Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.78, pg 238-268

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L'année psychologique - Année 1978 - Volume 78 - Numéro 1 - Pages 238-268
31 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1978
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1978 vol. 78, n°1. pp. 238-268.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1978 vol. 78, n°1. pp. 238-268.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1978_num_78_1_28241PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
ZiMBARDO (P. G.), Ruch (F. L.). — Psychology and life. — Glenview,
Scott Foresman, 1976, 9e éd., 543 p.
C'est une introduction à la psychologie pour les étudiants tout à
fait débutants avec une revue des domaines de la psychologie et des
thèmes de recherche. Les auteurs ont essayé d'impliquer les étudiants
en montrant que l'objet de la psychologie était de comprendre le
comportement humain observé dans la vie quotidienne. Chaque pro
blème est exposé avec rigueur : les auteurs ont présenté les résultats de
recherches récentes, et ils ont exposé les principales théories. C'est un
ouvrage agréable à lire qui donne un aperçu de la psychologie et de son
objet qui, à notre avis, n'est pas déformé bien que très simplifié.
V. Pouthas.
Rosenzweig (M. R.), Porter (L. W.) (Eds). — Annual Review
of Psychology. — • Palo Alto (Calif.), Annual Reviews Inc., 1977,
vol. 28, 503 p.
Quinze chapitres forment la matière de cette édition annuelle. Ce
sont les suivants :
— « Behavioral decision theory » (P. Slovic, B. Fischhoff, S. Lichtens
tein) ;
— « Psychological and physiological mechanisms of pain » (J. C. Libe-
skind, L. A. Paul) ;
— « Auditory communication in lower animals : role of auditory
physiology » (J. Schwartzkopff) ;
— « Brain functions : neural mechanisms of learning and memory »
(E. N. Sokolov) ;
— « Personality » (E. J. Phares, J. T. Lamiell) ;
— « Effects of mass media » (R. M. Liebert, N. S. Schwartzenberg) ;
— « Personnel attitudes and motivations » (A. K. Korman, J. H. Green-
haus, I. J. Badin) ;
— « Organization development » (C. P. Alderfer) ;
— « Psychological perspectives on death » (R. Kastenbaum,
J. T. Costa Jr.) ;
— « Human Infancy » (M. M. Haith, J. J. Campos) ; Psychologie générale 239
— « Personality and social development » (M. L. Hoffman) ;
— « Social and communauty interventions » (J. G. Kelly, L. R. Snow-
den, R. F. Munoz) ;
— « Twenty years of experimental gaming : critique, synthesis and
suggestions for the future » (D. G. Pruitt, M. J. Kimmel) ;
— « Verbal learning and memory » (L. R. Peterson) ;
— « Instructional psychology » (M. C. Wittrock, A. A. Lumsdaine).
Parmi ces chapitres, notons l'apparition de nouveaux thèmes :
perspectives psychologiques sur la mort, et personnalité et développe
ment social. Le volume contient aussi un index cumulatif des auteurs
et des chapitres parus au cours des quatre dernières années. On ne
manquera pas de remarquer, une fois de plus, que pour les auteurs
américains pratiquement la seule littérature publiée aux Etats-Unis
est prise en compte. De ce fait il est heureux qu'il soit fait appel à
des auteurs non américains tels Sokolov et Schwartzkopff pour le présent
volume dont les bibliographies sont nettement plus équilibrées.
C. Bonnet.
Rosenblatt (J. S.), Hinde (R. A.), Shaw (E.), Beer (G.). —
Advances in the study of Behaviour. — New York, Londres, Academic
Press, 1976, 395 p.
Les éditeurs des Advances in the study of Behaviour ont à nouveau
présenté à leurs lecteurs avec ce septième numéro de la série, un excellent
échantillonnage des tendances actuelles de la recherche sur le compor
tement animal, qu'il s'agisse de renouveler l'étude descriptive sur le
terrain (Y. Sugiyama), de développer l'analyse fonctionnelle d'un
comportement particulier (B. D. Sachs et R. J. Barfleld), d'atteindre la
dynamique d'un système d'interactions entre partenaires (E.B. Kervene,
M. Impekoven) ou d'éclairer des points encore obscurs des rapports
entre système nerveux et comportement dans une perspective onto-
génétique (P. S. Goldman) ou phylogénétique (H. P. Ziegler).
Y. Sygiyama centre son article (« Life History of Male Japanese
Monkeys ») sur les problèmes de la mobilité des mâles de Macaca fuscata
dans la nature. Il démontre que la structure sociale des troupes de
macaques japonais est bien plus fluide et que le groupe est bien plus
ouvert qu'on ne l'avait dit. Presque toujours en effet les mâles (et
parfois quelques femelles) quittent leur troupe de naissance, errent
quelques années seuls ou en petits groupes de mâles et rejoignent une
troupe pendant une saison d'accouplements ; ils peuvent alors y rester
quelque temps ou reprendre un statut indépendant d'hanarezaru.
B. D. Sachs et R. J. Bar field (« Functional Analysis of Masculine
Gopulatory Behaviour in the Rat ») à la suite d'une critique des méthod
ologies (observation, quantification) redécrivent le comportement copu- 240 Analyses bibliographiques
lateur du rat et présentent une analyse fonctionnelle des propriétés
et mécanismes de ce qu'ils nomment F « horloge copulatoire ». S'appuyant
sur une indépendance des mesures comportementales, les auteurs
concluent que l'éveil sexuel n'est pas un processus unitaire et qu'il
s'établit un équilibre entre les mécanismes d'éveil et inhibiteurs (inte
rprétation de la période réfractaire post-éjaculatoire et du rôle inducteur
des comportements précédant l'éjaculation). Ceci amène les auteurs
à abandonner le modèle de Beach (dual- factor) au profit de ceux plus
complexes de Freeman et Mac Farland ou de Karen. De plus, ils
mettent l'accent sur une coadaptation des schemes moteurs sexuels du
mâle et de la femelle d'une même espèce et en évoquent les conséquences
(barrières à la reproduction interspécifique).
E. B. Kervene (« Sexual Receptivity and Attractiveness in the
Female Rhesus Monkey ») souligne la complexité des actions réciproques
hormones-comportements et renouvelle l'exposé des problèmes des
interactions sexuelles des Rhésus en présentant la complexité du double
processus « réceptivité-attractivité » des femelles. Ce processus tire
sa dynamique, d'une part d'une situation hormonale changeante
(synergie d'action de certains androgènes d'origines différentes, des
œstrogènes et de la progestérone), d'autre part de facteurs sociaux
(hiérarchie, relations interindividuelles préférentielles, plasticité de la
réponse des mâles). A partir de ces données et sur le modèle constitué
par la femelle ovariectomisée, Kervene développe une étude critique
du rôle des phéromones vaginales dans l'attractivité des femelles.
M. Impekoven, dans une impressionnante revue (« Prenatal Parent-
Young Interactions in Birds and their Long- Term Effects ») n'intégrant
cependant pas les résultats de travaux français récents, expose clair
ement les divers aspects des échanges réciproques entre les œufs et le
couveur pendant le déroulement de la couvaison, et elle en décrit les
premières conséquences postnatales. La symétrie de l'étude de la couvée
et du couveur permet de mettre en évidence les synchronisations des
comportements, d'insister sur les rôles particuliers de certaines situa
tions transitoires (éclosion par exemple). Un long chapitre traite de
l'effet des stimuli parentaux (température d'incubation, retournement
et positionnement des œufs, cris) ou des stimuli venant du milieu
(lumière) et de leurs interactions sur la survie et le comportement des
embryons et des poussins nouveau-nés. Quelques comparaisons avec
une Tourterelle ou avec les Mammifères préparent à une synthèse
plus vaste sur les interrelations parents-jeunes dans une perspective
évolutionniste.
P. S. Goldman (« Maturation of the Mammalian Nervous System
and the Ontogeny of Behaviour ») dépasse les anciennes querelles et
s'attache, en s'inspirant des concepts d'intégration et d'interaction,
à l'étude des rapports entre structure et fonction au cours de l'onto
genèse du système nerveux des Mammifères. Pour chaque structure Psychologie générale 241
étudiée (cervelet, cortex moteur, cortex préfrontal, cortex visuel,
système limbique) l'auteur présente l'état atteint chez l'adulte, le
développement normal (division cellulaire, migration cellulaire, matur
ation structurale, émergence de la fonction) et la pathologie expéri
mentale (trois cas de pathologie génétique sont décrits pour le cervelet).
Cet article est considéré par son auteur comme un jalon dans un domaine
en pleine extension : celui des influences réciproques fonction-structure ;
il apporte de bons exemples d'une progression qui enchevêtre périodes
non sensibles et périodes privilégiées. La progression maturationnelle
séquentielle pourrait bien elle-même avoir pour fonction de régler
l'ordre d'action et l'impact des stimuli externes et internes et de l'expé
rience sur le processus de développement. De plus, ce travail est un
encouragement à une étroite coopération entre comportementalistes
et physiologistes.
Ph. Zeigler dans son article (« Feeding Behavior of the Pigeon »)
pose la dimension évolutive comparatiste à l'échelle de l'ensemble des
Vertébrés. II était fort intéressant d'établir avec le Pigeon (abondam
ment utilisé maintenant dans les laboratoires de psychologie expéri
mentale) une analyse des facteurs de contrôle de la prise alimentaire.
La relation prise de nourriture-poids du corps sert de base de quantifi
cation pour l'étude des modalités et de l'organisation caténaire des
actes de la réponse consommatoire. Les particularités des structures
nerveuses centrales et périphériques du Pigeon permettent une analyse
très détaillée du rôle spécifique du système trigéminal dans le compor
tement alimentaire et ceci conduit (c'est l'énorme intérêt de la méthode
comparative de Ziegler) à poser en termes nouveaux le syndrome LH
chez le Rat. Une réhabilitation du système trigéminal au détriment de
l'hypothalamus latéral chez cet animal découle des travaux récents de
Ziegler et Karten. L'auteur s'élève avec juste raison sur la fausse
dichotomie « comportement réflexe », « comportement motivé » et il
insiste sur l'intérêt d'un élargissement des comparaisons évolutives
en éthologie.
J.-Y. Gautier.
Guthrie (R. V.). — Even the rat was white. A historical view of
psychology. — New York, Harper & Row, 1976, xn -f 224 p.
Même le rat était blanc dans la psychologie américaine. Que dire
alors des psychologues ? Et ceux-ci ont fait de la psychologie un instr
ument qui permettait de démontrer l'infériorité des Noirs. Tel est,
schématiquement, le propos de la première partie de cet ouvrage d'un
psychologue colored. La deuxième partie nous présente une galerie
de portraits de psychologues à peau noire, qui ont embrassé leur pro
fession au prix de mille difficultés : pauvreté des intéressés, faiblesse des
bibliothèques des universités noires et, surtout, des équipements
d'expérimentation . Analyses bibliographiques 242
Nous savons ou croyons savoir tout cela. Mais nous avons besoin
qu'on nous le redise. Les anecdotes ou points de petite histoire que
Guthrie nous signale sont en fait points d'histoire (la grande) de la
psychologie, de ce mélange de relations à la spécificité bien établie,
de relations indûment étendues à des champs avec lesquels elles n'ont
pas de rapport et de relations aperçues grâce à un matériel complaisant
ou au regard rapide et prévenu de celui dont l'opinion est faite.
Guthrie nous fait assister au défilé des mesures et classifications des
couleurs de la peau, des textures des cheveux, etc., toutes à la recherche
du tout petit détail qui différencie, mais qu'on ne signale pas si la
petite différence est en faveur du Nègre. Et puis, les psychologues
succèdent aux anthropologues, les professionnels aux amateurs. Terman,
le bien connu, paraît s'être fort départi de la sérénité scientifique pour
donner tout bonnement dans le racisme par ignorance des rapports et
statuts sociaux. Il n'était pas le premier, mais faisait suite à une cohorte
de chefs historiques : Galton, Stanley Hall, Yerkes.
Guthrie parle beaucoup, et à plusieurs reprises, de la coexistence
plus que pacifique du différentialisme et de l'eugénique. Mais il a
probablement tort de présenter comme consubstantiels l'eugénique et le
racisme au sens propre. On le voit aux pages 92 et 93 de l'ouvrage
en comparant les esquisses des « théories » de Stanley Hall et de
Thorndike. Stanley Hall était raciste et anti-Noirs à n'en pas douter.
Quant à Thorndike (l'homme qui attribuait 80 % de la « variance »
des actes humains à des caractères innés), il ne l'était pas : il voulait
sélectionner et conserver « les plus aptes » des Blancs et « les plus aptes »
des Noirs. On peut aussi inscrire au passif du livre de Guthrie un certain
mélange des époques et des genres : il y a des différences, et point de
petites, entre les démarches de Gobineau, de Broca et de Terman.
J.-M. Lemaine.
McLeod (R. B.). — The persistent problems of psychology. —
Pittsburg, Duquesne Univ. Press, 1975, 207 p.
Ce n'est pas un livre d'histoire de la psychologie, au sens classique
de cette expression, mais l'étude chronologique de questions fonda
mentales qui ont justifié les recherches effectuées depuis toujours dans
ce domaine. Ainsi à chaque « époque », depuis l'Antiquité, l'auteur étudie
un certain nombre de problèmes posés à la psychologie en fonction du
contexte social, économique, scientifique et philosophique ; ces pro
blèmes sont ainsi, par exemple, la relation âme-corps, la nature de la
connaissance, la révolution industrielle, la nature du jugement esthé
tique et celle de la conduite individuelle et sociale. Historiquement,
l'auteur distingue trois grandes périodes en fonction de la manière dont
ces différents problèmes ont été abordés : la période classique, la Renais- Psychologie générale 243
sance et ses implications, et la période contemporaine dominée par deux
grandes théories dont l'auteur montre comment elles sont liées : l'asso-
ciationnisme et l'hédonisme.
A. Charles.
Mac Leish (J. M.). — Soviet psychology : history, theory, content. — -
London, Methuen, 1975, 308 p.
Contrairement à de nombreux travaux animés par des a priori
antisoviétiques, cette étude, très documentée du point de vue historique,
psychologique-scientifique et philosophique, entreprend de fournir aux
psychologues occidentaux un tableau objectif de la psychologie sovié
tique à partir de ses propres bases historiques, sociales et politiques.
Dans les premiers chapitres, l'auteur marque la spécificité de l'his
toire de la psychologie soviétique, dans le rapport contradictoire entre
l'autocratie religieuse tsariste et la formation progressive d'une intell
igentsia oscillant entre l'occidentalisme et la slavophilie. Il souligne que
les premiers penseurs et hommes de science préoccupés de psycho
physiologie et de psychologie étaient presque tous des intellectuels
« matérialistes » radicalises, traqués par la censure, et partisans de la
révolution, par en haut ou par en bas. La manière dont ces différents
courants matérialistes se reconnurent dans la Révolution d'Octobre
est analysée, avec les luttes d'école aboutissant à la fois à une sorte de
« nettoyage par le vide » (à partir de 1930) caractérisant la période
stalinienne, et à la constitution, au cours de cette même période, d'une
« science du comportement humain » unissant Marx et Claude Bernard,
à traversées noms de Lénine et de Pavlov. La théorie psychopolitique
de « l'homme nouveau » devait en résulter, et jouer politiquement son
rôle dans les tâches d'éducation et de rééducation entreprises par le
régime soviétique.
Dans la suite l'auteur, visiblement partisan du positivisme en
psychologie, montre, preuves à l'appui, que la psychologie soviétique
(théorie de l'organisme dans les rapports sociaux) présente sous ce
rapport toutes les garanties, mis à part un habillage conceptuel (maté
rialisme historique et dialectique) que certains peuvent continuer à
trouver étrange. Et il conclut en constatant que le « dégel » de la psychol
ogie soviétique lui a permis d'entrer dans ce qu'on pourrait appeler
l'Internationale de la psychologie scientifique (Montréal, 1954 ; Moscou,
1966 et la suite). Le lecteur ne cherchera pas ici une analyse politique
des effets de la lutte des classes dans la théorie, et pas davantage une
réflexion sur la forclusion de la psychanalyse en urss. Mais les éléments
historiques fournis par ce livre peuvent aider à comprendre ce dont il
ne parle pas, et alimente ainsi là réflexion de tous ceux qui sont préoc
cupés par les rapports entre le psychologisme et les déviations intérieures
du mouvement ouvrier.
M. Pêcheux. 244 Analyses bibliographiques
Carterette (E. G.), Friedman (M. P.) (Eds). — Handbook of
Perception, vol. VII : Language and Speech. — New York, Academic
Press, 1976, 501 p.
Cet ouvrage collectif comporte quatre parties principales, à savoir :
A) Les aspects fondamentaux du langage et de la parole ;
B) Le codage, la perception et l'audition ;
C) La pathologie du langage ;
D) La validation psychologique des théories linguistiques.
La partie A comprend cinq chapitres dont un très important de
McNeilage et Ladefoged consacré à la production du langage et de la
parole. Les auteurs y font une présentation très complète et précise des
connaissances actuelles dans ce domaine de recherche si complexe et
souvent méconnu de la psycholinguistique expérimentale. Les bases
biologiques du langage sont considérées dans une perspective aussi
bien comparative que neurologique par Whitaker tandis qu'Oison et
Clark examinent les principales méthodes et stratégies de recherche
utilisées en psycholinguistique.
J. Sachs traite du problème de l'acquisition et du développement
du langage dans un chapitre fort clair et très documenté ; enfin,
Fromkin présente une rapide introduction aux théories linguistiques
formelles.
De la deuxième partie du livre on retiendra principalement une
excellente revue de question de Darwin sur la perception de la parole.
Les principaux problèmes qui se posent dans ce domaine comme par
exemple le caractère catégoriel de la perception et l'existence des
invariants acoustiques, sont examinés de façon critique par l'auteur.
Dans cette partie de l'ouvrage, un autre apport de valeur est dû à
l'article de Wikelgren consacré au codage phonétique et au problème
de l'ordre sériel.
Les autres chapitres de la deuxième partie sont consacrés aux sujets
suivants : la sémantique (Deese), la compréhension d'énoncés (Caroll
et Bever), la communication non verbale (Laver), et l'apprentissage
linguistique (Sachs).
La troisième partie comprend deux chapitres portant respectivement
sur l'aphasie (Goodglass et Geschwind) et les troubles de produc
tion (Whitaker). L'ouvrage se termine sur un article de French dans
lequel l'auteur analyse et critique les principales études expéri
mentales destinées à tester la pertinence psychologique des théories
linguistiques.
Malgré la grande diversité des sujets traités, ce septième volume du
Handbook of Perception constitue, à notre avis, un apport considérable
et d'un très haut niveau à la psycholinguistique actuelle.
J. Segui. Psychologie générale 245
Schiffman (H. R.). — Sensation and perception : an integrated
approach. — New York, John Wiley & Sons, Inc., 1976, 434 p.
L'audition, la vision mais aussi l'olfaction, le goût, le toucher,
l'estimation de la température sont autant de sujets qui sont traités
dans cet ouvrage. Pour chacun de ces domaines on y trouve une des
cription des caractéristiques physiques du stimulus, l'anatomie et la
neurophysiologie du système sensoriel, des éléments de pathologie,
les données psychophysiques essentielles et une présentation des prin
cipaux thèmes de recherches tels que les illusions, les constances, etc.,
qui sont souvent analysés à partir des théories les plus classiques.
A la fin de l'ouvrage on trouve un intéressant glossaire qui ne se
contente pas de donner les définitions des mots essentiels mais présente
aussi les principaux phénomènes et les lois les plus importantes et les
plus classiques. Nous regrettons pourtant l'imprécision des définitions
et parfois les inexactitudes qu'elles contiennent.
Malgré tout ce livre se présente comme un des meilleurs manuels de
vulgarisation qui existe actuellement sur le marché.
J.-P. Rossi.
Braunstein (M. L.). — Depth perception through motion. — New
York, Academic Press, 1976, 200 p.
Si les ailes tournantes d'un moulin peuvent entraîner des illusions
sur la profondeur et sur la direction de la rotation, elles peuvent aussi
stimuler la combativité des émules du seigneur de la Manche ! Comment
qualifier autrement la mise à mort de l'hypothèse visant à expliquer
la perception visuelle par l'analogie entre l'œil et une chambre noire ;
entre Porta, Kepler, Molyneux ou Berkeley et Gibson, les interprétations
théoriques ont progressé et se sont modifiées. Si les prémisses de l'inte
rprétation centripète de la convergence sont bien attribuées à Berkeley,
Helmoltz se voit privé de la paternité de l'interprétation centri
fuge qui est attribuée à Skavenski et Steinman (1970) qui ont tout
au contraire apporté des arguments en faveur de l'interprétation
centripète !
Les choses s'arrangent cependant quand l'auteur en vient à son
sujet : la perception de la troisième dimension engendrée par le mou
vement de patterns bidimensionnels. Les expériences sont intéressantes
et couvrent assez largement le champ des possibles.
L'interprétation en termes de processus « heuristiques » (au sens
de Polya) clarifie les problèmes conceptuels et cognitifs soulevés par
ce type de situation. Mais ne tombe-t-elle pas elle aussi sous le coup
de la critique véhémente que l'auteur a adressée dans ces premiers
chapitres à l'hypothèse implicite ou explicite de Vhomonculus ? Proposer
un modèle de traitement sous forme d'un ordinogramme qui suggère des
processus du même type que ceux qui interviendraient dans la réso- 246 Analyses bibliographiques
lution de problèmes à laquelle l'A. se réfère me semble, de ce point de
vue, revenir à transformer Yhomonculus « judicis » de Kepler en un
homonculus « informaticus » !
C. Bonnet.
Cottle (I. J.). — Percieving time. A psychological investigation with
men and women. — New York, John Wiley, 1976, 247 p.
Voici l'œuvre d'un sociologue plus influencé par les analyses phéno
ménologiques que par la psychologie. Le titre est déjà déroutant. Il ne
s'agit guère de perception du temps mais bien plus d'un horizon tem
porel qui parfois s'étend du lointain passé à un futur inaccessible pour
le sujet. Seconde difficulté plus essentielle : l'auteur construit souvent
ses thèses autour d'une opposition entre un temps linéaire et un temps
spatial. Comment opposer le linéaire au spatial ? Le premier serait
objectif, et les moments successifs du temps seraient perçus au fur et
à mesure de leur avènement. Le temps spatialisé serait subjectif et
plus près de ce que l'on appelle souvent le temps vécu. Mais ai-je bien
compris ?
A part les riches analyses où Bergson trouve une large place,
l'ouvrage est consacré à une vaste étude faite sur plusieurs centaines
de jeunes hommes et de jeunes femmes appartenant à l'armée. L'auteur
a forgé (ou démarqué) les épreuves destinées à saisir l'horizon temporel
des sujets. Elles sont sérieuses et bien analysées mais le bilan reste
modeste car on saisit à quel point les résultats dépendent du langage
et reflètent son ambiguïté. Ainsi un problème central de l'auteur est
celui de l'extension du présent pour les sujets. La distribution est
bimodale suivant que les sujets parlent du moment présent ou du
présent plus large d'une activité ou même d'une époque. Faut-il inter
préter cette ambiguïté comme dans une épreuve projective ? Je ne le
pense pas car les sujets prennent suivant les épreuves l'une ou l'autre
attitude. Faut-il se rappeler la distinction importante que faisait
E. Brunswick entre l'aspect proximal et l'aspect distal de tout stimulus ?
L'un n'exclut pas l'autre.
Un des soucis de l'auteur est aussi de distinguer l'horizon temporel
des hommes et des femmes. Si ses filets lui révèlent que les femmes
semblent avoir un avenir moins ample et moins structuré que celui des
hommes, le sociologue constate avec raison que cela tient à son échant
illon et qu'un pourcentage de ses jeunes femmes pense au terme proche
du mariage qui modifiera radicalement leur genre de vie.
Toutes ces études apportent des compléments à nos connaissances
mais le moment est venu de mieux analyser ces épreuves destinées à
évaluer l'horizon temporel car ce mesurant reste très imprécis.
P. Fraisse.

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