l'approfondissement de certaines questions soule
vées par plusieurs rapports : la notion de comparabilité et les difficultés
méthodologiques que l'exigence d'une psychologie comparative, fonda
mentale pour la construction d'une théorie générale du comportement,
entraîne ; les rapports milieu naturel et expérimentation ; les relations
de la psychanalyse et de l'étude du comportement.
Au total, ce Symposium a peut-être soulevé plus de questions qu'il
n'a apporté de réponses, ce qui permet tout à la fois de le justifier mais
d'en démontrer aussi les limites.
M. Kail.
Richelle (M.). — Pourquoi les psychologues ? — Bruxelles, Dessart,
1968, 195 p.
D'après l'auteur, ce livre s'adresse aux profanes, futurs psychologues,
mais les spécialistes y trouveront un ensemble de réflexions claires sur
les questions qu'ils se posent ou devraient se poser.
Le premier chapitre (« Les psychologues et leur public ») est une
critique de l'image dans le public de la psychologie à partir de laquelle
sont précisés quelques grands traits de la psychologie scientifique ;
son objet, ses méthodes et les écueils de ses applications. « Les problèmes
internes de la psychologie » relatent les atouts et les faiblesses spécifiques
ou non (rôle de l'expérimentateur, généralisation, applications) d'une
science naissante et surtout ses orientations présentes à propos des
quelles l'auteur dénonce avec beaucoup de vigueur et d'humour ce
qu'il considère comme les impasses et les mystifications de la psychologie
non scientifique.
Les rapports de la psychologie et de la médecine font l'objet d'un
chapitre séparé et bien sûr on débouche sur la formation du psychologue.
Toutes les questions soulevées sont de celles qui ne peuvent être
résolues dans l'instant et le Pr Richelle atteint le but qu'il s'était lui-
même fixé : laisser le lecteur avec de nombreuses interrogations.
C. Rivoal.
Garpentier (R.). — La connaissance d'autrui. — Paris, Presses
Universitaires de France, 1968, 122 p.
Ce petit livre ne traite pas de ce que son titre pouvait suggérer dans
une terminologie récente, c'est-à-dire des processus cognitifs inter- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 640
personnels (perception, représentation d'autrui) mais vise à initier
tous les débutants à ce qu'est et que peut apporter une connaissance
scientifique des individus. L'auteur, dans une synthèse attrayante,
présente en philosophe — le livre se range en effet dans la collection
« Initiation philosophique » — quelques-uns des problèmes que se
posent les psychologues, certaines des méthodes qu'ils utilisent, et enfin,
de manière très allusive, certains des résultats obtenus. Sans adopter
le style du manuel, l'auteur illustre ses réflexions d'exemples tirés ou
de la vie quotidienne ou de quelques-uns des grands auteurs et ouvrages
de la psychologie (ceux-ci étant presque toujours français) à moins
qu'il ne confronte deux aspects et présente les conclusions différentes
auxquelles conduisent connaissance populaire et connaissance scienti
fique. A propos du choix des auteurs sur ce sujet, mentionnons qu'on
peut être surpris de ne pas trouver, dans un index il est vrai parfois
incomplet (Moreno devrait y figurer) non seulement les maîtres all
emands ou anglo-saxons mais ni Wallon ni même l'Introduction à la
psychologie de Paul Guillaume.
Sans reprendre tous les thèmes évoqués ou analysés dans ce livre,
soulignons les principales questions que pose et auxquelles répond
l'auteur : pourquoi constate-t-on une résistance à la science en général
et à une science psychologique en particulier ? Qu'est-ce qu'une science ?
En tentant de décomposer les faits humains en faits élémentaires, les
psychologues les réduisent-ils au schéma stimulus-réponse ? Les faits
humains sont-ils des données stables ? Comment peut-on étudier leur
évolution ? La pensée populaire est spontanément catégorisante,
comment la pensée scientifique introduit-elle des catégories qui dépas
sent les préjugés ? Comment la science peut-elle approcher les indivi
dualités ?, etc. Suit une conclusion où l'épanouissement des personnes
est posé comme un problème moral devant lequel individus et sociétés
doivent se sentir responsables.
Nous avons déjà dit que ce livre est une introduction attrayante ;
on peut penser qu'il n'aurait pas perdu ce caractère s'il avait fait la
part plus belle aux résultats obtenus d'ores et déjà dans le domaine
de la psychologie.
M.-C. Vallet-Gardelle.
Whitla (D. K.). — Handbook of measurement and assessment in
behavioral sciences (Manuel de mesure et d'évaluation dans les
sciences du comportement). — • Massachusetts, Addison Wesley,
Publishing Company Reading, 1968, 508 p.
Ce livre aborde en quatorze articles un problème important des
sciences du comportement, celui des instruments de mesure et d'éva
luation des activités et de la personnalité des sujets. Problème important,
mais dont il est difficile de dégager actuellement les notions essentielles.
L'unité de la première partie réside en l'utilisation de techniques
mathématiques visant à élaborer des systèmes de descriptions ou à PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 641
tester les effets de certains facteurs. Les justifications de ces techniques
sont parfois très complètes, mais parfois n'apportent pas les détails
suffisants.
La seconde partie, assez brève, sur les fondements théoriques,
présente en détail les problèmes de la technique de mesure ainsi que
les « tests et inventaires », techniques les plus utilisées dans les divers
champs d'applications abordés : aptitudes, personnalité, intérêts, créat
ivité. En suivant les recherches présentées par S. Stevens (p. 171-199)
on aurait aimé voir abordé dans cette seconde partie le problème
crucial de l'invariance des résultats obtenus vis-à-vis des différentes
techniques de mesure, ou des échelles élaborées à partir de ces techniques.
G. Oppenheim.
Klopfer (P. H.), Hailman (J. P.). — An introduction to animal
behavior. Ethology's first century (Introduction à l'étude du compor
tement animal : bilan d'un siècle d'éthologie). — Englewood Cliffs
(New Jersey), Prentice Hall, 1967, 297 p.
Dès l'introduction, le lecteur est prévenu que cet ouvrage est destiné
à l'enseignement pour des étudiants avancés ; disons qu'il s'agit en fait
d'un « livre du maître » et qu'il constitue une excellente base pour
construire une série d'exposés introductifs aux généralités concernant
le comportement animal, en même temps qu'une mine de références
bibliographiques sur les travaux faisant date dans ce domaine. Néces
sairement superficiel dans son approche et morcelé dans son plan, ce
livre n'a rien d'une thèse et ne prétend pas être autre chose qu'un manuel
exposant sans préférences chacun des divers aspects de la psychologie
animale considérée comme science éthologique. Il ne faut donc pas lui
reprocher son impersonnalité doctrinale ou théorique, encore qu'on
perçoive assez bien quels sont les centres d'intérêt de prédilection des
deux auteurs, professeurs de zoologie, et quelles sont leurs opinions
personnelles sur divers points.
Trois parties d'inégale importance commencent l'ouvrage. Tout
d'abord l'aspect historique est envisagé dans le cadre des théories et
des observations datant de la seconde moitié du siècle dernier, et l'on
rappelle les contributions de Darwin, de Romanes (pour une fois réhab
ilité) et de Morgan, ainsi que les premières positions concernant la
question de l'instinct, conçu comme acte fixe inné ou au contraire
comme habitude stéréotypée. On notera combien la question philo
sophique du caractère conscient des conduites animales a pu, à cette
époque, obscurcir la position des véritables problèmes (chez des auteurs
pourtant biologistes) , à savoir ceux de l'insertion biologique des conduites
dans l'adaptation de l'espèce et de l'individu à leur environnement.
Dans la seconde partie, l'apport des objectivistes est sommairement
décrit, et l'on mesure combien cette approche authentiquement biolo
gique a fait progresser les conceptions relatives au comportement 642 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
animal, même si cela a dû être payé par quelque dogmatisme tenant à
la généralisation à l'ensemble du règne animal de conduites propres
aux groupes (oiseaux, poissons) chez lesquels elles sont les plus frappantes
à observer et les plus faciles à étudier.
Succédant à cet exposé, le premier chapitre de la troisième partie
résume les principales acquisitions du behaviorisme américain et de
l'école russe du conditionnement qui sont présentées, très sainement,
non pas comme l'essentiel de la psychologie animale, mais simplement
(malgré la multiplicité des travaux expérimentaux dans ce secteur)
comme des aspects de la modification ontogénique de l'activité. Deux
chapitres résument ensuite l'essentiel de nos connaissances récentes
sur les mécanismes nerveux et hormonaux des conduites, en insistant
sur l'aspect dynamique de contrôle réciproque des organes périphériques
et des centres fonctionnels par effets de rétroactions entre messages
afférents et efférents. Les conceptions cybernétiques de von Holst et
de Mittelstaedt sont opportunément expliquées à ce propos. Poursuivant
cette revue des progrès récents dans divers domaines spécifiques, sont
envisagées les études de perception (illustrées par l'écholocation des
chiroptères et par les danses des abeilles) dans le cadre théorique de
YUmvelt de Uexküll, puis les aspects de la vie sociale (territorialité et
dominance, ou au contraire agrégation) ainsi que leurs avantages
respectifs pour la survie de l'espèce, et enfin les problèmes relatifs à
l'orientation spatiale et temporelle, allant des tropismes (depuis les
théories de Kühn à celles de Fraenckell et Gunn) aux migrations en
passant par les divers rythmes circadiens et saisonniers, dont l'incidence
sur l'orientation lointaine est justement soulignée, puisque l'usage de
repères célestes implique une compensation horaire.
Enfin la quatrième partie, intitulée « L'éthologie d'aujourd'hui »,
n'est plus un rappel de toutes ces notions classiques et disparates, mais
constitue un essai de les reconsidérer de manière synthétique dans la
position des problèmes actuels. Les deux premiers chapitres traitent de
l'aspect génétique des conduites, c'est-à-dire de la transmission de
certaines de leurs particularités innées ainsi que de celles de certaines
aptitudes spécifiques d'apprentissage (Tryon fut à cet égard un pionnier),
comme aussi bien de l'incidence de conduites données sur la sélection
sexuelle et sur les chances de survie et de reproduction des sujets
caractérisés par ces particularités de leur conduite. Ce point de vue
néo-darwinien est illustré par les études comparatives de Lorenz et
débouchent sur les inferences concernant l'évolution phylogénétique
de traits de comportement donnés, considérés comme phénotypiques,
et dont le déterminisme paraît ressortir à une pluralité de gènes. Enfin
l'aspect individuel (et non plus spécifique) des conduites et de leur
contrôle est considéré en relation à une technique d'analyse séquentielle
ou de relevé temporel des successions d'actes, qui aboutit à envisager
des séries d'actions dans lesquelles la probabilité de chacune est déter
minée par l'occurrence des précédentes. Dans cette nouvelle manière PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 643
d'étudier 1' « éthogramme » et ses incidences sur l'actualisation de
chaque motivation, on sent quels sont les intérêts de prédilection des
auteurs.
M. Blancheteau.
Marler (P.), Hamilton (W. J.). — Mechanisms of animal behavior
(Les mécanismes du comportement animal). — New York et Londres,
Wiley, 1967, 771 p.
Voici également un traité d'éthologie expérimentale, mais celui-ci
est plus complet et détaillé que le précédent : il s'adresse d'ailleurs à
un public scientifique averti et non à des étudiants, ce qui n'empêche
pas que son plan soit parfaitement didactique dans la composition de
ses chapitres et dans les transitions qui sont ménagées entre ceux-ci.
Il convient également d'insister sur la qualité et sur l'extrême abon
dance des illustrations, qui constituent des documents irremplaçables.
Dès les premières pages, les auteurs exposent ce qui constitue, à
leurs yeux, le problème essentiel des études de comportement animal,
à savoir le vieux conflit du mécanisme et du vitalisme, qui se pose en
termes modernes de controverse entre les théories réflexes du compor
tement et celles qui font une part aux influences endogènes et à la
spontanéité des conduites. En fait, c'est la nature de celles-ci (quête
appetitive ou acte consummatoire) qui détermine les parts qui revien
nent à ces deux ordres de facteurs. Avec un bref rappel historique des
contributions de divers auteurs (Loeb, Watson, Jennings, Thorndike,
Lashley), cette question est illustrée par divers exemples de conduites
pris chez des organismes aussi simples que l'actinie ou l'hydre. Elle
est ensuite considérablement développée à propos des rythmes circa-
diens, pour lesquels il semble bien qu'il faille faire la part des événe
ments extérieurs périodiques à côté de celle des périodicités préférent
ielles de diverses fonctions biologiques. A cet égard, le rappel succinct,
mais essentiel, des travaux de Brown, moins connu des psychologues
que des biologistes, sera fort apprécié, ainsi qu'un aperçu rapide, mais
visant à l'essentiel, des découvertes récentes de Harker sur le rôle des
Corpora cardiaca dans le maintien du rythme nycthéméral chez les
blattes.
Ces mêmes vues théoriques sur l'opposition et la complémentarité
du besoin organique et des stimulations correspondant à leur satis
faction, ainsi que de la périodicité des conduites qui en découlent,
fournissent la matière des deux chapitres suivants qui traitent de la
reproduction, de la faim, de la soif et de la respiration. Il est intéressant
de noter que la récurrence périodique des conduites appétitives et
consummatoires dépend du caractère d'accessibilité immédiate ou non
de l'objet de la satisfaction : à cet égard, le caractère motivateur du
besoin en oxygène peut être mis en évidence chez les espèces aquatiques
à respiration aérienne, tandis que la soif ne constitue pas une motivation
chez ces mêmes espèces, pas plus que la faim n'en est une pour les ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 644
organismes fixés à filtres branchiaux formant réceptacle à nourriture.
Néanmoins certaines conduites sont occasionnelles et non pério
diques, car elles ne dépendent que d'une rencontre fortuite, comme
celle d'un objet nouveau (exploration) ou celle d'un adversaire (agres
sion). A ce propos, les auteurs exposent les notions désormais classiques
dégagées par les objectivistes sur le rôle social de l'agressivité et de
ses déplacements et ritualisations. Assez logiquement, ce chapitre se
termine par quelques considérations sur le jeu.
Ensuite les auteurs reprennent le thème de la dualité de la sponta
néité spécifique d'organisation et d'actualisation des conduites et de
leur contrôle par les stimulus de l'environnement, à propos des études
de motricité et de perception : on appréciera le résumé des apports de
Mittelstaedt et de von Holst ainsi que, d'une façon générale, la manière
dont est présentée chaque modalité sensorielle (vision, audition, sensi
bilité chimique, émission-réception d'ultrasons ou d'électricité), en
partant des données anatomiques et physiologiques pour aboutir aux
aspects les plus élaborés de la vie sociale. Par le biais des sensibilités
labyrinthiques, les auteurs passent ensuite à l'examen des « réactions
d'orientation » et des tropismes, puis à celui des performances d'orien
tation spatiale proprement dite. A propos de cette dernière, le rôle des
repères célestes est étudié en détail, et mis en rapport avec les rythmes
biologiques annuels ou saisonniers.
L'ouvrage s'achève par un examen de l'ontogenèse des conduites,
faisant la part du déterminisme héréditaire ainsi que des possibilités
d'apprentissage, non seulement par essais et erreurs, mais aussi par
conditionnement social ou par imitation (observational learning), sans
oublier les classiques effets d'imprégnation. Le dernier chapitre pose
le problème méthodologique de la notation et de la description du
comportement animal, et de l'importance qu'il y a à caractériser les
conduites spécifiques par leur probabilité d'enchaînement au sein de
leur périodicité d'apparition : le livre de Marier et Hamilton se termine
donc sur la même note que celui de Klopfer et Hailman.
M. Blancheteau.
Corso (J. F.). — The experimental Psychology of sensory Behavior
(La psychologie expérimentale du comportement sensoriel). — New
York, Holt, Rinehart and Winston, 1967, 628 p.
Après 20 ans d'enseignement, J. F. Corso a fait une synthèse d'une
partie de ses cours en un livre très didactique, car l'auteur a constaté
combien l'étudiant était mal préparé par sa formation scolaire anté
rieure à la compréhension de la psychologie expérimentale. Aussi ce
livre se veut d'être une introduction approfondie en se limitant à l'étude
du comportement sensoriel.
Dans la première partie, l'auteur montre comment s'insère la psychol
ogie comme science dans la philosophie des sciences. Il distingue les PSYCHOLOGIE GENERALE 645
caractères généraux et les caractéristiques spécifiques de la psychologie
comme science, placée entre les sciences physiques et biologiques d'une
part et les sciences sociales d'autre part. Bile dépend étroitement de
ces disciplines et fait appel comme toute science aux mathématiques ;
cette direction d'études est introduite mais peu développée.
Le second chapitre traite de la relation des organismes vivant avec
l'environnement physique. Ainsi se trouve précisée la notion de stimulus
distincte de celle de l'objet. Puis viennent les descriptions des principales
caractéristiques physiques du stimulus. On y trouve présentées les
mesures précises d'énergie électrique, acoustique, thermique, etc., ainsi
que celles nécessaires au contrôle de l'environnement physique global.
L'auteur s'efforce de ne choisir, et il le fait avec compétence, que les
notions indispensables.
Le chapitre III introduit le lecteur dans la compréhension du
système nerveux humain considéré comme un système intégré. On y
traite à la fois des méthodes d'étude du système nerveux, de la descrip
tion de ses principales parties ainsi que de leur fonctionnement. Le
dernier chapitre de cette partie, en étroite relation avec le précédent,
décrit les différents systèmes récepteurs d'énergie qui mettent l'orga
nisme en contact avec le milieu environnant, à savoir les organes
sensoriels.
La deuxième partie est une introduction générale aux méthodes
quantitatives dans la recherche en psychologie. On y présente également
les notions de modèles et de théories. On y développe la démarche
scientifique de présentation et de mise à l'épreuve des hypothèses
nécessaires au raisonnement expérimental.
Les deux chapitres suivants traitent d'une part du plan expérimental
et de la vérification statistique de l'hypothèse et d'autre part de la
présentation des différentes méthodes psychophysiques.
La troisième partie est consacrée à l'étude des principaux problèmes
posés par le comportement sensoriel élémentaire. L'auteur examine
les principales mesures liées au fonctionnement du système visuel, du
système auditif, du système cutané, etc. On y traite également des
processus d'adaptation et de récupération. Le dernier chapitre présente
l'étude des déficiences et des anomalies sensorielles.
La dernière partie de l'ouvrage présente les théories générales de
la psychologie expérimentale contemporaine pour l'étude des modalités
sensorielles. Après un bref rappel de la théorie psychophysique, fonction
psychométrique et l'hypothèse phi-gamma, on trouve largement déve
loppée la théorie neuroquantique, puis brièvement la théorie de la
détection du signal. Les deux derniers chapitres sont consacrés à la
théorie de l'information et à la théorie du niveau d'adaptation de
Helson. Pour finir, l'auteur présente quelques travaux sur les privations
sensorielles.
C'est un livre d'initiation approfondie qui, écrit par un seul auteur,
a le mérite d'une grande cohérence interne et possède une valeur péda-
A. PSYCHOL. 69 41 646 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
gogique certaine. Des exemples simples sont toujours développés très
clairement pour illustrer l'exposé général. Il est à la fois ouvert aux
perspectives du progrès et dans la ligne de la psychologie scientifique
traditionnelle.
G. Oléron.
Singer (G.), Bennett (A.), Day (R. H.). — Perception : a laboratory
manual (La perception : un manuel de laboratoire). — Randwick,
New South Wales University Press, 1967, 151 p.
Cet ouvrage collectif (17 coauteurs), d'origine australienne, est un
manuel pratique destiné à familiariser des étudiants de deuxième et
troisième années avec la réalité concrète de l'étude expérimentale de
la perception (considérée comme comportement adaptatif) en laborat
oire. Centré plus particulièrement sur les aspects méthodologiques et
techniques, ce manuel comprend 24 expériences, regroupées en 7 sec
tions : il débute par quelques notions sur les méthodes psychophysiques
(essentiellement la détection du signal), se continue par l'étude de la
spécificité sensorielle et de la perception de l'espace, aborde ensuite les
constances perceptives et les illusions (présentées comme deux points
d'un même continuum), puis les phénomènes d'adaptation et les effets
consécutifs ; il se termine par un ensemble hétérogène d'expériences
traitant pour la plupart du rôle de la signification dans la perception.
S'il présente l'avantage de fournir des exemples (parfois discutables)
d'opérationalisation d'hypothèses particulières, de détailler pour chaque
expérience les précautions à prendre, le montage des appareils, etc.,
et d'être complété par des questions et des suggestions pour une expér
imentation plus poussée, ce manuel n'est pas à l'abri de toute critique.
Le lecteur peut d'abord ne pas partager certaines interprétations
théoriques que, toutefois, l'auteur explicite... ou demande au lecteur
d'expliciter. De plus, on peut discuter le choix des manipulations
centrées essentiellement sur l'étude des effets consécutifs. L'emploi
de certaines procédures est également discutable, d'autant que, si
l'ouvrage paraît élémentaire dans la première partie, les expériences
finales soulèvent des problèmes liés à la complexité même du sujet
(réflexe pupillaire, stabilisation de l'image, subception, etc.). En dépit
de ses insuffisances et de ses biais, ce livre sera utile à l'étudiant qui se
spécialise et... surtout, bien entendu, à l'enseignant qui ne manquera
pas d'en tirer profit pour l'organisation de Travaux pratiques sur la
perception.
P. Marquer.
Haber (R. N.). — Contemporary theory and Research visual Per
ception (Théorie et recherche contemporaines en perception visuelle).
— New York, Holt, Rinehart & Winston, 1968, 814 p.
80 articles choisis parmi des centaines essaient de rendre compte
de l'état actuel de nos connaissances actuelles dans le domaine de la

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