Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.60, pg 267-277

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L'année psychologique - Année 1960 - Volume 60 - Numéro 1 - Pages 267-277
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1960
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I. Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1960 vol. 60, n°1. pp. 267-277.
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I. Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1960 vol. 60, n°1. pp. 267-277.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1960_num_60_1_6841— LIVRES II.
I. — Psychologie générale
Dulany (Don E.), de Valois (R. L.), Beardslee (D. C), Winter-
bottom (M. R). — Contributions to Modem Psychology. Selected
readings in general Psychology (Contributions à la psychologie
moderne, choix d'articles de psychologie générale) . — In-8°de 398 pages,
New York, Oxford University Press, 1958.
Sous un titre modeste, ce livre ne prétend à rien de moins qu'à donner
un état aussi complet, aussi varié, et cependant aussi rigoureusement
ordonné que possible de la Psychologie contemporaine. Qu'un tel bilan
exige des remaniements et des mises à jour successives, c'est ce qu'ont
bien compris les présentateurs de l'ouvrage qui ont apporté déjà de
nombreuses modifications à l'édition d'Ann Arbor de 1951. Destiné aux
étudiants, ce livre groupe, sous les rubriques habituelles des manuels,
une somme considérable d'articles de premier ordre. Pourtant, il se
présente comme un anti-manuel : on s'est moins soucié, en effet, de
présenter au lecteur un amas de théories ou de techniques à retenir,
que de le familiariser avec les grands problèmes de la Psychologie et
ses méthodes. Enfin, on lui demande ce que justement lui refusent la
plupart des manuels : un effort de réflexion et de compréhension. Dès
les premières pages, Hebb aborde avec vigueur et brio le problème des
structures héréditaires et de l'héritage philogénétique opposés à l'i
nfluence du milieu et à l'expérience personnelle, offrant un exemple d'une
démarche proprement psychologique. Les textes qui suivent, de K. Lorenz
à Hernandez-Peon, Terman, Thurstone, Wallach, Yerkes, etc., qu'ils
relatent des observations, exposent des expériences, ou encore
envisagent des voies nouvelles pour explorer un domaine, éclaircir
une obscurité, forment un ensemble cohérent, et, à de rares excep
tions près, d'une tenue exemplaire. Les concepts neufs font l'objet
de commentaires et d'analyses brèves mais claires (exemple : Vimprinting
de Lorenz), la présentation des résultats, les graphiques s'accompagnent
de notes précises, qui non seulement facilitent leur abord, mais donnent
une idée de leur possible utilisation dans le traitement d'autres questions.
Notons encore que chaque article s'accompagne d'un résumé et d'une
bibliographie.
Voici donc un instrument de travail intelligent, fort propre, croyons-
nous, à enthousiasmer l'étudiant qui y découvrira la vie d'une science ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 268
encore à faire, et des éléments susceptibles d'alimenter les discussions
de séminaire (c'est d'ailleurs le but avoué de ce livre), utilisable aussi
bien par le chercheur qui y trouve rassemblée la base d'une importante
documentation.
H. B.
Roe (A.), Simpson (G. G.), éd. — Behavior and evolution (Comport
ement et évolution) . — In 8° de 535 pages, New Haven, Yale Univers
ity Press, 1958.
Ce volume rend compte de deux conférences sur le sujet indiqué,
tenues en 1955 et 1956. Il comprend vingt-deux contributions et un
épilogue, produits de la discussion d'une trentaine de participants.
Le premier thème traité est l'étude de l'évolution dans l'état actuel
de cette recherche, la morphologie et la phylogénie étant considérées
par référence au comportement. Les bases physiques de ce dernier sont
ensuite examinées : psychoendocrinologie, génétique, développement du
comportement, neurologie comparée et mécanismes neurophysiologiques.
Puis sont diverses catégories de comportement, de l'acqui
sition de la nourriture aux comportements sociaux, en passant par
ceux liés au territoire ou par l'apprentissage. Plusieurs auteurs cherchent
à établir la place du comportement dans l'étude de l'évolution. Enfin,
une place à part est faite au humain et à ses composantes
culturelles. Une revue générale par G. G. Simpson de l'ensemble du
sujet traité clôt le recueil.
J. L. N.
Köhler (W.). — Dynamische Zusammenhänge (Interconnexions
dynamiques ). — In-8° de 121 pages, Berne, Hans Huber Verlag, 1958.
Ce livre, d'une valeur très inégale, juxtapose la description de
recherches déjà bien connues à une théorie générale assez pauvre.
Le premier chapitre est consacré à l'étude de la méthode psycholo
gique. La mise en évidence de faits tels que la vitesse relative, la struc
turation de l'espace visuel grâce aux mouvements de la tête, l'inhibition
proactive dans la mémoire, etc., vise à montrer « la démarche indirecte „
de la psychologie.
L'auteur introduit ensuite une théorie physicochimique pour expli
quer la dynamique du champ perceptif : les différents courants perceptifs
(Wahrnehmungströme) agiraient par effet de membrane sur l'enviro
nnement, la figure et le fond. On présente une série d'exemples sur la
perception de figures simples, mais il est difficile d'en extraire une
véritable théorie, fût-elle aussi simpliste que celle de Köhler. L'hypo
thèse qu'il nous offre sur le niveau des corrélations neurophysiologiques
paraît très contestable ; définir l'objet perçu comme un Wahrnehmungsko
rrelat l'est encore plus. L'importance du temps de fixation du regard
pour la structuration d'une figura est, en revanche, bien établie.
En résumé, ce livre voulait souligner la nécessaire exigence d'une
théorie psychologique générale. Mais, si la critique faite à une certaine LIVRÉS 269
paresse du chercheur semble pertinente, les solutions proposées sont
trop pauvres pour mériter d'être retenues ; le lecteur risque donc d'être
déçu par une épistémologie fantaisiste, « de circonstance », qui couvre
mal une analyse expérimentale fort dispersée. Incursion aventureuse,
certes, insuffisamment armée de rigueur, tant dans la pensée que dans
la terminologie.
A. B.
Kherumian (R.), Pickford (R. W.). — Hérédité et fréquence des
dyschromatopsies. — In-8° de 112 pages, Paris, Vigot Frères, 1959.
Les auteurs, le généticien français Kherumian et le professeur de psy
chologie de Glascow Pickford ont uni leurs compétences pour établir
cette mise au point.
La première partie est consacrée aux dyschromatopsies en général,
et aux problèmes génétiques que posent les formes héréditaires, mettant
en évidence la nécessité d'envisager pour les protanes et deutanes,
avec G. Waaler, deux « loci » indépendants pour les séries de gènes
allèles du chromosome X : ainsi Franceschetti, en 1949, a trouvé ce
cas exceptionnel d'une mère deutéranope et d'un père protanope ayant
une fille à vision normale, mais devant être conductrice double, et
trois fils deutéranopes, conformément aux prévisions.
Dans une deuxième partie se trouvent les résultats d'une enquête
(de Kherumian) sur 18 000 sujets (étudiants de toutes origines). Pour
6 215 Français est indiquée la distribution géographique des fréquences
(comprises entre 4,12 % en Moselle et Vosges, et 16,30 en Hérault et
Gard), avec 9,43 % de moyenne générale, les fluctuations étant en
grande partie dues à l'insuffisance de l'échantillonnage (nombres de sujets
allant de 57 à 1 615).
D'autre part, une revue de 57 recherches dans le monde se trouve
condensée en un tableau général, indiquant les fréquences masculines
et féminines (échantillons allant de 35 à 123 414 sujets).
Dans ces recherches, celle de Vernon et Straker (1943), les plus
vastes portant sur 123 414 sujets en Grande-Bretagne, est utilisée,
grâce aux documents fournis par les auteurs, pour établir la carte des
fréquences dans 77 centres (en 9 régions) : extrêmes de 3,55 (Edimbourg)
et 12,74 (Dorchester) avec 7,25 % de moyenne générale (échantillons
allant de 95 à 9 030, extrêmes régionaux de 5,0 à 9,20).
Le recueil établi par les auteurs se montrera très utile.
H. P.
Down iE (N. M). — Fundamentals of measurement (Principes de la
mesure). — ■ In-8° de 414 pages, New York, Oxford University Press,
1958.
Cet ouvrage destiné tout spécialement aux étudiants en psychologie
et en pédagogie et qui a pour objet de leur présenter les principes géné
raux de la mesure dans les différents domaines les concernant, n'est ni un
traité de statistique, ni un catalogue de tests. L'A. a cherché à montrer à 270 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'aide d'exemples variés mais limités ce que signifie la mesure et comment
on peut l'effectuer. Les quelques techniques statistiques présentées n'ont
pour but que de fournir les rudiments indispensables au calcul de ces
mesures.
Le livre comprend trois parties. La première, après un bref rappel
des principes psychologiques et philosophiques de toute mesure, traite
des statistiques élémentaires, des différentes mesures, de la fidélité et de
la validité. La deuxième partie est entièrement consacrée à la construc
tion et à l'utilisation des épreuves de connaissances scolaires. La tro
isième partie comprend la mesure de l'intelligence, des aptitudes spéci
fiques, de la personnalité, des intérêts, des attitudes, du statut socio-
économique et l'estimation de l'enseignement d'un professeur. Un
glossaire enfin termine l'ouvrage en indiquant les définitions des termes
techniques dont la connaissance est indispensable pour effectuer ces
différentes mesures.
Bien que fournissant de nombreuses indications, ainsi que des réfé
rences bibliographiques intéressantes, ce livre demeure assez élémentaire
et ne saurait être utilisé qu'en complément d'un enseignement. Il pré
sente en effet certaines lacunes et on peut regretter en particulier que
certaines techniques statistiques usuelles telles que celles basées sur la
distribution de x2 ne soient pas mentionnées.
R. L.
Broadbent (D. E.). — Perception and communication (Perception
et communication) . — In-8° de 338 pages, Londres, Pergamon Press,
1958.
A Cambridge, l'A. a réalisé de belles expériences où il a montré que
si des stimuli arrivent indépendamment à chacune des oreilles (ou à
l'oreille et à l'œil), le S. est capable de percevoir dans certaines limites
l'un et l'autre ensemble des stimuli, mais toujours sous forme d'ensemble.
En réfléchissant sur ses expériences et celles d'autres auteurs dont
plusieurs appartiennent au Laboratoire de Cambridge, l'A. a été amené
à proposer un modèle de la perception qui s'inspire des systèmes éle
ctroniques de communication.
Trois étapes jouent un rôle essentiel dans son système : a) Un système
de stockage à court terme qui explique les faits de mémoire immédiate,
la possibilité d'utiliser des informations transmises par plusieurs canaux ;
b) Un filtre sélectif qui reçoit des ordres des centres où sont stockées les
acquisitions à long terme du passé ; c) Un canal à capacité limitée qui
permet d'utiliser les informations sélectionnées.
A l'aide de ce système, l'A. cherche à interpréter ses propres expé
riences (et le chapitre sur la mémoire immédiate est le meilleur), mais
aussi le problème de « l'attention », des parasites (du bruit) sur la per
ception, de la vigilance, de l'extinction des réactions conditionnées,
et de différents aspects de l'apprentissage.
L'ouvrage est très suggestif, mais n'est pas d'une lecture facile. LIVRES 271
L'A. entremêle résultats expérimentaux souvent un peu vagues et
considérations théoriques. Mais on ne peut qu'être d'accord avec lui
qu'une voie essentielle pour comprendre la perception est de la traiter
à ce niveau de technicité plutôt que d'invoquer des concepts introspectifs.
P. F.
Franken Haeuser (M.). — Estimation of time. An experimental
study (L'estimation du temps. Étude expérimentale). — In-8° de
135 pages, Stockholm, Almquist & Wiksell, 1959.
En un vieux domaine, l'auteur apporte une nouvelle méthode,
basée sur la comparaison du temps au moment où il est vécu et de
son estimation ultérieure. La tâche du sujet est de lire des chiffres
choisis au hasard à la vitesse d'une seconde (l'emploi de chiffres est
destiné à empêcher le S. de compter). Le choix de la cadence donne une
indication sur la manière dont le S. perçoit le temps vécu (temps perçu).
A la fin de la tâche, le S. doit estimer la durée pendant laquelle il a lu
les chiffres (temps retenu).
On peut ainsi comparer le temps objectif au temps mis par le S.
pour lire par exemple 53 chiffres, le temps subjectif ou temps perçu
qui sera par hypothèse de 53 s, et le estimé après la lecture.
L'hypothèse de l'auteur, qui rejoint celle que nous avons défendue,
est que notre expérience du temps est essentiellement une expérience
des changements.
Les principaux résultats de l'auteur sont les suivants :
1° Le temps retenu est plus court que le temps perçu. La différence
croît jusqu'à 20 s pour rester relativement stable au delà ;
2° Le temps perçu et le temps retenu dépendent des conditions
internes. La seconde objective semble plus courte (et le temps retenu
varie dans le même sens) sous l'influence d'un barbiturique que sous
celle de l'amphétamine. La caféine agit dans le même sens que l'amphé
tamine, mais la quinine n'aurait pas d'effet ;
3° Le temps perçu et le temps retenu dépendent des conditions
externes.
L'auteur pensait qu'une augmentation du contenu mental allon
gerait la seconde objective. Les résultats ne prouvent pas absolument
cette hypothèse, sans doute parce que l'auteur s'en tenant strictement
à sa méthode, a pensé agir sur le contenu mental en utilisant un fond
sonore continu, ou intermittent, ce qui est à notre avis insuffisant. Un
« fond » perceptif ne crée pas un changement vécu important.
Par contre, le fait de donner un choc électrique aux S. à la fin de la
période de temps à estimer augmente l'attention portée au temps qui
passe et entraîne une moindre sous-estimation du temps (par rapport
à un groupe-contrôle).
La méthode de l'auteur est très originale et sera sans doute souvent
reprise. Son interprétation est plus discutable. Est-ce que la cadence
de la lecture des chiffres est un critère valable de la perception du temps, ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 21Î
ou une donnée qui a sa propre signification ? Est-ce que les rapports
« temps retenu-temps perçu » ont une signification psychologique ?
A de nouvelles recherches de répondre.
P. F.
Penfield (W.), Roberts (L.). — Speech and Brain Mechanisms
(Langage et mécanismes cérébraux). — In-8° de 286 pages, Princeton
University Press, 1959.
Cet ouvrage, du grand chirurgien de Montréal, et de son élève qui
fit sa thèse sur les localisations neurologiques des troubles du langage,
a une grande importance par les données qu'il apporte sur les méca
nismes cérébraux, après 20 années de chirurgie du cerveau au cours
desquelles environ 50 cas ont été étudiés par expérimentation directe
sur les patients éveillés et conscients au cours des opérations.
Après une introduction, le Pr Penfield décrit très clairement l'orga
nisation fonctionnelle du cerveau humain, et, envisageant la conscience
énumérativement comme awareness, thinking, knowing, focussing of
attention, planning of action, interpreting of present experience, il situe
un interpretive cortex psychiquement essentiel, dans le lobe temporal et
la région de l'hippocampe. C'est Roberts qui fait une mise au point
historique de la question de l'aphasie et confronte avec les données de la
littérature médicale celles qui résultent de 72 cas, mise en pratique
du but de l'aphasie par l'amytal de sodium de Wada (1949) permettant
de reconnaître l'hémisphère siège du langage, et d'où il ressort que
l'hémisphère gauche est tout à fait dominant à cet égard, mais presque
autant chez les gauchers que chez les droitiers, ce qui contredit l'opinion
courante de la relation entre la handedness et la localisation du centre
du langage.
En se fondant sur son expérience des effets des stimulations directes,
Penfield montre comment il établit la carte corticale des mécanismes du
langage, et Roberts fait le relevé des observations en ce qui concerne ces
effets, puis du résultat des excisions chirurgicales. Enfin, les résultats
généraux sont mis au point par Penfield qui envisage les relations de la
pensée et du langage, établit la distinction de la mémoire expérientielle
(que peut évoquer la stimulation électrique) et de la conceptuelle
pour laquelle intervient ce qu'il a appelé le système centrencéphalique.
Un intéressant « épilogue » est relatif aux conséquences des analyses
physiologiques pour la pédagogie. Penfield insiste sur la dualité complète
de l'acquisition des langues, l'une directe, précoce, qui pourrait être
appelée également maternelle, même lorsque plusieurs langues sont
simultanément acquises, par mise en jeu d'un mécanisme inné qui se
bloque plus ou moins complètement à partir de 9 ans, et dont il souhaite
la généralisation pour un bilingualisme tout au moins de tous les enfants
(comme on peut l'observer à Montréal) et l'autre tardive, scolaire, et
impliquant une traduction, qui repose sur un tout autre mécanisme
cérébral.
H. P. LIVRES 273
Le langage (Textes choisis et présentés par R. Pages). — In-12
de 96 pages, Paris, Hachette, 1959.
On trouvera dans ce fascicule de la collection scolaire « Textes et
documents philosophiques », un choix d'extraits concernant le langage,
écrits par les auteurs les plus divers, de Lucrèce à Shannon en passant
par Freud et Troubetzkoï. On y aperçoit bien la multiplicité des appro
ches possibles du problème : philosophie, linguistique, ethnologie,
psychologie, théorie de l'information... et poésie.
F. J.
Smirnov (A. A.), Faraponova (E. A.), Razmyslov (P. I.), Lip-
kina (A. I.), Maltseva (K. P.), Novomeiski (A. S.), Indik (N. K.),
Matline (E. K.) — (En russe) (Problèmes de psychologie de la
mémoire). — In-16 de 215 pages, Moscou, Éditions de l'Académie des
Sciences pédagogiques, 1958.
La majorité des travaux composant le recueil porte sur les relations
de la mémoire concrète et logico-verbale, le rôle de l'image dans la
mémorisation, étudiés sur le plan génétique, au long de l'âge scolaire
et, en comparaison, chez l'adulte.
Ainsi, Faraponova compare l'étude d'un matériel tantôt difficile à
verbaliser, tantôt difficile à se représenter sur un plan concret, et celle
d'un matériel ayant une correspondance dans les deux plans.
Razmyslov, celle d'un matériel verbal ayant un contenu concret,
émotionnel et abstrait. Le souvenir du matériel abstrait (qui s'améliore
naturellement avec l'âge) est en corrélation avec la réussite scolaire ;
celui du matériel « émotionnel » ne présente aucune corrélation avec la
qualité du travail scolaire.
Lipkina, observant l'étude de données géographiques dans les six
premières années de la scolarité, conclut que l'élément déterminant
n'est pas le niveau d'abstraction, mais la liaison avec l'ensemble des
connaissances acquises dans le même domaine.
Dans les expériences de Maltseva, les sujets doivent retenir des
séries de mots et d'images, dont certaines correspondent entre elles.
Outre ces « repères » offerts par les conditions mêmes de l'expérience,
les sujets, même très jeunes, établissent leurs propres « repères » mnémot
echniques. L'efficience de repères concrets et verbaux n'est pas seul
ement fonction de l'âge, mais du choix spontané du sujet.
Un deuxième article du même auteur présente quelques procédés
d'apprentissage de la composition de plans de textes dans les petites
classes.
Novomeiski fait observer à ses sujets différents tableaux, cartes de
géographie, schémas de leçons de choses, etc., lire des textes, en attirant
ou non leur attention sur tel ou tel détail. Un détail apparaît d'autant
mieux retenu qu'il a été nommément désigné, mais aussi qu'il joue un
rôle plus ou moins important pour la compréhension du tout ; ceci est
A. PSYCHOL. 60 18 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 274
particulièrement net dans la perception des tableaux, où des groupes de
sujets, invités à analyser des aspects différents de l'œuvre, se sont
souvenus de détails différents.
De même, Matline montre que l'effet positif ou négatif de la similitude
d'éléments à retenir n'est pas donné en soi, mais dépend de l'activité de
comparaison exercée par le sujet.
Un dernier article concerne aussi le rôle de la qualité de l'activité
dans la mémorisation, mais, cette fois, d'une forme particulière de
l'activité : sa composante articulatoire. Indik demande à des sujets
adultes de retenir des dessins, des listes de mots concrets et abstraits
dans des situations différentes : en articulant librement, en serrant les
lèvres, en se mordant la langue, en répétant une syllabe, en comptant
jusqu'à 10, en lisant une poésie à haute voix. Toutes ces situations
— surtout la lecture — gênent considérablement même le souvenir des
stimuli concrets, avec quelques différences entre les sujets.
N. H.
Bindra (D.). — Motivation : a systematic reinterpretation (La
motivation : une nouvelle interprétation systématique). — In-8° de
362 pages, New York, Ronald Press, 1959.
Ce livre vise à définir un cadre théorique d'interprétation pour les
résultats des recherches sur les phénomènes dits « de motivation » : son
esprit est, selon son auteur, à mi-chemin de Skinner (pure description
fonctionnelle) et de Hebb (recours à des concepts hypothétiques d'origine
neurophysiologique). Bindra met tout d'abord en garde contre l'usage
tautologique du concept de motivation : on ne rend pas compte des
comportements, et on ne parvient même pas à les classer, en leur
assignant seulement diverses « motivations ». Il se demande ensuite si
ce concept permet de décrire et d'expliquer les phénomènes « de moti
vation » que la psychologie a étudiés chez l'animal : « activité générale »
et exploration, retraite et agression, comportements alimentaire, sexuel
et maternel. Les deux points de la discussion concernent : 1) U origine
des activités orientées vers une fin et leur développement génétique
(problèmes de la direction du comportement vers un but, des « instincts »
ou des « besoins primaires », des types de renforcement par récompense
et punition) ; 2) L'occurrence de telles activités dans telle situation ou à
tel moment. Le problème de la motivation paraît ici se réduire à celui
de l'importance respective de divers facteurs dans la détermination d'une
réponse donnée, de sa fréquence, de son intensité et de sa périodicité :
ces facteurs sont essentiellement la force de l'habitude, les indices
sensoriels, le niveau d'activation et la chimie sanguine. En conclusion,
l'auteur s'efforce d'élargir les perspectives ainsi dégagées au domaine des
« motivations humaines », telles qu'elles ont été envisagées par Murray,
McClelland et d'autres psychologues de la personnalité.
F. J. LIVRES 275
(G.). — Assessment of human motives (Mesure des motivat
ions humaines). — In-8° de 273 pages, New York, Rinehart & Gls,
1958.
G. Lindzey a demandé à quelques auteurs représentant les grandes
tendances actuelles de l'étude de la personnalité — analyse idiographique
des structures (G. Allport), analyse multidimensionnelle (R. Cattell),
structurations conscientes du moi (G. Kelly), rôle des facteurs cognitifs
(L. Festinger), styles ou systèmes de contrôle (G. Klein), psychanalyse
du moi (R. Schäfer) — de définir leur concept de la motivation et de
préciser les problèmes relatifs à la mesure des motivations humaines.
En fait, cet ouvrage, très instructif, ne répond pas toujours aux
intentions de son rédacteur. Parmi les auteurs qui abordent directement
les problèmes posés se trouvent, d'abord, Cattell, qui donne un résumé
de son analyse des motivations en leurs diverses composantes et sa
méthode de « calcul dynamique » ; Murray et Allport, qui livrent des
réflexions pertinentes sur leurs méthodologies ; I. L. Janis, qui pro
pose une application à la recherche de la technique psychanalytique.
G. A. Kelly, par contre, nie l'intérêt même du sujet et expose son
propre système de la personnalité, sans référence au concept de moti
vation ; G. A. Klein, dans une recherche des rapports entre les régulations
cognitives et les motivations, porte le poids de l'analyse sur les attitudes ;
L. Festinger développe sa théorie de la dissonance cognitive, et R. Schäfer
celle du rôle du mécanisme de régression dans la formation du moi.
Le propos de l'ouvrage est cependant sauvegardé par Lindzey
lui-même, qui, dans son chapitre introductif, indique comment chacun
des co-auteurs pose et résout dans son propre système le problème de la
différenciation et de la mesure des motivations.
G. A.
Mira y Lopez (E.). — Manuel de Psychologie juridique (trad, de
l'espagnol par C. Florès). — In-8°de 315 pages, Paris, P.U.F., 1959.
L'ouvrage de Mira y Lopez, qui vient d'être traduit en français,
constitue une nouvelle tentative pour mettre à la portée des juristes et
plus généralement de tous ceux qui participent à l'exercice de la justice,
un manuel des connaissances psychologiques actuelles dans leurs relations
avec le droit.
L'auteur expose au début de son livre les conceptions psychologiques
les plus courantes et deux chapitres sont ensuite consacrés à la statique
et à la dynamique de la personnalité. « L'expérience vécue » est mise en
évidence en tant que facteur déterminant les réactions ; la « situation
extérieure actuelle » est mentionnée, nous semble-t-il, un peu brièvement.
La psychologie des attitudes morales donne l'occasion à Mira y Lopez
de rappeler que « toutes les qualités et tous les défauts d'ordre moral
varient d'un moment à l'autre en fonction des objets sur lesquels le
sujet exerce son action et des stimuli qui le déterminent ». Trop de
magistrats et personnes s'estimant qualifiés pour juger manient avec

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