Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.66, pg 314-323

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1966 - Volume 66 - Numéro 1 - Pages 314-323
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1966
Lecture(s) : 5
Nombre de pages : 11
Voir plus Voir moins

Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1966 vol. 66, n°1. pp. 314-323.
Citer ce document / Cite this document :
Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1966 vol. 66, n°1. pp. 314-323.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1966_num_66_1_27893Psychologie générale
Kourganoff (V.). — Initiation à la théorie de la relativité. — Paris,
Presses Universitaires de France, coll. « La science vivante », 1964,
178 p.
La théorie de la relativité doit être connue de tous et cependant
certains hésitent à acquérir cette connaissance en songeant à l'effort
à fournir. Le livre de Kourganoff vous prend par la main et petit à
petit, en s'appuyant sur des exemples simples, vous introduit dans la
complexité des relations espace-temps-mouvement, propagation de la
lumière. Insensiblement les paradoxes apparaissent, et le problème de
la relativité apparaît.
Le livre comprend trois parties : L'espace et le temps de la vie
quotidienne ; A la recherche de la vitesse « réelle » de la Terre dans
l'espace ; Espace-Temps d'Einstein et ses paradoxes.
La seconde partie présente réellement ce qui a été à l'origine de la
découverte de la théorie de la relativité. On découvre la nécessité de
trouver des systèmes référentiels pour définir les différents mouvements
examinés. Cependant, les questions les plus difficiles sont posées par
la propagation de la lumière, comme le met en évidence l'expérience de
Michelson. Des schémas clairs permettent de comprendre la relativité
des relations entre les différents systèmes référentiels. L'hypothèse de
Fitzgerald-Lorentz avec « éther extérieur non emporté, mais avec
contraction matérielle du cadre dans le sens du mouvement » n'est
pas acceptable.
Einstein lève la difficulté. Kourganoff offre au lecteur l'ensemble des
démarches intellectuelles très logiques et très subtiles de ce savant.
Dans cette dernière partie, l'expression verbale domine encore ; seuls
des schémas indispensables représentant les diagrammes espace-temps
permettent de comprendre l'application de cette théorie à la transfo
rmation de Lorentz et au problème du voyage de Langevin.
G. Oléron.
Edwards (E.). — Information transmission. An introductory guide
to the application of the theory of information to the human sciences
(La transmission de l'information. Guide introductif pour l'appli
cation de la théorie de l'information aux sciences humaines.) —
Londres, Chapman & Hall, 1964, 133 p.
Ce petit ouvrage constitue une introduction élémentaire aux util
isateurs de la théorie de l'Information. Le lecteur est conduit pas à pas,
sa progression contrôlée par des exercices dont la solution est donnée
à la fin du volume. Les connaissances mathématiques exigées sont des
plus élémentaires, ce qui évidemment limite en retour la portée de ■
GÉNÉRALE 315 PSYCHOLOGIE
l'ouvrage. Après quelques éléments sur les probabilités, sur les réseaux
et l'arithmétique binaire, la notion d'incertitude est introduite ainsi
que sa mesure, les notions d'information transmise et de redondance.
L'auteur présente ensuite des applications. Les temps de réaction,
des rudiments sur les codes, quelques expériences sur la perception et
l'apprentissage, font ainsi l'objet des trois chapitres suivants.
La fin de l'ouvrage introduit les notions de capacité de canal de
l'information continue. Une bibliographie, une table de log2 N et
de — p (i) logj p (2) terminent le volume.
La clarté de l'exposé et sa simplicité font de ce petit livre une bonne
introduction pour débutants. On peut toutefois regretter que l'utilisation
de l'entropie comme statistique ne soit pas envisagée.
F. Bresson.
Shubik (M). — Game theory and related approach to social behavior
(La théorie des jeux et les approches du comportement social qui
lui sont liées). — New York, Wiley & Sons, 1964, 390 p.
Cet ouvrage constitue une introduction à la théorie des jeux et à ses
principales applications sous forme de morceaux choisis. Vingt-trois
textes sont ainsi réunis, articles ou chapitres d'ouvrages importants.
L'accès à ces textes est facilité par un exposé liminaire de Shubik. Les
morceaux sont regroupés sous quatre rubriques : généralités, choix
politique, pouvoir et vote; marchandage, chantage et négociations;
jeux psychologiques, sociologiques et politiques. Ces textes s'éche
lonnent de 1944 (extrait de l'ouvrage de von Neumann et Morgenstern)
à 1962. L'ouvrage est complété par une bibliographie de 150 titres,
accompagnée d'indications sur le contenu des textes et le niveau exigé
des lecteurs. Seuls les textes de langue anglaise ont été retenus.
Ce livre est une introduction et un guide utile pour des lecteurs qui
désirent s'initier à la théorie dés jeux, et le tableau est suffisamment
complet et détaillé pour donner une vue d'ensemble correcte de la
question. C'est aussi un ouvrage de référence commode pour les articles
retenus. La lecture ne demande que des connaissances mathématiques
élémentaires. F. Bresson.
Esper (B. E.). — A history of Psychology (Une histoire de la psychol
ogie). — Philadelphie et Londres, Saunders Company, 1964, 368 p.
On connaît la célèbre phrase d'Ebbinghaus : « La psychologie a un
long passé, mais seulement une courte histoire » (Abriss der Psychol
ogie). Trop fidèles, semble-t-il, au contenu de cette phrase, les psycho
logues américains auraient tendance à négliger, de nos jours, l'histoire
de notre science et c'est pourquoi l'auteur de ce livre renverse la thèse
d'Ebbinghaus en affirmant que l'histoire de la psychologie est intime
ment liée à Ce très long passé.
Toutefois, Esper n'a pas voulu écrire un ouvrage comme celui* très
classique, de Boring (History of experimental Psychology), qui retrace ß ANALYSES BIBLIOGRAPHIOTES 31
de façon chronologique et systématique toutes les vicissitudes des
hommes, des théories et des faits qui permettent de comprendre l'évo
lution de la psychologie à travers les siècles. Ainsi s'est-il borné à une
sélection de thèmes généraux, présentés sous forme d'essais, qui témoi
gnent de la réflexion de l'auteur sur des problèmes tels que les origines
de la magie et de l'animisme, du naturalisme et de l'humanisme, de
l'analyse biologique et de son influence dans la pensée psychologique.
On y remarque, particulièrement, un effort pour rechercher dans la
philosophie grecque, et notamment dans l'œuvre d'Aristote, l'origine
de questions que philosophes et psychologues ont débattues par la suite
avec une conceptualisation qui n'a cessé de se renouveler au cours des
âges. L'ouvrage se termine par trois importants chapitres qui étudient
la psychologie en tant que philosophie, science sociale et science biolo
gique, et une abondante bibliographie concernant aussi bien l'histoire
des idées psychologiques que l'histoire des sciences, en général.
G. Florès.
Schartz (D), Lazar (Ph.). — Éléments de statistique médicale et
biologique. — Paris, Éd. médic. Flammarion, 1964, 144 p.
Ce petit livre, destiné aux étudiants du certificat préparatoire aux
études médicales, est un exposé des notions et des techniques statistiques
élémentaires : notion d'échantillon, de test d'hypothèse, de loi normale,
de moyenne, de variance, de corrélation ; techniques du X2 et du t.
Sa lecture n'exige aucune connaissance mathématique préalable, l'exposé
ne comportant pas de démonstrations. Cependant, les auteurs ont eu
le rare mérite d'avoir voulu, et su, ne pas sacrifier à cette simplicité
la précision des énoncés. Dans leur effort pour parvenir à ce résultat,
ils ont été visiblement soutenus par la conscience du rôle essentiel de
la statistique dans l'étude des phénomènes biologiques : là où la varia
bilité est la règle, la statistique apparaît non comme un appareil pédant
et accessoire, mais comme un outil de recherche indispensable. Si l'on
pense que cette remarque s'applique également au rôle de la statistique
en psychologie, comme d'autre part les exemples utilisés dans ce livre
sont aisément transposables, on souhaitera que ce livre contribue égal
ement à l'initiation à la statistique de nombreux étudiants de psychologie.
H. Rouanet.
Perry (Ralph Barton). — The thought and character of William
James (La pensée et le caractère de William James). — New York,
Harper & Row, 1964, 400 p.
Cette dernière édition, d'un ouvrage publié d'abord en 1935, a deux
objectifs essentiels : faire une mise au point sur l'évolution de la pensée
de William James et présenter trois de ses lettres découvertes récemment.
La pensée de James est formulée en termes accessibles aux non-
spécialistes de la philosophie ou de la psychologie.
Quatre chapitres sur quarante sont consacrés à l'œuvre psycholo- PSYCHOLOGIE GENERALE 317
gique de James et au rôle qu'il joua dans l'histoire de la psychologie
expérimentale.
Dès 1875, James intégra à son enseignement d'anatomie et de
physiologie à Harvard, des notions de physiologie nerveuse et de
psychophysique.
Un cinquième de ses Pïincipes de psychologie (1891) était constitué
par la présentation de travaux européens de psychologie expérimentale.
Influencée notamment par Spencer, Helmholtz et Wundt, son oeuvre
est éclairée, selon l'auteur, par sa santé, par ses goûts, en bref par sa
personnalité. Des prolongements de cette œuvre apparaissent en divers
domaines comme la psychologie sociale ou industrielle, ou la psycho
pathologie.
Mais, à partir de 1899, James fut surtout un philosophe et un
métaphysicien ; un moraliste aussi. C'est de ces aspects de sa pensée et
de son œuvre que traite la seconde partie de l'ouvrage.
Parmi les nombreux contacts européens, on retiendra sa rencontre
avec Bergson et le thème de leurs échanges épistolaires : les problèmes
de l'évolution. N Zuili
Simondon (G.). — L'individu et sa genèse physico-biologique. —
Paris, Presses Universitaires de France, 1964, 303 p.
Cet ouvrage, qui se présente sous la forme d'un essai philosophique,
peut à ce titre déjà intéresser le psychologue conscient de l'intérêt d'une
réflexion qui utilise d'autres concepts que ceux qui lui sont familiers.
A mesure que progresse sa lecture, il pourra découvrir en outre des
problématiques ayant une incidence plus directe sur des questions
qu'il a à affronter.
Soulignons tout d'abord le renversement de perspective opéré par
l'auteur, par rapport à la réflexion philosophique traditionnelle : au
lieu de considérer l'individu, en tant qu'être constitué, comme point
de départ d'une étude de l'individuation qui serait régressive et dont
le but serait de rendre compte des particularités de cet individu, c'est
le processus d'individuation lui-même qui est objet d'étude. L'individu
est alors saisi comme une phase momentanée, un état d'un système,
sans que soient méconnues la réalité préindividuelle ni les possibilités
ultérieures de devenir.
Le lecteur sera frappé par l'ampleur de la vision : l'individuation
est recherchée dès le monde physique, au niveau de phénomènes comme
la cristallisation par exemple. Sans réduire le vital au physique, ce sont
les paradigmes et les notions intervenant dans l'étude du monde phy
sique qui seront utilisés dans l'étude de l'individuation des êtres vivants,
en particulier la notion d'équilibre stable ou métastable d'un système.
L'être vivant étant considéré comme une superposition de systèmes
d'intégration, ces trois niveaux d'individuation peuvent être distingués,
le vital, le psychique et le transindividuel, les conditions de passage de
l'un à l'autre soulevant des problèmes qui permettent cette fois à l'au- 318 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
teur de faire appel non plus seulement à ses grandes connaissances de la
physique et de la biologie, mais aussi à celles qu'il a de la psychologie.
C. George.
Duffy (E.). — Activation and Behavior (Activation et comporte
ment). — New York, J. Wiley & Sons, 1962, 384 p.
.. Il y a une trentaine d'années, E. Duffy proposait de décrire les
processus affectifs (motivation et émotion) en fonction de deux variables :
l'intensité ou mobilisation énergétique et la direction.
Cette conception des processus dynamiques du comportement devait
rester longtemps méconnue. Cependant que le facteur intensité, baptisé
activation par les neurophysiologistes, allait connaître un certain
succès et susciter de nombreuses recherches.
C'est une synthèse de ces recherches qu'E. Duffy nous présente dans
cet ouvrage. La première partie de son livre est consacrée à l'étude de
la nature de l'activation. Le chapitre le plus intéressant est sans doute
celui qui se rapporte à la distribution de l'activation en fonction de
différents facteurs. La seconde partie traite des effets des variations
de l'activation d'une part sur la sensibilité sensorielle, d'autre part
sur la performance. Dans la troisième et dernière partie, l'auteur étudié
les relations entre les différences individuelles et l'activation. Elle
souligne les difficultés qu'il y a à accepter cet indice comme un critère
stable et immuable de ces différences. Dans les derniers chapitres,
les aspects de l'activation utiles à l'étude des maladies mentales
fonctionnelles sont mis en évidence.
L'étendue de l'information qu'il contient, sa densité et les conclusions
qui s'en dégagent, donnent à ce livre une très grande portée, d'autant
plus que l'auteur reste, dans un domaine où les critiques ont trop souvent
adopté un ton polémique, extrêmement mesurée et impartiale dans ses
jugements. Toutefois, l'intérêt majeur de ce livre réside dans le but
qu'il se propose : amener les psychologues à utiliser les deux dimensions
du comportement : activation et direction pour décrire non seulement
les processus affectifs, mais aussi les processus perceptifs, la pensée,
l'évolution de l'apprentissage et la maturation. Le propos réel est donc,
d'une part, de montrer que l'activation peut être considérée comme
le commun dénominateur de ces processus ; d'autre part, d'inviter les
psychologues à dissocier dans ces derniers ce qui relève de-l'activation
et ce qui relève de la direction. M de Bonis
Dember (W. N.). — Visual perception. The nineteenth century
(La perception visuelle. Le xixe siècle). — New York, Londres,
Sydney, J. Wiley and Sons, 1964, 222 p.
Ce petit livre présente des morceaux choisis dans les œuvres des
physiologistes et psychologues les plus importants du xixe siècle : Bell,
Müller, Helmholtz, Wheatstone, Stratton, Wundt, Binet apportent
ainsi leur contribution à un ouvrage dont la progression ne manque PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 319
pas de clarté, des bases anatomiques à l'intégration et aux processus
inconscients. W. Dember s'est chargé de présenter chacun des chapitres,
en replaçant les problèmes abordés dans le cadre de l'évolution des
sciences, et en indiquant leurs incidences et leurs prolongements actuels :
certains auteurs présentés ici, tels J. Müller ou plus encore Helmholtz,
ont ouvert des perspectives de recherches qui sont loin d'être épuisées
ou abandonnées ; d'autres ont formulé des hypothèses ou des théories
qui n'ont pas toutes été retenues, leurs exposés apparaissant aujourd'hui
comme des tentatives originales, susceptibles d'orienter de nouvelles
recherches. C'est à ce titre que nous paraît intéressant l'exposé de Lotze
sur les « signes locaux », par exemple. On retiendra également l'article de
Stratton consacré à « la vision sans inversion des images rétiniennes ».
On cherchera en vain dans ce livre le nom de Hering : c'est une
théorie résolument empiriste qui est défendue ici. Dember justifie ce
parti pris par le grand nombre de faits apportés depuis le xixe siècle
en faveur de cette thèse. On peut tout de même regretter, puisque sont
évoqués les processus inconscients chers à Helmholtz, que ne soit pas
rappelée la célèbre controverse qui l'opposa sur ce point aux « organi
sations biologiques » de Hering.
Tel qu'il est, ce livre apparaît tout de même comme un outil de
travail à recommander aux étudiants. ç^ Nahoum
Swets (J. A .■).. — Signal detection and recognition by human obser
vers (Détection et reconnaissance d'un signal par l'observateur
humain). — New York, Wiley, 1964, 702 p.
Dans cet important volume, Swets rassemble les articles publiés
dans <ie nombreuses revues et qui mettent directement en application
le modèle mathématique de la décision statistique dans des épreuves
psychologiques ou de psychophysique. Cette application de la théorie
est présentée tout au début par l'auteur, Tanner et Birsdall. Cette
théorie, appliquée à la détection du signal, ouvre de nouvelles perspect
ives à l'approche des phénomènes sensoriels par la psychophysique.
Elle conteste la notion de seuil absolu ; l'un de ses aspects fonda
mentaux est de considérer tout comportement perceptif dépendant
d'un critère de décision. L'établissement de ce critère dépend lui-même
de nombreuses variables. Ce sont ces variables que les différentes expé
riences présentées essaient de préciser.
Ce livre comprend sept parties qui traitent successivement de la
théorie elle-même, de son application en tant que méthode de mesure,
de la généralisation de l'application de ce modèle théorique aux différents
domaines visuel et auditif, d'implications physiologiques, de l'appli
cation du modèle au problème de la reconnaissance et à la détec
tion auditive des fréquences ainsi qu'à la perception du discours.
Cet ouvrage groupe ainsi trente-trois articles qui, par leur réunion,
permettent de mieux juger l'intérêt de ce modèle théorique et ses limites,
mais également son extension. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 320
II faut signaler que le livre ne présente pas de modèles théoriques
très voisins de ceux d'Atkinson et de Luce, qui ont également tenté
de formuler la théorie de la détection du signal.
G. Oléron.
BURNHAM (R. W.), IÏANES (R. M.) etBARTLESON (C. J.). — Color :
a guide to basic facts and concepts (La couleur : guide des faits et
des concepts fondamentaux). — New York, Wiley, 1963, 249 p.
Cet ouvrage s'annonce délibérément comme une étude du concept
de couleur dans tous ses aspects. Son plan, qui s'apparente plus à un
inventaire exhaustif qu'à une tentative de synthèse originale, permet
une répertoriation analytique de chaque phrase. De fréquents renvois
témoignent de certains recouvrements entre différentes parties de l'ou
vrage. En fait, les trois grandes parties correspondent à des problèmes
qualifiés respectivement de fondamentaux, appliqués et marginaux.
Dans la première partie, les auteurs rappellent les phénomènes
physiques, chimiques, physiologiques et psychologiques impliqués dans
la perception des couleurs. D'entrée (chap. 1) apparaît la décomposition
fondamentale de la couleur en teinte, saturation et luminosité, décompos
ition que l'on retrouve à tous les niveaux de l'analyse. L'étude physique
des différentes sources de lumière est importante (chap. 2). Plus loin,
malgré de nombreux schémas, les notions de neurophysiologie rappelées
lors de l'étude des organes de réception et de transmission, restent très
sommaires. Le chapitre 3, le plus long du livre, est aussi le plus important
pour nous, du fait qu'il rassemble un très grand nombre de phénomènes
d'ordre psychologique. On y trouve analysé l'effet de l'intensité lumi
neuse sur la couleur perçue, ainsi que celui de la longueur d'onde utilisée
sur la luminosité perçue. A ce niveau, on constate que les couleurs rouge,
jaune, verte et bleue sont remarquables parce qu'elles ne changent pas
de teinte lors d'une variation de leur intensité. Le phénomène de
Purkinje est ensuite décrit ainsi que des effets de contraste, simultanés
ou successifs. Parmi les effets temporels, citons les couleurs dites de
Fechner produites par la présentation intermittente à une fréquence
relativement basse d'un stimulus non coloré, et les intéressantes varia
tions de la fréquence de fusion en fonction de l'intensité du stimulus,
la zone rétinienne stimulée, l'état d'adaptation, etc. Les phénomènes
d'images consécutives sont analysés dans le détail, ainsi que les diff
érences entre vision des couleurs monoculaire et binoculaire. Quant aux
divers phénomènes d'adaptation (à l'obscurité, à la lumière, aux cou
leurs), ils sont très soigneusement classés. Enfin, mettant en cause des
« facteurs psychologiques complexes », se trouvent regroupés la constance
des couleurs, les effets de figure-fond (illustrés par des planches colorées
très démonstratives), les effets de l'attitude et de la mémoire (les « cou
leurs mnémoniques », consistant généralement en une accentuation
caractéristique de la couleur dominante). Le chapitre se termine par
une formulation en termes de « niveau d'adaptation » qui explique les PSYCHOLOGIE GENERALE 321
effets de contraste et démontre que tout stimulus peut apparaître
décoloré si l'on utilise un fond approprié. Un court chapitre sur les
anomalies de la vision des couleurs (chap. 4) clôt la première partie.
C'est une revue systématique des différentes défectuosités et de leur
fréquence. Certaines lois héréditaires et certaines intoxications déter
minantes sont aussi mentionnées.
La deuxième partie (intitulée : Problèmes appliqués) aborde princ
ipalement le problème de la mesure des couleurs. Les méthodes directes
par égalisation sont complétées par des techniques indirectes, fondées
en particulier sur l'apparition et la disparition du papillotement en
fonction des caractéristiques des stimulus (flicker method). On sait
que les synthèses de couleurs se font soit par addition, soit par moyenne,
soit par soustraction. Les rapports, existant entre ces différents modes
de synthèse, justifient le concept de quantité négative de couleur
(chap. 5). Il existe différents systèmes colorimétriques qui tentent une
représentation — dans l'espace euclidien par exemple pour le système
de Munsell — ■ en intervalles égaux, de différences de couleur perceptive-
ment égales (chap. 6). Le problème connexe des seuils psychophysiques
(un seuil absolu n'étant qu'un cas particulier d'un seuil différentiel) doit
être abordé pour chacune des trois dimensions de la couleur. En combinant
les variations de ces trois dimensions, 10 000 000 de couleurs peuvent être
discriminées (chap. 7). Il existe des systèmes opérationnels (chap. 8) et
des nomenclatures (chap. 9) de couleurs utilisés dans l'industrie, basés
soit sur le processus d'obtention, soit sur la discriminabilité apparente.
La troisième et dernière partie de l'ouvrage, courte et centrée, sur
des problèmes « marginaux », comprend un intéressant mais très bref
exposé critique (chap. 10) des principales théories de la vision des
couleurs (théories de Young-Helmholtz, de Hering et de Hurvich-
Jameson), un important inventaire (chap. 11) de tous les tests se rap
portant à la vision des couleurs (tests pouvant faire intervenir en plus
de capacités innées l'expérience ou la mémoire), et un court chapitre
(chap. 12) intitulé : « Esthétique expérimentale de la couleur », où sont
énumérées quelques recherches sur les couleurs préférées (on note à ce
sujet une corrélation de .96 entre l'ordre de préférence des couleurs des
Blancs et celui des Noirs), et sur les réactions affectives secondaires
provoquées par certaines couleurs.
J.-M. Peterfalvi.
Weckroth (J.). — Studies in colour after-images (Recherches sur
les images consécutives de couleur). — Suomalainen Tiedeakatemia,
Helsinki, 1964, 110 p.
Cette étude comprend trois parties : une revue des études antérieures
(176 références bibliographiques), un compte rendu des expériences de
l'auteur et une discussion théorique.
La partie empirique comprend trois séries d'expériences.
1) L'auteur montre, en premier lieu, que les images consécutives
de couleur sont fonction de l'éclairement du fond sur lequel on les voit.
A. PSYCHOL. 66 21 \NAI,\S[-:s li I I! IJOC I! A I' II lui KS ?>ZL2
[in stimulus d'une longueur (fondu donnée (bleu, vert 011 rouge),
produit une paire de couleurs pour l'image consécutive. La nuance
perçue de cette image dépend de l'éclairoment, du fond, de sorte que
l'une sera vue quand l'éclairement excède une certaine limite ; elle
correspond habituellement à la plus grande longueur d'onde. Et l'autre
ne sera vue qu'en dessous de celte limite et correspond habituellement
à la plus courte longueur d'onde. Des exceptions apparaissent pour
l'image consécutive du blanc qui inclut deux paires de couleurs opposées ;
elles apparaissent d'autre part pour le violet, le vert-bleu et le jaune,
dont les images consécutives n'incluent qu'une seule nuance, dont seule
change la saturation avec la variation de l'éclairement.
2) Le second problème traité concerne l'effet de l'intensité de la
lumière à laquelle l'œil contrôle est exposé sur la couleur de l'image
consécutive sur l'œil test. On trouve un effet inverse de celui mentionné
ci-dessus. Quand l'intensité de la lumière tombant sur l'œil contrôle
croît durant l'exposition du stimulus ou durant l'observation de l'image
consécutive, il apparaît une réaction similaire à celle que l'on rencontre
quand l'ôclairement du fond est réduit.
3) La troisième expérience concerne l'œil adapté à l'obscurité. Pour
des intensités très faibles, on peut engendrer des images consécutives
cycliquement récurrentes qui sont souvent de couleur violette. La
grandeur et la forme des images consécutives sont indépendantes du
stimulus et dépendent en apparence exclusivement de la quantité
d'énergie impliquée.
L'auteur rattache ces faits à la théorie trichromatique.
C. Bonnet.
Leuoi-Gourhan (A.). — Le geste et la parole (La mémoire et les
rythmes). — Paris, Albin Michel, 1965, 258 p.
Quel festival intellectuel que ce livre auquel le psychologue doit
obligatoirement se référer. Quand un grand savant écrit un ouvrage
de vulgarisation, il offre souvent au lecteur des synthèses passionnantes.
C'est le cas.
Le sujet de ce livre : une théorie de l'évolution des techniques et
des symboles.
Remarquables sont les pages sur l'évolution de la mémoire, de celle
de l'espèce à celle de l'ethnie. Elle permet à la mémoire de devenir de
plus en plus opératoire par le langage et l'écriture jusqu'au moment,
déjà venu, où les mémoires électroniques dépasseront en capacité celle de
f homme. Et remarquables celles sur l'évolution du geste, de l'outil qui
prolonge la main, jusqu'au moment où il s'en dégage pour devenir l'outil
mû par une force autonome, aujourd'hui par un programme automatique.
La deuxième partie consacrée à l'évolution des symboles est écrite
dans Je même mouvement. Valeurs et rythmes sont d'abord comme
immanents au biologique, puis l'esthétique devient celle des créations
qui s'orientent vers le fonctionnel, mais avec cette part humaine due

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.