Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.67, pg 295-317

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L'année psychologique - Année 1967 - Volume 67 - Numéro 1 - Pages 295-317
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1967
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1967 vol. 67, n°1. pp. 295-317.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1967 vol. 67, n°1. pp. 295-317.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1967_num_67_1_27567Psychologie générale
Saugstad (P.). — An Inquiry into the foundations of Psychology
(Examen des fondements de la psychologie). — Oslo, Aas & Wallis
Boktrykkeri, 1965, 99 p.
Réfléchissant à ses propres travaux sur la pensée, l'auteur — qui
a étudié aussi les processus perceptifs — réexamine toute la psychologie
dans <spn évolution.
Pour être une science, la psychologie doit répondre à certaines
exigences :
— définir l'expérience et la reproductibilité des résultats ;
— distinguer entre observateur et événement observé ;
— étudier les processus cognitifs qui interviennent dans la mise en
relation des observations et peuvent la contaminer ;
— définir ses méthodes propres à partir d'une analyse rigoureuse de
ses postulats.
Après une esquisse critique de l'histoire de la psychologie, Saugstad
développe sa propre définition de la tâche du psychologue, inspirée de la
phénoménologie et du behaviorisme, et les complétant.
En définissant l'expérience, l'auteur critique sévèrement des recher
ches historiquement connues, soit parce qu'elles n'apportent pas de
définition rigoureuse des mécanismes étudiés, soit parce qu'elles ne
comportent pas réellement de variable indépendante.
Dans son analyse des grands courants actuels, Saugstad considère
la psychophysique comme la plus appropriée pour l'étude de la percep
tion par sa définition rigoureuse de quelques concepts à partir des
conditions de stimulation. Les phénoménologues et les introspection-
nistes wundtiens auraient surtout abouti à une taxonomie des éléments
conscients contenus dans les mécanismes qui ont retenu leur attention.
Enfin, l'intérêt des behavioristes a porté de façon non négligeable sur
les réponses ; ils ont cependant oublié que l'organisme étudié perçoit
et pense.
La principale idée de l'auteur est que c'est seulement en tenant
compte de la nature des processus cognitifs que la psychologie pourra
être scientifique.
-; N. ZuiLI.
Kaplan (L.). — Foundations of human behavior (Les bases du
comportement humain). — New York, Harper & Row, 1965, 368 p.
L'auteur souligne dans sa préface la difficulté de traiter d'un tel
sujet, car celui-ci nécessite de faire appel à des connaissances apportées 296 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
par les recherches effectuées dans des disciplines très diverses, psychol
ogie, psychiatrie, biologie, médecine, sociologie, éducation, physiologie
et autres sciences. Il essaie ici de faire un inventaire le plus struc
turé et le plus complet possible tout en donnant certaines références
bibliographiques. Celles-ci permettent à celui qui désire approfondir
un domaine d'y trouver l'ouvrage ou les recherches qui donneront des
précisions complémentaires.
Ce livre est principalement orienté vers le problème de l'ajustement
de l'individu aux milieux qu'il trouve tout au long de son existence,
depuis la naissance jusqu'à la mort. On trouvera donc à la fois l'exposé
des fondements psychobiologiques du comportement humain, puis les
études sur le processus de croissance, le milieu familial, les influences
culturelles, l'émergence de la personnalité, le développement émotionnel,
puis le déclin des capacités humaines.
La fin du livre est consacrée aux troubles de l'ajustement du compor
tement, dus à la contrainte, l'anxiété et à des désordres d'origines
diverses. Les derniers chapitres sont consacrés au problème de théra
peutique et d'hygiène mentale.
Nécessairement superficiel par le très grand nombre des questions
abordées, cet ouvrage est très agréablement écrit et permet à un public
peu initié d'entrevoir d'une manière très ordonnée la complexité des
problèmes posés par l'étude du comportement.
G. Oléron.
Bon ko (H). — Computer applications in the behavioral sciences
(Les applications des ordinateurs aux sciences du comportement). —
New York, Englewood Cliffs, 1962, 633 p.
Voici un ouvrage d'initiation à l'emploi des ordinateurs dans les
sciences du comportement. Il se divise en trois parties. Les deux premières
sont dues à H. Borko. Elles constituent une présentation générale et
technique des ordinateurs. Les quatre premiers chapitres sont consacrés
à des aperçus sur les principes, l'historique et les fonctions des machines
à calcul. La seconde partie, plus technique, présente de façon claire et
accessible les différentes parties d'un ordinateur et leur fonctionnement.
La troisième partie est due à différents auteurs. Chacun d'eux s'est
chargé de présenter des exemples d'utilisation des ordinateurs dans les
sciences du comportement. Les uns s'intéressent aux procédés de tra
itement des résultats et à l'utilisation de modèles mathématiques tels
que les modèles de régression linéaire multiple ou l'analyse factorielle.
D'autres présentent les applications dans le domaine de l'étude de la
perception, de l'enseignement programmé, de la traduction automat
ique, etc. Les chapitres qui nous ont parus les plus intéressants sont
ceux consacrés aux diverses techniques de simulation : synthèse du
langage, simulation des processus cognitifs, des organismes
sociaux ou des relations internationales. Nous avons été surpris cepen- PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 297
dant par l'absence de référence à des tentatives de simulation des
petits groupes sociaux.
L'ouvrage est complété par un index des termes techniques.
J.-P. Poitou.
Cicala (G. A.). — Animal drives (Les besoins chez l'animal). —
Princeton, Van Nostrand, 1965, 265 p.
Dix-sept articles publiés entre 1912 et 1960, principalement durant
ces vingt dernières années, ont été réunis par Cicala, et traitent des
divers besoins chez les Mammifères de laboratoire.
Le recueil en question est divisé en trois parties, par lesquelles le
lecteur peut considérer successivement l'aspect biologique (physiologie
des besoins), puis l'aspect du comportement spontané (relations entre
privation et besoin) et finalement celui des conduites acquises (apprent
issage, performance et besoin).
La première partie traite spécialement du besoin alimentaire, et l'on
relira avec fruit les progrès effectués depuis les premières théories de
Cannon jusqu'à la théorie glucostatique de Mayer mettant en évi
dence des récepteurs de teneur en glucose au niveau diencéphalique,
en passant par les études d'Anderson et de Brobeck démontrant l'impor
tance de ces zones hypothalamiques dans la détermination de la faim
et de la soif. Les recherches de Olds sur l'autostimulation figurent
également dans cette partie.
La seconde partie groupe des articles ayant une valeur surtout métho
dologique pour le psychologue qui met en œuvre la motivation de faim.
Un ancien article de Richter et un récent travail de Bare et Cicala
soulignent l'importance des rythmes spontanés de repos et d'activité,
concurremment à la durée de la privation alimentaire, pour déterminer
l'appétence de l'animal à un moment donné. Cet aspect cyclique se
traduit dans l'activité motrice comme l'avait vu déjà Richter, et
récemment Campbell a montré qu'il s'agissait surtout en fait d'une
augmentation de la fréquence et de l'amplitude des réponses aux stimuli
externes. De plus, Verplanck et Hayes montrent que toute faim s'accom
pagne d'une soif accrue, du fait de la réduction générale du régirre
alimentaire : il est bon de tenir compte de cette interaction entre deux
motivations spécifiques, spécialement dans les expériences d'apprent
issage latent dans le labyrinthe en forme de T où une branche corres
pond à la réduction de la soif et l'autre à celle de la faim. Notons pour
terminer que l'appareillage et la méthode d'obstruction sont exposés
dans des articles de Jenkins et Warner.
La dernière partie couvre divers besoins : faim, appétence sexuelle
et peur des chocs. Elle concerne principalement les rapports de ces
motivations avec l'apprentissage. Sheffield constate que l'acte consu-
matoire peut avoir une valeur de renforcement d'une réponse donnée
sans qu'il y ait eu pour autant réduction du besoin physiologique :
aliment au goût agréable mais sans valeur nutritive, ou coït sans éja- 298 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
culation. Cependant ceci dépend du degré de privation comme le montre
un article de Hull et al. Enfin la peur est envisagée par Miller comme
besoin appris permettant à son tour des acquisitions ultérieures.
Dans l'ensemble, ce recueil fournit à l'étudiant avancé la lecture
de quelques travaux classiques et lui donne une base de réflexion sur
les problèmes d'étude de la motivation chez l'animal.
M. Blancheteau.
Von Uexküll (J. V.). — Mondes animaux et monde humain. Traduit
de l'allemand et présenté par P. Müller. — Paris, Gonthier, 1965,
166 p.
Nous aurons dorénavant moins d'excuses que par le passé à
méconnaître l'œuvre de von Uexküll, car nous pouvons maintenant
lire en français deux de ses œuvres, écrites à la fin de sa vie et qui se
font suite en quelque sorte, tant la « théorie de la signification » reprend
les exemples exposés dans Mondes animaux et en étend les aperçus
théoriques et les conclusions. Signalons que ce dernier opuscule avait
déjà été analysé dans le tome 35 de L'Année psychologique (p. 313).
La traduction française, qui est l'œuvre d'un philosophe plus que
d'un naturaliste, est fidèle et scrupuleuse ainsi qu'en témoignent de
nombreuses notes en bas de page, et permet bien de situer Uexküll
entre Buytendijk et un objectiviste tel que Tinbergen ; d'ailleurs la
présentation de P. Muller aide également le lecteur curieux de l'évolution
des idées à saisir le caractère propre de l'œuvre de Uexküll, qui allie
à l'observation scientifique une philosophie de la nature inspirée de
l'harmonie musicale. En effet, il compare fréquemment à la complément
arité des sons le « contrepoint » que l'on découvre entre chaque orga
nisme (végétal comme animal) et son milieu de vie. C'est en somme une
philosophie de la totalité, celle de la nature et de son harmonie préétablie,
sans toutefois le finalisme, l'anthropomorphisme et même le mysticisme
qu'on peut reprocher à Buytendijk.
Von Uexküll s'appuie au contraire sur les observations des objec-
tivistes pour fonder sa théorie des milieux, dans laquelle la perception
est conçue comme un filtre vis-à-vis des influences déclenchantes de
l'entourage physique relativement aux réponses biologiques de l'orga
nisme. D'autres arguments que ceux tirés de l'étude du comportement
sont d'ailleurs mis en œuvre, tels ceux fournis par les expériences de
greffe en embryologie, les convergences de formes constatées en ana-
tomie comparée et en paléontologie, etc. Il en résulte une vision assez
optimiste de l'écologie, menant à penser que tout est pour le mieux
dans le plus fruste des êtres vivants. Ceci remet en question, semble-t-il,
la signification de l'évolution et du progrès dans l'adaptation à l'entou
rage physique ; d'ailleurs l'auteur est conscient de ce problème et le
discute. Sa position se situe presque à l'opposé des vues fort pessimistes
d'un Rabaud relativement à l'adaptation au milieu, à ses imperfections
et à ses contingences. GÉNÉRALE 299 PSYCHOLOGIE
II n'en reste pas moins que la pensée de Uexküll fournit un cadre
biologique intéressant pour le psychologue, qui étudie l'organisme comme
un tout en relation avec un milieu donné et non seulement comme un
assemblage de mécanismes physiologiques à fonctions définies et plus
ou moins séparées.
M. Blancheteau.
Richelle (M.). — Le conditionnement opérant. — Neuchâtel,
Delachaux & Niestlé, 1966, 221 p.
Il nous manquait depuis longtemps un ouvrage en langue française
sur le conditionnement opérant ; celui que vient d'écrire le Pr Richelle
est moins lourd à consulter que les Schedules of reinforcement de Ferster
et Skinner, tout en offrant un cadre général de réflexions théoriques qui
fait défaut aux ouvrages de Michaël et Reese analysés dans L'Année
psychologique (1964/11 et 1966/11).
Le livre débute par un rappel de la distinction entre conditionnements
classique et opérant, ce qui s'accompagne d'un exposé des perspectives
théoriques et des directions de recherche ainsi définies, dans des domaines
aussi variés que l'éthologie, les rythmes biologiques, les conduites d'explo
ration, la Stereotypie du comportement, l'autostimulation, etc., à partir
de la simplification de la situation stimulus-réponse et de l'automati
sation de l'enregistrement et du programme de renforcement.
Ceci nous introduit à la description détaillée des divers programmes
et de leur dénomination anglo-saxonne, ainsi que des dispositifs matér
iels qui permettent de les exécuter. L'interprétation des enregistrements
est démontrée avec exemple à l'appui.
La troisième partie, la plus importante, est un exposé des principales
façons d'aborder certains grands problèmes de psychologie. Ainsi les
études sur l'animal intact permettent de renouveler la façon même
dont se posent les questions en matière d'apprentissage et de transfert,
ou d'anxiété, ou de conduites « superstitieuses ». Les applications psycho
physiologiques et pharmacologiques, dont l'auteur a une riche expé
rience personnelle, sont ensuite exposées, et une intéressante discussion
sur les théories de la motivation et de la satiation trouve sa place à
propos des expériences d'autostimulation inaugurées par Olds. La
toxicomanie peut également être étudiée par la méthode de conditio
nnement instrumental chez l'animal. Cette partie se termine par des
études sur le sujet humain, et les expériences de Hefîerline qui sont
rapportées montrent combien le comportement peut être contrôlé
à partir de données non conscientes. En milieu hospitalier, la disparition
des troubles de la conduite est montrée sous son aspect contingent, par
rapport aux renforcements fournis par l'entourage qui suppriment ces
troubles de façon seulement transitoire, ou même parfois les entre
tiennent.
Les annexes enfin sont précieuses pour l'expérimentateur : des
schémas électroniques aideront à faire réaliser des appareils, un 300 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
lexique normalisera les termes de rédaction en langue française, et
une riche bibliographie fournit un apport d'information choisi.
M. Blancheteau.
Notterman (J. M.), MiNTz (D. E.). — Dynamics of response (Carac
téristiques dynamiques de la réponse). — • New York, J. Wiley and
Sons, 1965, 277 p.
A la suite de Skinner le paramètre traditionnellement employé
dans la mesure du comportement « opérant », particulièrement quand il
s'agit de pression sur un levier, a été l'espacement des réponses, ou,
si l'on veut, leur fréquence. Partant de l'idée qu'il s'agit là en réalité
d'une mesure relative, rapportant la réponse étudiée aux réponses
concurrentes, et s'appuyant sur des considérations biophysiques concer
nant les notions de force, de travail et d'énergie, les auteurs ont entrepris
l'étude systématique de plusieurs autres paramètres, constituant les
caractéristiques dynamiques de la réponse.
Au moyen d'un dispositif comprenant essentiellement une jauge
de contrainte et un intégrateur ils mesurent, chez des rats placés dans
une boîte de Skinner, trois variables : 1) La durée de la réponse, cette
dernière étant définie comme toute pression exercée sur le levier avec
une force supérieure à un seuil prédéterminé ; 2) La valeur de pointe,
c'est-à-dire maximale, de cette pression ; il est explicitement précisé
que la « force » dont il s'agit ici est une caractéristique physique et n'est
pas a priori identifiable avec la force de la réponse {response strength
et non plus force) telle qu'on la trouve chez divers théoriciens ; 3) L'inté
grale temporelle de cette force I F dt I , qui définit 1' « effort » total
exercé par l'animal. La course du levier est, dans cet appareillage,
très faible ; aucun déclic n'accompagne la pression. Les rétroactions
kinesthésiques ou auditives sont ainsi très réduites ou nulles.
Un certain nombre de conditions expérimentales sont soumises à
l'investigation au moyen de cette technique. La différenciation par
l'animal des différentes caractéristiques dynamiques de ses comporte
ments est possible : dans ses réponses il modifie systématiquement les
valeurs de tel ou tel paramètre selon que la situation exige qu'un critère
déterminé soit atteint, ou que la réponse soit comprise entre des limites
définies, le renforcement dépendant alors de ces conditions. Différen
ciation et discrimination sont ensuite conjointement étudiées par les
auteurs.
L'extinction fait l'objet d'une investigation particulière, en relation
avec le fait observé que l'animal appuie plus vigoureusement sur le
levier durant les périodes de non-renforcement. Ce phénomène se
retrouve lorsque l'on fait varier le niveau de motivation ou l'ampleur
du renforcement : les animaux appuient ainsi d'autant plus fort que
l'ampleur du renforcement est plus faible, l'extinction pouvant alors
être considérée comme une situation limite, placée au point zéro du PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 301
renforcement. Si l'on fait varier la quantité de renforcement proportion
nellement à la vigueur de la réponse, on constate à nouveau une baisse
de celle-ci par rapport à la situation dans laquelle le renforcement est
fixe.
Les auteurs étudient également les indices extéroceptifs de la réponse,
les rétroactions, les dépenses d'effort, les effets des renforcements à
rapport fixe (fixed-ratio) ; un dernier chapitre est consacré à l'évitement.
Un grand nombre de données sont ainsi présentées ; leur interpré
tation théorique est esquissée et devrait sans doute susciter de nouveaux
développements.
J.-F. LeNy.
Stevens (J. C), Herrnstein (R. J.) et Reynolds (G. S.). — Labo
ratory Experiments in Psychology (Expériences de laboratoire en
psychologie). — New York, Holt, Rinehard and Winston, 1965,
115 p.
Ce manuel rassemble 23 manipulations en psychologie expérimentale
destinées aux étudiants, et qui furent « testées » à l'Université de
Harvard dans un cours introductif. Les thèmes sont classiques, ou
devenus classiques (fonction, puissance, échelles de renforcement,
empreinte), la problématique et la procédure simples, et seules les
statistiques descriptives sont requises. Ces manipulations paraissent
donc bien adaptées au premier cycle du nouveau régime des études de
psychologie en France. Cependant, malgré la valeur du choix proposé,
la plupart ne sont guère utilisables dans le cadre de cet enseignement,
à cause du matériel nécessaire ou des sujets requis par certaines d'entre
elles (canetons, pigeons).
C. George.
Hochberg (J. E.). — Perception (La perception). — Englewood
Cliffs, N. J. Prentice-Hall Inc., 1964, 118 p.
Ce petit livre fait partie d'une série d'ouvrages courts, destinés à
fournir à un professeur les éléments d'un cours d'introduction à la
psychologie. Chaque volume a été confié à un spécialiste qui traite d'un
sujet fondamental de la psychologie ou de ses applications. Il ne s'agit
donc ni d'ouvrages de vulgarisation, ni de manuels destinés à être mis
dans les mains de l'étudiant de première année, mais d'une présentation
des points essentiels d'un problème à l'usage d'un professeur. Ils suppo
sent donc la possession d'une culture psychologique générale chez leur
lecteur ; ils sont une aide précieuse pour la préparation d'un cours mais
ne prétendent jamais résumer ou remplacer la lecture d'ouvrages
spécialisés.
La perception de Hochberg répond spécialement bien à ces diverses
exigences. Le plan du livre suit l'ordre historique dans lequel les psycho
logues ont abordé l'étude des différents domaines perceptifs. Après une
brève introduction qui rappelle quelques-uns des problèmes posés par 302 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la perception, les deux premiers chapitres sont consacrés à la psycho
physique et aux capacités sensorielles. Les deux suivants traitent de la
perception de l'espace et des objets, le dernier est consacré à la percep
tion sociale. Les exemples expérimentaux sont soigneusement choisis,
accompagnés d'excellentes illustrations et commentés abondamment.
A l'occasion de ces exemples, Hochberg expose et discute rapidement
la psychophysique fechnérienne, l'introspection analytique, les théories
de Young-Helmholtz et Hurvich Jameson sur la vision des couleurs,
la théorie structuraliste de la perception de l'espace, les assemblages
de cellules de Hebb, la psychophysique gibsonnienne, la théorie de la
forme, la théorie de l'information.
Hochberg ne se contente pas de rapporter les faits et les idées des
autres, il les présente et les discute toujours de façon personnelle.
Ce petit livre très riche ne remplace pas les ouvrages de base consa
crés à la perception, mais il condense en un faible volume les problèmes
essentiels rencontrés dans l'étude de la perception, il est d'une lecture
facile et stimulante. Un seul regret, le développement des perceptions
avec l'âge n'est pas abordé. Bien que l'auteur ne le spécifie pas, cette
limite est certainement volontaire et peut s'expliquer par le faible
nombre de pages dévolu à l'ouvrage.
E. Vurpillot.
Baker (C. A.). — Visual capabilities in the space environnement
(Capacités visuelles dans l'espace orbital) . — ■ Pergamon Press, Oxford,
1965, 203 p.
On sort quelque peu déçu de cette lecture si l'on s'attend à y trouver
des résultats inédits quant aux capacités visuelles des sujets humains
au cours des vols orbitaux. En effet, on pouvait s'attendre à ce que les
vibrations, les accélérations et l'absence de pesanteur, aient un effet
dégradant sur les performances visuelles des cosmonautes. Des expé
riences de laboratoire nous sont rapportées qui permettent un tel
pronostic, mais les déclarations de ces voyageurs de l'espace apparaissent
plus optimistes que les hypothèses des chercheurs. Il est vrai qu'ils ont
suivi un entraînement intensif qui avait pour but de les rendre aptes à
surmonter les effets dégradants des conditions dans lesquelles ils allaient
être placés ; et que d'autre part, peu d'expériences au sens propre du
terme ont été tentées au cours de ces vols. Au total, dans ce livre, les
aspects techniques priment largement les résultats expérimentaux.
C. Bonnet.
Spigel (I. M.). — Readings in the study of visually perceived
movement (Étude du mouvement visuel perçu). — New York,
Harper & Row, 1965, 336 p.
Plusieurs soucis ont présidé au choix des 18 articles réunis dans ce
livre. L'auteur a cherché des articles représentatifs des courants de
recherche contemporains en présentant, lorsque cela était possible, PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 303
les moins facilement accessibles. D'autre part, le lecteur trouvera tant
des articles théoriques accompagnés de nombreuses références que
des expérimentaux. Dans une introduction qui ne prétend
pas à l'exhaustivité, l'auteur replace ces articles dans le cadre théorique
ou empirique dont ils sont issus.
L'ouvrage est divisé en trois parties, chacune étant suivie d'une
bibliographie.
La première partie est consacrée au mouvement réel et débute par
deux des trois articles classiques de J. F. Brown. La sensibilité diffé
rentielle au mouvement est examiné à travers les articles d'Ekman et
Dahlbäch, et de Mandriota et al. Les divers types d'explication sont
représentés par des articles de Gibson, Ludvigh, Smith et Gulick et
enfin Johansson.
Le mouvement apparent occupe la seconde partie qui comprend
six articles couvrant le mouvement apparent (phénomène phi), le mou
vement consécutif et l'effet autocinétique.
La dernière partie présente les bases physiologiques de la perception
du mouvement et débute par les points de vue classiques de Smith
et de Motokawa. Ils sont suivis par l'exposé des recherches physiolo
giques récentes qui ouvrent les perspectives les plus intéressantes. Il
s'agit d'un article d'Hubel et Wiesel sur les champs récepteurs du cortex
visuel chez le chat et d'un article de Grusser-Gornehls et al. sur les
unités réceptrices du toit optique chez la grenouille dont on sait qu'ils
révèlent des réponses différenciées selon la direction et le mouvement
des stimulus.
G. Bonnet.
Holland (H. G.). — The spiral after effect (L'effet consécutif de
spirale). — Oxford, Pergamon Press, 1965, 128 p.
Depuis la remarquable étude de Wohlgemuth (1911), il n'était pas
paru de revue exhaustive sur les effets consécutifs de mouvement.
L'ambition de Holland est de présenter dans son livre, sous une forme
condensée, les principaux résultats des recherches antérieures en négli
geant quelque peu les aspects théoriques. Après une vue d'ensemble du
problème l'auteur analyse l'influence de trois types de variables sur
l'apparition et la durée de l'effet consécutif. Parmi les variables psycho
physiques, il distingue la taille de la figure d'induction, sa vitesse, sa
structure, sa fonction géométrique dans le cas de la spirale, et l'éclaire-
ment. Le seul résultat qui apparaisse avec netteté est la supériorité de
la spirale arithmétique, ainsi que la plus grande efficacité d'un contraste
maximum. Sous le titre de variables situationnelles, il inclut les effets
de la consigne, des drogues, les problèmes de transferts interoculaires,
ainsi que l'introduction de repos dans la procédure de passation ; enfin,
et là les résultats sont concordants, il montre qu'une spirale dont l'effet
consécutif est une expansion engendre un effet plus long que si
consécutif est une contraction. Le troisième type de variables distin-

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