Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.68, pg 289-299

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L'année psychologique - Année 1968 - Volume 68 - Numéro 1 - Pages 289-299
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1968
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1968 vol. 68, n°1. pp. 289-299.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1968 vol. 68, n°1. pp. 289-299.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1968_num_68_1_27612Psychologie générale
Millet (L.). — Les grands textes de la psychologie moderne. — Paris,
Bordas, 1967, 286 p.
Il faut malheureusement parler de ce recueil de textes psychologiques
pour dire que la psychologie « moderne » de L. Millet est singulièrement
partiale et hexagonale. Hexagonale, car L. Millet cite une grande majorité
d'auteurs français et que les psychologues étrangers ne sont connus
qu'à travers une glose. Ainsi, l'école de la Gestalt est surtout présentée
à travers les textes de P. Guillaume (et de Goldstein, mais dans un tout
autre domaine). De toutes manières, le recueil ignore les textes qui n'ont
pas été traduits en français. Partiale, parce que l'on y découvre, à
considérer le nombre de citations, que les psychologues modernes les
plus importants sont Alain (12 textes), Bergson (8 textes), Goldstein
(10 textes), P. Guillaume (12 textes), Merleau-Ponty (9 Pradines
(9 textes). En revanche, une page de Binet, une page de Piaget, une page
de Piéron, rien de Wallon, rien de Janet, rien de Tolman, etc.
Ce choix justifie-t-il le titre de l'ouvrage ?
P. Fraisse.
Anderson (B. F.). — The psychological experiment (L'expérience en
psychologie). — Belmont, Wadsworth, 1966, 162 p.
On lit dans la préface : « Quand le lecteur finit le livre, il doit être
capable de réaliser des expériences de sa propre initiative, des expériences
qui sont saines, efficaces et assez complexes pour être intéressantes. »
Et en effet l'ouvrage se propose d'amener un lecteur ignorant tout de
la méthode expérimentale à concevoir et à réaliser des expériences, et ce,
en une centaine de pages (un chapitre est même consacré à la rédaction
du rapport de recherche). Il faut donc exposer simplement des questions
réputées difficiles, en passer d'autres sous silence, et on ne recule pas
devant un plan contrebalancé à plusieurs variables. Le futur chercheur
sera armé seulement du calcul de la déviation moyenne (même pas de la
variance), du coefficient tau et du test du signe. L'auteur atteint son
but pour certains problèmes, clairement et simplement exposés, grâce
notamment au choix de ses exemples mais, par ailleurs, combien d'ap
proximations, de propositions contestables...
C. George.
Les modèles et la formalisation du comportement. — Paris, Éd. du
C.N.R.S., 1967, 424 p.
Cet ouvrage reproduit les rapports et les discussions d'un Colloque
international du C.N.R.S., organisé par P. Fraisse en collaboration avec
A. PSYCHOL. 68 19 290 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
F. Bresson et J.-M. Faverge. Ce Colloque, qui s'est tenu à Paris en juil
let 1965, était essentiellement consacré à cette branche de la psychologie
où l'hypothèse du chercheur s'exprime sous forme d'un modèle fondé
sur des postulats explicites et conduisant à des prédictions précises :
la psychologie mathématique. Le titre de l'ouvrage ne reflète qu'im
parfaitement ce thème, dans la mesure où les termes « modèle » et
« formalisation » sont souvent utilisés dans un sens beaucoup plus
vague.
La majorité des communications furent des exposés sur les principaux
types de formalisation mathématique existant à l'heure actuelle — types
que l'on peut regrouper sous les trois rubriques suivantes (ces rubriques
se recouvrant, on retrouvera éventuellement plusieurs fois le même
nom) :
La théorie de la mesure, des échelles et de Vinférence statistique (Luce,
Flament, Matalon).
Les modèles markoviens (Audley, Falmagne, Jonckheere, Kilx,
Rapoport, Richard, Rouanet) : ces modèles constituent, à l'heure
actuelle, un des courants les plus importants de la psychologie mathé
matique ; leur domaine d'application va des situations d'apprentissage
simple à des situations comme le temps de réaction et même à des
situations comme l'apprentissage de discrimination, voire l'apprentis
sage de concepts. A cette rubrique on peut également rattacher l'exposé
de Broadbent sur les modèles de détection du signal.
Les modèles à structure logique ou algorithmique (Frey, Restle, Simon,
Suppes) : le domaine plus spécifique de ces modèles est essentiellement
celui des processus intellectuels.
D'autres communications ont porté moins sur des types de formali
sation particulière que sur le rôle de la formalisation mathématique dans
divers domaines psychologiques et en particulier la psychologie diffé
rentielle (Reuchlin), la psychologie industrielle (Faverge). Enfin, certains
exposés ont été entièrement consacrés à la comparaison de divers types
de formalisation possibles (Bresson, Broadbent). Enfin, on trouvera natu
rellement dans la communication de Piaget un exposé des modèles de
Piaget, et une réfutation des critiques qu'on leur a adressées.
On ne trouvera pas, dans ce Colloque, une synthèse des acquisitions,
théoriques ou expérimentales, auxquelles est actuellement parvenue la
psychologie mathématique. L'objectif du Colloque était autre : provo
quer, à partir de la confrontation entre spécialistes représentant les
tendances actuelles les plus marquantes, une discussion sur les problèmes
posés par la formalisation mathématique en psychologie (quant à l'oppor
tunité ou même la nécessité de la formalisation, elle ne saurait, à un
certain niveau de la science, être mise en doute, comme l'a rappelé
Fraisse dans sa communication introductive).
On peut dire que cet objectif a été pleinement rempli, dans la mesure
où par « problèmes posés par la formalisation » on entend bien les pro
blèmes que la psychologie mathématique est actuellement en train PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 291
d'aborder. Ces problèmes sont nombreux et complexes ; nous en signa
lerons ici seulement deux qui ont constitué le leitmotiv de plusieurs
exposés et discussions. Le premier est celui des « modèles équivalents » :
il apparaît de plus en plus qu'au moins pour certaines situations, la
difficulté n'est pas (ou plutôt : n'est plus) de trouver un modèle rendant
compte des données de façon adéquate, mais de choisir entre plusieurs
modèles concurrents tous à peu près satisfaisants. D'autre part, ce
Colloque a mis en lumière une vive concurrence actuellement en cours
entre deux types — ou, pourrait-on dire, deux firmes — de modèles :
les « modèles structuraux » et les « modèles de processus ». La controverse
est-elle réellement « profonde » et une firme est-elle appelée à éliminer
complètement l'autre ? Ou bien, au contraire, assistera-t-on à une
« concentration » équilibrée (ce serait la conjecture de l'auteur de ces
lignes), ou encore, aboutira-t-on à un accord sur la délimitation des
domaines d'action respectifs ? Il est trop tôt pour se prononcer de façon
définitive.
Pour qui cherche à s'informer des problèmes réels, actuels, de la
psychologie mathématique, la lecture de cet ouvrage, et en particulier
des discussions, constituera un document irremplaçable, beaucoup plus
enrichissant que la lecture d'articles dispersés. Mais une lecture attentive
s'impose : les ellipses sont fréquentes et les sophismes, s'ils sont beaucoup
plus rares, ne sont aussi clairement signalés que dans le traité de mathé
matique de Bourbaki.
H. Rouanet.
Âkos (K.), âkos (M.). — The critical flicker frequency series effect
(L'effet des séries de fréquence critique de papillotement). —
Budapest, Akadémiai Kiadô, 1967, 245 p.
Dans la détermination répétée de fréquences critiques de papillo
tement, 68 % des valeurs se distribuent dans un intervalle de ± 0,2 cps.
Les auteurs mesurent 50 fois la CFF en séries descendantes (papill
otement) et trouvent des variations significatives qui représentent un
effet des séries de CFF (CFFSE). L'essentiel du livre est consacré à la
présentation et à l'analyse de 800 séries de 42 sujets en traitement
psychiatrique. Les fluctuations caractéristiques de la CFFSB sont mises
en liaison avec le pouvoir de résolution du cerveau dans le temps, qui,
selon les auteurs, inclurait la perception et son activité à l'intérieur de
micro-intervalles de l'ordre de 10~6 secondes !
Cl. Bonnet.
Rüttimann (P. B.). — Experimentelle Untersuchung über das
Tempo in Motorik, Wahrnehmungsakten und Denkprozessen (Recher
che expérimentale sur le tempo dans la motricité, la perception et
les processus intellectuels), dans Arbeiten zur Psychologie, Pädagogik
und Heilpädagogik, vol. 22, Fribourg, Suisse, 237 p.
Cette recherche très bien conduite dans un large domaine confirme
les travaux antérieurs d'Allport, Vernon, Rimoldi et Harrison. Les 292 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
activités motrices, graphiques, perceptives, arithmétiques d'apprentis
sage ne dépendent pas d'un facteur unique ou « tempo » qui se manif
esterait dans toutes les fonctions. Il y a plutôt un facteur commun à des
activités voisines.
De même il n'existe pas de caractéristique « tempo propre à chaque
personne ». Nous avons des tempos différents pour des formes différentes
d'activité. Cette excellente monographie permet de faire le point sur un
problème où les apparences ne sont pas vérifiées par des recherches
objectives.
P. Fraisse.
Beecroft (R. S.). — Classical conditioning (Le conditionnement
classique). — Goleta, California, Psychonomic Press, 1966, 198 p.
Comme le dit lui-même l'auteur, cet ouvrage consiste en une revue
de la littérature américaine sur le conditionnement. Ainsi, à travers
tous les thèmes du conditionnement classique : méthodes, systèmes de
réponse, facteurs, schémas de renforcement, conditionnements complexes
et interprétations théoriques, l'auteur situe rapidement, mais d'une
manière claire, les travaux de quatre cent dix auteurs, répertoriés dans
un index et une bibliographie situés en fin de volume.
Dans l'introduction, l'auteur définit d'une manière simple la notion
de conditionnement classique, à partir des premières définitions de
Pavlov et il entreprend, en quelques lignes, une schématisation parallèle
des directions prises par les chercheurs américains et soviétiques sur ce
problème. A ce propos, R. S. Beecroft définit les recherches soviétiques
comme étant : « à l'écart des théories non quantitatives et inutilement
complexes ». Il faut noter qu'il critique parallèlement les recherches
américaines « surdéterminées et suranalysées ». Mais, son ouvrage trai
tant presque exclusivement de la littérature américaine, sa rapide
critique des travaux russes n'est suivie d'aucun développement justifié
dans le cours de l'ouvrage.
Néanmoins ce volume constitue un instrument de travail intéressant
qui permet d'avoir une vue d'ensemble de la littérature américaine
depuis la deuxième guerre mondiale, et de situer d'une manière précise
les différents travaux dans l'ensemble des recherches sur le conditio
nnement classique.
Ch. Cohen-Salmon.
Thorndike (E. L.). — Human learning (L'apprentissage chez
l'homme). — Cambridge (États-Unis), The M.I.T. Press, 1966, 206 p.
L'un des principaux ouvrages de Thorndike, datant de 1931, est
réédité. Il contient douze leçons qui, partant des formes élémentaires
d'apprentissage, envisagent également l'apprentissage « idéationnel »
(ou apprentissage « par idées », opposé à par essais et
erreurs) , ainsi que le raisonnement. On y retrouve les principes fameux
énoncés par l'auteur, comme les lois de l'effet et de l'exercice, étayés par
des comptes rendus expérimentaux. C'est une lecture salubre, car tout PSYCHOLOGIE GENERALE 293
au long d'une démarche claire et rigoureuse, sont posées des questions
capitales, qui furent parfois oubliées, mais qui resurgissent constamment
à tous les détours de la littérature expérimentale.
G. George.
Rey (A.). — Les troubles de la mémoire. — Bruxelles, Dessart,
1966, 175 p.
Rey manifeste dans ce livre, et d'une manière très remarquable, les
qualités du clinicien qui exige pour appuyer son diagnostic le support
d'épreuves psychométriques rigoureuses et ingénieuses.
Dans son exploration des troubles de la mémoire, il présente une
méthode originale qui fait intervenir des notions théoriques, implicites
dans son œuvre, et qui sont très développées de nos jours. Il étudie, en
mémoire immédiate et en mémoire différée, au cours du développement
de l'inhibition rétroactive et par la méthode de reconnaissance guidée,
les troubles des activités mnésiques.
Après les avoir présentés, il classe les types de troubles mnésiques en
quatre catégories selon leur capacité d'évocation mnésique immédiate,
en troubles de la reconnaissance et du développement de l'inhibition
rétroactive.
Le test qu'il propose, P.R.M., ou « Profil de rendements mnésiques »,
comporte une succession d'épreuves qui permettent de contrôler à la
fois les processus d'acquisition et les déficits perceptifs éventuels ainsi
que les d'évocation et de reconnaissance.
Après l'étalonnage, Rey indique les profils moyens de trois groupes :
les régressions démentielles, les états oligophréniques des détériorations
mnésiques dans l'éthylisme chronique et les groupes neurologiques et
neuropsychiatriques divers.
En conclusion, Rey propose sa propre conception des mécanismes
qui sont à la base des processus d'adaptation.
G. Oléron.
Manis (M.), Cognitive processes (Les processus cognitifs). — Belmont
(California), Wadsworth Publishing Co., 1966, 122 p.
Il s'agit de la présentation des principaux travaux et résultats relatifs
à l'étude expérimentale des processus cognitifs. Notons tout d'abord
que l'expression « processus cognitifs » est entendue par l'auteur dans un
sens assez large : en effet, les premiers chapitres de l'ouvrage traitent de
l'apprentissage et de la mémoire, parce qu'ils jouent un rôle important
dans la généralisation et la formation des concepts, points qui sont
abordés ultérieurement. Progressant vers les activités de plus en plus
complexes, les principales théories du langage sont sommairement
exposées (Skinner, Osgood, etc.), ainsi que les travaux classiques ou plus
récents sur la résolution des problèmes et sur la créativité.
Étant donné la taille de l'ouvrage et l'importance du secteur étudié,
certaines questions sont inévitablement traitées sous forme de têtes
de chapitres, dont le contenu doit être complété par ailleurs. Par contre, 294 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
une lacune importante concerne toute la littérature européenne, que
l'auteur a écartée en s'excusant au début de l'ouvrage. Ceci mis à part,
ce travail peut être fort utile aux enseignants désireux d'extraire, dans
l'abondante littérature consacrée à ce sujet, les faits les plus marquants.
Y. Hatwell.
Atkinson (J. V.), Feather (N. T.). — A theory of achievement
motivation (Théorie de la motivation de réussite), New York, John
Wiley and Sons, 1966, 392 p.
Cet ouvrage collectif donne un aperçu des prolongements à la fois
théoriques et expérimentaux auxquels la théorie d'Atkinson sur les
besoins de réussite a donné lieu. Si l'on se reporte au précédent ouvrage
d'Atkinson sur cette question : An introduction to motivation, paru
en 1964, on constatera une nette évolution du concept de motivation.
En effet, la motivation dans son influence sur le comportement du
sujet est envisagée non plus seulement dans sa fonction directrice ou de
sélection des éventualités, mais aussi sa énergétisante.
C'est dans le chapitre 19 rédigé par Atkinson et O'Connor que l'hypo
thèse d'un rôle éventuel de l'intensité du niveau de motivation sur la
réponse est proposée. Les auteurs soulignent combien ils ont sous-estimé
ce rôle dans leurs études antérieures et se proposent de prendre ce facteur
en considération dans de prochaines recherches.
Il est à noter que ce sont des difficultés rencontrées dans l'interpré
tation de certains résultats expérimentaux qui ont conduit les auteurs
à se préoccuper de ce facteur. On peut penser que son intégration parmi
les autres paramètres de la théorie de la motivation de réussite contri
buera non seulement à enrichir cette théorie mais aussi à la situer
parmi les autres approches de ce problème.
En ce qui concerne les prolongements expérimentaux, on trouvera
dans ce livre, d'une part, de nouvelles recherches sur des thèmes famil
iers aux auteurs, tels que l'étude des liaisons entre la force de la tendance
à l'approche du succès et le niveau d'aspiration, le comportement en
situation de choix ainsi qu'une analyse très intéressante d'un point de
vue méthodologique sur une validation de construct des épreuves projec-
tives et des échelles destinées à évaluer la motivation de réussite ; d'autre
part, des recherches nouvelles sur des thèmes plus nouveaux. Nous
signalerons, parmi ces dernières, une tentative de mise au point d'une
échelle de préférence pour le risque (A.R.P.S.) et l'analyse des corréla
tions entre le score à cette échelle et les tendances à l'approche de la
réussite ou à l'évitement de l'échec.
M. de Bonis.
Fairbanks (G.). — Experimental Phonetics (Phonétique expéri
mentale). — Urbana, University of Illinois Press, 1966, 274 p.
On trouvera sous ce titre un recueil d'articles publiés par Fairbanks
au cours de ses 28 années de carrière, articles extraits de diverses revues ;
PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 295
américaines spécialisées. La Phonétique expérimentale est à prendre dans
un sens large : les travaux concernent aussi bien des problèmes de
phonétique articulatoire ou acoustique que des questions d'un intérêt
plus général pour les psychologues, telles que la détection du signal et
l'intelligibilité du langage dans diverses conditions. L'étude des sons du
langage est donc envisagée autant du point de vue de l'émission que de
celui de la réception.
;' Les 28 articles sont classés non par ordre chronologique mais par
thèmes qui sont les suivants :
1° Le mécanisme de la parole comme servosystème. — Des modèles
cybernétiques de la parole sont présentés conjointement avec des
résultats d'expériences concernant le delayed auditory Feedback.
2° La vitesse de la parole et l'auditeur. — Expériences relatives à la
parole « comprimée » ou « dilatée », c'est-à-dire manipulée sur des enre
gistrements magnétiques de telle sorte que l'émission de la voix soit
coupée de portions retranchées de l'enregistrement ou simplement
accélérée (« compression ») ou au contraire ralentie (« dilatation »). Les
études sur l'intelligibilité de messages tronqués et accélérés présentent
un intérêt théorique et aussi pratique.
3° Spécification de la voyelle. — Cette partie concerne des problèmes
phonétiques, acoustiques et physiologiques relatifs à l'émission des
voyelles.
4° Détection du signal et intelligibilité. — Techniques de « différen
ciation phonologique » destinées à examiner chez les sujets la capacité
de discriminer entre phonèmes dans diverses conditions ; problèmes
de détection de signaux sur un fond de bruit.
5° Caractéristiques de la voix dans la parole normale ou accompagnant
des émotions. — Dans une série d'expériences, des acteurs lisent un texte
tout en simulant diverses émotions. Des sujets sont ensuite invités à
identifier ce qui est exprimé par la voix : c'est une étude parallèle aux
travaux classiques sur la perception des mimiques.
Plusieurs articles traitent aussi de l'évolution des caractères acous
tiques de la voix de jeunes enfants et d'un nourrisson.
6° Organogenèse de V articulation. — Cette partie est purement
physiologique et acoustique. Il s'agit du rôle des différents organes
impliqués dans l'émission des sons par l'homme.
Ces articles traitent finalement de sujets assez divers mais le recueil
pourra être consulté avec profit par tous ceux qui ont à s'occuper de
phonétique proprement dite et aussi de perception et d'identification
de sons ou de messages vocaux.
J.-M. Péterfalvi.
Chreist (F. M.). — Foreign Accent (L'accent étranger). — Engle-
wood Cliffs, Prenctice-Hall, 1964, 114 p.
Ce livre s'adresse avant tout aux cliniciens ayant à s'occuper de
troubles de la parole ; il fait d'ailleurs partie d'une collection spécialisée 296 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dans la pathologie du langage. En effet, un certain nombre de praticiens
exerçant aux États-Unis ont souvent à « traiter » des clients dont le
trouble n'est autre qu'un accent étranger, source de mauvaise adaptat
ion non point tellement parce que révélateur d'une origine nationale
ou ethnique minoritaire, mais surtout dans la mesure où cet accent fait
obstacle à la communication proprement dite avec l'entourage anglo
phone. On expose donc des méthodes pour réadapter (l'auteur utilise
même le mot anglais rehabilitation) ces individus, soit qu'ils viennent de
l'étranger pour apprendre l'anglais américain, soit d'immigration
récente, soit appartenant aux nombreuses communautés américaines
pour qui l'anglais n'est qu'une seconde langue. L'auteur se place exclus
ivement dans le cadre de Panglo-américain mais nous pouvons signaler
que le même problème se pose — quoique avec moins d'ampleur — dans
plusieurs pays d'Europe où des recherches sont en cours et où des
méthodes spéciales d'enseignement sont déjà appliquées.
Les problèmes exposés dans l'ouvrage font toujours référence aux
derniers développements de la linguistique, notamment de la phonologie.
Cependant, les notions fondamentales ne sont pas rappelées dans le
livre. On se contente de citer les ouvrages dont ces notions sont extraites,
notamment Languages in Contact de V. Weimreich qui reste l'ouvrage
de base traitant du bilinguisme à la lumière de la linguistique structurale
contemporaine.
Après avoir défini et précisé les caractéristiques de l'accent étranger,
l'auteur s'intéresse plus particulièrement à l'intonation, à l'accent,
puis passe en revue un certain nombre d'oppositions phonologiques
spécialement difficiles à acquérir pour les non anglophones.
Pour celui qui ne s'intéresse pas spécifiquement à l'acquisition de la
langue anglo-américaine, ce livre garde néanmoins un certain intérêt
grâce aux nombreuses suggestions théoriques qui y sont faites (concer
nant par exemple les différentes sortes de bilinguisme) et à l'exposé de
méthodes utilisables dans un cadre plus large, comme certaines procé
dures d'examen de la discrimination perceptive des sons de la parole.
J.-M. Péterfalvi.
McGuigan (G.). — Thinking : Studies of covert language processes
(La pensée : recherches sur le langage intérieur). — Appleton Century
Crofts, 1960, 295 p.
Après avoir rappelé en une introduction claire et brève toute l'impor
tance du débat entre les deux principales conceptions des rapports
langage-pensée (théorie périphérique, Watson ; théorie centraliste,
Hebb) pour la définition du champ d'investigation psychologique,
l'auteur présente dans cet ouvrage un ensemble de travaux expérimen
taux sélectionnés parmi plus de mille, selon le contexte théorique auquel
ils se réfèrent.
Le premier chapitre est un rappel des conceptions de Watson et
Skinner pour le groupe « périphériste », de Lashley et Hebb pour le PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 297
groupe « centraliste ». Articles classiques certes, mais très explicites et
qui ainsi regroupés facilitent la confrontation immédiate.
Le second chapitre de l'ouvrage réunit des recherches expériment
ales classiques concernant les aspects moteurs de la pensée, effectués
dans le contexte de la théorie périphérique : exploration des mouvements
du larynx et de la langue, qui accompagnent le processus de pensée
(Curtis), rappel des expériences de Jacobson sur les états musculaires
(détection électrophysiologique) observés au cours des activités ment
ales, mise en évidence des mouvements oculaires pendant la lecture
(Ewert).
Beaucoup plus récentes sont les expériences qui constituent le
troisième chapitre. Il convient de mentionner tout particulièrement
l'investigation électrophysiologique du langage intérieur par Novikova,
les enregistrements simultanés EEG, EKG, GSR, effectués pendant une
tâche mentale (Lorens et Darrows), la mise en évidence de subvocalisat
ions pendant la lecture silencieuse et l'étude de leurs relations avec le
rythme respiratoire et les mouvements des lèvres (McGuigan et Keller).
L'intérêt d'un tel chapitre réside dans la mise en évidence de phéno
mènes psychophysiologiques très fins nécessitant à la fois techniques
d'enregistrement perfectionnées et ingéniosité expérimentale. Suit
un choix de travaux effectués dans l'optique du conditionnement
(4e chapitre).
Les recherches qui relèvent de la théorie centraliste font l'objet du
5e chapitre. On peut signaler un rapport très intéressant sur l'absence
d'effets centraux résultant de l'injection de d-tubocurarine (Smith et
collaborateurs), la découverte d'ondes accompagnant l'effort mental,
ondes kappa dont l'existence est par ailleurs discutée (Kennedy et les travaux de Penfield concernant la production de
réponses dites « psychiques » par stimulation de certaines aires corticales,
notamment les lobes frontaux.
Traçant les grandes lignes des recherches futures, le dernier chapitre
met l'accent sur l'importance et l'urgence de travaux concernant le
langage intérieur, aspect souvent négligé, dont une meilleure connais
sance pouvait faire avancer le débat entre les deux conceptions.
Au total, cet ouvrage est très utile par le souci d'objectivité dont
témoigne la présentation, le choix judicieux d'expériences variées,
historiquement décisives ou techniquement et méthodologiquement
exemplaires.
M. Ghauvière.
Mäher (B. A.). — Progress in experimental personality research
(Développements nouveaux en recherche expérimentale sur la
personnalité), vol. 3. — New York, Academic Press, 1966, 319 p.
Ce troisième volume groupe cinq études qui montrent, par la divers
ité des concepts et des techniques employés, combien sont complexes
les variables qui déterminent les différences individuelles. On remarque

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