Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.73, pg 345-364

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L'année psychologique - Année 1973 - Volume 73 - Numéro 1 - Pages 345-364
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1973
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1973 vol. 73, n°1. pp. 345-364.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1973 vol. 73, n°1. pp. 345-364.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1973_num_73_1_27989,
Psychologie générale
A. R. Gilgen. — Contemporary scientific Psychology (La Psychol
ogie scientifique contemporaine). — New York et Londres, Aca
demic Press, 1970, 328 p.
Ce produit de la collaboration de plusieurs auteurs est en principe
destiné aux étudiants de psychologie expérimentale débutants ou
avancés. La plupart des chapitres concernent les problèmes relatifs
à l'apprentissage et présentent soit l'état des recherches actuelles, soit
de nouvelles perspectives dans les domaines de spécialisation des diffé
rents auteurs.
M. H. Marx traite des principes généraux qui président à la recherche
en psychologie expérimentale tout en mettant en avant une série de
phénomènes qui selon lui sont à l'origine d'une certaine sclérose chez
certains chercheurs dans le choix des thèmes et des modèles explicatifs.
Il fait remarquer que la tendance actuelle réside dans le délaissement
partiel des théories traditionnelles au profit des modèles. Il classe les
théories en trois catégories : déductives du type de celle de Hull, fonc
tionnelles comme celle d'E. Brunswik, ou inductives pour l'exemple
desquelles il cite, à titre illustratif, les travaux de Skinner.
K. H. Pribram présente certains récents sur la physiologie
du cerveau et tente de montrer leur portée explicative relativement
aux conduites complexes.
D.H. Thiessen attribue au généticien du comportement la vocation
d'expliquer ou de comprendre le comportement « depuis la molécule
d'A.D.N. jusqu'au fonctionnement complet de l'organisme ». Trois impér
atifs doivent être suivis à cet effet ;
— prendre des espèces représentatives des populations représentant
les grands groupes taxonomiques ;
— mettre l'accent sur les relations entre fonctions et structures ;
— chercher les caractéristiques d'adaptation du comportement et les
mettre en rapport avec les facteurs de l'environnement.
S. G. Ratner considère que trois thèmes caractérisent la psychologie
comparée.
— L'étude du comportement animal.
— La psychologie générale expérimentale.
— L'étude des stades sous un angle comparatif. 346 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L. P. Lipsitt présente des recherches récentes dont la plupart ont
été effectuées dans son laboratoire sur des nouveau-nés ou de très
jeunes enfants. Il s'agit de conditionnement et d'apprentissage.
A. W. Staats présente un cadre théorique général pour l'apprentissage
du comportement en partant du principe qu'il est possible d'unifier
toutes les théories actuellement existantes.
I. Rock propose une théorie cognitiviste de la constance perceptive.
Il réfute les objections des théoriciens de la Forme, des Transactionnistes
et des Gibsonniens en citant des contre-exemples empruntés à ses
propres recherches. Il considère la perception comme le produit d'un
processus d'évaluation résultant d'inférences du type de celles invoquées
par Helmholtz. L'inférence perceptuelle peut être considérée, aux yeux
de Rock, comme une fonction cognitive qui est la prémisse des fonctions
cognitives supérieures.
L. Berkowitz présente quelques recherches sur le rôle du renforc
ement dans certains problèmes de psychologie sociale et l'impact de
certaines théories. A ce propos l'auteur soulève la question du rôle des
théories en psychologie sociale.
De par la spécialisation des thèmes abordés, cet ouvrage nous paraît
difficilement abordable par des étudiants non avancés.
A. Menchikoff.
Annual Review of Psychology. — Palo Alto, Calif., Annual Reviews
Inc., 1972, 786 p.
Chaque année, l'épaisseur de Y Annual Review augmente, et pourtant
les auteurs des intéressantes et substantielles revues de question qui la
composent déplorent de ne pouvoir couvrir, faute de place, la littérature
récente spécifique du thème qu'ils présentent... Ces thèmes sont cepen
dant limités, sélectionnés parmi l'ensemble des domaines de la psy
chologie, et distribués d'une année à l'autre de façon à se compléter
périodiquement.
Ce volume de 1972 nous propose une suite de dix-neuf revues cri
tiques. La première, traditionnellement consacrée à la « Psychologie de
l'enfant », par L. P. Lipsitt et P. D. Eimas, inventorie 280 travaux
publiés au cours de l'année 1970 sur les divers aspects du développement,
depuis la naissance jusqu'à l'adolescence. Plusieurs articles concernent
des théories psychologiques qui suscitent actuellement des ensembles
de travaux expérimentaux. « Les motivations secondaires » (derived
motives ou incentive motives), par R. C. Bolles et S. A. Moot, se rapportent
à la tendance des théories du comportement à insister sur le renforc
ement des buts et des incentive eues. « La neurophysiologie de l'appren
tissage », par R. F. Thompson, M. M. Patterson et T. J. Teyler, évoque
et confronte les hypothèses relatives aux supports neuroniques et synap-
tiques des phénomènes d'apprentissage. « La pensée », par L. E. Bourne PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 347
et R. L. Dominowski, est un titre large pour un bref aperçu des théories
et des données concernant les processus cognitifs chez l'homme. Les
« Aptitudes humaines », par L. E. Tyler évoquent niveau et formes
d'intelligence, la créativité, la « Psychologie de la formation », par
R. Glaser et L. B. Resnick, les problèmes relatifs à l'instruction et au
développement des facultés et des connaissances, dès la petite enfance,
en rapport avec la théorie de Piaget. J. H. Crook et J. D. Goss-Gustard,
sous la rubrique « Ethologie sociale », rendent compte des recherches
qui, dans les perspectives de Lorenz et de Tinbergen, s'intéressent aux
adaptations sociales à l'environnement, aux systèmes sociaux et à leur
dynamique telles qu'on les observe chez les oiseaux ou chez les primates.
Trente pages sur 1' « Audition » (J. D. Harris), autant sur la « Vision des
couleurs » (P. L. Walraven) sont les seuls chapitres concernant la per
ception dans ce volume.
Les sections suivantes nous rapprochent des secteurs plus appliqués
de la psychologie. J. L. et D. G. Singer, sous le titre « La Personnalité »,
remarquent que le modèle psychanalytique classique cède actuellement
la place à un schéma de l'individu orienté vers la recherche de certitude,
d'équilibre et de nouveauté dans son environnement. Les « Fonctions
cérébrales », par C. Blakemore, S. D. Iversen et 0. L. Zangwill, concernent
les structures cérébrales responsables des fonctions sensorielles, motrices,
du langage, etc. M. E. Jarvik traite des « Effets des traitements phy
siques et chimiques sur l'apprentissage et la mémoire ». « Attitudes et
opinions », par M. Fishbein et I. Ajzen ; « Sélection du personnel », par
D. W. Bray et J. L. Moses ; « Méthodes projectives », par H. B. Molish ;
« Processus thérapeutiques », par K. I. Howard et D. E. Orlinsky,
concernent les domaines de la psychotechnique et de la psychologie
clinique. L' « Esthétique » est analysée par I. L. Child sous l'angle des
problèmes de psychologie cognitive posés par la signification de l'œuvre
d'art et de la de l'artiste.
Enfin, la dernière revue traite de « La psychologie au Japon ». En
effet, à l'occasion du Congrès international de Psychologie, tous les
trois ans, V Annual Review consacre un chapitre à la recherche psycho
logique dans la nation invitante.
Un index auteurs, un index matières, et des index cumulatifs concer
nant les rubriques des quatre derniers volumes complètent ce recueil.
A. Lévy-Schoen.
Schoenfeld (W. N.). — The theory of reinforcement schedules (La
théorie des programmes de renforcement). — New York, Appleton
century crofts, 1970, 316 p.
Ce recueil de chapitres écrits par des auteurs différents est un essai
d'organisation théorique des programmes de renforcement dont le
nombre augmente sans fin et qui ne semblent pas avoir de lien entre ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 348
eux. Une entière liberté ayant été laissée aux auteurs, on trouve dans
le livre une grande diversité de définitions, d'intérêts et d'approches.
On peut regretter de ne pas voir se dégager une élaboration théorique
plus unitaire, mais on apprécie la richesse des problèmes abordés.
— Selon Catania on ne peut comprendre les programmes de renfo
rcement sans analyser les propriétés temporelles de l'environnement et
le renforcement différentiel des propriétés du comportement.
C'est pourquoi il passe en revue les processus temporels mis en jeu par
les différents programmes de renforcement, étudie plus particulièrement
les programmes où l'espacement des réponses est condition du renfor
cement, s'intéresse ensuite à l'emploi de ces programmes dans des expé
riences de psychophysique du temps et conclut en montrant que le
temps est une dimension de l'environnement et du comportement.
— Pour Dews, les considérations théoriques ne peuvent exister
sans nombres réels obtenus à partir de sujets réels, c'est pourquoi il
prend l'exemple particulier du programme à intervalle fixe (FI) et
montre comment, d'après lui, une théorie des programmes de renfo
rcement peut être progressivement élaborée. On s'intéresse d'abord à la
performance stabilisée par le programme, puis on modifie certains
aspects du programme et on observe les effets qu'on classe : effets
directs, indirects, de premier ordre et conséquents.
— Grouper en séquences des événements renforcés et non renforcés
c'est l'apport nouveau et essentiel des programmes de renforcement
d'après Jenkins. Et c'est en manipulant l'ordre et l'espacement de ces
séquences qu'on obtient des informations qu'on ne peut obtenir à partir
d'événements renforcés et non renforcés isolés. C'est pourquoi il pense
que les programmes de renforcement ne sont pas un objet d'étude, qu'ils
n'engendrent pas des phénomènes nouveaux qui remplacent les pro
cessus élémentaires de conditionnement, mais qu'ils sont des techniques
nouvelles qui nous permettent d'améliorer notre compréhension des
principes de conditionnement.
— L'analyse de Logan et Ferrano repose sur la distinction entre
conditionnement instrumental et conditionnement opérant. Ces auteurs
étudient les relations qui existent entre les deux procédures en définis
sant à nouveau les concepts de réponse, de stimulus et de programme.
Ensuite ils exposent les résultats des expériences inspirées par cette
analyse. Ils concluent que, à condition de bien définir les différences
entre les deux procédures et leurs liens, il est possible d'élaborer une
théorie unique, qui sera d'autant plus riche que la procédure opérante
peut se révéler supérieure, pour l'analyse de certains principes et la
procédure instrumentale pour d'autres.
— Dans leur chapitre, Morse et Kellcher montrent pourquoi ils
considèrent que les programmes de renforcement sont les déterminants
fondamentaux du comportement. Le pattern de réponses que contrôle
un programme détermine les effets du mais englobe aussi PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 349
ces effets. Les auteurs font remarquer qu'on avait trop tendance à ne
considérer que les conséquences d'un comportement alors que les pr
ogrammes nous permettent d'étudier l'interaction entre comportement
et conséquence. A l'appui de leur démonstration ils donnent l'exemple
des effets pharmacologiques qui dépendent étroitement du type de
programme qui contrôle le comportement.
— Le problème abordé par Ray et Sidman est plus restreint. Beau
coup de programmes placent le sujet dans un environnement stable.
Mais hors du laboratoire les changements de l'environnement sont
plutôt une règle qu'une exception, c'est pourquoi les auteurs s'inté
ressent aux programmes dans lesquels des stimulus contrôlent la réponse.
Et pour étudier ce problème ils suggèrent de nouvelles méthodes :
en premier lieu mesurer avant son renforcement la force du contrôle
qu'a le stimulus sur la réponse et en second lieu s'intéresser aux réponses
contrôlées plus spécifiquement par le stimulus et non plus au seul débit
de réponse qui moyenne les effets provenant de différentes sources.
— Schoenfeld et Farmer proposent un modèle d'organisation théo
rique basé sur le concept de « flux comportemental » (behavior stream).
Pour pouvoir l'analyser Skinner l'a divisé en unités réflexes. Schoenfeld
et Farmer pensent que ce flux ne peut être interrompu et essaient d'en
rendre compte en le définissant comme un ensemble de réponses (au
sens large) renforcées R et de réponses non renforcées NR. Dans leur cha
pitre leur intérêt se porte surtout sur NR. Ils analysent tous les pr
ogrammes avec R et NR et posent certains problèmes, par exemple celui
du concept d'inhibition. Pour eux il n'y a pas de place dans le « flux
comportemental » pour « inhiber ». En effet une réponse est toujours
remplacée par une autre. Ils expliquent ainsi l'apparition de chaînes
stéréotypées avec les programmes de renforcement où la réponse opé
rante ne doit pas se produire pendant un certain temps. Dans les expé
riences qu'ils décrivent ils montrent qu'il est important de bien définir
le contexte dans lequel une réponse se produit. Ils le définissent comme
la durée de NR : segment du « flux comportemental » pendant lequel
aucune R ne se produit. Le modèle proposé par Schoenfeld et Farmer
est important car il montre que NR a une influence sur n'importe quelle
mesure de R.
— Les deux derniers chapitres sont plus techniques. Snapper, Knapp
et Kushner proposent de remplacer les descriptions imprécises qu'on
fait souvent des programmes de renforcement par des descriptions
faites grâce à un ensemble de symboles rigoureusement définis mathé
matiquement.
Weiss, quant à lui, montre que grâce à l'utilisation des ordinateurs
on ne doit plus, comme par le passé, analyser les seuls états stables
mais s'intéresser maintenant aux périodes instables qui suivent le
passage d'un programme de renforcement à un autre.
Bien sûr, tous les problèmes posés par les programmes de renforce- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 350
ment ne sont pas analysés dans cet ouvrage et notamment ceux que
posent les programmes impliquant un contrôle aversif du comportement
mais la diversité de ceux qui ont été abordés est telle qu'il faut déjà
bien connaître les programmes de renforcement pour tirer profit de
cet ouvrage.
V. Pouthas.
Mac Adam (D. L.). — Sources of color science (Sources de la science
de la couleur). — Cambridge, The M.I.T. Press, 1970, 282 p.
En fait de sources, il s'agit d'un recueil de textes et d'extraits
d'auteurs classiques dans le domaine de la science de la couleur : Platon,
Aristote, Newton, Palmer, Young, etc., jusqu'à Le Gros Clark. Dans
la plupart des cas, il ne s'agit pas des textes originaux difficilement
accessibles, mais de résumés et de transcriptions en anglais contemp
orain. L'A., dans son introduction, avertit le lecteur éventuel que s'il
souhaite citer l'un ou l'autre des auteurs, il doit retourner au texte
original !
C. Bonnet.
Kolers (P. A.). — Aspects of motion perception (Aspects de la per
ception du mouvement). — Oxford, Pergamon Press, 1972, 220 p.
Si le mouvement apparent (phi et bêta) reste un phénomène encore
mal expliqué, les données présentées dans cette monographie permet
tront d'avancer dans cette voie. Les premiers chapitres sont consacrés
à une analyse des résultats de Wertheimer et de Neuhaus. Il est regret
table pour la compréhension que les données de ce dernier soient pré
sentées dans des figures aux légendes « fluctuantes ». Ces résultats sont
ensuite confrontés avec ceux qui concernent la perception d'un mouve
ment réel. Ainsi se dégage une première ligne directrice de l'ouvrage
et qui consiste à montrer que si, pour des gammes assez étroites de condi
tions temporelles et spatiales, il peut y avoir confusion des deux phéno
mènes, cette confusion n'est pas un argument suffisant pour fonder
l'hypothèse d'une identité des mécanismes des deux perceptions. Et
ce d'autant plus que, dans la plupart des cas, de notables différences
peuvent être observées. L'argumentation laisse insatisfait dans la mesure
surtout où elle ne s'accompagne pas d'une suggestion des deux méca
nismes hypothétiques. Il nous est seulement proposé un modèle pour
la perception du mouvement apparent dont on ne voit pas comment
il pourrait ne pas fonctionner aussi dans le cas d'un mouvement réel.
La seconde ligne directrice et de loin la plus abondamment illustrée
de données expérimentales concerne la dissociation des mécanismes de
la perception de la forme et de la perception d'un mouvement apparent.
L'A. démontre clairement que ce dernier phénomène dépend des carac
téristiques spatio-temporelles de la succession de deux formes et non
de leur identité ou de leur différence. Il s'ensuit que certaines synthèses PSYCHOLOGIE GENERALE 351
figurales apparaissent en conséquence de la formation d'un mouvement
apparent et dans lesquelles le système visuel retient la localisation
des stimulations, mais distord les figures elles-mêmes. Ainsi se trouve
rejeté l'argument gestaltiste du primat du contour. De même, poursui
vant son analyse par l'étude du concept d'attraction à la lumière du
modèle vectoriel de Brown et Voth, l'A. en vient-il à conclure à l'inut
ilité d'un tel concept. Il propose alors un modèle explicatif du mou
vement apparent à deux composantes : des signaux H (horizontaux)
qui donneraient une information sur la localisation et donc sur le
déplacement et des signaux V (verticaux) qui donneraient une info
rmation sur l'identité des figures. Ce modèle, bien que jugé insuffisant
puisqu'il ne permet pas d'expliquer comment dans certaines conditions
le mouvement apparent est perçu en profondeur, constitue indubita
blement une hypothèse fructueuse située dans la lignée des interpréta
tions en terme d' information processing. On reconnaît de plus dans cette
interprétation l'influence des cadres conceptuels dégagés en particulier
à partir des recherches neurophysiologiques portant sur les champs
récepteurs. La hiérarchie des opérations visuelles qui est proposée
n'exclut pas pour autant le caractère unitaire de l'expérience visuelle.
De nombreux autres problèmes sont ébauchés, tel celui, sans doute
capital en la matière, de l'effet de l'entraînement sur l'observation du
mouvement apparent, ainsi que le rôle du langage dans ces perceptions.
En résumé, un ouvrage dense, non dénué d'ambiguïtés, mais d'une
incontestable utilité en ce qu'il présente un certain nombre de questions
classiques sous un angle nouveau qui devrait permettre de relancer les
recherches en ce domaine.
G. Bonnet.
Haber (R. A.) (édit.). — Information-processing Approaches to
visual perception (L'approche de la perception visuelle par le trait
ement de l'information). — New York, Londres, Holt, Rinehart
& Winston Inc., 1969, 418 p.
Haber déclare dans la préface de cet ouvrage qu'il a voulu montrer
l'apport de l'analyse en terme de traitement de l'information dans l'étude
de la perception visuelle. Il a rassemblé 47 articles, sélectionnés parmi
plus de mille, précise-t-il, et les a regroupés en neuf thèmes qui sont les
suivants :
1. Modèles et données du stockage visuel à court terme (70 pages,
8 articles).
2. Masquage visuel (51 pages, 6 articles).
3. Simultanéité (29 pages, 6 articles).
4. Temps de réaction (30 pages, 5 articles).
5. Balayage et recherche orientée visuels (visual scanning and searching)
(40 pages, 6 articles).
6. Processus séquentiels et répétitifs (22 pages, 4 articles). ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 352
7. Microgenèse et ontogenèse (32 pages, 4 articles).
8. Codage répétition, stockage et récupération (44 pages, 5 articles).
9. Attention (26 pages, 3 articles).
Les articles sont pour la plupart récents et leurs auteurs utilisent
tous le langage de l'information. Les données sont très riches et inté
resseront les spécialistes des divers thèmes traités. Mais au-delà de
cette grande richesse des données, ce livre veut être un plaidoyer en
faveur de l'utilisation des perspectives de l'information dans l'étude,
sous ses divers aspects, de la perception visuelle.
Le regroupement par thème fait apparaître la souplesse de cette
approche mais il en marque également les limites. D'un thème à l'autre
le langage est commun mais ce que les auteurs mettent derrière ce ne l'est pas toujours. Les concepts de la théorie de l'information
s'appliquent relativement aisément pour expliquer les processus de
codage par exemple, mais il s'agit plutôt et seulement d'un langage
commode pour analyser les formes dans l'étude de l'exploration visuelle
pour ne citer que des cas extrêmes. Cette hétérogénéité ne peut appar
aître que lorsque l'on confronte les différents thèmes et en ce sens le
travail d'Haber est passionnant. Ce livre nous montre les très grandes
possibilités mais aussi les limites de l'application du traitement de
l'information à l'étude de la perception visuelle.
A. Moal.
George (C). — Choix et apprentissage en situation aléatoire. — Paris,
Ed. du C.N.R.S., 191, 1972, 212 p.
Le concept d'aléatoire est un des outils les plus fondamentaux de la
recherche explicative. Véritable négatif du déterminisme, il est un pur
révélateur de toutes les régularités (ainsi suis-je toujours étonné de
voir opposer structural et stochastique, puique aussi bien l'un n'existe
pas sans l'autre).
Le travail de Christian George est un bel exemple d'analyse de la
complexité des liens du déterminisme avec l'aléatoire. Le phénomène
de base qu'il étudie constitue en effet par lui-même une irruption bru
tale de la boule de la probabilité dans l'alignement des quilles du para
digme S-R. Il s'agit de la loi de l'ajustement dans les situations de pré
diction d'événements de probabilités fixes : les distributions observées
de fréquences des réponses sont très proches de la distribution des
événements, alors que la maximisation du nombre de réponses correctes
ne peut être obtenue que par la maximisation de la réponse correspon
dant à l'événement majoritaire.
Dans la première partie de son livre, Christian George passe en
revue les différents facteurs susceptibles de modifier ce phénomène
— qui se révèle fort stable — ainsi que les différentes interprétations
qui en ont été données. Soucieux — comme le choix du titre l'indique — PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 353
de ne négliger ni les uns ni les autres des mécanismes hypothétiques de
décision et d'adaptation (référence aux conceptions de H. Rouanet),
l'auteur inclut dans cette première partie des expériences personnelles
originales par la tentative qu'elles présentent de dépasser le phénomène
brut au profit des mécanismes. L'introduction des probabilités estimées
des événements et leur interprétation comme variable intermédiaire
sont révélatrices de ce point de vue.
Charnière entre le structural et le stochastique, les effets séquentiels
sont aussi la charnière du livre de Christian George (s'il s'agissait d'une
bible ils en seraient les psaumes). En effet, la deuxième partie de l'ou
vrage est ainsi justifiée : des effets séquentiels ayant été observés avec
une règle aléatoire simple (sans dépendance séquentielle dans la suite
des événements), des dépendances séquentielles contrôlées sont dél
ibérément introduites dans la règle d'expérimentation (règle marko-
vienne). L'importance, pour le sujet, de l'enchaînement des événements
passés peut ainsi être étudiée plus précisément. Il apparaît alors que,
plus que les probabilités de transition, c'est l'existence de quelques
suites remarquables qui semble déterminante. L'une des dernières
expériences de Christian George présentées dans l'ouvrage prend ce
problème pour cible en faisant éclater l'enchaînement expérimental
des essais en une suite de couples d'événements, la consigne insistant
sur l'existence de dépendances du seul premier ordre.
On comprendra que, fondamentale pour des études particulières
comme celles qui touchent à la représentation du hasard, la thèse de
Christian George sera également utile à pratiquement tous les expéri-
mentalistes, étant donné la contagion des effets prédictifs sur les phé
nomènes perceptifs, mnémoniques, voire moteurs.
P. Bovet.
Ki n Tsc h (W.). — Learning, memory and conceptual processes
(Apprentissage, mémoire et processus conceptuels). — New York,
John Wiley & Sons Inc., 1970, 498 p.
Kintsch présente dans ce livre un ensemble très riche de données
expérimentales et théoriques relatives à l'apprentissage chez l'homme.
Dans l'introduction, l'auteur précise que l'objectif de son ouvrage est
de permettre au lecteur de mieux comprendre les nombreuses recherches
actuelles sur les processus d'acquisition, l'accent étant mis sur les rela
tions entre les faits expérimentaux et leur interprétation théorique.
Compte tenu des situations très variées regroupées sous le terme d'ap
prentissage, Kintsch limite son étude à l'apprentissage verbal, l'appren
tissage discriminatif, la formation de concepts et l'acquisition de règles.
Le premier chapitre présente les différents paradigmes : apprentis
sage de couples, apprentissage sériel, apprentissage en rappel libre,
apprentissage d'une discrimination verbale, et les types de matériels
utilisés le plus couramment dans l'apprentissage verbal et le transfert.
A. PSYCHOI.. 73 12

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