Psychologie générale - article ; n°2 ; vol.70, pg 632-650

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1970 - Volume 70 - Numéro 2 - Pages 632-650
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1970
Lecture(s) : 4
Nombre de pages : 20
Voir plus Voir moins

Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1970 vol. 70, n°2. pp. 632-650.
Citer ce document / Cite this document :
Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1970 vol. 70, n°2. pp. 632-650.
doi : 10.3406/psy.1970.27917
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1970_num_70_2_27917Psychologie générale
Pollack (R. H.), Brenner (M. W.) (éd.). — The experimental
psychology of Alfred Binet. — New York, Springer Publishing
Company, 1969, 235 p.
Les lecteurs américains disposent maintenant d'un recueil d'articles
d'A. Binet que peuvent leur envier les lecteurs français. Les éditeurs
de ce livre ont été frappés du fait que Binet ne soit guère connu aux
Etats-Unis que pour son échelle métrique de l'intelligence qui est
finalement un peu marginale dans son œuvre.
Ils ont donc eu l'idée de publier un recueil de traductions d'articles
qui datent surtout des dernières années du xixe siècle et qui sont une
illustration de son œuvre expérimentale.
Les choix se regroupent en trois parties :
La première comprend quatre articles sur le seuil de perception
tactile de deux pointes perçues comme uniques quand l'écart (variable
avec la région du corps) est trop petit. Binet reprend l'étude de ce
jugement paradoxal et est amené d'une manière très moderne à mettre
en cause l'attitude des sujets et à distinguer des types qui n'ont pas
le même seuil : les simplistes et ceux qui interprètent. On reconnaît
là son mouvement naturel vers l'étude des différences individuelles et
il arrive à la conclusion qu'il est impossible de décrire la sensation.
La seconde partie est centrée sur le développement perceptif de
l'enfant. Ces recherches faites sur ses filles ou sur des écoliers sont
célèbres (perception de la longueur, du nombre, de la couleur) et surtout
celle qui a inspiré Piaget sur la diminution de l'illusion de Muller-Lyer
avec l'âge. On assiste à la naissance de l'expérimentation sur l'enfant
et rien ne met mieux en évidence les qualités émérites d'A. Binet.
La troisième partie contient des articles variés, sur la perception
de l'étendue, les mouvements des enfants, la perception de la durée
d'un temps de réaction, la peur chez les enfants, la pensée sans images ;
chaque fois Binet invente de nouvelles méthodes de grande valeur.
L'ouvrage se termine par une excellente bibliographie avec l'indi
cation des traductions anglaises.
P. Fraisse.
Marx (M. H.). — Theories in Contemporary Psychology (Les théories
de la psychologie actuelle). — New York, The Macmillan Co.,
1968, 628 p.
Le fait que nous rendions compte de la septième édition montre
l'importance toujours actuelle de ce livre. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 633
Voici un ouvrage qui ne parle que de théories et surtout de la théorie.
Il est composé de pièces et de morceaux. Il était sans doute nécessaire
sur un pareil sujet qu'une variété de points de vue s'expriment. Marx
l'a voulu. Il montre avec pertinence le double mouvement qui fait
à la fois rejeter les théories trop formelles et rechercher des construct
ions théoriques. Ni les approches déductives, ni les approches inductives
ne sont satisfaisantes et il préfère les théories fonctionnelles où les
constructions de l'esprit sont en interaction permanente avec les données.
Plusieurs chapitres généraux, datant parfois d'une vingtaine d'an
nées, sont regroupés dans la première partie consacrée aux principes
de la théorie : rôle de l'opérationnisme, des modèles, et en particulier
des modèles mathématiques. Tout un débat est noué entre plusieurs
auteurs sur le statut des variables intermédiaires et des concepts hypot
hétiques dont on reconnaît en général l'importance mais dont on se
méfie beaucoup. Les modèles mathématiques peuvent être simplement
des constructions anthropomorphiques habillées de nouvelles défroques
tant qu'ils ne sont pas opérationnalisables.
La deuxième partie est centrée sur trois débats : le premier s'applique
aux distinctions et aux emboîtements entre théories moléculaires et
molaires, et est dominé par Egon Brunswick. Le second est consacré
aux rapports entre neurologie et psychologie, avec l'inévitable condamn
ation du réductionnisme. Le troisième reprend ces thèmes, mais en
se centrant plus sur la primauté donnée à des théories globalisantes
qui s'appliquent à l'homme réel (la pratique) ou à des théories moins
ambitieuses ou scientifiques mais qui conduisent plus loin.
La troisième partie du livre présente des théories dans des domaines
précis : génétique, social, personnalité, psycholinguistique, pensée,
conditionnement, perception. Elle est assez décevante. Les auteurs,
gens brillants, ou bien présentent une théorie à objectif partiel ou bien
font une revue des tendances présentes. Ils nous laissent plutôt croire
au déclin des grandes théories au profit d'hypothèses explicatives ou
de modèles assez spécifiques.
P. Fraisse.
Dustin (D. S.). — How Psychologists do research? (Comment les
psychologues font-ils de la recherche ?) The example of Anxiety
(L'exemple de l'anxiété). — Englewood Cliffs, Prentice- H all, 1969,
108 p.
Exposer en 108 pages comment les psychologues font de la recherche
en choisissant l'exemple de l'anxiété, en refusant dès la préface de
fournir un exposé détaillé des méthodes utilisées, comme de présenter
un aperçu général des recherches sur ce sujet, est une entreprise bien
téméraire. C'est pourtant celle qu'a choisie D. S. Dustin. En fermant
ce livre, le lecteur occasionnel ne pourra s'empêcher de penser que les
psychologues font bien mal de la recherche (un rapide coup d'oeil sur 634 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la bibliographie qui ne comporte que six titres le confirmera dans cette
opinion). Quant à l'étudiant, il sera certainement dérouté par la rapide
succession au fil des chapitres des différentes approches et ne manquera
pas de s'interroger sur l'unité d'un tel concept, interrogation qui si
elle se produit effectivement sera sans doute la conséquence la plus
positive de cette lecture.
M. de Bonis.
Buckley (W.). — Modern Systems Research for the Behavioral
Scientist (Recherche moderne sur les systèmes pour les sciences
du comportement). — Chicago, Adline Publishing Company, 1968,
525 p.
Près de soixante textes sont réunis dans ce recueil consacré à la
recherche générale sur les systèmes, à la cybernétique et à la théorie
de l'information et de la communication. Il s'agit aussi bien des textes
fondamentaux des fondateurs de ces disciplines que d'articles exposant
des recherches plus récentes.
On a choisi des textes destinés à l'information du psychologue et
du sociologue tels que leur lecture ne nécessite pas de formation mathé
matique spéciale.
La première partie : « Présentation de la recherche sur les systèmes »
est composée de textes de l'économiste K. E. Boulding, du biologiste
L. von Bertolanffy et de N. Wiener, le fondateur de la cybernétique.
La seconde partie : « Parties, touts et niveaux d'organisation »
est axée sur la hiérarchie des systèmes et des sciences et sur les pro
blèmes du réductionnisme.
La troisième partie : « Systèmes, organisation et logique des
relations », où l'on remarque des textes de J. von Neumann et de
W. R. Ashby, montre comment la notion de système, en conduisant
à l'étude des isomorphismes et des différences entre structures, ind
épendamment de leur substrat matériel, nécessite l'utilisation d'instr
uments tels que la logique mathématique et la théorie des automates.
Ensuite sont abordés les problèmes de l'information, de la commun
ication et de la signification (quatrième partie) ; les notions cyber
nétiques d'autorégulation et d 'autodirection (cinquième partie), ces
mêmes relations appliquées aux systèmes psychologiques (sixième partie,
avec des textes de O. H. Mowrer, G. W. Allport, etc.), puis aux systèmes
socioculturels (septième partie).
J.-M. Péterfalvi.
Aronson (E.). — Voices of modem Psychology (Voix de la psy
chologie moderne). — Reading (Massachusetts), Addison- Wesley
Publishing Co., 1969, 372 p.
Cet ouvrage est un recueil de textes dont le but est d'être accessible
aux étudiants et utilisé en parallèle avec un manuel. Les articles sont, PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 635
dans cette perspective, regroupés en six thèmes : la science psycholo
gique ; psychologie physiologique et des sensations ; apprentissage et
motivation ; perception, activités cognitives et langage ; personnalité
et psychothérapie ; comportement social.
L'ouvrage est original dans la mesure où il est constitué dans sa
majeure partie de communications orales (adresses présidentielles, etc.) ;
il est intéressant par le choix de textes récents — presque tous posté
rieurs à 1960 — dont beaucoup sont déjà fort célèbres. Certains sont
d'excellents articles de synthèse d'approches multiples de problèmes
classiques. Parmi les auteurs, citons, entre autres, Cronbach, Pfaffmann,
Olds (« Synthèse sur les recherches d'autostimulation », 1969), Stevens
(« La surprenante simplicité des échelles sensorielles »), Helson (« Les
multiples utilisations du concept de niveau d'adaptation »), Spence,
N. Miller, Estes, Skinner (« Conditionnement des pigeons et guidage
de missiles »), R. L. Solomon, Gibson, Bruner (« La croissance de l'inte
lligence »), Festinger, G. A. Miller, Harlow, Guilford, Allport, Lindzey,
Rogers, Hovland, I. G. Sarason, Katz.
Malgré son intérêt, le recueil — qui consiste en une simple juxta
position — n'échappe pas au caractère artificiel de ce genre de publi
cations, en raison de la diversité des thèmes abordés et des perspect
ives envisagées, ce qui n'empêche nullement que certains domaines
soient réduits à la portion congrue et que l'éclectisme ne dépasse pas
les frontières des Etats-Unis : Voices of modem American Psychology
serait un titre plus juste.
P. Marquer.
Edwards (A. L.). — Statistical analysis (Analyse statistique). —
New York, Holt, Rinehart and Winston, 1968, 244 p.
Ce livre est la 3e édition d'un « classique » de statistique élémentaire
(t, x2, etc.). Il contient peu de modifications par rapport aux éditions
précédentes : le texte reste accessible à des lecteurs peu mathématiciens,
et le style toujours alerte et agréable (en tête du livre, un avertissement
opportun sur le « bon usage » des tests de signification).
H. Rouanet.
Sterling (T. D.), Pollack (S. V.). — Introduction to statistical
data processing (Introduction au traitement des données statis
tiques). — Englewood Cliffs, Prentice- H all, 1968, 633 p.
L'objectif de ce texte est de présenter les principales méthodes
d'analyse de données (des méthodes statistiques élémentaires aux
méthodes de régression, d'analyse multidimensionnelle et d'analyse de
variance) dans l'optique du traitement sur ordinateur ou au moins
sur machine de bureau programmable.
Ainsi, plusieurs chapitres sont consacrés au hardware et au software 636 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
des machines non dans le but d'une initiation à l'informatique pour
elle-même, mais dans celui de permettre au chercheur d'organiser son
expérience de manière à optimiser le traitement des données.
Une lecture même rapide de l'ouvrage montre à quel point les
méthodes du calcul automatique ont accru les possibilités de traitement
de données, rendant accessibles de nombreuses techniques restées
jusqu'à présent d'un intérêt théorique parce que impraticables. Citons
seulement deux exemples : l'introduction de termes correctifs dans le
cas de non-normalité ; l'utilisation de méthodes exactes pour traiter
des tableaux à double entrée, au lieu de la méthode approximative
du x2) etc.
A l'intérieur de chaque chapitre, la présentation est faite dans un
ordre de difficulté croissante, ce qui permet facilement des lectures de
l'ouvrage à divers niveaux ou pour plusieurs catégories de lecteurs.
En conclusion, cet ouvrage apporte une démonstration tangible
des avantages considérables qu'apporterait à tous, chercheurs et étu
diants en psychologie, l'utilisation systématique des méthodes de
calcul automatiques.
H. Rouanet.
Goldschmidt (V.). — Le système stoïcien et l'idée de temps. —
Paris, Vrin, 1969, 247 p.
Saluons une réédition d'un ouvrage important qui ne peut être
indifférent au psychologue. Si la théorie du temps physique des stoïciens
ne peut plus rien nous apprendre, par contre le rôle attribué au temps
dans la connaissance et l'action correspond à une des attitudes de
l'homme face à son devenir.
Le stoïcisme privilégie le présent où nous pouvons seulement engager
notre action. « Organiser le mieux possible ce qui dépend de nous et
pour les autres choses en user comme elles se présentent. » Cette philo
sophie est à la fois très inactuelle dans une époque qui aime se confier
à l'évolution mais on retrouve chez Kierkegaard des pages qui ont la
même sonorité.
P. Fraisse.
Theau (J.). — La conscience de la durée et le concept de temps. —
Toulouse, Privat, 1969, 312 p.
Vouloir réconcilier l'intuition de la durée et le concept de temps
en se plaçant dans la pensée de Bergson est une entreprise philosophique
valable. Mais le faire en 1970 en voulant ignorer les développements
épistémologiques et scientifiques modernes pour rester dans l'expé
rience commune et la langue courante, c'est se condamner à ne rien
apprendre et à ne rien enseigner.
P. Fraisse. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 637
Weiskrantz (L.). — Analysis of behavioral change (L'analyse des
modifications du comportement). — New York, Evanston et
Londres, Harper & Row, 1968, 447 p.
Les participants d'un Colloque de Psychopharmacologie animale,
qui s'est tenu en Angleterre à Cambridge en 1964, ont rédigé leurs
résultats et leurs apports, chacun dans le cadre d'un chapitre défini,
et ces textes ont été réunis et complétés par Weiskrantz pour former
un recueil qui intéressera autant les psychologues que les physiologistes
ou les pharmacologues, et que l'étudiant appréciera autant que le cher
cheur, le premier y trouvant de précieuses synthèses, et le second des
réflexions et des mises au point critiques.
On trouvera, ainsi, une excellente revue des méthodes utilisées et
des résultats qui s'y rapportent et qui sont devenus classiques, dans
divers domaines d'étude. Citons tout d'abord « Le renforcement positif »
traité par Steiner, distinguant notamment les méthodes de consommat
ion et celles d'étude des réponses conditionnées d'après leur fréquence
ou leur latence, d'après leur choix, ou d'après leur « coût » pour le sujet.
Citons également « Le renforcement négatif », par Morgan, qui expose
les techniques d'échappement, d'évitement et de punition, ainsi que les
diverses théories (Mowrer, Sidman) proposées pour rendre compte de
ces résultats. Passons ensuite à « L'émotion », par Weiskrantz, envisagée
dans le cas du conditionnement classique, puis à « L'activité générale »,
par Gros, qui considère l'effet des besoins, celui des rythmes biologiques
et celui des interventions par drogues ou par lésions cérébrales. De
même on consultera avec profit « le comportement exploratoire »,
par Halliday, qui expose les théories de Dember, Montgommery et
Berlyne ainsi que les diverses techniques d'étude chez le rat et chez le
singe. Les processus d'attention, de discrimination perceptive et de
mémoire, chez le malade mental et chez l'animal, sont traités dans divers
chapitres par Cowey, Weiskrantz, Milner et Teuber : l'intrication de ces
diverses fonctions y apparaît d'ailleurs de façon frappante.
Certains aspects plus purement méthodologiques sont abordés dans
des chapitres tels que « L'examen neurologique chez l'animal » par
Ettinger, et « Les méthodes éthologiques d'observation » par Bateson,
qui souligne l'importance qu'il y a à connaître le répertoire d'actions
spécifiques du sujet animal, ainsi que l'aspect d'adaptation écologique
de ses conduites.
Le problème de fond, celui qui justifie le titre de l'ouvrage, est
abordé principalement dans trois chapitres : les deux derniers du livre,
écrits par Weiskrantz, « Traitements, inferences et fonctionnement
cérébral » et « De quelques pièges » et surtout dans celui de Sheldon,
« L'apprentissage ». Devant la multiplicité et la spécialisation des études
concernant l'effet d'un traitement donné (privation, ablation, stimul
ation, drogue, etc.), sur un test comportemental donné, on peut se
demander s'il ne doit en résulter qu'une mise en relation de ces deux 638 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
variables étroitement définies, ce qui ne mènerait qu'à une pharmacologie
ou une neurologie, etc., à courte vue et sans généralité, ou bien si l'on
peut en tirer un savoir réellement scientifique. En effet, il ne faut pas
seulement que le test comportemental nous apprenne quel est l'effet
du traitement, mais également que celui-ci nous instruise sur les méca
nismes de modification du comportement : il prend alors un intérêt
fondamental pour l'étude des processus de discrimination, de choix, de
renforcement, de rétention, etc. Or la constitution de ce savoir est
rendue difficile par bien des embûches : possibilités de vicariances
fonctionnelles, complexité et intrication mutuelle des ensembles ana-
tomo-fonctionnels cérébraux, distinction de processus évoluant à court
terme ou à long terme (le cas de la mémoire est le mieux connu à cet
égard), et surtout multiplicité des variables indépendantes impliquées
dans les divers traitements, ainsi que des variables dépendantes repré
sentées dans les conduites requises parles tests. Les effets de ces variables
se combinent et se mélangent, et nous n'en observons que la résultante,
sans même savoir quels effets sont primaires et lesquels sont secondaires
(le stress en est un exemple) : « Est-ce que l'altération du comportement
est une réponse au traitement, ou bien à un autre changement produit
par le traitement ? C'est là le cœur du problème », explique Weiskrantz.
En somme, conclut-il, « le concept d' « effet dû à un traitement » est
une réification acceptable tant qu'on ne se cache pas que cette réification
peut être étroitement relative à un ensemble donné de conditions et
de procédures ».
En élargissant le concept de « traitement » et en cherchant à épurer
tout traitement réel et concret pour le faire coïncider avec une variable
indépendante connue, Sheldon en arrive à considérer que les différences
phylogénétiques entre espèces animales constituent également un « tra
itement ». Il y voit même une source de variation privilégiée pour
l'étude des variables dépendantes tirées des travaux sur le renforcement
des conduites (le chapitre de Sheldon est consacré à l'apprentissage),
telles que : renforcement total ou partiel, résistance à l'extinction,
inversion de discrimination, additivité des indices, etc.). Il illustre ce
propos par des exemples tirés des travaux de psychologie comparée
de Bitterman et de Mackintosh, dont il fait ressortir de manière convain
cante toute la valeur heuristique. M. ,. _ Blancheteau.
Catania (A. G.). — Contemporary research in opérant behavior
(Recherches actuelles sur le comportement opérant). — Glenview
(Illinois), Scott, Foresman & Cle, 1968, 358 p.
Un témoignage du développement important de la méthode du
conditionnement opérant et de la place de choix qu'elle occupe à présent
chez les chercheurs anglo-saxons est constitué par cet ouvrage, qui
diffère d'un livre tel que celui de Honig (1966, analysé dans L'An,
psychol., 1969, 69, (1), 311-312) par exemple, où chacun des thèmes PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 639
développés est traité et approfondi par un spécialiste, en ce qu'il s'agit
d'un recueil d'articles courts, mais ayant fait date, et qui sont regroupés
par parties distinctes traitant d'aspects théoriques ou techniques de
la question. Chacune de ces parties comporte une introduction rédigée
par Catania, qui a réuni ces textes, et qui les replace ainsi dans leur
contexte historique et dans leur cadre méthodologique.
Le plan adopté pour la présentation de ces articles est classique
pour le lecteur déjà familiarisé avec les ouvrages traitant du compor
tement opérant. Les deux premières parties ont un caractère théorique ;
les articles présentés étudient le développement historique de la méthode,
définissent opérationnellement les concepts de comportement opérant
et de renforcement des conduites. Les textes de la troisième partie
décrivent quelques programmes fondamentaux de renforcement et les
performances qui en résultent, et ils expliquent comment ces programmes
exercent un contrôle défini sur le comportement. La partie suivante
fournit des exemples d'un tel contrôle par un stimulus donné dans
les tâches discriminatives simples et complexes. On trouvera ensuite
un exposé des conduites relatives aux programmes impliquant une
motivation aversive : réponses d'évitement et d'échappement. Pour te
rminer on lira une description des relations qui existent entre les processus
opérants et les autres processus comportementaux, ainsi que de l'applica
tion de la technique du conditionnement opérant aux études psychophar-
macologiques et à la connaissance des conduites chez le sujet humain.
Ces articles, exemples concrets de recherches, ont été réunis pour
montrer la fécondité du contrôle expérimental du comportement et sa
supériorité sur les inferences et interprétations relatives à des conduites
observées dans des conditions peu ou mal contrôlées. Ils prouvent
également la supériorité de l'analyse du comportement d'un organisme
considéré individuellement par rapport au « résumé » statistique des
comportements d'un groupe d'organismes. Ces articles insistent enfin
sur l'importance que l'on doit attacher aux réponses que l'organisme
émet de manière intermittente et spontanée, plutôt qu'aux réponses
induites par un stimulus particulier à un moment donné.
Il n'est donc pas nécessaire de lire ce recueil du début à la fin comme
un développement ; il est conçu au contraire pour qu'on puisse se
reporter à telle ou telle partie suivant les questions que l'on se pose.
Les introductions de chaque partie sont claires et suffisamment détail
lées pour qu'il n'y ait pas besoin de consulter auparavant des ouvrages
détaillés tels que le livre de Honig. De plus, l'ouvrage s'achève sur un
glossaire qui résume de façon claire et précise la terminologie de base
de la méthode du conditionnement opérant. Pour ces raisons, le recueil
de Catania fait corps avec les ouvrages plus spécialisés sur la question,
et prend place parmi eux au titre d'ensemble d'exemples expérimentaux.
V. Huet. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 640
Martin (I.), Levey (A. B.). — The Genesis of the classical condi
tioned Response (La genèse de la réponse conditionnelle classique).
— Oxford, Pergamon Press, 1966, 145 p.
Parmi les monographies de psychologie expérimentale suscitées par
Eysenck, ce huitième ouvrage a été réalisé par deux psychiatres britan
niques et, dans sa préface, Eysenck souligne l'intérêt de leur travail
qui lui paraît être de « devoir changer le cours de la recherche sur le
conditionnement palpébral (et même sur le conditionnement en général) ».
Contrairement aux travaux qui, depuis trente ans, cherchaient
surtout à détecter l'effet des changements apportés au signal sur l'appa
rition éventuelle de la réponse conditionnée palpébrale, ces recherches
portent tout particulièrement sur la réponse conditionnée elle-même,
sa genèse, ses changements. Se situant dans une perspective méthodol
ogique plus pavlovienne que hullienne, les auteurs se posent les ques
tions suivantes : quand on associe le stimulus conditionnel et le stimulus
inconditionnel, qu'en est-il du système de réponses ? Gomment se
développe la réponse conditionnée ? Gomment évolue la réponse incondi
tionnelle ? Et surtout, comment croît et change l'interaction entre ces
deux types de réponses ?
Par un enregistrement rigoureux et une mesure très précise des
aspects temporels et spatiaux des réponses palpébrales (inconditionnelle
et conditionnée), les auteurs ont pu étudier cette interaction et montrer
notamment une diminution de la latence de la réponse inconditionnelle
avant même que la réponse conditionnée ne soit observable.
Plusieurs chapitres de ce livre sont consacrés à des descriptions
méthodologiques et à des discussions théoriques.
Nous soulignerons particulièrement deux des problèmes non résolus,
qui sont abordés dans le chapitre de conclusion. Concernant la stratégie
des réponses : s'agit-il de sélection en termes cybernétiques, ou bien
s'agit-il de cognition et d'aspects conscients du comportement ? Concer
nant les facteurs cognitifs du conditionnement : peut-on supposer que
la « prise de conscience » de la contingence entre les stimulus joue un
rôle de médiateur dans l'acquisition des réponses conditionnées, et
n'a-t-on pas négligé le rôle de la verbalisation de cette contingence
dans la signification adaptative pour l'homme de telles réponses
conditionnées ?
N. Zuili.
Reuchlin (M.). — Les méthodes en psychologie. — Paris, Presses
Universitaires de France, 1969, coll. « Que sais-je ? », n° 1359.
Sous une apparence modeste le petit livre de M. Reuchlin cache
un certain nombre de problèmes complexes. En ce sens, sa lecture
sera plus profitable peut-être aux lecteurs avertis qu'aux étudiants
n'ayant pas fait de méthodologie. A cause des contraintes dues au
format de la collection, l'ouvrage ne peut prétendre à l'exhaustivité,

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.