Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.76, pg 262-303

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L'année psychologique - Année 1976 - Volume 76 - Numéro 1 - Pages 262-303
42 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1976
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1976 vol. 76, n°1. pp. 262-303.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1976 vol. 76, n°1. pp. 262-303.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1976_num_76_1_28141Psychologie générale
Thines (G.), Lempereur (A.). — Dictionnaire général des sciences
humaines. — Paris, Editions Universitaires, 1975, 1 034 p.
Entreprise ambitieuse que ce Dictionnaire général des sciences humaines
qui entend regrouper des termes appartenant à des disciplines aussi
variées que biologie, criminologie, esthétique, mathématiques et statis
tique, métrologie, colorimétrie et photométrie, philosophie, psychanal
yse et sexologie, psychologie et sciences de l'éducation, sciences du
langage, anthropologie, démographie, économie, géographie humaine,
science politique et sociologie. Il s'agit là, grâce à la collaboration de
d' « un effort de synthèse... spécialistes de chacune de ces disciplines,
pour souligner des implications conceptuelles souvent peu apparentes
au premier examen ». Il est évidemment a priori intéressant de voir
traiter dans un même article les différentes acceptions (physiologique,
psychologique, psychanalytique) de termes comme « inhibition » ou
« transfert ». Afin que le lecteur ne s'y perde point, chaque terme est
accompagné de la mention entre parenthèses du ou des secteurs auquel il
appartient. D' « abandon de famille » à « zygote », il apparaît pourtant
que cette tentative ne va pas sans difficultés. Etait-il bien utile d'intro
duire les noms d'auteurs, avec des biographies très succinctes, dans ce
dictionnaire ? On ne peut, en tout état de cause, qu'être choqué de
certaines omissions, sans doute inévitables dans un ouvrage de ce genre :
par exemple, bien que leurs noms apparaissent évidemment dans le
texte, Descartes, Bergson, Stevens ou Tinbergen ne font pas l'objet d'un
article alors que Fechner et Lorenz sont parmi les « élus ». Certaines
disproportions dans le nombre de lignes et le traitement accordés aux
différents auteurs sont également surprenantes ; sans doute sont-elles
dues à l'hétérogénéité des rédacteurs. Pour ce qui est des autres articles,
le dictionnaire semble assez complet ; on pourra cependant, là encore,
s'interroger sur les critères qui ont présidé au choix de certains articles :
pourquoi « ambre gris » et pas « environnement » ?
Les auteurs indiquent, dès la préface, leur volonté de privilégier les
aspects épistémologiques. A lire les articles concernant la psychologie,
on a la très nette impression qu'hors de la perspective phénoménologique,
il n'est point de salut ; il suffît de lire les différents paragraphes de la
rubrique « Psychologie » ou même de celle de « Psychanalyse », où la
« psychanalyse existentielle » occupe la plus grande place. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 263
Le propre d'une entreprise telle que ce dictionnaire est de risquer de
susciter des réactions négatives, étant donné la diversité actuelle des
sciences humaines, d'autant qu'il s'agit de présenter plus qu'une simple
vulgarisation, sans atteindre cependant à la spécificité d'un dictionnaire
spécialisé de chacune des disciplines ; rien d'étonnant donc à ce que
chacun s'arrête à des aspects particuliers qui lui apparaissent importants
en fonction de ses intérêts ou de son point de vue théorique personnel.
Néanmoins, on saura gré aux auteurs d'avoir pris l'initiative d'un
ouvrage dont certains aspects sont sans doute discutables mais dont
personne ne songe à nier l'utilité.
P. Marquer.
Watson (R. I.) (Ed.). — Eminent contributors to Psychology ;
vol. I : A Bibliography of primary references. — New York, Springer,
1974, 470 p.
Un livre à ne pas lire, mais fort utile à consulter. Watson avec
Boring avaient sélectionné plus de 1 000 noms de personnes ayant
apporté d'une manière ou d'une autre une contribution à la psychologie
entre 1600 et 1967. Cette liste soumise à un groupe de psychologues
dont j'ai eu l'honneur de faire partie, a abouti à retenir 538 noms, 218 psychologues, mais aussi 92 philosophes, 103 physiologistes,
55 psychiatres, 20 sociologues. Pour chacun sont indiquées les dates de
naissance et de mort (car ne figurent dans ce panthéon que des savants
décédés), le (ou les) pays de son activité et sa spécialité. Pour chacun
on trouve alors les références aux principaux travaux. Là est le but précis
de cet ouvrage qui est atteint magnifiquement. On peut discuter évidem
ment la manière de présenter les uns par rapport aux autres les textes
originaux, les traductions, les recueils, mais à quoi bon puisque l'on
trouve là de très précieux renseignements qu'il a été très difficile de
collectionner. Quelle richesse de trouver dans un même volume les
références aux œuvres d'un Condillac, d'un Helmholtz, d'un Vygotsky,
d'un Woodworth, mais aussi de Binet, Wallon, Piéron. 79 Francophones
sont présents avec 178 Allemands, 163 Américains, etc. Ces chiffres
soulignent la représentativité du volume.
P. Fraisse.
Binet (A.). — Ecrits psychologiques et pédagogiques, choisis et pré
sentés par Avanzini (G.). — Paris, Privat, 1974 (coll. « Rhada-
mante »), 178 p.
L'A., qui a eu accès aux inédits d'A. Binet, donne dans une Intro
duction circonstanciée une vue d'ensemble d'une œuvre dont l'unité est
loin d'être évidente.
« Dans cette luxuriance d'initiatives scientifiques, il serait bien
erroné de suspecter une instabilité nuisible à leur pertinence », tel est ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 264
le propos qui justifie le principe de sélection des extraits de textes
présentés, qui vont de la Description d'une cigarette à L'homme mystérieux,
pièce en trois actes, présentée au théâtre Sarah-Bernhardt en 1910, en
passant par un bon échantillonnage des écrits pédagogiques et psycho
logiques, qui sont loin d'être tous accessibles.
Aussi, ce petit livre qui comporte également des indications bi
ographiques et une bibliographie des publications scientifiques et du
répertoire théâtral, ainsi que de diverses en langue française
sur A. Binet, peut-il constituer à la fois une introduction à son œuvre et
un instrument de travail pour une étude approfondie.
G. Netchine.
Wechsler (D.). — Selected papers of David Wechsler. — New York,
Academic Press, 1974, 438 p.
Ce recueil rassemble une cinquantaine de textes — articles et extraits
de livres — publiés entre 1917 et 1974. Ces textes sont groupés par
thèmes d'une manière assez peu systématique. La plupart des thèmes
concernent l'œuvre psychométrique de Wechsler : définition de l'inte
lligence, variabilité des capacités humaines (dispersion interindividuelle,
caractéristiques de l'enfant et du vieillard), rapports entre l'intelligence
et les fonctions cérébrales, contribution des échelles d'intelligence au
diagnostic clinique, études de psychopathologie. Un autre aspect, la
rgement méconnu, de l'œuvre de Wechsler apparaît également avec,
entre autres, une série de travaux expérimentaux sur les temps de
réaction (Wechsler a été pendant deux ans l'élève de Piéron et de
Lapique) et des études expérimentales et cliniques sur les états émot
ionnels. L'introduction de A. J. Edwards retrace la biographie intel
lectuelle de Wechsler et apporte d'utiles informations sur l'histoire de
la psychométrie.
M. Huteau.
Krawiec (T. S.) (Ed.). — The Psychologists. — New York, Oxford
University Press, 1974, 532 p.
Dans cette suite d'exposés autobiographiques onze psychologues
présentent leurs recherches, les personnes et les événements qui ont
influencé leur carrière, leur conception de la psychologie. Les per
sonnalités qui ont contribué à ce livre travaillent dans des domaines
divers : H. L. Ansbacher, J. Brozek, R. B. Cattell, J. McVicker Hunt,
A. R. Jensen, H. H. Kendler, R. Ward Leeper, G. Murphy, C. E. Osgood,
C. Pfaffmann, M. S. Viteles, chacun des exposés s'achève par une
bibliographie qui pourra être utile aux chercheurs ; à la fin du livre on
trouve un index biographique de tous les auteurs cités dans l'ouvrage.
M. F. Ehrlich. GÉNÉRALE 265 PSYCHOLOGIE
Henle (M.), Jaynes (J.), Sullivan (J. J.) (Eds). — Historical
conceptions of psychology. — New York, Springer Publishing
Company, 1973, 323 p.
Composé de plusieurs articles dont chacun mériterait un compte
rendu pour lui seul, ce livre présente une originalité certaine par rapport
aux autres ouvrages traitant de l'histoire de la psychologie. Introduits
par une intéressante réflexion de J. Jaynes sur l'importance que prend
l'étude de l'histoire pour la psychologie en Amérique, importance ple
inement justifiée par la nécessité où se trouve cette science, plus encore
que toute autre, de recourir à son histoire pour voir clair en elle-même,
chacun des articles sur un point particulier, s'inspire d'un souci épisté-
mologique. Ils sont répartis en quatre rubriques : approches de l'histoire,
mouvements psychologiques, études de fond, théories et théoriciens ;
cette dernière partie, composée de papiers sur Freud (où l'accent est mis
principalement sur l'originalité de l'auteur), Lewin, le fonctionnalisme
Mac Dougall et Woodworth, est entièrement due à E. Heidbreder.
Elle est suivie d'une excellente bibliographie qui s'ajoute à celles qui
terminent chacun des articles. A elles seules ces bibliographies expli
queraient qu'on soit amené à consulter fréquemment cet ouvrage.
La variété des sujets et l'esprit différent dans lequel chacun des
auteurs les traite témoignent d'un grand libéralisme de la part des
éditeurs. Par exemple, R. Mac Leod présentant cinq doctrines classiques
de l'homme qui vont de Protagoras à la conception chrétienne, en
passant par Démocrite, Platon et Aristote, dévoile son intérêt pour les
sources philosophiques de la psychologie tandis que D. L. Krantz
étudie, sur des statistiques établies à partir de citations tirées de revues
appartenant réciproquement aux écoles skinnériennes et non skinné-
riennes ,1a volonté de s'ignorer qu'ont entretenue ces deux écoles pen
dant ces dernières années.
Deux traits dominants caractérisent l'esprit général de ce livre :
l'attachement des auteurs pour les écrivains dont ils nous parlent et le
souci de nous faire comprendre comment la réflexion historique apporte
de la lumière à la vérité scientifique. Pour illustrer le premier trait, je
ne parlerai que des souvenirs de F. Heider qui rend vivants pour nous
Ehrenfels, Meinong et Benussi — nous rappelant par là qu'on a trop
tendance à oublier ces deux derniers au profit de Husserl quand on
expose l'histoire de la Gestalttheorie — d'une manière si frappante qu'on
devient indulgent à la brièveté de l'explication de leurs théories bien
qu'on la déplore. Moins heureuse est la tentative de Jaynes d' « human
iser » Descartes dans son étude du mouvement au xvne siècle. Cédant
à une mode, de nos jours trop répandue, qui tend à expliquer la thèse de
l'animal-machine par la vogue des automates, il donne de Descartes une
biographie des plus fantaisistes dont souriraient nos sérieux historiens.
Nous pourrions trouver des exemples du deuxième trait parmi tous
les articles. Je ne peux insister que sur l'étude du concept de dissociation 266 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
due à Hilgard qui montre comment une vue trop monolithique d'un
problème peut en fausser la compréhension. Il cite en exemple Skinner
et son recours systématique à l'environnement. Reprenant l'étude du
concept de dissociation depuis Janet, il montre tous les avantages de
son utilisation. Il faudrait aussi attirer l'attention sur la recherche du
sens du « système perdu » de Titchener entreprise par Rand B. Evans
qui tente de comprendre pourquoi les dix dernières années de Titchener
ont paru improductives du fait que ce dernier a renoncé à publier le
système qu'il était en train d'élaborer.
Enfin, particulièrement fouillées et subtiles sont les vues de S. Dia
mond sur la gestation du concept d'instinct. Cet Américain connaît
beaucoup mieux les auteurs français qui ont traité de la question
au xviie siècle qu'aucun de nos philosophes. Bien que je discuterais de la
justesse de son appréciation dans la polémique qui opposa Chanet à
Marin Cureau de la Chambre, son idée de voir en ce dernier un précur
seur de Lloyd Morgan me paraît pleinement satisfaisante. Dans un
article de la revue Behavior Genetics de septembre 1974 qui est une
suite de l'article de ce livre il s'intéresse à Reimar. Considérant que le
problème de l'instinct est encore de pleine actualité, Diamond nous
indique comment préjuger de son évolution en jouant sur la dialectique
de la théorie et des faits.
Regrettons de ne pourvoir parler des articles traitant de Watson,
d'Ebbinghaus, de Thorndike et de l'Evolution au xixe siècle.
D. Chevroton.
Schultz (D.). — A history of modem psychology. — New York, Aca
demic Press, 1975, 2e éd., 395 p.
Duane Schultz axe le plan de son histoire de la psychologie moderne
vers la solution du problème de l'unité de cette discipline. Pour cet
auteur, à l'heure actuelle, toutes les écoles de ont éclaté
en Amérique qui assure, à elle seule, 90 % de la recherche dans ce
domaine.
A son avis, l'intérêt d'une étude historique est de montrer comment
les théories se sont combattues et comment un progrès est né de leurs
controverses jusqu'au moment où l'observation et l'expérimentation des
faits ont paru beaucoup plus importantes que leur théorisation.
Ce qui unifiera la psychologie c'est son souci primordial d'aboutir
à des résultats pratiques et efficaces, en un mot à une technique. Une
place à part est faite à la psychanalyse qui ne paraît pas encore assez
résolument orientée dans une voie naturaliste et donc scientifique pour
qu'on puisse être sûr de son intégration sans réserve au sein de cette
unité. Notons que, proportionnellement à la longueur de l'ouvrage, la
place octroyée à Freud et à ses disciples est plus grande que dans les
autres essais traitant de l'histoire de la psychologie scientifique, sans
pour autant, cependant, apporter un point de vue nouveau. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 267
Ce livre qui se réfère souvent à celui de Boring est d'une lecture beau
coup plus rapide et facile. En ce sens, il peut être à recommander à des
étudiants. Mais l'aspect culturel et réflexif qui fait la valeur du texte de
Boring est le plus souvent négligé, ce qui correspond aux convictions
pragmatistes de l'auteur.
Il serait sans doute intéressant de noter que ce projet d'unification
de la psychologie, tout entier basé sur son utilité et son utilisation, est
celui-là même que prévoyait et dénonçait G. Canguilhem dès 1958.
D. Chevroton.
Fantino (E.), Reynolds (G. S.). — Introduction to contemporary
psychology. — San Francisco, W. H. Freeman & Co., 1975, 610 p.
« Encore un manuel américain ! », diront sans doute certains. Celui-ci,
qui s'adresse, comme le titre l'indique, à des étudiants débutants, est
prévu pour être utilisé avec un dossier de questions à choix multiples et
un « guide d'étude » qui reprennent le contenu des 32 chapitres du
manuel. L'ouvrage lui-même comporte tout d'abord une excellente
introduction qui, en quelques pages, précise de façon très claire l'origi
nalité et la spécificité du point de vue psychologique et indique les
règles essentielles de la méthode scientifique. La première partie concerne
les processus psychologiques fondamentaux, en cinq rubriques : « Apprent
issage et mémoire », « Motivation et émotion », « Langage et pensée »,
« Sensation et perception », « Instinct et hérédité ». La seconde partie
aborde les principaux domaines de la psychologie contemporaine, en
cinq rubriques également : « Psychologie génétique », « Psychologie
sociale », « Etude de la personnalité », « Etude de la personnalité anor
male », « Psychothérapie ». Chaque chapitre se termine par une biblio
graphie succincte et parfois suprenante, commentée à l'intention des
étudiants. Outre les index habituels, un lexique fort utile complète
l'ouvrage.
Ce manuel est attrayant, d'une grande facilité de lecture : abondante
illustration (qui, souvent, ne manque pas d'humour), volonté d'insérer
les notions les plus abstraites dans la réalité de la vie quotidienne (jus
qu'à l'anecdote), recherche de la simplicité dans l'exposition. En dépit
de son caractère élémentaire, cette « Introduction » est assez complète :
pratiquement, tous les domaines de la psychologie sont abordés et, pour
chacun d'eux, aucun point important ne semble omis, pas même les bases
psychophysiologiques indispensables. Il faut néanmoins dire que, si
Fantino et Reynolds, qui sont des spécialistes du conditionnement
opérant, tentent de prendre le point de vue des psychologues dont ils
abordent les travaux, le lecteur ne pourra ignorer la perspective beha-
vioriste (skinnérienne) des auteurs et contestera peut-être la place qui
est accordée à cette perspective, par exemple dans l'étude du langage
(un peu rapide) ou la psychothérapie. 268 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Au total, et malgré ces réserves, un ouvrage vivant qu'on aimerait
bien voir fréquenté assidûment par les étudiants de premier cycle.
P. Marquer.
Morgan (G. T.). — A brief introduction to psychology. — New York,
Mac Graw-Hill Book Company, 1974, 418 p.
Le titre de cet ouvrage correspond assez bien à son contenu. L'auteur
présente de façon parfois trop simple les données essentielles de la psy
chologie moderne. Un tel travail nécessite forcément des choix qui se
manifestent ici par la façon dont l'auteur à découpé son livre. Une pre
mière partie intitulée « Basic principles » présente la psychologie comme
une science qui a permis d'acquérir un certain nombre de données
concernant l'hérédité (23 p.), la motivation (26 p.), l'émotion (18 p.),
l'apprentissage et la mémoire (66 p.), la pensée et la résolution de pro
blèmes (23 p.) et la perception (22 p.). Le nombre de pages consacré
à chacun de ces thèmes montre bien qu'ils ne sont guère approfondis. A
chaque fois, les faits et les lois essentielles semblent dégagés au détriment
des théories et des modèles qui ne sont pas abordés.
La seconde partie consacrée aux différences individuelles présente
la méthode des tests et son apport à l'étude de l'intelligence et de la
personnalité.
La troisième partie intitulée « Group process » est consacrée à la psy
chosociologie tandis qu'assez curieusement la quatrième partie traite de
la « Biology of behavior ». Les données qui sont présentées dans ce dernier
chapitre auraient très bien pu être intégrées à l'ensemble des chapitres
précédents.
Si l'on peut toujours reprocher à ce type d'ouvrage d'ignorer total
ement des thèmes ou des phénomènes aussi importants qu'essentiels, il
apparaît que ce manuel renonçant à évoquer modèles et théories aurait
besoin d'être sérieusement remis à jour au moment même où il paraît.
J. P. Rossi.
Kerlinger (F.). — Foundation of behavioral research. — New York,
Londres, Holt, Rinchart & Winston, 1975, 741 p.
Deuxième édition d'un ouvrage paru en 1964, ce livre est destiné à
des étudiants possédant déjà quelques rudiments de formation métho
dologique en psychologie. Son but est de présenter de manière appro
fondie et en s'appuyant sur des exemples empruntés aux domaines les
plus variés de la psychologie les notions de méthodologie dont la compré
hension est jugée nécessaire pour la lecture d'articles spécialisés ou encore
pour la recherche. Chaque chapitre, illustré par des exemples numériques
simples, est suivi d'exercices et d'une bibliographie.
La première partie est consacrée essentiellement aux notions de
preuve expérimentale, d'hypothèse et de variable. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 269
La deuxième partie est d'ordre mathématique : opérations sur les
ensembles; notion d'échelle de mesure, variance et covariance.
Les 3e et 4e parties sont consacrées aux notions de probabilités
simple et conditionnelle, d'échantillonnage, ainsi qu'aux principes d'ana
lyse des résultats (interactions, tests de signification, etc.).
La cinquième partie présente les principes d'analyse de la variance
(paramétrique et non paramétrique).
La sixième partie est consacrée aux plans d'expérience.
La septième traite des différents types de recherche {ex post
facto, études sur le terrain...).
La huitième partie rassemble les notions afférentes à la mesure
(niveaux de mesure, échelles) et à la métrologie (fidélité, validité). Ces
deux dernières notions sont assez développées sous l'angle statistique.
La neuvième partie (plus de 100 pages) est réservée à la présentation
de techniques telles que l'interview, les tests, les méthodes projectives,
les d'observation, la sociométrie, le différenciateur sémant
ique et la méthodologie des questionnaires.
La dixième et dernière partie regroupe les notions de régression
multiple et d'analyse factorielle. Les développements statistiques sont
donnés de manière notionnelle, sans justification mathématique en ce
qui concerne cette dernière partie.
L'ouvrage est d'une présentation agréable, facile à lire et reste centré
sur l'aspect pratique et utilitaire des notions présentées.
A. Menchnikoff.
Readings in Psychology. — San Francisco, Scientific American
Resource Library, Freemann & Co., 1973, vol. 3, 243 p. + index.
Le troisième volume de « Morceaux choisis en psychologie » regroupe,
comme les deux premiers (cf. Analyse de L'Année psychologique, 1972,
72, p. 555), une série d'articles publiés dans le Scientific American. Ce
volume contient 27 articles parus entre août 1968 et mars 1972. Si j'ai
bien compris les informations relatives à l'organisation de la Resource
Library du Scientific American, les volumes de morceaux choisis consti
tuent une sélection parmi tous les articles de psychologie publiés dans le
Scientific American et que l'on peut se procurer sous forme de tirés à part.
On peut donc s'attendre à voir paraître périodiquement de nouveaux
volumes, chaque fois que le nombre de nouveaux articles de psychologie
sera suffisant.
Tous les psychologues connaissent le Scientific American. La clarté
des textes, le haut niveau de vulgarisation qu'ils atteignent et la richesse
des illustrations en rendent la lecture attrayante. En rassemblant des
textes consacrés aux recherches de pointe dans toutes les branches de la
psychologie, ces volumes de morceaux choisis rendent de grands services
aux enseignants et leur lecture peut être recommandée aux étudiants.
Il faut cependant observer que le Scientific American publie divers 270 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
types de sélections de ses publications et que bien des articles des Rea
dings in Psychology se retrouvent dans d'autres recueils de morceaux
choisis.
E. Vurpillot.
Annual review of Psychology. — Rosenzweig (M. R.), Porter (L.W.)
(Eds). — Palo Alto, Annual Reviews Inc., 1975, vol. 26, 731 p.
Cette année, V Annual Review rompt quelque peu avec ses traditions
en consacrant son premier chapitre non pas à la psychologie du déve
loppement mais à celle des femmes (en l'honneur de l'inauguration cette
année d'une section de l'American psychological association spécialisée
dans ce domaine). Nous trouvons aussi dans ce volume un nouveau « plan
directeur » spécifiant les thèmes et la périodicité des revues critiques
qui, en un cycle de quelques années, doivent couvrir l'ensemble du champ
de la psychologie. L'essentiel de la structure, que nous pouvons considérer
comme une image de la recherche psychologique actuelle aux Etats-
Unis, est restée la même. Les grandes rubriques sont maintenues
inchangées. Elles sont désignées comme suit : développement génétique,
motivation, apprentissage, processus cognitifs, éducation et conseil
psychologique, psychologie comparée et éthologie, processus sensoriels,
perception, personnalité, psychologie physiologique, psychologie sociale,
psychologie industrielle et des organisations, mesure et statistique, psy
chologie pathologique et clinique, génétique du comportement, la psychol
ogie dans un pays X... choisi, et enfin un groupe d' « inclassés » : esthé
tique, attention, environnement, gérontologie, psychologie human
iste (?), hypnose.
On peut remarquer que la psychologie génétique, après avoir gonflé
de volume en volume, se trouve à présent éclatée en trois parties qui
seront traitées alternativement (cognition, personnalité et développe
ment social et expérience précoce). On voit aussi que la mémoire n'appar
aît qu'en sous-rubrique de l'apprentissage (apprentissage verbal et
mémoire), et que la psycholinguistique ou le langage ne figurent pas
comme thèmes spécifiques. « Le sommeil et les rêves », antérieurement
mentionnés, ont maintenant disparu.
Dans le volume de cette année comme dans celui de l'an dernier,
la psychologie appliquée (industrielle et clinique) tient une place import
ante. Il apparaît aussi, quand on parcourt les divers chapitres, une gêne
exprimée par tous les auteurs : la frustration d'avoir à rapporter en peu
de pages le contenu de références bibliographiques si pléthoriques qu'il
est toujours nécessaire de faire des coupes sombres pour rester dans les
limites imposées par la revue. Et pourtant, la plupart des auteurs d'ana
lyses critiques présentent entre 100 et 400 références d'articles ou
d'ouvrages...
La liste des revues de question et de leurs auteurs, dans ce volume 26,
est la suivante :

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