Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.65, pg 273-287

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L'année psychologique - Année 1965 - Volume 65 - Numéro 1 - Pages 273-287
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1965
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I. Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 273-287.
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I. Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1965 vol. 65, n°1. pp. 273-287.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1965_num_65_1_27429— LIVRES II.
I. — Psychologie générale
Brazier (M. A. B.). — Brain and behavior (Cerveau et comportem
ent). — Vol. 1 : compte rendu de la lre session, in-8° de 433 pages,
Madison, Washington, 1961.
Ce livre contient dix conférences prononcées au cours d'un Congrès
de Physiologie nerveuse aux États-Unis, avec la participation de cher
cheurs européens ; nous regrettons l'absence de neurologues français,
d'autant plus que leurs travaux sont souvent cités par leurs collègues
étrangers au cours des discussions.
Le thème est constitué par la physiologie sensorielle et les fonctions
de réception ; les conférences traitent, les unes des récepteurs, les autres
de la vision et de l'audition.
Parmi les premières, celle de G. Weddell nous introduit à l'anatomie
fine des fibres vectrices des messages algiques, thermiques et tactiles,
émanant surtout de la cornée. Certains « récepteurs » ne seraient que
des formes de régénérescence de fibres à terminaison libre, et la spécificité
de tels récepteurs n'est pas évidente : la qualité du stimulus appliqué
est plus déterminante de la teneur du message que les travaux de
von Frey ne le laissent croire.
Puis Szentagothai expose des expériences d'implantation de pattes
surnuméraires chez la Salamandre avec, fait nouveau, intégration des
mouvements de ces membres transplantés à l'activité locomotrice de
l'hôte. Anokhine expose des résultats comparables et la discussion qui
s'ensuit sur la spécificité des messages proprioceptifs et cutanés de
ces transplants, et sur celle des connexions réflexes qui se sont formées,
est des plus intéressantes.
Ensuite, Vernon Mountcastle reprend le problème de la sensibilité
médullaire protopathique et épicritique avec les techniques de Pélectro-
physiologie, qui vient préciser les données de la clinique : mise en
évidence de deux zones dans le V.P.L. correspondant à ces deux types
de messages et de voies, spécificité relative d'activation des neurones
de la voie lemniscale et de la voie antéro-latérale selon la localisation
et la nature du stimulus appliqué, et contra- ou bïlatéralité des réponses
bioélec triques.
Purpura nous présente d<! très claires roupos <Ih microscopic élec
tronique, qui contribuent à éclaircir la question des synapses axo-
somatiques et axo-dendritiques dans le cortex, en relation au signe et
à la durée des deflections du potentiel évoqué cortical. Au cours de Ja
A. PSYCHOL. 65 18 274 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
discussion, Guzman-Flores expose une intéressante expérience de
facilitation cortico-efférente des messages somatiques.
L'influence inverse, celle des centres thalamiques et réticulaires sur
le cortex, est étudiée par Anokhine, avec pour témoins physiologiques
les potentiels évoqués et la sensibilité élective de telle ou telle de leur
deflection ou décharge secondaire à l'action de drogues ou de lésions
déterminées. On est ainsi encore ramené à la question des synapses
corticales, à laquelle nous reviendrons lors de la conférence de Smirnov
sur la réponse bioélectrique visuelle chez les Poissons, les Batraciens et
les Reptiles avec télencéphalisation progressive et positivation de
cette réponse.
Galambos traite ensuite de la spécificité réceptrice de certains
neurones du système auditif et de leur importance dans le déclenchement
d'actes innés. Puis il souligne le caractère de rapide généralisation de
la réponse bioélectrique au stimulus acoustique, ce qui l'amène à exposer
ses hypothèses concernant le rôle médiateur de la névroglie, en s'ap-
puyant sur les données ultra-microscopiques. Cette remise en question
de la théorie du neurone (ou du moins du neurone seul) suscite une vive
discussion.
Puis W. O. Neiï pour l'audition, et O. D. Creuzfeld et D. B. Lindsley
pour la vision, exposent les principaux problèmes de la régulation du
flux d'afîérences : influences inhibitrices provenant du récepteur (rétine)
lui-même, facilitatrices produites par le tronc cérébral, importance des
effecteurs sensoriels (tensor tympanis, iris, etc.) dans les phénomènes
d'habituation. On notera aussi l'étroite relation entre les réponses bioélec
triques corticales et les capacités discriminatives décelées par la psycho
physique et les techniques de conditionnement différentiel instrumental.
D'ailleurs pour terminer le volume, les principaux thèmes qui se
sont dégagés des communications et des discussions font l'objet d'un
chapitre final rédigé par H. L. Teuber, qui dégage les tendances actuelles
de révision de certaines de nos connaissances.
M. Bl.
Rheingold (H. L). — Maternal behavior in Mammals (Le compor
tement maternel chez les Mammifères). — In-8° de 349 pages,
New York, Wiley, 1963.
Ce livre contient 10 chapitres, rédigés chacun par un auteur différent,
et traitant du comportement maternel chez les Rongeurs, les Carnivores
et les Primates. L'étude de ce comportement inné, actuellement encore
peu poussée en comparaison de celle du com portement sexuel par
exemple, est abordée ici au moyen d'une extreme diversité de méthodes :
simple observation dans les conditions naturelles pour les Babouins et
les Cervidés, ou dans les d'élevage artificiel pour ce qui est
des Chèvres, des Chiens et des Chats, ou approche expérimentale pour
les Rats, les Souris et les Macaques. Il convient de souligner la fécondité
de l'attitude comparative au niveau des variétés génétiques d'une même
espèce (chapitres sur les Chiens et les Lapins de diverses races), ou PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 275
entre espèces plus ou moins voisines (chapitres sur les Souris, les Chèvres
et les Cervidés, ainsi que l'ensemble des trois chapitres sur les Singes) ;
c'est alors qu'apparaît toute l'importance d'une base de connaissances
écologiques. Les auteurs procèdent tous à une description éthologique
soignée des comportements de mise bas et de soins maternels, et mettent
ceux-ci en relation avec les particularités écologiques (habitat, aliment
ation, etc.) de l'espèce considérée.
L'étude des déterminants de ces comportements fait l'objet d'études
expérimentales, et il est bon à ce propos de souligner l'importance des
études réalisées par Harlow sur les Macaques élevés sans mères. Les
femelles ainsi traitées ne réagissent pas de façon adéquate -au mâle lors
du rut, puis ne se comportent pas maternellement envers leur jeune,
mais le maltraitent au contraire. Herscher, Richmond et Moore ont
trouvé des effets de même sens, mais beaucoup moins marqués, chez
la Brebis. Par ailleurs, les études sur le Rat montrent que la femelle
agit sous l'effet d'un double déterminisme interne (hormonal) et externe,
ce dernier étant constitué par les stimuli fournis par le jeune lui-même.
Une série d'expériences de substitution de jeunes, ou de remise tardive
du jeune à sa mère après séparation plus ou moins longue, ou de rem
placement de jeunes par d'autres de façon à maintenir la portée à un
âge donné, montrent que le comportement maternel peut ainsi être
activé ou supprimé, prolongé ou écourté dans une certaine marge.
Réciproquement, le comportement des jeunes est fonction de celui de
la mère : des Ratons déjà grands mis à la place de tout jeunes Rats
sont maintenus au nid par leur mère adoptive, et finissent par reprendre
temporairement un « nidicole » caractéristique des
Ratons qu'ils ont remplacés et non de leur âge réel. Cette idée d'interac
tion entre les conduites des jeunes et celle de la mère domine tout le
livre.
M. Bl.
Lagerspetz (K.). — Studies on the aggressive behaviour of mice
(Étude du comportement agressif de la Souris). — In-4° de 131 pages,
Helsinki, Suomalainen Tiedeakatemia, 1964.
Le problème général de l'agressivité a été abordé conjointement
par la méthode différentielle et par l'expérimentation. Les sujets utilisés
proviennent en effet de deux lignées sélectionnées respectivement sur
la base de la fréquence et de l'intensité de leurs manifestations agressives,
ou de leur rareté et de leur bénignité. L'auteur peut ainsi tracer un
portrait psychophysiologique de l'animal agressif : prédominance sympa-
thicotonique, grande activité locomotrice et bonne aptitude à l'appren
tissage du labyrinthe. L'animal non agressif est moins remuant, commet
davantage d'erreurs et son métabolisme basai est moins élevé ; ses
réactions émotionnelles sont à tendance vagotonique. Le problème se
pose alors de savoir quels sont les facteurs qui conditionnent l'appa
rition du comportement agressif. L'hérédité, sous forme de dispositions
physiologiques, est à noter tout d'abord ; l'apprentissage également ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 276
marque ses effets : un animal agressif souvent battu finit par attaquer
moins souvent, quelle que soit sa lignée ; au contraire, les victoires rem
portées renforcent la combativité des souris de la lignée agressive alors
qu'elles ne poussent pas les souris de la lignée « douce » à prendre plus
souvent l'offensive. Il faut donc compter avec un troisième facteur,
celui de la motivation : le comportement agressif ne serait pas seul
ement une dégradation de la conduite en cas de frustration, ni un condi
tionnement instrumental en vue d'un but (évincement d'un rival,
contrôle d'un territoire, etc.), mais pourrait être son propre renfor
cement, comme c'est le cas pour le comportement sexuel. Effectivement,
l'auteur constate que si une souris est en « état de colère » vis-à-vis d'un
autre individu de son espèce, elle est capable de réaliser une conduite
de détour pour l'attaquer, ou de franchir une grille électrifiée : l'agressi
vité apparaît donc comme un besoin en soi, pouvant agir comme moti
vation pour un apprentissage.
M. Bl.
Fraisse (P.), Piaget (J.). — Traité de psychologie expérimentale.
VII, Oléron (P.), Piaget (J.), Inhelder (B.), Gréco (P.) : L'intel
ligence. — Grand in-4° de 207 pages, Paris, Presses Universitaires
de France, 1963.
On trouvera, dans le fascicule VII de ce Traité, un tour d'horizon
très complet des grandes directions de recherches dans le domaine de
l'intelligence, des principaux résultats obtenus, ainsi que des nombreux
problèmes que soulève encore actuellement l'étude des processus men
taux supérieurs.
Après avoir déploré la grande confusion qui règne dans les théories
de l'intelligence et l'ambiguïté de la terminologie employée par les
différents auteurs, P. Oléron dégage, dans un premier chapitre, trois
grandes catégories sous lesquelles peuvent être classées les « activités
intellectuelles » : les activités inductives, le raisonnement et la résolution
des problèmes. Les dans lesquelles le sujet « doit
dégager des données qui lui sont présentées certaines régularités ou
constances qui ne sont pas immédiatement apparentes », sont étudiées
à propos de l'induction des lois, de l'appréhension des relations et de
l'appréhension ou formation des concepts. Le raisonnement est défini
comme « les opérations — enchaînements, combinaisons — qui per
mettent à partir d'un point de départ donné, d'arriver à des affirmations
et des décisions qui peuvent être posées sans référence à de nouvelles
constatations » ; il varie, comme le montrent certaines recherches,
en fonction d'un certain nombre de facteurs : entraînement, structure
de l'énoncé, attitude du sujet. Quant à la résolution de problèmes (« toute
situation dans laquelle le répertoire des réponses immédiatement dispo
nibles chez un sujet ne permet pas à celui-ci de fournir une réponse
appropriée »), elle peut porter sur des problèmes pratiques ou symbol
iques et dépend de certaines conditions dues soit aux objets (matériel,
forme de l'énoncé, etc.), soit aux sujets (attitudes, habitudes, etc.). PSYCHOLOGIE C EN K RALF. 277
L'étude des « Images mentales » est abordée ensuite par Piaget et
Inhelder. Après avoir distingué l'aspect « figuratif » de la connaissance
(« copies » du réel) de l'aspect « opératif » (modification de l'objet pour
atteindre les transformations elles-mêmes), un double problème est posé :
1) l'image constitue-t-elle un prolongement direct de la perception ou
procède-t-elle des conduites d'imitation avec leurs composantes de repro
duction motrice ? 2) le développement des images constitue-!,- il une évolu
tion indépendante ou bien les progrès de l'image témoignent-ils d'apports
extérieurs ? En s'appuyant sur certaines données psychophysiologiques
et sur des recherches génétiques poursuivies récemment à Genève, les
auteurs soutiennent que l'image mentale résulte d'une reproduction
active des mouvements perceptifs et constitue donc une sorte « d'imi
tation intériorisée » qui tire sa source du schématisme sensori-moteur
tout en le dépassant par son caractère symbolique et représentatif. Quant
au deuxième point, différentes recherches expérimentales sur l'évolution
des images mentales montrent que l'image ne se développe pas d'une façon
autonome, mais qu'elle est continuellement enrichie par des apports
extérieurs à elle, notamment par les progrès des structures operatives.
Les grandes lignes de la théorie de l'intelligence de Piaget sont ensuite
rappelées par Piaget et Inhelder dans un chapitre intitulé « Les opérat
ions intellectuelles et leur développement ». Après un rapide aperçu
historico-critique, les auteurs étudient successivement les notions de
conservation, les groupements de classes, relations et nombres, les
opérations spatiotemporelles et le hasard, enfin les opérations proposi-
tionnelles ou formelles. Quant à l'interprétation des faits observés, c'est
en introduisant un facteur d'équilibration, qui s'ajoute aux facteurs clas
siques de maturation, d'expérience acquise et de langage et commun
ication sociale, qu'apparaît le mieux, pour Piaget et Inhelder, la
signification fonctionnelle des structures opératoires.
Enfin, dans un dernier chapitre, P. Gréco traite l'importante ques
tion de « l'apprentissage et les structures intellectuelles ». Les deux
premières parties de cet article, très riche revue critique, sont respec
tivement consacrées à la relation qui existe, dans les apprentissages sen-
sori-moteurs du niveau animal, entre l'apprentissage par tâtonnement
(ou élimination progressive des erreurs) et la compréhension soudaine, ou
insight, qui a souvent été considérée comme le critère des conduites
intelligentes, — et, au niveau humain, entre la pensée et l'apprentissage
dans différentes situations (formation de concepts, résolution de pro
blèmes, etc.), L'auteur rapporte ensuite un certain nombre de travaux
portant sur l'apprentissage des structures logiques chez l'enfant. En
conclusion, il propose de distinguer trois variétés d'apprentissages :
1) les apprentissages dans lesquels le sujet acquiert une conduite nouvelle
et dont l'établissement s'expliquerait par les lois du renforcement ou du
conditionnement ; 2) les apprentissages du type « induction des lois »
(les « hypothèses » sont confirmées ou infirmées par l'expérience) dans
lesquels le fondement de l'apprentissage n'est plus une association S-R, 278 ANALYSES mriUOr.RU'TITQCJES
mais une assimilation, au sens de Piaget, du réel aux structures du sujet ;
3) les apprentissages structuraux, dans lesquels la fonction de l'expé
rience est de « déconcerter, de mettre en déroute les structures déjà
constituées », donc de conduire à une réélaboration des schemes. Une
telle réélaboration a ses lois propres que n'épuisent pas les lois classiques
de conditionnement ou de renforcement. Pour Gréco, ce sont ces apprent
issages structuraux qui permettraient à la fois de « rendre compte de
la spécificité des structures générales de l'intelligence par rapport aux
acquisitions synchroniques d'habitudes, savoirs ou solutions parti
culières, et néanmoins d'expliquer leur filiation ».
Ainsi, par la multitude des problèmes abordés et par l'extrême
richesse de sa documentation, cet ouvrage constitue une remarquable
mise au point dans un domaine que la disparité des recherches et l'ambi
guïté des concepts employés rendent d'un accès particulièrement difficile.
Y. H.
Fraisse (P.), Piaget (J.). — Traité de psychologie expérimentale
IV : Le Ny (J. F.), de Montpellier (G.), Oleron (G.), Flores (G.).
— Apprentissage et mémoire. — Grand in-4° de 301 pages, Paris,
Presses Universitaires de France, 1964.
Le quatrième fascicule de cet ouvrage collectif renferme quatre
chapitres qui concernent les phénomènes d'apprentissage et les effets
différés de celui-ci : le transfert et les conduites mnémoniques.
Après avoir rappelé que l'étude du conditionnement est née des
préoccupations physiologiques de Pavlov, J. F. Le Ny (chap. XI)
procède à une analyse claire et précise de l'élaboration des différentes
formes de conditionnement : conditionnement pavlovien et conditio
nnement instrumental. Cette première partie du chapitre, dans laquelle
on trouve notamment l'exposé des expériences princeps de Pavlov,
Miller et Konorski et Skinner, donne un aperçu des conditionnements
viscéraux (travaux de Bykov) qui représentent une voie d'explica
tion de l'influence des conditions psychiques sur l'activité soma-
tique. Les relations entre les deux modalités de conditionnement
que l'on vient de distinguer sont étudiées dans le cas particulier des
réactions conditionnelles d'évitement. L'auteur insiste sur l'importance
de ces relations en invoquant les recherches de Soltysik et Kowalska
qui montrent qu'une réaction conditionnelle classique (l'accélération
du rythme cardiaque) peut précéder une réaction conditionnelle instr
umentale (mouvement de la patte), cette dernière n'étant déclenchée
que lorsque la première aura atteint un certain rythme.
La deuxième partie du chapitre — les lois de fonctionnement des
réactions conditionnelles — aborde le problème de l'extinction, de la
récupération spontanée, celui du renforcement intermittent ainsi que
les questions relatives aux phénomènes de généralisation et de discr
imination. Elle s'achève avec l'examen des conditionnements retardés
et de trace et des conditionnements de second ordre. 1» s y f : 1 1 n r, o r. i r, o i\ n k r, v r, f, 279
Alors que le chapitre que l'on vient de commenter ne concerne
que le problème du conditionnement, le chapitre suivant. L'apprent
issage, rédigé par G. de Montpellier, envisage dans une perspective
plus générale les différents niveaux et modalités d'apprentissage chez
l'animal d'abord, chez l'homme ensuite. Sont ainsi passés en revue,
les réactions d'habituation qui avaient, été particulièrement étudiées
par Henri Piéron dans la première décade de ce siècle, les réactions
conditionnelles classiques, les réactions diseriminatives et les
d'orientation acquises, les instrumentales et l'apprentissage
« intelligent » chez l'animal ; viennent ensuite les analyses concernant
les apprentissages perceptifs, sensori-moteur, verbal et conceptuel chez
l'homme. Mais l'intérêt de ce chapitre dépasse largement celui des
faits exposés. Il réside essentiellement dans la discussion et la critique
des grandes théories de l'apprentissage (Pavlov, Watson, Guthrie,
Konorski, Hull, Thorndike, Nuttin, Tolman, Osgood, Piaget, etc).
Ces théories sont réciproquement confrontées par l'auteur qui dégage,
à propos de chacune, les traits communs et différents qui la caracté
risent par rapport aux autres.
Le vaste problème du transfert est traité par G. Oléron (chap. XIII).
Après avoir précisé les caractéristiques générales des effets positifs
(facilitation proactive) et négatifs (inhibition proactive) du transfert,
l'auteur analyse les plans expérimentaux et les procédures quantitatives
utiles pour l'étude de ces phénomènes. Cette analyse méthodologique
est suivie d'une analyse des faits mis en évidence par les chercheurs.
Ces faits sont classés en fonction de la nature des activités qu'ils concer
nent : transferts intra et intersensoriel, transfert dans les apprentissages
discriminatifs et dans les acquisitions sensori-motrices. L'auteur aborde
ensuite les explications théoriques du transfert, dans lesquelles elle
distingue deux grandes tendances. La tendance globaliste qui met
l'accent sur l'activité de l'individu en tant que déterminant fondamental
du transfert et sur les aspects cognitifs de celui-ci ; la tendance analy
tique qui rend compte du transfert en terme de liaisons stimulus —
réponse que la similitude plus ou moins grande des situations tend à
faciliter ou, au contraire, à rendre plus difficile.
Le chapitre XIV, rédigé par C. Florès complète cet ouvrage avec
l'étude des conduites mnémoniques. L'activité mnémonique d'un indi
vidu, nous dit l'auteur, est le produit de multiples facteurs qui concer
nent les conditions de l'apprentissage et les caractéristiques de la tâche,
les occupations qui remplissent l'intervalle temporel écoulé depuis la
fin de l'exercice, les conditions de la situation actuelle dans laquelle
a lieu l'acte de mémoire, la nature de celui-ci, les habitudes acquises
avant l'apprentissage et bien entendu les motivations, les attitudes
et les intérêts dont le rôle peut être parfois décisif. Ces différents facteurs
sont étudiés systématiquement à la lumière des résultats obtenus avec
la méthode expérimentale et dans le contexte des hypothèses théoriques
qui permettent de prévoir leurs effets et de rendre compte de leurs ANALYSES BMiUOGR A.PHIQUES 280
relations réciproques. Une place importante est accordée à la discussion
et à la critique des théories contemporaines de l'oubli.
M. Bl.
Vurpillot (Bliane). — L'organisation perceptive. Son rôle dans
l'évolution des illusions optico-géométriques. — Préface de Jean
Piaget. — In-8° de 186 pages, Paris, Vrin, 1963.
Cet ouvrage présente un double intérêt. Intérêt théorique d'abord.
Les illusions optico-géométriques sont connues depuis fort longtemps.
Leur importance provient de leur extrême généralité ; elles existent
aussi bien chez l'animal que chez l'homme, chez le petit enfant que
chez l'adulte. Les explications théoriques qui ont été proposées pour
en rendre compte sont très diverses. Ces théories sont exposées par
l'auteur, d'un point de vue historique, de façon extrêmement claire et
précise. Chaque théorie est illustrée par les recherches sur lesquelles elle
s'appuie. L'auteur ne cache pas ses préférences pour la théorie des cen-
trations de Piaget, sans prendre toutefois résolument parti pour celle-ci.
Intérêt du point de vue de la recherche expérimentale ensuite.
E. Vurpillot apporte dans ce travail plusieurs recherches originales
réalisées dans une perspective génétique. Ces portent essen
tiellement sur les illusions des espaces divisés, de Delbœuf, Poggendorf
et Muller-Lyer. L'auteur s'est efforcé de montrer l'influence de la répé
tition des mesures, de la structure physique de la figure et de la signi
fication du matériel dans la détermination du degré de ces illusions.
Tous ces facteurs agissent différemment en fonction de l'âge de l'enfant.
L'un quelconque d'entre eux en devient opérant que dans la mesure où
il modifie l'organisation perçue de la figure, cette organisation étant
le résultat de l'activité perceptive du sujet.
Alors que les théories déjà existentes ont prétendu expliquer l'origine
même des illusions optico-géométriques, l'interprétation que nous
propose E. Vurpillot se limite à expliquer les variations des illusions
en fonction des différents facteurs et de leurs interactions. Cette inter
prétation correspond bien aux faits nouveaux rapportés dans ce livre,
ainsi qu'à ceux plus anciens que l'on rencontre dans la littérature.
Cet ouvrage, extrêmement précieux par l'abondante documentation
qui s'y trouve réunie — et que l'on ne retrouve nulle part ailleur ainsi
condensée — constitue une contribution d'intérêt indéniable pour l'étude
du problème général de la perception visuelle.
C. F.
Eysenck (H. G.), édit. — Experiments in motivation (Recherches sur
la motivation) . — In-8° de 424 pages, Londres, Pergamon Press, 1964.
Comme son titre l'indique, ce livre est un recueil d'expériences effec
tuées par des auteurs différents sur des tâches diverses, dans le domaine
de la psychologie humaine et animale. Les expériences sur l'homme sont
divisées en 2 catégories, suivant que la motivation est induite par des
situations ou qu'elle est introduite par l'intermédiaire de consignes ou PSYCIIOI.OGIF. GKINKKAI.E 281
de sanctions. Les lâches utilisées sont très diverses : poursuite, condi
tionnement du réflexe palpébral, apprentissage de paires de mots, dessin
au miroir, mémoire immédiate, champ visuel, stabilité manuelle, etc.
La lre catégorie de recherches trouve son unité dans la procédure expé
rimentale : le groupe, « ayant un niveau élevé de drive, effectue l'épreuve
dans le cadre d'examens de sélection » ; l'autre groupe est informé
qu'il joue le rôle de « cobaye ». Ces modalités conduisent les auteurs à
faire au départ 2 postulats : 1° les différences observées sont bien dues
à la variable : niveau de drive ; 2° les résultats se distribuent normale
ment dans chaque groupe.
Les résultats concernant les performances des sujets ne vont pas
toujours dans le même sens. Les auteurs s'accordent pour expliquer ces
divergences par la nature de la tâche, l'un d'eux fait appel au double
aspect du drive.
Au cours de ces recherches, d'importantes hypothèses sont discutées,
en particulier celle de Hull à propos de l'inhibition réactive et les auteurs
soulignent la contradiction entre les propriétés additives du drive dans
l'hypothèse de l'inhibition réactive Ir (Ir = Ir + sir) et ses propriétés
multiplicatives dans la formule sEr = H x D.
De même, la théorie de Spence, suivant laquelle il y aurait une
interaction entre le niveau de drive et le niveau de difficulté, est discutée
et infirmée par certains résultats.
La seconde catégorie de recherches se différencie de la première en
ce sens que l'accent est mis sur les relations entre certains facteurs de
personnalité (l'anxiété) et la performance dans des situations plus ou
moins motivantes
Les hypothèses de Mandles et Sarason suivant lesquelles il y aurait
des drives propres à la tâche, résolus par des réponses propres à la tâche
et des drives relatifs à l'anxiété qui seraient résolus, soit par des réponses
à l'anxiété, soit par des réponses qui sont liées à la résolution de la
tâche, sont discutées.
De même l'hypothèse de Taylor et Spence, suivant laquelle les sujets
les plus anxieux réussiraient mieux lorsque le drive est élevé si la réponse
correcte est plus forte que la réponse incorrecte. Les résultats de ces
recherches sont là aussi divergents.
La dernière partie du livre traite des expériences sur le rat, les
auteurs tentent, à partir de groupes d'animaux différant par le niveau
d'émotivité constitutionnel, de définir les relations entre niveau de
motivation et performance.
M. Bo.
Greenberg (J. H.), édit. — Universals of language (Les traits
universels du langage). — In-8° de 269 pages, Cambridge, The
M.I.T. Press, 1963.
Cet ouvrage est le compte rendu d'un colloque qui a eu lieu à New
York en avril 1961, sous l'égide du Comité de Linguistique et Psychol
ogie du Social Science Research Council.

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