Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.79, pg 288-308

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L'année psychologique - Année 1979 - Volume 79 - Numéro 1 - Pages 288-308
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1979
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1979 vol. 79, n°1. pp. 288-308.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1979 vol. 79, n°1. pp. 288-308.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1979_num_79_1_1366PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
Dorniö (S) (Ed). — Attention and Performance VI. — New York,
Londres, Erlbaum-Wiley, 1977, 777 p.
Dans la tradition des Symposiums Attention and Performance, régu
lièrement tenus depuis 1966, voici le compte rendu de celui qui s'est
déroulé en juillet 1975 à Stockholm. Les 34 communications qui consti
tuent ce volume de près de 800 pages sont soit des comptes rendus de
séries d'expériences sur un sujet délimité, soit des études théoriques.
L'ensemble des problèmes traités se rapporte à l'analyse fine des pro
cessus qui se déroulent entre la réception sensorielle d'un stimulus — qui
peut être plus ou moins complexe — ■ et la manifestation d'une réponse.
Très généralement, les situations étudiées sont des situations de labo
ratoire où des signaux visuels ou auditifs présentés à des sujets
qui ont pour tâche soit de les identifier, soit de juger une ou plusieurs
de leurs caractéristiques, soit encore de les mémoriser.
Le volume est partagé en cinq parties, agencées en partant des
réponses simples à ces signaux simples (ce qu'on considère couramment
comme des mécanismes sensorimoteurs), pour aboutir à des traitements
qui font plus manifestement appel à des contrôles supérieurs et à des
systèmes de correspondances acquis et organisés, comme par exemple
le traitement du langage (en fait, les traitements dits « cognitifs »).
On rencontre là, naturellement, la mémoire et les codages sémantiques.
En général, les modèles discutés sont élaborés de façon précise et
conduisent à des prédictions auxquelles sont comparées des données
expérimentales, qui peuvent elles-mêmes être reprises d'autres publi
cations, ou recueillies pour les besoins de la cause.
Sous la rubrique temps de réaction, on trouve huit communications
dans lesquelles sont analysées par le menu diverses formes de sensibilité
des latences motrices à des variables telles que la compatibilité des codes
du stimulus et de la réponse, les intervalles ou les séries de stimulations,
les choix ou l'attente, ou enfin les contrôles supérieurs pendant la
préparation (ce dernier thème fait l'objet de la seule contribution de la
recherche française à ce volume : Requin, Bonnet, Semjen). Les réactions
étudiées sont le plus souvent des réponses manuelles à des stimulations
visuelles, parfois auditives.
Les inferences que l'on peut faire, grâce à l'analyse des données
expérimentales, sur les étapes précoces du traitement des signaux son!, Psychologie générale 289
étudiées ensuite sous la rubrique masquage. C'est en efîet par le para
digme du masquage rétroactif que l'on intervient généralement sur ce
traitement immédiat (early processing), qui est supposé s'effectuer dans
un délai de quelques dizaines de millisecondes après la saisie du stimulus.
On s'occupe ici souvent des capacités de traitement de signaux auditifs,
se rapprochant des problèmes de perception du langage parlé.
Progressant ensuite vers l'intervention de régulations plus cognitives,
on en vient dans la troisième partie aux processus d'attention (indexage,
groupement, attention sélective). Les stratégies de recherche visuelle
(dans l'exploration d'un champ ou en mémoire), les procédures de
recherche contrôlée ou automatique, les mécanismes d'activation, sont
autant de sujets de rapports basés sur de grandes quantités de données
ingénieusement recueillies, quoique dans des situations souvent très
artificielles (comme par exemple une succession extra-rapide de planches :
Shilïrin & Schneider).
Le traitement des mots écrits et la lecture font l'objet de cinq commun
ications où sont étudiés particulièrement les effets spécifiques à la
reconnaissance du mot et les modes d'accès à un lexique interne ou à des
règles orthographiques qui permettront des généralisations ■ — fonda
mentales, semble-t-il, dans la perception du langage.
C'est enfin la mémoire à proprement parler — son organisation et
ses règles d'accès — qui regroupe les sept dernières communications.
C'est vraiment ici de la reconnaissance du langage à proprement parler
qu'il s'agit, avec ses règles internes (orthographe, syntaxe, aspects
sémantiques), et de la façon dont il est codé et utilisé (« profondeurs de
traitement » : Craik).
Comme on le constate, ce volume traite d'un éventail de problèmes,
avec une préoccupation constante : l'analyse aussi rigoureuse que
possible de comportements mesurés, grâce auxquels on tente d'inférer
des processus mentaux non mesurables directement, mais explicités par
des modèles prédictifs. C'est ce qui fait que ce volume est très riche en
informations, mais qu'il ne se lit pas comme un roman. Il est destiné à
l'usage des chercheurs. Il marque une étape des travaux d'un groupe
international, dont il annonce d'ailleurs le groupement officiel en une
Association. Cette Association s'est déjà réunie, depuis cette publication,
en France en 1976, puis de nouveau aux Etats-Unis, et les publications
qui en résultent prouvent que ces recherches sont à suivre.
A. Lévy-Schoen.
Fieandt (K. von), Moustgaard (I. K.). — The perceptual world.
— Londres, Academic Press, 1977, 680 p.
Cinq versions antérieures rédigées par le seul premier auteur se sont
échelonnées entre 1951 et 1972. La dernière version en langue anglaise,
parue en 1966, a été analysée dans L'Année psychologique (1967, 67, 618).
AP — 10 ■
290 Analyses bibliographiques
Cependant la présente édition ne comporte qu'un seul chapitre qui
soit resté inchangé. Les deux auteurs, qui se rattachent à la tradition (et
non à l'école) Scandinave de psychologie perceptive ont fait appel à trois
collègues pour rédiger certains chapitres : Sarris (Francfort/Main) pour la
psychophysique, Mollon (Cambridge) pour les bases neuroniques de la
sensation et Viitamäki (Helsinki) pour les relations entre perception et
personnalité.
Certaines des incomplétudes déjà signalées pour la version antérieure
restent, mais je me bornerai plutôt à signaler les deux originalités
principales de cet ouvrage d'introduction. La première est certainement
que les auteurs font très largement appel aux travaux des chercheurs
européens : finlandais, danois, suédois, français, allemands principa
lement. La seconde est l'importance accordée aux modalités sensorielles
autres que la vision et aux relations intermodalitaires.
Si l'ouvrage n'apporte pas toute l'information souhaitable sur
certaines approches contemporaines de la perception très illustrées dans
les ouvrages américains, il est certainement l'un des compléments indi
spensables de tous ces manuels qui apparaissent chaque année sans
apporter de nouveauté fondamentale.
C. Bonnet.
Monty (R. A.), Senders (J. W.). — ■ Eye movements and psychological
processes. — ■ Hillsdale, Erlbaum, 1976, 550 p.
L'intérêt actuel pour l'étude expérimentale des mouvements des
yeux se manifeste par une série de symposiums dont la substance est
ensuite publiée, avec un retard d'un an ou deux. C'est ainsi que nous
trouvons ici le compte rendu complet de la rencontre qui s'est tenue
sous ce titre à Princeton en avril 1974 sous les auspices du National
Research Council et de VUS Army Human Engineering Laboratory.
Plusieurs volumes de ce genre avaient paru au cours des années
précédentes, essentiellement sur les problèmes des régulations oculo-
motrices en tant que système physiologique complexe, et plutôt dans
un cadre médical (types de mouvements des yeux, anatomie et physio
logie des mécanismes de régulation). A ces travaux, un certain nombre
de psychophysiologistes ou même de psychologues prenaient part,
mais de façon généralement marginale et en fin de volume, comme pour
donner aux études « de base » un prolongement plus « humain » ou
même un peu «philosophique », en les réinsérant dans la vie de l'individu...
Le volume dont nous parlons est le premier qui se situe dans des perspec
tives délibérément psychologiques et comportementales. Les participants
sont pour la plupart des psychologues, et le volume est dédié à la mémoire
de Buswell et de Tinker, pionniers de la première époque de l'étude des
mouvements des yeux, dans les années 20 à 50.
Trente-neuf communications, toutes de caractère expérimental, Psychologie générale 291
sont '.faites;, par .'.des 'chercheurs américains ou canadiens. Elles sont
classées en sept chapitres qui procèdent, comme d'habitude, du plus
sensori-moteur au plus cognitif.
Les types essentiels de mouvements que les yeux sont susceptibles
d'effectuer (mouvements continus, saccades, convergence) sont d'abord
décrits. Le rôle fonctionnel que joue cette motricité dans la vision est
ensuite envisagé sous deux angles : d'une part l'inhibition de la vision
pendant les saccades oculaires (saccadic suppression) et la relation entre
ce phénomène et la possibilité de percevoir un monde stable malgré les
déplacements incessants des images sur la rétine — ■ et d'autre part les
micro-mouvements pendant les stations du regard et leur contribution
au maintien de la visibilité des objets. Certains développements récents
des méthodes d'enregistrement et de mesure des mouvements oculaires
— essentiellement les saccades d'exploration — sont exposés dans leurs
grandes lignes par six communications. Notons que les appareillages
présentés ici font pour la plupart appel à une technologie très élaborée
sur ordinateur lourd.
Abordant ensuite les phénomènes perceptifs proprement dits, on
analyse les effets de la motricité oculaire sur les repérages spatiaux.
Un problème important est de savoir comment les signaux rétiniens
liés à la projection de l'objet sur la rétine sont traités en relation avec
des signaux extra-rétiniens liés aux déplacements du globe oculaire dans
l'orbite (ceux de la tête et du corps dans l'espace ne sont pas considérés
ici). Dans cette section, les modèles théoriques sont d'ordre physio
logique, mais les « sorties » du système sont des perceptions : localisations
d'objets ou perception de leur mouvement.
Les trois dernières parties du volume concernent plus directement
« ce qu'on fait en bougeant les yeux », que ce soit volontairement ou
inconsciemment. « En promenant son regard — ■ dit Senders — perpé
tuellement on reconstruit, on renouvelle, on rafraîchit une sorte de
projection interne de ce qui est à l'extérieur de nous » (p. 305). Comment
regarde-t-on une image ou une scène, et quels sont les effets de la tâche
ou du matériel présenté ? Les expériences montrent en général une rela
tion étroite entre les déplacements de l'attention et les orientations du
regard (même lorsque le matériel visuel lui-même a disparu). Des va
riables intermédiaires telles que le champ utile de vision sont définies à
partir des comportements oculaires et de leurs variations en fonction
du contenu du champ ou des opérations à exécuter.
Les caractéristiques des mouvements des yeux au cours de la lecture
et l'interprétation de leurs modes de détermination font l'objet de cinq
communications. La présentation des travaux de Buswell montre qu'il
y a presque un demi-siècle, bon nombre de données avaient déjà été
ingénieusement récoltées à ce sujet. Mises à part quelques recherches
plus fines que permettent les techniques modernes, beaucoup de dis
cussions dans ce domaine restent spéculatives. Plus intéressant par 292 Analyses bibliographiques
contre semble être le dernier chapitre consacré aux relations qui peuvent
apparaître entre l'activité du regard et les activités cognitives, que
celles-ci se rapportent à des représentations internes d'un champ
d'action ou qu'elles se distribuent sur un champ matériel offert au
regard. « En général, ces travaux font apparaître un lien solide et direct
entre la façon dont les yeux bougent ou le fait môme qu'ils bougent, et le
type de structure perceptive ou mnémonique utilisée par le sujet pour
conserver et organiser l'information » (p. 457). On remarquera en parti
culier des expériences de Carpenter et Just, qui montrent de façon
élégante comment de tels liens se manifestent dans l'exploration spon
tanée de planches judicieusement choisies pour matérialiser des propos
itions linguistiques simples.
Depuis ce symposium, un autre a déjà eu lieu en 1976 sur les mêmes
thèmes, dont les actes sont sous presse (éditeurs : Monty, Fisher &
Senders). Un troisième est prévu pour 1979. On voit bien que les
mouvements des yeux continuent à exciter l'intérêt des chercheurs : ils
espèrent y trouver un révélateur des opérations cognitives qui se déroulent
en secret dans la tête de leurs sujets.
A. Lévy-Schoen.
Wright (R. L. D.). — Understanding statistics. An informal intro
duction for the behavioral sciences. — New York, Chicago, San Franc
isco, Atlanta, Harcourt Brace Jovanovich, 1976, 500 p.
L'auteur, psychologue ayant enseigné les statistiques élémentaires
à des étudiants en sciences humaines, tente, dans ce livre, de rendre
accessibles les principales notions nécessaires à la compréhension des
statistiques en allégeant autant que possible l'aspect technique et mathé
matique de sa présentation.
L'auditoire qu'il vise est celui des étudiants que rebutent les mathé
matiques. Aussi déploie-t-il quelque effort à montrer que les concepts
statistiques sont simples et ne font appel, pour pouvoir être présentés
au niveau où il se place, qu'à des connaissances très élémentaires.
Un rappel du langage et des quelques règles arithmétiques néces
saires, une explicitation des conventions utilisées doivent faciliter la
lecture du livre à des étudiants peu tournés vers les mathématiques.
Le livre comporte, à la fin de chaque chapitre, des questions portant
sur les principales notions évoquées, suivies de réponses commentées
qui permettent à l'étudiant d'éprouver et d'améliorer sa compréhension.
Des exercices plus classiques sont aussi proposés ; un manuel — Using
statistics (Utiliser les statistiques ) - — • est d'ailleurs prévu pour compléter
cet ouvrage.
La présentation est claire, aérée, agrémentée de dessins humoristiques.
L'ouvrage couvre les sujets classiques jusqu'à la corrélation simple
et l'analyse de la variance à deux facteurs de classification. Il comporte
un chapitre consacré aux méthodes non paramétriques. Psychologie générale 293
Le type de présentation adopté a certainement ses limites, qui
n'échappent pas à l'auteur. On peut regretter, par exemple, de ne pas
y trouver beaucoup d'exemples empruntés directement à la littérature
scientifique. Mais il a son utilité s'il peut permettre à certains étudiants
de surmonter une attitude de rejet à l'égard des statistiques et peut-être
inciter certains d'entre eux à en poursuivre l'étude.
F. Bacher.
Kreitler (H.), Kreitler (S.). — Cognitive orientation and behavior.
— - New York, Springer Publishing Company, 1976, xv-447 p.
Les auteurs présentent à la fois une « théorie du comportement
humain » et une série de recherches empiriques qui sont destinées à
valider cette théorie. L'orientation cognitive doit être étendue comme
le système des croyances, notions, opinions d'un sujet, système qui, pour
les auteurs, rend compte des comportements molaires effectifs que manif
este ce sujet. On voit donc que le terme cognitif n'est pas utilisé ici
dans le sens usuel en psychologie cognitive d'étude des processus de
connaissance. Il s'agit beaucoup plus du produit de ces processus, des
opinions auxquelles le sujet adhère. Ces croyances peuvent être regrou
pées sous quatre composantes de l'orientation cognitive : les croyances
relatives au moi qui expriment des informations sur soi-même ou sur
les habitudes, sensations, sentiments, actions, capacités, etc. ; les
croyances générales qui portent sur les autres, sur les objets, les événe
ments et les situations actuels ou non ; les croyances sur les normes et les
règles, éthiques ou non ; enfin les croyances sur les buts. C'est à partir
de questionnaires sur ces quatre types de que la prédiction
du comportement va être envisagée.
Mais ce point central de la théorie est inclus dans un système plus
vaste qui exprime le développement de cette orientation cognitive du
comportement à partir de la réaction d'orientation de Pavlov considérée
comme l'identification minimale d'une signification. Besoins, émotions
se trouvent eux-mêmes subsumes et organisés par les significations
découlant de ces systèmes de croyance. Les six premiers chapitres de
l'ouvrage exposent donc cette théorie de l'orientation cognitive et
l'appuient sur un appel aux théories les plus diverses de Pavlov à Neisser,
de Skinner à Freud, de Hull à Hovland. Des schémas de programme au
sens informatique du terme illustrent l'analyse des processus décrits.
La seconde partie réunit une impressionnante série de recherches qui
établissent les corrélations élevées qui existent entre réponses à un
questionnaire destiné à établir l'orientation cognitive des sujets d'une
part, et, d'autre part, soit des conduites effectives, soit des intentions
de conduites. Ces expériences portent sur des adultes, sur des enfants
depuis le jardin d'enfants, sur des schizophrènes, selon les recherches
envisagées. Les conduites envisagées vont des conduites scolaires à des
thérapies visant à provoquer l'abandon de l'usage du tabac, des seuils 294 Analyses bibliograpläques
de résistance à la douleur à la curiosité active, des buts des schizophrènes
à des comportements sociaux courants.
Les corrélations observées peuvent évidemment être considérées
comme une non-infirmation de la théorie.
F. Bresson.
Wickelgren (W. A.). — ■ Learning and memory. — • Englewood Cliffs,
New Jersey, Prentice-Hall, 1977, 448 p.
Learning and memory (Apprentissage et mémoire) se présente plus
comme un manuel que comme un livre de thèse. L'auteur, connu pour
ses travaux sur la mémoire à court terme, ne présente pas néanmoins
de théorie personnelle sur la mémoire. Chaque chapitre contient une
grande variété de thèmes, et c'est ce qui fait à notre avis l'intérêt prin
cipal du livre (pour des étudiants). Par exemple, dans le chapitre sur la
cognition animale, on trouve de nombreux thèmes dont les structures
d'acquisition (learning sets), les acquisitions de concepts spatiaux,
temporels..., l'inférence, l'imitation, la coopération et les processus
symboliques. Le chapitre sur la mémoire à court terme verbale contient
les thèmes : mémoire iconique, échoïque, mémoire à court
terme graphique, mémoire à court terme phonétique. Le découpage en
chapitres est assez classique : conditionnement classique, conditionne
ment instrumental, motivation et apprentissage, motivations apprises
et cognition animale — constituent la partie « apprentissage ». Mémoire
à court terme verbale, apprentissage verbal et mémoire à long terme,
mémoire sémantique, mémoire non verbale, la dynamique de la mémoire
et de l'acquisition, le stockage et la récupération, constituent la partie
« mémoire ».
Au total, un livre complet, mais dont le contenu ne déclenchera pas
de controverse passionnante.
A. Lieury.
Clark (H. H.), Clark (E. V.). — Psychology and Language. An
introduction to psycholinguistics. — New York, Harcourt Bracer
Jovanovich, 1977, 608 p.
Est-il encore possible à l'heure actuelle d'écrire une nouvelle intr
oduction à la psycholinguistique qui ne soit pas une redite de nombre
d'introductions plus ou moins intéressantes ?
A cette question, on serait tenté de répondre par la négative... et
l'on aurait tort car le livre des Clark est non seulement bien écrit, complet
et intelligent, mais encore d'une grande originalité dans sa façon de
présenter les différents domaines de la psycholinguistique.
Soulignons, pour commencer, quelques détails pratiques qui sont en
fait d'une importance considérable pour ce genre d'ouvrage. Chaque Psychologie générale 295
chapitre est consacré à un sujet d'étude spécifique et il est clos par un
résumé des principaux problèmes soulevés, ainsi que par une série de
références bibliographiques qui permettront au lecteur intéressé d'appro
fondir ses connaissances sur la question. A la fin du livre, on trouve un
glossaire des principaux termes techniques utilisés. Signalons enfin que
les auteurs ont indiqué de façon systématique la source des données
empiriques avancées, plus de 300 références bibliographiques sont ment
ionnées. Le cadre général de l'ouvrage est celui de la psycholinguistique
expérimentale, et les résultats expérimentaux sont toujours mis en
rapport avec les interprétations théoriques.
Le premier chapitre est consacré à une présentation générale du sys
tème de la langue du point de vue de sa structure et de sa fonction.
Les principales notions de la grammaire generative (compétence/
performance, structure de surface/structure de base...) y trouvent leur
place ainsi que celles liées à l'étude des « actes de parole ». La relation
intime entre la et la fonction des énoncés est mise en évidence.
La compréhension du langage est envisagée en premier lieu comme
faisant référence aux processus qui permettent de rattacher une « signi
fication y à une séquence sonore ou visuelle. Le rôle des différentes dimens
ions de la phrase lors de sa compréhension est considéré et les principales
stratégies perceptives, syntaxiques et sémantiques sont explicitées et
discutées. Un deuxième aspect de la compréhension concerne l'utilisation
par le sujet de l'interprétation sémantique afin d'accomplir différents
actes de parole (vérifier des énoncés, répondre à des questions, etc.).
Le chapitre IV porte sur la mémoire de phrases et de textes et les
auteurs soulignent essentiellement le caractère reconstructif du rappel.
L'importance des conditions d'acquisition sur les caractéristiques de la
représentation mnémonique est également accentuée. L'examen des
travaux expérimentaux consacrés à la perception de la parole est précédé
par une présentation rapide des notions centrales de phonétique et de
phonologie.
Les données récentes sur la perception catégorielle et l'adaptation
sélective sont discutées, ainsi que les théoiies générales de la perception
de la parole.
Les chapitres VI et VII sont consacrés à la production. Celle-ci est
envisagée à deux niveaux : un premier niveau de planification de l'énoncé
(« planifier » ce que l'on veut dire) et un deuxième niveau de réalisation
(« dire » ce que l'on veut dire). Bien entendu, les auteurs soulignent la
relativité de cette distinction mais justifient sa valeur heuristique. En
effet, il est possible d'étudier d'une manière disjointe les facteurs qui
conditionnent principalement l'un ou l'autre de ces deux aspects de la
production.
Trois chapitres importants concernent l'acquisition et le développe
ment des capacités linguistiques.
Après avoir présenté les premières étapes du développement du 296 Analyses bibliographiques
langage (d'un double point de vue formel et fonctionnel), les auteurs
analysent les recherches récentes sur la perception de la parole chez le
très jeune enfant ainsi que celles consacrées à la production des premiers
sons linguistiques.
Dans le chapitre IX sont examinées différentes théories sémantiques,
l'approche componentielle de la signification est largement développée.
Les travaux récents sur la sémantique de procédures (procedural semant
ics) sont considérés. Les auteurs soulignent les limitations de cette
nouvelle perspective théorique en sémantique.
La pertinence psychologique des théories linguistiques est étudiée à
partir d'une série de recherches portant essentiellement sur des pro
blèmes de mémoire sémantique. L'élaboration de la signification dans
l'ontogenèse de la parole est également examinée.
Le dernier chapitre de l'ouvrage est consacré à l'étude des relations
entre le langage et la pensée. Des problèmes généraux tels que ceux
concernant les bases biologiques du langage, le langage chez le chim
panzé et l'existence de certaines catégories « naturelles » (dans le sens
de E. Rosch) y sont traités.
L'introduction à la psycholinguistique de Herbert et Eve Clark est à
conseiller sans hésitation à tous ceux qui s'intéressent à l'étude psycho
logique du langage.
J. Segui.
Bennett (J.). — Linguistic behavior. — Cambridge, Cambridge
University Press, 1976, 292 p.
Contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, le livre de
Bennett ne concerne nullement l'étude psychologique du langage. Il
s'agit en réalité d'un ouvrage de philosophie et, malgré la résonance
psychologique de certains des problèmes soulevés, tels que la relation
langage-pensée, la communication animale ou la signification du mot
et de la phrase, pratiquement aucune référence n'est faite aux recherches
psychologiques effectuées dans ces domaines. Il est à souhaiter que dans
le futur le titre d'un ouvrage concernant un domaine aussi vaste que le
langage soit suffisamment parlant pour que le lecteur éventuel puisse
se faire une idée approximative de l'angle sous lequel l'objet langage est
envisagé.
J. Segui.
Psycholinguistique expérimentale et théorique, sous la direction de
Robert Sarrasin, Les Presses de l'Université du Québec, 1977, 301 p.
Le but de cet ouvrage est de proposer un aperçu de certaines ten
dances significatives de la recherche psycholinguistique, les textes pro
posés pour cette illustration étant relatifs à des recherches effectuées au
Canada depuis 1970. En publiant des recherches réalisées sur le français,

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